écologie

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Région Normandie : la santé c’est l’autoroute. De qui se moque-t-on ? 48 000 morts prématurées en France du fait de la pollution !

Les constats sont déjà établis, avec des indicateurs de santé défavorables, qui se traduisent par une surmortalité et une mortalité prématurée supérieure à la moyenne nationale, notamment dans l’Eure et la Seine-Maritime : cancers du sein, des bronches, de la trachée, du poumon, mélanomes...
La solution : plus de pollution grâce à l'autoroute, plus de routier, et des risques sur l'eau potable de l'agglomération rouennaise !
Que trouvons-nous dans le plan santé de la Région ? LNPN et autoroute A28-A13. Nous marchons sur la tête !
On va intoxiquer encore plus les habitants, supprimer des pans de territoire, supprimer des zones agricoles et des forêts, des prairies, des accès, pour fabriquer des trucs à pognon. Pas public, mais privé celui-là.
Mais financé quand même par le public et l'impôt, qu'il soit local, régional ou d'État.
Le beurre, l'argent du beurre, et le cul de la crémière.
La LNPN, ou comment inventer le TGV pour faire 200 bornes. Mais pas d'une traite, en omnibus en plus. Une catastrophe économique et écologique à venir. Et qui obligera les citadins à se rendre à la gare en voiture.
Oui, puisqu'en dépit du bon sens, ils veulent construire une ligne LGV qui s'arrête dans les villes. On en voit les effets sur toutes les lignes TGV qui plongent la SNCF dans les pertes financières. Alors même que la ligne "concurrente" Le Havre-Rouen-Paris est la plus rentable de France, et les gares sont implantés dans les coeurs de villes, avec les transports collectifs ou actifs (marche et vélo) en rabattement.
Plus obscur, la volonté d'insérer l'autoroute A28-A13 comme une préconisation pour la santé ! A la bonne vôtre !
Évidemment : la région avait présenté cette autoroute comme d'intérêt européen et francilien. Difficile de lui trouver un intérêt régional, vu l'opposition quasi unanime de la population dans l'Eure, et massif en Seine-Maritime.
Alors la santé, imaginez l'aubaine, c'est imparable. C'est bon pour ce que t'as. Cancer des bronches ? Des camions. Cancer du poumon ? Des autos. Cancer de la trachée ? Ben justement, on va vous faire une grande tranchée dans le territoire. Comme le remarque avec justesse Bernard Leroy, président d'agglo de Louviers.
Ah, flûte et corne flûte, on parlait de cancer de la trachée, j'avais compris tranchée...
La région se propose de financer 122 millions pour cette autoroute. La région n'a pas la compétence route. Alors tout est bon pour justifier. Ce coup-ci, c'est la santé. À la bonne vôtre ! Le trafic routier est bon pour la santé. Et hop, on a la compétence. Les contribuables normands ont donc une bonne raison de financer l'autoroute : la santé. Le TGV ? La santé. Le nucléaire, c'est la santé... Ben non, ça va se voir à la fin ? Mais non les rayons contre le cancer...
Et ça, pour les Normands, c'est en plus des impôts des collectivités et de leur impôt sur le revenu, TVA, TIPP et autres.
L'autoroute, la pilule miracle pour la santé. La périurbanisation, sans doute souhaitée en secret par bien des élus, du foncier, du foncier, au détriment de plus de pollution, est présentée comme bénéfique pour des populations suffisamment inintelligentes pour n'avoir pas compris le pourquoi du comment.
Pensez-donc : ils étaient venus en masse pour protester contre cette autoroute, contre la pollution, pour conserver leur qualité de vie.
Sauf que la périurbanisation, c'est l'augmentation des pollutions même en agglomération : des transports multipliés par 3 ou 4, et des distances multipliées par 3. En agglomération. 60% des gens utilisent leur auto pour moins de 6 km. 40% pour moins de 3 km. En vélo, en roulant peinard à 20 km/h, cela représente un trajet de 10 minutes, sans avoir besoin tourner en ville pour chercher une place de parking. Et sans payer le parking qui plus est.
Les rapports des administrations sont pourtant là pour attirer l'attention et prévenir des pollutions accrues du fait de la périurbanisation induite par les autoroutes.
Aucun rapport avec la santé donc. Autoroute = moins de santé, surtout sur les maladies des bronches dont souffrent déjà les Normands. Bonjour l'attractivité du territoire ! Keuf, keuf...
Et puis le reste du rapport sur les déserts médicaux. Mettre fin aux déserts médicaux. Quand les maisons médicales sont vides, et que les politiques d'alternance gauche-droite veillent au grain pour que le numerus clausus n'augmente pas, quand les médecins prennent leurs retraites sans barguigner.
Pourtant, il y a beaucoup de médecins parmi les parlementaires. Alors ce numerus clausus, pourquoi ne pas l'augmenter ? Concurrence ? Là-dessus, pas de solution concrète, un appel aux voeux, sinon un appel aux dons fiscaux et imposés qui finiraient dans les grands projets inutiles.
La demande, c'est de réaliser une étude hydrogéologique du système karstique autour de ce tracé avant de procéder à toute dégradation (le mot est poli) de la ceinture verte autour de la métropole.
Faute de quoi, c'est l'accès à l'eau potable de cette métropole qui est en jeu. Urgent !
J'ai le droit de dire guignols ? Non, je n'ai pas le droit, je me tais, donc.

Mobilité en Région Normandie : pour le FN, le vélo ne fait pas partie de la culture des Français

En France, nous n'avons pas la culture vélo. Enfin, ça, c'est le FN qui le dit. Malgré les 3 millions de vélo vendus en France par an, dont 100 000 vélos électriques. Un Français sur deux possède un vélo, et ce n'est pas dans la culture des Français.
Louison Bobet, Jacques Anquetil, Thevenet, Hinault, Fignon, pour ne citer que les Français les plus connus... La "petite reine" ne ferait pas partie de notre patrimoine culturel.
L'ancêtre du vélo était certes allemand : la draisienne. Un véhicule en bois, à deux roues, que l'on poussait avec les pieds muni d'un dirigeoir permettant d'orienter la roue avant.
Mais ce sont deux Français, Pierre et Ernest Michaux, qui inventent le vélocipède à pédales, muni d'un frein, en 1855. Dès 1867, le vélo remporte un énorme succès, et déjà les clubs de vélo et les premières courses apparaissent.
C'est un anglais. Mr Starley qui invente le vélo moderne avec la transmission par chaîne entre plateau et le pignon (1884).
Dunlop invente le pneumatique, et Michelin invente la chambre à air. Il ne manquera que l'invention du dérailleur pour avoir le vélo moderne.
A partir de 1890, Peugeot, Mercier et Manufrance vendent les vélos modernes, et les ouvriers s'emparent de ce moyen de transport accessible qui réduit l'effort physique par rapport à la marche et permet de se déplacer jusqu'à 4 fois plus vite.
En 1903, le Tour de France est créé. C'est l'événement le plus populaire en France aujourd'hui encore.
En Normandie, le vélo de course est très populaire, nous avons le tour de Normandie, et le Paris-Camembert, mais ce sont des milliers de normands qui enfourchent leur vélo tous les dimanches leur VTT, leur vélo de course ou de tourisme pour arpenter les campagnes environnant les agglomérations. Et tous ceux pour qui le vélo est un mode de déplacement du quotidien, pour le travail, les courses, le plaisir et la convivialité.
Alors, pas populaire le vélo ?
"Ça ne fait partie de la culture des français le vélo", dit le front national.
"On a empiété sur la circulation des automobiles avec des pistes cyclables qui ne servent à rien", scande le conseiller régional du front national.
Ah bon ? Ah, oui ! Elles sont difficiles à emprunter, transformées en parking autos, aire de livraison, quand elles ne sont pas directement empruntées par les autos...
Pour le FN, l'avenir c'est appartient à la voiture à hydrogène, totalement non polluante selon eux.
C'est vrai, le moteur ne rejette que de la vapeur d'eau au cul du pot d'échappement. Mais la pollution est ailleurs. C'est la production d'hydrogène : 10 kg de CO2 pour produire 1 kg d'hydrogène. Mais aussi une débauche d'énergie, quelle que soit la méthode utilisée pour le produire :
  • anecdotique, l'électrolyse de l'eau, puisqu'elle ne représente que 1% de la production : on casse une molécule d'eau avec de l'électricité pour obtenir de l'oxygène d'un côté, de l'hydrogène de l'autre (en fait du dihydrogène et du dioxigène pour raison de stabilité de la molécule, mais faisons simple). Il faut beaucoup d'électricité. Ce n'est pas avec notre parc vieillissant qu'il faudra de toutes façons fermer (et que nous aurions dû avoir commencé à fermer) que nous y arriverons. ;
  • le vaporeformage (la quasi totalité de l'hydrogène produit) : on casse le méthane issu de la méthanisation pour obtenir par adduction de vapeur d'eau surchauffée, pour dissocier carbone et hydrogène, on obtient du dioxyde de carbone (CO2) et et du dioxygène (h2).
    Ça coûte cher (multiplié par quatre), c'est très énergivore, et c'est très polluant en CO2 ;
  • gazéifier le charbon de bois. Il faut faire du charbon de bois, puis le brûler à très haute température (énergie, et encore énergie) pour retrouver au final du dihydrogène et du carbone... En gros, impasse encore.
La meilleure solution pour produire de l'hydrogène serait l'électrolyse de l'eau pour profiter de l'intermittence de l'éolien (pas du solaire, nous consommons beaucoup en journée).
Le hic, c'est que le FN refuse les éoliennes, comme tous les autres d'ailleurs, sauf en mer et encore, derrière leur soutien de façade. C'est trop moche les moulins élancés, on préfère les moulins de pierre.
Vous ne voulez pas d'ENR, l'hydrogène est donc caduque.
Sans même parler du prix des véhicules à pile à combustible, hors du déraisonnable, d'un marché inexistant, de l'absence de "pompes"...
Allez, subventionner 50 véhicules pour faire du green washing pour des parcs d'entreprises privées ou collectivités, le monde y survivra.
Mais ne venez pas nous dire que vous n'avez plus une thune pour des plans vélo ou des pistes cyclables, ou des lycées, ou la santé.
Mais à qui, et à quoi, répond le conseiller FN pour qui le vélo ne fait pas partie de notre culture ? Laetitia Sanchez, la "méchante écolo" qui roule à vélo, mais qui déroule les modes de déplacements de Normands et les solutions possibles et rentables...
Devant un parterre de centaine de lycéens, Hervé Morin avait annoncé les effets présents et à venir du réchauffement climatique : perte de biodiversité, fonte des glaces, 48% des populations de vertébrés qui ont disparu en moins de 40 ans (même 60% en 45 ans). Les tensions pour le pétrole, et aussi l’eau potable. Les guerres actuelles du pétrole d'aujourd'hui seront les guerres de l'eau. Dès aujourd'hui, les migrations de réfugiés de guerre et aussi climatiques, génèrent aussi leur lot de « tensions ».
Montée des eaux, terres de plus en plus arides, pauvreté, famines et quête de l’eau potable, c'est ce qui nous attend tous. Le président de région avait indiqué que les solutions étaient mondiales, et nationales, mais aussi passaient par des comportements individuels.
Les solutions régionales ? Voitures à hydrogène et électriques. Ouf ! La voiture est sauvée (la nature, hein...).
Dans nos solutions à nous, la voiture électrique peut trouver sa place, même si ce n'est pas le mode de déplacement le plus efficace. La diffusion à grande échelle pour remplacer un problème par un autre n'est pas une solution optimale.
Le GPL est désormais "malusé", alors qu'il représente 20% de la distillation du pétrole, et qu'il permet d'économiser 20% de CO2 avec bien moins de particules fines que les autres carburants. Le carburant brûle dans les torchères.
Bien sûr, le GPL dépend de la quantité de pétrole consommée et raffinée. Mais ne pas le faire quand on carbure à l'essence, au fuel, au fuel lourd pour les bateaux, ou au kérosène, du fuel, du diesel, de l'essence, c'est de la gabegie indigne d'un Etat responsable de la sécurité énergétique.
L'hydrogène, on en a parlé plus haut : on pollue peu en ville, mais on pollue pour produire, encore plus que le carburant fossile ou issu de la méthanisation. Cela ne peut que conduire à une accélération du réchauffement climatique.
Sauf à le produire avec l'aide d'énergies renouvelables, mais il faut là encore réfléchir au bilan énergie produite dans le temps - énergie grise produite pour développer les ENR.
Et encore, cela veut dire accepter les ENR et l'éolien terrestre.
L'électrique ? Le premier véhicule électrique, et le plus efficace énergétiquement (et en énergie grise), c'est le ferroviaire : train, métro, tramway.
Puis le vélo électrique. 100 000 vélos électriques vendus par an. Avec une bande de roulement réduite, un poids des plus réduits, une vitesse en ville plus rapide la plupart du temps que les autos, une autonomie de 100 km, pour 23 centimes la recharge aux 100 km, c'est un des moyens de transport les plus efficaces. Le transport terrestre le plus efficace à part le vélo à énergie musculaire.
Évidemment l'intermodalité : prendre le bus ou le vélo que l'on colle dans le train. Évidemment travailler autrement : ne pas partir tous à la même heure le matin, et rentrer à la même heure le soir, profiter du télétravail autant que faire se peut. Et tenir compte des déplacements de tous ceux qui ne travaillent pas : chômeurs, retraités, étudiants, familles pour les activités sportives, les courses, la détente, la culture.
Organiser ces transports le plus économiquement possible.
Pour le reste, pour eux, c'est du fret routier, du fret routier, du fret routier, quand on a la chance d'avoir un fleuve de très grand gabarit et un réseau ferré qui n'est toujours pas déclassé. Rétablissons la ligne Rouen-Evreux-Dreux-Chartres-orléans pour les céréales et pour les gens.

EDF : le spectre de la réalisation des deux EPR à Hinkley Point s’éloigne

EDF_energy
Malgré la totale confiance du PDG d'EDF, Jean-Bernard Levy, et celle de Vincent de Rivaz, PDG de la filiale britannique EDF Energy, malgré l'engagement total du ministre de l'économie, Emmanuel Macron, la situation semble se retourner pour EDF à Hinkley Point, ce méga-projet estimé à environ 24 milliards €. C'est plus que la capitalisation d'EDF.
Alors que les pour et les contre s'affrontent au sein même d'EDF, l'opinion publique et les journaux anglais, auparavant favorables au projet, sont de plus en plus critiques et défavorables à ce projet.
Les pour : Les contre :
En 2015, aucune des activités internationales du groupe EDF n'affichait de résultats d'exploitation positifs. Les pertes qu'EDF a connu à l'étranger se chiffrent en dizaines de milliards € : 10 Mds € en Amérique du sud, 1,4 Md € de dépréciation en Italie pour une filiale à perte, 7 Mds € de dépréciation sur British Energy, 5 Mds € dépensés dans une lutte avec Areva pour prendre le contrôle d'un groupe américain, Constellation, désormais une casse industrielle. A l'époque, pour y construire des EPR...
Les plus farouches opposants à réaliser dans l'urgence se retrouvent pourtant dans le camp d'EDF : après que les syndicats se soient inquiétés du risque de faillite du groupe du seul fait de ce projet, après que le directeur financier du groupe, Thomas Piquemal ait démissionné de son poste pour "faisabilité à court terme" de ce projet, ce sont désormais les ingénieurs d'EDF qui demandent un délai de 2 ou 3 ans, et les administrateurs du groupe EDF sont favorables à ce report d'une courte majorité.
EDF devait n'être qu'un acteur minoritaire du projet. Mais la faillite d'Areva, due en grande partie à la faillite industrielle de l'EPR, a obligé EDF à reprendre le projet à son compte. L'EPR finlandais vendu à pertes devait être livré en 2009. La livraison est reportée à 2018. Pour l'instant.
L'EPR de Flamanville connait de tels déboires technologiques qu'on ne sait pas s'il pourra être en mesure de démarrer un jour. De plus, le défaut de la cuve de l'EPR de Flamanville a été détecté sur les EPR vendus à la Chine. Risque financier, industriel, et diplomatique, peut-être, en perspective. Les retards, déboires et malfaçons risquent tant de s'accumuler que le Directeur général de l'ASN, Pierre-Franck Chevet se pose la question d'en arrêter la construction.
EDF ayant été obligé de racheter la branche Areva NP, pour ses ingénieurs, "il est désormais patent que la compétence d'AREVA en matière de forgeage et de fabrication de gros composants est tombé à un point très bas." Selon eux, il faudrait un plan de redressement vigoureux de 3 à 4 ans pour revenir au niveau requis.
C'est sur la base de ce modèle initial, trop complexe, et mal conçu, qu'EDF veut désormais vendre au Royaume-Uni, avec une livraison en seulement 6 ans. Alors que l'EPR d'Olkiluoto, commencé en 2004, ne verra peut-être pas le jour en 2018.
Trop complexe, trop coûteux et en retard, les deux EPR britanniques présentent un mauvais rapport qualité-prix, au point qu'un think tank anglais, Intergenerational Foundation, a évalué que "si le Royaume-Uni misait sur les renouvelables, il économiserait 50 milliards d'euros".
Rien n'y fait, les deux PDG d'EDF et EDF Engergy et Emmanuel Macron et le gouvernement français veulent finaliser la vente dès le 11 mai 2016.
Nous sommes engagés dans un jeu de "je te tiens, tu me tiens par la barbichette", où aucun partenaire ne veut prendre l'initiative d'abandonner ce funeste projet et risquer de devoir payer aux autres d'éventuels dédommagements.
Le projet durera encore un certain temps, et coûtera fort cher, avant que l'opinion publique et les médias britanniques, les syndicats défavorables au projet, l'opposition politique britannique qui réclame un "plan B", et les recours juridiques n'y mettent fin.
Emmanuel_Macron

La menace terroriste pèse sur les installations nucléaires

risque-nucleaire
Les attentats de Bruxelles ont révélé une menace qui a longtemps été sous-estimée : les jihadistes sont soupçonnés de préparer un attentat et peut-être d'avoir déjà commis un attentat contre les installations nucléaires... belges.
Des risques redoutés, ou qui se sont déjà produits ? Sabotages d'installations nucléaires, bombes dites "sales" (y a-t-il des bombes propres ?), détournements de convois de matières radioactives...
En août 2014, un sabotage a eu lieu dans la centrale de Doel en Belgique : 65 000 litres d'huile ont été purgés.
C'est l'huile qui lubrifiait la turbine à vapeur du réacteur.
Les caméras de surveillance ont été détournées pendant l'opération de sabotage, prouvant que ce n'était ni un acte impulsif, ni l’œuvre d’une seule personne. Puis la valve repositionnée dans sa position d'origine.
Fort heureusement, le réacteur s'est mis à l'arrêt, évitant l'accident dans la zone la plus peuplée de Belgique, à quelques encablures d'Anvers, second port européen. Après des dégâts importants, et 30 M€ de travaux plus tard, le réacteur a redémarré.
Les 2 centrales belges en exploitation, à Doel et Tihange, ainsi que la centrale expérimentale de Mol sont habituellement protégées par une société privée de sécurité.
Depuis les attentats de Paris, 140 militaires ont été déployés sur ces 3 sites, en plus des agents de sécurité.
Depuis cet acte de sabotage, 30 personnes qui étaient présentes sur la centrale ont été interdites d'accès au site. Mais l'affaire n'est toujours pas élucidée, ou tout au moins cela n'a pas été révélé au public.
Si certains évoquent l'hypothèse de l'action discrète d'un État, les soupçons se tournent vers la piste terroriste.
Au lendemain du sabotage, la direction d'Electrabel imposait le contrôle des quatre yeux, chaque personne circulant dans les zones sensible étant accompagné par un autre travailleur pour une surveillance mutuelle.
Au lendemain de ce sabotage, des drones ont commencé à survoler les centrales françaises. Il n'ont pu être ni interceptés, ni identifiés.
Parler de risque terroriste sur les deux centrales nucléaires belges sans évoquer le risque pour les 19 centrales françaises est pour le moins optimiste.
Les centrales sont protégées par 30 à 40 gendarmes par centrale, ce qui représente 4 ou 5 gendarmes seulement présents sur les sites... quand ils ne sont pas appelés en renfort ailleurs.
Tout cela dans un contexte préoccupant pour le parc français. Une note interne d'EDF indique que les bilans des groupes diésels de secours sont quasiment tous "d'état dégradé" à "état inacceptable".
Ce sont ces diésels qui permettent l'arrêt et le refroidissement des réacteurs en cas d'urgence. La pire centrale étant celle de Paluel où tous les groupes de secours sont classés "état inacceptable".
Mais c'est tout le parc et toute la chaine industrielle qui est dans un état préoccupant, comme l'explique Pierre-Franck Chevet, directeur général de l'ASN lors de cette audition devant la commission parlementaire :
Les parlementaires ne pourront pas dire qu'ils ne savaient pas.
Il faut dorénavant ajouter à tous les risques et défaillances pointés par le gendarme du nucléaire la menace terroriste.

Accident dans le bâtiment réacteur de l’unité 2 de la centrale de Paluel

La chute d'un générateur de vapeur était jugée "irréaliste" par EDF. L'accident impossible s'est pourtant produit. Du premier coup.
L'événement n'a aucun impact, ni sur la sûreté des installations, ni sur l'environnement. Les expertises sont en cours pour connaître les causes de l'événement.
EDF
paluel
Le générateur de vapeur pesant 465 tonnes et mesurant 22 mètres de haut est tombé de sa hauteur, dans "le bâtiment réacteur de l'unité 2". C'est le début du grand carénage qui a commencé en mai 2015 qui s'arrête brutalement, pour plusieurs mois.
La facture de ce grand carénage, qui devait coûter 500 millions pour la centrale de Paluel, va augmenter. Il semble inconséquent d'affirmer que cet accident, la chute d'une installation du 400 tonnes, et de 22 mètres de haut n'a aucun impact sur la sûreté des installations avant que le gendarme du nucléaire, l'ASN, n'ait rendu ses conclusions !.
C’est une continuité d’incidents depuis le début du chantier sur le remplacement des générateurs à vapeur.
Bruno le Guillou - CGT Paluel
Le syndicat FNME-CGT dénonce les « conditions de travail déplorables dues à la pression exercée pour respecter les délais et les coûts ». Dans son communiqué de presse, il met en cause la pression temporelle pour respecter les délais et les coûts,dépassements horaires à répétition, ont entraîné des malfaçons et des pratiques à risques.
Pourtant, quelques jours avant l'accident, la sous-préfète dénonçait "une peur irrationnelle du nucléaire", qu'elle comprenait du fait "des risques sournois et les effets à retardement", mais estimait qu'"il [fallait] retrouver confiance".
C'est pourtant une crainte rationnelle, basée sur des faits avérés, et même annoncés à l'avance par des syndicats qui ne peuvent que constater la fuite de l'expérience et des compétences. Pour des raisons financières, parce que cette filière coûte trop cher, parce que les dangers augmentent, et que les investissements nécessaires pour tenter de les réduire reviennent plus chers que les investissements initiaux.
Mais on ne fait pas du neuf avec de vieux réacteurs, on rafistole. Et par manque de moyens, ça casse.
C'est donc soit la fuite en avant, en acceptant les conséquences financières et les risques de disparitions de populations et de territoires, soit la sortie programmée du nucléaire et l'investissement dans les renouvelables.

#2 Après Areva, EDF : le nucléaire français est en faillite

les zones d'exclusion en cas d'accident majeur
Après une quasi-faillite d’Areva, c'est au tour d'EDF d'être victime, selon son PDG, d’une « équation financière difficile ».
EDF a dévissé en bourse : la valeur de l’action, de plus de 85 euros il y a 8 ans, tourne autour de 10 €. Un effondrement du cours, une capitalisation qui ne représente plus de 18 Milliards €, alors que les investissements à venir s’expriment en centaines de Mds €, pour une technologie condamnée et dangereuse.
EDF a été créé en 1946, sous la forme d’établissement public à caractère industriel et commercial.
Il a été privatisé en 2004, et introduit en bourse en 2005 (15% du capital). Depuis, EDF ne cesse de s’effondrer : sa dette s’élevait à 37,5 Mds € en juin 2015, pour une capitalisation de seulement 18 Mds €. L’action qui valait 85,5 € il y a 8 ans tourne autour de 10 € aujourd’hui.
EDF possède actuellement seize centrales à charbon dans le monde : onze en Europe, cinq en Chine, et il construit une centrale à charbon supercritique à Fuzhou, en Chine. De fait, le groupe continue d’investir dans le charbon à l’étranger plutôt que dans les énergies renouvelables en France et en Europe.
69 millions de tonnes de C02 sont émis chaque année par EDF.
Areva tombé, EDF en plein tempête et au bord de la faillite à son tour, c'est le nucléaire français qui se retrouve en faillite :
Les pays frontaliers s'opposent de plus en plus fortement aux centrales françaises :
Tous nos voisins on adopté soit un moratoire sur la construction de nouvelles centrales (Espagne, Italie à l'issue de 2 référendums), soit une sortie planifiée du nucléaire (Suisse, Allemagne, Belgique).
Ça, c’est une partie de nos gamelles à l’étranger, celles qui tiennent aux États frontaliers, qui sortent, eux, du nucléaire, et vont exercer une pression conjuguée de plus en plus pressante contre les centrales postées aux frontières - Gravelines, Chooz, Fessenheim, Bugey, Cattenom. Et si la politique énergétique reste nationale, les dommages en cas d'accident seront considérables.
Selon l’IRSN, un accident coûterait de 250 Mds € jusqu’à 1000 Mds € dans le cadre d’un scénario Fukushima. 430 Mds € en moyenne, mais jusqu’à 5800 Mds € selon les aléas de la météo (si, si…). Au final, combien devrions-nous à nos voisins en cas d’accident, en plus de nos propres pertes nationales ?
Des risques financiers démesurés liés aux ventes à perte de centrales à l'étranger.
Areva va être démantelé, et c’est EDF qui reprend la branche réacteurs : Areva NP.
Pour 2,5 milliards €, mais à condition que ce ne soit pas EDF qui assume le risque financier de l’EPR finlandais. Le risque est transféré sur les contribuables. Quelques 7 milliards €. Idem pour Flamanville.
En récupérant les « dossiers » d’Areva, nous voyons poindre un autre dossier international : un protocole d’accord a été signé entre EDF et son équivalent indien NPCIL pour 6 EPR à Jaïtapur, en Inde. C’est Areva qui avait commencé les négociations qui ont longtemps achoppé sur le prix, mais aussi, sur la demande des Indiens, d’un engagement financier en cas d’accident. Les EPR se situant en zone fortement sismique. Selon les géologues, « La région a les mêmes propriétés sismiques que les zone de Koyna et Latur où des tremblements de terre équivalent à 6,5 se sont produits ces cinquante dernières années (...) Un séisme d'une magnitude d'au moins 6 sur l'échelle de Richter pourrait frapper la région de Jaitapur.»
Selon Areva, à l’époque, « C'est aux autorités indiennes de décider où elles souhaitent implanter les centrales. Le risque sismique pour Areva est pris en compte dans le cahier des charges et donc dans la conception même des réacteurs. »
Y aura-t-il pour EDF les mêmes engagements financiers que pour Areva ? Et surtout, les EPR ont-ils la capacité de résister à un séisme de magnitude 6 ou plus ?
Et le pompon, l’autre dossier international, c’est évidemment « les 2 EPR d’Hinkley Point », en Angleterre : l’investissement d’EDF sera de 66% dans ces EPR : 24 Mds €. C’est plus que la capitalisation d’EDF.
Les syndicats EDF préviennent du risque de faillite de l’entreprise sur ce seul projet. Le directeur exécutif en charge des finance, Thomas Piquemal, a averti du risque de faillite d’EDF lié à l’EPR d’Hinkley Point.
Emmanuel Macron a défendu le projet des deux EPR, le qualifiant de « très bon investissement ». François Hollande et David Cameron ont réaffirmé leur soutien au projet, annonçant qu’« EDF prépare actuellement tous les éléments nécessaires pour l’annonce de la décision finale d’investissement dans un avenir proche, avec le soutien entier du gouvernement français ».
Le directeur financier en a tiré les conclusions et a claqué la porte. Son départ a immédiatement fait chuter le cours de l’action. La faute en incombe donc au gouvernement français.
Dieu est atome, Flamanville son Vatican, et Macron archevêque atomiste.
Devant l’Assemblée nationale, M. Macron réitère la volonté du gouvernement d’engager la vente des EPR d'Hinkley Point pour la survie d’EDF lors des questions au gouvernement. « Si l’on croit au nucléaire ! », nous dit-il.
Le nucléaire n’est pas un dieu. EDF n’est pas une religion. Flamanville n’est pas une cathédrale.
Le nucléaire, ce sont les activités et les industries liées d’exploitation et au traitement du minerai, la fabrication du combustible, le transport, la sécurité, la fabrication des usines et leur exploitation, le traitement des déchets, le démantèlement des usines et la gestion des déchets issus de ce démantèlement. Les deux derniers points restent encore hypothétiques et promettent d’être très, voire excessivement coûteux. Il est cependant de la responsabilité de l’État de le faire, en tant qu’État, décideur et actionnaire majoritaire d’Areva comme d’EDF, et, avant tout, responsable de la sécurité des populations.
Si faillite il y a, comme semble s’y attendre les syndicats comme le directeur financier démissionnaire et des cadres d’EDF, ce sont le gouvernement et tous les parlementaires favorables à la réalisation du contrat avec le gouvernement anglais qui seront évidemment responsables. Non coupables ? Comme d’habitude. Ils auront « cru » au nucléaire et renieront leur "religion".
Des pertes structurelles qui croissent exponentiellement.
Il y a plus grave (Non ?! Si !..) : les coûts du grand carénage qui devraient permettre de prolonger la durée d’exploitation des centrales coûtera plus de 100 Mds €. Ils ne sont pas provisionnés.
Il y a la gestion des déchets nucléaires. Bure, le futur centre d’enfouissement devait coûter 13 Mds €, il en coûtera au minimum 35 Mds €. Le démantèlement de la première tranche de la Hague devait coûter 2,5 Mds € ; elle en coûtera 4 Mds €. Aux contribuables du coup.
Il y a la décharge nucléaire ICEDA, combattue par Genève, et tous les sites de stockage nucléaire civils et militaires dont on ne connaît ni les risques, ni les coûts… Ni parfois même l’existence ?
Un autre risque est que la plupart des centrales ont été construites, quasiment en même temps, en une décennie. Les pannes, les dysfonctionnements arriveront en même temps, et les risques d’accidents et l’impossibilité de pouvoir les déconnecter nous pend au nez.
L’IRSN pointe les anomalies génériques qui plombent le parc nucléaire : générateurs de vapeur, aéroréfrigérants, mauvais positionnement des barres antivibratoires, risques dus à l’hydrogène, fiabilité des matériaux, circuits de sécurité, dégradations récurrentes et défauts de conception, fuites…
Un risque "Fukushima dénoné de l'intérieur.
Mais ce n’est toujours pas le plus grave, il reste à venir, et c’est celui que dénonce le président de l’ASN, l’Autorité de Sûreté Nucléaire, Pierre-Franck Chevet : « Il faut imaginer qu’un accident de type Fukushima puisse survenir en Europe ». M. Chevet est un X-Mines, et le Corps des mines n’est pas suspecté d’être antinucléaire. La question pour le directeur de l’ASN n’est pas de dire si il y aura un accident de type Fukushima en Europe, mais quand celui-ci aura lieu.
Le directeur de l’ASN parle de l’Europe, mais la France est clairement dans le collimateur, avec près de la moitié du parc européen, et alors même que nombre d’autres pays ont programmé leur sortie du nucléaire. Quasiment toutes les métropoles sont donc sous la menace d’un accident majeur en France, hormis la Bretagne et la Corse.
Pour le directeur de l’ASN, « on entre dans une période où les enjeux en termes de sûreté sont sans précédent. La poursuite du fonctionnement des réacteurs d’EDF au-delà de quarante ans est un enjeu de sûreté majeur, c’est très compliqué techniquement ». Et l’usine de retraitement de la Hague est concernée, avec une corrosion plus rapide que prévue, du à l’eau de mer.
M. Chevet prévient que tout le système industriel aura 40 ans en 2020, et qu’à cet âge respectable, cela oblige à se conformer aux standards post-Fukushima ; cela demande des moyens exceptionnels et massifs alors que les acteurs du nucléaire connaissent tous – EDF, Areva, CEA – de grosses difficultés économiques, financières ou budgétaires.
Même l’ASN n’a pas les moyens d’accomplir sa mission, et doit se concentrer sur les installations qui fonctionnent. Ce qui signifie que l’ASN n’a plus les moyens de contrôler les projets en construction comme l’EPR, le centre d’enfouissement de CIGEO à Bure, et tous les autres projets en cours.
Le directeur de l’ASN prévient que l’exploitant est le premier responsable de la sûreté. Areva aurait du contrôler la cuve, mais n’a pas estimé que c’était utile. L’ASN a dû les obliger à faire le contrôle qui a montré l’anomalie de la cuve : elle ne répond même pas aux normes d’avant 2005, qui sont des normes de bien avant Fukushima.
Comme pour l’usure anticipée de la Hague.
Les exploitants ne font pas les contrôles par eux-mêmes, l’ASN admet qu’elle n’en n’a plus les moyens, et les acteurs n’ont pas les moyens d’investir dans la sûreté, le nucléaire étranger, les démantèlements, la gestion du minerai et des déchets, et même l’exploitation, plus chère que le prix du marché. Plus chère que les ENR.
Mais : on ne peut pas investir dans la transition énergétique parce qu’on est en surproduction, on ne peut pas démanteler du simple fait du prix, même si on ne peut pas garder les installations et les déchets du fait du risque.
Et on ne peut pas risquer l’accident qui coûtera des centaines de milliards, et l’arrêt de la production européenne. Combien de morts, de terres mortes, d’enfants condamnés ?
Nous sommes coincés. Nous, la France. Les autres ont choisi de diversifier, et de sortir du nucléaire. Et ils nous font savoir que le risque que l’on fait peser sur eux, c’est nous qui le paierons.
Dans cette tempête financière, technologique, et écologique, EDF choisit de continuer tel quel, en perdant petit à petit son expérience et ses compétence, et vaille que vaille, d’espérer que ça va tenir le plus longtemps possible.
Vous avez dit indépendance énergétique ?
Lors du 1er choc pétrolier, la France a fait le choix de ne plus dépendre du pétrole. Le mythe de l’indépendance énergétique « par rapport au pétrole, et au charbon qui a été entièrement consommé en France ».
Il n’y a pas d’indépendance par rapport à l’international : l’uranium vient de l’étranger, et le scandale d’Uramin, comme le fait qu’on fait la guerre en Afrique pour protéger l’uranium démontrent notre dépendance. L’enrichissement se fait sous licence du concurrent européen d’Areva, Urenco. La totalité des réacteurs fonctionnant encore actuellement sont sous licence Westinghouse, un concurrent américain passé aux mains de Toshiba. Les turbines, auparavant fabriquées par Alstom, sont désormais sous contrôle de l’américain General Electric.
L'aristocratie des grands Corps et technocratie contre la démocratie énergétique et la transparence.
Pendant que les employés d’EDF et d’Areva s’emploient à tenir les murs, produire, sécuriser comme ils peuvent et prier pour que ça ne pète pas, le grand mercato du nucléaire continue : les gouvernements se passent le lourd héritage, en espérant que ça va tenir jusqu’au bout du mandat, et les dirigeants d’EDF suivent les politiques : 1 par mandat avec un décalage d’un ou deux ans.
Tous hauts fonctionnaires, ils avaient au début des profils d’ingénieurs, puis peu à peu, plus politiques, avant de devenir des chefs d’entreprise davantage tourné vers la finance.
Il y a eu le normalien, l’ingénieur qui a porté le parc actuel sur ses fonts baptismaux : Marcel Boiteux. Celui qui ne comprenait pas qu’on s’inquiète des rejets de plutonium dans la Loire. Il fut directeur de 1967 à 1979, avant d’en prendre la présidence de 1979 à 1987. Raison pour laquelle on le considère comme l’artisan du nucléaire français. Il fut remplacé par un ingénieur général des ponts et chaussées.
Après une parenthèse plus politique, dont un ministre de Balladur, les suivants virevoltent entre grandes entreprises (Veolia, Thalès, Vivendi, ou de banques…).
Malgré tout leur talent, EDF est plongé dans une « équation financière difficile », et l’on parle de quasi faillite d’EDF, comme Areva.
Faillite, mesures, échec.
La dette était de plus de 37 milliards en 2015.
1ère mesure envisagée par le gouvernement, la cession de la filiale d’EDF, RTE, qui vaut 12 Mds €.
2nde mesure : EDF a demandé l’allongement de la durée d’exploitation des centrales de 10 ans, ce qui permettrait au groupe d’allonger la période d’amortissement. Cela permet, d’un point de vue comptable, de réduire la dette.
Mais l’allongement de la durée d’exploitation des réacteurs est lié à la décision du gendarme du nucléaire : l’ASN.
La finance est plus importante que la sécurité pour les responsables politiques en place. La politique énergétique de la France ne doit surtout pas changer, même si le marché européen libéralisé est en surproduction électrique, la ministre de l’environnement (il n’y a plus d ‘écologie, retour aux années 70) donne son accord. Sans toutefois en endosser la responsabilité, préférant s’en remettre à l’avis, réacteur par réacteur, de l’ASN.
La ministre autorise, mais n’appuie pas sur le bouton : à l’ASN ensuite d’avoir la capacité de résister à la pression ? Et les moyens d’assurer sa mission ?
La pression qui va s’exercer sur l’ASN sera… difficilement supportable. Quel directeur pourra s’opposer aux pouvoirs politiques, industriels et aux milliards € en jeu ?
Si l’on veut ajouter 10 ans de plus pour un parc soit disant amorti, il faudra investir : plus de 100 milliards € selon la Cour des comptes), la gestion des déchets nucléaires (la Hague, le centre d’enfouissement de Bure qui pourrait coûter 35 Mds €, et le nécessaire démantèlement des vieux réacteurs.
EDF a provisionné 18 Mds € pour l’ensemble des 58 réacteurs en exploitation, et des 8 arrêtés ou en cours de démantèlement. Le Royaume-Uni a estimé le démantèlement de ses 32 réacteurs à 103 Mds € : 6 fois plus !
Certaines voix n’hésitent pas à proposer une idée folle : utiliser la provision pour le démantèlement pour désendetter EDF, puisqu’on ne pourra pas démanteler.
Et demain, on éteint la lumière ou on a le choix ?
Doit-on investir dans la sécurité industrielle et des populations, en abandonnant progressivement mais réellement la filière, en réorientant les moyens de production, les énergies renouvelables dont le coût baisse et croise celui du nucléaire qui ne cesse, lui, de grimper. On imagine mal ce qui pourrait permettre de remettre dans une situation saine le groupe à long terme si on ne bâtit pas une politique énergétique à la fois à l’échelle européenne, et à la fois plus résiliente, plus locale et profitable aux communes et aux habitants. Une solution permettant de tirer profit, de payer son électricité moins chère, d’assurer l’autonomie énergétique sans danger.
Ou bien de choisir de devoir indemniser l’exploitant en ne respectant pas la limite de durée de vie augmentée des centrales : une centrale qui fermerait avant la date limite, augmentée de 10 ou 20 ans, nécessiterait, en cas de refus de fermer de l’exploitant, que ce soit au contribuable de payer pour le démantèlement.
Un coût de fermeture « anticipée » évalué par l’Assemblée Nationale à 2 Mds € par réacteur. A multiplier par 58 !
Profits privatisés et pertes publiques, et mutualisation du risque. Et pertes de milliers d’emplois à la clé, sans solution alternative d’avenir. Cessons d’investir encore dans une filière arrivée à terme, et tournons nous, comme tous les pays du monde, vers les ENR et l’efficacité énergétique.
Ajouter dix ans d’exploitation supplémentaire n’est qu’un simple effet d’annonce visant à redonner momentanément de l’air au groupe vis à vis des marchés, en évitant de devoir remettre les réacteurs aux normes, cela n’empêcherait pas le long déclin structurel de cette trop coûteuse filière.
On continue face à l’évidence de claironner le soutien à une technologie jugée pourtant caduque par tous, car trop chère. Et trop dangereuse et polluante.
C’est la fin programmée du service public qui est annoncée : la fin d’Areva, et la fin d’EDF tels qu’on les a connus, et la privatisation de RTE, la filiale d’EDF qui gère le réseau électrique.
Comment l’État, les gouvernements successifs, politiques, administratifs et industriels en sont-ils arrivés à une telle gabegie, en faisant payer la dette aux contribuables ?
Pilule rouge : on y croit et on garde l'atome ; pilule bleue : on évalue, on constate (constat vite fait : le nucléaire failli), et on invente un avenir pérenne et renouvelable.
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Areva, un des deux piliers de l’industrie nucléaire, est en quasi faillite.

Areva, un des deux piliers de l'industrie nucléaire, est en quasi faillite.
L’annonce de la recapitalisation de 5 milliards d’euros du groupe par l’État français a très momentanément fait rebondir l’action avant de retomber au plus bas, à 10% de sa valeur de lancement.
Un krach financier et un naufrage industriel pour ce qui a représenté le fleuron de l’industrie française aux yeux d’une écrasante majorité de la classe politique.
Les contribuables français doivent déjà payer 5 milliards € pour sauver Areva, au moins momentanément.
La plus grosse dette jamais payée par les contribuables français. Respect !
Et Areva supprime 6000 postes. Pour quelle mission dorénavant ? Extraction et transformation (l’objet d’un scandale) ? Traitement des déchets et démantèlement des centrales ?
Le modèle intégré d’Areva devait permettre d’offrir un service global : de l’extraction et de la transformation à l’enrichissement de l’uranium. Areva vendait ensuite des dizaines de centrales, clé en main, et devait fournir le combustible (l’uranium), le service, la sécurité et l’entretien, jusqu’au traitement des déchets nucléaires.
Ce fut un lamentable échec, que l’État partage avec la (très mauvaise) direction d’Areva.
Il y a eu Uramin. Areva a acheté 3 gisements inexploitables, et 3 milliards d’euros se sont volatilisés !
Arte vous invite à consulter une enquête sur Uramin. L’enquête a duré un an, elle est implacable sur les fautes d’Areva et de l’État français :
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Que vient donc faire en Afrique et dans cette affaire un député français, et maire de Levallois ? L’enquête rappelle que Patrick Balkany n’avait pas de compétence spéciale dans le nucléaire, ni de rôle diplomatique ou économique officiel.
Le président centrafricain de l’époque, François Bozizé, empêchait la société française de récupérer les droits d’exploitation de la mine de Bakouma qu’elle avait pourtant payée au prix fort. Un accord a finalement été trouvé, moyennant 50 millions de dollars supplémentaires payables à l’Etat centrafricain, et diverses dispositions. La société « Areva Explo » aurait ensuite versé 40 millions de dollars de “commissions” supplémentaires, qui auraient été réparties entre Patrick Balkany, François Bozizé et Georges Forrest, homme d’affaires belge.
Les enquêteurs de Tracfin ont découvert qu'en juin 2009 un compte ouvert à Singapour par P. Balkany avait été crédité d'une somme de 5 millions de dollars virée par l’industriel belge, Georges Forrest, qui a permis à Patrick Balkany, alors l’un des émissaires de Nicolas Sarkozy en Afrique, d’acquérir le riad de Marrakech (5,5 M€) - détenu sur le papier par son chef de cabinet, M. Aubry, directeur d’une société-écran à Paname, au milieu d’une panoplie de sociétés-écrans immatriculées dans les paradis fiscaux, de comptes offshore, et de prête-noms. Quel sombre pataquès !
Malgré toutes ces malversations, Anne Lauvergeon n’aura pas les épaules assez larges pour endosser seule, ou avec son mari, l’échec patent de cette débâcle financière, industrielle, écologique et politique. Elle s’en défend dans le libé.
L‘État français est responsable. « Atomic Anne » a été nommée en 1999 à la tête de la Cogéma, soutenue par le corps des Mines qui disputait aux Ponts et Chaussées la maîtrise de l’industrie électronucléaire française. En 2001, Cogema fusionne avec Framatome pour créer le groupe Areva, avec à sa tête Anne Lauvergeon, nommée par le 1er ministre Jospin, soutenu en cela par D. Strauss-Kahn. Cogéma, c’était l’exploitation et le traitement de l’uranium, Framatome, les réacteurs. Si Framatome a oscillé entre les secteurs public et privé, l’État a toujours eu le contrôle de la Cogema, Framatome et ensuite Areva, qu’il détient à près de 84%.
De fait, la partie réacteurs, avec la quasi-faillite d’Areva, passe sous l’égide d’EDF. Les contribuables effacent l’ardoise. La responsabilité échoie, non pas à la seule Anne Lauvergeon, mais avant tout aux politiques, de Mitterrand, qui a mis en service les 2/3 du parc de réacteurs nucléaires et dont elle fut la sherpa, et Jospin, puis Chirac, et Sarkozy, et même François Hollande, qui a su la renommer en 2013 présidente d’une commission à l’innovation. Ceux-ci, comme les parlementaires qui se devaient de contrôler les finances publiques, ainsi que l’avenir énergétique du pays, ne peuvent se défausser de la responsabilité de cet échec sur la seule (ex-)présidente d’Areva.
Les responsables politiques, et notamment ceux qui sont à la tête de l’État, droite et socialistes dans l’alternance, ont perpétué les mêmes erreurs, et ne peuvent pas se réfugier derrière un seul fusible. Au pire, ils sont aussi fautifs (et même un cran au-dessus : dirigeants) ; au mieux, ils n’ont pas fait le travail de contrôle, de décision, et ont dilapidé les finances publiques dans la faillite. Pire, ils s’entêtent !
L’EPR, qu’Anne Lauvergeon soutient depuis 2002, a été la principale cause de la faillite du groupe : que ce soit celui d’Olkiluoto, en Finlande, comme celui de Flamanville, c’est un gouffre financier pour les contribuables français qui paieront tant pour la Finlande que pour le projet français défaillant. Vendus 3 Mds€, ils en coûteront au moins le triple aux usagers et contribuables français. Le nucléaire EPR n’est pas rentable, potentiellement dangereux avec les problèmes relevés par l’ASN sur la cuve.
Et pire encore, le nucléaire à base de REP (réacteurs à eau pressurisée, 100% du parc français), ne l’est pas non plus (environ 75€ MW/h).
Areva doit désormais démanteler la 1ère tranche du centre de la Hague, appelée UP2-400,. Le chantier doit s’étaler sur une durée de 25 ans, pour un coût que le groupe estime à 4 Mds €.
Ce chantier commence très mal, avec des milliers de tonnes de déchets emballés de façon non conforme depuis 32 ans. Dans la situation de quasi faillite du groupe Areva, on risque de ne pas en voir la fin.
Qui sont tous les responsables de ce naufrage ?

Panique sur les derricks, gare à la bulle de gaz de schiste

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En 2007, Nicolas Sarkozy voulait créer des subprimes à la française : «Les ménages français sont aujourd’hui les moins endettés d’Europe [...] Je propose que ceux qui ont des rémunérations modestes puissent garantir leur emprunt par la valeur de leur logement. Il faut réformer le crédit hypothécaire. Si le recours à l’hypothèque était plus facile, les banques se focaliseraient moins sur la capacité personnelle de remboursement de l’emprunteur et plus sur la valeur du bien hypothéqué.»
En 2007, la bulle immobilière a explosé, et plongé les banques et les États dans la crise et la dette. Fin du crédit hypothécaire.
En 2016, Luc Chatel, approuvé par Sarkozy, annonce que le parti « les républicains » doit « être le parti du principe d’innovation plus que du principe de précaution, le parti du gaz de schiste, le parti des OGM, le parti des biotechs, j’ai cette intime conviction. »
En 2016, la bulle du gaz de schiste est en train d’exploser : cette industrie à très forte intensité capitalistique, et excessivement polluante , connaît une vague de faillites. Chesapeake, pionnier du secteur aux Etats-Unis, est tombée., plombée par une dette de près de 10 Mds$.
Les faillites se succèdent parmi les entreprises du secteur qui croulent sous une dette qui explose, et dont les revenus s’effondrent. Leur valorisation boursière avec.
Chesapeake Energy, deuxième producteur de gaz aux États-Unis derrière ExxonMobil, Quicksilver Source, Sabine Oil & Gas, Milagro Oil & Gas, Samson Ressources et Swift Energy, des compagnies qui chacune dépasse le milliard € de dette font ou ont fait faillite.
Il y a deux jours, c'est Devon Energy, le plus gros indépendant du pétrole et du gaz US qui s'est écroulé à son tour : une perte nette de 4,53 Mds$ pour des revenus de 2,89 Mds$.
Les 60 plus grandes entreprises américaines du secteur ont vu leur dette cumulée augmenter de 100 milliards à 206 milliards $ en 6 ans.
Le monde de la finance s’inquiète du risque de titrisation aux Etats-Unis. Qu’en est-il de la finance globalisée, et des risques sur les bourses et les banques européennes ?
Apparemment, le risque d’exposition pour le secteur bancaire est moindre qu’en 2007. On se rappelle néanmoins qu’en 2007, il n’y avait pas de risque, mais des opportunités, pour le bien des petites gens !
Les entreprises françaises sont très impliquées dans cette industrie. On comprend le risque et les intérêts défendus par nos sympathiques et désintéressés politiques, droite et PS confondus (merci reporterre) :
Aujourd’hui, LR est le parti des gaz de schiste. Comme en 2007, il était celui du crédit hypothécaire. Au moment où le marché s’effondre, il l’investit.
LR aime tant les bulles, qu’il nous les revendent dès qu’elles commencent à éclater. Pschiiiitt…. BOUM ! BOUM ! Pschiiiitt… Tic-tac tactique.

Un « accident » dans un puits gazier de Californie provoque une catastrophe écologique majeure et prévisible.

La fuite a été signalée le 23 octobre 2015. Elle provient du plus grand site de stockage géologique de gaz naturel de l’ouest des Etats-Unis, qui alimente Los Angeles. Il y a 115 puits d’injection et de pompage sur ce site situé à 2400 m de profondeur, qui contient 2,3 milliards de m3 de gaz.
Les dégâts sont colossaux, avec des impacts définitifs sur le réchauffement : le méthane a un effet de serre 80 fois plus important que le CO2 sur 20 ans. Il s’échappe jusqu’à 58 tonnes de méthane par heure. Depuis le 23 octobre, c’est 2% du gaz contenu qui s’est échappé, et cela représente chaque mois 25% des émissions de ces gaz à effets de serre de tout l’État.
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La Californie placée en état d’urgence.
Comme pour « Deepwater Ocean », au large de la Louisiane en avril 2010, où BP avait mis plus de 3 mois à colmater la brèche, l’exploitant, ici « SoCalGas », après 8 tentatives, se montre toujours incapable de résoudre la situation.
La fuite se situe à 1000 m de profondeur, et la pression formidable exercée par le gaz a empêché toutes les tentatives de colmatage. Selon les dires de la compagnie, la situation ne sera pas résolue avant des mois.
Avec 50 tonnes de méthane s’échappant à l’heure, pendant 6 mois, cela signifie plus de 5,5 millions de tonnes d’équivalent CO2.
Risques et solutions
La compagnie va tenter de creuser un puits secondaire pour « soulager » la pression du puits en cause, ce qui pourrait permettre le colmatage. S’il faut attendre que la pression ait baissé d’elle-même en s’échappant, la catastrophe sera presque totale.
Presque ? Nous sommes situés ici sur la faille de San Andreas, où toute la population redoute le « Big One ». On y trouve aussi une centrale nucléaire, celle de « Diablo Canyon », deux réacteurs à eau pressurisée, censée résister aux secousses les plus fortes émanant des 4 failles sismiques qui l’entourent. C’est en tous cas ce qu’a conclu la NRC (commission de réglementation nucléaire des États-Unis).
Le risque de séisme est largement aggravé par la fracturation hydraulique, car si le site d’ « Alizo Canyon » est un site de stockage, on y injecte du gaz extrait par la fracturation hydraulique alentours.
Les risques liés à la fracturation hydraulique ont déjà été pointés par les ONG et la population qui y est de plus en plus opposée, et le gouvernement américain s’était engagé en ce début d’année à instaurer des règles contraignantes qui devaient être appliquées à la fracturation :
  • Renforcer l’étanchéité des puits et réaliser des tests systématiques ;
  • Vérifier la qualité des parois en ciment afin de protéger les nappes phréatiques ;
  • Publier la liste des produits injectés dans le sol pour en permettre l’extraction ;
  • Prévoir un plan d’élimination des produits toxiques ;
  • Sécuriser les eaux usées dans des réservoirs couverts au lieu des les évacuer dans des fosses creusées à même le sol…
Le coût de ces mesures devrait se situer aux environs de 30 millions de dollars par an pour tous les USA. Cette somme très minime est due au fait qu’elle ne concerne que la fracturation hydraulique, pas les sites de stockage, et uniquement sur les terrains qui sont propriété de l’État fédéral. Donc ni les sites d’extraction privés, ni ceux appartenant aux États fédérés.
L'opposition des lobbies à la prévention et aux solutions
Les lobbies pétroliers se sont pourtant immédiatement et farouchement opposés à cette réglementation, parlant de « réaction à des mesures non fondées ».
Autrement dit, laissez-nous faire, on sait ce qu’on fait, nous contrôlons tout. Et ne touchez surtout pas à nos profits !
Ces mesures selon eux, « en ajoutant des coûts pour [leurs] producteurs indépendants », allaient faire fuir les investissements et les créations d’emplois.
Les lobbies pétroliers, en collaboration avec les républicains et les États fédérés, refusent toute réglementation, même minime. Ils sont en guerre contre la réglementation, contre une opinion de plus en plus opposée.
Il aurait mieux valu étendre la réglementation aux sites de stockage, et renforcer l’étanchéité des puits. Nous n’en serions pas là avec une cette fuite qui provoque une catastrophe mondiale pour les générations futures. Juste pour une question de profits, déjà évaporés.
Qui va payer ?
Pour ces centaines de milliers de tonnes à effet de serre rejetés massivement dans l’atmosphère, qui va payer ? A part les générations futures, s’entend…
A seulement 8 $ la tonne de CO2, cela ne représente qu’un peu plus de 43 millions de $ de dédommagements envers le monde. Un grain de sable qu’il eût mieux valu investir pour renforcer les puits et vérifier la qualité des parois, pour que cela n’arrive pas.
Mais les accords de la COP21 ne sont pas contraignants, et ne disent pas un mots sur les gaz à effet de serre, et encore moins sur leur coût.
A part d'éventuels dédommagements envers les habitants, si plus tard, il y a séisme, la nature portera le chapeau.
Et s’il y a accident nucléaire du fait d’un séisme, on parlera alors de catastrophe naturelle…

Donner un prix à la nature : vraie ou fausse solution ? (Journées d’Eté d’Europe Ecologie Les Verts – août 2015)

Donner un prix à la nature : vraie ou fausse solution ?
La Nature en vedette, normal chez des écologistes !
Partout, il est difficile de défendre les droits du vivant, quand les intérêts financiers priment sur l'intérêt général.
A l'occasion du débat sur la Loi Biodiversité - qui va passer en seconde lecture à l'Assemblée Nationale à la rentrée - la députée écologiste Laurence Abeille a convié un débat passionnant sur la Nature, en plénière des Journées d’Été d'Europe Écologie - Les Verts (août 2015).
A travers notamment la création de "banques de biodiversité", la question est posée du "prix" qu'on peut donner à la Nature.
Pour répondre à cette question, Laurence Abeille a convié quatre personnalités :

Donner un prix à la nature : vraie ou fausse... par EuropeEcologie
Prenez le temps de regarder cette conférence très riche. Où il est question de la "valeur" intrinsèque de la nature, indépendamment des "services" qu'elle nous rend - selon une vision instrumentale et comptable, celle d'un "capital naturel" ou de "ressources naturelles", où chaque perte pourrait être "compensée".
Pascal Canfin énonce pour finir les trois outils de régulation dont disposent les politiques :
  • la norme (un mécanisme administratif et juridique pour éviter, protéger) ;
  • la taxe (un mécanisme de compensation socialisé : par exemple une taxe carbone, selon le principe pollueur-payeur) ;
  • et enfin le marché (un mécanisme où l'on délègue au privé la fixation des prix).
Concernant la Nature et la biodiversité, tous les intervenants s'accordent pour préférer la protection par la norme, plutôt que la spéculation par les banques de compensation.
Pascal Canfin conclut par une citation d'Oscar Wilde : "Le cynique est celui qui connait le prix de tout et la valeur de rien."
erc

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