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Conseil régional – les infrastructures normandes : commission Duron, rapport Spinetta, autoroutes, LNPN, ferroviaire, HAROPA, aéroports… et canal Seine-Nord

Au Conseil régional, lors de la plénière du 19 février 2018, les scénarios de la commission Duron (Conseil d’Orientation des Infrastructures), et le très controversé rapport Spinetta ont jeté un pavé dans la mare : le président du Conseil, Hervé Morin, s’est satisfait d’enfin financer l’autoroute entre Évreux et Chaufour-lès-Bonnières (Yvelines), une 2×2 voies avec 5 échangeurs, dont le chantier reviendra à la Région Normandie, puis dont l’exploitation sera remise à l’État. Celui-ci le concèdera-t-il à la SAPN ?
En marge de cette autoroute, il regrette le sort de l’A28-A13 (renommée A133-A134), que la commission pourrait lui infliger en reléguant aux calendes – un abandon ! – ce mauvais projet dans le premier scénario, estimé à 48 milliards d’euros pour l’État.
Avec une autoroute entre l’Eure et l’Eure-et-Loir : Orléans (Allaines)-Évreux (Nonancourt), qui sera concédée “peut-être” à la SAPN ; et une autre entre Évreux et Chaufour-lès-Bonnières, la SAPN ne peut que désirer ardemment cette A28-A13, puis le tronçon entre Évreux et Rouen, seule route et seul moyen de transport entre les deux préfectures normandes.
Que les Ébroïciens, peu concernés jusque là semble-t-il par l’A28-A13, réfléchissent à l’attractivité de leur ville, enclavée d’autoroutes. Imaginent-ils qu’ils devront peut-être payer un péage pour se rendre à Rouen, pour le boulot, les études, le shopping, la culture ou la santé ? La RN 154, nous l’avons déjà payée avec nos impôts sonnants et trébuchants, pourtant.
Mais c’est aussi la farce que dénonce Hervé Morin, avec un financement de 50 millions € pour moderniser les ports normands de Rouen et du Havre, alors que ce sont des centaines de millions € qui seraient nécessaires, selon Hervé Morin, pour moderniser le seul port du Havre.
Le sujet du canal Seine-Nord-Europe, qui ferait d’Anvers un (ou le) port de Paris, est un sujet qui ne sera qu’effleuré, mais dans tous les esprits…
Avec le rapport Spinetta, qui vise à privatiser la SNCF, à fermer les petites lignes jugées non rentables, à en finir avec le statut des cheminots, c’est le sort du ferroviaire qui est en jeu. Quant à la SNCF, n’oublions pas que celle-ci n’est plus qu’une holding qui chapeaute deux établissements : SNCF Réseau et SNCF Mobilités. La dette de 46 milliards € détenue par SNCF réseau, doit beaucoup aux TGV, si chers aux grands élus, au nom de l’attractivité. Le rapport Spinetta insiste pour que l’État reprenne à son compte cette dette faramineuse afin de transformer SNCF Réseau en SA débarrassée de sa dette – qui reviendra de facto aux contribuables.
Pas la SA qui sera, elle, privatisée.
En outre, la SNCF pourra se libérer des transports qui rendent un service public mais entrent en concurrence avec ses propres filiales, privées ou non : Geodis (géant du transport routier), Keolis (transports urbains), Ouibus (cars Macron), Ouigo (trains low cost, mais avec des opérateurs cheminots), Systra (tramways, métros,…), Arep (bâtiment et aménagement), Effia (parkings), etc, etc. Avec plus d’un millier de filiales, la SNCF réalise un tiers de son chiffre d’affaires à l’étranger, en complémentarité ou en compétition avec le train. Elle réduit la voilure sur le service public et les lignes.
L’État veut privatiser, mais les contribuables devront passer à la caisse. Les usagers – pardon : les clients – paieront aussi.
Jean-Cyril Spinetta, Haut fonctionnaire, qui fut PDG d’Air Inter de 1990 à 1993 (dont la fusion avec Air France commença en 1990, pour se terminer en 1997) puis chargé de mission auprès du président Mitterand, préfet, …, et PDG d’Air France de 1997 à 2008, compagnie qui fut alors privatisée.
De 2009 à 2013, il devient président du Conseil de Surveillance d’Areva, au moment du scandale d’Uramin (1,8 Md €, mine de rien).
Rappelons-nous ce que disait Le ministre de l’Économie des finances le 12 juillet devant la commission des finances : “La gestion d’AREVA, depuis quelques années est un véritable scandale républicain. Ce n’est même pas de l’impéritie ou de la mauvaise gestion, c’est de la dissimulation systématique. Je trouve cela proprement révoltant.” C’est à lui qu’est confiée la mission de donner le chemin pour redresser et privatiser la SNCF. Même pas peur. Enfin, si…
Parole aux élus sur les grandes infrastructures envisagées, ou en passe d’être abandonnées :
Désenclaver la Normandie ! Hervé Morin fait sa déclaration de politique générale sur les infrastructures :
  • Les aéroports de Rouen, Caen, le Havre : on se souvient combien le candidat à la présidence de la région était pour l’aéroport unique à Deauville, pour raison de coût et d’efficacité. L’eau a coulé sous les ponts : nos élites ont besoin d’un service premium pour d’élitistes séants.

  • La route (ou l’autoroute) avec deux chantiers : Se déclarant toujours opposé à l’État jacobin, Hervé Morin fait le choix des grandes infrastructures et de la route. C’est la région normande qui prendra en charge le chantier de la mise en 2×2 voies Évreux-Chaufour, même si la compétence est nationale, et qu’il relie l’Île de France à la Normandie.
    Avant de remettre à l’État qui l’exploitera. Il n’est plus donc question d’une concession à la SAPN, sauf 2 km – sauf si bien sûr l’État le concède à son tour.

  • Route encore, et ZAC en prime : La région et le département du Calvado financeront en outre la mise en 2×3 voies de Pont-l’Évêque à Dozulé, et un demi échangeur à la Haie Tondue, à hauteur de 1,5 M€.
    Réclamé par l’intercommunalité, cet échangeur permettrait d’économiser soi-disant 14 km, (sans doute beaucoup moins en fait) en évitant Pont-l’Évêque (pas vraiment Pont-l’Évêque, mais l’échangeur de l’A13 au sud de Pont-l’Évêque) pour emprunter plutôt 2 toutes petites départementales de campagne – plutôt que celle munie de bande de dépassement, terre-plein central, etc. Qui préférera une petite route sans aménagements, plutôt qu’une une route spacieuse, aménagée, permettant de doubler pour rejoindre l’A13 facilement, avec moins de risques, plus vite aussi, pour… quelques kilomètres ?

    Un détour par les petites routes de campagne ? (D45)
    …au milieu des hameaux, sur des routes non sécurisées (D16)
    …ou ligne droite avec voie de doublement ? (D579)

    La réponse est sans doute ailleurs : l’autre intérêt, l’intérêt principal de l’intercommunalité est économique. Point de vue CCI et politique. Une ZAC est prévue ici, en plein champ, depuis 2008. Pour la construction mais aussi la spéculation, en développant une nouvelle ZAC à la Haie Tondue précisément (dans les pointillés rouges sur la photo ci-jointe -> cliquez sur le photo pour agrandir).
    Bref ! Une zone d’activité de 50 hectares (lire p. 65 – p.52 du PDF) située sur des terres naturelles et agricoles, délivrable en tranches de 10 ha.

    L’argent public continue donc de financer une autoroute largement amortie et très rentable, et la Région continue à contribuer au mitage du territoire. Au diable la préservation des terres et du climat !
    Et c’est le contribuable qui finance.

  • Côté ferroviaire, Il se conforte d’avoir repris la gestion des trains intercités dès 2020, même si cela conduit à doubler le tarif sur certains trajets essentiels pour les usagers normands.
    Trop cher, cela risque de ne pas favoriser le report modal, bien au contraire, avec un report du train vers l’automobile. A l’encontre des soi-disant objectifs des villes et métropole.
    Cela en contrepartie de l’achat de 40 rames pour les lignes Paris-Rouen-le Havre et Paris-Caen-Cherbourg par l’État, mais aucune contrepartie sur les déficits d’exploitation.

  • LNPN : tout ou rien. Hervé Morin tance notre “bon vieil État stratège”, le saucissonnage de la LNPN, “c’est à dire purement et simplement son enterrement !”
    Il n’a pas peur semble-t-il que le bras de fer tourne au rien. Or, ce qu’attendent des usagers du train normands, c’est bien le doublement du Mantois, pour des trains qui redeviennent ponctuels. Ce n’est pas un saucissonnage, mais un phasage : d’abord le Mantois, puis la gare Saint-Sever, et pour le reste… ce sera déjà bien.

  • Abandon des petites lignes ferroviaires : M. Morin regrette comme tout le monde l’abandon par l’État de la ligne Paris-Granville au delà d’Argentan, de la ligne Granville-Rennes, celles du Mans-Alençon.

  • Il regrette le report à quelques années de la liaison A28-A13 dans un des scénarios Duron. Ce qui pour le coup signifiera un enterrement bienvenu pour les populations. Reste que “le rapport Duron n’est plus d’actualité”, a dit le président Macron au retour d’un voyage en Corse, “Au moins pour ce qui concerne l’Ouest”.

  • Le budget du port tourne à la farce ! Les 50 millions proposés pour moderniser les ports sont pour lui une farce. Plusieurs centaines de millions d’€ seraient nécessaires pour le seul port du Havre entre les quais et la chatière. Tiens, sur les 3 propositions offertes en débat au public, Hervé Morin a fait le choix de la chatière. Le plus onéreux, le moins sûr. C’était bien la peine de faire un pseudo débat public.

    En septembre 1995, le président de la République, Jacques Chirac, élève le projet de Port 2000 au rang de « projet d’importance économique nationale d’un intérêt public majeur » Le choix est fait de construire Port 2000 vers l’estuaire, permettant aux armateurs de gagner du temps en évitant l’écluse, qui aurait pu être bloquée pour des raisons techniques ou sociales… et 100 millions € d’économie.
    Les difficultés n’ont cessé de s’accumuler jusqu’à l’inauguration en 2006.
    Mais ce qui nuit véritablement au port, c’est l’insuffisance des dessertes fluviales, ferroviaires, et routières connectées à Port 2000. Sans parler de la CIM, 5 millions de tonnes de matières dangereuses tout au long de Port 2000.
    Mais le pire de tout c’est que pour un port à la fois fluvial et maritime, les navires fluviaux n’ont pas accès au port maritime de Port 2000.
    Un défaut originel de conception que n’ont jamais su résoudre les pouvoirs publics, l’élite de nos ingénieurs, ni les autorité du port. Nouvel échec de « la plus grande plate-forme multimodale de France ” ouverte en 2015 pour un coût de 137 M€, dont 87,5 % d’argent public : le
    Havre Terminal Exploitation dépose son bilan dès le 23 octobre.
    Dernier espoir pour rendre le port compétitif, à l’instar des ports du nord de l’Europe : la chatière qui permettrait aux transports fluviaux d’éviter les effets de la houle, et de relier la Seine au port maritime. Avec les 50 millions d’aide accordées par l’État pour la modernisation des ports ?

  • Pas un mot sur la gouvernance des ports, où le premier ministre et ancien maire du Havre, Edouard Philippe, a une vision plus régalienne pour mettre fin à la concurrence des ports, tandis que la Région voudrait devenir “chef de file de ses ports” pour faire sa “révolution économique” !
    Rien de moins. Pendant ce temps, la restructuration des opérateurs, de plus en plus concentrés, et investissent dans les grands ports, et se spécialisent ou pratiquent l’intégration verticale, au détriment de la logique territoriale.
    Il n’y a pas que le Conseil de surveillance, mais aussi les directions générales des ports français, monopole des X-Ponts, avec un turn-over rapide, mais des résultats qui ne sont pas à la hauteur des enjeux.

  • Canal Seine-Nord qui figure bien dans le rapport Duron, au moins pour la partie Creil-Compiègne : Pas un mot sur le Canal Seine-Nord. Le sujet est pourtant de taille. Le rapport Duron annonce la réalisation de Mageo (Mise Au Gabarit Européen de l’Oise – 4400 t.). Celui-ci ne fait qu’annoncer la réalisation du canal, dont il ne serait que le débouché.
    Au détriment de l’axe Seine, il est vrai. On ne peut pas ne pas en tenir compte.
  • Conclusion : Face à la destruction du fret ferroviaire, soutenue par tous les partis de gouvernance, face à la chute inéluctable du fret fluvial sur la Seine, État et régions ne cessent de subventionner la concurrence par camions.
    Si la région veut faire de ses ports un poumon économique compétitif, il faut garder conscience des spécificités des ports : l’un spécialisé dans le vrac céréalier, l’autre assumant un vrac liquide à hauteur de 40%. Le trafic d’EVP stagne.
    Le trafic baisse dans le GPM du Havre, tandis que dans les ports du Nord le trafic est en hausse constante, au point que le tonnage du port de Rotterdam représente près du double de celui des sept ports maritimes français conjugués.
    Même Amsterdam, qui représentait les deux tiers seulement du tonnage du Havre, l’a dépassé.
    Les avantages des ports du nord ? De l’investissement, de l’efficacité, et… du fret fluvial et ferroviaire, quand les ports français sont toujours à 86% de fret routier.
    La mise au gabarit européen de l’Oise et du canal, c’est 4400 t/ navire, soit 125 camions.
    Pour le ferroviaire, hormis acquérir les rames les plus confortables, mais dispendieuses, on laisse tomber le réseau, en disant que c’est la faute de l’État exsangue.
    La faute est partagée : dans quoi investit la Région ? Les autoroutes, les concessions, le BTP.
    C’est une grosse opération de privatisation, mais pas le choc d’investissement nécessaire pour les ports et le fret fluvial et ferré. Ni la route du blé ferroviaire, ni le Rouen-Évreux, il n’y a rien. Des fermetures. De lignes, de gares.
    Derrière tous ces mots – ports, fluvial, train -, il ne reste aux contribuables que le financement des autoroutes.
    La réalisation du canal Seine-Nord sera peut-être un choc crucial pour la région pour moderniser de toute urgence le port du Havre, ou continuer son déclin.
    Il y a de bonne chances qu’Anvers devienne le principal port de Paris, et Dunkerque mise sur sa vocation céréalière. Une révolution économique.
    Au final, derrière tous ces mots, toutes ces volonté politique affichées, que reste-t-il ?
    Des rames neuves concédées par l’État, mais sans aide sur les pertes d’exploitation,
    des portiques à PSL qui laissent interrogateurs, sinon médusés,
    et des subventions pour les travaux d’agrandissement du réseau SAPN.
    Et la farce de l’État sur la modernisation des ports.
    Laetitia Sanchez, EELV : le train, les transports collectifs, le vélo, l’engorgement des villes et les déchets.
    Hervé Morin se veut de président au service des Normands. Mais c’est une vision économique, au service des milieux économiques, au détriment des autres compétences.
    Ces compétences, c’est directement auprès des Normands, des usagers du service public et de l’environnement.
    Sur les déchets, d’abord les éviter. Puis trier à la source, recycler, valoriser, au lieu de brûler en rejetant plus de 2000 molécules en sortie de cheminée. Dangereux cocktail. Ce n’est pas la dose qui est mortelle, mais le temps d’exposition.
    Il faut donc trier et recycler les plastiques et autres matières, plutôt que de les brûler ou les épandre dans les champs. En cas de fréquent dépassement de norme, on enfouit. La Région est désormais chef de file en matière de déchets, et en même temps de la lutte contre le dérèglement climatique : qu’elle prenne ses responsabilités, avec les EPCI.
    Sur les transports, c’est le tout routier qui est la feuille de route de la Région d’Hervé Morin : certes 40 nouvelles rames, la compensation de l’État pour les déficits du ferroviaire à venir, mais quelles mesures prise pour améliorer le réseau ou favoriser le report modal ?
  • Suppression des aides régionales aux pistes cyclables et aux transports collectifs,
  • Le car passe au prix du train,
  • Le prix de certains billets double sur les trajets de 25 à 50 km grâce à une prétendue simplification. En 2020, tous les trains seront concernés.
  • Suppression des “petites” gares pour les trains régionaux – pour une région qui reproche à l’État de supprimer les petites lignes.
Il faut au contraire rouvrir aux voyageurs les lignes qui sont rénovées pour favoriser le fret (Etrepagny-Pont-de-l’Arche – une gare qui va être fermée au voyageurs) ; la ligne Rouen-Évreux, pour laquelle il n’existe aucune alternative, sauf par route – et peut-être bientôt autoroute si les milieux économiques se sont entendus.
Il faut aussi reconstruire un réseau en étoile pour le train, pas avec pour seul centre la capitale, Paris, mais avec une métropole qui s’ouvre vers les villes Normandes et un maillage territorial. La Normandie n’est pas qu’une annexe de l’Île-de-France.
Les villes normandes sont saturées d’automobiles. 83% des déplacements se font en voiture en Normandie. A Rouen, ce sont 1,5 million de déplacements par jour en véhicule particulier en métropole.
Plutôt qu’investir 1 milliard € dans une autoroute à l’Est qui n’éloignera que 600 poids lourds en transit (s’ils respectent les interdictions), c’est l’alternative aux 1,5 million de déplacements en VL/jour qu’il faut trouver.
1,1 million de VL conducteur par jour moins 600 PL, cela fait toujours 1,1 million.
Il faut développer les lignes et favoriser le report modal, plutôt que de fermer les gares et de doubler le prix du train.
Il faut favoriser et protéger les pistes cyclables : 53,2% des transports automobiles font moins de 4 km.
Il faut développer les transports pour tous les Normands, pas investir dans une autoroute inacceptable pour le public, l’environnement et les finances publiques.
Nicolas Mayer-Rossignol et l’alignement des planètes…
“Restons un instant sur l’économie, les entreprises et l’attractivité. On peut créer des agences de l’attractivité, on peut mettre de l’argent dans des logos. La vraie attractivité, la durable, c’est d’abord les infrastructures.”

Selon M. Mayer-Rossignol, H. Morin n’a pas de mots assez durs pour désigner la commission Duron. Une commission, comme il le rappelle, où figure le conseiller régional Hervé Maurey, au titre de sa présidence de la commission du développement durable du Sénat. Sénateur et conseiller régional.

Un autre (premier) ministre havrais est un proche de Morin, de sa majorité, sans compter le ministre des Finances Bruno Lemaire, qui pourrait de son poste amender le rapport Duron pour favoriser la Normandie et ces infrastructures ferroviaires (LNPN, le TGV qui va permettre de gagner 5 minutes en allégeant son portefeuille), portuaires (concurrencées vraisemblablement par le canal Seine-Nord qui avance derechef), on peut penser autoroutières et à l’A28-A13 qu’il a tant défendue (mais qu’il n’évoque pas ici) : l’autoroute, c’est attractif, comme le TGV, et même si économiquement c’est catastrophique pour les usagers, c’est bon pour l’attractivité. Et bon pour la dette…
Toutes ces considérations devraient coïncider pour décrocher des financements importants de l’État.

Il n’a pas de doutes que des Ministres d’État devraient privilégier leur Région d’origine, ou d’élection, plutôt que l’État qu’ils sont censés conduire.
Et les financements ne sont pas au rendez-vous !
Et avec ça, Hervé Morin est président de l’Association des Régions de France :
“Vous voyez qu’il y a une conjonction, un alignement des planètes”, dit M. Mayer-Rossignol, “qui devrait aboutir à un résultat inverse ! Quand on a un Premier ministre normand, un président des Régions de France normand, quand on a un conseil d’orientation avec des membres normands éminents, on peut peut-être s’attendre à ce que la Normandie ne soit plus mal traitée. Et paradoxe des paradoxes, vous êtes le premier à dénoncer et à critiquer, dans les paroles, ces résultats. Nous vous demandons simplement d’agir !”
Il ne cite pas parmi les ministres M. Lecornu à l’Écologie. Celui-ci n’étant pas chaud pour l’A28-A13 y est peut-être pour quelque chose.

C’est un fait : être Ministre revient à préférer sont territoire d’élection, cela semble tomber sous le sens. Pour les milieux économiques comme politiques.

“Nous savons que l’exaspération est réelle aujourd’hui. Nous, Normands, potentiellement, n’avons jamais eu autant de leviers politiques pour agir […]”

La République des amis bien placés. Qu’ils parlent après d’égalité des territoires, d’intérêt général, et on comprend sans peine l’exaspération.

Du berger à la bergère, David Margueritte à Nicolas Mayer-Rossignol : c’était l’alignement des planètes parfait pour le PS en 2012
Du berger à la bergère, David Margueritte répond à Nicolas Mayer-Rossignol sur l’alignement des planètes qui devrait conduire les ministres normands à privilégier la Normandie, et ce, quelle que soit l’ampleur de la dette française.
Voire l’utilité et la rentabilité des infrastructures. Au nom de l’attractivité ! À M. Mayer-Rossignol, qui reproche à la majorité de droite de n’avoir rien fait que de récupérer des rames neuves, contre les déficits à venir et des portiques inutiles sur les quais de Saint-Lazare, M. Margueritte reproche au premier l’état des toilettes des trains.

“Ne rien dire, à vouloir contenter tout le monde, pour finalement ne procéder à aucun choix clair, à aucun choix stratégique, et au bout du compte ne rien faire, c’était la ligne de François Hollande, celui que vous avez soutenu jusqu’au bout de son mandat, et vous parliez d’alignement des planètes tout à l’heure, François Hollande 2012-2017 ; mais on pourrait aussi rappeler Bernard Cazeneuve, dont vous n’avez cessé de glorifier l’action ; Fabius qui ne semblait pas très éloigné de vous ; Stéphane Travert, aujourd’hui ministre de l’agriculture qui faisait il y a encore quelques semaines partie de votre groupe ; et Estelle Grolier… Et en cette période, c’était l’alignement des planètes parfait. Et en plus, au début du mandat, il semblait y avoir un cap politique. François Hollande avait fait de la LNPN sa priorité, et quel fut le bilan de cette action, M. Mayer-Rossignol ? L’axe Seine, le choix stratégique s’est bien fait à ce moment là, quand tous vos amis étaient aux responsabilités ? Et pas n’importe quels amis : des amis proches, des amis extrèmement proches de vous. Qu’est-ce que vous avez fait finalement quand vous étiez aux responsabilités de la Région pour le train ? Il faut saluer votre cohérence, mais je voudrais là dénoncer une forme d’audace qui confine là, pour le coup, à l’aventure. Dans vos propos. Les trains hors d’âge, les toilettes des trains qui étaient systématiquement fermées, vous étiez président de région à ce moment là. La volonté politique a été de faire un choix fort dès le début du mandat : c’est de reprendre la gouvernance des intercités [et d’augmenter les tarifs, NDR], en même temps que de relancer le chantier de la LNPN à moyen terme, et à court terme pour la réalité vécue par les Normands, dont chacune et chacun s’accordent à dire que les trains étaient hors d’âge, moyenâgeux, et que la dette que la SNCF disait devoir payer à la Normandie n’avait pas été payée. Le choix politique des 40 rames c’est un choix fort, au contraire de la ligne que vous avez soutenue avec F. Hollande : le ne rien faire et ne rien dire.”

Nous allons pouvoir aligner, non pas les planètes, mais les élus, pour voir qui fait pipi le plus loin.

Au final, dans tout l’éventail de projets présentés sur le ferroviaire, le fluvial, les ports, etc, il ne reste que des tronçons d’autoroutes financés par de l’argent public, de nouvelles rames qui viennent en compensation de la reprise du réseau, des portiques à PSL, et c’est tout. Fermeture à venir de petites lignes d’équilibre du territoire, fermetures de petites gares, augmentation de tarifs ferroviaires, généralisé en 2020 pour souci de “simplification”, suppression de plans vélos… C’est vide ou presque, hormis les nouvelles rames en 2020 et le financement autoroutier.

Céline Brulin : le rapport Spinetta est une privatisation néo-libérale, une ouverture à la concurrence que la majorité appelle de ses vœux.

Mieux calibrer les trains pour éviter les usagers qui voyagent debout, entretenir et utiliser les automoteurs laissés à l’abandon en attente de les revendre pour pallier les défaillances des matériels immobilisés, avec 27 trains supprimés quotidiennement sur nos lignes du fait d’un simple épisode neigeux, redonner des moyens humains à la maintenance des trains et des voies, mettre fin à la fermeture des guichets, en assurant une présence humaine, ce sont quelques proposition de Céline Brulin – plus utiles que les portiques installés à St-Lazare.

Il ne faut pas attendre une LNPN dont l’horizon lointain et la réalisation sont mis en doute (par tous, NDR), mais plutôt maintenir et moderniser le service public.

Le rapport Spinetta est une privatisation néo-libérale, une ouverture à la concurrence que la majorité appelle de ses vœux.

Concrètement, la libéralisation, loin d’apporter des améliorations à un service public toujours plus dégradé, supprimera la flexibilité pour les abonnés qui n’auront plus le choix des horaires, limité à celui des opérateurs. En cas d’avance ou de retard, il ne sera plus possible au navetteur de prendre le train suivant si celui-ci n’appartient pas à la même compagnie. Sauf à payer plusieurs abonnements, ou le tarif plein du voyage (en plus de son ou ses abonnement-s).

Les options deviendront payantes – bagages, wifi, recharge usb… [pourquoi pas les toilettes, NDR] – et les trains ne s’arrêteront plus dans les gares moyennes, en les remplaçant par les cars Macron..

C’est aussi la fin définitive du fret ferroviaire, les transports (déjà à 86% routiers) verront leur part augmenter. Tout par la route, au grand dam des objectifs sur le climat, la qualité de l’air, la santé, la circulation et la sécurité.

FN et ferroviaire, des positions qui s’alignent, en partie, sur celles que défendait EELV :

M. Bay s’en prend au rapport Duron [sans doute veut-il dire Spinetta, le rapport qui défraie l’actualité ferroviaire] qui entend fermer les petites lignes, le réseau capillaire, trop déficitaire. Les cars le sont aussi. M. Bay défend ces petites lignes au nom du désenclavement du territoire.

Le FN cite 2 écueils en matière ferroviaire :

  1. tout miser sur la LNPN, sans phasage (que M. Morin appelle saucissonnage) ;
  2. tout mettre dans la rénovation des rames et rien d’autre (le deal conclu par la Région et l’État, pour la (re)prise du réseau intercités).

Pour le FN, il faut améliorer les infrastructures pour améliorer le service. Cela passe par :

  • la réalisation du doublement du Mantois ;
  • des quais réservés au trafic normand à PSL ;
  • agir sur les “puits de vitesse”, des petites parties de tronçons sur les lignes Paris-le Havre et Caen-Paris où l’on pourrait améliorer l’infrastructure et gagner en vitesse à la marge.

Le FN dénonce la faiblesse de la négociation normande – rames neuves contre reprise du réseau – quand d’autres régions ont su négocier plus : des compensations sur le déficit annuel.

Le quart d’heure écolo, pour voir ce que nous avons en partage… ou pas.

Sur l’essentiel, ce sont des priorités réclamées par les écologistes depuis des années, et répétées depuis le début du débat public de la LNPN. EELV a été le seul parti à déposer un cahier d’acteur :
Les propositions de Normandie Écologie
Le cahier d’acteur EELV au débat public LNPN

  • d’abord le doublement du Mantois, au plus vite, noeud gordien du trafic ferroviaire normand ;
  • la gare rive gauche à Rouen, si l’on veut vraiment développer un réseau non plus orienté seulement vers la capitale, mais un point central pour rayonner vers toute la Normandie, et l’Île de France ;
  • l’amélioration des dessertes en Île-de-France, mais qui concerne en grande partie l’ïle-de -France empêtrée dans son Grand Paris, express ou pas, et ses jeux olympiques. La Normandie, c’est Ploucland de l’autre côté des Yvelines ;-) ;
  • la conservation du trafic ferroviaire capillaire, il est possible de rentabiliser même les “petites” lignes : FNAUT : petites lignes et petites gares

Les Normands (en fait, tous les usagers, d’où qu’ils soient) veulent des trains qui s’arrêtent en gare, et arrivent à l’heure, avec du cadencement, de l’amplitude, et des correspondances. Pas debout, ni par terre : assis ! Des correspondances coordonnées entre elles, pour éviter d’additionner les retards.
Pour ce qui est des “puits de vitesse”, nous n’avons pas les moyens de modifier les voies pour changer les la courbure d’un virage ;-) On peine à les trouver pour entretenir le réseau.
Envisager les shunts Bussereau (Mantes-Caen, typiquement) serait très intéressant si l’on avait les moyens que nous n’avons pas : Les caisses sont vides, les dettes s’accumulent.

Le tout LNPN, le “tout sinon rien” du président Morin risque de nous conduire au rien : retour vers le passé !

C’est ça aussi l’attractivité normande : permettre à tous les Normands de se déplacer en Normandie et en France.

C’était le quart d’heure écolo, revenons aux propositions du FN :
Pour ce qui est des aéroports, le FN se met sur la même longueur d’onde que le PS et la droite : après avoir proposé l’un comme l’autre l’aéroport unique, veulent désormais conserver les aéroports.
Nicolas Bay défend l’aéroport de Rouen, en accusant les pouvoirs publics de l’avoir jusque là méprisé et abandonné (avec 700 000 euros de subvention annuelle quand même), et aujourd’hui il est totalement relancé avec la compagnie Hop qui gère des liaisons régulières (1/j) vers Lyon (comme Carpiquet).
Il parle d’un contexte ferroviaire qui laisse largement à désirer, la ligne aérienne le supplée largement.

Le contexte ferroviaire est-il si mauvais que M. Bay le laisse penser ?

Les Rouennais disposent déjà d’une offre régulière directe par le TGV. 3h40 pour le Rouen-Lyon direct, pour un tarif variable autour de 90 € aller (échangeable et remboursable avec 5 euros de retenue). C’est environ 2,5 fois plus par avion : 270 euros environ pour réserver dans la semaine. Ce tarif tombe à un peu plus de 200 euros l’aller dans les 3 semaines qui suivent, puis un peu plus de 90 € à plus d’un mois, mais non modifiable, non remboursable et bagages en options.

Cette ligne aérienne est donc bien à destination des élites, ce n’est pas vraiment les transports pour tous au quotidien. Mais il faut soigner ses élites, ce que semblent faire les principaux partis.

Mais de grâce, évitons de jeter le bébé avec l’eau du bain, en critiquant, comme le fait M. Bay, un service TGV qui permet aux Normands de rejoindre Lyon ou Marseille, confortablement, bien moins cher qu’en avion, quand bien même ils le feraient en première avec tout le confort.

Prière de ne pas mettre en danger ce service, qui n’a jamais connu de défaillances, pour supporter une ligne aéroportuaire nouvelle, après tant d’échecs successifs, et d’argent public répandu.
Ce TGV quotidien est utile, et surtout existant, bien moins cher et moins polluant que l’avion. Avec plus de passagers aussi… Le TGV Paris-Lyon-Marseille, dont il emprunte le parcours en grande partie, est de toutes façons le seul TGV rentable de France.

#sauvonspmf : ite, missa est. A quoi sert aux élus de débattre ? On ferme PMF et le REP à Val-de-Reuil.

#sauvonspmf

Le Gouvernement est gentil, le monarque Macron satisfait les Français. Nettement plus martial que le précédent président, plus jeune, plus beau, plus rude. Mais nettement moins brutal dans sa gestuelle et ses paroles que le président d’avant (celui d’avant l’avant, celui du “file, indigent innocent”, ou quelque chose comme ça…).
Il veut « renouer le fil du destin français »
Il dit vouloir la réussite pour tous, avec des premiers de cordée, du ruissellement, et de l’éducation.
Comme il est dans un gouvernement gentil, M. Blanquer est donc gentil lui aussi.
Pas au point de conserver M. Lussault, président du ­Conseil supérieur des programmes (CSP), qu’il a jugé indigne de ses fonctions. Il juge d’ailleurs la création du CNESCO, créé par la loi de refondation de l’école intéressante en s’interrogeant sur la place du CSP dans la vie publique.
Un vieux débat qui oppose les conservateurs partisans d’une école élitiste aux défenseurs de l’école pour tous :
Pour les premiers, l’école pour tous, c’est le nivellement par le bas. Les méritants, à force de travail, pourront rejoindre l’élite.
Pour les seconds, l’école est un outil pour casser le déterminisme social, qui permettrait de donner la chance à chacun de réussir, en co-éducation avec les parents.
Au-delà du débat sur la vision de l’école républicaine, est-elle l’école de la sélection dès la plus jeune enfance, ou l’école démocratique qui donne sa chance à tous, il y a évidemment le débat sur l’investissement dans l’éducation et l’enseignement supérieur.
Les classements PISA (suivi des acquis), PIRLS (lecture et compréhension des textes) ou Timss (mathématiques et sciences) paraissent être un rude choc, lorsque nous apprenons que la France passe sous la barre européenne et même internationale.
Cependant, ce n’est pas un choc, mais une lente dégringolade qui dure depuis 2001, et face à laquelle nous n’avons rien fait, ou pas assez. Suppression de la formation des maîtres sous Sarkozy ; des écoles qui sont l’enjeu des décisions politiques parfois trop clientélistes, comme les rythmes scolaires – où les cycles circadiens, la semaine de cinq matinées (dont le samedi), l’allongement de l’année scolaire, n’ont pas pesé lourd face à la société des loisirs et du tourisme. Et peu importe si tous les élèves n’ont pas forcément les mêmes moyens pour le tourisme et les loisirs.
Des écoles dont le financement dépend de dotations qui ont baissé, des collèges longtemps sans investissements, des enseignants recrutés hors des concours, parfois par le biais d’annonces, lancés sans formation… Quant à l’enseignement supérieur, il suffit de constater cette rentrée et la sélection par tirage au sort pour voir combien le sous-investissement massif et chronique depuis des décennies plonge le monde universitaire dans une crise sans fin, sans débouchés pour une trop grande partie des étudiants, dans de vieux murs qu’on ne peut pas repousser.

A l’école, le niveau baisse et l’argent fait trop de différences (cours particuliers, écoles privées, prépas)
Emmanuel Macron, programme

Alors M. Blanquer a eu une idée, il a promis une nouveauté pour cette année, et plus encore pour la rentrée 2018 : le dédoublement des classes de CP et de CE1, afin qu’en CE2, à la fin du cycle élémentaire, tous les élèves, ou quasiment, aient acquis les connaissances qui composent le socle commun : lecture, écritures et savoirs, ainsi que les quatre opérations de base avant le CM1.
C’est un enjeu d’autant plus formidable que nous savons que nous sommes dans le déclin, et que même les jeunes qui réussissaient dans le passé se retrouvent aujourd’hui dans le bas des classements.
Le dédoublement des classes de CP des REP+ cette année, des CP et CE1 de tous les REP l’an prochain, sera sans doute une chance de réussite pour des élèves qui n’ont pas la culture de l’écrit – qui s’est amoindrie dans de nombreuses familles, et autour de nous.
Remettre cette culture de l’écrit dans l’école quand la télé et la culture web ont pris le dessus, voire totalement pris la place, nécessite un temps pris dans l’école elle-même pour acquérir cette compétence.
Donc plus de temps de la part des professeurs, et moins d’élèves par classe. 100% des enfants ne connaîtront peut-être pas la réussite scolaire, la vie est difficile pour certains. Mais tous auront alors une chance.
Mais ce que le ministre Jean-Michel Blanquer donne d’une main, le secrétaire d’État à l’écologie [?] Lecornu le reprend de l’autre.
Le ministre de l’Éducation nationale a, semble-t-il, “essayé de convaincre” l’ex-président du Conseil départemental de l’Eure, Sébastien Lecornu, lequel sera resté intraitable au sujet de la fermeture de PMF.
PMF doit fermer, c’est sa volonté. Cela a été la position de tous les conseillers départementaux de droite et LREM.
En conséquence, toutes les écoles de Val de Reuil vont sortir du Réseau d’Éducation prioritaire, parce qu’un REP aura été fermé et que le second collège de Val-de-Reuil, REP+, sera un collège comme les autres « sur le papier ».
D’emblée, nous savons que les élèves des CSP favorisées iront pour la plupart dans le privé pour les enfants de Criquebeuf, ou dérogeront pour ceux de Les Damps.
Mais l’entièreté des écoles et des collèges de Val-de-Reuil appartenait au Réseau d’Éducation Prioritaire.
« En même temps… » Le Ministère semble octroyer le dédoublement des classes de toutes les écoles qui sont toutes REP, et « en même temps », on ferme tout le réseau REP de la ville. Abscons, non ?
Après la fermeture et la resectorisation, l’entièreté du Réseau d’Éducation Prioritaire de la ville sera effacé, annihilé.
Avec les conséquences que l’on connaît d’avance pour la commune la plus pauvre de l’Eure, l’une des plus pauvres de France.
Les conséquences sur la politique de la ville.
Les conséquences pour l’avenir de ses habitants, de sa sécurité, sur la politique de l’habitat… Cela donne des frissons dans le dos.
M. Lecornu a beau dire aujourd’hui “qu’il ne s’agit pas d’une histoire d’argent”, nous avons eu le droit à la proposition, ou au chantage, d’une fermeture d’un autre REP (à Louviers), contre celle de PMF.
Face à ce qui était une histoire d’argent, mais qui ne l’est plus depuis la proposition de l’agglomération et de la ville de financer la reconstruction du collège, à hauteur de 10 millions €, et quatre années de fonctionnement, que reste-t-il comme argument ? La mixité scolaire. Bien mise à mal dans la réalité. Elle sera là sur le papier, quand bien même les élèves glisseront vers le privé confessionnel ou dérogeront.
En vérité, l’abandon d’un territoire.
Seulement, l’ex-président du Conseil départemental de l’Eure refuse de revenir sur sa décision. Plus on dit “Non”, plusieurs fois d’affilée, plus il est impossible de revenir sur sa décision. C’est le besoin de consonance cognitive. Mais pas seulement. J’imagine que son image d’autorité ne doit surtout pas être remise en jeu. Même face à la somme d’arguments raisonnés, pragmatiques et logiques qui ne devraient conduire qu’à renoncer à cette fermeture.
En somme, il semble que Val-de-Reuil, il s’en fiche comme de sa troisième chaussure.
Aujourd’hui, le débat (ou plutôt la présentation, parce qu’il faut être écouté pour débattre) est terminé pour eux.
Cette fermeture est un acte aussi idéologique, que politique et financier.
La violence, celle des mots et des invectives, celle de la brutalité, est-elle la seule voie gagnante ?
Nous avons fait face à la surdité des élus de la majorité.
Lors de chaque Conseil d’administration de collèges, où nous avons rencontré les élus et fonctionnaires du département, nous avons souhaité débattre en avançant des arguments rationnels, en connaissance des populations et du territoire. Nous parents d’élèves, aux côtés des personnels de l’Éducation nationale, enseignants et administratifs.
Oui, nous avons manifesté de façon digne, parfois festive, avec tambours et slogans. Mais à chaque fois, lors de nos rencontres, en levant le doigt pour prendre la parole. En étant rationnels dans nos arguments, et polis dans la forme, jusqu’à lors.
Seulement, la seule manière de fonctionner semble n’être que brutalité et insulte.
Pendant que nous nous évertuions à ne pas être dans l’invective, ni l’insulte ; pendant que nous réussissions à convaincre des élus locaux, qui n’étaient pas forcément de notre bord politique ; lorsque ces élus locaux, représentant communes et agglomération, et habitants, sont allés défendre vraiment notre cause avec des arguments et analyses pour le coup rationnels et partagés, qu’avons-nous entendu ?
Des élus locaux, de droite et de gauche, rassemblés, unanimes, se faisant traiter de fainéants, de menteurs et de petite bande politique !
S’il s’agit de la seule manière de l’emporter, nous n’oublierons pas ces nouveaux usages de la diplomatie “moderne”. Plutôt que de présenter nos arguments, devrons-nous fustiger ceux d’en face : “menteurs, fainéants, petites bandes politiques !”
Puisque l’on ferme le réseau REP dans l’Eure, écoutons au moins les arguments de quelques conseillers pour,  et heureusement aussi contre cette fermeture.
C’est bien entendu politique, mais c’est aussi argumenté dans la défense des collèges. Face à une droite arc-boutée au département (UDI, LREM, Sens Commun…), les élus de l’agglomération ont fait l’entente sacrée, toutes tendances confondues, pour défendre un collège dont ce serait un non-sens d’annoncer la fermeture. Et contre une resectorisation rejetée par tous, où que ce soit dans l’agglomération.
Nous verrons si le Préfet de l’Eure, tout comme le DASEN, valideront cette mixité sociale de papier. Même si M. Lecornu pèse lourd aujourd’hui.
Il en ira de l’avenir de notre agglomération, jusque là paisible, et de l’avenir de nos enfants.
Allez ensuite leur inculquer les valeurs de la République, de l’éducation, et du travail.
Bien sûr les familles s’adapteront, comme elles le peuvent. Bien sûr il y aura de la fuite vers le privé et des dérogations. « À l’école, le niveau baisse et l’argent fait trop de différences », disait M. Macron. Et bien, le niveau continuera de baisser, et l’argent fera de plus en plus la différence avec “la République en Marche” ! C’est un choix assumé, avec brutalité.
REP ne veut plus dire « Réseau d’Éducation Prioritaire », mais « éducation, Repose En Paix ».
Nous ne sommes pas dupes : si le contribuable local paye plus pour fermer un collège que pour le garder ouvert, du fait des coûts de transports, notamment, nous savons que l’État y gagnera du fait que s’il n’y a pas d’économies – au contraire – dans les finances locales, il y aura une économie pour l’État : combien de professeurs en moins dans toutes les écoles aux classes dédoublées, et dans les collèges aux classes sans effectifs maîtrisés comme dans les REP.
Désormais commis de l’État, dans la majorité présidentielle, évidemment, les intérêts locaux et d’État ne coïncident-ils pas pour faire payer les uns, et pas forcément les plus riches, pour réaliser l’austérité et répartir les ressources supprimées ici sur le reste du territoire ?
Et bien, non merci, M. Lecornu. Tout en reconnaissant votre poids comme ministre, ex-président du Conseil départemental, ex-maire de Vernon, ex-président de la CAPE, président délégué derrière Frédéric Duché, et devant M. Lehongre (président actuellement du département), à SNA (Seine Normandie Agglomération), et chef de la droite du département de l’Eure. On prend les mêmes, et on les remet dans le désordre, derrière le chef. Qui plus est, du premier cercle du ministre du budget, Bruno Lemaire.
Non merci quand même. REP !
Paroles d’élus :
  1. Catherine Delalande, Sens Commun : à boulets rouges contre les REP
  2. Jean-Jacques Coquelet, l’élu de Val de Reuil : prenons le temps et réfléchissons aux conséquences
  3. Hafida Ouadah, le camp du département : apprenons la mobilité aux Casois, en commençant par les collégiens
  4. Marie Tamarelle-Verhaeghe, députée LREM : donnez l’argent de Val-de-Reuil aux autres enfants du département
  5. Gaëtan Levitre, canton d’Alizay Pont de l’Arche : les conséquences pour les élèves, les familles, la politique de l’habitat et les investissements en cours sur la CASE
  6. Bruno Questel, député LREM : Faites ce que je dis, pas ce que je fais. Il va voter le fermeture de PMF
    Commençant par l’intérêt général – embêté pour l’équité territoriale parce que des élus exhibent leur “pognon” pour reconstruire le collège… il s’arrête pour rappeler à ses électeurs comment il a sauvé le collège de son canton qui avait été rayé du PPI, il avait du se fâcher pour ça… puis termine en rappelant aux élus qu’il ne sont pas élus au département pour défendre “un canton, un collège, une caserne de pompiers”.
  7. Daniel Jubert, un pied dans la majorité départementale, un pied dans la CASE : il vote contre sa majorité, contre la fermeture de PMF, mais la messe était dite.

#sauvonspmf : ite, missa est. La messe est dite : Lecornu ferme le REP à Val de Reuil et à la Madeleine !

Les élèves et les familles vivent un grand moment de tristesse, et de colère pour certains. On ferme des collèges.
Pas n’importe quels collèges, des collèges REP (réseau d’éducation prioritaire). Le sentiment d’injustice est grand pour les élèves qui habitent les quartiers concernés. #sauvonspmf
Il est d’autant plus grand que les écoles rattachées aux collèges REP+ bénéficient elles aussi des moyens supplémentaires, comme les classes dédoublées que le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a mises en place à la rentrée 2017 pour les REP+ (les collèges Pablo Neruda à Évreux et Alphonse Allais à Val de Reuil, tous deux REP+, ainsi que les écoles qui y sont rattachées, sont concernés).
Dès la rentrée 2018, ce sont 5600 classes de CP et CE1 qui seront dédoublées en REP et en REP+.
Malheureusement, dès le prochain réexamen de la carte du Réseau d’Éducation Prioritaire à l’échelle nationale, le réseau Eurois aura été mis à bas.
Le Conseil départemental de l’Eure a décidé de la fermeture du collège REP+ Pablo Neruda, de la fermeture du collège REP Pierre Mendès France, et la resectorisation votée va sortir le collège Alphonse Allais du réseau.
Il n’y aura plus aucun collège REP+ dans l’Eure.
A Val-de-Reuil, le Réseau d’Éducation Prioritaire disparaît entièrement, du fait de la fermeture d’un excellent collège, avec un bon taux de réussite, et du fait que l’autre, avec une mixité sociale plus favorable sur le papier, va sortir du réseau.
Val-de-Reuil est aujourd’hui entièrement REP ; demain il sortira complètement du REP.
Ces mères d’élèves, même issues de l’immigration, qui scandaient liberté, égalité, fraternité, et entonnaient la Marseillaise devant les portes du Département, ont été sonnées par la décision et le vote du Conseil départemental. Après ce coup de massue, nous avons entendu ces mères, en larme, dire qu’elles ne mettront pas leur enfant dans un autre collège.
Les enfants qui étudient dans un collège laïc à 200 mètres de chez eux devront faire désormais 40 minutes de car pour se rendre dans des collèges aux classes plus bondées, sans les bénéfices du REP+. Je leur souhaite une bonne réussite scolaire dans un système qui sera demain plus méritocrate.
Rappelons-les, ces moyens spécifiques mis en place, le constat et les objectifs présentés pour les REP :
  • Si l’École française a d’incontestables réussites, elle doit progresser encore dans sa capacité à réduire les inégalités sociales. Cette faiblesse est l’une des causes de la perte de confiance des Français en leur École.
  • Pour combattre la difficulté scolaire, il faut donc agir à la racine en portant une attention spécifique aux plus fragiles.
  • Des études scientifiques démontrent que réduire la taille des classes permet aux élèves les plus fragiles de progresser.
  • Conformément aux engagements du Président de la République, dès cette rentrée, environ 2 500 classes de CP situées dans les réseaux d’éducation prioritaire renforcés (Rep+) sont dédoublées.
  • Aux rentrées suivantes, les CP et les CE1 en réseaux d’éducation prioritaire (REP et REP+) seront dédoublés à leur tour.
Que ce soit à la Madeleine ou à Val-de-Reuil, nous sommes dans le contexte d’une population plus fragile. La ville de Val-de-Reuil est l’une des communes aux habitants les plus pauvres de France. On ne peut que considérer, à priori, que c’est une population fragile.
Pourtant ça marche ! Selon l’Éducation nationale (et selon nous) :
« Les élèves des classes à effectifs réduits ont mieux réussi que ceux scolarisés dans les classes témoins. Ce gain s’observe dès la première année et se maintient ensuite, y compris quand les élèves des classes à effectifs réduits ont rejoint des classes de même taille que les autres. »
Il faut, toujours selon l’EN, y développer une pédagogie adaptée :
« L’enseignement doit être particulièrement structuré, progressif et explicite. Non seulement il s’agit de donner du sens aux apprentissages, mais il faut aussi les envisager dans leur progressivité.
Ce nouveau contexte d’enseignement doit, plus encore qu’ailleurs, permettre de personnaliser les apprentissages. »
Le calendrier nous est donné. Pour quoi faire si c’est pour l’abandonner sitôt adopté ? C’est donc juste un effet d’annonce : on donne aux populations les plus fragiles, face à la télé, ce que l’on leur retire dans la réalité, dans la vraie vie.
Dans l’Eure, on a tué les REP. Radicalement. Un cas d’école – ou une expérimentation pour le reste du pays demain ?
Sous la houlette de Sébastien Lecornu, ministre, secrétaire d’État à l’écologie (!), du premier cercle de M. Bruno Lemaire, ministre de l’économie, nous allons tester un modèle qui pourrait aller à l’encontre de notre modèle d’intégration :
Les enfants de Criquebeuf vont-ils aller dans un collège en mixité sociale annoncée (et comptabilisée), ou bien déroger, ou bien aller à côté de chez eux, à Fénelon, dans le privé catholique ?
Les familles de la Madeleine, qui voient s’ériger une mosquée salafiste, avec une dizaine de classes d’enseignement prévues, à quelques pas de leur ancien collège, ne vont-elles pas être tentées d’y mettre leurs enfants ? Au risque de se retrouver avec un quartier divisé,un communautarisme provoqué par la disparition du collège à côté de la maison ?
Nous devons proposer l’éducation, pas seulement l’imposer. Voudrait-on, en supprimant les collèges de proximité laisser les familles préférer d’autres écoles qui se trouveront à proximité, qu’on ne ferait pas mieux.

Face à l’offre privée, sous contrat ou hors contrat, et quelle que soit la confession des écoles, collèges, lycées, l’intérêt général n’est-il pas de proposer l’alternative de notre modèle laïc afin de restaurer la cohésion sociale ?

Il ne s’agit pas de proposer seulement un socle lire-écrire-compter, en ajoutant une narration de l’Histoire des gaulois jusqu’aux rois – cités dans l’ordre chronologique… Nous pouvons offrir beaucoup plus, la capacité à évoluer dans notre monde moderne : littérature, mathématiques, technologies, les techniques, l’économie, sport, culture, et toutes les matières qui permettent de nous intégrer et de nous projeter dans un monde décidément bien complexe. Y compris la géographie, et elle se situe bien à l’échelle du monde.
Y compris comprendre la politique, les sciences de la vie et de la terre, l’écologie, la sociologie, la  philosophie, les arts, la musique, l’analyse des médias et de l’information, la législation, l’éthique,… Bref, tout le savoir et la compréhension du monde dans lequel ils vivent et vont vivre. Ils vont devoir s’y intégrer, le réparer, le reconstruire.
Tout cela passe commence par l’éducation, l’apprentissage, et la réussite scolaire. Celle qui donne le goût d’apprendre, d’acquérir savoirs et compétences. La façon dont nous saurons éduquer les élèves d’aujourd’hui déterminera la face de notre pays et du monde de demain.
Savoir lire et écrire est une base. Le REP est un outil indispensable pour beaucoup pour cette acquisition. Tout le monde n’aura pas la chance de réussir comme on le voudrait. Mais tous ceux qui s’en sortiront nous remercierons. Pas parce qu’on les envoie se balader en cars à travers toute une agglomération. Parce qu’ils auront réussi à l’école, puis leurs vies.
Faire le choix de conserver ces collèges que réclament les familles, c’est faire le choix de la lutte contre la déscolarisation, le décrochage scolaire, puis l’échec social. Tous les français ont le droit d’apprendre, de travailler, d’être logés, de fonder une famille, de réussir sa vie.
Les collèges dans les quartiers font le lien entre République et citoyens, entre enseignants et familles. Un lien durable, de la maternelle, à l’école puis au collège. C’est le pied à l’étrier.
Les enseignants transmettent cette connaissance des familles et des élèves, d’une école à l’autre voisine, puis au collège voisin. Luttons contre l’ignorance. Celle des citoyens en construction, mais aussi celle des élus de la nation, qui ignorent manifestement ces territoires et ses habitants.
La balle est dans le camp du département, du DASEN (l’Éducation Nationale) et du Préfet (l’État).
Les économies seront bien là pour eux :
  • pas d’investissement dans un collège, et réduction de frais de fonctionnement, pour le département;
  • pour l’Éducation nationale, on l’a dit, c’est l’économie de professeurs, dans un contexte où l’enseignement n’attire plus de vocations :  profs sous-payés, malmenés, trimbalés, salaires gelés. On trouve les offres d’emplois de professeurs contractuels à Pôle emploi, dans les offres d’emplois des journaux locaux, ou sur le bon coin. Pourtant, peu d’offres aux concours. Plus d’enfants par classe, c’est moins de professeurs, n’en déplaise aux objectifs ambitieux affichés par le ministre;
  • pour le Préfet, qui représente l’État, une économie sur l’EN, évidemment;
  • peut-être une autre sur la politique de la ville (50 M€ étaient prévus pour Val-de-Reuil) ;
  • un pas en avant vers la méritocratie ; et une nouvelle orientation de notre politique intérieure. La fin de l’intégration, peut-être. La méritocratie, le pragmatisme et l’efficacité économique pour le moins. Un sujet très politique. Vouloir la réussite personnelle, la culture élitiste, la réussite entrepreneuriale, c’est entendable. Mais quand il n’y a plus de places pour tout le monde dans la société, dans l’emploi, l’éducation et la culture pour tous sont une priorité.
Mais pour le contribuable, cela coûtera plus cher.
  • Plus cher en transport : pour 110 000 euros d’économies de fonctionnement annuel pour PMF, la CASE compte 300 000 euros de plus pour les transports scolaires. Certes, cela tombe bien, la loi NOTRe a confié la compétence des transports scolaires des collèges à la Région depuis le 1er septembre. Cela n’est plus le problème des départements, mais des agglomérations et de la Région. Ce sont elles qui devront passer à la caisse. Au final, c’est le contribuable qui paye. Du bonneteau fiscal;
  • il y aura un coût social, avec l’augmentation du risque de décrochage scolaire, avec toutes les conséquences pour l’avenir des gamins, des familles;
  • il y aura un coût pour l’agglomération et la commune de Val-de-Reuil. Alors que la construction ou la rénovation d’un collège est une compétence du département pleine et entière, l’agglomération Seine-Eure et la commune de Val de Reuil proposent de financer la construction d’un nouveau collège à 75%. Ce n’est pas tout : ils proposent d’en financer le fonctionnement pour 4 ans. 10 millions €. Énorme !
    Val de Reuil, dont les habitants sont parmi les plus pauvres de France, propose un financement extraordinaire pour sauver le collège PMF et le Réseau d’Éducation Prioritaire à Val de Reuil et dans l’agglomération. Nous savons qu’il y a danger. La commune et l’agglomération sont prêts à sauver. Et les conseillers départementaux de droite ou LREM réclament l’argent pour eux ! Le beurre, l’argent du beurre, et avec ça le sourire de la crémière ?
    Sérieusement, les urgences sociale et éducative méritent mieux que la provocation. Non pas gratuite : payée par les plus démunis.
Nous allons payer plus d’impôts, pour fermer des collèges. Nous quittons un modèle d’intégration et d’éducation qui vaut ce qu’il vaut, mais qui est préférable au sentiment d’abandon des populations. L’école éclaire les citoyens qui se construisent. C’est juste le phare de la nation. Et on l’éteint dans l’Eure. Quelle inconséquence !
Pour les transports scolaires dans la CASE, c’est juste n’importe quoi. Ce qui est gagné dans une poche est pris dans les autres.
Tout cela dirigé de main de maître par nos chefs locaux (et nationaux) LREM. Bravo à eux.
En face, les parents d’élèves, les élèves eux-mêmes, qui ont manifesté bruyamment pour conserver leurs collèges qu’ils aiment (ce n’est pas rien, ça !), les enseignants, l’unanimité des politiques de l’agglomération Seine-Eure – sauf la voix de madame Hafida Ouadah. Ignorés, bafoués, empêchés par les forces de l’ordre (qui ont néanmoins été bien aimables et polis envers nous lors des manifestations. Comme quoi, ils sont citoyens aussi. sûrement un peu parents ?).
Les politiques de la CASE ont été abreuvés d’insultes et méprisés tout comme nous.
M. Lecornu a réussi à marier la carpe et le lapin : l’union sacrée des politiques de la CASE contre le département sur ce sujet, tous bords confondus.
C’est inédit, du PCF à la droite, unis main dans la main pour défendre PMF face à la droite départementale.

Mais M. Lecornu continue de rester sourd, sa majorité continue de la suivre aveuglément, et les pouvoirs publics restent muets.
Les arguments de la majorité droite-gouvernementale : “ce n’est pas dans un but d’économie, mais dans le but d’améliorer la mixité sociale” ; “Il faut apprendre la mobilité aux enfants” ; “il faut les sortir de leur ghetto”… Des alibis.
Ce n’est pas ce que demandent les familles : elles veulent garder leur collège. Et ce n’est pas ce que souhaite le ministère, qui appelle à nouer des relations plus étroites avec les parents, et une pédagogie adaptée. Peut-on entendre les familles, les élèves et les enseignants ?
Les équipes éducatives souhaitent garder le contact sur le terrain, la proximité, des classes aux effectifs adaptés, un enseignement plus personnalisé.
Pas les heures de car, l’immersion dans des collèges 800, dans des classes saturées, sans possibilité d’accompagnement personnalisé, et loin des familles.

PMF, Pablo Neruda : Silence, on ferme !

Pour le Conseil départemental et M. Lecornu, c’est plié : il faut fermer deux collèges à Évreux et Val de Reuil, en échange d’un nouveau collège construit au Neubourg.
Ce sont les seules considérations budgétaires qui sont la cause de ces coupes sèches dans le budget des collèges, mais aussi dans le budget de l’Éducation nationale : les moyens supplémentaires accordés grâce au Réseau d’Éducation Prioritaire vont disparaître dans les écoles du fait de la fermeture des collèges REP.
Ceux collèges sont des collèges REP+ et REP (Réseau, dans des quartiers les plus pauvres du département, qui font ou ont fait l’objet d’une politique prioritaire de la ville).
Les quartiers de Netreville à Évreux, tout comme Val de Reuil – germe de ville, sont les deux seuls quartiers de l’Eure retenus pour le NPNRU (Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain).
Un nouveau programme national de renouvellement urbain pour Val de Reuil.
Celui de Val de Reuil permettrait de s’appuyer sur un financement de 50 millions pour réhabiliter les quartiers autour du collège PMF.
Les deux premiers plans ANRU ont permis à la population de s’approprier leur ville, leur quartier, considérés jusqu’à lors comme une cité-dortoir.
Val de Reuil est devenue un lieu de vie, un « chez-soi », et non plus une ville-dortoir. Les travaux continuent, pour plus d’intégration sociale, et plus de mixité et de diversification sociale.
Dans ce troisième programme de renouvellement urbain, ce sont les quartiers proches de PMF, Climuche et Coulis, qui vont être réhabilités. Mais ce sont 1000 logements neufs privés qui sont attendus. Les premiers sortent de terre face à PMF qui devient le lien entre ces quartiers historiques, qui devraient être réhabilités, et les nouveaux quartiers qui pourraient permettre à ceux qui travaillent sur la zone d’activité de Val de Reuil de se loger, en profitant d’une ville rajeunie, de tous les services, dont la gare qui permet de se rendre facilement à Paris ou à la métropole.
Tout cela est au conditionnel, car on comprend bien que parmi les services pour les familles qui voudraient s’installer, l’éducation est une priorité pour les enfants. C’est le cas aujourd’hui avec un collège qui est le pignon de ces quartiers, et qui permet même aux écoles d’accorder des moyens supplémentaires qui facilitent la réussite scolaire.
Va-t-on fiche en l’air ce programme prioritaire ?
Le risque est de rater ce nouveau programme de renouvellement urbain, faute de possibilité pour les nouveaux arrivants de rentrer dans un système scolaire à la hauteur des enjeux locaux, mais aussi nationaux :
Le ministre M. Blanquer prône des nouveaux moyens, notamment pour les CP en REP (12 élèves maximum par classe), mais à quoi bon si dans le même temps on sort les écoles qui en ont besoin du statut REP ?
C’est une priorité nationale de lutter contre le décrochage scolaire – 150 000 décrocheurs sortent chaque année du système scolaire sans diplôme – et pourtant on retire moyens et éducation de proximité, ce qui favorisera le décrochage dans une zone où il existe des emplois, mais des emplois qualifiés.
Au final, on pourrait sentir une volonté de vraiment ghettoïser ces quartiers. Alors qu’à la Madeleine, il y a un bassin d’emplois, certes peu qualifiés, et qu’à Val de Reuil, il y a un très gros bassin d’emplois qualifiés, au point qu’on a besoin de chercher les compétences ailleurs au lieu de les former sur place, on ferme les collèges.
Autrement dit, le boulot, c’est pas pour les locaux. Qu’ils aillent découvrir de nouveaux horizons, et se former hors de leurs quartiers.
Pourquoi les plus pauvres devraient le faire, quand les plus aisés ont le droit, eux, de rester dans leurs quartiers. Sont-ils moins mobiles ? N’ont-ils pas besoin, eux, de découvrir de nouveaux horizons ?
Petit bémol, les ruraux et rurbains, ceux de Saint-Pierre du Vauvray, Saint-Etienne du Vauvray, Andé, Portejoie, Tournedos, allaient jusqu’à lors au collège des Fougères de Louviers.
Il est difficile de construire des collèges en milieux rural quand les villes toutes proches concentrent collèges, équipements sportifs et culturels, et services.
Tout s’y passe bien : malgré un taux de CSP défavorisées de 57%, grâce à la cohésion de l’équipe pédagogique, grâce aux effectifs maîtrisés du fait du classement REP, 96% de réussite au brevet : un record !
Les fermetures : une décision comptable, mais des manoeuvres clientélistes et des décisions politiques.
Les élus locaux ont pourtant jeté un pavé dans la mare, allumé une mèche d’un pétard qui au final risque de péter à la figure de tous les habitants : pour modifier la destination des collégiens de nos communes de Louviers vers le Vaudreuil, les maires du pôle de communes Saint-Pierre – Saint Etienne – Andé ont demandé en 2015 à ce que la carte scolaire de notre agglomération soit réétudiée. C’est en tous cas ce qu’on comprend dans un courrier du maire de saint-Etienne du Vauvray à destination des parents d’élèves.
Pourtant, tout allait bien pour les élèves aux Fougères.
Bilan des courses, aux dernières nouvelles, les élèves n’iront pas au Vaudreuil, mais à Louviers, au Hamelet. Ce sont les élèves de Poses qui iront au Vaudreuil. Et ceux de des écoles Léon Blum et Louise Michel de Val de Reuil qui iront au Vaudreuil.
Mixité sociale et géographie auront eu raison du clientélisme.
Un gâchis orchestré depuis 2015, qu’il faut enrayer : non aux fermetures des collèges REP !
Quel gâchis ! Et on ferme PMF, un collège indispensable pour l’éducation et la réussite scolaire puis professionnelle de nos enfants.
Le préfet et le DASEN (Directeur Académique des Services de l’Éducation Nationale) en ont convenu, actant la volonté du département de fermer un collège de la CASE.
Le préfet a convenu qu’on ne pouvait pas fermer PMF, mais réclamait de M. Leroy, président de la CASE, la désignation d’une autre victime expiatoire : le collège des Fougères, pour ne pas le nommer, même avec son taux de réussite exceptionnel.
Les conseillers départementaux vont tout faire pour justifier qu’il ne s’agit pas de manoeuvres politiques, mais qu’il s’agit de sauver la jeunesse en la mettant à l’abri des ghettos dans lesquels ils vivent.
Une mesure de salubrité publique, en quelque sorte.
Sauf qu’on s’en prend aux plus pauvres, à des populations à forte proportion de musulmans, et aux politique prioritaires tant sur l’habitat que l’éducation.
Bien sûr, c’est politique. Ce n’est QUE politique. Ce sont des décisions prises par des hommes et femmes politiques, à tout niveau de décision, sans que les citoyens, parents, élèves et enseignants aient été consultés ou informés.
Quant à refuser de parler au maire de Val de Reuil, qui aurait prétendument insulté par courrier le président du département, cela ne vole pas haut pour de telles conséquences sur la vie de centaines de familles.
C’est un grand jeu de bonneteau qui est mis en branle, de fort mal façon. Chaque déplacement de population déclenchant un effet domino sur les autres collèges, au final, ils vont être nombreux les élèves qui vont passer des années à étudier en algéco, selon l’expression de M. Lehongre, parce qu’on aura décidé de casser les collèges en dur ! Dans des classes surchargées, sans les moyens supplémentaires dont ils disposaient jusqu’à aujourd’hui.
C’est à partir de 7’45 dans cette vidéo, que M. Serge Masson prend la parole pour exprimer plusieurs choses :
il s’étonne du mode de fonctionnement des commissions au Conseil départemental, notamment la commission des collèges : trop peu de réunions, des réunions menées tambour battant, et pas d’informations ;
la distribution d’un livre aux collégiens de 6ème, Le Tour du Monde en 80 jours, selon lui peu adapté à ce cycle. Cette distribution lui reviendra en pleine figure à chaque prise de parole d’un-e conseiller-e départemental-e, noyant le poisson de la fermeture des collèges.
concernant le fermeture des deux collèges REP et REP+, Pablo Neruda et PMF, il évoque les manifestations qui ont rassemblé des centaines d’élèves et de parents d’élèves, montrant ainsi la détermination de ceux-ci à garder leur collège de proximité ;
Il parle de Pablo Néruda, qui fait partie d’un réseau qui regroupe 4 écoles maternelles, 4 écoles primaires et un collège. Après la fermeture du collège, les écoles perdraient leur statut et les moyens qui l’accompagnent ;
c’est un quartier qui a fait l’objet d’une politique de la ville, prioritaire pour le renouvellement urbain, après les émeutes de 2005 ;
La décision autoritaire et unilatérale du Conseil départemental et de son président, M. Lecornu, de fermer pour raisons budgétaires ne prend aucun compte des arguments pédagogiques, et ce malgré les excellents résultats obtenus ;
Le Conseil départemental a ensuite justifié la fermeture du collège du fait qu’il s’s’agit d’un « pailleron » – bien que tous les contrôles de sécurité aient rendu un avis positif ;
Le collège et le quartier ont été considérés comme un ghetto par la majorité, et en invitant les élèves à « découvrir de nouveaux horizons » ;
La mixité sociale ne doit pas s’opposer au service public d’enseignement de proximité : avec la perte des moyens prioritaires, l’augmentation prévisible du décrochage scolaire ;
Il demande enfin à pouvoir travailler de façon plus soudée dans l’intérêt des Eurois-es, et de disposer des informations pour pouvoir exercer son mandat de la meilleure façon possible.
« C’est pas une rente d’être conseiller départemental, il faut travailler !», lui lance Sébastien Lecornu, non sans agressivité.
M. Lecornu est secrétaire d’État du gouvernement Macron. Celui-là même qui dénonce les fainéants. C’est M. Lecornu qui dénonçait les fraudeurs aux allocations et qui lançait sa chasse aux fraudeurs. Pour quel résultat ?
En regardant la vidéo, en voyant M. Lecornu, je ne peux me départir de l’idée que d’une part, alors qu’il n’est plus président et désormais simple conseiller, mais siège à la tribune entre le président M. Lehongre et le vice-président M. Duché, il est resté président de l’ombre. C’est l’idée que j’en perçois.
Il devrait être présent au milieu des conseillers départementaux, et non à la tribune puisqu’il a renoncé à ses pouvoirs exécutifs au département. Il m’est difficile de ne pas songer à ce qu’il garde néanmoins toute son aura, même dépourvu des attributs du pouvoir. Et garde toute sa place à la tribune.
D’autre part, j’ai cette impression personnelle que son smartphone est une télécommande, qu’il agite frénétiquement, ou avec grande agilité pour d’autres. Je ne sais pas, et cela personne ne le sait, hormis lui-même, à qui il adresse ces textos. M. Hulot ? Sa famille ? Ou est-ce pour fournir points de vue ou arguments aux conseillers ?
Je n’ai nul moyen de savoir. Chacun se fera son idée.
En tous cas, si les conseillers qui le demandent n’ont pas les informations demandées, il faut plus que du travail pour les obtenir. Soit il y a transparence, soit il faut compter sur les fuites.
Et ces fuites, les centaines de familles concernées n’y ont pas eu droit.
La demande des élus locaux du pôle de communes Saint-Pierre – Andé – Saint-Etienne, datant de 2015, et décidée par le département en 2016, nous ne l’avons découverte qu’au mois d’octobre 2017, par le truchement d’un courrier d’auto-félicitation du maire de St-Etienne à l’endroit des parents d’élèves. On a gagné, dit-il en somme – quand il a tout perdu. Enfin, pas lui, mais les élèves : direction le Hamelet en Algéco jusqu’en 2022 pour les enfants, sans toucher les 25 élèves par classe.
Idem pour nous, parents et enseignants : nous n’avons eu le droit qu’à une présentation powerpoint sur lequel on nous demandait de ne pas intervenir avant la fin (et qu’ils s’en aillent, élus et services). Pas de débat, juste une présentation, actant de décisions déjà prises, et que nous découvrions.
Nous sommes bons pour payer les impôts, mais pas pour être informés des décisions en cours. C’est politique, c’est comptable. Et cela ne relève ni de la pédagogie, ni de la citoyenneté.
La démocratie participative, l’expertise d’usage n’existent pas. Il n’y a qu’experts, même ne connaissant pas le territoire ou la pédagogie, et élus de la démocratie, représentants multicartes de toutes les instances du pouvoir, cumulant honneurs, titres et indemnités.
Et tous, des élus locaux aux départementaux, au préfet et au DASEN gardent pour eux l’entièreté du pouvoir, sans partage.
Nous, les petits, les sans-grade, les simples citoyens et usagers d’un service public qui disparaît un peu plus chaque jour, sommes obligés d’accepter toutes les gabegies et les économies sur le dos des enfants.
Étonnez-vous que les gens ne votent plus, que leur colère s’étale, et que les problèmes sociétaux explosent. Les élus viennent de plus nous dire qu’il ne faut pas agiter le chiffon rouge, que la responsabilité des conséquences de ces décisions iniques incomberait aux agitateurs.
Mon oeil.
M. Jubert revient essentiellement pour expliquer que « le tour du monde en 80 jours » avait déjà été étudié dans un établissement public qu’il a visité.
C’est au tour de M. Questel de prendre la parole.
Revenant lui aussi sur Le Tour du Monde en 80 jours, il explique que lui aussi a distribué ce livre, qui avait déjà été étudié pour les uns, ou lu pour d’autres. Il ne veut pas niveler par le bas, sinon autant distribuer des « Oui-Oui et la petite voiture jaune ».
Sur PMF, même s’il n’est pas féru des réseaux sociaux, il a lu des messages accusant certains élus de tuer les enfants, faute d’orthographe comprise.
Ce que moi j’ai compris de ce message, « Lecornu m’a tuer » à PMF, ou bien encore « Lefranc m’a tuer » à Pablo Neruda, c’est l’accusation de la condamnation à mort des collèges, et non des enfants. Une mort symbolique pour des collèges et des quartiers – et pour la faute, pour être comprise, elle n’est que la référence au célèbre « Omar m’a tuer ».
De même que lorsque que l’on cite ou titre « c’est Mozart qu’on assassine », ni Cesbron, ni Saint-Exupéry ne font référence au meurtre de Mozart lui-même. Ils désespèrent de ce qu’aurait pu devenir un jeune s’il avait été accompagné dans la vie, et par l’esprit et par l’éducation.
Certes, c’est une mort symbolique, mais une vraie souffrance pour les habitants. Ce n’est pas qu’un bahut qu’on ferme, c’est l’espoir d’une réhabilitation de quartiers, l’espoir d’être tirés vers le haut et de s’intégrer dans la société, de réussir, ou de voir ses enfants réussir leurs vies scolaire et, plus tard, professionnelle, qui s’effondre pour certains. Comme par hasard dans des collèges REP et des quartiers prioritaires.
M. Questel a écrit au ministre Blanquer pour lui demander son point de vue sur PMF, puisque M. Jamet se prévaut du soutien du ministre dans cette affaire, afin de pouvoir porter de sa place de député les orientations du ministre.
Il évoque ensuite les manipulations dans cette affaire, qui de son point de vue, n’a que trop duré.
Il était à Val de Reuil le vendredi 13 octobre. Mais au commissariat. « [Il] n’a pas répondu à une invitation « entre guillemets » de participer à une réunion d’échange avec une prof, à ses heures perdues, candidate écolo aux quatre coins du département, et le maire de la commune, devant média et cie. On n’invite pas la veille pour le lendemain, et on ne traite pas dans un café, devant la presse locale, des sujets de cette importance, qui mérite de se poser, de dépassionner. »
Cela ne vole pas très haut : l’invitation a été faite bien en avance, par le biais de la suppléante de M. Questel présente à l’AG au collège Pierre Mendès France le 3 octobre. Il s’agissait d’une demande de rencontre d’une délégation parents/professeurs avec le député. Laetitia Sanchez est professeur au collège PMF. Ce n’est donc pas la candidate écolo, mais bien un des professeurs de cette délégation qui a répondu à cette demande d’échange. Espérant sûrement le soutien du député, également conseiller départemental. Et c’est lui-même qui a laissé un message à Laetitia pour qu’ils puissent échanger avant de rencontrer la délégation. Tous ces éléments sont vérifiables.
On ne tape pas sur les absents, surtout pour sortir des contre-vérités.
Certes, M. Jamet a demandé à participer à cette rencontre qu’il a vite apprise : les informations sont partagées entre professeurs, parents et membres du conseil d’administration.
Mais le fracas engendré par une telle fermeture pour la population rolivaloise nécessite de prendre de la hauteur, et de dépasser les rancunes accumulées entre les deux hommes. On parle de fermer un collège indispensable et de l’avenir.
M. Questel ne s’y trompe pas lorsqu’il comprendre la passion et le traumatisme que causerait cette fermeture.
Il évoque le dynamisme de la CASE, qui, grâce au Pharma-Parc, produit 53% de la CVAE du département. Il souligne les 1000 habitants de plus par an sur le territoire de la CASE.
Il cite ensuite le taux de CSP défavorisées, avec deux chiffres :
– moyenne départementale : 45% ;
– taux du collège Hyacinthe Langlois à Pont de l’Arche 28%.
Personnellement, j’en ajoute un autre : Alphonse Allais à Val de Reuil, REP+, avec 63% de CSP défavorisées.
Or, la situation ne changera ni pour Pont de l’Arche, qui restera à 28%, ni à Alphonse Allais dont les effectifs resteront inchangés.
S’il fallait corriger cette absence de mixité sociale, ce serait plus sûrement en demandant aux élèves de Pont de l’Arche – ceux qui vont étudier dans des baraquements jusqu’en 2021 au minimum – d’aller étudier dans des classes en dur, à PMF. Les élèves de Pont de l’Arche vont déjà au lycée à Val de Reuil ; et quand ils sont collégiens à la piscine, au théâtre ou au cinéma… de Val de Reuil, à deux pas du collège PMF.
Il semblerait qu’il soit plus difficile de demander aux élèves plus aisés de bouger, d’aller « à la découverte de nouveaux horizons » que de fermer PMF et d’envoyer ses élèves au Vaudreuil et à Louviers, avec pour conséquences un grand chamboule-tout dans tous les autres collèges de l’agglomération.
Madame Delalande vient à son tour défendre la distribution du livre, Le Tour du Monde en 80 jours. Il était important de le (re-re)dire, tant l’enjeu de cette distribution dépasse celui des fermetures de collèges.
M. Coquelet, conseiller départemental de Val de Reuil prend la parole : il pense que c’est une décision politique.
« C’est un scandale ! Ne dites pas n’importe quoi, c’est un scandale de dire ça ! », lui lance M. Lecornu. « Démontrez-le que c’est politique. Démontrez-le maintenant, allez-y, montrez-le ! Et en quoi c’est une affaire politique de fermer un collège ?»
M. Coquelet émet l’hypothèse qu’on ferme un collège sur un territoire ou politiquement et électoralement on n’a rien à perdre, plutôt que sur un territoire où la situation serait plus tendue.
« N’importe quoi ! », s’exclame l’ex-président du haut de la tribune.
Pour M. Coquelet, il s’agit de justifier à postériori une décision qui a été prise en 2016 par le département.
Je rappelle que pour la CASE, le président du Conseil départemental, M. Lehongre, nous parlait (aux parents et enseignants) de postures concernant les positions de certains élus de la CASE, puisqu’il sait ce qu’ils leur ont dit. Il le disait à propos des propositions du président de la CASE, M. Leroy, comme du maire de Val de Reuil.
Nous savons à présent que certains élus de Saint-Pierre, Andé et Saint-Etienne ont relancé la demande de refonte de la carte scolaire. Que 3 réunions de travail ont eu lieu, qui ont abouti à bâtir deux scénarios, dont un qui correspond exactement à leur demande.
Cela, c’est bien politique. Même si au final, c’est l’autre scénario, qui respecte un peu plus la mixité sociale, qui est préféré par le DASEN et le préfet.
Ce serait là un échec politique pour ces élus locaux.
Si les dotations aux départements ont fondu, c’est encore là un choix politique de l’État et des gouvernement successifs.
Si les départements ont vu leurs compétences fondre, mais que cette strate du millefeuille a été conservée, c’est encore un choix politique.
Enfin, cette assemblée départementale n’est pas composée de citoyens de la vie civile, mais d’élus qui prennent des décisions politiques.
Jamais les enseignants ni les parents n’ont été consultés, et ces fermetures n’ont pas été demandées par les services de l’État ou le Rectorat : elles ont été votées en juin 2016 au Conseil départemental, et toute la majorité a voté pour. Si un vote d’élus n’est pas un acte politique, qu’est-ce qu’un acte politique ?

M. Coquelet parle de la méconnaissance totale du territoire, dans sa réalité actuelle, comme du futur proche à Val de Reuil et dans la CASE :

  • Le NPNRU 2 est en cours d’élaboration, engageant des cabinets d’experts. Celui-ci inclut la réfection de l’école primaire des cerfs-volants. Un cabinet d’experts référencé par l’Éducation nationale alerte qu’au delà de cette réfection, il faudra construire une école supplémentaire, portant à huit le nombre d’écoles primaires à Val de Reuil dans un horizon de 5 ans. Et dans le même temps, on ferme un collège ;
  • A l’occasion du travail effectué par la CASE pour le PLUI (plan local d’urbanisme intercommunal), les élus des communes ont été reçus par des techniciens pour faire un inventaire des logements qui seraient réalisés d’ici à 2020, puis de 2020 à 2026. Pour Val de Reuil, en ne comptant pas les projets les plus ambitieux, ce sont 900 logements selon les techniciens qui verront le jour d’ici 2020. M. Coquelet met de côté les plans les plus ambitieux pour ne relever que les 660 logements qui seront effectivement réalisés d’ici 2020. Ce sont ensuite 600 logements supplémentaires dans les 5 ans qui suivent.
  • Méconnaissance totale du territoire en matière de temps de transport : les 10 minutes avancées par le Conseil départemental pour relativiser les distances et temps de transport en bus, ne sont que la projection d’une hypothèse de réalisation d’une ligne en site propre de bus à haute qualité de service. Celle-ci n’existe pas. En voiture, il faut compter 16 à 20 minutes, selon la circulation, au plus court et sans arrêt. Alors, 10 minutes, en car scolaire, au moment du grand ballet des car scolaires, mais aussi des trajets pendulaires domicile-travail, c’est soit une erreur monumentale, soit l’utilisation d’un argument trompeur.
  • S’il est vrai que les contraintes des transports s’appliquent pour les rurbains et ruraux, est-il besoin de contraindre tous les élèves à recourir aux transports scolaires et cantines ? Notamment ceux qui ont choisi d’habiter en ville, et dont une bonne part n’utilisent justement ni transports scolaires, ni cantine. Et pour nombre d’habitants de Val de Reuil, ils n’en n’ont pas les moyens. « Une somme qui pour certains d’entre nous peut sembler dérisoire », dit M. Coquelet, « est appréciée différemment chez eux. »
« Cela va représenter une responsabilité quant à la réussite des élèves dans leur parcours scolaire, et cette responsabilité vous incombera [au Conseil départemental, NDR] », conclut-il.
Nous, parents de Saint-Pierre, Andé ou Saint-Étienne, nous connaissons les temps de transport pour aller aux collèges, puisque nos enfants les utilisent tous les jours. Nous sommes à peine moins loin que Val de Reuil pour nous rendre à Louviers.
Les enfants prennent le car entre 7h10 et 7h17 pour un collège qui commence à 8h.
C’est trop tôt, mais les transports sont partagés avec le lycée voisin. Combien de bus « optimisés » vont parcourir l’agglomération après ce grand bonneteau ?
Ce ne sera pas le souci du département, qui a transféré la compétence des transports des collégiens à la Région. C’est la Région qui détient la compétence des lycées, et des transports scolaires des collèges et des lycées. Il faudrait sans doute se questionner sur la compétence des collèges. La Région a semble-t-il plus de moyens d’investir, et de fait, de coordonner.
Car dans tous ces grands plans sur la comète, nous n’avons jamais entendu parler de parcours scolaire.
C’est un sujet que nous avons maintes fois mis sur la table : le parcours scolaire d’un enfant commence parfois à la crèche ou chez une assistante maternelle, puis continue à l’école primaire, de la maternelle à l’élémentaire, ensuite c’est le collège, puis le lycée, en parcours général ou professionnel, et puis les études supérieures ou la formation professionnelle, et enfin l’insertion professionnelle, pour faire court.
Les services et les élus du Conseil départemental ne regardent que le tronçon qui les concerne : les quatre années du collège, et les économies que l’on peut y faire.
Les écoles primaires perdent leurs moyens ? Ce n’est pas leur problème.
A Val de Reuil, nous avons un lycée saturé, ce n’est pas leur problème. Que la Région se débrouille.
Les transports, ce n’est pas, plus leur problème. Ils seront optimisés. A la Région de se débrouiller.
Il y a un nouveau programme prioritaire pour Val de Reuil ? Pas leur problème. Du moins, tant que le Pharma-Parc leur apporte sa manne.
Mais pour les familles, c’est un ensemble qui impacte toutes nos vies. D’abord, nous vivons dans nos villages, nos bourgs ou nos villes. Nous savons en nous y installant que les élèves rurbains ou ruraux devront emprunter les transports scolaires, à partir du collège. C’est un choix de vie que nous avons fait en amont, et en connaissance de cause.
Lorsque nos enfants sont à l’école, nous nous occupons de leur éducation, des conditions d’accueil et de l’accompagnement : on fait des gâteaux que l’on vend à la sortie pour financer les sorties scolaires, les activités, des dictionnaires pour ceux qui entrent en CP (un peu comme Le Tour du Monde en 80 jours, mais en plus humble), et des dictionnaires franco-anglais pour ceux qui vont entrer en 6ème. Et on travaille avec le collège pour préparer cette étape importante dans l’éducation. C’est là que l’élève, notre enfant, déterminera son avenir en s’orientant vers des filières professionnelles ou des études plus longues. On est dans le présent, mais on est toujours dans le coup d’après. On se prépare pour la suite, et même le choix des langues est en partie conditionné par la filière d’après. Et certaines familles n’hésitent pas à déménager, parfois, pour rendre les conditions d’apprentissage plus faciles pour leurs enfants, pour leur réussite.
Pour d’autres, c’est plus difficile, pour ne pas dire impossible. Qui n’a pas fait de commission d’appel comprend difficilement que des parents n’ont simplement pas les moyens d’envoyer leurs enfant en école hôtelière à Louviers quand ils habitent Gisors, que d’autres ne peuvent envoyer leur enfant de Louviers vers un internat à Évreux, ou bien pour certaines familles qu’ils est très difficile d’affronter les dépenses liées à l’éducation : vêtements, accessoires scolaires, transports, cantine…
C’est en plus du reste, de tout ce qu’il faut pour vivre. Quand un enfant est pris en compte dans le revenu, à hauteur de 215 € / mois, mais que la cantine représente à elle seule 200 € /trimestre, la cantine du midi représente à elle seule un tiers de ce qui est versé pour un enfant. Pour quatre midis par semaine. Et le reste du temps, ils mangent aussi.
Je pourrais parler de familles monoparentales où l’enfant doit réussir ses études, tout en jouant le rôle de grande soeur ou de grand frère, faire l’aide aux devoirs, les tâches ménagères, des piliers de la famille qui ne peuvent être éloignés de la famille.
Nous avons écouté ces élus. Ils sont démocratiquement élus, il n’y a pas de souci. Parfois multi-élus : mairie, Conseil d’agglomération, Conseil départemental ou régional. Ou nommé secrétaire d’État. Ils ont la notabilité, l’intelligence, ne sont pas démunis d’argent non plus.
Ils sont élus par certains, c’est vrai. Avec en plus des taux de participation qui frisent le dérèglement démocratique.
Mais une fois élus, ils sont élus pour administrer tous leurs administrés, et pas seulement leurs électeurs.
Alors, lorsqu’on parle de « vivre ensemble », de réussite, de mérite dont on se réclame pour soi-même et pour les autres, il faut se mettre dans la peau des gens, et des plus humbles en premier.
Mettez-vous dans la peau d’une mère seule au foyer avec ses enfants. Pas facile de travailler dans le monde actuel, en respectant en plus les horaires de l’école ou du collège. Et pas facile d’assurer les moyens de la réussite scolaire de ses enfants. Et pourtant c’est ce qu’elle souhaite le plus au monde, cette maman. Elle aura beau avoir beaucoup, beaucoup de mérite, elle n’en aura pas les moyens.
Et nos élus démocratiquement élus ferment des collèges là où il y en a le plus besoin : PMF à Val de Reuil, Pablo Neruda à Évreux, quand ce n’est pas pour demander la fermeture du collège des Fougères, implanté dans les quartiers les plus pauvres de Louviers.
Ce sont trois collèges REP et REP+ qui sont dans le collimateur. Pourquoi REP ? Parce que cela revient à donner une chance même aux familles en difficulté de rentrer dans un parcours de réussite.
Nous avons évoqué en CA la réussite du collège des Fougères devant M. Gatinet et les services du département venus nous proposer de voter l’un ou l’autre des scénarios. 57% de CSP défavorisées et 96% de réussite au brevet.
Ceux-ci auraient pu chercher à comprendre les causes de cette réussite, ne serait-ce que pour en proposer les solutions ailleurs ? Que nenni. Ils nous ont tout simplement rétorqué que si nous ne voulions pas fermer PMF, il fallait choisir de fermer les Fougères.
96% de réussite, c’est dû à un collège de proximité, là, dans un quartier qui si défavorisé soit-il, respecte le collège : pas de dégradation, pas de tags, pas de violences. C’est une chance pour le quartier. C’est dû aussi à des effectifs maîtrisés – moins de 25 élèves par classe. Même si l’on pouvait entasser d’autres enfants dans une classe au nombre de m2, ce n’est pas l’espace qui compte : c’est la relation entre l’enseignant et les élèves, la possibilité de pratiquer un accompagnement personnalisé, dans une ambiance de paix sociale, quand bien même il existe des disparités dans les revenus ou les communautés. Tant que cela n’est pas trop tendu.
Comme nous avons entendu madame Legratiet qualifier de « vivre ensemble » la mixité entre communauté kurde et communauté turque dans une même classe.
Vivre ensemble, avec plus d’élèves, des classes plus chargées, qui héritent des tensions de leurs communautés – et oui on est en France, mais on peut peut-être penser à éviter ces tensions. Ça peut vite devenir se foutre sur le bec ensemble.
Ne calculons pas l’espace nécessaire aux élèves comme on norme l’élevage des poules ou des cochons : une feuille A4 pour une poule, un m2 pour un cochon, combien pour un collégien ?
Pourquoi ne faut-il pas fermer ces collèges ? Parce qu’ils sont la possibilité et l’espoir de réussite sociale pour des familles qui ne songent elles aussi qu’à vivre mieux, et à ce que leurs enfants vivent mieux qu’eux. Et ça marche.
Pas ou peu de décrochage dans ces collèges. Au prix d’une lutte quotidienne, contre le décrochage scolaire, l’échec, l’absentéisme, la radicalisation aussi pour certains.
Au nom de la République, vous supprimez la République de ces quartiers.
Bien entendu, le Conseil départemental sera responsable des échecs qui vont découler de ces décisions. Le préfet sera co-responsable, comme le DASEN qui demandent tous deux de nommer le collège de Fougères, et qui, devant le refus des élus de la CASE comme des parents d’élèves d’envisager de choisir l’un ou l’autre de ces scénarios d’échec, constatent la décision départementale et feront leur choix basé sur la raison, quand la maison a brûlé.
Les Andéens, St-Pierrois et Cie iront au Hamelet à Louviers. Autre échec des élus locaux qui ont conduit à élaborer ces scénarios.
Sauf ceux qui sont déjà inscrits dans le parcours scolaire du collège. Nous aurons le droit de rester aux Fougères, par exemple, avec le transport assuré pendant 3 ans. C’est ce que fera ma fille, et d’autres aussi, ne vous y trompez pas.
Les transports scolaires vont devenir un cauchemar, mais ce n’est plus la compétence du département, alors on s’en moque.
Madame Diane Leseigneur (33’45) en veut terriblement à Messieurs Masson et Coquelet d’avoir agité le chiffon rouge !
Messieurs Coquelet et Masson seraient responsables de la fuite des élèves vers le privé.
Que Madame Leseigneur ne s’inquiète pas pour Val de Reuil. Leurs élèves ne fuiront pas vers le privé : le collège Saint-Louis de Louviers est plein comme un oeuf. Nous accueillons d’ailleurs aux Fougères ou à Buisson une partie de leurs élèves en difficultés. Peu importent les raisons, nous les accueillons, et le taux de réussite des Fougères atteste que cela se passe même plutôt bien.
Et ce ne sont pas les familles rolivaloises qui vont pouvoir se payer le privé, beaucoup auraient déjà du mal à payer la cantine et les transports dans le public.
Sauf à se tourner vers d’autres confessions, si l’on ferme un collège dans le quartier et qu’ouvre une école musulmane.
A côté de Pablo Neruda, qu’on veut fermer (maire compris), une mosquée dirigée par un Imam salafiste va ouvrir (sur un terrain offert par le maire, Guy Lefranc). Peut-être celle-ci offrira-t-elle une solution de secours et de proximité avec un enseignement coranique ?
A Val de Reuil, la mosquée qui va ouvrir ne sera pas salafiste.
Mais sur le nouveau programme ANRU 2, je regrette d’entendre madame Leseigneur nous dire qu’il ne faut pas compter sur une population arrivante, avec son gage de mixité sociale, puisque ce plan ANRU 2 n’est pas acté.
J’espère que le département soutient sans faille ce NPNRU salvateur pour Val de Reuil. Val de Reuil contribue suffisamment pour espérer disposer de cette politique prioritaire pour la ville, quand elle contribue autant à son financement.
Il ne faut pas jouer contre pour justifier une mauvaise décision.
Quand elle se met sur le terrain de M. Coquelet sur le PLUI, citant les 660 logements supplémentaires jusqu’à 2020 cités, jugeant les chiffres prudents, elle estime qu’il n’y aura que 10% de collégiens supplémentaires. Soit 66 élèves (et non 60) puis 60 supplémentaires dans les cinq ans qui suivent. Soit 126 élèves.
« Je suis juste dans les mathématiques, c’est les chiffres qu’on y applique », dit Mme Leseigneur.
Pareil pour moi. Et puisqu’on est en REP, cela remplit assez le collège pour des effectifs raisonnables.
Puisqu’elle va reprocher à M. Masson de n’avoir pas su profiter de la politique de la ville pour rénover, ou détruire et reconstruire Pablo Neruda lorsqu’il avait « une fenêtre de tir comme ça ! », il faudrait respecter la fenêtre de tir de Val de Reuil, notamment quand le maire, M. Jamet, mais aussi le président d’agglomération, M. Leroy, quand même plus de majorité départementale que d’opposition, proposent de financer la réhabilitation.
C’est incohérent. Et politique.
M. Duché ne veut pas discuter avec M. Jamet. Idem pour M. Lehongre. On ferme, point barre !
C’est la bonne excuse pour ne pas affronter un adversaire politique que l’on méprise (ou que l’on craint).
Mais l’enjeu, c’est pour les Eurois, et les Rolivalois, et toutes les famille de la CASE qui sont promenées on ne sait comment d’un bout à l’autre de l’agglo !
Il est urgent de reprendre un peu de hauteur. Adulte et responsable, c’est sûrement la première qualité d’un élu.
M. Duché entend depuis des années que la ville de Val de Reuil va être à 100.000 habitants. J’ai peur que cela n’ai été que l’ambition lors de la création de la ville nouvelle.
Moi, ce truc, je ne l’entends pas. J’entends parler de parcours résidentiel, de 1200 logements supplémentaires, de plan ANRU, mais pas de 100.000 habitants. Et j’y habite. Depuis des années.
M. Duché parle de deux collèges à Val de Reuil (M. Lecornu corrige : 3 collèges, avec le collège du Vaudreuil), à moitié pleins ou à moitié vides.
Non, REP ! Vous ne voulez pas comprendre : REP ! Et des logements vont arriver, avec leur cohorte de collégiens, sauf si vous faîtes capoter le NPNRU à Val de Reuil. C’est bien parti pour, si l’on vous écoute.
Et à nouveau : « Donnez un autre collège ! ». Nom d’une pipe, les Fougères.
Ce sont des mesures d’économie, qui ne tiennent compte ni de la pédagogie, ni du territoire, ni des besoins des habitants, ni de l’économie locale (le Pharma-Parc), ni de l’égalité.
Vous voulez la méritocratie, et les économies dans “les quartiers”, nous voulons la réussite de tous.

Eure : le Conseil départemental ferme les collèges REP, PMF à Val de Reuil, et Pablo Neruda à Évreux, “pour en finir avec les ghettos !”

C’est madame Hafida Ouadah qui ouvre le bal de cette deuxième partie.

Madame Hafida Ouadah demande à M. Coquelet s’il sait ce qu’est un ghetto, un quartier populaire et un quartier en difficultés, et ses problématiques.
Le fait d’entendre les propos de MM. Coquelet et Masson « l’interpelle lourdement ».
Pour elle, il faut fermer ces collèges : « Parce qu’aujourd’hui, les enfants ont droit à autre chose. Si aujourd’hui on peut fermer ces collèges, pour les sortir du quartier, qu’ils puissent voir autre chose, puissent être tirés vers le haut, rencontrer d’autres personnes, de nouvelles personnes…. » 
Reconnaissant que les quartiers sont en voie d’amélioration, qu’il y a un bon tissu associatif local, qu’on est loin des émeutes de 2005 (qui ont explosé partout en France après la mort de deux jeunes dans un transformateur à Clichy-sous-Bois, NDR), « mais on doit quand même rester en veille », nous dit-elle.
« Tenir de tels propos, [elle est] absolument scandalisée. Pour rejoindre ce que vous disiez tout à l’heure, M. Coquelet, pour revenir sur le mépris des familles et de la population. Vous la connaissez la population, vous aussi. Vous la connaissez bien. Quand on va sur la dalle à Val de Reuil, qu’est-ce qu’on trouve la journée ? Il y a quand même un certain nombre de jeunes regroupés dans des périmètres bien définis, toute la journée. Quand [elle] y passe, il y a presque plus d’une cinquantaine, entre la dalle et le café en bas, à des heures où ils sont censés être scolarisés ou au travail.
Si c’est produire du chômage, produire des décrocheurs que de laisser le collège PMF ouvert, [elle n’est] pas d’accord ».
C’est vraisemblablement le message le plus effrayant que j’ai entendu au cours de cette session.
Je ne connais pas bien madame Ouadah. Nous l’avons rencontrée une fois au CA du collège des Fougères, dans son canton, juste avant les élections. Elle nous avait alors fait l’éloge de la mission d’accompagnement et expliqué qu’elle s’attacherait à être assidue. Nous ne l’avons plus jamais revue.
Je rappelle ce qu’avait lancé M. Lecornu à M. Masson : « C’est pas une rente d’être conseiller départemental, il faut travailler !»
Heureusement, nous sommes allés chercher M. Jubert qui fait partie de son binôme. J’en profite pour féliciter M. Jubert, car lui est très attaché à sa mission, et au-delà parfois de nos désaccords, ou de nos accords, nos rapports restent toujours respectueux et courtois.
Je trouve les propos de madame Ouadah effrayants, car ce qu’elle demande, c’est simplement de supprimer les collèges dans les quartiers.
Elle parle pour Val-de-Reuil et son germe de ville de « ghetto ». Déjà, ça, c’est choquant.
Ce qu’on voit, c’est une ville nouvelle, concept unique dans l’Eure, et par bien des côtés, unique en France : une ville sans monument aux morts. Un ville avec une séparation des flux piétons qui vivent au dessus, et des flux automobiles qui passent en dessous. On circule en bas, on vit en haut, là où l’on trouve les commerces et les services, les écoles, le théâtre, le ciné ou la piscine.
Avec la gare intégrée, il y a pire comme ghetto. On pourrait y voir un grand village franco-européo-africain, où la vie se passe globalement bien, avec 70 nationalités différentes, avec, il est vrai, une forte population musulmane.
La politique de la ville y est volontariste et participe à la qualité de vie : des équipements sportifs,  un grand stade, des gymnases, une piscine, des équipements sportifs et de détente répartis à travers la ville. Sans compter le lac de Léry-Poses et sa plage, à quelques minutes à pied ou en vélo, l’équitation, les activités nautiques et le kayak, j’en passe… ce sont aussi des équipements culturels, un théâtre, un cinéma, une école de musique et danse (500 participants).
Et un coeur de ville basé autour de la dalle, un grand espace piétonnier, colonne vertébrale de ce centre-ville qui relie la place du marché et les commerces d’un côté, au collège PMF de l’autre. On est en sécurité en ville.
Faut-il, pour leur bien, soi-disant, fermer les collèges pour que les jeunes de 10 à 15 ans aillent trouver leur voie ailleurs, qu’ils échappent à ce que madame Ouadah appelle un ghetto ?
Faut-il de même fermer le collège Alphonse Allais, situé à 700 mètres de PMF, pour les mêmes raisons : mettre les enfants à l’abri du ghetto ? Si c’est un ghetto, rasons Allais, rasons le ghetto tant qu’on y est ?
Le territoire de la CASE, et notamment Val-de-Reuil est le territoire le plus riche de l’Eure. Grâce au Pharma-Parc d’abord, et son industrie pharmaceutique et biotechnologique.
On y trouve parmi les plus grands data centers de France et d’Europe : ceux d’Orange, d’EDF, de BNP Paribas, SFR, Iliad (Free), en raison de sa géographie (idéalement situé à 100 km de Paris, sur l’axe ferroviaire Le-Havre-Paris où transite la fibre) et de son climat.
Mais oui, il y a inadéquation entre cette activité riche et porteuse d’emplois et un taux de chômage qui dépasse les 25%.
Ce n’est pas avec moins d’éducation et de formation que les jeunes trouveront un emploi dans leur secteur qui est le plus dynamique de l’Eure. C’est avec plus d’éducation, plus de formation, et sûrement à assurer en partage avec les grandes entreprises du Pharma-parc pour faire correspondre les compétences des Rolivalois à celles que recherche une industrie toujours en croissance.
Le Lycée Marc Bloch accueille 780 élèves pour 600 places. Ça craque. Il y a deux collèges, PMF et Alphonse Allais, respectivement REP et REP +, et grâce à l’inscription des deux collèges au Réseau d’Éducation Prioritaire, les 7 écoles (bientôt huit) sont reliées à ce réseau, avec des moyens supplémentaires.
Quatre perdraient leur classement, avec les conséquences qu’on sait, quand certains parents ont des difficultés pour l’aide aux devoirs.
Et c’est aussi parce que Marc Bloch  appartient à ce réseau qu’il bénéficie par exemple de  la Convention d’éducation prioritaire qui permet à ses élèves d’accéder à Sciences Po.
La solution, si l’on veut améliorer la mixité sociale, ce n’est pas de réaliser ce grand Bonneteau entre les populations de tout le territoire :

  • Les populations des quartiers sensibles de Louviers (Acacias, Maison Rouge) auxquelles on adjoindrait les 105 en provenance de l’école des Dominos qui vont aujourd’hui à PMF ;
  • Les classes moyennes de notre pôle de communes rurbaines et rurales, de Connelles à Andé, Saint-Pierre du Vauvray, Saint-Etienne du Vauvray, etc – ceux qui réussissent le mieux au collège des Fougères, qui tirent les autres vers le haut, justement – seraient resectorisés vers le collège plus gentrifié du Vaudreuil ;
Deux chiffres : 57% de CSP défavorisées au collège des Fougères, et 96% de réussite au brevet.
Un résultat exceptionnel, que l’on va mettre à la casse. Mais ce résultat, il est dû à des effectifs maîtrisés, du fait du classement REP. Comme c’est le cas à Val-de-Reuil. Dès l’an prochain, aux Fougères, il y aurait 58 élèves supplémentaires, avec 61% de CSP défavorisées.
La solution pour attirer des élèves vers le collège PMF, c’est déjà ce que réalise la politique de la ville : les logements sortent de terre tous les jours autour du collège et dans la ville. Les habitations jaillissent là où elles s’étaient arrêtées en 1980. En face du collège PMF et vers la gare.Le département ne veut pas les voir, même si madame Diane Leseigneur concède gracieusement 60 élèves supplémentaires. Mais pas la poursuite du plan ANRU tant qu’il ne sera pas sorti de terre.
Ce qui n’est pas fantasmatique à Vernon, est un fantasme à Val de Reuil.
L’autre solution, qui tombe sous le sens, c’est d’améliorer la mixité sociale en déplaçant quelques dizaines d’élèves de Pont-de-l’Arche, de rénover le collège 600 sans augmenter la capacité à 800 élèves, et d’envoyer les élèves qui sont en classes modulaires jusqu’en 2021vers PMF. Avec à la clé des économies à prévoir sur les 13,5 M€.
Les élèves de Pont-de-l’Arche sont-ils moins mobiles que ceux de Val-de-Reuil ? Avec seulement 28% de CSP défavorisées, c’est le collège le plus déséquilibré du territoire. Et, pourtant envoyer des élèves de Hyacinthe Langlois vers PMF permettrait d’améliorer grandement la mixité sociale à PMF. Et permettrait aux enfants les plus riches de constater qu’on est bien accueillis dans la ville nouvelle. Qui n’est pas un ghetto.
Le département pratique-t-il une politique pour les riches, ou bien une politique pour tous ?
Et ne venons pas dire qu’il ne faut pas opposer les riches aux pauvres, ou les personnes issues de l’immigration aux français de souche. Cela existe.
Considérant que les riches votent beaucoup, beaucoup plus qu’à Val-de-Reuil. Considérant que la population de Val de Reuil est beaucoup plus pauvre et moins mobiles.
Quand j’entends le message pathétique de madame Ouadah, je ne serais pas loin d’être moi-même scandalisé, si je ne pensais que les Conseillers de la majorité sont en service commandé pour justifier, de toutes les façons possibles,  une fermeture contestée sur la base d’arguments très solides.
Et nous aussi sommes en veille par rapport à des fermetures dans des quartiers où s’installent des mosquées quand la République abandonne le terrain.
Madame Tamarelle-Verhaege justifie également la fermeture pour le bien des enfants :
C’est en quelque sorte le même message que celui de madame Ouadah que lance madame Tamarelle-Verhaege. Elle croit beaucoup à la mixité sociale, et la mixité ville-ruralité.
Je ne peux pas dire que je partage une croyance, mais plutôt une expérience. Je ne peux que constater aujourd’hui, comme parent d’élèves élu au collège des Fougères, la réussite de cette mixité, je le répète, et je le répéterai à l’envi : 57% de CSP défavorisées aux Fougères et 96% de réussite au brevet. C’est indéniable.  Et dans un principe ruralité ou communes rurbaines vers la ville, et dans des quartiers défavorisés de Louviers. Et ça marche.
Car dans la CASE, pour ceux qui connaissent le territoire, il n’y a pas de collège rural, mais 7 collèges en ville, avec un taux d’occupation dans la moyenne départementale.
Madame Tamarelle-Verhaege témoigne du cas d’une famille, en grande difficultés familiales, où dans des milieux très modestes, les enfants connaissaient des difficultés de comportement. Suite à ces difficultés, la famille a déménagé, et les enfants se sont très bien intégrés dans une structure rurale.
« Donc [elle] y croît, peut-être naïvement », ajoute-t-elle. « J’espère que c’est ça qu’on est amenés à vivre, un jour on arrivera à vivre ça. C’est-à-dire à ne pas rester toujours cantonnés dans notre milieu de base, et que ce soit pour les gens plus aisés et les gens plus modestes. Et si c’est cette opportunité là qui est donnée, il ne faudrait pas s’en priver. Après, on verra, qu’est-ce que ça donnera ? »
Après la fermeture, et si j’entends bien, la destruction des collèges, on verra quoi ? Qu’on ne peut plus revenir en arrière ? Que la République abandonne le terrain, et les mosquées qui sont en train de se construire, à Val-de-Reuil et à la Madeleine, auront à coeur de fournir des solutions d’enseignement musulman aux élèves qui auront déserté les écoles de la République. Faute de collège de proximité.
S’ensuit une justification sur les temps de transports, allant jusqu’à justifier les 10 minutes de trajet en car pour les plus proches d’entre eux. C’est montrer sa méconnaissance du territoire.
En fait, il faut 16 à 18 minutes pour rejoindre VDR au collège des Fougères en voiture. On vous le dit d’expérience, par l’expertise d’usage au quotidien, avec la connaissance des meilleurs parcours selon les heures.
Par là où ne passe pas les cars le matin, justement.
Quand madame Tamarelle-Verhaege avait ses enfants en zone rurale, « le car pour eux, ce n’était pas 5 minutes, et ils ont survécu ».
Eh bien, je peux le dire, les nôtres aussi, de Connelles à Andé, Saint-Pierre, St-Etienne, etc, ont survécu. Et continuent de vivre, et nous les marquons à la culotte pour qu’il n’y ait ni retard, ni absentéisme. Pour qu’ils réussissent à l’école et dans leurs études. Un parcours qu’on a connu et que nous reproduisons, tant nous savons que c’est indispensable pour l’avenir.
Mais pitié, arrêtez de nous asséner des arguments dont nous savons tous qu’ils sont faux.
Nos enfants partent le matin entre 7h00 (Connelles) et 7h14 (Saint-Pierre) pour une ouverture du collège à 8h00.
Il y aura 2 minutes de transport de plus de Val-de-Reuil par rapport à nous, ce qui ne change pas fondamentalement le temps de transport. Au lieu de 5 minutes à pied, c’est près d’une heure pour les plus lointains. Et rebelote le soir.
Mais si on avance ce que nous considérons comme des arguments mensongers (les 10 min), peut-être par méconnaissance du terrain – mais ce serait alors dommage -, il n’y a pas de dialogue basé sur la raison.
Elle reprend le fil de son  raisonnement : il ne faut pas rester cantonnés à notre milieu de base :
« Donc, quelque part, moi je voudrais qu’on arrête d’oublier cette dimension là qui n’est pas un prétexte. Moi je pense que ce n’est pas un prétexte. C’est vraiment un choix.
Et par la suite, en raisons des fluctuations de populations, de toutes façons un PPI, un projet de collège, ça se révise. Donc on refera le point, on évaluera. Je trouve ça dommage de ne pas penser que c’est une réelle chance, parce que moi, dans ma vie de médecin scolaire, je l’ai constaté. Je voulais vous en témoigner. »
Sauf que nous ne parlons pas là de l’expérience personnelle basée sur sa propre vie, la survie de ses propres enfants lors des transports scolaires, ou l’expérience d’une famille en difficultés qui a su retrouver un chemin résilient en déménageant.
Nous parlons de centaines de familles, de centaines d’enfants qu’on déplace comme des pions.
Et si c’est un échec ? Ce dont les professionnels du secteur, les enseignants et personnels administratifs, et les parents d’élèves, ont voulu avertir lors des conseils d’administration des collèges du territoire, et que les élus du Département n’ont pas voulu écouter – M. Gatinet s’interrompant lors des questions ou de la présentation d’arguments, ou pour corriger de grossières erreurs, pour reprendre le déroulé là où il s’était arrêté.
Avec le sentiment de mission accomplie, sûrement : nous avons été entendus. Mais pas écoutés.
Si c’est un échec, ce ne sont pas les élèves, les enseignants, les parents d’élèves, les politiques locaux qui auront agité le chiffon rouge, qui en seront responsables.
Ce sera chaque élu du Département qui aura voté pour la fermeture de petits collèges qui avaient apporté jusqu’à lors la République et la laïcité partout sur le territoire.
Si demain, ça pète, chaque élu en sera tenu pour responsable.
La réelle chance, c’est pour les élèves des familles qui ont un bagage et des moyens suffisants pour éduquer leurs enfants avec l’expérience d’un parcours de réussite.
Les REP et REP+, ce n’est pas une jambe de bois de l’Éducation nationale, c’est une éducation adaptée à des jeunes dont les parents n’ont pas ce bagage, ni ces moyens.
C’est ça que le Conseil départemental veut casser. Il sera impossible de revenir en arrière.
Cacher le débat derrière un rideau de fumée :
C’est d’abord une phrase de M. Masson, sur le fait que le Conseil départemental ait distribué le livre de Jules Verne, Le Tour du Monde en 80 jours n’ait pas été décidé en collaboration avec les équipes enseignantes. Une oeuvre exceptionnelle, certes. Mais une oeuvre exigeante, qui nécessite sûrement un travail en profondeur pour être comprise par des jeunes du 21ème siècle.
Pas de problème pour moi de distribuer ces livres. Les parents d’élèves de Saint-Pierre du Vauvray distribuent chaque année des dictionnaires au enfants qui arrivent au CP, ou partent en 6ème aux Fougères.
Tout le monde est content, et en plus, cela aura été grâce aux fonds recueillis grâce à la vente gâteaux et de crêpes vendus à la sortie de l’école.
Mais pas la peine de cacher le débat, à chaque prise de parole de la majorité qui veut fermer les collèges, en remettant le livre, ou de louer le libéralisme de cette majorité qui daigne donner, et redonner la parole à son opposition. Même s’il n’y a pas de vote en jeu, en l’occurrence.
C’est le propos de M. Legendre, d’un ton bonhomme, voire badin : 
« Alors qu’il y a des critiques qui ont été développées, et j’ai dit tout à l’heure, mais en souriant, j’ai dit à Pascal [Duché] : tu es vraiment d’un libéralisme extraordinaire. Il vous donne la parole, il vous la redonne quand vous en avez besoin. Moi, je peux quand même vous dire que comme porte-parole de l’opposition, je n’avais pas intérêt à avoir oublié un argument, et caetera, parce que c’était «’niet, niet, niet’ ! »
Je passe sur le retour du tour du monde en 80 jours.
M. Legendre compare les arguments qui leur sont opposés à ceux des petits maires qui arguent d’un boom démographique à venir pour défendre leur école. Bien sûr, le boom démographique n’est souvent qu’une fuite vers les zones d’emplois.
Là, on ne parle pas de ça, on regarde les pavillons et les logements qui sortent de terre à quelques mètres. On parle de ce second plan ANRU pour Val de Reuil, avec l’État, l’agglomération et la ville de Val-de-Reuil à la gouverne, dans le territoire le plus dynamique économiquement parlant : 53 % de la richesse économique du département y est produite.
Sur le second plan ANRU qui commence à Val-de-Reuil, il faudra attendre que les élèves soient arrivés, pour valider cette hypothèse, alors même que l’on constate que les bâtiments sortent de terre.
Idem pour la deuxième partie des logements qui ne sont pas encore lancés. Mais qui vont être difficiles à vendre, quand les potentiels futurs habitants se rendront compte qui y a presque tout… sauf un collège qui sera détruit de l’autre côté de la rue dans la nouvelle zone pavillonnaire.
Par contre à Vernon, comme l’indiquent Mrs Lehongre et Fouché en réunion avec les syndicats, là ce n’est pas un fantasme :
« L’évolution, là pour le coup pas fantasmatique, des logements à Vernon, en particulier avec tout le développement du quartier Fieschi (l’ancienne caserne), qui non seulement est en construction, mais est déjà en grande partie occupée, fait qu’il va y avoir une inversion de la tendance, et qu’on répond à une évolution forte. »
C’est clair, à Val-de-Reuil, la politique de la ville est un fantasme. A Vernon, non.
M. Legendre revient sur la nécessité de construire un nouveau collège au Neubourg. Personne ne nie.
Juste, c’est la politique des très gros collèges contre celle des petits collèges, en s’en prenant notamment aux collèges REP+ et REP. Malgré les résultats indéniables.
Puis : « vous défendez avec vigueur, encore une fois, qui à priori me serait sympathique, un collège qui a moins de 300 élèves [PMF]. Moi, avec Martine, nous avons un collège, vous savez bien, qui aujourd’hui dépasse 930 élèves. Les enfants du pays Neubourg, ils connaissent aussi le même niveau de difficultés parfois, sur le plan de l’éducation, difficultés sociales et caetera. Je ne parle pas des transports, parce que tout ce que vous annoncez nous fait rêver.
Pour dire, la décision qui a été prise, et qui obligatoirement posait une interrogation, et au président Lecornu, et au président Lehongre, et avant lui à son prédécesseur, que vous vous battiez néanmoins, je le comprends, l’élu local, il vibre un petit peu en disant : c’est sympathique. Mais que vous le fassiez avec cet emportement, quand même nous intrigue un petit peu. »
M. Legendre fait retirer à M. Coquelet le terme de « mépris » des populations. « De même que lorsqu’on a été envahis, il y a un an, qu’est-ce que ça fait du tort ? Ca empêche ensuite de discuter plus concrètement. Il faut refuser la violence. Et que des gens, de notre condition et de notre âge, on peut aussi refuser la violence même verbale. »
Tout cela est fort beau, et nous sortons du sentiment d’agressivité que nous avons reçu en pleine face jusqu’à présent.
Sauf qu’il y a des actes, mais aussi des murs de silence qui font aussi offense et violence.
Un refus de partager les données et les avis, et oui, un mépris que nous avons ressenti à nous écarter du débat, quand bien même ce que nous avons entendu reflète une totale méconnaissance du territoire, de ses habitants et des enjeux. Je n’étais pas à cette manifestation d’il y a un an, et aujourd’hui, je le regrette. De la violence ? Non, la nécessité de se faire entendre.
Il le disent : c’est la démocratie, et ils ont été élus. Soit. Mais pas sur la base de promesse de fermeture de ces collèges.
Ils seront responsables de leurs décisions et de leurs actes. Encore une fois, une politique pour les plus aisés, et les économies sur les plus fragiles. On joue là encore sur le communautarisme et l’antagonisme des religions.
Tout cela pour une question budgétaire. Ils en seront comptables sociétalement.
La position de M. Rassaërt, 10ème vice-président : Une décision politique non politique.
Ce n’est pas un acte politique (parlant de Val-de-Reuil). Les arguments de la majorité sont des arguments rationnels. C’est en face qu’ils mettent leur « sauce politique ».
Quel talent ont ces hommes politiques d’expliquer qu’une décision politique n’est pas politique, mais qu’en face, citoyens (entre autres parents et professeurs), opposition, et élus locaux font de la politique !
Le message que nous envoyons, selon lui, est que le Conseil départemental punit les pauvres.
« Dans le contexte actuel, où il y a une défiance vis-à-vis des institutions, où le climat social est très compliqué, je considère, c’est un avis personnel, que ce n’est pas une façon responsable d’argumenter et de faire de la politique. Moi ce que je ressens en tant qu’élu de terrain, c’est  que les tensions sociales sont très fortes, et que vous n’êtes pas d’accord avec une décision, d’accord, mais que, de vous, la politiser et imposer à tout le monde cette violence symbolique qui à dire que l’institution départementale punit les pauvres, et le dire à ces populations là, je trouve que c’est irresponsable, c’est mon point de vue personnel, et je trouve que c’est dangereux.
Vous parliez de responsabilité tout à l’heure en disant que nous serions responsables des conséquences, moi, vous soufflez sur ces braises là, bah vous en porterez la responsabilité, mais je ne pense pas que c’est une bonne façon de faire de la politique aujourd’hui, et je pense que ça n’apporte rien et que ça n’arrange rien au climat social dans notre département et notre pays. »
En gros, si l’on décrypte, ce qui n’est guère difficile tant c’est explicite : ils savent que les tensions sociales sont fortes suite à cette décision à la fois politique et financière. Ils savent qu’ils s’en prennent aux pauvres, et aux solutions d’intégration républicaine des REP et REP+, et ils savent que c’est dangereux. Peut-on pour autant s’en laver les mains, faisant d’avance porter le chapeau à ceux qui les dénoncent.
C’est responsable, cela, politiquement ? Qu’ils ne s’inquiètent pas, nous ne seront pas les derniers à attiser ces braises. D’autres sauront en profiter pour le coup. Cela aussi, ils le savent.
Nous ne sommes, nous, pas avares d’arguments, nous leur avons signifié en réunion, avec le respect qu’on leur doit comme citoyens, élus ou fonctionnaires, par écrit, par mail ou remis en mains propres par écrit.
Mais en aucun cas nous ne sommes prosélytes. Nous défendons la laïcité et la réussite scolaire pour tous.
M. Jubert apporte sa pierre sur les temps de transports :
Merci M. Daniel Jubert. Un peu d’objectivité. Il revient sur les 10 minutes de transport par bus, qui ne sont que l’assertion de promoteurs que l’ancienne majorité à la CASE connaît bien : ce sont les promoteurs de la « future » ligne de bus à haute qualité de service en site propre qui argumentaient que cette ligne permettrait de relier Louviers à Val-de-Reuil en 10 minutes. Un projet à l’abandon.
Mais pas de collège à collège en car scolaire. Il ne sait donc pas si c’est toujours valable. Ce le sera de Val-de-Reuil, très étendu, à Louviers, qui l’est aussi. Mais pas pour le transport scolaire.
Il demande ensuite si ça ne les dérange pas que les élèves d’Andé, Saint-Pierre ou Saint-Etienne mettent une heure de transport pour aller au collège ? Soyons francs, 1 heure à Connelles jusqu’à l’ouverture des portes, et 45 minutes à Saint-Pierre. Ce qui est beaucoup.
Mais comme parent d’élève de St-Pierre, nous savons que dans nos communes rurbaines et rurales, nous ne pouvons disposer d’un collège qu’en ville, avec tous les services nécessaires pour la scolarité.
Nous le savions quand nous avions fait ce choix de vie. Il en sera toujours de même, quelle qu’en soit la destination. Nous cherchons à optimiser, et le consensus ne s’est toujours pas fait. Les contraintes des services de transport aux mêmes horaires vers tous les collèges et lycées dirons-nous.
Pour les enfants de Val-de-Reuil ce n’est pas qu’inadmissible, c’est évitable. Pas pour nous.
Ça, nous le savons, et nous l’acceptons. Nous souhaitons améliorer, “optimiser” comme ils disent.
Et pour conclure, la mauvaise foi de M. Benoît Gatinet :
« Mauvaise foi » est le maître-mot.
C’est l’essentiel du message. Après avoir félicité la majorité de ses choix, il accuse la mauvaise foi de l’opposition.
« Concernant Serge Masson, qui s’étonne de la baisse… Il n’y a pas de baisse de la dotation globale de fonctionnement puisqu’elle a tenu compte de la baisse des effectifs. […Quelques phrases pour féliciter l’action du département mène quand il dit que l’éducation est une priorité… PPI, numérique, bourses… , NDR ] C’est une priorité du département, il n’y a pas à en douter, à part si on est de mauvaise foi. »
Un petit rideau de fumée sur le tour du monde en 80 jours (encore et encore) puis….
« A propos de M. Masson et de M. Coquelet, concernant un certain nombre de points qui ont été évoqués, [il] remarque une très grande mauvaise foi dans l’ensemble des présentations qui sont faites aujourd’hui. 
[il] relève que les élus de Val-de-Reuil ne sont pas venus à nos différentes invitations et c’est très regrettable. Alors qu’ils disent qu’ils ont appris ça dans la presse, c’est encore une fois une mauvaise foi évidente.
Cela a été dit, et [il] ne revien[t] pas sur les insultes effectivement, qui ne grandissent pas ceux qui les profèrent [parle-t-il de M. Jamet, maire de Val-de-Reuil ?], mais si on veut avancer, on serait mieux autour de la table de travail, plutôt que de ne pas venir et de simplement insulter ou de regretter, de façons…, de mauvaise foi, le fait de ne pas avoir été soi-disant associé.
[il] rappelle que ces décisions là ont été prises par la précédente majorité qui n’a pas eu le courage d’aller jusqu’au bout, mais il y avait bien des fermetures d’établissements à Pablo Neruda et à PMF, [il est] désolé mais c’est comme ça. […]
Si on veut revenir sur deux, trois points : effectivement il s’agit bien de temps de transports inférieurs à 30 minutes, on l’a bien dit. Ce qui peut passer à 10 minutes quand on n’en avait pas [???]. Mais ça reste très satisfaisant par rapport aux temps de transport de nombreux collégiens Eurois. »
Voilà, nous en sommes à la fin. La fin de ce qui n’est pas un débat, mais une suite sans fin d’invectives envers les deux conseillers qui, seuls, ont défendu l’intérêt des familles et des élèves.
Un peu contre la précédente majorité, accusée de n’avoir pas eu le courage de prendre cette décision.
Aux dernières nouvelles, c’est l’hypothèse 1 qui semble avoir la préférence du DASEN et du Préfet, M. Coudert. Parce qu’il propose des CSP plus équilibrées.
Celui-ci a répété qu’il ne pouvait travailler avec des gens qui refusent de prendre des décisions en lui donnant un autre collège que PMF en pâture. On peut se douter qu’il visait les Fougères.
Ce qui peut sembler incroyable tant les résultats sont au rendez-vous, jusqu’à présent.
Même son de cloche vis-à-vis des élus de la CASE lors de la réunion entre l’intersyndicale parents/profs d’un côté, et le département, représenté par son président, M. Lehongre, et son directeur de cabinet, Éric Fouché (ex-directeur de cabinet de M. Lecornu, et avant cela, fondateur de « Territoires Publics Consultants », qui avait travaillé avec la Mairie de Vernon sous l’égide de son maire, Sébastien Lecornu), de l’autre :
« Dès qu’on a voulu travailler sur le secteur Louviers-Val-de-Reuil-Le Vaudreuil, tout le monde est parti, il n’y a même pas eu de discussion. A partir du moment où il y a eu cette position, on s’est débrouillés et on a fait le travail. Avec nos visions, nos moyens, et c’est pourquoi on en est arrivés là. 
Au mois de juin, il y a eu une majorité, au-delà de la majorité que nous sommes, ont voté ce projet.»
La CASE et le maire de Val-de-Reuil ont proposé de financer la rénovation du bâtiment : « Il n’est pas rénovable, parce qu’on ne peut pas rénover les bâtiments qui partent en vrille, honnêtement.. Ne soyez pas dupes de postures d’un certain nombre d’élus sur ce dossier. Croyez-moi, s’ils veulent réellement rénover PMF, c’est pas pour le bien de PMF, et c’est plus une posture qui est uniquement dans le débat. On sait ce qu’ils nous ont dit. »
Et effectivement, on ne peut que constater que la position de certains élus DE LA CASE n’est pas claire vis-à-vis de la resectorisation : dans une totale opacité.
En 2009-2010, les maires de notre notre pôle de communes (Andé-St-Pierre du Vauvray-St Etienne du Vauvray) demandaient une refonte de la carte scolaire. Objectif : faire du collège Michel de Montaigne le collège de secteur pour le pôle de communes.
A l’époque, le collège Pierre Mendès France à Val de Reuil était en lice, parce que plus proche géographiquement, mais surtout pour raison de mixité sociale.
Hors de question pour les maires, à l’époque, d’envoyer les élèves du pôle de communes vers PMF, pour raison de réputation. Et pour raison de mixité sociale, avec des enfants supposés être encore plus tirés vers le haut.
Dans un courrier envoyé aux parents de Saint-Etienne par son maire, M. Delafosse, il nus suffit de lire :
« En 2015, nous avons relancé notre demande auprès de la nouvelle équipe départementale. Les techniciens départementaux, spécialistes de la carte scolaire, ont donc travaillé sur cette refonte. Après 3 réunions de travail avec les élus concernés depuis 2 ans, le 11 septembre dernier un scénario nous a été présenté et il répond à notre demande. »
Ainsi, tout se pataquès autour de la fermeture de PMF pourrait provenir d’une étude sur la refonte de la carte scolaire réclamée en 2015 par notre pôle de communes ?
Au terme de cette étude, en juin 2016, la décision de fermer PMF, ainsi que 2 autres collèges est prise par le Conseil départemental.
2 scénarios ont été envisagés, dont l’un qui propose effectivement d’envoyer les élèves de d’Andé, Saint-Pierre et Saint-Etienne vers le collège Montaigne.
Mais la mixité sociale est défavorable, et mettrait le collège des Fougères dans une situation totalement déséquilibré, avec 61% de CSP défavorisées. Ce qui nécessiterait des moyens supplémentaires que l’on fournit au collèges REP+ Mais la carte du Réseau d’Éducation Prioritaire restera inchangé jusqu’à 2019.
Une situation d’autant plus injuste que ce sont les élèves de notre pôle de communes qui tirent les résultats par le haut, et qui tirent les autres élèves aussi par le haut. C’est ça la mixité sociale, et elle marche : 96% de réussite au brevet.
C’est sans doute aussi l’ambiance familiale du collège, une excellente équipe pédagogique, des parents présents, et surtout, des classes de 23 élèves (merci REP).
Au final, les élèves de Saint-Pierre, Saint-Etienne et Andé, jusqu’à Connelles doivent s’en aller. Direction Le Hamelet. Trop bravo !
Après que la décision ait été prise de fermer un collège, soit PMF, soit n’importe quel autre de l’agglomération (le préfet évoque le collège des peupliers. Vous voulez-dire des Fougères ? C’est ça, des Fougères…), dans une logique purement comptable, il leur reste l’obligation de l’argument phare dégainé pour abattre PMF : la mixité sociale.
Celle-ci est clairement plus du côté de l’hypothèse 1 que de l’hypothèse 2. L’autre est une hypothèse clientéliste qui va à l’encontre de l’intérêt général. Je partage l’idée que de toutes façons, la fermeture de PMF va à l’encontre de l’intérêt général : on ferme 2 REP, et en conséquence, les écoles vont également perdre leurs avantages.
Lors des rencontres parents/enseignants avec le DASEN et le préfet, ceux-ci ont trouvé inacceptable la nouvelle carte scolaire présentée dans l’hypothèse 2. Inacceptable en terme de mixité sociale tout d’abord. Et inacceptable car elle exclue du Vaudreuil les élèves les plus proches : ceux de Léon Blum et de Louise Michel à Val de reuil, mais aussi ceux de Poses qui se trouvent encore plus loin de Louviers.
Ils se positionnent donc sur l’hypothèse 1, avec 106 élèves en provenance de Poses (40) de Louise Michel (47) et Léon Blum (19).
C’est également l’information qui a été retransmise par MM. Fouché et Lehongre lors de la réunion du 27 octobre.
Les élèves de Saint-Etienne, Saint-Pierre du Vauvray et Andé pourront toujours prendre leur vélo à la belle saison pour aller rejoindre la voie verte au Vaudreuil, puis continuer sur la voie verte jusqu’au bout, à Louviers, et enfin emprunter les deux ronds-points à forte densité routière (celui de la RN 154, et celui d’Intermarché) pour se rendre sur leur nouveau collège de secteur : Le Hamelet.
Sauf bien sûr à ce que de nouvelles tractations très politiques et clientélistes n’entrent en jeu.
Ceux qui ont allumé la mèche en 2015 n’ont pas mesuré les conséquences pour les élèves de l’agglomération.
En conséquence, cette bombe à fragmentation du territoire va péter à la figure de centaines d’élèves et de familles. Du clientélisme de bazar.
Quelques positions lâchées au cours de nos réunions avec le département. D’autres suivront…
Pour M. Lehongre, le quartier de la Madeleine à Évreux a été « mis sous cloche, avec des moyens phénoménaux pour essayer compenser la problématique autour, ou la République comme vous dîtes, avec des choses, comme les femmes qui ne peuvent pas s’exprimer, je l’entends. Mais un moment, ces enfants vont être au collège un certain temps, et après, quand ils vont sortir, qu’est-ce qui va se passer ? Aujourd’hui, ils ne sont pas ouverts, ils sont concentrés dans un secteur avec des encadrements, des éducateurs. Aujourd’hui l’accompagnement, où on tient la main à tout le monde, où on est à côté, et à part un certain nombre de cas, quand les gens vont partir ailleurs, est-ce qu’ils seront vraiment prêts à affronter la suite ? Parce que d’un système un peu cocon, aujourd’hui où ils sont… seulement 75% des élèves poursuivent leurs études en lycée général. » Ce qui, admettons-le, est un excellent résultat, qui remplit totalement les objectifs pour les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Et même au delà.
75% c’est un chiffre énorme (M. Lehongre s’est-il trompé ?), si l’on considère qu’il y a en plus l’enseignement professionnel et technique.
A propos de l’obligation de fermer un collège (le département en ferme 2 !), M. Lehongre nous dit : « Malgré ce qui est dit, nous avons quand même des courriers qui nous disent qu’aujourd’hui l’Éducation nationale n’accompagnera jamais, malgré ce qui est dit dans les journaux. On a un courrier aujourd’hui, je n’ai pas de courrier aujourd’hui de l’Éducation nationale qui donnait les moyens d’ouvrir un 57ème collège.. J’attends un courrier qui me dit, mettez-en 57, mais je n’en n’ai pas aujourd’hui. »
En fait, ce n’est ni 57, ni 56 mais 55 collèges qui vont rester.  Même si l’objectif de M. Lecornu en 2016 était de 54.
On ouvre un collège, on en ferme deux. Nous savons compter.
J’ai demandé au département ces courriers, puis à la CADA du fait de non réponse du département.  Un seul courrier d’une haute fonctionnaire. Vu les éléments parus dans la presse, il ne faut pas s’étonner que sa parole soit pour nous disqualifiée. Depuis 2013, il n’y a visiblement pas eu d’accord entre les deux parties, et depuis, plus rien. Rien.
On ferme les collèges dans les quartiers, qualifiés de ghettos, on referme la porte sur la pauvreté, plutôt qu’ouvrir les quartiers à une réussite partagés.
A force de fermer les quartiers en les présentant comme des ghettos, ce sont les ghettos qu’on fabrique.

ALEXIS FRAISSE : un candidat à vélo, lui rigole. Le vélo, c’est facile.

On lui a dit : chiche ! Il nous répond qu’il ne voyait pas où était le problème. Pas de problème, il l’a fait.
Comme il le dit, les gens se trompent sur l’évaluation des distances. On pense que le vélo prend beaucoup plus de temps que la voiture. Mais lorsqu’on ne fait que quelques kilomètres, on est étonné du temps à vélo. 5 kilomètres se font en un quart d’heure. Sans polluer, avec un gain de santé. En ville, on va plus vite que les autos, on ne perd pas de temps à chercher une place.
Par contre il est difficile de trouver des abris, et même des points d’attache. Le déplacement urbain à vélo n’est pas encore une priorité.
Faire la campagne à vélo, c’est une autre façon de visiter le territoire et de rencontrer les gens. Et faire la campagne à la campagne et à vélo, c’est un vrai bonheur.
D’ailleurs, il y a même un panneau où j’ai été le seul à coller une affiche. Sans doute les autres sont passés devant sans regarder ? Allez collègues candidats et néanmoins adversaires, à vos vélo, avec un tout petit pot de colle et une seule affiche. Une belle découverte en perspective.
un panneau oublié par tous les autres candidats
De Gaillon à Val-de-Reuil, de Louviers à Bosc-Roger-en-Roumois, en passant par des vallées superbes, celles de l’Iton, celle de l’Oison et tant d’autres, nous savons pourquoi nous devons protéger nos paysages et notre nature.
En nous voyons combien il nous reste de chemin à faire pour la mobilité du futur et le climat.

Olivier Razemon : comment la France a tué ses villes, à Évreux

Qu’on se rassure, le dernier chapitre s’intitule “Comment la France peut sauver ses villes.”

Olivier Razemon est journaliste, notamment au Monde, et auteur de plusieurs ouvrages sur les transports, la ville et leurs rapports avec les citoyens. Il est invité Par Laetitia Sanchez, EELV, avec Françoise Martin, PRG, et Timour Veyri, PS. Avant un débat autour de son livre “Comment la France a tué ses villes”, une déambulation d’une heure dans Évreux sera l’occasion de faire le constat de la vacance commerciale en centre-ville qui s’aggrave chaque année. Près de 1% supplémentaire chaque année, nous en sommes à près de 10% de vacance commerciale en moyenne en ville.
Des vitrines vides, mais aussi, de plus en plus de logements vacants.
En 15 ans, la vacance commerciale a été multiplié par 4. Seules les métropoles et les très grandes villes réussissent à maintenir un vacance aux alentours de 6%. Une moindre perte.
Mais où vont donc les commerces ? Les gens consomment-ils moins du fait de la crise ?
La consommation augmente de 1,5% par an. C’est beaucoup déjà, plus que l’inflation.
Mais c’est en périphérie que vont les consommateurs. En auto. dans la grande distribution : hypermarchés, centres commerciaux accueillant la plupart des enseignes qui résidaient en centre-ville auparavant.
Le parc progresse de 3% par an, le double de l’augmentation de la consommation.
La guerre, ou la concurrence, fait rage maintenant entre zones d’activités commerciales. Et elles tombent, les unes après les autres, des friches commerciales qui rouillent là où il y avait encore des champs il n’y a pas bien longtemps.
Les centres-villes et les petits et moyens commerces sont les 1ère victimes. Est-ce inéluctable ?
Non. Mais il faut combattre les à-aprioris. Le mode de vie des Français est focalisé sur l’auto. Et les commerçants des centres-villes sont encore une majorité à penser qu’il faut toujours plus de place à la voiture, alors même que 20% des foyers n’ont pas de voiture. Des clients semble-t-il piégés à l’intérieur des villes. Oui, si les commerces disparaissent. Mais si l’on rend de nouveau la ville praticable et respirable, les clients auront du bonheur à s’y promener et s’y rencontrer.
Il faut cesser de se plaindre du fait qu’on ne trouve plus de superette pour acheter quelques commission, et en même temps faire toutes les courses dans les hypers.
Cesser de se plaindre de la pollution quand on est coincé dans une file de voitures, parce qu’on y est soi-même bloqué en voiture.
Cesser de pester contre un monde qui se tue à la recherche de ressources rares lorsqu’on change de smartphone dès que la mode de la dernière version le dicte.
Mais le maître-mot, c’est la place de l’automobile en ville. Et dans les villages. On prend la voiture pour quelques centaines de mètres, parfois moins, et on râle parce qu’il n’y a pas de place libre.
Or, les villes qui réussissent à survivre et à limiter leur taux de vacances commerciales, ce sont les métropoles, comme Rouen qui prend de plus en plus conscience de la nécessité de réserver de la place aux piétons. Merci les écolos. Mais qui peine encore à traiter la circulation à vélo, quand dans nombre de grandes villes, le vélo a surpassé l’auto.
Pour les commerçants, ce sont des clients qui portent moins de volume et de poids qu’un gros 4×4, mais beaucoup plus souvent, sans polluer, en quête de qualité de vie. Et d’économie, quand 15% du budget des ménages passe dans la voiture.
Et ce sont des clients qui reviennent plus souvent, qui se fidélisent.
Comment la France a tué ses villes, Olivier Razemon

Je vous invite à lire cette étude passionnante – “comment la France a tué ses villes”Comment la France a tué ses villes, Olivier Razemon -, où les diagnostics font froid dans le dos, mais qui reste parfaitement optimiste, tans les solutions sont à porté de main.
Elles arriveront tout ou tard, par le remplacement des vieux briscards de la politique qui voient leurs villes mourir en allant inaugurer leurs prédateurs en périphérie des villes, et aussi par l’évolution des modes de vie en ville. On change, mais on ne le voit pas encore assez.
Mais on change, inéluctablement, et nous allons devoir nous adapter aussi. Très vite.

Le diagnostic en vidéo, avec Olivier Razemon et Laetitia Sanchez :

Les solutions, on les connaît, elles font du bien, mais… ça change les habitudes

Eure : Lecornu ferme des collèges. Peu importe lesquels.

Sébastien Lecornu, 1er cercle de bruno Le Maire (archives ©Le Démocrate Vernonnais)

Sébastien Lecornu. Le jeune loup de la politique et de la modernité, de la droite décomplexée, du premier cercle de Bruno Le Maire, ministre de l’économie, décide de fermer 3 collèges dans l’Eure.
Quels collèges ? Des paillerons, les trucs qui brûlent et asphyxient. Donc le collège Pierre Mendès-France dans l’agglomération Seine-Eure.
Mais dans notre agglomération, il n’y a pas de collège Pailleron. Les deux collèges auxquels on a voulu s’en prendre, Pierre Mendès-France et les Fougères sont bien réalisés en dur. Mal isolés, c’est sûr, et tous les partis s’engagent dans leurs promesses électorales à rénover les bâtiments, dans le cadre de la transition énergétique.
Programme de l’UDI, promesse n° 32 : “32. Lancer un programme national de rénovation des bâtiments anciens les plus énergivores. Rendre effective la rénovation d’un demi-million de logements anciens par an.”
M. Lecornu s’attaque surtout à des collèges en réseau prioritaire : Pablo Neruda (Évreux, REP+), Pierre Mendès-France (Val-de-Reil, REP), les Fougères qui s’est trouvé curieusement interpellé mais n’est plus concerné par la fermeture (Louviers, REP). Il n’y a que le collège Jacques Daviel à Barre-en-Ouche qui n’est pas REP mais connaît un taux très important de population défavorisée.
Une population défavorisée, cela signifie qu’il y a nombre de familles qui ne disposent pas d’auto, et où la proximité est importante, pour les élèves d’abord, qui s’y rendent à pied, qui rentrent chez eux manger plutôt que d’aller à la cantine. Mais aussi une proximité entre famille et enseignants. C’est un gage de suivi scolaire, et donc de plus grande réussite scolaire.
Nous, parents d’élèves élus, et enseignants, nous avons interpellé les élus de l’agglération Seine-Eure-Bord (la CASE) pour leur demander d’écouter nos arguments et de nous donner leurs positions. M. Lecornu et le Rectorat ont été en copie de nombreux mails pour plus de transparence.
Finalement, les élus à l’unanimité ont voté pour demander au Conseil départemental un moratoire de deux ans sur la décision de fermeture de PMF, pour tenir compte de l’augmentation de la population au sein de l’Agglomération, et des nouvelles orientations gouvernementales en matière d’éducation. [Nous parents avions demandé “de tout collège dans l’agglomération”, ils ont spécifié PMF, mais admettons : c’est lui qui était particulièrement visé.]
Les parents et enseignants ont applaudi cette motion unanime. Seul le FN n’a pas pris part au vote. Merci encore à tous les votants.
La réponse de M. Lecornu ne s’est pas fait attendre !

Parce que j’entends depuis des mois les arguments des uns et des autres et que je souhaite que cette décision de fermeture se fasse en transparence et dans un esprit de concorde, je suis prêt à étudier vos propositions de fermeture alternative d’un autre collège.
Sébastien Lecornu, maire officieux de Vernon selon actu.fr, vice-président d’agglo, président du Conseil départemental, directeur de campagne de l’actuel ministre de l’économie pendant la primaire, puis de Fillon, et puis il a été conseiller parlementaire, peut-être sera-t-il conseiller ministériel à l’économie, et peut-être en se rasant le matin ?…

Preuve que la fermeture de ce collège n’est dictée ni par des raisons sociales, encore moins pédagogiques, d’insertion, de vivre ensemble, mais uniquement par des raisons financières, le président du Conseil départemental demande aux élus locaux de désigner un collège à faire tomber par pure mesure d’économie budgétaire.
Reverra-t-on nos élus en tractations, ou s’écharper entre eux pour garder chacun son collège – ou bien sommes-nous prêts, tous ensemble, parents d’élèves, enseignants, élus de l’agglomération à faire corps pour le bien des élèves d’abord, mais aussi d’une population éduquée et formée qui sera capable de dynamiser le territoire, et pour le bien des familles ? Certes, parents d’élèves et familles n’ont pas d’autorité, et même parents d’élèves élus, nous ne sommes pas invités à participer aux discussions et aux décisions concernant l’avenir de l’éducation de nos enfants. Nous sommes juste électeurs et contribuables. On paie les autres, et on les élit. Mais nous sommes debout. Pas en marche, debout.
Conversation imaginaire entre une Petite Maman Française (qu’on appellera PMF), mère de petits élèves qui veulent trouver leur place dans la vie, et le Leader, dit aussi le lapidaire, ou la Lime éducative, le Loup de Collège Street (qu’on appellera L, pour faire court) :
PMF – Mais je ne suis pas un pailleron !
L – Ben c’est pareil, t’es un pauvre collège.
PMF – Non, je suis un collège pour les élèves du quartier, je ne suis pas regardant sur l’argent qu’ils ont.
L – En plus, l’argent c’est moi qui leur donne. Ils n’ont qu’à bosser.
PMF – Mais ils n’ont pas l’âge légal de travailler, ils ont tous moins de 15 ans !
L – Ça va changer avec la loi travail, les entreprises pourront déterminer à quel âge on bosse, combien de temps, et si on les paie. En attendant je paie les parents.
PMF – Les parents ont déjà bien du mal à trouver du travail et de l’argent, il faut bien former les enfants pour qu’ils en trouvent ?
L – Et bien, qu’ils aillent se faire former ailleurs !
PMF – Mais ici, c’est sur place, c’est là qu’ils vivent, qu’ils mangent, ils ont même le ciné à côté, le sport, le théâtre à quelques mètres, les concerts, l’école de musique, la culture.
L – Des cinés, y en a ailleurs, et le théâtre, ça nourrit pas sa famille. Sauf Christian Clavier, Depardieu me pardonne.
PMF – Mais ils habitent là, ils viennent à pied ou à vélo.
L – Ça leur fera les pieds. Ils n’ont qu’à s’acheter une auto, ça relancera l’économie. Comme ça, ils pourront aller bosser à Cléon.
PMF – Leurs parents voudraient bien. En plus c’est payé le SMIC, voire plus. Mieux que ce qu’ils ont en tous cas.
L – Ils n’avaient qu’à faire des études !
PMF – C’est ce qu’ils veulent pour leurs enfants en tous cas.
L – Y a plus de sous. Ouste. En marche, c’est bon pour la santé.
PMF – Oh, c’est pas la santé qui manque, le tout, c’est de pas y finir. Il manque bien quelques travaux de rénovation, des débouchés après le collège, des transports, des parents rassurés, des professeurs en confiance, des projets, pour grandir en toute sérénité…
L – Y a plus de sous, qu’on vous dit ! Si vous ne voulez pas fermer ce collège, désignez-moi un collège, et je lui coupe la tête !
PMF – Euh… Montaigne au Vaudreuil ?
L -…
PMF – Nan, je blaguais. Nan, non, lui coupez pas la tête, c’était juste une blague. Ah, il va le faire… Ahhhhh … Au secours!!!

liaison A28-A13 : 5 candidats aux législatives donnent leurs positions

Vendredi 26 mai 2017, vendredi de l’ascension en pleine canicule. On en parlera du climat, d’ailleurs, lorsque l’on parlera de l’intérêt général.
A28-A13 : préfère-t-on construire une autoroute qui nuit au climat, comme aux hommes et à la nature, ou bien veut-on sauver le climat, et les hommes avec ?
Erratum : suite à la lecture des programmes des candidats, j’ai corrigé les positions de R. Jacquet, qui se trouve Pour l’autoroute, et celui du FN, qui a compris l’opposition des habitants et se positionne contre.

Non à l’autoroute a invité tous ceux qui le voulaient à une soirée film + débat au cinéma de Val-de-Reuil, avec le film “l’intérêt général & moi” de Sophie Metrich et Julien Milanesi. Merci à Jean-Claude Bourbault et à l’équipe pour l’accueil chaleureux, comme à l’habitude.
Peu de monde était présent. Mais, considérant la une de la Dépêche (comment les remercier, sinon en étant à la hauteur de la tâche), 5 candidats aux législatives étaient présent-e-s.
Pour Europe-Écologie-les Verts, deux candidat-e-s : Laetitia SANCHEZ et Alexis FRAISSE, infatigables militants de l’intérêt général, et opposants à cette autoroute depuis le commencement.
Pour France Insoumise, le candidat PCF Arnaud LEVITRE s’est fait représenter par Pierre VANDEVOORDE du NPA.
Pour EN MARCHE, c’est Bruno QUESTEL qui donne sa position.
Pour le PS, c’est Richard JACQUET qui était présent.
Disons le tout net : il n’y a aucune alternative pour cette liaison A28-A13 : ni 2×1 voies, ni gratuit sur un tronçon. C’est le projet accepté par l’Enquête publique, et présenté à la concertation en 2014. le projet présenté est définitif.
C’est ce projet (dont les usagers, les habitants et les Eurois ne veulent pas), ou rien. Ainsi que le promoteur n’a cessé de le répéter. Soit on est pour, soit on est contre. La seule alternative, c’est Non à l’autoroute.
L’A28-A13, c’est le continument du contournement autoroutier du bassin parisien, à 100 km de Paris.
Nous avions fait le choix dans les années 2000 d’un contournement à 200 km en Normandie.
Les camions ne l’empruntent pas. Trop cher. Alors qu’ils l’ont réclamé.
Comme ils n’empruntent pas l’A150, entre Barentin et Rouen. Trop cher pour eux. Les routiers en ont demandé le boycott après en avoir réclamé la réalisation – jurant à l’époque qu’ils l’utiliseraient.
Pour nous, Non à l’autoroute, on nous propose la même chose : une autoroute pour cadres pressés et privilégiés, sans aucune obligation aux poids-lourds de l’emprunter. Merci Monsieur le Préfet !
Les routiers évitent les autoroutes, comme les automobilistes normaux, qui ne peuvent, et ne veulent pas payer 80 euros par mois pour avoir le droit d’aller travailler dans la métropole.
Pour moi, écologiste, cette autoroute sera payée au prix du sang de la biodiversité et de la terre qui nous nourrit.
Les habitants payent. Les usagers du quotidien payent. Les paysans payent. On paie sur le paysage, et on paie en péages. Et on paie en camions qui reviennent sur les petites routes pour ne pas payer le péage – normal, on ne les oblige pas ! – et traversent encore et plus encore les petites routes et les communes, avec les automobiles. Devant les écoles, les cafés, les églises. Pollution, danger routier, tout ce qu’on ne veut pas.

erc : éviter réduire compenser

L’intérêt général, la volonté du peuple comme certains la conçoivent. Dans ce cas, elle n’est pas là.
On évalue les risques et des destructions face aux apports, est-il là ?
Le projet est alors présenté au public au travers d’un débat public. Dans notre cas il n’y a pas eu de débat public, le promoteur considérant que le projet avait déjà passé l’étape du débat public 10 ans auparavant.
il y a donc eu concertation publique avec une écrasante opposition du public.
Mais l’avis du public n’est qu’informatif, les élus ont fait leurs choix, en opposition à la population, en faveur du promoteur.
Rappelons qu’en matière de destructions environnementales, la directive ERC s’applique dans l’ordre : ERC, Éviter-Réduire-Compenser.
  1. D’abord tout faire pour éviter ! C’est ce qu’a demandé le public : pas d’autoroute.
  2. Si on pense que les apports sont supérieurs, pas seulement les promoteurs, le promoteur et les actionnaires du BTP, on fait tout pour réduire au maximum les destructions de la nature et les pollutions, et la casse humaine et sociale.
  3. Enfin, si on ne peut pas réduire, on compense. Mais la nature ne peut être compensée dans ce cas. Il y a 516 ha de destructions de terres naturelles, et nous n’en n’avons plus. Les paysages cassés, il faudra casser à nouveau pour restaurer, et cela coûte. On ne le fait pas. Les nappes phréatiques et les captages sont fragiles et menacés par ce projet inutile (parti pris partagé), mais les nappes et les captages, on les ferme les uns après les autres. Faute aux pesticides d’abord, et aussi aux grands projets routiers qui polluent sols et et eau potable.
    On compense donc avec des sommes versées aux victimes, des regroupements de parcelles pour les agriculteurs, mais avec perte de terres globalement (si, si, réfléchissez), mais aussi des merlons anti-bruit et autres aménagements qui prouvent que cela va être un enfer pour les habitants.
    Et puis des subventions possibles pour des associations ou fondations qui repeignent le monde en vert. Le vert, c’est aussi la couleur du dollar.
Enfin, la rentabilité du projet, au moment où l’argent public est aussi d’intérêt général pour payer la sécurité, l’éducation, la médecine, les transports collectifs, la défense, la justice, et j’en passe : le promoteur a estimé que cette autoroute allait générer 1 milliard 507 millions €… en gains de temps !
Ce que bien sûr nous avons contesté, car les temps de transports présentés actuellement ne correspondent aucunement à ceux révélés par les études de terrain, comme aucun des outils qui donnent précisément les temps de transports aux heures demandées. On l’a montré là.
Les enquêteurs publics m’ont affirmé que si la rentabilité n’était pas au rendez-vous, c’est le concessionnaire qui paierait. Sauf à faire jouer la clause de déchéance au moment opportun, et les bénéfices sont engrangés par les entreprises du BTP, le concessionnaire qui préfère contracter un emprunt plutôt que les fonds propres, payer dès le début les dividendes aux actionnaires et laisser grossir la dette qui reviendra à l’État et les collectivités locales et territoriales.
Sauf que les collectivités n’auront pas encaissé la TVA au passage, elles seront les grosses perdantes.
La dette étant considérée comme charge financière, et que le rabot fiscal n’existe pas pour les PPP, elles échappent de plus à l’impôt.
L’impôt, c’est pour les citoyens et usagers.
Les positions des candidats aux législatives sur l’A28-A13, en vidéo :

Bruno Questel, la République en Marche, dans la Dépêche du 26 mai 2017Bruno Questel, la République en Marche

J’ai été étonné, le candidat LREM a coché toutes les bonnes cases, vertes et de gauche, allant jusqu’à défendre les positions défendues par les écologistes, en se positionnant pour le contournement Ouest de Rouen, tel que l’ont proposé les écologistes.
Chapeau l’artiste, malin Monsieur le candidat, peut-être futur député !
• Gratuité d’Incarville : Nous ne nous satisferons pas de promesses à la Destans, il nous faut des élus véritablement déterminés à combattre avec courage cette autoroute et soulager les Eurois qui prennent l’A13 pour aller travailler. Par contre attention à la concurrence déloyale de Tourville-la-Rivière pour les commerçants du centre-ville. On garde la promesse sous le coude, comme on a gardé celle de M. Destans en 2005. La voilà d’ailleurs :
Ça, c’était une promesse à la Destans, de celles qui n’engage que ceux qui veulent bien y croire.
Espérons que les propos de M. Questel ne soient pas du même acabit, car nous avons besoin de combattants de notre pays, de ses habitants, et aussi de sa nature et de ses paysages.
• Criquebeuf-sur-Seine : c’est la SANEF qui bloque tout aménagement qui permettrait de faciliter l’accès et amenuiser la dangerosité. Le budget nécessaire, 3,7 millions €, a été budgété 3 ans de suite par le département (sous-entendu grâce à lui). La SANEF a pu s’y opposer parce qu’elle possède le foncier autour de ce noeud autoroutier. Malheureusement, pas d’Alexandre le Grand dans nos élus pour tailler dans ce noeud Gordien lors des négociations avec les concessionnaires.
La dernière négociation s’est déroulée sous le ministère de M. Macron. Le jour où il y aura une catastrophe, SANEF sera responsable. Macron et son gouvernement n’auront pas su anticiper ce qui est, non du futur, mais du passé déjà ancien. J’imagine que M. Questel saura les en prévenir ?
• A28-A13 ! Outre le doute sur les questions du financement (mais un financement, ça se trouve quand on veut  on coupe un tuyau, on en ouvre un autre, on fait un peu de dette, on met un peu plus de privé…), M. Bruno Questel se positionne pour le scénario des écologistes sur le contournement Ouest de rouen (j’ai entendu Est, mais je pense qu’il a confondu à ce moment) passant par le pont Flaubert.
Eût-il dit séparation des flux de voitures et de camions (via le boulevard maritime) qu’il aurait checké 100 % des cases. Et bien sûr séparation des flux routiers et collectifs et mobilité active…
Rien à dire au niveau promesses. Reste que son parti est clairement dans la mouvance du continument de la privatisation et de l’autoroute à gogos.
Les partis qui le composent ont voté 100% pour l’autoroute à la Région.
Je veux bien croire les positions du candidat, mais nous ne l’avons guère entendu que ce soit au débat public de 2005, à la concertation publique de 2014, lors de l’Enquête publique, mais aussi au Conseil général lorsqu’il était administrateur à la SANEF. Il s’en explique : le CG ne l’aura pas laisser aborder la question, il a donc démissionné de son poste d’administrateur.
Que peut-il promettre ?

Arnaud Levitre, France insoumise, dans la Dépêche du 26 mai 2017Pierre Vandevoorde pour Arnaud Levitre, PCF France Insoumise

“Le moindre kilomètre d’autoroute est en trop aujourd’hui, alors que nous somme de plain pied dans la catastrophe climatique !”
C’est donc un gros non à l’A28-A13, mais c’est aussi la demande de la suppression du péage d’Incarville qui créée des bouchons qui est prioritaire pour Pierre Vandevoorde, et qui résoudrait tous les problèmes de circulation, notamment celui de Criquebeuf.
Pour nous écologistes, ce n’est même plus une question de priorité, il y a urgence à contrecarrer le projet de nouvelle autoroute A28-A13.
C’est ultra-méga-prioritaire, puisque la situation de d’Incarville-Pont de l’Arche–Criquebeuf est gelée depuis des années par le concessionnaire qui a toutes les billes en main, qui vit de la rente de cette autoroute largement amortie, et qui refuse toute concession aux usagers et aux habitants. Le concessionnaire, c’est lui, pas les autres.
Alors que l’on se doute que Sanef va “conquérir” le marché A28-A13 (l’A13, c’est Sanef, l’A28 c’est Sanef), quel intérêt aurait Sanef de céder là dessus et de prouver qu’il n’y a pas besoin d’A28-A13 ?
Par contre, il y a urgence à faire cesser le Grand Projet autoroutier Inutile, Imposé et ruineux pour le citoyen, Sanef et sa filiale SAPN auront un intérêt de moins à défendre le péage d’Incarville et d’interdire l’aménagement de Criquebeuf.
Et ils n’auront plus d’alternative soi-disant sécuritaire à proposer hormis l’aménagement, et la gratuité d’Incarville. C’est l’intérêt général.
C’est aussi le sens de la directive ERC : 1 éviter, 2 – réduire, 3 – compenser.
Aucune ambiguîté sur le “Non à l’autoroute” pour le candidat.
le groupe communiste a voté contre l’autoroute, et contre le financement de la Région de 122 millions €.

Arnaud Levitre, France insoumise, dans la Dépêche du 26 mai 2017Richard Jacquet pour le Parti socialiste : tout faux !

Richard Jacquet est POUR le contournement Est de Rouen (aujourd’hui appelé liaison A28-A13), mais  contre l’A28-A13 dans l’Eure. La pédagogie, c’est l’art de la répétition. Il n’y a pas de plan B : c’est l’A28-A13 tel qu’il a franchi les étapes, ou rien. Richard Jacquet est POUR l’autoroute. C’est écrit en toutes lettres dans son programme. Attention au message fallacieux envoyé aux électeurs, je suis pour là-bas, mais contre ici, c’est totalement hypocrite puisqu’il n’y a qu’un seul projet, non amendable !
• Selon Richard Jacquet, le projet d’autoroute peut avoir un intérêt pour désengorger Rouen du trafic autoroutier. Ce que nous, à Non à l’autoroute, et ce que les écologistes contestent. Au regard d’abord des rapports des services de l’État et des collectivités. (CEREMA, Ponts et Chaussées, CREA, Cour des comptes, Haute Autorité de la concurrence, etc, etc…)
• La liaison est déjà existante avec les circuits existants, il ne manque que le viaduc Les Authieux-Rond point des vaches.
[Sauf que le viaduc n’est pas prévu sans l’autoroute et le reste. Aujourd’hui, on descend très bien par la départementale des coteaux des Authieux vers Oissel. Il n’y a personne. Allez…: pas grand monde.]
• Utiliser l’agent économisé (Ben… 1 milliard !) permettrait d’investir sur l’a13.
[Je préfère le scénario d’Arnaud Levitre et de Pierre Vandevoorde, mais je recommande et je plébiscite surtout celui des écologistes. Nous avons 1 milliard ? Investissez le dans les transports collectifs et la mobilité active, la marche le vélo. Et le ferré. Ouvrez les yeux : l’engorgement de Rouen ce sont les Rouennais en auto. Et les camions. 50% des Rouennais font moins de 3 kilomètres en auto. A moins de 10 kilomètres je gagne du temps et du plaisir à vélo. Investissons dans des pistes et des transports collectifs confortables, rapides, pas cher. Et pas en réseau en étoile obligeant à passer par l’hyper-centre. Des transports et des lignes pour là où l’on va. Vous n’aurez plus de congestion, c’est assez simple à comprendre ?
Enfin, si Richard Jacquet oublie de citer le contournement Ouest de Rouen, via les aménagements des sorties du pont Flaubert et du Boulevard maritime, j’imagine qu’il en sera d’accord avec les propositions écologistes ? Oui ? Ah bah non : autoroute à péage.]
• Les barreau autoroutier Eurois ne profitera pas aux habitants, ils n’en veulent pas (constat partagé).
• La question de l’aménagement de Criquebeuf est à la marge, la question est celle de la gratuité d’Incarville.
[Assez d’accord là-dessus, mais on oublie que le bazar généré, c’est par la volonté de l’État de céder au lobby autoroutier, de fabriquer des autoroutes à riches, de ne pas obliger les camions à les emprunter, de ne pas faire la taxe poids lourds et de nous en faire payer quand même le prix, de cette “écotaxe”.
Le Préfet ne peut pas obliger les camions en transit à prendre l’autoroute ? État faible ou État lobbitimisé ? Voire complice.
Au prix de l’aménagement de Criquebeuf, l’État et les collectivités peuvent se le payer. Mais le foncier appartient à la SAPN…]
Pour les transports ferrés, le train, Richard Jacquet déclare forfait, il ne connait pas le sujet. Un sujet majeur pourtant : 10.000 personnes font le trajet en voiture quotidiennement. Ou en car, la classe ouvrière du transport.
La ligne Rouen-Évreux, cette arlésienne combattue par les élus et notables (lisez ce billet que j’ai écrit il y a près de 10 ans) locaux qui ne jurent que par le TGV, est suspendue à la réalisation d’une LNPN qui ne se fera heureusement jamais. C’est Inoui !
le groupe socialiste a voté pour l’autoroute, et pour le financement de la Région de 122 millions €, à l’exception de Marc-Antoine Jamet qui s’est courageusement abstenu.
Si vous voulez des combattants de la mobilité, contre le grand déménagement du territoire, contre cette autoroute en particulier, mais aussi contre les autres Grands Projets Inutiles Imposés (GPII), écoutez la vision futuriste des candidats écologistes de la 1ère et la 4ème circonscriptions. Limpide !
Mais avant, place aux absents, on dit qu’ils ont toujours tort. C’est vrai !
François-Xavier Priollaud, UDI, dans la Dépêche du 26 mai 2017François-Xavier Priollaud pour l’UDI. Tout faux.

Ben, on est dans les cas compliqués… Il sait très bien que le projet c’est le plan A, et qu’il n’y a pas de plan B.
Soit c’est l’autoroute, payante dans l’Eure et le projet rejeté unanimement par la population et les élus locaux, mais validé par l’enquête publique.
Soit c’est rien, on recommence à zéro, et c’est ce que ne veulent pas le promoteur et les lobbies du BTP. On en reprendrait pour des années, ce que ne souhaite pas la droite pompidoulienne. Ni la gauche mitterrandienne. Ni les ni-ni qui ont un intérêt dans le business autoroutier, au détriment des usagers et des contribuables.
Comme si de rien n’était, François-Xavier Priollaud reconnait l’utilité de l’autoroute. Le promoteur ne réclame rien de plus. Ce qui dépasse, c’est des mots diplomatiques, et pas juridiques.
Les bétonneurs veulent entendre “utilité publique”, le reste, ce sont des mots ambigus auxquels on veut bien croire. C’est oui, ou c’est non.
M. Priollaud accorde l’utilité, et viendra dire plus tard qu’il voulait négocier pour les Eurois. Promesse de gascon.
Gratuit pour les Eurois ? Mensonge.
Requalifié en 2×1 voie ? Même pas en rêve.
Garanties et compensations financières pour les Eurois ? Ce sont eux qui paieront le plus.
Partie euroise gratuite ? Stop, il suffit de mentir ! La seule solution serait de prendre l’impôt des Eurois pour verser une compensation. Il y a un contrat, si on le signe, il faut respecter les termes du contrat.
Si M. Priollaud et la droite, après avoir signé une motion à l’unanimité à l’agglomération contre l’autoroute et le principe autoroutier dans l’Eure tourne casaque, c’est une traîtrise envers les administrés qui ont cru aux paroles des élus, et à la valeur d’une motion votée à l’unanimité.
C’était juste des mots couchés sur le papier, malheureusement sans valeur. Les promesses n’engageant que ceux qui veulent bien y croire, il y aura désillusion et colère. Il n’y aura aucun pardon. Et pas mon vote, quoi qu’il arrive. Désolé, je l’aime bien humainement, mais nous sommes trop opposés sur ce sujet.
M. Priollaud, comme tout son groupe, a voté pour l’utilité de l’autoroute à la Région Normandie. Il est conseiller de la majorité régionale, accessoirement maire, et candidat à la députation. Le groupe, largement majoritaire, a voté à 100% pour l’autoroute. 122 millions de la Région de subvention. Y compris, bien sûr, le péage eurois, le 2×2 voies, les destructions de terres naturelles et agricoles, de paysages, et de l’eau et du climat.

doris-perreaux, FN, dans la Dépêche du 26 mai 2017FN et Doris Perreaux : pas si faux, pas si vrai.

Bon, là on est dans le grand écart, et on n’évite pas l’autoroute mais le débat.
D’abord favorables à l’autoroute, les voilà favorables au contournement de Rouen par l’Est, et non par l’Ouest (?), mais contre le barreau Eurois désormais.
Donc c’est non pour eux.
C’est la notion d’impôt pour le contribuable, et le prix du péage, qui sont les moteurs de leur “contestation”. Reste qu’on ne les a jamais vus dans le débat public (sauf internet) et concertations publiques.
Le message, c’est on vous matraque d’impôts, également cela n’arrangera pas le trafic dans le secteur (merci à notre travail opiniâtre), et, et, et…
“je suis pour un tarif préférentiel pour les habitants du secteur.” (Doris Perreaux) Cela n’empêchera pas les camions de continuer à échapper à l’autoroute en prenant la déviation de Pont-de-l’Arche.
Et le tarif préférentiel, ce sont les impôts locaux qui vont le financer. A un moment où le Département veut fermer des collèges pour raison financière.
A la Région, le groupe FN s’est abstenu : pour le contournement, mais contre le barreau Eurois. Dans un choix oui/non, c’est courageux de voter “peut-être”…
Contre l’autoroute, donc. Ils ont compris la colère des gens…
Un peu d’air : les écologistes il y a deux candidat-e-s :
Ce dont vous parler les candidats écologistes, ce n’est pas la belle vie des actionnaires, mais celle des habitants. Niveau de vie, qualité de vie, mobilité, et leur vision de l’intérêt général.

Alexis Fraisse, EELV, dans la Dépêche du 26 mai 2017Alexis Fraisse pour les Écologistes. Évident.

Ce que dit Alexis : “J’ai une très haute idée de l’intérêt général. La plupart du temps on a l’impression que ce sont des intérêts généraux, mais qui restent un peu particuliers.
Les aménagements autoroutiers, il n’y a même pas de question à se poser. L’intérêt le plus général, c’est quelque chose qui touche le monde entier, et qui nous touche personnellement, tous, un par un.
Le réchauffement climatique et la disparition des espèces naturelles et espaces agricoles qui nous nourrissent, on ne peut pas mettre ça en balance avec quelques minutes gagnées pour quelques privilégiés ou quelques milliards de profit.
La question ne devrait même pas se poser à l’heure actuelle. On pouvait se la poser il y a 50 ans, parce qu’on ne savait pas, parce que le réchauffement climatique, les gens ne connaissaient pas, n’y croyaient pas. La biodiversité, on s’en fichait. On s’aperçoit que les espèces sont fragiles. A force de tuer espèces animales et végétales, nous n’aurons plus de quoi manger.
Le contournement Est de Rouen, c’est quelque chose qui ne devrait plus avoir lieu de nos jours. On ne devrait même plus avoir à en parler.”
La mobilité actuelle est entièrement basée sur l’automobile et les énergies fossiles.
Nous avons un des réseaux routiers les plus denses du monde. L’argent qu’on peut investir dans le transport, il faut l’investir dans le ferroviaire, la mobilité active, le vélo, les transports collectifs. Ils sont l’alternative au contournement Est.
Le (petit) groupe EELV à la région Normandie a voté contre l’autoroute, et contre les 122 millions de subvention de la Région.Contre les destructions de terres naturelles et agricoles, de paysages, et de l’eau et du climat. Pour les gens.

Laetitia Sanchez, candidate aux législatives dans la 1ère circonscription. Crédit photo : Photo DR le FigaroLaetitia Sanchez pour les Écologistes et le climat.

Le climat, l’eau et la santé, c’est ce que Laetitia a défendu, alors que l’autoroute A28-A13 a été introduite dans le plan santé régional, au nom de la santé, de la lutte contre la pollution, et même de l’étalement urbain. Alors qu’on sait que les infrastructures autoroutières sont les 1ères pourvoyeuses d’étalement urbain, et donc de pollution par l’augmentation du trafic induit, et donc de morts prématurées supplémentaires (48 000 morts par an dues à la pollution). Et la saturation du trafic revient au galop après. Au lieu de régler les problèmes de congestion urbaine, les autoroutes les aggravent. C’est bien ce que Laetitia Sanchez expliquait à la Région Normandie où elle est chef de groupe EELV.
Elle nous parle aussi de ces personnes qu’elle a rencontré pendant ses porte-à-portes, et qui se sentent assignées à résidence parce que les petites gares ont fermé, et que ces personnes, âgées, ou pauvres, ou handicapées, ne disposent pas de voiture. Double peine.
Elles prennent les transports collectifs, mais lorsque les vacances scolaires arrivent, des lignes disparaissent. Ou bien ceux qui sont coincés en banlieue après 20 h, lorsque les transports en commun s’arrêtent. Le restaurant, c’est chez eux. Les concerts, le cinéma, c’est la télé.
On parle LNPN, l’attrait de la vitesse, la LGV mais qui devrait fonctionner en omnibus, car les élus locaux veulent leur desserte. Un ligne avec des gares éloignées des centres-villes, qui’il faut rallier en voiture, alors que les gares du centre sont accessibles à pied, à vélo, en bus ou en métro dans le cas des métropoles. Rouen-Evreux est une ligne arrêtée, mais pas déclassée.
Cette ligne serait un remède à la congestion urbaine, mais aussi au fret pour les céréales si on la rouvrait jusqu’à Orléans. Les internes de l’hôpital d’Évreux, par exemple, ne souhaitent pas y rester lorsqu’ils deviennent médecins, par manque de train notamment.
Rouen est le 1er port céréalier européen. Et la Beauce est le grenier à blé de la France. 86% du fret passe par la route, alors qu’il transitait auparavant sur les rails. “La France m’a tuer”, c’est le constat de la politique ferroviaire. Avec moins de pollution, sans risque pour le fret comme pour les usagers, et des villes qui respirent. C’est ce que font les allemands, où les camions ne représentent plus que 40%. La compétitivité, ils ont été la chercher dans le férroviaire et le fluvial. Idem à Rotterdam ou Anvers, quand nous avons choisi de laisser couler le fluvial, de faire dérailler le ferroviaire et de faire tousser nos villes.
On ne peut plus construire une autoroute, mais on doit s’occuper de la mobilité du futur.
Ferroviaire Fluvial camions tonnage (millions t) EVP (en millions)
Le Havre 5% 9% 86% 63,51 2,3
Rouen 5% 9% 86% 21,16 0,12
Dunkerque 4,99% 4,37% 90,62% 47,62 0,26
Rotterdam 11% 30% 59% 441,52 11,86
Anvers 8% 32% 60% 184,13 8,63
Hambourg 45,3% 13,6% 41,1% 130,93 8,86

Des grands projets inutiles, chez nous, on en a. L’A28-A13 est sans doute le plus marquant. Mal nommé “contournement Est de Rouen”, il est en fait la finitude du grand projet de contournement autoroutier du bassin parisien à 100 km de Paris. C’est le grand projet de la DATAR, qui s’y accroche, au détriment des territoires et de tous les aménagements qui ont été réalisés depuis les années 60 où il a été conçu.
Un projet technocratique, hyper profitable aux concessionnaires et géants du BTP, mais une catastrophe financière pour les habitants et les collectivités.
Doublée d’une catastrophe écologique et humaine.
Triplée pour les salariés et les usagers d’un quittance supplémentaire quotidienne pour pouvoir aller travailler, comme s’ils avaient besoin de ça, ou bien plus de difficultés et de détours pour s’y rendre qu’auparavant.
Et le climat dans tout ça direz-vous ?
Dans un monde où Trump peut être élu président d’un des États les plus pollueurs du monde, et riche, et qui peut envoyer promener les accords de Paris comme on se débarrasse de ses vieilles godasses (en les jetant dans la nature), faire l’autoroute n’est pas plus cynique. Pareil, on fait péter le climat, les enfants répareront nos délits ou délires environnementaux.
Ou pas.
Je dis bien les collectivités vont payer, et les habitants, et les usagers, et la nature et le climat.
Une question a été posée après la séance sur la clause de déchéance, l’article 40-2 des contrats de concession. Ce monsieur explique ce qu’il a compris : “Pour le concessionnaire, c’est pile je gagne, face tu perds. Pour l’État, c’est le contraire, c’est pile je perds, et face tu gagnes.” Il se posait la question de savoir s’il y avait la possibilité d’attaquer ce contrat de concession, rédigé entre Bercy et les concessionnaires et le BTP.
Malheureusement, on a vu le combat de Raymond Avrillier pour consulter ce contrat négocié entre M. Macron lorsqu’il était ministre de l’économie et les concessionnaires. Chaque citoyen en a le droit, mais dans les faits, M. Macron, notre actuel président, s’y est opposé. Citoyens, allez engorger vos files et vos campagnes.
La transparence est légale sur le sujet. Elle n’existe pas dans les faits parce qu’on ne parle pas d’intérêt général, ou parce qu’on dit que les intérêts de certains groupes privés sont d’intérêt général. Il y a eu concertation, c’est une immense majorité qui a dit non au projet fantasque d’A28-A13. Ce sont ces gens qui déterminent, après avoir écouté les arguments des uns et des autres, que ce n’était pas l’intérêt général. Ce sont eux qui vont le payer et mal le vivre.
Totalement sourds à la population, les élus de Seine-Maritime et de l’Eure, mais aussi le président de Région et les conseillers régionaux dans leur très grande majorité défendent ce projet pour l’intérêt régional. Et aussi de l’intérêt de l’Île-de-France, et aussi de l’intérêt européen, soyons fous.
Une délibération a été votée à la Région Normandie qui valide l’utilité régionale et permet d’affecter 122 millions d’euros pour cette autoroute. Les groupes écologiste et communiste ont voté contre. La droite et le PS ont voté pour à l’unanimité sauf une voix. Le FN s’est abstenu, car il est pour ce contournement mais affiche son refus du barreau eurois.
Courageusement, Marc-Antoine Jamet s’est abstenu : ni pour l’autoroute, ni contre son groupe.
En tous cas, l’intérêt Eurois n’est pas là, pas plus qu’il n’y a d’intérêt pour les plateaux Est. Destructions, bitume, pognon.
Mais cela dit, le vrai perdant n’est pas l’État. Ce sont les collectivité locales et territoriales. Et donc les habitants du crû.
L’État, lui, va récupérer la TVA sur la construction de l’autoroute, soit 20%.
L’État investit donc un peu plus de 25% de l’investissement, récupère 20%, il en reste 5%. Ces 5%, c’est la TVA sur les péages.
Sur 55 ans de concession, même à perte, cela finit par rapporter plus.
Pour les collectivités territoriales et locales – Région, départements, agglomérations et communes, c’est une tout autre chanson.
La clause de déchéance les obligera à endosser la dette en cas de faillite. Mais elles n’ont rien à en tirer, à part des investissement supplémentaires, pour l’accès à l’autoroute, une potentielle sortie à péage qui permettrait à la collectivité de faire construire une zone d’activité logistique ou commerciale, avec à terme de l’emploi relocalisé. Relocalisé d’où ? D’à côté, de quelques kilomètres tout au plus. Mais les autoroutes ne créent pas d’emplois. Au mieux, ils les déplacent.
Sans compter que les emplois créés le temps de la construction ne sont même pas locaux : le plus souvent, ils sont détachés pour nombre d’entre eux.
Le BTP et le concessionnaire annoncent que cela sera rentable.
Oui. Pour eux. Ils construisent, fabriquent les ponts, il y a plus d’un milliard de travaux. Les profits commencent là.
Après, ce sont les péages, et puis ceintures et bretelles, la clause de déchéance.
La clause de déchéance s’applique en plein pour les collectivités, celles-là mêmes qui n’ont rien gagné et au contraire subissent les conséquences de plus de transit, de pollution, de destructions de nature.
Pour Raymond Avrillier, la lutte contre la corruption est essentielle pour “éviter que les services publics soient gérés par certains élus comme des intérêts privés.”
Nous devrions nous-même nous y intéresser pour que nos impôts aillent bien là où l’on veut qu’ils aillent. Pas dans de juteux bénéfices de grandes compagnies, qui en plus ne payent pas, ou peu d’impôts, parce que l’investissement est payé par la dette (tout est emprunté), et qu’un amendement judicieusement passé comme une lettre à la Poste à l’Assemblée leur permet d’être exempté d’impôt en ce cas. Les PPP, les concessionnaires échappent au rabot fiscal. De la dette et des dividendes, et la rente à vie. La belle vie pour certains. La mort prématurée pour d’autres.

Citoyen Macron, notre résident de la République

Le gotha français était présent pour son intronisation – parfaite ! -, et certains en avaient la larme à l’œil. L’ancien président s’est effacé dans la dignité, une passation de pouvoir dans la plus grande politesse et le faste républicain, entouré de militaires. La démonstration de la puissance de l’État.
J’ai voté pour toi, citoyen président.
Quand l’extrême-droite a été boutée hors du palais de la République, j’ai soufflé. Longtemps. On le savait, mais pas tant que ça.
J’ai soufflé longuement, j’étais calme et serein, et puis… retour aux basiques. Nous avons 5 ans devant nous.
J’ai voté malgré la faiblesse, le riquiqui du programme écologiste d’EM. Seule chose, acter l’accord de Paris lors de la COP 21. C’est le point fondamental, la priorité des priorités pour la totalité des espèces de la planète, dont l’homme : limiter l’augmentation de la température globale sous les 2° C, seuil à partir duquel les scientifiques redoutent un emballement incontrôlable. Les USA ont pu dépenser 1 600 milliards $ pour les guerres d’Irak, d’Afghanistan, et de prévention contre le terrorisme, auxquels il faut ajouter la guerre contre l’EI, les guerres en cours, en Syrie, et ailleurs dans le monde.
Mais on n’arrive toujours pas à rassembler les 100 milliards $ d’aide des pays développés aux pays en développement.
Préparer la guerre pour obtenir la paix est un concept antédiluvien, dépassé, mais encore tant à la mode. Si on préparait un monde vivable pour envisager une paix possible ?
Candidat à la présidence, le citoyen EM, a pris des engagements, notamment sur les renouvelables.
Candidat convaincu des arguments de Jade Lingaard sur le prix de l’électricité nucléaire, notamment que les courbes de prix se sont croisées, le nucléaire coûte, et coûtera de plus en plus cher quand le prix du renouvelable baisse (lire sur mediapart).
Mais, parce qu’il y a un mais, le candidat ne veut pas dire qu’il va sortir du nucléaire pour ne pas mettre en danger le business d’EDF, et causer sa chute immédiate. La mort des ouvriers d’EDF dit-il.
Ben… non. Ils ne vont pas mourir. A Fukushima, à Tchernobyl, oui, les populations meurent, et les ouvriers meurent, et les pompiers meurent. Enfin n’oublions pas les 22 000 salariés précaires du nucléaire, ceux des entreprises sous-traitantes ou intérimaires, ces nomades qui vont de centrale en centrale, se coltinent les plus gros risques et sont les plus exposés aux radiations. Ceux-là n’ont pas la protection sociale des salariés d’EDF et sont mal payés. Les invisibles de l’énergie atomique.
Le nucléaire nous permet, selon le candidat, d’avoir une production totalement décarbonée. C’est faux bien sûr, dans la mesure où il faut construire (non, il ne faut plus !) ou réparer des centrales en fin de « vie », il faut aussi assurer l’exploitation et la transformation du minerai d’uranium, faire accessoirement la guerre pour protéger les mines, et il faut stocker les déchets nucléaires dans des piscines qui ne sont pas à l’abri des actes de guerre ou de terrorisme.
Puis que faire de ces déchets mortels ? On les laisse refroidir, avec les risques qu’on sait, on contamine fleuves et océans, puis on s’arrache les cheveux pour savoir où les enterrer à coups de milliards pour faire passer la pilule.
Le candidat nous a dit que personne ne connaissait le coût réel du nucléaire. C’est vrai. Mais on ne fait que constater des dépassements mirobolants, hallucinants, pour les EPR, mais aussi pour ce que l’on nomme grand carénage, un investissement extraordinaire pour colmater les vieilles centrales.
En plus, celles-ci ne seront démantelées qu’au 22ème siècle, faute de savoir le faire aujourd’hui. Autrement dit, ces déchets ultimes ne seront pas démantelés tout au long de ce siècle qui a commencé dans la furie et l’anxiété. Merci pour les générations futures.
Le candidat a toutefois promis de passer les appels d’offres pour le solaire et l’éolien terrestre dès le début de son mandat. De faire passer le nucléaire sous la barre des 50% d’ici 2025. Et d’investir dans l’éolien offshore et les installations marines, même si l’énergie produite coûte bien plus cher.
Le flou, c’est de ne pas savoir si ces éoliennes seront gérées par les particuliers et les collectivités, pour le plus grand profit des citoyens, ou par les grands groupes actuels de l’énergie, Engie, EDF, Areva, aujourd’hui à terre, pour leurs plus grands profits, au détriment des citoyens.
Mais bon pour le climat et la sécurité du pays.
En matière de pesticides, le candidat promettait d’être sourd aux lobbies, et d’écouter la parole des scientifiques, et aussi la participation citoyenne. Ce n’est pas la vision qu’on en a eu lors de la cérémonie d’intronisation, mais nous verrons avec le temps. Les corps intermédiaires, les syndicats auront bien du mal à trouver leur place, malmenés qu’ils seront.
Pour les pesticides, nous jugerons aux actes, qui doivent être pris aussi dès le début du mandat, tant que le gouvernement sera fort et qu’il y aura envie de la majorité des gens pour faire réussir le pays, qu’il y a encore confiance, et sachant que les jours heureux du pouvoir s’assombrissent très vite.
Hollande l’a dit en partant, « je laisse le pays en meilleur état que je ne l’ai trouvé ». C’est vrai pour l’économie, la finance, les banques.
Le CAC 60, ce CAC40 élargi, est passé de moins de 6000 points en 2012 à près de 14 000 points en 2017.
Les salariés mal payés, les chômeurs, les ubers, les SDF, le prolétariat va mal. Heureusement qu’ils ont encore les restos du coeur, Emmaüs, la soupe populaire en quelque sorte.
Le petit commerce ne va pas bien, il souffre à la fois que la concurrence d’internet, mais toujours d’un déport du commerce vers des zones commerciales à l’écart des villes, accessibles uniquement par auto, nos villes en souffrent. Sauf peut-être encore les très grandes villes.
D’ailleurs, au sujet de l’auto, on ne peut que regretter le soutien du candidat à la motorisation diesel à l’horizon 2025. Certes on supporte notre industrie nationale, mais on la laisse se tourner vers l’industrie du passé. Il s’agit là encore, comme pour le nucléaire, d’éviter des pertes boursières ou des faillites, mais ce n’est sans doute pas ce qui permettra de conquérir les marchés étrangers, qui veulent limiter la pollution, et favoriser leurs industries locales.
Le domaine des transports et de la mobilité est l’un des gros points faibles de l’ancien ministre, qui a négocié avec les concessionnaires autoroutiers des contrats qui vont à l’encontre de l’intérêt général. Elles vont empocher de juteux bénéfices et une rente allongée contre un simple gel des péages en 2015.
Il faut dire que la hausse des péages, 15% à 30% en dix ans pour des autoroutes dont beaucoup sont amorties, est une pilule dure à avaler quand les salaires sont gelés ou baissés.
Nous verrons comment les lobbies ne seront pas à l’œuvre à l’Élysée, lorsqu’il faudra faire des choix entre la volonté des habitants et celle des grands groupes du BTP et des concessionnaires, les Vinci, Sanef, Bouygues, Pierre & Vacances et consorts.
Nous verrons aussi comment les lobbies ne seront pas écoutés lorsqu’il faut faire des choix entre une agriculture paysanne, bio, locale et l’agriculture intensive, hors-sol, irrespectueuse de la condition animale. Sans parler de la quantité de plus en plus importante du territoire cultivé qui ne sert qu’à la production de bio-carburant, plutôt que la nourriture. Qui sera écouté ? Les consommateurs, la Confédération paysanne ou la FNSEA ?
Il faudra se battre, et la meilleure méthode sera pour les consommateurs de choisir leur source d’alimentation. Mais il faut constater l’augmentation de la malbouffe. C’est un choix. Pas tant pour une question de prix. Il y a peu de différence en fait, c’est plutôt une question marketing. Des produits tout faits, sous vide, prêts à passer au micro-ondes. Ça coûte un bras au kilo, mais pas besoin d’éplucher, la sauce est livrée avec.
Pour le reste, c’est business, business. Ok les affaires vont mieux, iront mieux encore. Mais il faudrait que tout le monde y trouve son compte. Les gens ont voté pour ne pas avoir Le Pen, mais aussi pour un contrat gagnant-gagnant. La démocratie, ça semble solide, mais elle a été à un cheveu de tomber par la voie des urnes.
Alors, ok pour la 6ème République, même vue par Edouard Philippe. Elle sera discutée, et tous les intellectuels entreront dans le débat. C’est sûrement une de nos dernières chances pour notre démocratie.
Mais créer un grand centre droit libéral, et « couper les deux bords de l’omelette », comme le dit Alain Juppé, frapper les classes sociales les plus défavorisées, les ouvriers les moins qualifiés, et n’enrichir que les classes sociales favorisées et les riches, c’est reproduire encore et encore les mêmes causes qui causeront les mêmes conséquences.
La prochaine fois, le vote utile ne marchera sans doute plus.
Oui, la robotisation rend son avantage compétitif aux pays riches. La concurrence des pays émergents sera moins féroce. Mais combien de temps, avec quelles ressources fossiles qui disparaissent, sont mal recyclées, même pas recyclables pour la plupart, des ressources énergétiques fossiles.
Oui cette robotisation permettra de ramener de la production locale, mais en laissant de côté ceux qui n’ont pas la formation. Y en a plein.
Quel est le prix social ? Pacte républicain, où te caches-tu ?
Cette nouvelle droite centriste libérale élargie peut-elle conduire une politique pour tous, ou seulement pour une majorité parmi ceux qui s’expriment ; avec son lot de rage et de bordel dans la rue demain ?
Je suis pour la culture du compromis et du consensus, mais basée sur l’intelligence et la sollicitude. Basée sur des arguments et la compréhension. Basée sur le débat public et l’intérêt général, qui respecte les uns et les autres, et la nature. Et les générations futures. Et des modes de vie sobres, ce qui va à l’encontre de ce que font la plupart de nos élus, qui aiment tant le pouvoir, et tant l’argent.
Oui à une Europe de pouvoir, parce que nous avons un monde à construire, des arbitrages à régler, internationalement, et ce ne sera pas facile. Sur la paix. Sur le climat, et j’en suis d’accord avec Macron : en s’appuyant sur la Chine et l’Europe. Poutine et Trump ne seront pas les chefs de file contre le dérèglement climatique, bien au contraire.
Je souhaite la réussite pour le gouvernement qui se met en place, pour nos concitoyens.
Pas sans le contrat social qui nous a toujours unis. Pas sans la nature au sein de laquelle nous vivons. Pas avec un climat qui conduit vers le cataclysme. Pas sans la fierté d’être humains.
L’époque du fric en politique, des places, des maroquins, des médailles et surtout du business n’est pas finie.
Mais vient celle de la responsabilité et du courage d’affronter nos démons et les grosses, grosses épreuves à venir : donner un toit et de quoi vivre à chacun, du lien entre les gens, du boulot, un avenir possible pour tous.
Evidemment, je vais voter écolo à ces élections législatives qui arrivent. Il n’y a plus de vote utile à ce premier tour.
On vote business ou on vote écolo, extrême-droite, ou gauche ou écolo (je sais je me répète, mais j’y tiens, c’est aussi le vote de mes enfants qui n’en n’ont pas le droit).
Puis on votera utile, s’il le faut, au second tour, pour contrer cette extrême-droite justement.
Le vote business sera largement majoritaire. De la droite centriste libérale à la gauche libérale.Vivement la proportionnelle et la fin du présidentialisme.
Il faudra des députés écolos pour apporter notre pierre au débat. On voit comment le fait de se retrancher inutilement de la candidature fait fondre le débat. “Oups, ils ne sont plus là, on cause d’autre chose…” Et de gauche. Et d’extrême-droite si l’on veut respecter la démocratie. Mais ceux-là, moins il y en aura, plus je serai heureux.
Pour compenser des votes majoritaires de droite centriste libérale anti-écolo. Pour interpeller un gouvernement qui, comme d’habitude, saura ignorer les évidences avec des mots qui sonnent républicains. Des mots pour caresser, des actes avec intérêts. On gagne tous ensemble, ou on se perd tous ensemble.
Ça veut dire avec les apports de tous, de chacun, de toute l’intelligence disponible dont on a tant besoin, et des ressources à économiser. On sera peut-être présents, nous, écolos. Ou absents, ce qui serait dommage, pour leur rappeler les vérités et les priorités. Ou pas. Et je ne compte pas sur les Placé, Pompili, Cosse ou De Rugy !.. Sur des écolos qui seront le relais entre le terrain et l’Assemblée, pas des carriéristes pour rester poli.
Bonne chance au gouvernement, mais nous veillerons au grain quoi qu’il en arrive. C’est ce qu’il y a de bon dans la démocratie.

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