EPR

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De la révolution écologique, à l’évolution des consciences, à l’écologie politique, ou comment sortir du nucléaire ?

L’écologie, à 40 ans, enfin la majorité ?
« Un printemps de cerisiers en pleurs ». A la façon d’un haïku japonais, l’image de mon ami Louis-Marie résume ces révolutions qui marquent l’actualité. Il y a l’espoir dans les révolutions démocratiques arabes. Et dans le même temps la dévastation s’abattait sur le Japon.
Nous avons tous vu ces images terribles du tsunami qui a tout emporté, hommes, animaux, arbres, autos, baâteaux et bâtiments. Nous avons vu la terre bouger, et toutes nos pensées se sont tournées vers nos amis japonais. Et puis il y a eu Fukushima. A la désolation et la dévastation, s’est ajouté cette sinistre catastrophe. Et tous les yeux du monde se sont tournés vers Fukushima.
Il y a avant Fukushima. Et il y a un après Fukushima.
Depuis 40 ans, des écologistes combattent le nucléaire. La sortie du nucléaire civil a été décidée dès 1978 en Autriche qui, dans sa constitution, interdit l’utilisation de l’énergie nucléaire. 25 ans après Tchernobyl, la crise nucléaire de Fukushima amène plusieurs pays de la communauté internationale à remettre en question leur politique nucléaire. Le 23 mars dernier, Angela Merkel, la chancelière allemande a déclaré : la crise nucléaire au Japon « est un événement qui bouleverse le monde et va le changer. Et c’est pourquoi je pense qu’il est juste d’observer une pause de réflexion. » Sa conclusion : « Plus tôt on sortira de l’énergie nucléaire, mieux ce sera. »
En France, c’est l’omerta qui règne sur le nucléaire depuis 40 ans. Les citoyens ont toujours été écartés du débat, simple consommateurs d’une électricité qui, de toutes façons, augmente, augmentera, et l’entrepreneur français, comme son principal actionnaire, l’Etat, fera tout pour mettre le prix du courant de monsieur toulemonde au prix du marché européen. Le risque en plus, et la facture, salée, qui nous sera adressée lorsque nous démantèlerons les centrales en plus. Ou pire, l’accident contre lequel nous ne sommes pas, ou si peu, assuré.
Si l’augmentation demandée par EDF, entre 7% et 11% des tarifs réglementés, n’a pas eu lieu, il y a fort à parier que celle-ci reviendra sur le tapis après certaine élection.
La France présente la particularité de présenter une rente nucléaire : l’essentiel du parc nucléaire, financé par l’effort collectif de tous les français, est désormais amorti.
La loi NOME programme la disparition des tarifs vert et jaune pour les entreprises. Les professionnels dont le compteur présente une puissance souscrite supérieure à 36 kVA devront aller s’alimenter sur le marché.
Comment être compétitif par rapport à une filière électronucléaire ? EDF sera contraint de céder 25% de sa production d’énergie, soit soit 100 TWh, à ses concurrents privés (GDF Suez, Poweo, Direct Energie, Alpiq, Altergaz, Enel, E.ON, Gaz de Paris, Vattenfall). Ces derniers espèrent pouvoir récupérer près du tiers de ménages dans leurs portefeuilles. Ils estiment que la fixation du prix auquel sera vendu le nucléaire historique est « un débat politique qui ne doit pas provoquer un rejet de la loi NOME dans son ensemble. »
Les opérateurs privés vont donc récupérer à moindre coût 25% de l’électricité produite par l’électricien français, sans l’obligation de procéder au provisionnement des démantèlements à venir, ou des investissements qui garantiront la meilleure qualité de service possible, avec une sécurité maximum.
Un amendement qui vise la production d’énergie alternative, éolienne et photovoltaïque, a été adopté grâce au sénateur Poniatowski : les frais de branchement des nouveaux producteurs d’électricité se feront à leur frais, et non plus à ceux d’ERDF. Les énergies renouvelables coûteront donc plus cher !
L’énergie, et l’énergie électrique en France, est considérée comme un produit comme un autre, soumis à la concurrence et aux lois du marché. Ce n’est pas l’intérêt général qui guide la filière, mais l’offre et la demande. Dans cette perspective, il n’est pas rentable d’organiser l’abondance, qui fait baisser les prix. Nous ouvrons le marché à la concurrence, et c’est cette ouverture à la concurrence qui va nous conduire mécaniquement à une hausse des prix !
Certains n’hésitent pas à parler de hold-up, en obligeant EDF à revendre 25% de son électricité à des intermédiaires qui la paieront au prix du nucléaire, et qui la revendront à des clients qui la paieront au prix du charbon, cette fois. Alors que ce sont eux-mêmes qui en ont réalisé l’investissement.
Dormez braves gens, on s’occupe de tout ! Denis Baupin, adjoint écologiste au maire de Paris, dénonce « l’aveuglement scientiste » des politiques à l’égard du nucléaire.
Claude Allègre en est la parfaite illustration. On connaissait ses positions sur le réchauffement climatique, réfutées par un rapport de l’Académie des Sciences en octobre 2010.
C’est lui encore qui, le 17 mars dernier, déclarait sur RTL : « il n’y a pas pour l’instant au Japon de catastrophe nucléaire. », qualifiant « d’indécent » le débat ouvert en France sur le maintien ou non du nucléaire. Il précisait : « sans donner de leçon à qui que ce soit, nos centrales françaises sont beaucoup plus évoluées que les centrales japonaises ». « Aucun pays n’a autant de compétence que la France en matière de nucléaire. » Depuis son passage en radio où il annonçait qu’il n’y avait pas de catastrophe nucléaire, l’évaluation de la gravité de la catastrophe est passé au niveau 7, soit celui de Tchernobyl.
Et à la question de Jean-Michel Apathie : « est-ce que les intérêts économiques n’ont pas primé dans les implantations des centrales sur les nécessité de sécurité ? », on note la réponse de M. Allègre : « Les nécessités économiques et même plus les nécessités militaires priment toujours sur tout le reste. C’est une constatation. »
Dans un tout autre registre, Alain de Halleux nous interpelle en parlant de son excellent, et terrifiant, documentaire qui nous plonge au cœur d’une industrie électronucléaire qui rend l’information confuse, minimise les risques, mais se gargarise de sa maîtrise technologie. Et nous assure que le risque est calculé, et accepté. Nous en somme tous responsables, car en acceptant le risque, nous devrons aller nous-mêmes liquider nos centrales lorsqu’un accident majeur se produira.
Ce reportage, RAS Nucléaire, rien à signaler est disponible dans son intégralité sur Arte.
Claude Allègre invité le 17 avril à l’émission c/politique, sur France 5 :
Claude Allègre se dit aujourd’hui écologiste, mais un « vrai écologiste », pas celui du retour aux cavernes, celui de sa fondation « écologie d’avenir ». Militant de la voiture électrique, d’un mix écologique incluant le charbon de la capture du CO2, et surtout l’humanité fonctionnera à l’hydrogène dans 20 à 30 ans. L’ancien ministre socialiste s’est encore montré un très docte professeur lors de l’émission c/politique sur France 5, dimanche soir, pour nous expliquer que nous somme peureux en Europe, par ignorance. Alors qu’on n’est pas peureux en Chine. Pour lui, « il faut arrêter de fantasmer sur cette chose-là ». Fukushima n’est pas une catastrophe, c’est au plus un accident grave. Les rejets en mer ? peccadille ! Les accidents de Saint-Laurent des Eaux (en 1969 et en 1980), avec une fusion partielle du cœur du réacteur, et à Blaye en 1999. Dues à des erreurs humaines ? Comme l’erreur de ne pas avoir su prévoir une inondation qui dépasserait la digue ?..)
« Non je ne crois pas » [qu'il y aura un accident nucléaire en France], assure Allègre. Et d’abord parce que c’est public, et non privé. Donc sous le contrôle de l’Etat.
Et bien pas pour longtemps, car Areva souhaite se coter en bourse, dès juin 2011. L’Etat ne sera plus alors le décideur, mais restera la garantie en cas de problème. Pour mediapart, il ne s’agirait que d’un portage déguisé. Enfin EDF est privatisé, et la loi NOME va l’obliger à revendre 25% de sa production au privé.
Allègre se montre donc défenseur du nucléaire, et aussi de l’exploitation du gaz de schiste. Sous conditions bien sûr… « Je ne trouve pas bien de courir derrière les écologistes », affirme-t-il. « Le socialisme ne peut renier sa croyance dans le progrès, progrès scientifique, et progrès humain qui va avec ». « Le centre c’est l’homme, ce ne peut pas être la planète », ajoute-t-il. « Toute déviance par rapport à ça, ce n’est pas socialiste ».
La réponse du lobby nucléaire s’appuie… [lire la suite]

Augmentation de 3% du prix de l’électricité en France. On accuse le photovoltaïque d’avoir la rage…

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Depuis le début de la semaine, l’augmentation de 3% du prix de l’électricité en France – sauf pour les industriels bénéficiant d’un plafonnement de la contribution au service public de l’électricité (CSPE) - est commentée dans les médias officiels comme la contrepartie du développement de l’énergie solaire.
A la mi-août les tarifs avaient déjà augmenté de 3,4%. Pour cette seconde augmentation en moins de 6 mois, l’alibi est trouvé : c’est l’énergie renouvelable qui est pointée du doigt.
Alors que les malheurs qui fondent sur l’EPR ne sont pas mis en cause par ces médias.
Retour sur une séquence qui plombe l’électricien français et la filière nucléaire à l’exportation…
Depuis le début de la semaine, on justifie l’augmentation de 3% du prix du KwH consommé par le soutien à la production de l’électricité photovoltaïque.
Avant de faire porter le chapeau ce mode de production, il serait bon de faire un tour dans les comptes de la société EDF.
En France, le chiffre d’affaires d’EDF en France s’élève à 18,9 milliards d’euros au premier trimestre 2010, en croissance de 3,2% par rapport au 1er semestre 2009.
Le chiffre d’affaires réalisé hors de France s’élève à 18,6 milliards d’€ au premier trimestre 2010, en croissance de 12,7%, et de 0,9% en organique. Il représente 49,6% du chiffre d’affaires du Groupe, contre 47,4% au 1er semestre 2009.
l’EBIT (*) du Groupe s’élève à 5,3 milliards d’euros, soit une baisse de 22%.
Cette baisse est due pour l’essentiel à la prise en compte d’une provision pour risques de 1,1 milliard d’€ liée aux activités du Groupe aux Etats-Unis. En effet, de nouveaux éléments ou perspectives ont été pris en compte au 30 juin 2010 : la prise de risque se confirme avec l’annonce faite par Constellation Energy – le partenaire américain d’EDF – ce dimanche 11 octobre : le groupe se retire du projet CC3, une centrale EPR de 1.600 MW dans l’Etat du Maryland.
Le groupe américain souhaitait de plus exercer l’option de vente de 2 milliards de $ d’actifs conventionnels à EDF. Cette option avait été conclue entre les 2 parties en 2008 dans le but de consolider le partenaire américain en cas de nouvelle crise des liquidités. L’option consistant à recourir à un partenaire américain est une obligation légale, afin de réaliser ce projet CC3 au sein d’un groupe : la loi américaine empêche une société étrangère d’opérer seule une centrale nucléaire.
Au terme d’habiles négociations de la part d’EDF, la rupture ne lui coûtera « que » 250 millions de $. Et EDF ne passera pas de provisions complémentaires à celles de 1,1 milliard d’€ passées l’an dernier.
Pour plus d’information lire :

Sur challenge

sur le site des Echos
Alors souvenez-vous bien du chiffre de 1.1 milliard d’€.
Prenons maintenant la consommation intérieure électrique annuelle, soit 486 Twh (486 milliards de KwH).
Le coût moyen de l’achat du KwH est de 0.11€ soit une rentrée financière annuelle de 53 milliards d’€. Minorons par le prix des heures creuses soit 50 milliards d’€.
Une augmentation de 3% correspond donc à un gain de 1.5 milliard d’€ (souvenez –vous du chiffre précédent). Alors maintenant quel lien avec le photovoltaïque ? D’après le grenelle de l’environnement, il faudra 1% de la part de production photovoltaïque en 2020 – soit à consommation constante 4.8 milliard de KwH .
Donc au tarif de rachat constant de 0.60 d’euro (quelle que soit l’installation et là il y a des questions à se poser…), on trouvera 2.8 milliard d’€ pour l’année 2020.
En 2010, on peut se dire que l’on part pour 2011, sur un objectif de 50% de la production finale soit un coût d’achat pour EDF de 1.4 milliard d’€ (**). Et voilà le tour est joué : les spécialistes de la com’ devront dire « il faut 1.5 milliard d’€ pour le photovoltaïque ! » à la place de « il faut 1.5 milliard d’euro pour les prises de risques sur le nucléaire aux Etats-Unis ! » .
Les prises de risques pour l’exportation de la filière nucléaire à l’étranger et le sous-investissement chronique dans les réseaux – qui provoque une hausse du coût du transport et de la distribution – ne sont pas mis en cause : le gouvernement préfère accuser le renouvelable. Ce n’est plus un chapeau que portent l’écologie et le photovoltaïque, c’est un sombrero !
Ce qui m’irrite le plus c’est que l’actionnaire principal d’EDF est l’état à 84.5% . Il me semble qu’aucun service n’a jugé bon de se poser cette question. A moins que la doctrine sarkosienne du moment « l’écologie ça suffit » soit devenue la ligne de conduite officielle .


* Le résultat opérationnel (ou EBIT) est quasi équivalent au résultat d’exploitation dans le système comptable français. C’est le solde entre les produits d’exploitation, et les charges : coûts des ventes, frais administratifs et commerciaux… Ce résultat est donc mesuré avant éléments financiers, charges exceptionnelles et impôt sur les bénéfices. Il ne prend en compte que des charges, des consommations externes, des achats, ou les frais de personnel).
** En réalité, le solaire en France ne représente que 880 MW/h, soit 0.01% de la production électrique française.


Le 20 juin 2010 à Dieppe : dites NON à l’EPR !

Le 20 juin 2010 à Dieppe : dites NON à l'EPR !
Le collectif « STOP-EPR, ni à Penly, ni ailleurs » organise le 20 juin une immense déambulation dans Dieppe.
Malgré les Grenelle 1 et 2 qui ignorent sarkosystement le nucléaire, nous voudrions tellement que ce rassemblement soit réussi : alors nous avons besoin de vous tous, particuliers et organisations pour rappeler notre opposition à la construction de ce maudit réacteur nucléaire.
La journée commencera par un pique-nique « à la fortune du pot » sur la pelouse du front de mer, de 12h à 14h – Et ensuite, libre court à votre imagination pendant la déambulation qui serpentera dans la ville, sur le front de mer : apporter crécelles, boîtes de conserve « musicales », tambourins, chapeaux, costumes (t-shirts, combinaisons, déguisements…), banderoles, panneaux « publicitaires », slogans…
Nous souhaitons une manifestation joyeuse et spontanée (toujours non violente), proche des citoyens : prises de paroles, distribution de tracts et surtout explications fournies aux spectateurs !
Alors, nos comptons sur vous, seul, en famille, en bandes d’amis, avec vos chiens …
Contacts :
Collectif « STOP-EPR, ni à Penly ni ailleurs »
penly@stop-epr.fr
tél. : 06 70 39 97 45

Révélations d’une source interne à EDF : l’EPR risque l’accident nucléaire !

l'EPR risque l'accident nucléaire !

Le Réseau « Sortir du nucléaire » révèle des documents confidentiels, divulgués par une source anonyme interne à EDF. Ces documents démontrent que la conception de l’EPR implique un sérieux risque d’accident majeur – risque pris en conscience par EDF pour des raisons de calcul économique. Potentiellement sujet à un emballement dont les conséquences seraient incontrôlables, l’EPR s’avère donc extrêmement dangereux.

Le Réseau « Sortir du nucléaire » a constitué un groupe d’experts pour analyser de façon approfondie ces documents. Voici les premiers enseignements que l’on peut en tirer.

Certains modes de pilotage du réacteur EPR peuvent provoquer l’explosion du réacteur à cause d’un accident d’éjection de grappes (qui permettent de modérer, d’étouffer la réaction nucléaire). Ces modes de pilotage sont essentiellement liés à un objectif de rentabilité économique, qui implique que la puissance du réacteur puisse être adaptée à la demande électrique. Ainsi, dans le but de trouver une hypothétique justification économique à l’EPR, ses concepteurs ont fait le choix de prendre le risque très réel d’un accident nucléaire. De plus, l’essentiel des arguments en faveur de l’EPR (puissance, rendement, diminution des déchets, sûreté accrue) s’avèrent faux.

EDF et Areva ont tenté de modifier le pilotage du réacteur : ces efforts n’ont pas abouti à des parades éliminant cette classe d’accidents. L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a semble-t-il été tenue à l’écart de ces questions.

Il semble donc bien que la conception de l’EPR accroisse le risque d’un accident de type Tchernobyl, qui entraînerait la destruction de l’enceinte de confinement et la dispersion massive de radionucléides dans l’atmosphère.

Les 8 et 9 mars, Paris accueille une conférence internationale pour inviter 65 pays à se doter de la technologie nucléaire. Cette conférence sera ouverte par Nicolas Sarkozy et animée par le Directeur Général de l’AIEA. Il est scandaleux que la France continue ainsi à faire la promotion du nucléaire en général, et de l’EPR en particulier, alors même que la dangerosité de ce réacteur est aujourd’hui démontrée. Il faut donc abandonner immédiatement la construction de l’EPR en Finlande, en France et en Chine, et annuler impérativement le projet prévu à Penly. Le meilleur moyen d’éviter l’accident nucléaire reste la sortie du nucléaire.

Pour plus de détails, consultez les documents confidentiels révélés par le Réseau « Sortir du nucléaire », divulgués par une source anonyme interne à EDF, téléchargeables sur le site : www.sortirdunucleaire.org

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