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PMF, Pablo Neruda : Silence, on ferme !

Pour le Conseil départemental et M. Lecornu, c’est plié : il faut fermer deux collèges à Évreux et Val de Reuil, en échange d’un nouveau collège construit au Neubourg.
Ce sont les seules considérations budgétaires qui sont la cause de ces coupes sèches dans le budget des collèges, mais aussi dans le budget de l’Éducation nationale : les moyens supplémentaires accordés grâce au Réseau d'Éducation Prioritaire vont disparaître dans les écoles du fait de la fermeture des collèges REP. Ceux collèges sont des collèges REP+ et REP (Réseau, dans des quartiers les plus pauvres du département, qui font ou ont fait l’objet d’une politique prioritaire de la ville). Les quartiers de Netreville à Évreux, tout comme Val de Reuil - germe de ville, sont les deux seuls quartiers de l’Eure retenus pour le NPNRU (Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain).
Un nouveau programme national de renouvellement urbain pour Val de Reuil.
Celui de Val de Reuil permettrait de s’appuyer sur un financement de 50 millions pour réhabiliter les quartiers autour du collège PMF. Les deux premiers plans ANRU ont permis à la population de s’approprier leur ville, leur quartier, considérés jusqu’à lors comme une cité-dortoir. Val de Reuil est devenue un lieu de vie, un « chez-soi », et non plus une ville-dortoir. Les travaux continuent, pour plus d’intégration sociale, et plus de mixité et de diversification sociale. Dans ce troisième programme de renouvellement urbain, ce sont les quartiers proches de PMF, Climuche et Coulis, qui vont être réhabilités. Mais ce sont 1000 logements neufs privés qui sont attendus. Les premiers sortent de terre face à PMF qui devient le lien entre ces quartiers historiques, qui devraient être réhabilités, et les nouveaux quartiers qui pourraient permettre à ceux qui travaillent sur la zone d’activité de Val de Reuil de se loger, en profitant d’une ville rajeunie, de tous les services, dont la gare qui permet de se rendre facilement à Paris ou à la métropole.
Tout cela est au conditionnel, car on comprend bien que parmi les services pour les familles qui voudraient s’installer, l’éducation est une priorité pour les enfants. C’est le cas aujourd’hui avec un collège qui est le pignon de ces quartiers, et qui permet même aux écoles d’accorder des moyens supplémentaires qui facilitent la réussite scolaire.
Va-t-on fiche en l’air ce programme prioritaire ? Le risque est de rater ce nouveau programme de renouvellement urbain, faute de possibilité pour les nouveaux arrivants de rentrer dans un système scolaire à la hauteur des enjeux locaux, mais aussi nationaux : Le ministre M. Blanquer prône des nouveaux moyens, notamment pour les CP en REP (12 élèves maximum par classe), mais à quoi bon si dans le même temps on sort les écoles qui en ont besoin du statut REP ? C’est une priorité nationale de lutter contre le décrochage scolaire - 150 000 décrocheurs sortent chaque année du système scolaire sans diplôme - et pourtant on retire moyens et éducation de proximité, ce qui favorisera le décrochage dans une zone où il existe des emplois, mais des emplois qualifiés. Au final, on pourrait sentir une volonté de vraiment ghettoïser ces quartiers. Alors qu’à la Madeleine, il y a un bassin d’emplois, certes peu qualifiés, et qu’à Val de Reuil, il y a un très gros bassin d’emplois qualifiés, au point qu’on a besoin de chercher les compétences ailleurs au lieu de les former sur place, on ferme les collèges.
Autrement dit, le boulot, c’est pas pour les locaux. Qu’ils aillent découvrir de nouveaux horizons, et se former hors de leurs quartiers.
Pourquoi les plus pauvres devraient le faire, quand les plus aisés ont le droit, eux, de rester dans leurs quartiers. Sont-ils moins mobiles ? N’ont-ils pas besoin, eux, de découvrir de nouveaux horizons ?
Petit bémol, les ruraux et rurbains, ceux de Saint-Pierre du Vauvray, Saint-Etienne du Vauvray, Andé, Portejoie, Tournedos, allaient jusqu’à lors au collège des Fougères de Louviers. Il est difficile de construire des collèges en milieux rural quand les villes toutes proches concentrent collèges, équipements sportifs et culturels, et services. Tout s’y passe bien : malgré un taux de CSP défavorisées de 57%, grâce à la cohésion de l’équipe pédagogique, grâce aux effectifs maîtrisés du fait du classement REP, 96% de réussite au brevet : un record !
Les fermetures : une décision comptable, mais des manoeuvres clientélistes et des décisions politiques.
Les élus locaux ont pourtant jeté un pavé dans la mare, allumé une mèche d’un pétard qui au final risque de péter à la figure de tous les habitants : pour modifier la destination des collégiens de nos communes de Louviers vers le Vaudreuil, les maires du pôle de communes Saint-Pierre - Saint Etienne - Andé ont demandé en 2015 à ce que la carte scolaire de notre agglomération soit réétudiée. C’est en tous cas ce qu’on comprend dans un courrier du maire de saint-Etienne du Vauvray à destination des parents d’élèves. Pourtant, tout allait bien pour les élèves aux Fougères.
Bilan des courses, aux dernières nouvelles, les élèves n’iront pas au Vaudreuil, mais à Louviers, au Hamelet. Ce sont les élèves de Poses qui iront au Vaudreuil. Et ceux de des écoles Léon Blum et Louise Michel de Val de Reuil qui iront au Vaudreuil. Mixité sociale et géographie auront eu raison du clientélisme.

Eure : le Conseil départemental ferme les collèges REP, PMF à Val de Reuil, et Pablo Neruda à Évreux, “pour en finir avec les ghettos !”

C’est madame Hafida Ouadah qui ouvre le bal de cette deuxième partie.
Madame Hafida Ouadah demande à M. Coquelet s’il sait ce qu’est un ghetto, un quartier populaire et un quartier en difficultés, et ses problématiques.
Le fait d’entendre les propos de MM. Coquelet et Masson « l’interpelle lourdement ».
Pour elle, il faut fermer ces collèges : « Parce qu’aujourd’hui, les enfants ont droit à autre chose. Si aujourd’hui on peut fermer ces collèges, pour les sortir du quartier, qu’ils puissent voir autre chose, puissent être tirés vers le haut, rencontrer d’autres personnes, de nouvelles personnes…. » 
Reconnaissant que les quartiers sont en voie d’amélioration, qu’il y a un bon tissu associatif local, qu’on est loin des émeutes de 2005 (qui ont explosé partout en France après la mort de deux jeunes dans un transformateur à Clichy-sous-Bois, NDR), « mais on doit quand même rester en veille », nous dit-elle.
« Tenir de tels propos, [elle est] absolument scandalisée. Pour rejoindre ce que vous disiez tout à l’heure, M. Coquelet, pour revenir sur le mépris des familles et de la population. Vous la connaissez la population, vous aussi. Vous la connaissez bien. Quand on va sur la dalle à Val de Reuil, qu’est-ce qu’on trouve la journée ? Il y a quand même un certain nombre de jeunes regroupés dans des périmètres bien définis, toute la journée. Quand [elle] y passe, il y a presque plus d’une cinquantaine, entre la dalle et le café en bas, à des heures où ils sont censés être scolarisés ou au travail.
Si c’est produire du chômage, produire des décrocheurs que de laisser le collège PMF ouvert, [elle n’est] pas d’accord ».
C’est vraisemblablement le message le plus effrayant que j’ai entendu au cours de cette session.
Je ne connais pas bien madame Ouadah. Nous l’avons rencontrée une fois au CA du collège des Fougères, dans son canton, juste avant les élections. Elle nous avait alors fait l’éloge de la mission d’accompagnement et expliqué qu’elle s’attacherait à être assidue. Nous ne l’avons plus jamais revue.
Je rappelle ce qu’avait lancé M. Lecornu à M. Masson : « C’est pas une rente d’être conseiller départemental, il faut travailler !»
Heureusement, nous sommes allés chercher M. Jubert qui fait partie de son binôme. J’en profite pour féliciter M. Jubert, car lui est très attaché à sa mission, et au-delà parfois de nos désaccords, ou de nos accords, nos rapports restent toujours respectueux et courtois.
Je trouve les propos de madame Ouadah effrayants, car ce qu’elle demande, c’est simplement de supprimer les collèges dans les quartiers.
Elle parle pour Val-de-Reuil et son germe de ville de « ghetto ». Déjà, ça, c’est choquant.
Ce qu’on voit, c’est une ville nouvelle, concept unique dans l’Eure, et par bien des côtés, unique en France : une ville sans monument aux morts. Un ville avec une séparation des flux piétons qui vivent au dessus, et des flux automobiles qui passent en dessous. On circule en bas, on vit en haut, là où l’on trouve les commerces et les services, les écoles, le théâtre, le ciné ou la piscine.
Avec la gare intégrée, il y a pire comme ghetto. On pourrait y voir un grand village franco-européo-africain, où la vie se passe globalement bien, avec 70 nationalités différentes, avec, il est vrai, une forte population musulmane.
La politique de la ville y est volontariste et participe à la qualité de vie : des équipements sportifs,  un grand stade, des gymnases, une piscine, des équipements sportifs et de détente répartis à travers la ville. Sans compter le lac de Léry-Poses et sa plage, à quelques minutes à pied ou en vélo, l’équitation, les activités nautiques et le kayak, j’en passe… ce sont aussi des équipements culturels, un théâtre, un cinéma, une école de musique et danse (500 participants).
Et un coeur de ville basé autour de la dalle, un grand espace piétonnier, colonne vertébrale de ce centre-ville qui relie la place du marché et les commerces d’un côté, au collège PMF de l’autre. On est en sécurité en ville.
Faut-il, pour leur bien, soi-disant, fermer les collèges pour que les jeunes de 10 à 15 ans aillent trouver leur voie ailleurs, qu’ils échappent à ce que madame Ouadah appelle un ghetto ?
Faut-il de même fermer le collège Alphonse Allais, situé à 700 mètres de PMF, pour les mêmes raisons : mettre les enfants à l’abri du ghetto ? Si c’est un ghetto, rasons Allais, rasons le ghetto tant qu’on y est ?
Le territoire de la CASE, et notamment Val-de-Reuil est le territoire le plus riche de l’Eure. Grâce au Pharma-Parc d’abord, et son industrie pharmaceutique et biotechnologique.
On y trouve parmi les plus grands data centers de France et d’Europe : ceux d’Orange, d’EDF, de BNP Paribas, SFR, Iliad (Free), en raison de sa géographie (idéalement situé à 100 km de Paris, sur l’axe ferroviaire Le-Havre-Paris où transite la fibre) et de son climat.
Mais oui, il y a inadéquation entre cette activité riche et porteuse d’emplois et un taux de chômage qui dépasse les 25%.
Ce n’est pas avec moins d’éducation et de formation que les jeunes trouveront un emploi dans leur secteur qui est le plus dynamique de l’Eure. C’est avec plus d’éducation, plus de formation, et sûrement à assurer en partage avec les grandes entreprises du Pharma-parc pour faire correspondre les compétences des Rolivalois à celles que recherche une industrie toujours en croissance.
Le Lycée Marc Bloch accueille 780 élèves pour 600 places. Ça craque. Il y a deux collèges, PMF et Alphonse Allais, respectivement REP et REP +, et grâce à l’inscription des deux collèges au Réseau d’Éducation Prioritaire, les 7 écoles (bientôt huit) sont reliées à ce réseau, avec des moyens supplémentaires.
Quatre perdraient leur classement, avec les conséquences qu’on sait, quand certains parents ont des difficultés pour l’aide aux devoirs.
Et c’est aussi parce que Marc Bloch  appartient à ce réseau qu’il bénéficie par exemple de  la Convention d’éducation prioritaire qui permet à ses élèves d’accéder à Sciences Po.
Ce n’est avec moins d’éducation qu’on tirera les enfants vers le haut, mais au contraire, avec plus d’éducation.
Et la solution, si l’on veut améliorer la mixité sociale, ce n’est pas de réaliser ce grand Bonneteau entre les populations de tout le territoire :
  • Les populations des quartiers sensibles de Louviers (Acacias, Maison Rouge) auxquelles on adjoindrait les 105 en provenance de l’école des Dominos qui vont aujourd’hui à PMF ;
  • Les classes moyennes de notre pôle de communes rurbaines et rurales, de Connelles à Andé, Saint-Pierre du Vauvray, Saint-Etienne du Vauvray, etc - ceux qui réussissent le mieux au collège des Fougères, qui tirent les autres vers le haut, justement - seraient resectorisés vers le collège plus gentrifié du Vaudreuil ;
Deux chiffres : 57% de CSP défavorisées au collège des Fougères, et 96% de réussite au brevet.
Un résultat exceptionnel, que l’on va mettre à la casse. Mais ce résultat, il est dû à des effectifs maîtrisés, du fait du classement REP. Comme c’est le cas à Val-de-Reuil. Dès l’an prochain, aux Fougères, il y aurait 58 élèves supplémentaires, avec 61% de CSP défavorisées.
La solution pour attirer des élèves vers le collège PMF, c’est déjà ce que réalise la politique de la ville : les logements sortent de terre tous les jours autour du collège et dans la ville. Les habitations jaillissent là où elles s’étaient arrêtées en 1980. En face du collège PMF et vers la gare.Le département ne veut pas les voir, même si madame Diane Leseigneur concède gracieusement 60 élèves supplémentaires. Mais pas la poursuite du plan ANRU tant qu’il ne sera pas sorti de terre.
Ce qui n’est pas fantasmatique Vernon, est un fantasme à Val de Reuil.
L’autre solution, qui tombe sous le sens, c’est d’améliorer la mixité sociale en déplaçant quelques dizaines d’élèves de Pont-de-l’Arche, de rénover le collège 600 sans augmenter la capacité à 800 élèves, et d’envoyer les élèves qui sont en classes modulaires jusqu’en 2021vers PMF. Avec à la clé des économies à prévoir sur les 13,5 M€.
Les élèves de Pont-de-l’Arche sont-ils moins mobiles que ceux de Val-de-Reuil ? Avec seulement 28% de CSP défavorisées, c’est le collège le plus déséquilibré du territoire. Et, pourtant envoyer des élèves de Hyacinthe Langlois vers PMF permettrait d’améliorer grandement la mixité sociale à PMF. Et permettrait aux enfants les plus riches de constater qu’on est bien accueillis dans la ville nouvelle. Qui n’est pas un ghetto.
Le département pratique-t-il une politique pour les riches, ou bien une politique pour tous ?
Et ne venons pas dire qu’il ne faut pas opposer les riches aux pauvres, ou les personnes issues de l’immigration aux français de souche. Cela existe.
Considérant que les riches votent beaucoup, beaucoup plus qu’à Val-de-Reuil. Considérant que la population de Val de Reuil est beaucoup plus pauvre et moins mobiles.
Quand j’entends le message pathétique de madame Ouadah, je ne serais pas loin d’être moi-même scandalisé, si je ne pensais que les Conseillers de la majorité sont en service commandé pour justifier, de toutes les façons possibles,  une fermeture contestée sur la base d’arguments très solides.
Et nous aussi sommes en veille par rapport à des fermetures dans des quartiers où s’installent des mosquées quand la République abandonne le terrain.

Eure : Lecornu ferme des collèges. Peu importe lesquels.

Sébastien Lecornu, 1er cercle de bruno Le Maire (archives ©Le Démocrate Vernonnais)
Sébastien Lecornu. Le jeune loup de la politique et de la modernité, de la droite décomplexée, du premier cercle de Bruno Le Maire, ministre de l'économie, décide de fermer 3 collèges dans l'Eure.
Quels collèges ? Des paillerons, les trucs qui brûlent et asphyxient. Donc le collège Pierre Mendès-France dans l'agglomération Seine-Eure.
Mais dans notre agglomération, il n'y a pas de collège Pailleron. Les deux collèges auxquels on a voulu s'en prendre, Pierre Mendès-France et les Fougères sont bien réalisés en dur. Mal isolés, c'est sûr, et tous les partis s'engagent dans leurs promesses électorales à rénover les bâtiments, dans le cadre de la transition énergétique.
Programme de l'UDI, promesse n° 32 : "32. Lancer un programme national de rénovation des bâtiments anciens les plus énergivores. Rendre effective la rénovation d’un demi-million de logements anciens par an."
M. Lecornu s'attaque surtout à des collèges en réseau prioritaire : Pablo Neruda (Évreux, REP+), Pierre Mendès-France (Val-de-Reil, REP), les Fougères qui s'est trouvé curieusement interpellé mais n'est plus concerné par la fermeture (Louviers, REP). Il n'y a que le collège Jacques Daviel à Barre-en-Ouche qui n'est pas REP mais connaît un taux très important de population défavorisée.
Une population défavorisée, cela signifie qu'il y a nombre de familles qui ne disposent pas d'auto, et où la proximité est importante, pour les élèves d'abord, qui s'y rendent à pied, qui rentrent chez eux manger plutôt que d'aller à la cantine. Mais aussi une proximité entre famille et enseignants. C'est un gage de suivi scolaire, et donc de plus grande réussite scolaire.
Nous, parents d'élèves élus, et enseignants, nous avons interpellé les élus de l'agglération Seine-Eure-Bord (la CASE) pour leur demander d'écouter nos arguments et de nous donner leurs positions. M. Lecornu et le Rectorat ont été en copie de nombreux mails pour plus de transparence.
Finalement, les élus à l'unanimité ont voté pour demander au Conseil départemental un moratoire de deux ans sur la décision de fermeture de PMF, pour tenir compte de l’augmentation de la population au sein de l’Agglomération, et des nouvelles orientations gouvernementales en matière d’éducation. [Nous parents avions demandé "de tout collège dans l'agglomération", ils ont spécifié PMF, mais admettons : c'est lui qui était particulièrement visé.]
Les parents et enseignants ont applaudi cette motion unanime. Seul le FN n'a pas pris part au vote. Merci encore à tous les votants.
La réponse de M. Lecornu ne s'est pas fait attendre !

Parce que j’entends depuis des mois les arguments des uns et des autres et que je souhaite que cette décision de fermeture se fasse en transparence et dans un esprit de concorde, je suis prêt à étudier vos propositions de fermeture alternative d’un autre collège.
Sébastien Lecornu, maire officieux de Vernon selon actu.fr, vice-président d'agglo, président du Conseil départemental, directeur de campagne de l'actuel ministre de l'économie pendant la primaire, puis de Fillon, et puis il a été conseiller parlementaire, peut-être sera-t-il conseiller ministériel à l'économie, et peut-être en se rasant le matin ?...

Preuve que la fermeture de ce collège n'est dictée ni par des raisons sociales, encore moins pédagogiques, d'insertion, de vivre ensemble, mais uniquement par des raisons financières, le président du Conseil départemental demande aux élus locaux de désigner un collège à faire tomber par pure mesure d'économie budgétaire.
Reverra-t-on nos élus en tractations, ou s'écharper entre eux pour garder chacun son collège - ou bien sommes-nous prêts, tous ensemble, parents d'élèves, enseignants, élus de l'agglomération à faire corps pour le bien des élèves d'abord, mais aussi d'une population éduquée et formée qui sera capable de dynamiser le territoire, et pour le bien des familles ? Certes, parents d'élèves et familles n'ont pas d'autorité, et même parents d'élèves élus, nous ne sommes pas invités à participer aux discussions et aux décisions concernant l'avenir de l'éducation de nos enfants. Nous sommes juste électeurs et contribuables. On paie les autres, et on les élit. Mais nous sommes debout. Pas en marche, debout.
Conversation imaginaire entre une Petite Maman Française (qu'on appellera PMF), mère de petits élèves qui veulent trouver leur place dans la vie, et le Leader, dit aussi le lapidaire, ou la Lime éducative, le Loup de Collège Street (qu'on appellera L, pour faire court) :
PMF - Mais je ne suis pas un pailleron !
L - Ben c'est pareil, t'es un pauvre collège.
PMF - Non, je suis un collège pour les élèves du quartier, je ne suis pas regardant sur l'argent qu'ils ont.
L - En plus, l'argent c'est moi qui leur donne. Ils n'ont qu'à bosser.
PMF - Mais ils n'ont pas l'âge légal de travailler, ils ont tous moins de 15 ans !
L - Ça va changer avec la loi travail, les entreprises pourront déterminer à quel âge on bosse, combien de temps, et si on les paie. En attendant je paie les parents.
PMF - Les parents ont déjà bien du mal à trouver du travail et de l'argent, il faut bien former les enfants pour qu'ils en trouvent ?
L - Et bien, qu'ils aillent se faire former ailleurs !
PMF - Mais ici, c'est sur place, c'est là qu'ils vivent, qu'ils mangent, ils ont même le ciné à côté, le sport, le théâtre à quelques mètres, les concerts, l'école de musique, la culture.
L - Des cinés, y en a ailleurs, et le théâtre, ça nourrit pas sa famille. Sauf Christian Clavier, Depardieu me pardonne.
PMF - Mais ils habitent là, ils viennent à pied ou à vélo.
L - Ça leur fera les pieds. Ils n'ont qu'à s'acheter une auto, ça relancera l'économie. Comme ça, ils pourront aller bosser à Cléon.
PMF - Leurs parents voudraient bien. En plus c'est payé le SMIC, voire plus. Mieux que ce qu'ils ont en tous cas.
L - Ils n'avaient qu'à faire des études !
PMF - C'est ce qu'ils veulent pour leurs enfants en tous cas.
L - Y a plus de sous. Ouste. En marche, c'est bon pour la santé.
PMF - Oh, c'est pas la santé qui manque, le tout, c'est de pas y finir. Il manque bien quelques travaux de rénovation, des débouchés après le collège, des transports, des parents rassurés, des professeurs en confiance, des projets, pour grandir en toute sérénité...
L - Y a plus de sous, qu'on vous dit ! Si vous ne voulez pas fermer ce collège, désignez-moi un collège, et je lui coupe la tête !
PMF - Euh... Montaigne au Vaudreuil ?
L -...
PMF - Nan, je blaguais. Nan, non, lui coupez pas la tête, c'était juste une blague. Ah, il va le faire... Ahhhhh ... Au secours!!!

liaison A28-A13 : 5 candidats aux législatives donnent leurs positions

Vendredi 26 mai 2017, vendredi de l'ascension en pleine canicule. On en parlera du climat, d'ailleurs, lorsque l'on parlera de l'intérêt général.
A28-A13 : préfère-t-on construire une autoroute qui nuit au climat, comme aux hommes et à la nature, ou bien veut-on sauver le climat, et les hommes avec ?
Erratum : suite à la lecture des programmes des candidats, j'ai corrigé les positions de R. Jacquet, qui se trouve Pour l'autoroute, et celui du FN, qui a compris l'opposition des habitants et se positionne contre.
Non à l'autoroute a invité tous ceux qui le voulaient à une soirée film + débat au cinéma de Val-de-Reuil, avec le film "l'intérêt général & moi" de Sophie Metrich et Julien Milanesi. Merci à Jean-Claude Bourbault et à l'équipe pour l'accueil chaleureux, comme à l'habitude.
Peu de monde était présent. Mais, considérant la une de la Dépêche (comment les remercier, sinon en étant à la hauteur de la tâche), 5 candidats aux législatives étaient présent-e-s.
Pour Europe-Écologie-les Verts, deux candidat-e-s : Laetitia SANCHEZ et Alexis FRAISSE, infatigables militants de l'intérêt général, et opposants à cette autoroute depuis le commencement.
Pour France Insoumise, le candidat PCF Arnaud LEVITRE s'est fait représenter par Pierre VANDEVOORDE du NPA.
Pour EN MARCHE, c'est Bruno QUESTEL qui donne sa position.
Pour le PS, c'est Richard JACQUET qui était présent.
Disons le tout net : il n'y a aucune alternative pour cette liaison A28-A13 : ni 2x1 voies, ni gratuit sur un tronçon. C'est le projet accepté par l'Enquête publique, et présenté à la concertation en 2014. le projet présenté est définitif.
C'est ce projet (dont les usagers, les habitants et les Eurois ne veulent pas), ou rien. Ainsi que le promoteur n'a cessé de le répéter. Soit on est pour, soit on est contre. La seule alternative, c'est Non à l'autoroute.
L'A28-A13, c'est le continument du contournement autoroutier du bassin parisien, à 100 km de Paris.
Nous avions fait le choix dans les années 2000 d'un contournement à 200 km en Normandie.
Les camions ne l'empruntent pas. Trop cher. Alors qu'ils l'ont réclamé.
Comme ils n'empruntent pas l'A150, entre Barentin et Rouen. Trop cher pour eux. Les routiers en ont demandé le boycott après en avoir réclamé la réalisation - jurant à l'époque qu'ils l'utiliseraient.
Pour nous, Non à l'autoroute, on nous propose la même chose : une autoroute pour cadres pressés et privilégiés, sans aucune obligation aux poids-lourds de l'emprunter. Merci Monsieur le Préfet !
Les routiers évitent les autoroutes, comme les automobilistes normaux, qui ne peuvent, et ne veulent pas payer 80 euros par mois pour avoir le droit d'aller travailler dans la métropole.
Pour moi, écologiste, cette autoroute sera payée au prix du sang de la biodiversité et de la terre qui nous nourrit.
Les habitants payent. Les usagers du quotidien payent. Les paysans payent. On paie sur le paysage, et on paie en péages. Et on paie en camions qui reviennent sur les petites routes pour ne pas payer le péage - normal, on ne les oblige pas ! - et traversent encore et plus encore les petites routes et les communes, avec les automobiles. Devant les écoles, les cafés, les églises. Pollution, danger routier, tout ce qu'on ne veut pas.
erc : éviter réduire compenser
L’intérêt général, la volonté du peuple comme certains la conçoivent. Dans ce cas, elle n’est pas là.
On évalue les risques et des destructions face aux apports, est-il là ?
Le projet est alors présenté au public au travers d'un débat public. Dans notre cas il n'y a pas eu de débat public, le promoteur considérant que le projet avait déjà passé l'étape du débat public 10 ans auparavant.
il y a donc eu concertation publique avec une écrasante opposition du public.
Mais l'avis du public n'est qu'informatif, les élus ont fait leurs choix, en opposition à la population, en faveur du promoteur.
Rappelons qu’en matière de destructions environnementales, la directive ERC s’applique dans l’ordre : ERC, Éviter-Réduire-Compenser.
  1. D'abord tout faire pour éviter ! C'est ce qu'a demandé le public : pas d'autoroute.
  2. Si on pense que les apports sont supérieurs, pas seulement les promoteurs, le promoteur et les actionnaires du BTP, on fait tout pour réduire au maximum les destructions de la nature et les pollutions, et la casse humaine et sociale.
  3. Enfin, si on ne peut pas réduire, on compense. Mais la nature ne peut être compensée dans ce cas. Il y a 516 ha de destructions de terres naturelles, et nous n'en n'avons plus. Les paysages cassés, il faudra casser à nouveau pour restaurer, et cela coûte. On ne le fait pas. Les nappes phréatiques et les captages sont fragiles et menacés par ce projet inutile (parti pris partagé), mais les nappes et les captages, on les ferme les uns après les autres. Faute aux pesticides d'abord, et aussi aux grands projets routiers qui polluent sols et et eau potable.
    On compense donc avec des sommes versées aux victimes, des regroupements de parcelles pour les agriculteurs, mais avec perte de terres globalement (si, si, réfléchissez), mais aussi des merlons anti-bruit et autres aménagements qui prouvent que cela va être un enfer pour les habitants.
    Et puis des subventions possibles pour des associations ou fondations qui repeignent le monde en vert. Le vert, c'est aussi la couleur du dollar.
Enfin, la rentabilité du projet, au moment où l'argent public est aussi d'intérêt général pour payer la sécurité, l'éducation, la médecine, les transports collectifs, la défense, la justice, et j'en passe : le promoteur a estimé que cette autoroute allait générer 1 milliard 507 millions €... en gains de temps !
Ce que bien sûr nous avons contesté, car les temps de transports présentés actuellement ne correspondent aucunement à ceux révélés par les études de terrain, comme aucun des outils qui donnent précisément les temps de transports aux heures demandées. On l'a montré là.
Les enquêteurs publics m'ont affirmé que si la rentabilité n'était pas au rendez-vous, c'est le concessionnaire qui paierait. Sauf à faire jouer la clause de déchéance au moment opportun, et les bénéfices sont engrangés par les entreprises du BTP, le concessionnaire qui préfère contracter un emprunt plutôt que les fonds propres, payer dès le début les dividendes aux actionnaires et laisser grossir la dette qui reviendra à l'État et les collectivités locales et territoriales.
Sauf que les collectivités n'auront pas encaissé la TVA au passage, elles seront les grosses perdantes.
La dette étant considérée comme charge financière, et que le rabot fiscal n'existe pas pour les PPP, elles échappent de plus à l'impôt.
L'impôt, c'est pour les citoyens et usagers.
Les positions des candidats aux législatives sur l'A28-A13, en vidéo :
Bruno Questel, la République en Marche, dans la Dépêche du 26 mai 2017Bruno Questel, la République en Marche
J'ai été étonné, le candidat LREM a coché toutes les bonnes cases, vertes et de gauche, allant jusqu'à défendre les positions défendues par les écologistes, en se positionnant pour le contournement Ouest de Rouen, tel que l'ont proposé les écologistes.
Chapeau l'artiste, malin Monsieur le candidat, peut-être futur député !
• Gratuité d'Incarville : Nous ne nous satisferons pas de promesses à la Destans, il nous faut des élus véritablement déterminés à combattre avec courage cette autoroute et soulager les Eurois qui prennent l'A13 pour aller travailler. Par contre attention à la concurrence déloyale de Tourville-la-Rivière pour les commerçants du centre-ville. On garde la promesse sous le coude, comme on a gardé celle de M. Destans en 2005. La voilà d'ailleurs :
Ça, c'était une promesse à la Destans, de celles qui n'engage que ceux qui veulent bien y croire.
Espérons que les propos de M. Questel ne soient pas du même acabit, car nous avons besoin de combattants de notre pays, de ses habitants, et aussi de sa nature et de ses paysages.
• Criquebeuf-sur-Seine : c'est la SANEF qui bloque tout aménagement qui permettrait de faciliter l'accès et amenuiser la dangerosité. Le budget nécessaire, 3,7 millions €, a été budgété 3 ans de suite par le département (sous-entendu grâce à lui). La SANEF a pu s'y opposer parce qu'elle possède le foncier autour de ce noeud autoroutier. Malheureusement, pas d'Alexandre le Grand dans nos élus pour tailler dans ce noeud Gordien lors des négociations avec les concessionnaires.
La dernière négociation s'est déroulée sous le ministère de M. Macron. Le jour où il y aura une catastrophe, SANEF sera responsable. Macron et son gouvernement n'auront pas su anticiper ce qui est, non du futur, mais du passé déjà ancien. J'imagine que M. Questel saura les en prévenir ?
• A28-A13 ! Outre le doute sur les questions du financement (mais un financement, ça se trouve quand on veut  on coupe un tuyau, on en ouvre un autre, on fait un peu de dette, on met un peu plus de privé...), M. Bruno Questel se positionne pour le scénario des écologistes sur le contournement Ouest de rouen (j'ai entendu Est, mais je pense qu'il a confondu à ce moment) passant par le pont Flaubert.
Eût-il dit séparation des flux de voitures et de camions (via le boulevard maritime) qu'il aurait checké 100 % des cases. Et bien sûr séparation des flux routiers et collectifs et mobilité active...
Rien à dire au niveau promesses. Reste que son parti est clairement dans la mouvance du continument de la privatisation et de l'autoroute à gogos.
Les partis qui le composent ont voté 100% pour l'autoroute à la Région.
Je veux bien croire les positions du candidat, mais nous ne l'avons guère entendu que ce soit au débat public de 2005, à la concertation publique de 2014, lors de l'Enquête publique, mais aussi au Conseil général lorsqu'il était administrateur à la SANEF. Il s'en explique : le CG ne l'aura pas laisser aborder la question, il a donc démissionné de son poste d'administrateur.
Que peut-il promettre ?
Arnaud Levitre, France insoumise, dans la Dépêche du 26 mai 2017Pierre Vandevoorde pour Arnaud Levitre, PCF France Insoumise
"Le moindre kilomètre d'autoroute est en trop aujourd'hui, alors que nous somme de plain pied dans la catastrophe climatique !"
C'est donc un gros non à l'A28-A13, mais c'est aussi la demande de la suppression du péage d'Incarville qui créée des bouchons qui est prioritaire pour Pierre Vandevoorde, et qui résoudrait tous les problèmes de circulation, notamment celui de Criquebeuf.
Pour nous écologistes, ce n'est même plus une question de priorité, il y a urgence à contrecarrer le projet de nouvelle autoroute A28-A13.
C'est ultra-méga-prioritaire, puisque la situation de d'Incarville-Pont de l'Arche--Criquebeuf est gelée depuis des années par le concessionnaire qui a toutes les billes en main, qui vit de la rente de cette autoroute largement amortie, et qui refuse toute concession aux usagers et aux habitants. Le concessionnaire, c'est lui, pas les autres.
Alors que l'on se doute que Sanef va "conquérir" le marché A28-A13 (l'A13, c'est Sanef, l'A28 c'est Sanef), quel intérêt aurait Sanef de céder là dessus et de prouver qu'il n'y a pas besoin d'A28-A13 ?
Par contre, il y a urgence à faire cesser le Grand Projet autoroutier Inutile, Imposé et ruineux pour le citoyen, Sanef et sa filiale SAPN auront un intérêt de moins à défendre le péage d'Incarville et d'interdire l'aménagement de Criquebeuf.
Et ils n'auront plus d'alternative soi-disant sécuritaire à proposer hormis l'aménagement, et la gratuité d'Incarville. C'est l'intérêt général.
C'est aussi le sens de la directive ERC : 1 éviter, 2 - réduire, 3 - compenser.
le groupe communiste a voté contre l'autoroute, et contre le financement de la Région de 122 millions €.
Arnaud Levitre, France insoumise, dans la Dépêche du 26 mai 2017Richard Jacquet pour le Parti socialiste : tout faux !
Richard Jacquet est POUR le contournement Est de Rouen (aujourd'hui appelé liaison A28-A13), mais contre l'A28-A13 dans l'Eure. La pédagogie, c'est l'art de la répétition. Il n'y a pas de plan B : c'est l'A28-A13 tel qu'il a franchi les étapes, ou rien. Richard Jacquet est POUR l'autoroute. C'est écrit en toutes lettres dans son programme.
Attention au message fallacieux envoyé aux électeurs, je suis pour là-bas, mais contre ici, c'est totalement hypocrite puisqu'il n'y a qu'un seul projet, non amendable !
• Selon Richard Jacquet, le projet d'autoroute peut avoir un intérêt pour désengorger Rouen du trafic autoroutier. Ce que nous, à Non à l'autoroute, et ce que les écologistes contestent. Au regard d'abord des rapports des services de l'État et des collectivités. (CEREMA, Ponts et Chaussées, CREA, Cour des comptes, Haute Autorité de la concurrence, etc, etc...)
• La liaison est déjà existante avec les circuits existants, il ne manque que le viaduc Les Authieux-Rond point des vaches.
[Sauf que le viaduc n'est pas prévu sans l'autoroute et le reste. Aujourd'hui, on descend très bien par la départementale des coteaux des Authieux vers Oissel. Il n'y a personne. Allez...: pas grand monde.]
• Utiliser l'agent économisé (Ben... 1 milliard !) permettrait d'investir sur l'a13.
[Je préfère le scénario d'Arnaud Levitre et de Pierre Vandevoorde, mais je recommande et je plébiscite surtout celui des écologistes. Nous avons 1 milliard ? Investissez-le dans les transports collectifs et la mobilité active, la marche le vélo. Et le ferré. Ouvrez les yeux : l'engorgement de Rouen ce sont les Rouennais en auto. Et les camions. 50% des Rouennais font moins de 3 kilomètres en auto. A moins de 10 kilomètres je gagne du temps et du plaisir à vélo. Investissons dans des pistes et des transports collectifs confortables, rapides, pas cher. Et pas en réseau en étoile obligeant à passer par l'hyper-centre. Des transports et des lignes pour là où l'on va. Vous n'aurez plus de congestion, c'est assez simple à comprendre ? Enfin, si Richard Jacquet oublie de citer le contournement Ouest de Rouen, via les aménagements des sorties du pont Flaubert et du Boulevard maritime, j'imagine qu'il en sera d'accord avec les propositions écologistes ? Oui ? Ah bah non : autoroute à péage.]
• Les barreau autoroutier Eurois ne profitera pas aux habitants, ils n'en veulent pas (constat partagé).
• La question de l'aménagement de Criquebeuf est à la marge, la question est celle de la gratuité d'Incarville.
[Assez d'accord là-dessus, mais on oublie que le bazar généré, c'est par la volonté de l'État de céder au lobby autoroutier, de fabriquer des autoroutes à riches, de ne pas obliger les camions à les emprunter, de ne pas faire la taxe poids lourds et de nous en faire payer quand même le prix, de cette "écotaxe". Le Préfet ne peut pas obliger les camions en transit à prendre l'autoroute ? État faible ou État lobbitimisé ? Voire complice. Au prix de l'aménagement de Criquebeuf, l'État et les collectivités peuvent se le payer. Mais le foncier appartient à la SAPN...]
Pour les transports ferrés, le train, Richard Jacquet déclare forfait, il ne connait pas le sujet. Un sujet majeur pourtant : 10.000 personnes font le trajet en voiture quotidiennement. Ou en car, la classe ouvrière du transport.
La ligne Rouen-Évreux, cette arlésienne combattue par les élus et notables (lisez ce billet que j'ai écrit il y a près de 10 ans) locaux qui ne jurent que par le TGV, est suspendue à la réalisation d'une LNPN qui ne se fera heureusement jamais. C'est Inoui !
le groupe socialiste a voté pour l'autoroute, et pour le financement de la Région de 122 millions €, à l'exception de Marc-Antoine Jamet qui s'est courageusement abstenu.
Si vous voulez des combattants de la mobilité, contre le grand déménagement du territoire, contre cette autoroute en particulier, mais aussi contre les autres Grands Projets Inutiles Imposés (GPII), écoutez la vision futuriste des candidats écologistes de la 1ère et la 4ème circonscriptions. Limpide !
Mais avant, place aux absents, on dit qu'ils ont toujours tort. C'est vrai !
François-Xavier Priollaud, UDI, dans la Dépêche du 26 mai 2017François-Xavier Priollaud pour l'UDI. Tout faux. François-Xavier Priollaud pour l'UDI. Tout faux.
Ben, on est dans les cas compliqués... Il sait très bien que le projet c'est le plan A, et qu'il n'y a pas de plan B.
Soit c'est l'autoroute, payante dans l'Eure et le projet rejeté unanimement par la population et les élus locaux, mais validé par l'enquête publique.
Soit c'est rien, on recommence à zéro, et c'est ce que ne veulent pas le promoteur et les lobbies du BTP. On en reprendrait pour des années, ce que ne souhaite pas la droite pompidoulienne. Ni la gauche mitterrandienne. Ni les ni-ni qui ont un intérêt dans le business autoroutier, au détriment des usagers et des contribuables.
Comme si de rien n'était, François-Xavier Priollaud reconnait l'utilité de l'autoroute. Le promoteur ne réclame rien de plus. Ce qui dépasse, c'est des mots diplomatiques, et pas juridiques.
Les bétonneurs veulent entendre "utilité publique", le reste, ce sont des mots ambigus auxquels on veut bien croire. C'est oui, ou c'est non.
M. Priollaud accorde l'utilité, et viendra dire plus tard qu'il voulait négocier pour les Eurois. Promesse de gascon.
Gratuit pour les Eurois ? Mensonge.
Requalifié en 2x1 voie ? Même pas en rêve.
Garanties et compensations financières pour les Eurois ? Ce sont eux qui paieront le plus.
Partie euroise gratuite ? Stop, il suffit de mentir ! La seule solution serait de prendre l'impôt des Eurois pour verser une compensation. Il y a un contrat, si on le signe, il faut respecter les termes du contrat.
Si M. Priollaud et la droite, après avoir signé une motion à l'unanimité à l'agglomération contre l'autoroute et le principe autoroutier dans l'Eure tourne casaque, c'est une traîtrise envers les administrés qui ont cru aux paroles des élus, et à la valeur d'une motion votée à l'unanimité.
C'était juste des mots couchés sur le papier, malheureusement sans valeur. Les promesses n'engageant que ceux qui veulent bien y croire, il y aura désillusion et colère. Il n'y aura aucun pardon. Et pas mon vote, quoi qu'il arrive. Désolé, je l'aime bien humainement, mais nous sommes trop opposés sur ce sujet.
M. Priollaud, comme tout son groupe, a voté pour l'utilité de l'autoroute à la Région Normandie. Il est conseiller de la majorité régionale, accessoirement maire, et candidat à la députation. Le groupe, largement majoritaire, a voté à 100% pour l'autoroute. 122 millions de la Région de subvention. Y compris, bien sûr, le péage eurois, le 2x2 voies, les destructions de terres naturelles et agricoles, de paysages, et de l'eau et du climat.
doris-perreaux, FN, dans la Dépêche du 26 mai 2017FN et Doris Perreaux : pas si faux, pas si vrai.
Bon, là on est dans le grand écart, et on n'évite pas l'autoroute mais le débat. D'abord favorables à l'autoroute, les voilà favorables au contournement de Rouen par l'Est, et non par l'Ouest (?), mais contre le barreau Eurois désormais.
Donc c'est non pour eux.
C'est la notion d'impôt pour le contribuable, et le prix du péage, qui sont les moteurs de leur "contestation". Reste qu'on ne les a jamais vus dans le débat public (sauf internet) et concertations publiques.
Le message, c'est on vous matraque d'impôts, également cela n'arrangera pas le trafic dans le secteur (merci à notre travail opiniâtre), et, et, et...
"je suis pour un tarif préférentiel pour les habitants du secteur." (Doris Perreaux) Cela n'empêchera pas les camions de continuer à échapper à l'autoroute en prenant la déviation de Pont-de-l'Arche.
Et le tarif préférentiel, ce sont les impôts locaux qui vont le financer. A un moment où le Département veut fermer des collèges pour raison financière.
A la Région, le groupe FN s'est abstenu : pour le contournement, mais contre le barreau Eurois. Dans un choix oui/non, c'est courageux de voter "peut-être"...
Contre l'autoroute, donc. Ils ont compris la colère des gens...
Un peu d'air : les écologistes il y a deux candidat-e-s :
Ce dont vous parler les candidats écologistes, ce n'est pas la belle vie des actionnaires, mais celle des habitants. Niveau de vie, qualité de vie, mobilité, et leur vision de l'intérêt général.
Alexis Fraisse, EELV, dans la Dépêche du 26 mai 2017Alexis Fraisse pour les Écologistes. Évident.
Ce que dit Alexis : "J'ai une très haute idée de l'intérêt général. La plupart du temps on a l'impression que ce sont des intérêts généraux, mais qui restent un peu particuliers.
Les aménagements autoroutiers, il n'y a même pas de question à se poser. L'intérêt le plus général, c'est quelque chose qui touche le monde entier, et qui nous touche personnellement, tous, un par un.
Le réchauffement climatique et la disparition des espèces naturelles et espaces agricoles qui nous nourrissent, on ne peut pas mettre ça en balance avec quelques minutes gagnées pour quelques privilégiés ou quelques milliards de profit.
La question ne devrait même pas se poser à l'heure actuelle. On pouvait se la poser il y a 50 ans, parce qu'on ne savait pas, parce que le réchauffement climatique, les gens ne connaissaient pas, n'y croyaient pas. La biodiversité, on s'en fichait. On s'aperçoit que les espèces sont fragiles. A force de tuer espèces animales et végétales, nous n'aurons plus de quoi manger.
Le contournement Est de Rouen, c'est quelque chose qui ne devrait plus avoir lieu de nos jours. On ne devrait même plus avoir à en parler."
La mobilité actuelle est entièrement basée sur l'automobile et les énergies fossiles.
Nous avons un des réseaux routiers les plus denses du monde. L'argent qu'on peut investir dans le transport, il faut l'investir dans le ferroviaire, la mobilité active, le vélo, les transports collectifs. Ils sont l'alternative au contournement Est.
Le (petit) groupe EELV à la région Normandie a voté contre l'autoroute, et contre les 122 millions de subvention de la Région.Contre les destructions de terres naturelles et agricoles, de paysages, et de l'eau et du climat. Pour les gens.
Laetitia Sanchez, candidate aux législatives dans la 1ère circonscription. Crédit photo : Photo DR le FigaroLaetitia Sanchez pour les Écologistes et le climat.
Le climat, l'eau et la santé, c'est ce que Laetitia a défendu, alors que l'autoroute A28-A13 a été introduite dans le plan santé régional, au nom de la santé, de la lutte contre la pollution, et même de l'étalement urbain. Alors qu'on sait que les infrastructures autoroutières sont les 1ères pourvoyeuses d'étalement urbain, et donc de pollution par l'augmentation du trafic induit, et donc de morts prématurées supplémentaires (48 000 morts par an dues à la pollution). Et la saturation du trafic revient au galop après. Au lieu de régler les problèmes de congestion urbaine, les autoroutes les aggravent. C'est bien ce que Laetitia Sanchez expliquait à la Région Normandie où elle est chef de groupe EELV.
Elle nous parle aussi de ces personnes qu'elle a rencontré pendant ses porte-à-portes, et qui se sentent assignées à résidence parce que les petites gares ont fermé, et que ces personnes, âgées, ou pauvres, ou handicapées, ne disposent pas de voiture. Double peine.
Elles prennent les transports collectifs, mais lorsque les vacances scolaires arrivent, des lignes disparaissent. Ou bien ceux qui sont coincés en banlieue après 20 h, lorsque les transports en commun s'arrêtent. Le restaurant, c'est chez eux. Les concerts, le cinéma, c'est la télé.
On parle LNPN, l'attrait de la vitesse, la LGV mais qui devrait fonctionner en omnibus, car les élus locaux veulent leur desserte. Un ligne avec des gares éloignées des centres-villes, qui'il faut rallier en voiture, alors que les gares du centre sont accessibles à pied, à vélo, en bus ou en métro dans le cas des métropoles. Rouen-Evreux est une ligne arrêtée, mais pas déclassée.
Cette ligne serait un remède à la congestion urbaine, mais aussi au fret pour les céréales si on la rouvrait jusqu'à Orléans. Les internes de l'hôpital d'Évreux, par exemple, ne souhaitent pas y rester lorsqu'ils deviennent médecins, par manque de train notamment.
Rouen est le 1er port céréalier européen. Et la Beauce est le grenier à blé de la France. 86% du fret passe par la route, alors qu'il transitait auparavant sur les rails. "La France m'a tuer", c'est le constat de la politique ferroviaire. Avec moins de pollution, sans risque pour le fret comme pour les usagers, et des villes qui respirent. C'est ce que font les allemands, où les camions ne représentent plus que 40%. La compétitivité, ils ont été la chercher dans le férroviaire et le fluvial. Idem à Rotterdam ou Anvers, quand nous avons choisi de laisser couler le fluvial, de faire dérailler le ferroviaire et de faire tousser nos villes.
On ne peut plus construire une autoroute, mais on doit s'occuper de la mobilité du futur.
Ferroviaire Fluvial camions tonnage (millions t) EVP (en millions)
Le Havre 5% 9% 86% 63,51 2,3
Rouen 5% 9% 86% 21,16 0,12
Dunkerque 4,99% 4,37% 90,62% 47,62 0,26
Rotterdam 11% 30% 59% 441,52 11,86
Anvers 8% 32% 60% 184,13 8,63
Hambourg 45,3% 13,6% 41,1% 130,93 8,86
Des grands projets inutiles, chez nous, on en a. L'A28-A13 est sans doute le plus marquant. Mal nommé "contournement Est de Rouen", il est en fait la finitude du grand projet de contournement autoroutier du bassin parisien à 100 km de Paris. C'est le grand projet de la DATAR, qui s'y accroche, au détriment des territoires et de tous les aménagements qui ont été réalisés depuis les années 60 où il a été conçu.
Un projet technocratique, hyper profitable aux concessionnaires et géants du BTP, mais une catastrophe financière pour les habitants et les collectivités.
Doublée d'une catastrophe écologique et humaine.
Triplée pour les salariés et les usagers d'un quittance supplémentaire quotidienne pour pouvoir aller travailler, comme s'ils avaient besoin de ça, ou bien plus de difficultés et de détours pour s'y rendre qu'auparavant.
Et le climat dans tout ça direz-vous ?
Dans un monde où Trump peut être élu président d'un des États les plus pollueurs du monde, et riche, et qui peut envoyer promener les accords de Paris comme on se débarrasse de ses vieilles godasses (en les jetant dans la nature), faire l'autoroute n'est pas plus cynique. Pareil, on fait péter le climat, les enfants répareront nos délits ou délires environnementaux.
Ou pas.
Je dis bien les collectivités vont payer, et les habitants, et les usagers, et la nature et le climat.
Une question a été posée après la séance sur la clause de déchéance, l'article 40-2 des contrats de concession. Ce monsieur explique ce qu'il a compris : "Pour le concessionnaire, c'est pile je gagne, face tu perds. Pour l'État, c'est le contraire, c'est pile je perds, et face tu gagnes." Il se posait la question de savoir s'il y avait la possibilité d'attaquer ce contrat de concession, rédigé entre Bercy et les concessionnaires et le BTP.
Malheureusement, on a vu le combat de Raymond Avrillier pour consulter ce contrat négocié entre M. Macron lorsqu'il était ministre de l'économie et les concessionnaires. Chaque citoyen en a le droit, mais dans les faits, M. Macron, notre actuel président, s'y est opposé. Citoyens, allez engorger vos files et vos campagnes.
La transparence est légale sur le sujet. Elle n'existe pas dans les faits parce qu'on ne parle pas d'intérêt général, ou parce qu'on dit que les intérêts de certains groupes privés sont d'intérêt général. Il y a eu concertation, c'est une immense majorité qui a dit non au projet fantasque d'A28-A13. Ce sont ces gens qui déterminent, après avoir écouté les arguments des uns et des autres, que ce n'était pas l'intérêt général. Ce sont eux qui vont le payer et mal le vivre.
Totalement sourds à la population, les élus de Seine-Maritime et de l'Eure, mais aussi le président de Région et les conseillers régionaux dans leur très grande majorité défendent ce projet pour l'intérêt régional. Et aussi de l'intérêt de l'Île-de-France, et aussi de l'intérêt européen, soyons fous.
Une délibération a été votée à la Région Normandie qui valide l'utilité régionale et permet d'affecter 122 millions d'euros pour cette autoroute. Les groupes écologiste et communiste ont voté contre. La droite et le PS ont voté pour à l'unanimité sauf une voix. Le FN s'est abstenu, car il est pour ce contournement mais affiche son refus du barreau eurois.
Courageusement, Marc-Antoine Jamet s'est abstenu : ni pour l'autoroute, ni contre son groupe.
En tous cas, l'intérêt Eurois n'est pas là, pas plus qu'il n'y a d'intérêt pour les plateaux Est. Destructions, bitume, pognon.
Mais cela dit, le vrai perdant n'est pas l'État. Ce sont les collectivité locales et territoriales. Et donc les habitants du crû.
L'État, lui, va récupérer la TVA sur la construction de l'autoroute, soit 20%.
L'État investit donc un peu plus de 25% de l'investissement, récupère 20%, il en reste 5%. Ces 5%, c'est la TVA sur les péages.
Sur 55 ans de concession, même à perte, cela finit par rapporter plus.
Pour les collectivités territoriales et locales - Région, départements, agglomérations et communes, c'est une tout autre chanson.
La clause de déchéance les obligera à endosser la dette en cas de faillite. Mais elles n'ont rien à en tirer, à part des investissement supplémentaires, pour l'accès à l'autoroute, une potentielle sortie à péage qui permettrait à la collectivité de faire construire une zone d'activité logistique ou commerciale, avec à terme de l'emploi relocalisé. Relocalisé d'où ? D'à côté, de quelques kilomètres tout au plus. Mais les autoroutes ne créent pas d'emplois. Au mieux, ils les déplacent.
Sans compter que les emplois créés le temps de la construction ne sont même pas locaux : le plus souvent, ils sont détachés pour nombre d'entre eux.
Le BTP et le concessionnaire annoncent que cela sera rentable.
Oui. Pour eux. Ils construisent, fabriquent les ponts, il y a plus d'un milliard de travaux. Les profits commencent là.
Après, ce sont les péages, et puis ceintures et bretelles, la clause de déchéance.
La clause de déchéance s'applique en plein pour les collectivités, celles-là mêmes qui n'ont rien gagné et au contraire subissent les conséquences de plus de transit, de pollution, de destructions de nature.
Pour Raymond Avrillier, la lutte contre la corruption est essentielle pour "éviter que les services publics soient gérés par certains élus comme des intérêts privés."
Nous devrions nous-même nous y intéresser pour que nos impôts aillent bien là où l'on veut qu'ils aillent. Pas dans de juteux bénéfices de grandes compagnies, qui en plus ne payent pas, ou peu d'impôts, parce que l'investissement est payé par la dette (tout est emprunté), et qu'un amendement judicieusement passé comme une lettre à la Poste à l'Assemblée leur permet d'être exempté d'impôt en ce cas. Les PPP, les concessionnaires échappent au rabot fiscal. De la dette et des dividendes, et la rente à vie. La belle vie pour certains. La mort prématurée pour d'autres.

Citoyen Macron, notre résident de la République

Le gotha français était présent pour son intronisation – parfaite ! -, et certains en avaient la larme à l’œil. L’ancien président s’est effacé dans la dignité, une passation de pouvoir dans la plus grande politesse et le faste républicain, entouré de militaires. La démonstration de la puissance de l’État.
J’ai voté pour toi, citoyen président.
Quand l’extrême-droite a été boutée hors du palais de la République, j’ai soufflé. Longtemps. On le savait, mais pas tant que ça.
J’ai soufflé longuement, j’étais calme et serein, et puis… retour aux basiques. Nous avons 5 ans devant nous.
J’ai voté malgré la faiblesse, le riquiqui du programme écologiste d’EM. Seule chose, acter l’accord de Paris lors de la COP 21. C’est le point fondamental, la priorité des priorités pour la totalité des espèces de la planète, dont l’homme : limiter l’augmentation de la température globale sous les 2° C, seuil à partir duquel les scientifiques redoutent un emballement incontrôlable. Les USA ont pu dépenser 1 600 milliards $ pour les guerres d’Irak, d’Afghanistan, et de prévention contre le terrorisme, auxquels il faut ajouter la guerre contre l’EI, les guerres en cours, en Syrie, et ailleurs dans le monde.
Mais on n’arrive toujours pas à rassembler les 100 milliards $ d’aide des pays développés aux pays en développement.
Préparer la guerre pour obtenir la paix est un concept antédiluvien, dépassé, mais encore tant à la mode. Si on préparait un monde vivable pour envisager une paix possible ?
Candidat à la présidence, le citoyen EM, a pris des engagements, notamment sur les renouvelables.
Candidat convaincu des arguments de Jade Lingaard sur le prix de l’électricité nucléaire, notamment que les courbes de prix se sont croisées, le nucléaire coûte, et coûtera de plus en plus cher quand le prix du renouvelable baisse (lire sur mediapart).
Mais, parce qu’il y a un mais, le candidat ne veut pas dire qu’il va sortir du nucléaire pour ne pas mettre en danger le business d’EDF, et causer sa chute immédiate. La mort des ouvriers d’EDF dit-il.
Ben… non. Ils ne vont pas mourir. A Fukushima, à Tchernobyl, oui, les populations meurent, et les ouvriers meurent, et les pompiers meurent. Enfin n’oublions pas les 22 000 salariés précaires du nucléaire, ceux des entreprises sous-traitantes ou intérimaires, ces nomades qui vont de centrale en centrale, se coltinent les plus gros risques et sont les plus exposés aux radiations. Ceux-là n’ont pas la protection sociale des salariés d’EDF et sont mal payés. Les invisibles de l’énergie atomique.
Le nucléaire nous permet, selon le candidat, d’avoir une production totalement décarbonée. C’est faux bien sûr, dans la mesure où il faut construire (non, il ne faut plus !) ou réparer des centrales en fin de « vie », il faut aussi assurer l’exploitation et la transformation du minerai d’uranium, faire accessoirement la guerre pour protéger les mines, et il faut stocker les déchets nucléaires dans des piscines qui ne sont pas à l’abri des actes de guerre ou de terrorisme.
Puis que faire de ces déchets mortels ? On les laisse refroidir, avec les risques qu’on sait, on contamine fleuves et océans, puis on s’arrache les cheveux pour savoir où les enterrer à coups de milliards pour faire passer la pilule.
Le candidat nous a dit que personne ne connaissait le coût réel du nucléaire. C’est vrai. Mais on ne fait que constater des dépassements mirobolants, hallucinants, pour les EPR, mais aussi pour ce que l’on nomme grand carénage, un investissement extraordinaire pour colmater les vieilles centrales.
En plus, celles-ci ne seront démantelées qu’au 22ème siècle, faute de savoir le faire aujourd’hui. Autrement dit, ces déchets ultimes ne seront pas démantelés tout au long de ce siècle qui a commencé dans la furie et l’anxiété. Merci pour les générations futures.
Le candidat a toutefois promis de passer les appels d’offres pour le solaire et l’éolien terrestre dès le début de son mandat. De faire passer le nucléaire sous la barre des 50% d’ici 2025. Et d’investir dans l’éolien offshore et les installations marines, même si l’énergie produite coûte bien plus cher.
Le flou, c’est de ne pas savoir si ces éoliennes seront gérées par les particuliers et les collectivités, pour le plus grand profit des citoyens, ou par les grands groupes actuels de l’énergie, Engie, EDF, Areva, aujourd’hui à terre, pour leurs plus grands profits, au détriment des citoyens. Mais bon pour le climat et la sécurité du pays.
En matière de pesticides, le candidat promettait d’être sourd aux lobbies, et d’écouter la parole des scientifiques, et aussi la participation citoyenne. Ce n’est pas la vision qu’on en a eu lors de la cérémonie d’intronisation, mais nous verrons avec le temps. Les corps intermédiaires, les syndicats auront bien du mal à trouver leur place, malmenés qu’ils seront.
Pour les pesticides, nous jugerons aux actes, qui doivent être pris aussi dès le début du mandat, tant que le gouvernement sera fort et qu’il y aura envie de la majorité des gens pour faire réussir le pays, qu’il y a encore confiance, et sachant que les jours heureux du pouvoir s’assombrissent très vite.
Hollande l’a dit en partant, « je laisse le pays en meilleur état que je ne l’ai trouvé ». C’est vrai pour l’économie, la finance, les banques.
Le CAC 60, ce CAC40 élargi, est passé de moins de 6000 points en 2012 à près de 14 000 points en 2017.
Les salariés mal payés, les chômeurs, les ubers, les SDF, le prolétariat va mal. Heureusement qu'ils ont encore les restos du coeur, Emmaüs, la soupe populaire en quelque sorte.
Le petit commerce ne va pas bien, il souffre à la fois que la concurrence d’internet, mais toujours d’un déport du commerce vers des zones commerciales à l’écart des villes, accessibles uniquement par auto, nos villes en souffrent. Sauf peut-être encore les très grandes villes.
D’ailleurs, au sujet de l’auto, on ne peut que regretter le soutien du candidat à la motorisation diesel à l’horizon 2025. Certes on supporte notre industrie nationale, mais on la laisse se tourner vers l’industrie du passé. Il s’agit là encore, comme pour le nucléaire, d’éviter des pertes boursières ou des faillites, mais ce n’est sans doute pas ce qui permettra de conquérir les marchés étrangers, qui veulent limiter la pollution, et favoriser leurs industries locales.
Le domaine des transports et de la mobilité est l’un des gros points faibles de l’ancien ministre, qui a négocié avec les concessionnaires autoroutiers des contrats qui vont à l’encontre de l’intérêt général. Elles vont empocher de juteux bénéfices et une rente allongée contre un simple gel des péages en 2015.
Il faut dire que la hausse des péages, 15% à 30% en dix ans pour des autoroutes dont beaucoup sont amorties, est une pilule dure à avaler quand les salaires sont gelés ou baissés.
Nous verrons comment les lobbies ne seront pas à l’œuvre à l’Élysée, lorsqu’il faudra faire des choix entre la volonté des habitants et celle des grands groupes du BTP et des concessionnaires, les Vinci, Sanef, Bouygues, Pierre & Vacances et consorts.
Nous verrons aussi comment les lobbies ne seront pas écoutés lorsqu’il faut faire des choix entre une agriculture paysanne, bio, locale et l’agriculture intensive, hors-sol, irrespectueuse de la condition animale. Sans parler de la quantité de plus en plus importante du territoire cultivé qui ne sert qu’à la production de bio-carburant, plutôt que la nourriture. Qui sera écouté ? Les consommateurs, la Confédération paysanne ou la FNSEA ?
Il faudra se battre, et la meilleure méthode sera pour les consommateurs de choisir leur source d’alimentation. Mais il faut constater l’augmentation de la malbouffe. C’est un choix. Pas tant pour une question de prix. Il y a peu de différence en fait, c’est plutôt une question marketing. Des produits tout faits, sous vide, prêts à passer au micro-ondes. Ça coûte un bras au kilo, mais pas besoin d’éplucher, la sauce est livrée avec.
Pour le reste, c’est business, business. Ok les affaires vont mieux, iront mieux encore. Mais il faudrait que tout le monde y trouve son compte. Les gens ont voté pour ne pas avoir Le Pen, mais aussi pour un contrat gagnant-gagnant. La démocratie, ça semble solide, mais elle a été à un cheveu de tomber par la voie des urnes.
Alors, ok pour la 6ème République, même vue par Edouard Philippe. Elle sera discutée, et tous les intellectuels entreront dans le débat. C’est sûrement une de nos dernières chances pour notre démocratie.
Mais créer un grand centre droit libéral, et « couper les deux bords de l’omelette », comme le dit Alain Juppé, frapper les classes sociales les plus défavorisées, les ouvriers les moins qualifiés, et n’enrichir que les classes sociales favorisées et les riches, c’est reproduire encore et encore les mêmes causes qui causeront les mêmes conséquences.
La prochaine fois, le vote utile ne marchera sans doute plus.
Oui, la robotisation rend son avantage compétitif aux pays riches. La concurrence des pays émergents sera moins féroce. Mais combien de temps, avec quelles ressources fossiles qui disparaissent, sont mal recyclées, même pas recyclables pour la plupart, des ressources énergétiques fossiles. Oui cette robotisation permettra de ramener de la production locale, mais en laissant de côté ceux qui n'ont pas la formation. Y en a plein.
Quel est le prix social ? Pacte républicain, où te caches-tu ?
Cette nouvelle droite centriste libérale élargie peut-elle conduire une politique pour tous, ou seulement pour une majorité parmi ceux qui s'expriment ; avec son lot de rage et de bordel dans la rue demain ?
Je suis pour la culture du compromis et du consensus, mais basée sur l’intelligence et la sollicitude. Basée sur des arguments et la compréhension. Basée sur le débat public et l’intérêt général, qui respecte les uns et les autres, et la nature. Et les générations futures. Et des modes de vie sobres, ce qui va à l’encontre de ce que font la plupart de nos élus, qui aiment tant le pouvoir, et tant l’argent.
Oui à une Europe de pouvoir, parce que nous avons un monde à construire, des arbitrages à régler, internationalement, et ce ne sera pas facile. Sur la paix. Sur le climat, et j’en suis d’accord avec Macron : en s’appuyant sur la Chine et l’Europe. Poutine et Trump ne seront pas les chefs de file contre le dérèglement climatique, bien au contraire.
Je souhaite la réussite pour le gouvernement qui se met en place, pour nos concitoyens.
Pas sans le contrat social qui nous a toujours unis. Pas sans la nature au sein de laquelle nous vivons. Pas avec un climat qui conduit vers le cataclysme. Pas sans la fierté d’être humains.
L’époque du fric en politique, des places, des maroquins, des médailles et surtout du business n’est pas finie.
Mais vient celle de la responsabilité et du courage d’affronter nos démons et les grosses, grosses épreuves à venir : donner un toit et de quoi vivre à chacun, du lien entre les gens, du boulot, un avenir possible pour tous.
Evidemment, je vais voter écolo à ces élections législatives qui arrivent. Il n’y a plus de vote utile à ce premier tour.
On vote business ou on vote écolo, extrême-droite, ou gauche ou écolo (je sais je me répète, mais j’y tiens, c’est aussi le vote de mes enfants qui n’en n’ont pas le droit).
Puis on votera utile, s’il le faut, au second tour, pour contrer cette extrême-droite justement.
Le vote business sera largement majoritaire. De la droite centriste libérale à la gauche libérale.Vivement la proportionnelle et la fin du présidentialisme.
Il faudra des députés écolos pour apporter notre pierre au débat. On voit comment le fait de se retrancher inutilement de la candidature fait fondre le débat. "Oups, ils ne sont plus là, on cause d'autre chose..." Et de gauche. Et d’extrême-droite si l’on veut respecter la démocratie. Mais ceux-là, moins il y en aura, plus je serai heureux.
Pour compenser des votes majoritaires de droite centriste libérale anti-écolo. Pour interpeller un gouvernement qui, comme d’habitude, saura ignorer les évidences avec des mots qui sonnent républicains. Des mots pour caresser, des actes avec intérêts. On gagne tous ensemble, ou on se perd tous ensemble.
Ça veut dire avec les apports de tous, de chacun, de toute l’intelligence disponible dont on a tant besoin, et des ressources à économiser. On sera peut-être présents, nous, écolos. Ou absents, ce qui serait dommage, pour leur rappeler les vérités et les priorités. Ou pas. Et je ne compte pas sur les Placé, Pompili, Cosse ou De Rugy !.. Sur des écolos qui seront le relais entre le terrain et l’Assemblée, pas des carriéristes pour rester poli.
Bonne chance au gouvernement, mais nous veillerons au grain quoi qu’il en arrive. C'est ce qu'il y a de bon dans la démocratie.

34% pour le FN, Macron a senti le souffle de la victoire, Merkel aura senti le vent du boulet

Ouf, quel soulagement ! Nous avons échappé au FN, les Français ont choisi l'Europe, contre un bouleversement de la géopolitique au profit de la Russie de Poutine.
Nos voisins mais néanmoins amis britanniques ont perdu leur espérance de pouvoir négocier le Brexit avec une Europe désunie. Sans doute la raison pour laquelle des quotidiens pro-brexit n'ont pas évoqué l'élection française en "Une". Il leur faudra faire preuve de beaucoup de diplomatie pour ne pas sortir affaiblis, voire exsangue une fois sortis de cette Europe réunie sans eux.
Un plébiscite pour l'Europe, mais il en faudra plus pour réparer la fracture entre riches et pauvres, entre partisans de la fermeture des frontières et ceux qui veulent vivre dans une Europe qui pèse dans le monde.
Aujourd'hui, l'Europe est un outil de stabilité, mais surtout de pouvoir.
Comment négocier avec les blocs aussi puissants que la Chine, l'Inde, les États-Unis et le Canada, la Russie, si l'on n'a pas la dimension suffisante ? Aujourd'hui, nous représentons 510 millions de citoyens européens. Nous ne serons plus que 445 millions de citoyens après le brexit.
Comment participer et peser aux COP, les conférences sur le climat, aux conférences de paix, au développement économique, écologique et social dans notre zone, mais aussi dans le monde, si l'on n'agit pas de façon concertée ?
Comment réaliser la transition énergétique sans une politique européenne de l'énergie. Nous consommons 20% de l'énergie produite dans le monde. D'abord dans le transport, puis dans le secteur résidentiel. Ces deux postes représentent à eux seuls 50% de la consommation. Du pétrole, du gaz, du charbon que nous importons pour un tiers de Russie.
66% c'est un bon score pour Macron, mais c'est surtout un plébiscite pour l'Europe et aussi pour l'Euro. Le FN n'a compris cet attachement que trop tardivement, mais le temps de faire volte-face, nous avons vu la candidate Marine Le Pen exploser en vol lors du débat en tentant d'expliquer comment on ne sortait pas de l'euro, tout en sortant de l'euro, en réinventant unilatéralement l'idée d'une monnaie commune, l'écu, à laquelle la France et l'Allemagne avaient préféré l'euro.
Oui, il eût fallu avancer dans une Europe plus démocratique, plus égalitaire socialement, plus politique. Ça n'a pas été fait : les gouvernements des nations européennes ont préféré bricoler des traités. celui de 2005, rejetés par référendum, mais ratifié par voie parlementaire sous le nom de traité de Lisbonne. Sans oublier le traité de Nice que les Irlandais avaient rejeté. On les a gentiment invités à revoter jusqu'à ce qu'ils disent oui.
Quelle démocratie alors, quand ce sont les parlementaires français qui s'assoient sur la démocratie ? Ou du moins, sur la décision du peuple. Parce que oui, dans les faits notre démocratie le permet. La preuve, c'est ce qui s'est produit.
Et le Conseil européen qui avait décidé de ne pas adopter la directive Bolkenstein n'a pas eu voix au chapître : c'est la Commission européenne seule qui avait le droit de le faire, nous expliquait l'actuel président de la Commission européenne, M. Junker.
Les commissaires européens sont l'émanation directe des nations et des gouvernements, avec un commissaire pour chaque pays, même si dans la forme, ils ne représentant pas officiellement leur pays, mais sont là pour défendre l'intérêt général. Secondée par le Secrétariat général et les services, qui consultent les groupes d'intérêt, pour ne pas dire les lobbies, et les administrations nationales, l'exécutif européen dont les pouvoirs ont été renforcés ne passe pas par les arcanes du vote. Comprenez le trouble quand la Commission bloque tout changement.
Comprenons les doutes des citoyens européens lorsque le Conseil européen nécessite une majorité qualifiée de pour prendre une décision incompréhensible, et une minorité de blocage qui l'est tout autant.
Comprenons qu'il y a besoin d'instaurer plus de démocratie en Europe. L'Europe, c'est le temps long, l'État, c'est le temps court.
Madame Merkel devrait sentir le vent du boulet. Mais M. Macron devrait le ressentir aussi. Je veux continuer de construire l'Europe, mais le faire avec les citoyens. Cesser aussi de l'accuser de tous les maux quand on se trouve en échec. Assumons nos échecs, le premier, c'est celui du chômage de masse, de la pauvreté. Celui de la sécurité aussi. Sécurité sociale, égalité sociale aussi, pour lutter contre le dumping. L'égalité fiscale reste hors de portée, les élites de tous les pays s'en gardent. Comme le FN s'en gardait, mais le FN a perdu largement.
Faites en sorte que ce soit une défait permanente.
Ouf, je respire mieux depuis que la porte s'est claquée devant ce parti qui referme sa parenthèse écologique, et qui voudrait opposer le mondialisme et le patriotisme.
Moi, je l'aime, la France. J'y suis aussi chez moi. Et je suis heureux de me sentir chez moi en Espagne, en Belgique, en Hollande, en Allemagne, en Italie, en Irlande, en Europe. Je me sens chez moi en Europe. Et même en Angleterre. Et pour avoir visité la Tchécoslovaquie en 1977, je suis heureux de la chute du mur, qui est aussi la chute des barbelés entre Européens.
Avec Macron, c'est le business qui a gagné. Mais le vote Macron est de façon écrasante un vote de rejet du FN, pas un vote pour son projet.
Fermer les frontières, refuser le mondialisme ne répond pas aux exigences sociales, écologiques et de paix pour la France, l'Europe et le monde.
Fermer les frontières ne supprime pas l'Afrique, l'Asie, la Russie, les Amériques, l'Australie et les Pôles.
Ce qui fait disparaitre le pôle nord, c'est le réchauffement climatique. Nous en sommes à des prévisions de +3° en fin de siècle, les conséquences seront terribles si on ne fait rien pour baisser ce niveau. Il y a urgence.
Il y a urgence sur l'état de la mer, de l'eau potable, et il y a finitude des énergies fossiles et des minerais, et même du sable.
Il y a urgence à lutter contre la pollution, c'est possible.
Il y a urgence à lutter contre la montée des eaux, et donc la perte inimaginable de territoires
Il y a urgence à apporter du lien et du bien-être aux populations : des soins, à manger, un abri chauffé, sain et confortable à minima. Du soutien en plus, de l'amitié si possible, et l'éducation. Un revenu pour chacun.
J'ai voté Macron pour éviter le FN. J'ai soupiré de soulagement quand la porte s'est fermée devant la xénophobie, tout ce qui reste d'un projet rejeté massivement.
Mais la xénophobie reste présente, et elle grossit, elle se gave de pauvreté et d'inégalité, et elle ne nourrit pas un avenir désirable pour les générations futures.
Jour 1, M. Macron. Après la pyramide du Louvre, il faut prendre la pyramide des besoins de la population comme objectif prioritaire : 1 - de l'air, de l'eau, de la nourriture pour la survie, et un climat possible ; 2 - un abri, si possible correct, du confort, du chauffage, de la sécurité ; 3 - de la santé - donc pas de pollution, de pesticides, de nanos,... -, de l'éducation, la protection de la biodiversité ; 4 - la démocratie, la paix, la sécurité, la justice ! ; 5 - du travail qui fait vivre et qui ne fait pas souffrir, et un revenu pour tous ; 6 - la culture, l'amour, l'empathie, le vivre ensemble... ; 6 - la sécurité énergétique, la sécurité, l'arrêt du nucléaire ; 7 -  ... ; 374 - le dernier iphone à la mode, les baskets lumineuses, les costards à 7000 euros, etc...

Dimanche, je vais voter pour Macron, contre Le Pen

Comme nous tous, j'ai assisté à cette campagne électorale. Je vois, et j'entends autour de moi la colère, le ras-le-bol des gens. Il y a ceux qui votent FN pour tout foutre en l'air, renverser la table. Tous pourris, disent-ils.
La faute en incombe aux politiques qui perpétuent la tradition de taper dans la caisse, de pratiquer le clientélisme, de suivre les voies des lobbies.
Je vais aller voter pour mes enfants. Nous allons leur laisser une dette abyssale, pas seulement en milliers de milliards d'euros, mais aussi un changement climatique incontrôlé, alors qu'il est encore temps d'agir. Mais ni Le Pen ni Macron ne prennent le sujet pour prioritaire. Pire, Le Pen rejette simplement l'accord de Paris, comme Trump.
Nous devons déjà combattre les attentats barbares qui ont causé plus de 2 200 morts en Europe depuis 2001. Mais nous ne nous attaquons pas à la pollution de l'air qui cause 48 000 morts prématurées chaque année en France. Chaque année, 48 000 morts en France, et on n'agit pas ? La violence routière nous coûte chaque année près de 3 500 morts. Dont des centaines de piétons et de cyclistes. Les plus jeunes et les personnes âgées sont particulièrement touchées. Pourquoi les chiffres des victimes augmentent-ils chaque année ?
Si l'on veut parler sécurité, il faut inclure toutes ces victimes, et ajouter les 10  000 suicides par an en France. des victimes de la dépression, de l'isolement, de la pauvreté, la souffrance au travail, du chômage, des violences sexuelles... 200 000 tentatives de suicide chaque année.
On n'a pas besoin de haine ou de rejet, mais plus sûrement d'amour, d'amitié, de reconnaissance et d'un revenu pour vivre, habiter, se chauffer, manger, se vêtir, éduquer ses enfant.
On va laisser à nos enfants des poubelles nucléaires sur nos rives et nos rivages, qu'ils auront pour mission de démanteler... au 22ème siècle ! Parce qu'on ne sait pas faire avant, et pourtant, on continue. Il est urgent d'arrêter ! Pas de moratoire sur les énergies renouvelables, bon sang de bois. C'est totalement idiot.
Nous avons vu lors du débat entre les deux candidat-e-s une candidate lire des fiches, et même se tromper dans ses fiches, infichue de nous sortir une explication raisonnable et raisonnée du passage de l'euro à l'écu, tout en gardant une monnaie "patriote".
Les monnaies locales et fongibles, nous y sommes ouverts et très favorables, quand ce ne sont pas nos copains qui en sont eux-mêmes les artisans. Mais là, c'est du grand gloubi-boulga.
Sortir de l'Europe, ce mécanisme totalement imparfait qu'il reste à construire par nous, citoyens européens, et nos enfants, ce serait priver nos enfants de disposer demain d'un outil de contrôle et de prévention des risques. De tous les risques : guerre, famine, pollution, transports, chômage, pauvreté, terrorisme.
Oui, l'Europe est en panne de démocratie. Ce sont les États-nations qui y gouvernent, au sein de la commission, et après des tractations de porte-à-porte. Et non le Parlement Européen.
Et même dans ce parlement, nous trouvons des députés qui ne font que venir pointer pour gagner plus. On ne peut que repenser à l'Assemblée nationale pour Fillon, mais attention, c'est légal. Qui fait la loi ?
il y a soupçons d'emplois fictifs au Parlement européen. Selon le Parlement européen, le préjudice représenterait près de 5 millions d'euros de nos impôts, rien que pour le FN. La demande de levée de l'immunité parlementaire de madame Le Pen est faite.
Quant à Fillon, plutôt que montrer profil bas avant de passer devant les juges, il fait une clé de bras à son parti avec l'argent de la campagne, les 3,3 millions d'euros qui n'ont pas été utilisés parce que ses électeurs ne veulent plus de lui, ou de son parti. Il n'aura pas franchi le second tour promis, parce que les électeurs réclament des gens qui ne se sont pas fait piquer la main dans le sac.
Triste bilan.
Y-en a des bons ? oui, il y en a. Moins dans les prédateurs, et pourtant les électeurs votent peu pour les plus honnêtes, parce qu'ils les trouvent trop naïfs. Trop bisounours...
Alors, voter maintenant pour un candidat qui n'est pas le mien, et l'autre dont je refuse la violence et l'absurdité, avec l'éclairage de notre histoire, je choisis Macron : il me laissera l’occasion de me battre contre lui demain, sans trop de répression policière, on l'espère. Il fera fi de la démocratie participative, et nous lui balancerons nos arguments et notre farouche volonté de résistance.
Elle, elle nous foutra l'extrême-droite et le mépris des citoyens français qui bougent, avec la violence en plus. La violence cause souffrances et morts.
Le choix entre une bande qui ne montre son incapacité à gérer, à expliquer même ce qu'elle veut faire, qui veut tout casser, se moquant des conséquences pourvu qu'il y ait des bénéfices, on vite de l'argent public ou étranger après tout,
et la bande d'en face, assez triste, se glorifiant d'argent, mais qui au moins sait le gérer, qui se moque des pauvres comme de leurs kleenex...
c'est assez vite fait : on fout le FN à la porte, puis on apprend aux autres qu'ils n'ont pas tous les pouvoirs. Le peuple, c'est pas le FN. C'est tous ceux qui se bougent pour faire changer l'avenir de leurs enfants.
Alors, en musique s'il vous plait, on remet les pendules à l'heure sur le sort funeste du front national et de l'avenir de misère qu'ils nous promettent : votez Macron si vous le voulez bien, et puis, allez le combattre dès lundi, si vous le voulez aussi.
Au moins, ce sera encore possible sans trop prendre de coups. Hommage à Rémi Fraisse et à tous les militants morts ou blessés pour la cause.
Macron demain, et après-demain, on se remet autour de la table, ou à défaut, dans la rue. Mais moins pauvres.

#2 Après Areva, EDF : le nucléaire français est en faillite

les zones d'exclusion en cas d'accident majeur
Après une quasi-faillite d’Areva, c'est au tour d'EDF d'être victime, selon son PDG, d’une « équation financière difficile ».
EDF a dévissé en bourse : la valeur de l’action, de plus de 85 euros il y a 8 ans, tourne autour de 10 €. Un effondrement du cours, une capitalisation qui ne représente plus de 18 Milliards €, alors que les investissements à venir s’expriment en centaines de Mds €, pour une technologie condamnée et dangereuse.
EDF a été créé en 1946, sous la forme d’établissement public à caractère industriel et commercial.
Il a été privatisé en 2004, et introduit en bourse en 2005 (15% du capital). Depuis, EDF ne cesse de s’effondrer : sa dette s’élevait à 37,5 Mds € en juin 2015, pour une capitalisation de seulement 18 Mds €. L’action qui valait 85,5 € il y a 8 ans tourne autour de 10 € aujourd’hui.
EDF possède actuellement seize centrales à charbon dans le monde : onze en Europe, cinq en Chine, et il construit une centrale à charbon supercritique à Fuzhou, en Chine. De fait, le groupe continue d’investir dans le charbon à l’étranger plutôt que dans les énergies renouvelables en France et en Europe.
69 millions de tonnes de C02 sont émis chaque année par EDF.
Areva tombé, EDF en plein tempête et au bord de la faillite à son tour, c'est le nucléaire français qui se retrouve en faillite :
Les pays frontaliers s'opposent de plus en plus fortement aux centrales françaises :
Tous nos voisins on adopté soit un moratoire sur la construction de nouvelles centrales (Espagne, Italie à l'issue de 2 référendums), soit une sortie planifiée du nucléaire (Suisse, Allemagne, Belgique).
Ça, c’est une partie de nos gamelles à l’étranger, celles qui tiennent aux États frontaliers, qui sortent, eux, du nucléaire, et vont exercer une pression conjuguée de plus en plus pressante contre les centrales postées aux frontières - Gravelines, Chooz, Fessenheim, Bugey, Cattenom. Et si la politique énergétique reste nationale, les dommages en cas d'accident seront considérables.
Selon l’IRSN, un accident coûterait de 250 Mds € jusqu’à 1000 Mds € dans le cadre d’un scénario Fukushima. 430 Mds € en moyenne, mais jusqu’à 5800 Mds € selon les aléas de la météo (si, si…). Au final, combien devrions-nous à nos voisins en cas d’accident, en plus de nos propres pertes nationales ?
Des risques financiers démesurés liés aux ventes à perte de centrales à l'étranger.
Areva va être démantelé, et c’est EDF qui reprend la branche réacteurs : Areva NP.
Pour 2,5 milliards €, mais à condition que ce ne soit pas EDF qui assume le risque financier de l’EPR finlandais. Le risque est transféré sur les contribuables. Quelques 7 milliards €. Idem pour Flamanville.
En récupérant les « dossiers » d’Areva, nous voyons poindre un autre dossier international : un protocole d’accord a été signé entre EDF et son équivalent indien NPCIL pour 6 EPR à Jaïtapur, en Inde. C’est Areva qui avait commencé les négociations qui ont longtemps achoppé sur le prix, mais aussi, sur la demande des Indiens, d’un engagement financier en cas d’accident. Les EPR se situant en zone fortement sismique. Selon les géologues, « La région a les mêmes propriétés sismiques que les zone de Koyna et Latur où des tremblements de terre équivalent à 6,5 se sont produits ces cinquante dernières années (...) Un séisme d'une magnitude d'au moins 6 sur l'échelle de Richter pourrait frapper la région de Jaitapur.»
Selon Areva, à l’époque, « C'est aux autorités indiennes de décider où elles souhaitent implanter les centrales. Le risque sismique pour Areva est pris en compte dans le cahier des charges et donc dans la conception même des réacteurs. »
Y aura-t-il pour EDF les mêmes engagements financiers que pour Areva ? Et surtout, les EPR ont-ils la capacité de résister à un séisme de magnitude 6 ou plus ?
Et le pompon, l’autre dossier international, c’est évidemment « les 2 EPR d’Hinkley Point », en Angleterre : l’investissement d’EDF sera de 66% dans ces EPR : 24 Mds €. C’est plus que la capitalisation d’EDF.
Les syndicats EDF préviennent du risque de faillite de l’entreprise sur ce seul projet. Le directeur exécutif en charge des finance, Thomas Piquemal, a averti du risque de faillite d’EDF lié à l’EPR d’Hinkley Point.
Emmanuel Macron a défendu le projet des deux EPR, le qualifiant de « très bon investissement ». François Hollande et David Cameron ont réaffirmé leur soutien au projet, annonçant qu’« EDF prépare actuellement tous les éléments nécessaires pour l’annonce de la décision finale d’investissement dans un avenir proche, avec le soutien entier du gouvernement français ».
Le directeur financier en a tiré les conclusions et a claqué la porte. Son départ a immédiatement fait chuter le cours de l’action. La faute en incombe donc au gouvernement français.
Dieu est atome, Flamanville son Vatican, et Macron archevêque atomiste.
Devant l’Assemblée nationale, M. Macron réitère la volonté du gouvernement d’engager la vente des EPR d'Hinkley Point pour la survie d’EDF lors des questions au gouvernement. « Si l’on croit au nucléaire ! », nous dit-il.
Le nucléaire n’est pas un dieu. EDF n’est pas une religion. Flamanville n’est pas une cathédrale.
Le nucléaire, ce sont les activités et les industries liées d’exploitation et au traitement du minerai, la fabrication du combustible, le transport, la sécurité, la fabrication des usines et leur exploitation, le traitement des déchets, le démantèlement des usines et la gestion des déchets issus de ce démantèlement. Les deux derniers points restent encore hypothétiques et promettent d’être très, voire excessivement coûteux. Il est cependant de la responsabilité de l’État de le faire, en tant qu’État, décideur et actionnaire majoritaire d’Areva comme d’EDF, et, avant tout, responsable de la sécurité des populations.
Si faillite il y a, comme semble s’y attendre les syndicats comme le directeur financier démissionnaire et des cadres d’EDF, ce sont le gouvernement et tous les parlementaires favorables à la réalisation du contrat avec le gouvernement anglais qui seront évidemment responsables. Non coupables ? Comme d’habitude. Ils auront « cru » au nucléaire et renieront leur "religion".
Des pertes structurelles qui croissent exponentiellement.
Il y a plus grave (Non ?! Si !..) : les coûts du grand carénage qui devraient permettre de prolonger la durée d’exploitation des centrales coûtera plus de 100 Mds €. Ils ne sont pas provisionnés.
Il y a la gestion des déchets nucléaires. Bure, le futur centre d’enfouissement devait coûter 13 Mds €, il en coûtera au minimum 35 Mds €. Le démantèlement de la première tranche de la Hague devait coûter 2,5 Mds € ; elle en coûtera 4 Mds €. Aux contribuables du coup.
Il y a la décharge nucléaire ICEDA, combattue par Genève, et tous les sites de stockage nucléaire civils et militaires dont on ne connaît ni les risques, ni les coûts… Ni parfois même l’existence ?
Un autre risque est que la plupart des centrales ont été construites, quasiment en même temps, en une décennie. Les pannes, les dysfonctionnements arriveront en même temps, et les risques d’accidents et l’impossibilité de pouvoir les déconnecter nous pend au nez.
L’IRSN pointe les anomalies génériques qui plombent le parc nucléaire : générateurs de vapeur, aéroréfrigérants, mauvais positionnement des barres antivibratoires, risques dus à l’hydrogène, fiabilité des matériaux, circuits de sécurité, dégradations récurrentes et défauts de conception, fuites…
Un risque "Fukushima dénoné de l'intérieur.
Mais ce n’est toujours pas le plus grave, il reste à venir, et c’est celui que dénonce le président de l’ASN, l’Autorité de Sûreté Nucléaire, Pierre-Franck Chevet : « Il faut imaginer qu’un accident de type Fukushima puisse survenir en Europe ». M. Chevet est un X-Mines, et le Corps des mines n’est pas suspecté d’être antinucléaire. La question pour le directeur de l’ASN n’est pas de dire si il y aura un accident de type Fukushima en Europe, mais quand celui-ci aura lieu.
Le directeur de l’ASN parle de l’Europe, mais la France est clairement dans le collimateur, avec près de la moitié du parc européen, et alors même que nombre d’autres pays ont programmé leur sortie du nucléaire. Quasiment toutes les métropoles sont donc sous la menace d’un accident majeur en France, hormis la Bretagne et la Corse.
Pour le directeur de l’ASN, « on entre dans une période où les enjeux en termes de sûreté sont sans précédent. La poursuite du fonctionnement des réacteurs d’EDF au-delà de quarante ans est un enjeu de sûreté majeur, c’est très compliqué techniquement ». Et l’usine de retraitement de la Hague est concernée, avec une corrosion plus rapide que prévue, du à l’eau de mer.
M. Chevet prévient que tout le système industriel aura 40 ans en 2020, et qu’à cet âge respectable, cela oblige à se conformer aux standards post-Fukushima ; cela demande des moyens exceptionnels et massifs alors que les acteurs du nucléaire connaissent tous – EDF, Areva, CEA – de grosses difficultés économiques, financières ou budgétaires.
Même l’ASN n’a pas les moyens d’accomplir sa mission, et doit se concentrer sur les installations qui fonctionnent. Ce qui signifie que l’ASN n’a plus les moyens de contrôler les projets en construction comme l’EPR, le centre d’enfouissement de CIGEO à Bure, et tous les autres projets en cours.
Le directeur de l’ASN prévient que l’exploitant est le premier responsable de la sûreté. Areva aurait du contrôler la cuve, mais n’a pas estimé que c’était utile. L’ASN a dû les obliger à faire le contrôle qui a montré l’anomalie de la cuve : elle ne répond même pas aux normes d’avant 2005, qui sont des normes de bien avant Fukushima.
Comme pour l’usure anticipée de la Hague.
Les exploitants ne font pas les contrôles par eux-mêmes, l’ASN admet qu’elle n’en n’a plus les moyens, et les acteurs n’ont pas les moyens d’investir dans la sûreté, le nucléaire étranger, les démantèlements, la gestion du minerai et des déchets, et même l’exploitation, plus chère que le prix du marché. Plus chère que les ENR.
Mais : on ne peut pas investir dans la transition énergétique parce qu’on est en surproduction, on ne peut pas démanteler du simple fait du prix, même si on ne peut pas garder les installations et les déchets du fait du risque.
Et on ne peut pas risquer l’accident qui coûtera des centaines de milliards, et l’arrêt de la production européenne. Combien de morts, de terres mortes, d’enfants condamnés ?
Nous sommes coincés. Nous, la France. Les autres ont choisi de diversifier, et de sortir du nucléaire. Et ils nous font savoir que le risque que l’on fait peser sur eux, c’est nous qui le paierons.
Dans cette tempête financière, technologique, et écologique, EDF choisit de continuer tel quel, en perdant petit à petit son expérience et ses compétence, et vaille que vaille, d’espérer que ça va tenir le plus longtemps possible.
Vous avez dit indépendance énergétique ?
Lors du 1er choc pétrolier, la France a fait le choix de ne plus dépendre du pétrole. Le mythe de l’indépendance énergétique « par rapport au pétrole, et au charbon qui a été entièrement consommé en France ».
Il n’y a pas d’indépendance par rapport à l’international : l’uranium vient de l’étranger, et le scandale d’Uramin, comme le fait qu’on fait la guerre en Afrique pour protéger l’uranium démontrent notre dépendance. L’enrichissement se fait sous licence du concurrent européen d’Areva, Urenco. La totalité des réacteurs fonctionnant encore actuellement sont sous licence Westinghouse, un concurrent américain passé aux mains de Toshiba. Les turbines, auparavant fabriquées par Alstom, sont désormais sous contrôle de l’américain General Electric.
L'aristocratie des grands Corps et technocratie contre la démocratie énergétique et la transparence.
Pendant que les employés d’EDF et d’Areva s’emploient à tenir les murs, produire, sécuriser comme ils peuvent et prier pour que ça ne pète pas, le grand mercato du nucléaire continue : les gouvernements se passent le lourd héritage, en espérant que ça va tenir jusqu’au bout du mandat, et les dirigeants d’EDF suivent les politiques : 1 par mandat avec un décalage d’un ou deux ans.
Tous hauts fonctionnaires, ils avaient au début des profils d’ingénieurs, puis peu à peu, plus politiques, avant de devenir des chefs d’entreprise davantage tourné vers la finance.
Il y a eu le normalien, l’ingénieur qui a porté le parc actuel sur ses fonts baptismaux : Marcel Boiteux. Celui qui ne comprenait pas qu’on s’inquiète des rejets de plutonium dans la Loire. Il fut directeur de 1967 à 1979, avant d’en prendre la présidence de 1979 à 1987. Raison pour laquelle on le considère comme l’artisan du nucléaire français. Il fut remplacé par un ingénieur général des ponts et chaussées.
Après une parenthèse plus politique, dont un ministre de Balladur, les suivants virevoltent entre grandes entreprises (Veolia, Thalès, Vivendi, ou de banques…).
Malgré tout leur talent, EDF est plongé dans une « équation financière difficile », et l’on parle de quasi faillite d’EDF, comme Areva.
Faillite, mesures, échec.
La dette était de plus de 37 milliards en 2015.
1ère mesure envisagée par le gouvernement, la cession de la filiale d’EDF, RTE, qui vaut 12 Mds €.
2nde mesure : EDF a demandé l’allongement de la durée d’exploitation des centrales de 10 ans, ce qui permettrait au groupe d’allonger la période d’amortissement. Cela permet, d’un point de vue comptable, de réduire la dette.
Mais l’allongement de la durée d’exploitation des réacteurs est lié à la décision du gendarme du nucléaire : l’ASN.
La finance est plus importante que la sécurité pour les responsables politiques en place. La politique énergétique de la France ne doit surtout pas changer, même si le marché européen libéralisé est en surproduction électrique, la ministre de l’environnement (il n’y a plus d ‘écologie, retour aux années 70) donne son accord. Sans toutefois en endosser la responsabilité, préférant s’en remettre à l’avis, réacteur par réacteur, de l’ASN.
La ministre autorise, mais n’appuie pas sur le bouton : à l’ASN ensuite d’avoir la capacité de résister à la pression ? Et les moyens d’assurer sa mission ?
La pression qui va s’exercer sur l’ASN sera… difficilement supportable. Quel directeur pourra s’opposer aux pouvoirs politiques, industriels et aux milliards € en jeu ?
Si l’on veut ajouter 10 ans de plus pour un parc soit disant amorti, il faudra investir : plus de 100 milliards € selon la Cour des comptes), la gestion des déchets nucléaires (la Hague, le centre d’enfouissement de Bure qui pourrait coûter 35 Mds €, et le nécessaire démantèlement des vieux réacteurs.
EDF a provisionné 18 Mds € pour l’ensemble des 58 réacteurs en exploitation, et des 8 arrêtés ou en cours de démantèlement. Le Royaume-Uni a estimé le démantèlement de ses 32 réacteurs à 103 Mds € : 6 fois plus !
Certaines voix n’hésitent pas à proposer une idée folle : utiliser la provision pour le démantèlement pour désendetter EDF, puisqu’on ne pourra pas démanteler.
Et demain, on éteint la lumière ou on a le choix ?
Doit-on investir dans la sécurité industrielle et des populations, en abandonnant progressivement mais réellement la filière, en réorientant les moyens de production, les énergies renouvelables dont le coût baisse et croise celui du nucléaire qui ne cesse, lui, de grimper. On imagine mal ce qui pourrait permettre de remettre dans une situation saine le groupe à long terme si on ne bâtit pas une politique énergétique à la fois à l’échelle européenne, et à la fois plus résiliente, plus locale et profitable aux communes et aux habitants. Une solution permettant de tirer profit, de payer son électricité moins chère, d’assurer l’autonomie énergétique sans danger.
Ou bien de choisir de devoir indemniser l’exploitant en ne respectant pas la limite de durée de vie augmentée des centrales : une centrale qui fermerait avant la date limite, augmentée de 10 ou 20 ans, nécessiterait, en cas de refus de fermer de l’exploitant, que ce soit au contribuable de payer pour le démantèlement.
Un coût de fermeture « anticipée » évalué par l’Assemblée Nationale à 2 Mds € par réacteur. A multiplier par 58 !
Profits privatisés et pertes publiques, et mutualisation du risque. Et pertes de milliers d’emplois à la clé, sans solution alternative d’avenir. Cessons d’investir encore dans une filière arrivée à terme, et tournons nous, comme tous les pays du monde, vers les ENR et l’efficacité énergétique.
Ajouter dix ans d’exploitation supplémentaire n’est qu’un simple effet d’annonce visant à redonner momentanément de l’air au groupe vis à vis des marchés, en évitant de devoir remettre les réacteurs aux normes, cela n’empêcherait pas le long déclin structurel de cette trop coûteuse filière.
On continue face à l’évidence de claironner le soutien à une technologie jugée pourtant caduque par tous, car trop chère. Et trop dangereuse et polluante.
C’est la fin programmée du service public qui est annoncée : la fin d’Areva, et la fin d’EDF tels qu’on les a connus, et la privatisation de RTE, la filiale d’EDF qui gère le réseau électrique.
Comment l’État, les gouvernements successifs, politiques, administratifs et industriels en sont-ils arrivés à une telle gabegie, en faisant payer la dette aux contribuables ?
Pilule rouge : on y croit et on garde l'atome ; pilule bleue : on évalue, on constate (constat vite fait : le nucléaire failli), et on invente un avenir pérenne et renouvelable.
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Areva, un des deux piliers de l’industrie nucléaire, est en quasi faillite.

Areva, un des deux piliers de l'industrie nucléaire, est en quasi faillite.
L’annonce de la recapitalisation de 5 milliards d’euros du groupe par l’État français a très momentanément fait rebondir l’action avant de retomber au plus bas, à 10% de sa valeur de lancement.
Un krach financier et un naufrage industriel pour ce qui a représenté le fleuron de l’industrie française aux yeux d’une écrasante majorité de la classe politique.
Les contribuables français doivent déjà payer 5 milliards € pour sauver Areva, au moins momentanément.
La plus grosse dette jamais payée par les contribuables français. Respect !
Et Areva supprime 6000 postes. Pour quelle mission dorénavant ? Extraction et transformation (l’objet d’un scandale) ? Traitement des déchets et démantèlement des centrales ?
Le modèle intégré d’Areva devait permettre d’offrir un service global : de l’extraction et de la transformation à l’enrichissement de l’uranium. Areva vendait ensuite des dizaines de centrales, clé en main, et devait fournir le combustible (l’uranium), le service, la sécurité et l’entretien, jusqu’au traitement des déchets nucléaires.
Ce fut un lamentable échec, que l’État partage avec la (très mauvaise) direction d’Areva.
Il y a eu Uramin. Areva a acheté 3 gisements inexploitables, et 3 milliards d’euros se sont volatilisés !
Arte vous invite à consulter une enquête sur Uramin. L’enquête a duré un an, elle est implacable sur les fautes d’Areva et de l’État français :
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Que vient donc faire en Afrique et dans cette affaire un député français, et maire de Levallois ? L’enquête rappelle que Patrick Balkany n’avait pas de compétence spéciale dans le nucléaire, ni de rôle diplomatique ou économique officiel.
Le président centrafricain de l’époque, François Bozizé, empêchait la société française de récupérer les droits d’exploitation de la mine de Bakouma qu’elle avait pourtant payée au prix fort. Un accord a finalement été trouvé, moyennant 50 millions de dollars supplémentaires payables à l’Etat centrafricain, et diverses dispositions. La société « Areva Explo » aurait ensuite versé 40 millions de dollars de “commissions” supplémentaires, qui auraient été réparties entre Patrick Balkany, François Bozizé et Georges Forrest, homme d’affaires belge.
Les enquêteurs de Tracfin ont découvert qu'en juin 2009 un compte ouvert à Singapour par P. Balkany avait été crédité d'une somme de 5 millions de dollars virée par l’industriel belge, Georges Forrest, qui a permis à Patrick Balkany, alors l’un des émissaires de Nicolas Sarkozy en Afrique, d’acquérir le riad de Marrakech (5,5 M€) - détenu sur le papier par son chef de cabinet, M. Aubry, directeur d’une société-écran à Paname, au milieu d’une panoplie de sociétés-écrans immatriculées dans les paradis fiscaux, de comptes offshore, et de prête-noms. Quel sombre pataquès !
Malgré toutes ces malversations, Anne Lauvergeon n’aura pas les épaules assez larges pour endosser seule, ou avec son mari, l’échec patent de cette débâcle financière, industrielle, écologique et politique. Elle s’en défend dans le libé.
L‘État français est responsable. « Atomic Anne » a été nommée en 1999 à la tête de la Cogéma, soutenue par le corps des Mines qui disputait aux Ponts et Chaussées la maîtrise de l’industrie électronucléaire française. En 2001, Cogema fusionne avec Framatome pour créer le groupe Areva, avec à sa tête Anne Lauvergeon, nommée par le 1er ministre Jospin, soutenu en cela par D. Strauss-Kahn. Cogéma, c’était l’exploitation et le traitement de l’uranium, Framatome, les réacteurs. Si Framatome a oscillé entre les secteurs public et privé, l’État a toujours eu le contrôle de la Cogema, Framatome et ensuite Areva, qu’il détient à près de 84%.
De fait, la partie réacteurs, avec la quasi-faillite d’Areva, passe sous l’égide d’EDF. Les contribuables effacent l’ardoise. La responsabilité échoie, non pas à la seule Anne Lauvergeon, mais avant tout aux politiques, de Mitterrand, qui a mis en service les 2/3 du parc de réacteurs nucléaires et dont elle fut la sherpa, et Jospin, puis Chirac, et Sarkozy, et même François Hollande, qui a su la renommer en 2013 présidente d’une commission à l’innovation. Ceux-ci, comme les parlementaires qui se devaient de contrôler les finances publiques, ainsi que l’avenir énergétique du pays, ne peuvent se défausser de la responsabilité de cet échec sur la seule (ex-)présidente d’Areva.
Les responsables politiques, et notamment ceux qui sont à la tête de l’État, droite et socialistes dans l’alternance, ont perpétué les mêmes erreurs, et ne peuvent pas se réfugier derrière un seul fusible. Au pire, ils sont aussi fautifs (et même un cran au-dessus : dirigeants) ; au mieux, ils n’ont pas fait le travail de contrôle, de décision, et ont dilapidé les finances publiques dans la faillite. Pire, ils s’entêtent !
L’EPR, qu’Anne Lauvergeon soutient depuis 2002, a été la principale cause de la faillite du groupe : que ce soit celui d’Olkiluoto, en Finlande, comme celui de Flamanville, c’est un gouffre financier pour les contribuables français qui paieront tant pour la Finlande que pour le projet français défaillant. Vendus 3 Mds€, ils en coûteront au moins le triple aux usagers et contribuables français. Le nucléaire EPR n’est pas rentable, potentiellement dangereux avec les problèmes relevés par l’ASN sur la cuve.
Et pire encore, le nucléaire à base de REP (réacteurs à eau pressurisée, 100% du parc français), ne l’est pas non plus (environ 75€ MW/h).
Areva doit désormais démanteler la 1ère tranche du centre de la Hague, appelée UP2-400,. Le chantier doit s’étaler sur une durée de 25 ans, pour un coût que le groupe estime à 4 Mds €.
Ce chantier commence très mal, avec des milliers de tonnes de déchets emballés de façon non conforme depuis 32 ans. Dans la situation de quasi faillite du groupe Areva, on risque de ne pas en voir la fin.
Qui sont tous les responsables de ce naufrage ?

Panique sur les derricks, gare à la bulle de gaz de schiste

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En 2007, Nicolas Sarkozy voulait créer des subprimes à la française : «Les ménages français sont aujourd’hui les moins endettés d’Europe [...] Je propose que ceux qui ont des rémunérations modestes puissent garantir leur emprunt par la valeur de leur logement. Il faut réformer le crédit hypothécaire. Si le recours à l’hypothèque était plus facile, les banques se focaliseraient moins sur la capacité personnelle de remboursement de l’emprunteur et plus sur la valeur du bien hypothéqué.»
En 2007, la bulle immobilière a explosé, et plongé les banques et les États dans la crise et la dette. Fin du crédit hypothécaire.
En 2016, Luc Chatel, approuvé par Sarkozy, annonce que le parti « les républicains » doit « être le parti du principe d’innovation plus que du principe de précaution, le parti du gaz de schiste, le parti des OGM, le parti des biotechs, j’ai cette intime conviction. »
En 2016, la bulle du gaz de schiste est en train d’exploser : cette industrie à très forte intensité capitalistique, et excessivement polluante , connaît une vague de faillites. Chesapeake, pionnier du secteur aux Etats-Unis, est tombée., plombée par une dette de près de 10 Mds$.
Les faillites se succèdent parmi les entreprises du secteur qui croulent sous une dette qui explose, et dont les revenus s’effondrent. Leur valorisation boursière avec.
Chesapeake Energy, deuxième producteur de gaz aux États-Unis derrière ExxonMobil, Quicksilver Source, Sabine Oil & Gas, Milagro Oil & Gas, Samson Ressources et Swift Energy, des compagnies qui chacune dépasse le milliard € de dette font ou ont fait faillite.
Il y a deux jours, c'est Devon Energy, le plus gros indépendant du pétrole et du gaz US qui s'est écroulé à son tour : une perte nette de 4,53 Mds$ pour des revenus de 2,89 Mds$.
Les 60 plus grandes entreprises américaines du secteur ont vu leur dette cumulée augmenter de 100 milliards à 206 milliards $ en 6 ans.
Le monde de la finance s’inquiète du risque de titrisation aux Etats-Unis. Qu’en est-il de la finance globalisée, et des risques sur les bourses et les banques européennes ?
Apparemment, le risque d’exposition pour le secteur bancaire est moindre qu’en 2007. On se rappelle néanmoins qu’en 2007, il n’y avait pas de risque, mais des opportunités, pour le bien des petites gens !
Les entreprises françaises sont très impliquées dans cette industrie. On comprend le risque et les intérêts défendus par nos sympathiques et désintéressés politiques, droite et PS confondus (merci reporterre) :
Aujourd’hui, LR est le parti des gaz de schiste. Comme en 2007, il était celui du crédit hypothécaire. Au moment où le marché s’effondre, il l’investit.
LR aime tant les bulles, qu’il nous les revendent dès qu’elles commencent à éclater. Pschiiiitt…. BOUM ! BOUM ! Pschiiiitt… Tic-tac tactique.

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