vie citoyenne

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Avec le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique, interrogez le budget de votre collectivité

En cette période de l’année où les collectivités locales s’apprêtent à voter leur budget primitif, le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique lance une opération d’interpellation des collectivités sur la nature de leurs emprunts.
En septembre dernier, le quotidien Libération publiait la carte de France des collectivités locales ayant contracté des produits financiers fournis par Dexia – les fameux « prêts toxiques » distribués dans les années 2000 aux collectivités locales par les banques, et principalement par Dexia Crédit local.
Selon le quotidien, pas moins de 1800 communes de moins de 10.000 habitants auraient ainsi été piégées par ces emprunts toxiques. Au total, pas moins de 10.688 contrats ont été signés en France depuis début 2000 par les collectivités, hôpitaux et offices HLM.
Parmi les mécanismes de ces emprunts toxiques, le quotidien cite les emprunts pour partie à taux fixe et pour partie à taux variable, indexés sur des paramètres très volatils, tel que le cours du pétrole.
Le 6 décembre dernier, la très sérieuse Commission d’enquête parlementaire sur les produits financiers à risque, a adopté un rapport selon lequel les banques sont les premières responsables de cette dérive financière.
Ces emprunts toxiques n’ont pas fini de ternir la vie des collectivités et des contribuables, sur qui pèse une double menace : l’augmentation des impôts locaux et un déficit de services publics.

Coluche, 10 mai 1981 : c’est l’histoire d’un mec qui avait voulu être président…

On s’apprête à commémorer le 10 mai 1981, le trentième anniversaire de l’élection de François Mitterrand. Dieu, ou Tonton, comme l’appellent les tontonmaniaques qui le vénèrent encore, et qui iront encore honorer sa mémoire le 10 mai prochain, avait réussi à faire l’union de la gauche, à écarter la concurrence, et à mettre la gauche au pouvoir pour deux septennats. Toute la gauche ? Il a eu le talent de rassembler les forces de gauche, de rallier les partis frères, avant de les réduire façon peau de chagrin, et d’installer le PS, parti hégémonique à gauche, dans les ors et les couloirs de la République.
Oh ! Ils ont fait peur au début, et moult bourgeois ont dû fuir dans des berlines bardées de lingots vers les coffres-forts helvètes.
Il y a eu Mitterrand
Les fermes n’ont pas été collectivisées, les chars russes n’ont pas défilé aux portes de Paris. Il y a eu l’abolition de la peine de mort, les 39h hebdomadaires, la retraite à 60 ans, la cinquième semaine de congés payés, les nationalisations. Honnies à droite, mais largement indemnisées, les nationalisations permettront de se refaire un peu de gras au cours des privatisations qui s’ensuivront. Et puis il y aura la lutte contre l’inflation, l’annonce de la pause à l’annonce des réformes, puis l’annonce des efforts à faire, et enfin le terme de rigueur s’imposera pour la première fois dans le langage politique français. L’austérité qui s’installe durablement. Le chômage qui augmente, les dévaluations. La France et les socialistes découvrent et s’ouvrent à la mondialisation, la France apprendra la désindustrialisation. Et Mitterrand et Kohl continueront la construction européenne.
Il y a eu la passation de pouvoir à tous les niveaux : industrie, finance, politique extérieure, sécurité, immigration, le PS a su évoluer dans le monde en évolution, pragmatiquement. On a fait la guerre pour de bonnes raisons, et merde à Jaurès. Les guerres qu’on a menées, on les a conduites au nom de la liberté, de la civilisation, dans l’esprit républicain, dans la laïcité, dans l’intérêt de la nation.
L’esprit de progrès est resté, il est même une des constituantes du socialisme. Progrès social et machinisme vont de paire. Alors nous avons accentué nos efforts dans le nucléaire, jusqu’à l’absurde. Nous avons continué à défendre les pesticides, amiante, nous avons su conserver les chars, les avions, et les mines, et les grenades françaises. Mais malgré le progrès, le chômage reste une plaie béante de notre société.
Mitterrand avait été l’homme de l’ombre et du secret. Il y a eu les écoutes élyséennes, le Rainbow Warrior coulé par la DGSE. Et puis viendra la polémique sur son passé à Vichy, ses relations avec Bousquet.
Il y a eu d’autres polémiques, concernant ses proches, et aussi son cancer caché. Ce qui est une leçon de l’Histoire. Il sera très difficile pour un président de cacher son état de santé dorénavant. La politique a évolué, le journalisme aussi. Le secret et l’auto-censure au nom de la raison d’Etat on changé avec les mœurs. Et tout fuite si vite avec internet.
Mitterrand avait été le candidat des socialistes, il sera LE président. Il a lié son destin à celui de la République, les socialistes à celui DU président.
Il a été le président de la gauche, puis le président de la France, une image drapée dans la dignité et les ors de la République. Deux jours après l’allocution de fin de mandat de Giscard d’Estaing, et de sa sortie qui se voulait emplie de noblesse, mais qui passa pour hautaine, François Mitterrand avait été déposer une rose sur la tombe de Jaurès, de Jean Moulin et de Victor Schoelcher au panthéon, dans un souci d’apparat, dans un geste emprunt d’une grande théâtralité. Mitterrand a rétabli la garde républicaine, dissoute par Giscard, qui escortait le chef d’Etat en grande pompe et équipage rutilant, et s’il a été décrié en son temps, il est apparu, surtout depuis sa disparition, comme l’incarnation du chef d’Etat. Le faste est royal. Son successeur sera plus populaire, mais les français peuvent-ils comprendre qu’un président se fasse photographier en slip kangourou au fort de Brégançon ? Le roi est nu, le peuple est déçu, le roi est déchu. Son vizir prendra sa place. Mais les français aiment les rois, pas les vizirs.
Le parti socialiste a réussi à se débarrasser de son image sulfureuse. Il n’effraie plus les bourgeois aujourd’hui. Bien avant la droite bling-bling, il y a eu la gauche caviar. Au prix d’un pragmatisme et au bénéfice de la realpolitik, le PS a fait sa mutation libérale. On a eu la « tonton génération », la « bof génération », la « lol génératiion », où on est obligé d’être ptdr. Et Mitterrand reste encore l’icône du socialisme de notre Vième République, il est la nostalgie des membres de son parti, la nostalgie du temps où ils avaient le pouvoir.
Mitterrand reste aussi dans le souvenir des français comme l’incarnation d’un chef d’Etat, au service de l’Etat, qu’il a mis à son service.
Notre société a évolué, elle est totalement mondialisée. La Vième s’est essoufflée, elle ne correspond plus aux attentes, elle ne fait ni rêver, ni même se déplacer jusqu’aux urnes. Il faut changer, moderniser, rêver encore…

Et il y a eu Coluche.

Je me souviens d’un mec, affublé d’un nez rouge. Le 30 octobre 1980, il se présente aux élections présidentielles de 1981. « Le seul candidat qui n’a pas de raison de mentir ». Il sera le candidat des exclus, des marginaux, des minorités, de toutes celles et de tous ceux dont la politique ne s’occupe pas.
Coluche avait voulu mettre un pied au cul de la politique spectacle. Coluche avant-gardiste ? Activiste bouffon ? Il a déstabilisé pendant quelques mois une mise en scène bien préparée. Et puis PAF ! 16% des intentions de vote ! C’est un gros coup de pied dans les reins ça.
Il y a Mitterrand, à qui il fait peur, de façon justifiée. D’abord à 16%, les projections mettront un Coluche à 12,5 % des intentions de vote, contre 18 % pour Mitterrand, et 32 % pour Giscard. Cela mettait Mitterrand dans une situation difficile pour le second tour.
Et puis il y a le président Giscard d’Estaing. Coluche lui taille quotidiennement des costards sur mesure, et il ravage son image sous les rires et les applaudissements des petits comme des grands.
Loin de rire des bouffonneries de Coluche, l’Elysée demandera l’interdiction d’antenne du dangereux comique. Le candidat à la présidence de la République est interdit du PAF, censuré, mais Coluche résiste. Alors la surveillance, les pressions et les menaces vont s’intensifier contre le candidat. Sous la pression continue, après la mort de son collaborateur, René Gorlin, Coluche renonce à l’élection. Il retire sa candidature le 6 avril 1981, « déçu de ses droits civiques ».
Plus drôle qu’un Zemmour (enfin, drôle quoi), il rêvait de fraternité, d’égalité et de liberté. Il pensait que le système était orienté bizarrement, et croyait que tout le système pouvait être horizontalisé, plutôt qu’obliquement pyramidalisé, ou que verticalisé.
Le mec tout en haut est un citoyen comme moi, et le mec tout en bas est aussi un frère ! Alors, il a appelé… rappelé :
« J’appelle les fainéants, les crasseux, les drogués, les alcooliques, les pédés, les femmes, les parasites, les jeunes, les vieux, les artistes, les taulards, les gouines, les apprentis, les Noirs, les piétons, les Arabes, les Français, les chevelus, les fous, les travestis, les anciens communistes, les abstentionnistes convaincus, tous ceux qui ne comptent pas pour les hommes politiques, à voter pour moi, à s’inscrire dans leurs mairies et à colporter la nouvelle. »
Pour les présidentielles, l’État, l’Elysée, les média lui ont fait fermer sa gueule. Il s’est ressaisi. Il a fait les restos du cœur. Il a fait devenir possible la loi Coluche. Il a mis son nom dans l’histoire, avec un petit h : l’histoire d’un mec. Des mecs comme ça, qu’est-ce qu’on aimerait bien rigoler encore avec eux.
Coluche n’a pas fait son entrée au Panthéon, il ne figurera peut-être pas grand chose dans les livres d’histoire.
Mitterrand, certains lui voueront encore un culte ce soir. On le honnira encore. On se louera de lui. On l’aura croisé, on lui aura serré la main, ou croisé son chemin. On s’en rappellera. Et on se drapera dans ses oripeaux.
Coluche, on l’a aimé, on l’aime encore. Et à cause de tout cet amour, on le regrette. Sans se préoccuper de la couleur de peau, du niveau d’étude ou des CSP, il nous a dit : aujourd’hui, on n’a plus le droit, ni d’avoir faim, ni d’avoir froid. Et si c’était ça la gauche ?
Mais alors, qu’est-ce qu’on regrette de plus se fendre la poire avec ce copain. Tiens, bah ce soir, j’irai boire une bière à ta santé, avec des potes. En souvenir d’un 10 mai qui ne sera jamais arrivé ;)
Merci mon pote, putain d’camion !


Résultats du second tour des cantonales 2011 dans le canton de Louviers-Nord, à Louviers, Saint Pierre du Vauvray, et les environs…

Le taux de participation est resté faible, dans le canton, avec un taux de participation de 40,27%.
Voici les résultats des votes, par commune dans le canton de Louviers-Nord :
Cantonales 2011, résultats du second tour dans les communes du canton nord de Louviers, : participation, et pourcentages des votes exprimés dans le duel qui opposait Leslie Cléret, PS, à Nathalie Saclier, FN.
Commune participation FN (en %) PS (en %)
Andé 45,90% 43,86% 56,14%
Heudebouville 47,79% 29,49% 70,51%
Incarville 50,28% 47,00% 53,00%
Louviers 33,92% 31,65% 68,35%
Saint-Etienne du Vauvray 50,56% 26,44% 73,56%
Saint-Pierre du Vauvray 46,22% 30,57% 69,43%
Vironvay 55,60% 57,52% 42,48%
Tous les cantons 40,27% 34,98% 65,02%
La victoire va à Leslie Cléret, qui avait reçu le soutien de tous les autres candidats éliminés au second tour, avec « seulement » 65 %.
Vironvay obtient la meilleure participation du canton, avec 55,6 % de participation, et le record de votes (en %, car il y a eu 113 voix exprimées), avec 57,52 % pour le FN.
Saint-Etienne du Vauvray, outre un bon taux de participation, de 50,56 %, est la commune où les électeurs ont le plus massivement voté pour Leslie Cléret et le front républicain : 73,56 %.
Je vous invite à lire l’article de mediapart, si vous y êtes abonnés : Ces fractures françaises que révèle la percée du FN
Pour médiapart, la percée du FN est la conséquence de fractures sociales béantes: chômage, peur du déclassement des ouvriers et des employés, précarisation du marché du travail, et angoisses par rapport à la mondialisation.
Et il est aussi le résultat d’un clivage territorial toujours plus marqué entre les grandes villes et les zones périurbaines et rurales qui déclinent en silence, à coup de fermetures d’usines, de trésoreries, de tribunaux et de services publics…
La fracture est salée, et on n’a pas fini de la payer.


Les enseignants et les magistrats défendent le service public (Evreux, 10 février 2011)

M. Châtel, parce que nous le valons bien !

Evreux, 14h30 : deux lieux hautement symboliques du service public ont servi de points de départ à deux manifestations parallèles.
Devant le palais de Justice, plusieurs dizaines de magistrats en robe noire sont sortis manifester leur malaise face aux allégations répétées du pouvoir exécutif : non content de leur supprimer les moyens de fonctionner, on les accuse à présent de manquements à leur mission. Sur son site Internet, le Nouvel Observateur révèle plusieurs cas de suicides de magistrats ces dernières années, accablés par la charge de travail : « On dit que je suis incompétent pour gérer mon cabinet alors qu’avec la meilleure volonté du monde, il est impossible de faire face à la charge de travail », témoignait l’un d’eux, Philippe Tran-Van, la veille de son acte. “Pour lui, avoir à établir des priorités, devoir choisir, abandonner des gens à leur détresse, c’était insupportable“.
Dans l’Education nationale, avec 16000 suppressions de postes, la situation devient également intolérable. Formation des maîtres supprimée, professeurs non-remplacés, effectifs surchargés, travail en groupes supprimé, suppression de l’aide aux enfants en difficultés (RASED) : les élèves sont malheureusement en première ligne – eux qui formeront la société de demain. Ce matin, sur France Inter, un collègue témoignait : « Avant j’avais en charge environ 250 élèves. Aujourd’hui, j’en suis à 330. » Comment, dans ces conditions, peut-on honnêtement prétendre à une individualisation du suivi des enfants ? Alors oui, les mines étaient graves devant l’Inspection d’académie. Car l’heure l’est, pour le service public.


Liberté, j’écris ton nom !

la blogueuse

J’ai été frappée, sur internet, à la radio, à la télévision, par ces témoignages de Tunisiens, enfin libérés après 23 ans de surveillance et de délation : « On avait pris l’habitude, lorsqu’on parlait de se retourner pour voir si quelqu’un nous écoutait. » Les témoignages abondent d’opposants privés d’emploi, arrêtés arbitrairement, harcelés psychologiquement…
Brrr ! Heureusement, nous avons la chance de vivre dans un état démocratique, où la liberté d’expression et d’opinion sont des droits humains imprescriptibles. Où les bafouer constitue une discrimination. Où l’opposition politique est légitime, et non contrôlée par un Etat policier.
Souhaitons ne plus jamais revivre les heures sombres de la Collaboration, où l’on épiait son voisin, le dénonçait au besoin, puis laissait la Gestapo l’emmener, sans bousculer son petit train train quotidien ni sa bonne conscience.
Heureusement, si « Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant / (…) à l’heure du couvre-feu des doigts errants / Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE / Et les mornes matins en étaient différents » (Aragon, « Strophes pour se souvenir », en hommage aux membres de l’Affiche Rouge, des immigrés engagés dans la Résistance et tués pour cela).
Rappelons-nous ce poème, écrit au camp de Dachau en 1942 et attribué au pasteur Niemöller :
Quand ils sont venus chercher les communistes
Je n’ai rien dit
Je n’étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes
Je n’ai rien dit
Je n’étais pas syndicaliste.
ils sont venus chercher les juifs
Je n’ai rien dit
Je n’étais pas juif.
Quand ils sont venus chercher les catholiques
Je n’ai rien dit
Je n’étais pas catholique.
Quand ils sont venus chercher les francs-maçons,
je n’ai rien dit
Je n’étais pas franc-maçon.
Quand ils sont venus me chercher
Il ne restait plus personne pour protester.


Europe Ecologie et la Tunisie : des positions claires dès le début

Europe Ecologie et la Tunisie : des positions claires dès le début.

Je me souviens du meeting d’Europe Ecologie à Montreuil, il y a tout juste un an (le 14 janvier 2010), et de l’intervention vibrante d’Azza Zarrad, la femme du journaliste et opposant Taoufik Ben Brik, alors emprisonné par le régime de Ben Ali. A l’initiative des eurodéputés écologistes, dont Hélène Flautre (impliquée depuis plusieurs années dans la défense des Droits de l’homme en Tunisie), un débat sur la Tunisie avait été organisé le 19 janvier 2010 au Parlement européen.
Dans une interview donnée au journal Mediapart le 15 janvier 2010, Azza Zarrad confiait : « Les Verts, et plus généralement la gauche française, ont pris leurs responsabilités, ce qui n’est pas le cas de l’UMP. C’est donc vers ce parti que se concentrent nos efforts. Certains membres de l’UMP ont tenu des propos impardonnables. Au regard des souffrances qu’endure le peuple tunisien, ce n’est plus possible !
Je vais demander à être reçue par Carla Bruni et Nicolas Sarkozy. Le président doit contraindre une bonne fois pour toutes le président Ben Ali à se conformer aux engagements qu’il a pris en matière de droits de l’homme devant la communauté internationale.
Et puis, il y a ce débat au Parlement européen, une première, que Ben Ali a d’ailleurs cherché à faire échouer par tous les moyens. Que ce débat ait lieu, c’est déjà une victoire pour nous comme pour tous les démocrates tunisiens. Il est temps que le masque tunisien tombe. » (Mediapart, 15 janvier 2010)
Dans un tchat du Nouvelobs, dix jours après sa libération, le 7 mai 2010, Taoufik Ben Brik lui-même, interpellé sur la position de la France vis-à-vis du régime tunisien, confiait : « C’est une liaison dangereuse, incestueuse. La France croit que son intérêt est dans un Ben Ali pépère et surtout un Ben Ali ‘perpète’. Un Ben Ali, un Ben A vie. La France se goure. Comme toujours ». Ayant à son tour demandé à rencontrer Nicolas Sarkozy, il ajoutait : « C’est la dernière fois que je frappe à la porte de l’Elysée. En cas d’échec, je frapperai à la porte des étoiles, à l’Amérique. Rencontrer le président des présidents, Barak Hussein Obama. Ils disent qu’il est disponible pour les troubadours. » (Claire Fleury – Nouvelobs)
A l’instar de Claude Taleb sur Facebook hier, je veux saluer la clairvoyance et l’engagement de notre députée européenne Hélène Flautre : « Quand personne ne voulait voir et entendre, LN Flautre honorait son mandat parlementaire, allant en Tunisie soutenir Moncef Marzouki, Sihem Bensédrine, Radhia Nasraoui, l’ami Taoufik Ben Brik… les aidant en dépit des menaces, des coupures de téléphone, des calomnies ordurières des flics de Ben Ali, en dépit, aussi, du silence des ministres français des aff étrangères. Je suis heureux pour Taoufik. Bravo LN! »
Et bravo encore surtout au peuple tunisien, pour s’être libéré – dans la douleur… – du joug de Ben Ali. En souhaitant, à l’instar de Samira Abed (@Khaffousa) sur Twitter hier : « …ON VEUT UN ETAT LAÏQUE POUR TOUTES LES TUNISIENNES ET TOUS LES TUNISIENS « JUIFS & MUSULMANS & CHRÉTIENS & ATHÉE  » #SidiBouzid. En passant par une assemblée constituante ? « Il est fini le temps des sauveurs et des héros, nous avons atteints la majorité, nous voulons l’autonomie ! » clamait Shiran Ben Abderrazak le 15 janvier dernier sur nawaat.org, l’un des principaux sites de la contestation tunisienne.


L’affaire du voile à la crèche Babyloup : comment concilier en France la pratique religieuse et la vie en société ?

En décembre 2008, la crèche associative Babyloup de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) licenciait une employée pour avoir refusé de retirer son voile sur son lieu de travail. L’employée juge son licenciement discriminatoire et réclame 80.000€ à son ex-employeur. L’audience au Prud’hommes s’est déroulée le lundi 8 novembre dernier (avec décision de justice en décembre prochain).
Babyloup a été fondée en 1991 par une réfugiée chilienne pour proposer un service de crèche à des personnes travaillant à des horaires décalés : en 2002, Baby Loup devient en effet la seule crèche française ouverte 24H/24 tous les jours de la semaine. Elle offre également une activité professionnelle aux femmes du quartier, en les embauchant et en leur proposant une formation rémunérée aux métiers de la petite enfance. Dans une ville où plus de cinquante nationalités sont représentées, cette crèche est un tremplin pour l’insertion sociale de nombreuses familles. Les 80.000€ réclamés mettraient en péril l’activité de l’association.
Le 8 novembre, la chaîne parlementaire LCP organisait un débat autour de ce sujet. Ce fut l’occasion pour les invités de redéfinir les contours des notions de laïcité et de service public.
François Pupponi, maire PS de Sarcelles, témoigne de la difficulté quotidienne des élus de terrain à traiter ces questions et réclame la création d’un « Observatoire de la laïcité » pour les y aider. Face à lui, Nicole Ameline, député UMP.
L’universitaire et imam Mahmoud Doua apporte des réponses éclairées permettant de concilier la pratique religieuse et la vie en société.
Enfin, l’intellectuelle Caroline Fourest, à son habitude, est extrêmement claire dans son affirmation du principe de laïcité (« tout court! ») et dans sa dénonciation des dangers qui la menacent et favorisent le développement du communautarisme et du racisme :
  • La confusion populiste, y compris au plus haut sommet de l’Etat, favorisant la division plutôt que la cohésion : la notion de « laïcité positive » prônée par Nicolas Sarkozy à Rome en décembre 2007 n’a aucun sens (c’est une invention de l’église catholique, prônée par le cardinal Ratzinger, le futur Benoît XVI, en 2005…). Il s’agirait de faire une place de choix à la parole de l’Eglise dans l’espace public et politique (comme en Italie ou aux Etats-Unis) – ce qui est aussi « une façon habile et politique de faire passer la laïcité pour négative » ;
  • La ghettoïsation sociale de pans entiers du territoire, délaissés par l’Etat ;
  • L’extrémisme religieux, qui manipule en attisant les ressentiments (le 27 octobre dernier, le chef d’Al-Qaïda, Oussama ben Laden, a affirmé qu’il était « du droit » des musulmans de riposter par la violence à l’interdiction du voile intégral en France…)
Bien entendu, il ne faut pas confondre la religion (comme ensemble intime de croyances et de pratiques) avec l’intégrisme, qui, toujours selon Caroline Fourest, est « l’instrumentalisation politique de la religion à des fins intolérantes » (La dernière utopie – menaces sur l’universalisme, 2009).

Rappel : Qu’est-ce que la laïcité ?

  • La séparation des églises et de l’État (loi de 1905) ;
  • La neutralité de l’État, et donc des agents publics (interdiction de tout port de signes religieux visibles) ;
  • La liberté de conscience (article 1 de la Loi de 1905), la liberté de croire ou de ne pas croire et la liberté de pratiquer une religion dans le respect des lois ;
  • La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte (article 2 de la Loi de 1905).


Les jeunes dans la rue : assez, assez d’être une « génération précaire »!

Assez, assez d'être une

Aujourd’hui 17 octobre, journée mondiale du refus de la misère, et lendemain d’importantes mobilisations citoyennes impliquant de nombreux jeunes, nous nous posons la question de la place des jeunes dans nos démocraties modernes.
ATD Quart Monde le souligne en s’alarmant : la hausse de la précarité et de la pauvreté touche particulièrement les jeunes. Les jeunes des quartiers situés en zone urbaine sensible seraient deux fois plus touchés par le chômage que les autres, tandis que 45% des personnes pauvres auraient moins de 25 ans. Par ailleurs, ATD Quart Monde rappelle que 150.000 jeunes sortent sans diplômes du système scolaire. Un tiers d’entre eux n’auront toujours pas d’emploi cinq ans plus tard.
Enfants d’une société vieillissante, les jeunes peinent à être reconnus et à y trouver leur place. De stage en RSA jeune (ouf, on a échappé au CPE, le « smic jeune », grâce aux mobilisations de 2006 !), on peut dire que les jeunes d’aujourd’hui sont victimes d’un véritable « bizutage social », autrement dit de discrimination. Vous me direz, ce n’est pas nouveau et je me souviens qu’en 86 les jeunes qui manifestaient contre la loi Devaquet avaient été renvoyés dans leurs chambres, taxés de « BOF génération » (génération sans convictions, aux petites ambitions matérielles) par leurs ainés de Mai 68…
20 plus tard, au moment des « émeutes de banlieues » de 2005 (pour ne surtout pas parler de « révolte sociale »), les jeunes de Clichy Sous Bois sont montrés comme des « racailles » sans foi ni loi, des délinquants sans cervelle ni avenir.
Cinq ans plus tard, de nombreux jeunes luttent encore pour sortir de cette image où on veut les cantonner pour les empêcher d’exister. On connaît l’importance de la manipulation médiatique dans ces affaires. Début octobre, une brillante émission d’@rrêt sur image démonte ce genre de « bidonnage » (merci Abdel, excellent dans le rôle de Bintou, la femme de polygame !).
Le monde de la politique ne vaut guère mieux que le monde de l’entreprise. A 35 ans, Cécile Duflot doit encore justifier de son âge et se sent obligée de se présenter comme « mère de famille » pour être considérée comme adulte en politique. La faute à ?
Au cumul des mandats et à la succession de ceux-ci, qui font par exemple de notre vénérable François Loncle, le doyen des députés par la longévité de sa carrière (député PS de l’Eure depuis le … 21 juin 1981 !) Le PS se prononce contre le cumul des mandats, mais avec quel effet dans la réalité ?
Jeune élu Europe Ecologie en région Ile de France, Julien Bayou, co-fondateur des collectifs « Génération précaire », « Jeudi noir » et « Sauvons les riches ! » le clame : PLACE AUX JEUNES !!!
Oui à l’autonomie des jeunes ! Considérés comme responsables pénalement à 13 ans, il faut donner aux jeunes la possibilité de s’assumer, de se loger, de travailler, sans les maintenir dans cette dépendance intergénérationnelle contraire au principe d’égalité républicaine qui fonde la légitimité de nos démocraties…


Le Havre. Journal de grève n°1

Havre de grève vient de naître. Publié par l’intersyndicale CGT-FSU-Solidaires-CFDT-CGC, c’est le bulletin de la mobilisation sur l’agglomération, il est l’expression de l’assemblée générale interprofessionelle des grévistes.
« Une claque pour Sarkozy et le MEDEF : 55 000 manifestants hier dans les rues du Havre. Toutes et tous ensemble, on va gagner ! » La manchette donne le ton. Nous ne sommes pas dans une série de manifestations pour la forme. Nous manifestons pour gagner parce que la victoire est à portée de main.
« Le gouvernement mise toujours sur le pourrissement de la mobilisation. Partout les grèves et les mobilisations s’amplifient, reprend le bulletin. Mardi 12 au Havre, lorsque le cortège arrivait à la gare, une partie des manifestants étaient encore quai de Southampton. Toutes les grandes entreprises et les services publics étaient massivement présents comme dans les précédentes manifestations. Ils avaient été rejoints par de nombreux salariés de petites voire très petites entreprises. Même les pompes funèbres étaient là pour enterrer la réforme. Le cortège des étudiants et les lycéens était beaucoup plus important que précédemment. »
La grève a été reconduite ce mercredi 13 octobre dans plusieurs entreprises de l’agglomération (TOTAL Raffinerie de Normandie, CIM, PETROCHEMICAL, SNCF, CHEVRON, Centrale EDF, Fouré Lagadec, LA POSTE, FRANCE TELECOM, DEBRIS, Education nationale, SIDEL…). La grève a été reconduite selon des formes et des participations différentes suivant les secteurs. Des lycéens ont bloqué leur lycée ce matin.
Chaque jour (sauf le dimanche), l’intersyndicale proposera une action interprofessionnelle pour rassembler les salarié-e-s en lutte au-delà des actions prévues pour bloquer l’économie, dès 6h30, sur divers secteurs de la zone industrielle.
Une assemblée générale interpro est prévue tous les jours, à 17 heures, à Franklin. Aujourd’hui, rendez-vous est également donné à 17h45 autour de la salle René-Cassin où Antoine Rufenacht (maire UMP du Havre) tient une réunion publique pour soutenir la réforme des retraites préparée par et pour ses copains.
« 75 000 à Rouen 10 000 à Dieppe 3000 à Fécamp… 3,5 millions dans la rue dans toute la France, Sarkozy as-tu compris ? » questionne le bulletin qui sera envoyé tous les jours à 20 heures sur les messageries.

photos de la manifestation du 23 septembre 2010 à Rouen : Retraites, on insiste !

tout le monde ne pourra pas prendre sa retraite au soleil...

Le ciel était lourd ce matin et les mines déterminées. Ce n’est jamais de gaité de coeur que l’on se résout à sacrifier une deuxième journée de salaire en un mois… Paris-Normandie évoque le chiffre de 65.000 manifestants. Toutes les catégories de la population, tous les âges, de très nombreuses femmes, des jeunes, étaient présents pour clamer leur inquiétude et leur indignation face au passage en force du gouvernement.
Restera-t-il sourd à la clameur de la rue et des citoyens de ce pays ?


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