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#sauvonspmf : ite, missa est. A quoi sert aux élus de débattre ? On ferme PMF et le REP à Val-de-Reuil.

#sauvonspmf
Le Gouvernement est gentil, le monarque Macron satisfait les Français. Nettement plus martial que le précédent président, plus jeune, plus beau, plus rude. Mais nettement moins brutal dans sa gestuelle et ses paroles que le président d’avant (celui d'avant l'avant, celui du "file, indigent innocent", ou quelque chose comme ça...).` Il veut « renouer le fil du destin français »
Il dit vouloir la réussite pour tous, avec des premiers de cordée, du ruissellement, et de l’éducation.
Comme il est dans un gouvernement gentil, M. Blanquer est donc gentil lui aussi. Pas au point de conserver M. Lussault, président du ­Conseil supérieur des programmes (CSP), qu’il a jugé indigne de ses fonctions. Il juge d’ailleurs la création du CNESCO, créé par la loi de refondation de l’école intéressante en s’interrogeant sur la place du CSP dans la vie publique.
Un vieux débat qui oppose les conservateurs partisans d’une école élitiste aux défenseurs de l’école pour tous : Pour les premiers, l’école pour tous, c’est le nivellement par le bas. Les méritants, à force de travail, pourront rejoindre l’élite.
Pour les seconds, l’école est un outil pour casser le déterminisme social, qui permettrait de donner la chance à chacun de réussir, en co-éducation avec les parents.
Au-delà du débat sur la vision de l’école républicaine, est-elle l’école de la sélection dès la plus jeune enfance, ou l’école démocratique qui donne sa chance à tous, il y a évidemment le débat sur l’investissement dans l’éducation et l’enseignement supérieur. Les classements PISA (suivi des acquis), PIRLS (lecture et compréhension des textes) ou Timss (mathématiques et sciences) paraissent être un rude choc, lorsque nous apprenons que la France passe sous la barre européenne et même internationale.
Cependant, ce n’est pas un choc, mais une lente dégringolade qui dure depuis 2001, et face à laquelle nous n’avons rien fait, ou pas assez. Suppression de la formation des maîtres sous Sarkozy ; des écoles qui sont l’enjeu des décisions politiques parfois trop clientélistes, comme les rythmes scolaires - où les cycles circadiens, la semaine de cinq matinées (dont le samedi), l’allongement de l’année scolaire, n’ont pas pesé lourd face à la société des loisirs et du tourisme. Et peu importe si tous les élèves n’ont pas forcément les mêmes moyens pour le tourisme et les loisirs. Des écoles dont le financement dépend de dotations qui ont baissé, des collèges longtemps sans investissements, des enseignants recrutés hors des concours, parfois par le biais d’annonces, lancés sans formation… Quant à l’enseignement supérieur, il suffit de constater cette rentrée et la sélection par tirage au sort pour voir combien le sous-investissement massif et chronique depuis des décennies plonge le monde universitaire dans une crise sans fin, sans débouchés pour une trop grande partie des étudiants, dans de vieux murs qu’on ne peut pas repousser.
A l’école, le niveau baisse et l’argent fait trop de différences (cours particuliers, écoles privées, prépas) Emmanuel Macron, programme
Alors M. Blanquer a eu une idée, il a promis une nouveauté pour cette année, et plus encore pour la rentrée 2018 : le dédoublement des classes de CP et de CE1, afin qu’en CE2, à la fin du cycle élémentaire, tous les élèves, ou quasiment, aient acquis les connaissances qui composent le socle commun : lecture, écritures et savoirs, ainsi que les quatre opérations de base avant le CM1.
C’est un enjeu d’autant plus formidable que nous savons que nous sommes dans le déclin, et que même les jeunes qui réussissaient dans le passé se retrouvent aujourd’hui dans le bas des classements.
Le dédoublement des classes de CP des REP+ cette année, des CP et CE1 de tous les REP l’an prochain, sera sans doute une chance de réussite pour des élèves qui n’ont pas la culture de l’écrit - qui s’est amoindrie dans de nombreuses familles, et autour de nous.
Remettre cette culture de l’écrit dans l’école quand la télé et la culture web ont pris le dessus, voire totalement pris la place, nécessite un temps pris dans l’école elle-même pour acquérir cette compétence. Donc plus de temps de la part des professeurs, et moins d’élèves par classe. 100% des enfants ne connaîtront peut-être pas la réussite scolaire, la vie est difficile pour certains. Mais tous auront alors une chance.
Mais ce que le ministre Jean-Michel Blanquer donne d’une main, le secrétaire d’État à l’écologie [?] Lecornu le reprend de l’autre.
Le ministre de l’Éducation nationale a, semble-t-il, "essayé de convaincre" l’ex-président du Conseil départemental de l’Eure, Sébastien Lecornu, lequel sera resté intraitable au sujet de la fermeture de PMF.
PMF doit fermer, c'est sa volonté. Cela a été la position de tous les conseillers départementaux de droite et LREM.
En conséquence, toutes les écoles de Val de Reuil vont sortir du Réseau d’Éducation prioritaire, parce qu’un REP aura été fermé et que le second collège de Val-de-Reuil, REP+, sera un collège comme les autres « sur le papier ».
D’emblée, nous savons que les élèves des CSP favorisées iront pour la plupart dans le privé pour les enfants de Criquebeuf, ou dérogeront pour ceux de Les Damps. Mais l’entièreté des écoles et des collèges de Val-de-Reuil appartenait au Réseau d’Éducation Prioritaire.
« En même temps... » Le Ministère semble octroyer le dédoublement des classes de toutes les écoles qui sont toutes REP, et « en même temps », on ferme tout le réseau REP de la ville. Abscons, non ?
Après la fermeture et la resectorisation, l’entièreté du Réseau d’Éducation Prioritaire de la ville sera effacé, annihilé. Avec les conséquences que l’on connaît d’avance pour la commune la plus pauvre de l’Eure, l’une des plus pauvres de France. Les conséquences sur la politique de la ville. Les conséquences pour l’avenir de ses habitants, de sa sécurité, sur la politique de l’habitat... Cela donne des frissons dans le dos.
M. Lecornu a beau dire aujourd’hui "qu’il ne s’agit pas d’une histoire d’argent", nous avons eu le droit à la proposition, ou au chantage, d’une fermeture d’un autre REP (à Louviers), contre celle de PMF.
Face à ce qui était une histoire d'argent, mais qui ne l'est plus depuis la proposition de l'agglomération et de la ville de financer la reconstruction du collège, à hauteur de 10 millions €, et quatre années de fonctionnement, que reste-t-il comme argument ? La mixité scolaire. Bien mise à mal dans la réalité. Elle sera là sur le papier, quand bien même les élèves glisseront vers le privé confessionnel ou dérogeront. En vérité, l'abandon d'un territoire.
Seulement, l'ex-président du Conseil départemental de l'Eure refuse de revenir sur sa décision. Plus on dit "Non", plusieurs fois d'affilée, plus il est impossible de revenir sur sa décision. C'est le besoin de consonance cognitive. Mais pas seulement. J'imagine que son image d'autorité ne doit surtout pas être remise en jeu. Même face à la somme d'arguments raisonnés, pragmatiques et logiques qui ne devraient conduire qu'à renoncer à cette fermeture. En somme, il semble que Val-de-Reuil, il s'en fiche comme de sa troisième chaussure.
Aujourd’hui, le débat (ou plutôt la présentation, parce qu’il faut être écouté pour débattre) est terminé pour eux.
Cette fermeture est un acte aussi idéologique, que politique et financier.
La violence, celle des mots et des invectives, celle de la brutalité, est-elle la seule voie gagnante ?
Nous avons fait face à la surdité des élus de la majorité. Lors de chaque Conseil d'administration de collèges, où nous avons rencontré les élus et fonctionnaires du département, nous avons souhaité débattre en avançant des arguments rationnels, en connaissance des populations et du territoire. Nous parents d'élèves, aux côtés des personnels de l'Éducation nationale, enseignants et administratifs.
Oui, nous avons manifesté de façon digne, parfois festive, avec tambours et slogans. Mais à chaque fois, lors de nos rencontres, en levant le doigt pour prendre la parole. En étant rationnels dans nos arguments, et polis dans la forme, jusqu'à lors.
Seulement, la seule manière de fonctionner semble n'être que brutalité et insulte.
Pendant que nous nous évertuions à ne pas être dans l'invective, ni l'insulte ; pendant que nous réussissions à convaincre des élus locaux, qui n'étaient pas forcément de notre bord politique ; lorsque ces élus locaux, représentant communes et agglomération, et habitants, sont allés défendre vraiment notre cause avec des arguments et analyses pour le coup rationnels et partagés, qu'avons-nous entendu ? Des élus locaux, de droite et de gauche, rassemblés, unanimes, se faisant traiter de fainéants, de menteurs et de petite bande politique ! S'il s'agit de la seule manière de l'emporter, nous n'oublierons pas ces nouveaux usages de la diplomatie "moderne". Plutôt que de présenter nos arguments, devrons-nous fustiger ceux d'en face : "menteurs, fainéants, petites bandes politiques !"
Puisque l'on ferme le réseau REP dans l’Eure, écoutons au moins les arguments de quelques conseillers pour,  et heureusement aussi contre cette fermeture.
C’est bien entendu politique, mais c'est aussi argumenté dans la défense des collèges. Face à une droite arc-boutée au département (UDI, LREM, Sens Commun...), les élus de l'agglomération ont fait l'entente sacrée, toutes tendances confondues, pour défendre un collège dont ce serait un non-sens d'annoncer la fermeture. Et contre une resectorisation rejetée par tous, où que ce soit dans l'agglomération.
Nous verrons si le Préfet de l’Eure, tout comme le DASEN, valideront cette mixité sociale de papier. Même si M. Lecornu pèse lourd aujourd’hui.
Il en ira de l’avenir de notre agglomération, jusque là paisible, et de l’avenir de nos enfants.
Allez ensuite leur inculquer les valeurs de la République, de l’éducation, et du travail.
Bien sûr les familles s'adapteront, comme elles le peuvent. Bien sûr il y aura de la fuite vers le privé et des dérogations. « À l’école, le niveau baisse et l’argent fait trop de différences », disait M. Macron. Et bien, le niveau continuera de baisser, et l'argent fera de plus en plus la différence avec "la République en Marche" ! C'est un choix assumé, avec brutalité.
REP ne veut plus dire « Réseau d’Éducation Prioritaire », mais « éducation, Repose En Paix ».
Nous ne sommes pas dupes : si le contribuable local paye plus pour fermer un collège que pour le garder ouvert, du fait des coûts de transports, notamment, nous savons que l'État y gagnera du fait que s'il n'y a pas d'économies - au contraire - dans les finances locales, il y aura une économie pour l'État : combien de professeurs en moins dans toutes les écoles aux classes dédoublées, et dans les collèges aux classes sans effectifs maîtrisés comme dans les REP. Désormais commis de l'État, dans la majorité présidentielle, évidemment, les intérêts locaux et d'État ne coïncident-ils pas pour faire payer les uns, et pas forcément les plus riches, pour réaliser l'austérité et répartir les ressources supprimées ici sur le reste du territoire ?
Et bien, non merci, M. Lecornu. Tout en reconnaissant votre poids comme ministre, ex-président du Conseil départemental, ex-maire de Vernon, ex-président de la CAPE, président délégué derrière Frédéric Duché, et devant M. Lehongre (président actuellement du département), à SNA (Seine Normandie Agglomération), et chef de la droite du département de l’Eure. On prend les mêmes, et on les remet dans le désordre, derrière le chef. Qui plus est, du premier cercle du ministre du budget, Bruno Lemaire.
Non merci quand même. REP !
Paroles d'élus :
  1. Catherine Delalande, Sens Commun : à boulets rouges contre les REP
  2. Jean-Jacques Coquelet, l'élu de Val de Reuil : prenons le temps et réfléchissons aux conséquences
  3. Hafida Ouadah, le camp du département : apprenons la mobilité aux Casois, en commençant par les collégiens
  4. Marie Tamarelle-Verhaeghe, députée LREM : donnez l'argent de Val-de-Reuil aux autres enfants du département
  5. Gaëtan Levitre, canton d'Alizay Pont de l'Arche : les conséquences pour les élèves, les familles, la politique de l'habitat et les investissements en cours sur la CASE
  6. Bruno Questel, député LREM : Faites ce que je dis, pas ce que je fais. Il va voter le fermeture de PMF
    Commençant par l'intérêt général - embêté pour l'équité territoriale parce que des élus exhibent leur "pognon" pour reconstruire le collège... il s'arrête pour rappeler à ses électeurs comment il a sauvé le collège de son canton qui avait été rayé du PPI, il avait du se fâcher pour ça... puis termine en rappelant aux élus qu'il ne sont pas élus au département pour défendre "un canton, un collège, une caserne de pompiers".
  7. Daniel Jubert, un pied dans la majorité départementale, un pied dans la CASE : il vote contre sa majorité, contre la fermeture de PMF, mais la messe était dite.

#sauvonspmf : ite, missa est. La messe est dite : Lecornu ferme le REP à Val de Reuil et à la Madeleine !

Les élèves et les familles vivent un grand moment de tristesse, et de colère pour certains. On ferme des collèges.
Pas n’importe quels collèges, des collèges REP (réseau d’éducation prioritaire). Le sentiment d’injustice est grand pour les élèves qui habitent les quartiers concernés. #sauvonspmf Il est d’autant plus grand que les écoles rattachées aux collèges REP+ bénéficient elles aussi des moyens supplémentaires, comme les classes dédoublées que le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a mises en place à la rentrée 2017 pour les REP+ (les collèges Pablo Neruda à Évreux et Alphonse Allais à Val de Reuil, tous deux REP+, ainsi que les écoles qui y sont rattachées, sont concernés).
Dès la rentrée 2018, ce sont 5600 classes de CP et CE1 qui seront dédoublées en REP et en REP+. Malheureusement, dès le prochain réexamen de la carte du Réseau d’Éducation Prioritaire à l’échelle nationale, le réseau Eurois aura été mis à bas.
Le Conseil départemental de l’Eure a décidé de la fermeture du collège REP+ Pablo Neruda, de la fermeture du collège REP Pierre Mendès France, et la resectorisation votée va sortir le collège Alphonse Allais du réseau.
Il n’y aura plus aucun collège REP+ dans l’Eure.
A Val-de-Reuil, le Réseau d’Éducation Prioritaire disparaît entièrement, du fait de la fermeture d’un excellent collège, avec un bon taux de réussite, et du fait que l’autre, avec une mixité sociale plus favorable sur le papier, va sortir du réseau. Val-de-Reuil est aujourd’hui entièrement REP ; demain il sortira complètement du REP.
Ces mères d’élèves, même issues de l’immigration, qui scandaient liberté, égalité, fraternité, et entonnaient la Marseillaise devant les portes du Département, ont été sonnées par la décision et le vote du Conseil départemental. Après ce coup de massue, nous avons entendu ces mères, en larme, dire qu’elles ne mettront pas leur enfant dans un autre collège.
Les enfants qui étudient dans un collège laïc à 200 mètres de chez eux devront faire désormais 40 minutes de car pour se rendre dans des collèges aux classes plus bondées, sans les bénéfices du REP+. Je leur souhaite une bonne réussite scolaire dans un système qui sera demain plus méritocrate.
Rappelons-les, ces moyens spécifiques mis en place, le constat et les objectifs présentés pour les REP :
  • Si l'École française a d'incontestables réussites, elle doit progresser encore dans sa capacité à réduire les inégalités sociales. Cette faiblesse est l'une des causes de la perte de confiance des Français en leur École.
  • Pour combattre la difficulté scolaire, il faut donc agir à la racine en portant une attention spécifique aux plus fragiles.
  • Des études scientifiques démontrent que réduire la taille des classes permet aux élèves les plus fragiles de progresser.
  • Conformément aux engagements du Président de la République, dès cette rentrée, environ 2 500 classes de CP situées dans les réseaux d'éducation prioritaire renforcés (Rep+) sont dédoublées.
  • Aux rentrées suivantes, les CP et les CE1 en réseaux d'éducation prioritaire (REP et REP+) seront dédoublés à leur tour.
Que ce soit à la Madeleine ou à Val-de-Reuil, nous sommes dans le contexte d’une population plus fragile. La ville de Val-de-Reuil est l’une des communes aux habitants les plus pauvres de France. On ne peut que considérer, à priori, que c’est une population fragile.
Pourtant ça marche ! Selon l'Éducation nationale (et selon nous) :
« Les élèves des classes à effectifs réduits ont mieux réussi que ceux scolarisés dans les classes témoins. Ce gain s’observe dès la première année et se maintient ensuite, y compris quand les élèves des classes à effectifs réduits ont rejoint des classes de même taille que les autres. »
Il faut, toujours selon l'EN, y développer une pédagogie adaptée : « L’enseignement doit être particulièrement structuré, progressif et explicite. Non seulement il s’agit de donner du sens aux apprentissages, mais il faut aussi les envisager dans leur progressivité. Ce nouveau contexte d’enseignement doit, plus encore qu’ailleurs, permettre de personnaliser les apprentissages. »
Le calendrier nous est donné. Pour quoi faire si c’est pour l’abandonner sitôt adopté ? C’est donc juste un effet d’annonce : on donne aux populations les plus fragiles, face à la télé, ce que l’on leur retire dans la réalité, dans la vraie vie.
Dans l’Eure, on a tué les REP. Radicalement. Un cas d’école - ou une expérimentation pour le reste du pays demain ?
Sous la houlette de Sébastien Lecornu, ministre, secrétaire d’État à l’écologie (!), du premier cercle de M. Bruno Lemaire, ministre de l’économie, nous allons tester un modèle qui pourrait aller à l’encontre de notre modèle d’intégration :
Les enfants de Criquebeuf vont-ils aller dans un collège en mixité sociale annoncée (et comptabilisée), ou bien déroger, ou bien aller à côté de chez eux, à Fénelon, dans le privé catholique ?
Les familles de la Madeleine, qui voient s’ériger une mosquée salafiste, avec une dizaine de classes d’enseignement prévues, à quelques pas de leur ancien collège, ne vont-elles pas être tentées d’y mettre leurs enfants ? Au risque de se retrouver avec un quartier divisé,un communautarisme provoqué par la disparition du collège à côté de la maison ?
Nous devons proposer l’éducation, pas seulement l’imposer. Voudrait-on, en supprimant les collèges de proximité laisser les familles préférer d'autres écoles qui se trouveront à proximité, qu'on ne ferait pas mieux.
Face à l'offre privée, sous contrat ou hors contrat, et quelle que soit la confession des écoles, collèges, lycées, l’intérêt général n’est-il pas de proposer l'alternative de notre modèle laïc afin de restaurer la cohésion sociale ?
Il ne s'agit pas de proposer seulement un socle lire-écrire-compter, en ajoutant une narration de l’Histoire des gaulois jusqu'aux rois - cités dans l’ordre chronologique… Nous pouvons offrir beaucoup plus, la capacité à évoluer dans notre monde moderne : littérature, mathématiques, technologies, les techniques, l'économie, sport, culture, et toutes les matières qui permettent de nous intégrer et de nous projeter dans un monde décidément bien complexe. Y compris la géographie, et elle se situe bien à l’échelle du monde. Y compris comprendre la politique, les sciences de la vie et de la terre, l’écologie, la sociologie, la philosophie, les arts, la musique, l’analyse des médias et de l’information, la législation, l’éthique,… Bref, tout le savoir et la compréhension du monde dans lequel ils vivent et vont vivre. Ils vont devoir s'y intégrer, le réparer, le reconstruire.
Tout cela passe commence par l'éducation, l'apprentissage, et la réussite scolaire. Celle qui donne le goût d'apprendre, d’acquérir savoirs et compétences. La façon dont nous saurons éduquer les élèves d'aujourd'hui déterminera la face de notre pays et du monde de demain.
Savoir lire et écrire est une base. Le REP est un outil indispensable pour beaucoup pour cette acquisition. Tout le monde n'aura pas la chance de réussir comme on le voudrait. Mais tous ceux qui s'en sortiront nous remercierons. Pas parce qu'on les envoie se balader en cars à travers toute une agglomération. Parce qu'ils auront réussi à l'école, puis leurs vies.
Faire le choix de conserver ces collèges que réclament les familles, c'est faire le choix de la lutte contre la déscolarisation, le décrochage scolaire, puis l'échec social. Tous les français ont le droit d'apprendre, de travailler, d'être logés, de fonder une famille, de réussir sa vie.
Les collèges dans les quartiers font le lien entre République et citoyens, entre enseignants et familles. Un lien durable, de la maternelle, à l'école puis au collège. C'est le pied à l'étrier. Les enseignants transmettent cette connaissance des familles et des élèves, d'une école à l'autre voisine, puis au collège voisin. Luttons contre l'ignorance. Celle des citoyens en construction, mais aussi celle des élus de la nation, qui ignorent manifestement ces territoires et ses habitants.
La balle est dans le camp du département, du DASEN (l'Éducation Nationale) et du Préfet (l'État).
Les économies seront bien là pour eux :
  • pas d’investissement dans un collège, et réduction de frais de fonctionnement, pour le département;
  • pour l’Éducation nationale, on l’a dit, c’est l’économie de professeurs, dans un contexte où l’enseignement n’attire plus de vocations : profs sous-payés, malmenés, trimbalés, salaires gelés. On trouve les offres d’emplois de professeurs contractuels à Pôle emploi, dans les offres d’emplois des journaux locaux, ou sur le bon coin. Pourtant, peu d’offres aux concours. Plus d'enfants par classe, c'est moins de professeurs, n'en déplaise aux objectifs ambitieux affichés par le ministre;
  • pour le Préfet, qui représente l’État, une économie sur l’EN, évidemment;
  • peut-être une autre sur la politique de la ville (50 M€ étaient prévus pour Val-de-Reuil) ;
  • un pas en avant vers la méritocratie ; et une nouvelle orientation de notre politique intérieure. La fin de l’intégration, peut-être. La méritocratie, le pragmatisme et l’efficacité économique pour le moins. Un sujet très politique. Vouloir la réussite personnelle, la culture élitiste, la réussite entrepreneuriale, c'est entendable. Mais quand il n’y a plus de places pour tout le monde dans la société, dans l’emploi, l’éducation et la culture pour tous sont une priorité.
Mais pour le contribuable, cela coûtera plus cher.
  • Plus cher en transport : pour 110 000 euros d’économies de fonctionnement annuel pour PMF, la CASE compte 300 000 euros de plus pour les transports scolaires. Certes, cela tombe bien, la loi NOTRe a confié la compétence des transports scolaires des collèges à la Région depuis le 1er septembre. Cela n’est plus le problème des départements, mais des agglomérations et de la Région. Ce sont elles qui devront passer à la caisse. Au final, c'est le contribuable qui paye. Du bonneteau fiscal;
  • il y aura un coût social, avec l'augmentation du risque de décrochage scolaire, avec toutes les conséquences pour l'avenir des gamins, des familles;
  • il y aura un coût pour l'agglomération et la commune de Val-de-Reuil. Alors que la construction ou la rénovation d'un collège est une compétence du département pleine et entière, l'agglomération Seine-Eure et la commune de Val de Reuil proposent de financer la construction d'un nouveau collège à 75%. Ce n'est pas tout : ils proposent d'en financer le fonctionnement pour 4 ans. 10 millions €. Énorme ! Val de Reuil, dont les habitants sont parmi les plus pauvres de France, propose un financement extraordinaire pour sauver le collège PMF et le Réseau d'Éducation Prioritaire à Val de Reuil et dans l'agglomération. Nous savons qu'il y a danger. La commune et l'agglomération sont prêts à sauver. Et les conseillers départementaux de droite ou LREM réclament l'argent pour eux ! Le beurre, l'argent du beurre, et avec ça le sourire de la crémière ? Sérieusement, les urgences sociale et éducative méritent mieux que la provocation. Non pas gratuite : payée par les plus démunis.
Nous allons payer plus d'impôts, pour fermer des collèges. Nous quittons un modèle d'intégration et d'éducation qui vaut ce qu'il vaut, mais qui est préférable au sentiment d'abandon des populations. L'école éclaire les citoyens qui se construisent. C'est juste le phare de la nation. Et on l'éteint dans l'Eure. Quelle inconséquence !
Pour les transports scolaires dans la CASE, c'est juste n'importe quoi. Ce qui est gagné dans une poche est pris dans les autres.
Tout cela dirigé de main de maître par nos chefs locaux (et nationaux) LREM. Bravo à eux.
En face, les parents d’élèves, les élèves eux-mêmes, qui ont manifesté bruyamment pour conserver leurs collèges qu’ils aiment (ce n’est pas rien, ça !), les enseignants, l’unanimité des politiques de l’agglomération Seine-Eure - sauf la voix de madame Hafida Ouadah. Ignorés, bafoués, empêchés par les forces de l'ordre (qui ont néanmoins été bien aimables et polis envers nous lors des manifestations. Comme quoi, ils sont citoyens aussi. sûrement un peu parents ?). Les politiques de la CASE ont été abreuvés d'insultes et méprisés tout comme nous. M. Lecornu a réussi à marier la carpe et le lapin : l'union sacrée des politiques de la CASE contre le département sur ce sujet, tous bords confondus.
C'est inédit, du PCF à la droite, unis main dans la main pour défendre PMF face à la droite départementale.
Mais M. Lecornu continue de rester sourd, sa majorité continue de la suivre aveuglément, et les pouvoirs publics restent muets.
Les arguments de la majorité droite-gouvernementale : "ce n'est pas dans un but d'économie, mais dans le but d'améliorer la mixité sociale" ; "Il faut apprendre la mobilité aux enfants" ; "il faut les sortir de leur ghetto"... Des alibis.
Ce n'est pas ce que demandent les familles : elles veulent garder leur collège. Et ce n'est pas ce que souhaite le ministère, qui appelle à nouer des relations plus étroites avec les parents, et une pédagogie adaptée. Peut-on entendre les familles, les élèves et les enseignants ?
Les équipes éducatives souhaitent garder le contact sur le terrain, la proximité, des classes aux effectifs adaptés, un enseignement plus personnalisé.
Pas les heures de car, l'immersion dans des collèges 800, dans des classes saturées, sans possibilité d’accompagnement personnalisé, et loin des familles.

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