Le Ministre Jean-Louis Borloo vient de retenir l’unité de Biomasse Energie d’Alizay située dans l’usine M-Real. Nous ne pouvons que nous réjouir de la mise en place d’une unité d’énergie renouvelable en Haute–Normandie qui produit seulement 0,3% de ce type d’énergie actuellement.
Car il y a un “mais …”
Mais ce choix ne doit pas masquer la réalité de la situation sur le site d’Alizay où un centaine d’emplois va être supprimée. Après une table ronde à la Préfecture de l’Eure, le plan social est retardé de deux mois et les premiers licenciements sont prévus pour le 22 juillet.
Et pourtant …
Des solutions immédiates de reprise seraient réalisables :
- En revendant son électricité. L’Arrêté du 28 décembre 2009 fixe les conditions d’achat de l’électricité produite par les installations utilisant, à titre principal, l’é- nergie dégagée par la combustion de matières non fossiles d’origine végétale. Ceci permet ainsi le rachat de l’électricité produite à un prix plus élevé que dans le contrat actuel.
- En se diversifiant et en produisant de la ouate de cellulose et/ou de la plaquet- te de bois pour les réseaux de chaleur.
L’usine de Mreal est donc le parfait exemple du maintien et de la création d’em- plois qui seraient possibles dès lors que l’on applique les principes de la recon- version écologique de l’industrie.
Jérôme Bourlet
L’association saveurs et savoirs nous invitait à un café philosophique sur le thème : La terre, pour quoi faire ? Lotissements ? Routes ? Zones d’activités ? Cultures ? Nature ? Biodiversité ? Comment partager ?
Pour information, je ne suis venu à cette réunion que comme « consom’acteur» , sans connaissances techniques préalables suffisantes. Je suis donc là pour me faire une idée…
La présidente de
saveurs et savoirs et Céline, la coordinatrice de l’association, sont rentrées tout de suite dans le débat, en parlant des difficultés du retour à la terre, et des problèmes d’accession aux terres. Surtout pour les agriculteurs(trices) bio.
Pour en débattre, elles ont invité :
Emmanuel Hyest, président de la
FDSEA et de la
SAFER,
Avant de donner la parole à M. Hyest, la présidente rappelle les difficultés que recontrent les maraîchers bio, en citant les cas de plusieurs maraîchers, dont un seul a bénéficié de l’attribution d’une terre, et encore s’agissait-il d’une terre qui appartenait à sa famille.
Elle évoque le cas d’un maraîcher bio, qui a bénéficié d’un avis technique positif sur son projet, mais n’a pas obtenu la parcelle qu’il souhaitait.
M. Hyest rebondit aussitôt, car il connaît bien le dossier, pour l’avoir instruit, et nommera cet agriculteur M. B. Or, Benoît Lelièvre, puisque c’est de lui dont il s’agit, a effectivement reçu un avis favorable, mais la Safer lui a accordé une surface, car on n’accorde pas de parcelle. La parcelle que M. Lelièvre souhaitait a été accordé à un éleveur, et une autre surface, une parcelle en plein milieu de labours, sans haies, et plus éloignée d’un point d’eau, lui a été accordée.
Là nous sommes entrés dans la polémique. Pour les agriculteurs bio, le choix de la parcelle est important pour la qualité de leur production. Cette parcelle avait été choisie. Pour M. Hyest et la Safer, une parcelle est équivalente à une autre, et de plus, selon lui, cette parcelle est trop humide pour pouvoir y faire du maraîchage. Et la forme, en pointe, ne permet pas d’y effectuer l’activité de maraîchage.
Pour philippe Brière, éléveur bio, au contraire, le choix de la parcelle est des plus importants.
Sur ce choix, il m’a semblé comprendre que déjà agriculteurs bio et agriculteurs intensifs (on parlait d’agriculture intensive, maintenant d’agriculture raisonnée, et bientôt, pour la même activité et les mêmes méthodes, d’agriculture à haute valeur environnementale) s’opposent déjà. Ca va être chaud ?
C’est M. Hyest qui, après ce préambule, prendra la parole pour rappeler l’histoire de l’agriculture depuis 1955 et présenter la Safer et son rôle pour les agriculteurs…
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C’est par une matinée d’été bien grise que nous avons rencontré les cinq grèvistes de l’entrepôt «Pallio» à Saint-Pierre du Vauvray. Le désespoir causé par les licenciements économiques était palpable.
Salvador Da Silva, Didier Moulin, Cyriaque Prevost, Rosa-Marie Buarte et Mauricette Bucket ont passé toute leur vie dans l’entrepôt de l’usine Labelle, maintenant Pallio.
Pour toutes ces personnes, la nouvelle est tombée comme un coup de massue le 17 juin 2009 : licenciement économique !
« Nous ne comprenons pas », nous dit Rosa-Marie, « il y a 6 mois, on nous a demandé de faire des heures supplémentaires, le soir et le samedi. Et là on nous licencie, alors qu’il y a 6 mois de travail dans cet entrepôt ! »
Effectivement, il reste 80.000 paires de chaussures dans l’entrepôt de Saint-Pierre du Vauvray. Qu’il faudra trier, ranger, emballer et qu’il faudra préparer pour les commandes.
« Ce que nous voulons c’est finir notre travail correctement ! », nous assure Mauricette.
C’est le sentiment que l’on a quand on les rencontre. Tous les cinq sont d’une grande gentillesse. Il ne manifestent aucune colère, qui serait pourtant compréhensible. Pour défendre leur travail, ils se sont mis en grève. Pour qu’on les laisse finir leur mission. Mais Ils se sentent trahis et incompris. Tous ont passé leur vie dans cette entreprise, et ils connaissent les difficultés du secteur d’activité. Chacun et chacune sait que le licenciement est inéluctable. Mais ils ne comprennent pas pourquoi ce stock énorme de chaussures serait envoyé pour être traité ailleurs, alors qu’ils ne demandent qu’à le faire.
C’est une question de conscience professionnelle et d’honneur. Il veulent tous quitter l’entreprise lorsque cette ultime mission sera finie. Tout sera rangé, proprement, dans l’entrepôt comme dans leur vie. En leur volant ce dernier travail, c’est leur vie qu’on leur vole. [...]
Treize salariés sont licenciés sur le site de l’ancienne entreprise Labelle, dont tous ceux travaillant à l’entrepôt.
«Ça fait quarante-trois ans que je passe ce portail, montre Salvador Dasilva. A nous cinq, nous avons plus de deux cents ans d’ancienneté. »
Malheureusement, toutes ces années passées chez le fabricant de chaussures Labelle, puis chez Pallio, le repreneur, n’empêchent pas le licenciement des cinq personnes travaillant à l’entrepôt de Saint-Pierre- du-Vauvray. Huit personnes des services administratifs perdent également leur emploi.
La nouvelle n’a évidemment pas été bien accueillie et les cinq salariés de l’entrepôt sont en grève depuis jeudi dernier. Pas question pour eux de cautionner une décision qu’ils ne comprennent pas. « On a demandé à faire quatre mois de plus. Les magasins vont recevoir fin août la collection hiver. On voulait que le travail soit fait correctement, mais la direction nous a refusé ces quatre mois supplémentaires », regrette Rosa Duarte, qui compte trente-trois ans d’ancienneté.
L’annonce de leur licenciement leur a été faite le 17 juin, en comité d’entreprise et confirmée le 24 juin. La procédure de licenciement est lancée et les lettres devraient arriver dans leur boîte aux lettres demain ou après demain. [...]
sources : B.R., www.paris-normandie.fr, photo : D.R.