économie locale

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Avec le développement d’Ecoparc, un rond-point accidentogène sur la RD6015 remplacera-t-il un carrefour accidentogène ?

Un carrefour accidentogéne, et totalement inadapté au trafic routier actuel sur la RD6015
Avec le développement d’Ecoparc à Heudebouville, les riverains qui empruntent la RD6015 devraient vraisemblablement voir, sauf surprise, leurs voeux exaucés de remplacer le carrefour accidentogène, et totalement inadapté au trafic routier actuel, par un rond-point. Et ce, dès 2013 si tout va bien.
Avec le développement d’Ecoparc II, à Heudebouville, l’urgence sera de créer un rond-point à Heudebouville, à l’emplacement de l’actuel carrefour, qui facilitera la sortie de l’A13 pour les véhicules en provenance de Paris, l’entrée vers l’A13 en direction de Paris, et bien sûr qui évitera toutes les intersections avec la RD6015.
Après Ecoparc II, ce sont les chantiers de l’Ecoparc III et dans la foulée de l’Ecoparc IV qui commenceront. Le trafic routier actuel est encore composé à 85% de véhicules automobiles et 2 roues, et 15% de camions. Dès que l’Ecoparc II sera opérationnel, la proportion de trafic camions augmentera. Avec la mise en place des Ecoparcs III et IV, la proportion de camions explosera.
Evidemment, l’augmentation du trafic conduira le Conseil Général à procéder à des travaux sur le carrefour situé entre Saint Pierre et Louviers : si la situation est très dangereuse aujourd’hui, la dangerosité ne pourra qu’augmenter à mesure que le trafic augmentera.
La situation qui serait étudiée en ce moment pourrait ressembler à cela : décalé par rapport à l’actuelle tracé de la RD6015, il permettrait de récupérer un peu de plat pour les camions. Rappelons que le carrefour se situe tout en haut d’une route à forte déclivité, et que plus la pente est forte, plus les camions ont du mal à s’arrêter. Plus le trafic camions sera élevé, plus il faudra récupérer de plat. Il serait inconcevable de laisser des files de camions dans la pente, ce qui serait gênant pour les camions eux-mêmes, dangereux, surtout l’hiver dans les cas de verglas ou de brouillards givrants par exemple. On n’arrête pas un camion dans une pente l’hiver ! Et cela finirait par se ressentir sur le comportement des camions qui pourraient choisir de moins ralentir à l’entrée du rond-point…
C’est donc le volume du trafic camion qui garantira les bons comportements et la sécurité.
Un ouvrage comme celui-ci (le rond-point avec une intersection entre la D77 et le route de Paris), pourrait être estimé à 1,2 million d’€. L’étude est en cours, et les travaux des géomètres ont déjà eu lieu dès 2010. Les bornes des géomètres ont été posées en août 2010.
La charge de l’ouvrage incombera à 100% au Conseil Général. Une partie du terrain appartient déjà au Conseil Général, mais une partie nécessaire appartient à des propriétaires privés. Si le budget du CG est toujours disponible en 2013, l’ouvrage pourrait être réalisé à cette date. Faute d’accords entre le Conseil Général et les propriétaires pour une cession rapide, il faudrait compter 6 mois de plus pour réaliser les expropriations.
Voici une projection du nouveau rond-point sur la RD6015, entre Saint Pierre du Vauvray et Louviers. Il comblera les failles de sécurité existantes. Bien qu'il existe encore une intersection entre la D77, en direction de Sain Etienne du Vauvray et du Vaudreuil, et la route de Paris qui conduit à Saint Pierre du Vauvray, Andé,...Sur la même projection, si l'on supprimait l'intersection entre la D77 et la route de Paris, ce rond-point pourrait être encore plus sécurisé, pour un budget légèrement supérieur.
A comparer ces projections, le choix des riverains ne peut que se porter vers un scénario où il n’y aurait plus du tout d’intersection (entre la D77 en direction de Saint-Etienne du Vauvray et le Vaudreuil, et la route de Paris, empruntée par les habitants de Saint Pierre du Vauvray, d’Andé, et tous les automobilistes de la rive droite qui traversent le pont pour rejoindre l’A13, en direction de Paris.
Bien évidemment, on ne peut que se réjouir de voir se réaliser cet ouvrage le plus tôt possible, pour la sécurité de tous.
Mais si, dans les conditions actuelles de trafic routier, le giratoire offrira une sécurité suffisante, en sera-t-il toujours ainsi avec le développement d’Ecoparc II, puis III et IV et l’augmentation du trafic prévisible de poids-lourds sur la départementale ?
On doit au développement des Ecoparcs la prise en compte de la sécurité d’un des deux principaux axes qui les alimenteront : l’A13 et la RD6015.
Au niveau de la RD6015, 2 points noirs nuisent au développement des Ecoparcs : Le carrefour d’Heudebouville et le carrefour entre Saint Pierre et Louviers.
Le premier, à Heudebouville, sera traité prioritairement. Là, automobiles et camions peuvent entrer sur l’A13 direction Paris, et sortir de l’A13 en provenance de Paris. L’entrée se fait de façon un peu compliquée lorsque l’on vient d’Heudebouville, car il faut emprunter la D6155 (la départementale Heudebouville-Louviers), faire demi-tour au rond-point pour pouvoir accéder à la bretelle d’autoroute. Mais aucune desserte n’existe pour Rouen, Le Havre ou Caen. Ni en entrée, ni en sortie.
C’est bien là que le bât blesse. Car il semblerait que, pour le nouveau giratoire qui pourrait êre mis en chantier en 2011 à Heudebouville, la SAPN refuserait d’investir ans des bretelles d’accès en provenance et en direction de Rouen.
Si aucun accès n’est réalisé sur cet ouvrage dans ce sens, il sera impossible de dévier le flux de poids-lourds vers l’autoroute. La RD6015 sera alors le passage obligé de tout ce trafic poids-lourds, de façon captive !
Face aux flots de camions qui entreront et sortiront des Ecoparcs I, II, III et IV, la protection offerte par le giratoire à Saint Pierre, et qui conviendrait bien au flux actuels, ne mettrait-t-elle pas de nouveau en danger les usagers automobilistes, les 2 roues, les transports scolaires,… ?
Il existe déjà un flux de camions captifs : les transporteurs qui feront la liaison entre les entreprises de Val de Reuil et les entreprises logistiques d’Ecoparc II, qui travailleront en synergie. Pour eux, ce sera la seule route possible.
Mais si rien n’est fait pour dévier le trafic ouest des camions vers l’A13, c’est l’intégralité du flux de camions en provenance de Rouen, Le Havre et Caen qui devra emprunter cette « autoroute bis », et l’on pourrait imaginer la longueur des files de poids-lourds, qui phagocyterait la circulation, et empêcherait les camions de ralentir dans le rond-point de Saint Pierre, avec le peu de plat retrouvé en haut de la côte. Nous passerions d’un carrefour accidentogène, qu’un giratoire permettrait de sécuriser dans les conditions actuelles, à un giratoire accidentogène si le flux n’est pas dévié vers ses voies « normales », c’est-à-dire l’autoroute.
L’accès à l’autoroute en provenance et en direction de l’ouest constitue une condition préalable à la réalisation de l’ouvrage d’Heudebouville.
Le CG27 devra amener la SAPN à reconsidérer ses positions quant à la participation à la complétude de l’ouvrage. Notre sécurité en dépend.


Vendredi 5 novembre 2010 : projection du film « Moi, la finance et le développement durable » à 20h au cinéma les Arcades de Val de Reuil (27100)

Le Réseau des AMAP Haute Normandie & Terre de Liens Normandie vous invitent à la projection du film « Moi, la finance et le développement durable » de Jocelyne Lemaire Darnaud. La projection sera suivie d’un temps d’échange, de débat et de témoignages concrets de paysans, qui, proches de chez vous, font appel à de l’épargne solidaire pour s’installer ou maintenir leur activité.
Entre urbanisation galopante des terres agricoles et revenus en berne, les agriculteurs de Haute-Normandie sont confrontés à des difficultés croissantes. Pourtant, les candidats à l’installation ne manquent pas et la volonté de certains agriculteurs en place de reprendre la maîtrise de leur travail et de privilégier enfin la qualité à la quantité existe. En témoignent notamment le développement des circuits courts de consommation et l’essaimage des Amap (30 dans notre région !). Mais, l’installation, le maintien ou le développement de ces activités agricoles respectueuses et à échelle humaine se voient freinées par deux problèmes majeurs : l’accès au foncier et l’accès au financement.

Localement des solutions existent…

L’association Terre de Liens Normandie et le réseau des Amap ont développé des outils financiers : la foncière et le fonds de dotation pour la première, le fonds de garantie des prêts d’équipement pour le second.
Vous, moi, nous pouvons, en plaçant notre épargne dans ces outils de finance solidaires, soutenir des projets d’installation et de développement d’une agriculture locale paysanne, biologique, citoyenne et solidaire.
Soirée organisée dans le cadre de la Semaine de la finance solidaire incluse dans le mois de l’Economie Sociale et Solidaire organisé par la CRES Haute Normandie.
Contacts :
Réseau AMAP Haute Normandie : Pierre Couronné : 06 19 54 14 31
Terre de Liens Normandie : Camille de Rostolan : 09 70 20 31 17


L’entreprise PALLIO rachetée par 2 distributeurs français

L'entreprise PALLIO rachetée par 2 distributeurs français

L’entreprise a été rachetée par deux distributeurs français. Avec 24 magasins, l’enseigne Pallio pourra proposer de nouvelles marques, et l’entreprise espère pouvoir ouvrir au moins deux boutiques par an, et pour commencer, à Rouen, où Pallio n’exiete plus. A noter que certaines de ces boutiques changeront d’enseigne pour s’appeler « Shoe Mark ».
Ce rachat passe par de nouvelles pertes d’emplois : l’entreprise qui comptait encore 105 salariés avant rachat, n’en compte plus que 87. Sur le site de Saint-Pierre du Vauvray, il restera 10 employés sur les 18 qui y travaillaient encore.
Nous souhaitons bonne chance et longue vie à Pallio.

Holcim-Sovrac se lâche, et les odeurs pestilentielles envahissent de nouveau Saint-Pierre

Usine Holcim de Canon City
Les habitants de Saint-Pierre du Vauvray l’auront senti : un vent pestilentiel s’est installé dans notre commune. Il s’agit de l’entreprise Holcim, qui n’avait plus fait beaucoup parler de lui depuis les travaux entrepris en 2005 ans pour empêcher ces particules et odeurs nauséabondes de ruiner la tranquillité et la santé des riverains. C’est le grand retour des nuisances industrielles dans notre petit bourg rural.
Cela fait 3 nuits aujourd’hui que l’entreprise HOLCIM (ex SOVRAC) empuantit notre commune. Cela commence le soir, vers 23 heures, persiste la nuit durant, et loin de s’estomper au matin, cette odeur insupportable continue de nous empoisonner la vie, en extérieur, comme à l’intérieur des maisons, où elle semble s’accrocher durablement à chaque vêtement, rideau ou meuble.
Avec Jérôme Bourlet, élu de la commune, Conseiller Régional, et Président du SCoT, nous nous sommes rendus le vendredi 23 avril de bon matin dans les locaux de l’entreprise afin d’obtenir des explications.
En l’absence des dirigeants, nous avons été reçus par les secrétaires et un technicien.
C’est donc lui qui nous a expliqué la raison de ces nuisances : des usines du groupe étant momentanément fermées, l’usine de Saint-Pierre du Vauvray a accepté de traiter une citerne qui devait être traitée ailleurs. De l’eau nous explique le technicien. Ils ont procédé au dépotage et au stockage de cette « eau », et le personnel constatant l’odeur, la décision a été prise de remettre le liquide nauséabond dans la citerne et de la renvoyer.
Mais voilà, la citerne de l’usine (et non du camion), équipée d’un capteur de COV, en avait conservé la puanteur. Et les conditions climatiques ont du jouer, selon le technicien, entraînant le dépôt des particules odorantes sur les habitations Saint-Pierroises.
Mais voilà encore, le soir même : patatras ! A 23 h, la puanteur envahit de nouveau nos rues et nos jardins. Pas de taux d’humidité particulièrement préoccupant, il faisait plutôt bon, l’air était sec, le vent était faible, mais les odeurs reviennent. Comme les autres soirs.
Cela pue donc du soir au matin, puis cela s’estompe dans le courant de la matinée. Dès que l’odeur a disparu, il nous faut à notre tour aérer nos maisons qu’imprègne le tenace remugle.
Nous avons entendu les explications de l’employé d’Holcim. Mais j’avoue ne toujours pas comprendre pourquoi, si la citerne de l’usine est bien équipée d’un capteur de COV et si l’incinération fonctionne en continu – comme le demande l’arrêté préfectoral -, les odeurs persistent à se déclarer dans la soirée et la nuit durant.
Constatant également le stockage à l’air libre de « bigs bags », on peut aussi se demander si ceux-ci ne participent pas aux émanations ?
Nous avons contacté la DREAL (ex DRIRE et Diren) pour les alerter de cette situation préoccupante. Une main courante a été déposée en mairie de Saint-Pierre du Vauvray, et et nous avons appris que d’autres habitants de la commune ont également contacté la DREAL et la mairie par téléphone pour les avertir de la pollution…

La marche pour l’emploi du 10 mars en soutien à M-Real

Depuis quatre mois, un collectif s’est créé pour maintenir les emplois de l’usine de pâte à papier de M-real à Alizay.

Ce collectif, qui réunit les représentants des différents syndicats et partis politiques, cherche par tous les moyens à mettre en valeur la lutte des salariés pour la sauvegarde de leurs emplois.

Dans le même temps, il propose des solutions pour faire repartir cette unité de production.

Devant le peu de vision stratégique de l’entreprise, et sa volonté de se séparer de ce site, les solutions proposées par le collectif sont :

  • la valorisation de la biomasse (bois et déchets de coupe) pour produire de l’électricité verte,
  • la fabrication de plaquettes bois pour alimenter les réseaux de chaleur,
  • la fabrication de ouate de cellulose,
  • la fabrication d’agrocarburant de deuxième génération…

Ou bien on trouve un repreneur pour la production de pâte à papier.

L’ensemble de ces propositions renforce l’idée que la fermeture de ce site n’est qu’un désengagement industriel dans un but purement financier.

De nombreux élus ont su se mobiliser au regard de l’importance de l’enjeu : l’emploi dans cette partie de la Vallée de Seine. Espérons que cette volonté ne s’arrêtera pas le 22 mars.

Aujourd’hui, c’est une marche pour l’emploi dans le secteur de pont de l’arche et ses environs qui a uni dans l’espoir les travailleurs, les syndicats, les familles, citoyens et citoyennes, aux côtés de leurs élu(e)s.

Toutes les communes des environs étaient représentées, au travers de leurs maires, adjoints et conseillers municipaux : Louviers, Val-de-Reuil, Pont-de-l’Arche, Les Damps, Alizay, Pîtres, le Manoir, Poses, Léry, Heudebouville, andé, Saint-Etienne-du Vauvray. La commune de Saint-Pierre-du-Vauvray était aussi représentée par 2 conseillers municipaux, Laetitia et moi-même, sous la bannière Europe-Ecologie. Le député François Loncle, et des conseillers généraux, étaient présents pour soutenir cette marche.

Cette volonté des salariés de garder leurs emplois sur ce site est un exemple, qui montre ô combien le savoir faire industriel dans notre région est une culture que ne nombreux décideurs ont tendance à oublier.

Il temps que les politiques ne basent pas uniquement leurs visions de développement économique sur les désirs de la CCi et de la CRCI de ne voir dans notre région qu’un développement de la logistique. Cette stratégie consomme du foncier, et fournit peu d’emplois.

Aujourd’hui je suis triste de voir qu’au niveau de notre tissu industriel, la seule variable d’ajustement est le salarié.

Par contre, je suis heureux de voir que les solutions proposées par les écologistes sont porteuses d’espoir dans le monde de l’industrie.
Dès aujourd’hui l’industrie verte est porteuse d’emplois, ne laissons pas passer cette chance.

Une reconversion écologique de l’industrie … ou pas

Une reconversion écologique de l’industrie ... ou pas
Le Ministre Jean-Louis Borloo vient de retenir l’unité de Biomasse Energie d’Alizay située dans l’usine M-Real. Nous ne pouvons que nous réjouir de la mise en place d’une unité d’énergie renouvelable en Haute–Normandie qui produit seulement 0,3% de ce type d’énergie actuellement.
Car il y a un “mais …”
Mais ce choix ne doit pas masquer la réalité de la situation sur le site d’Alizay où un centaine d’emplois va être supprimée. Après une table ronde à la Préfecture de l’Eure, le plan social est retardé de deux mois et les premiers licenciements sont prévus pour le 22 juillet.
Et pourtant …
Des solutions immédiates de reprise seraient réalisables :
  • En revendant son électricité. L’Arrêté du 28 décembre 2009 fixe les conditions d’achat de l’électricité produite par les installations utilisant, à titre principal, l’é- nergie dégagée par la combustion de matières non fossiles d’origine végétale. Ceci permet ainsi le rachat de l’électricité produite à un prix plus élevé que dans le contrat actuel.
  • En se diversifiant et en produisant de la ouate de cellulose et/ou de la plaquet- te de bois pour les réseaux de chaleur.
  • L’usine de Mreal est donc le parfait exemple du maintien et de la création d’em- plois qui seraient possibles dès lors que l’on applique les principes de la recon- version écologique de l’industrie.

Jérôme Bourlet

La terre, pour quoi faire ? Pro-bio at anti-bio ont débattu à Fleury sur Andelle…

La terre, pour quoi faire ? Pro-bio at anti-bio ont débattu à Fleury sur Andelle...L’association saveurs et savoirs nous invitait à un café philosophique sur le thème : La terre, pour quoi faire ? Lotissements ? Routes ? Zones d’activités ? Cultures ? Nature ? Biodiversité ? Comment partager ?
Pour information, je ne suis venu à cette réunion que comme « consom’acteur », sans connaissances techniques préalables suffisantes. Je suis donc là pour me faire une idée…

La présidente de saveurs et savoirs et Céline, la coordinatrice de l’association, sont rentrées tout de suite dans le débat, en parlant des difficultés du retour à la terre, et des problèmes d’accession aux terres. Surtout pour les agriculteurs(trices) bio.

Pour en débattre, elles ont invité :
Emmanuel Hyest, président de la FDSEA et de la SAFER,
Gaël Louesdon, co-fondateur de la Foncière Terre de Liens,
Jean-François Dufaux, chargé de mission au Conservatoire des Sites Naturels de Haute-Normandie.

On va parler biodiversité, agriculture, agriculture bio, et AMAP. Aussi, je vous invite à écouter l’émission d’Isabelle Giordiano, Service Public (France Inter), du 3 décembre 2009, sur le thème : « AMAP : pourquoi ça marche de plus en plus, est-ce toujours bien ? »

Avant de donner la parole à M. Hyest, la présidente rappelle les difficultés que recontrent les maraîchers bio, en citant les cas de plusieurs maraîchers, dont un seul a bénéficié de l’attribution d’une terre, et encore s’agissait-il d’une terre qui appartenait à sa famille.
Elle évoque le cas d’un maraîcher bio, qui a bénéficié d’un avis technique positif sur son projet, mais n’a pas obtenu la parcelle qu’il souhaitait.
M. Hyest rebondit aussitôt, car il connaît bien le dossier, pour l’avoir instruit, et nommera cet agriculteur M. B. Or, Benoît Lelièvre, puisque c’est de lui dont il s’agit, a effectivement reçu un avis favorable, mais la Safer lui a accordé une surface, car on n’accorde pas de parcelle. La parcelle que M. Lelièvre souhaitait a été accordé à un éleveur, et une autre surface, une parcelle en plein milieu de labours, sans haies, et plus éloignée d’un point d’eau, lui a été accordée.
Là nous sommes entrés dans la polémique. Pour les agriculteurs bio, le choix de la parcelle est important pour la qualité de leur production. Cette parcelle avait été choisie. Pour M. Hyest et la Safer, une parcelle est équivalente à une autre, et de plus, selon lui, cette parcelle est trop humide pour pouvoir y faire du maraîchage. Et la forme, en pointe, ne permet pas d’y effectuer l’activité de maraîchage.
Pour philippe Brière, éléveur bio, au contraire, le choix de la parcelle est des plus importants.
Sur ce choix, il m’a semblé comprendre que déjà agriculteurs bio et agriculteurs intensifs (on parlait d’agriculture intensive, maintenant d’agriculture raisonnée, et bientôt, pour la même activité et les mêmes méthodes, d’agriculture à haute valeur environnementale) s’opposent déjà. Ca va être chaud ?

C’est M. Hyest qui, après ce préambule, prendra la parole pour rappeler l’histoire de l’agriculture depuis 1955 et présenter la Safer et son rôle pour les agriculteurs.

M. Hyest dirige une exploitation de 160 Ha, avec 4 employés, en polyculture (céréales, vergers, et centre équestre).
Il est président de la FDSEA et de la SAFER
Lorsqu’on tape son nom sur Google, on tombe d’abord sur ce lien, et plus loin, celui-ci.

M. Hyest nous raconte l’histoire (en raccourci) de l’agriculture depuis 1955. Mais pour lui, l’acte fondateur de l’agriculture française est la PAC, dont le but est d’apporter aux agriculteurs un revenu comparable aux autres catégories socio-professionnelles.
Les cultures ont évolué en fonction du marché. Dans les années 70, le panier de la ménagère représentait 30% du budget du ménage. Et aujourd’hui, il ne représente plus que 13 à 14%, ce qui, pour M. Hyest, est la preuve des efforts fournis par les agriculteurs et justifie les choix pris. C’est la baisse des produits agricoles qui aurait permis cette baisse en % du budget des ménages, et aurait permis des transférer les richesses économisées vers d’autres postes.

Ensuite, M. Hyest nous parle des contrôles des structures : Quand auparavant une autorisation était nécessaire pour l’agrandissement d’une exploitation, aujourd’hui, les contrôles ont disparu.
Mais. Depuis 1965, la SAFER, société anonyme sans but lucratif, gère les transactions concernant les propriétés foncières. Agricoles, s’entend.
La SAFER met en réserve du foncier, et l’attribue aux agriculteurs.
Bien sûr, il y a des priorités. 2 de ces priorités nous seront indiquées :

  • L’attribution des terres se fait avant tout, et prioritairement, aux jeunes agriculteurs.
  • Une fois cette priorité remplie, la seconde priorité va à l’agrandissement des exploitations.

C’est le droit de préemption qu’a la SAFER qui lui permet d’acquérir le foncier qui sera attribué aux exploitants. Après que la SAFER ait validé la conformité de leur projet.

Une des grandes préoccupations de l’assemblée, et de M. Hyest, est la fermeture du marché foncier : les terres agricoles diminuent de 15% chaque année depuis 3 ans.
En conséquence, la SAFER n’arrive plus à fournir les demandes. En 2009, il y avait 40 demandeurs pour une même parcelle en moyenne.

Mais si la volonté de l’Etat est le doublement de la SAU (Surface Agricole Utilisée) cultivée en bio, qui passerait de 2 à 4%, le bio n’est pas une priorité de la SAFER.

Le BIO en quelques chiffres

(source : agreste.agriculture.gouv.fr)

  • En Europe, près de 180 000 exploitations agricoles étaient cultivées en bio à la fin 2006 – en hausse de 9% par rapport à 2005 – totalisant presque 7 millions d’hectares de surface (+8,3%).
  • Avec 13% de la surface agricole utilisée (SAU) certifiée bio, l’Autriche est en 2006 le meilleur élève de l’Union européenne, devant la Lettonie (9,4%) et l’Italie (9%).
  • En superficie totale, l’Italie arrive en tête avec plus d’1,1 million d’hectares cultivés par plus de 45000 exploitations biologiques.
  • Malte et la Bulgarie sont de très petits producteurs bio mais entre 2005 et 2006, leur SAU bio a progressé respectivement de 43% et 26%.
  • L’Autriche, l’Allemagne, l’Espagne, la Grèce, l’Italie et la France concentrent à eux seuls plus des deux-tiers des exploitations biologiques du Vieux Continent.
2,02 % du territoire français en production biologique.

En France en 2007, près de 12 000 exploitations agricoles sont engagées dans l’agriculture biologique, soit 2,02% de la SAU nationale.
Le plan « Agriculture Biologique : horizon 2012 » lancé par le ministère de l’agriculture et de la pêche dans le cadre du Grenelle de l’environnement, a pour objectif de tripler en cinq ans (passer de 2% à 6%) la surface agricole cultivée en bio. En 2007, arrivent en tête la région Provence-Alpes-Côtes d’Azur, le Languedoc-Roussillon avec respectivement 6,9% et 4,4% de SAU bio. Les conversions des terres arables en production bio ont progressé de 12,4% en moyenne en 2007.

Un marché en hausse de 10 % par an

Pour 2007, en France, les ventes de produits alimentaires issus de l’agriculture biologique sont estimées à près de 1,9 milliard d’euros hors taxe (1,7 milliard en 2006).
Sur 10 ans, le marché du bio a progressé de 10 % par an en moyenne.
Plus d’un français sur 4 consomme des produits bio, dont 42 % au moins une fois par an, 23 % au moins une fois par semaine et 6 % tous les jours.
77 % des français estiment que l’agriculture biologique est une voie d’avenir face aux problèmes environnementaux.
En 2007, ce sont les grandes et moyennes surfaces (GMS) et les magasins spécialisés (respectivement 39,6% et 36,9% des parts de marché) qui concentrent la majeure partie des ventes.
La vente directe (sur place, marchés, salons, correspondance…), a enregistré 18,2% des échanges de produits bio.
Quant aux artisans-commerçants (boulangerie, boucherie), ils ont attiré 4,5 % des achats.
Les produits bio les plus consommés sont les fruits et légumes, suivis des produits laitiers, des œufs, des produits à base de céréales et de l’épicerie, des viandes, puis du pain.

Du bio dans la restauration collective

En France, la restauration collective à caractère social représente 49% des repas pris hors domicile.
Environ 3,5 milliards de repas sont servis par an, soit 9,5 millions par jour en moyenne. Principaux secteurs concernés : le secteur de la santé (43%), l’enseignement (33%), et le travail (13%).
La restauration collective « bio » reste très modeste, puisque qu’elle ne représente que 0,5 % du marché de l’alimentation bio, mais son développement est prometteur. En restauration scolaire, les parents sont demandeurs, à 78%, de produits bio dans les cantines; dans les entreprises, 39% des actifs en souhaiteraient sur leurs plateaux; 43% des Français sont intéressés par des menus bio au restaurant.
En outre, une des conclusions du Grenelle de l’environnement, visant à favoriser le développement de l’agriculture biologique, propose de passer progressivement à 20% de produits bio dans la restauration collective publique d’Etat (administrations, hôpitaux, universités, prisons…) à l’horizon 2012.
Chez nos voisins européens, même impulsion. En Italie, 683 cantines scolaires ont servi 924 000 repas bio par jour en 2007. En Allemagne, la moitié des restaurants collectifs proposent du bio. En Suède, au Danemark, en Autriche et au Pays-Bas, des objectifs nationaux similaires sont dessinés.

SAU par département en % en 2008Surfaces totales par département en 2008nombre d'exploitations bio en 2008Répartition par département des préparateurs de produits bio en 2008Evolution des surfaces certifiées bio par département entre 2007 et 2008Evolution du nombre de producteurs engagés en agriculture bio par département, entre 2007 et 2008

Si la préoccupation de la Safer n’est clairement pas le développement de l’agricuture BIO, il en va tout autrement pour Terre de liens, qui a été créée en 2003 pour aider au développement du BIO. L’objectif de Terre de liens est de donner accès au foncier pour les producteurs BIO.

Terre de liens a été créée sous forme de société en commandite par actions, avec plus de 200 actionnaires et un capital de 1.300.000 €.

Comme la Safer, Terre de liens essaie de lutter contre l’artificialisation des terres (66.000 ha chaque année) et la spéculation qui fait rage sur ce secteur. Mais à la différence de la Safer, Terre de liens s’oppose à la concurrence entre agriculteurs pour l’agrandissement, concurrence qui fait disparaître 200 fermes chaque semaine. Pour Gaël Louesdon, comme pour les agriculteurs BIO qui étaient présents, il s’agit de promouvoir une agriculture qui permet de faire vivre 1 actif pour 10 ha de terres. Là ou les agriculteurs intensifs (ou raisonnés) présents, estimaient qu’on ne peut vivre décemment à moins de 40 ha /actif.

Pourtant, Gaël Louesdon comme les agriculteurs BIO présents affirmaient le contraire : on peut vivre de sa terre, avec 10 ha, en privilégiant les circuits courts et l’autonomie, avec une mécanisation considérablement moindre.

La charte de Terre de liens

Soutenir des projets socialement, écologiquement et économiquement pérennes.
Encourager des dynamiques collectives et solidaires en milieu rural et périurbain.
Renforcer, par des actions, le débat sur la gestion de la terre et du bâti.

  • Permettre l’installation ou le maintien de lieux agricoles biologiques ou biodynamiques, et plus généralement, soutenir les projets qui vivifient le sol, respectent les paysages et l’équilibre des écosystèmes
  • Donner une chance aux porteurs de projet d’accéder à du foncier et du bâti
  • Maintenir les fermes existantes et éviter l’agrandissement
  • Favoriser la transmission de la terre et des savoir-faire en assurant leur continuité
  • Favoriser la création d’activités rurales pluriactives, multifonctionnelles
  • Privilégier les initiatives qui s’appuient sur les potentiels, les savoirs et les savoir-faire locaux
  • Lire la suite de cette charte sur le site

Le crédo de Terre de liens : Protéger la terre et la sortir de la spéculation, pour la cultiver dans le respect de l’environnement.

Vous pouvez devenir actionnaire de la Foncière Terre de liens. Et profiter de 2 opportunités fiscales …

Conditions d’obtention des avantages fiscaux :

  • Les actions doivent être conservées pendant au moins 5 ans (jusqu’au 31 décembre de l’année n+5, n étant l’année de souscription),
  • Les souscriptions ne doivent pas avoir donné lieu à d’autres avantages fiscaux.
La réduction de l’impôt sur le revenu (dispositif Madelin)

L’agrément « Entreprise Solidaire » permet de faire bénéficier aux actionnaires d’un avantage fiscal sur les souscriptions au capital des PME : une réduction de l’impôt sur le revenu de 25% du montant souscrit,
Pour l’impôt sur le revenu, les versements sont retenus dans la limite de 50 000 € par an pour les contribuables célibataires et de 100 000 € pour les contribuables mariés ou pacsés soumis à une imposition commune. La fraction des investissements excédant cette limite, ou excédant la montant de l’impôt, ne peut pas être reportée sur les années suivantes.

La réduction de l’impôt de solidarité sur la fortune (dispostif TEPA)

Pour l’ISF, l’avantage est de 75% du montant souscrit. Le montant de la réduction d’ISF est limité à 50 000 € par année d’imposition. La période de souscription à prendre en compte dans la déclaration est du 16 juin N au 15 juin N+1 (sous réserve de ne pas dépasser globalement 2,5 millions d’euros sur 12 mois).
La réduction à l’IR est exclusive de la réduction à l’ISF pour la même souscription.

sites d'intervention du conservatoire des sitesNotre dernier dernier intervenant, avant le débat est Jean-François Dufaux, chargé de mission au Conservatoire des Sites Naturels de Haute-Normandie.
Le Conservatoire des Sites Naturels de Haute-Normandie, c’est 28 salariés, scientifiques et techniciens, qui gèrent 52 sites, sur une surface de 1150 hectares. Il est financé à 99% par le public. C’est aussi une association qui rassemble près de 250 adhérents, des communautés adhérentes, des conservateurs bénévoles, et des associations partenaires.

Les 4 missions du conservatoire sont connaître (et faire connaître), protéger, gérer et valoriser les espaces naturels et la biodiversité des sites.

Le plus gros travail reste le débroussaillage et le déboisement des sites. En effet, le boisement en milieu tempéré provoque une chute de la biodiversité : là où en forêt on trouve 40 espèces (pour toute la forêt), la biodiversité dans une prairie est de 40 espèces par m2 !
Il faut donc stopper l’avancée de toute la forêt sur les zones à forte biodiversité.
46.000 ha d’espace est disponible pour la biodiversité (sur la Vallée de l’Eure, la Vallée de Seine et le Pays de Bray), ce qui représente 3,5% de notre territoire. Dans d’autres régions, ce pourcentage peut atteindre jusqu’à 12 %.

Pour réaliser sa mission, et la rendre pérenne, le conservatoire assure la maîtrise foncière de ces sites par achat ou par convention de gestion avec les propriétaires, qu’ils soient publics ou privés.

Alors : la terre, pour quoi faire ?

Nos 3 protagonistes partagent une même mission : assurer la maîtrise foncière des terres. En outre ils partagent une même préoccupation : lutter contre l’artificialisation des terres (66.000 hectares, l’équivalent d’un département, qui disparaît chaque année pour la culture et la biodiversité). Leur but est donc de préserver, et réserver, les terres… et là intervient le « pour quoi faire ? ».

La Safer et Terre des liens, c’est l’éléphant et la souris. La Safer représente 80.000 hectares achetés et revendus par an, soit 22,9 % du marché foncier accessible. Terre des liens, c’est 365 hectares (!).
Inutile de vous dire que la Safer est la société qui a le pouvoir sur l’attribution des terres, et la FNSEA qui y détient les 2/3 des sièges (même s’il existe une tutelle des ministères de l’Agriculture et des Finances, que les collectivités territorales et les Conservatoires des Sites Naturels y sont représentés) décide in fine de l’attribution et du type d’exploitation.
Lorsque que le Président de la Safer, M. Hyest, qui possède également les casquettes de Président de la FDSEA 27, de Vice Président de la Chambre d’Agriculture, et dirigeant lui-même une grande exploitation agricole, nous dit que l’agriculture BIO n’est pas une priorité, tout du moins pas plus ni moins, précise-t-il plus tard, que l’agriculture dite « raisonnée », les exploitants BIO ont du mouron à se faire.
Si c’est une priorité au niveau national (objectif : tripler en cinq ans – de 2% à 6% – la surface agricole cultivée en bio), au niveau local, et surtout, comme on le voit sur les cartes, dans le département de l’Eure, les exploitants BIO ont bien du mal à s’installer.

D’autres sujets ont été évoqués lors de ce café philo :

  • L’intégration des corridors verts et bleus dans l’exploitation agricole.
    • Les espèces ont besoin de se déplacer pour garantir leur survie :
      • recherche de biotopes adaptés,
      • rencontre d’autres individus pour la reproduction …
    • La notion de population est fondamentale pour toutes les espèces vivantes (animales ou végétales), des individus isolés n’ont pas d’avenir…
    • Pour se déplacer, les espèces empruntent des couloirs :
      • les corridors verts pour les espèces terrestres,
      • les corridors bleus pour les espèces liées à la présence de l’eau.

    Même si tout le monde s’accorde à dire que ces corridors sont indispensables pour la sauvegarde de la faune et de la flore, il serait plus facile aux agriculteurs BIO de respecter et d’aménager ces corridors, de par la taille des exploitations et la moindre mécanisation. Lors de ce débat, c’était aussi ceux-ci qui y accordaient le plus d’importance…

  • La qualité de l’environnement, la possibilité de conversion ont aussi été l’objet de débats. Pour M. Hyest, la qualité environnementale est désormais respectée, pour preuve, on trouve des saumons aujourd’hui dans l’Andelle. Et les eaux sont transparentes (petit débat sur la qualité de l’eau vs la turbidité de l’eau). D’ailleurs « si [leurs] efforts ne sont pas reconnus, pourquoi se [casser la tête] à le faire. Autant revenir aux pratiques d’avant ! »…
    Quant à la conversion de l’agriculture « raisonnée » vers le BIO, celui-ci annonce qu’une année était suffisante : pour preuve, dans sa propre exploitation, ayant laissé des terres en jachère, des orchidées y avaient même poussé (ce qui étonne Jean-François Dufaux, qui nous dit que ce n’est possible que si celles-ci avaient été plantées l’année précédente…). Bref, le raisonné, c’est aussi bien que le BIO, à peu de choses près.
    On s’éloigne du débat, enfin, du gros débat sur « Y a-t-il une place pour le BIO »…
  • La présence de M. Jacques POLETTI, Conseiller Général, aura aussi été l’occasion d’une joute concernant la déviation de Romilly-Pont-Saint-Pierre. Mais ça, c’est une autre histoire…

Au final, les débats ont été plutôt courtois, mais les positions semblent bien bloquées.

Si les agriculteurs BIO font des efforts pour se faire connaître, et reconnaître, il semble que cela reste un épiphénomène pour l’agriculture intensive qui y reste rétive, sinon hostile. La FNSEA est derrière ses remparts, et sa position dominante ne pose pas les agriculteurs BIO en interlocuteurs ou en partenaires. La volonté affichée du gouvernement fait figure de voeu pieux sur le terrain…
La crise agricole actuelle fera-t-elle bouger les lignes ?

Quant à M. Benoît Lelièvre, son cas n’est toujours pas tranché. Il en sera sans doute réduit à poursuivre sa démarche auprès du Tribunal Administratif. Dur, dur, pour les agriculteurs BIO.

Quelques adresses :
1001 légumes (et ses paniers hebdomadaires)
La ferme biologique du Bec Hellouin
Saveurs et savoirs (nos hôtes pour ce café philo)
AMAP Risloise – Pont Audemer
AMAPS de Haute-Normandie
Site national des AMAPS

Café philo le 30 novembre à Fleury sur Andelle

Café philo le 30 novembre à Fleury sur Andelle

La terre, pour quoi faire ?

Lotissements ?
Routes ?
Zones d’activités ?
Cultures ?
Nature ?
Biodiversité ?

Comment partager ?
Venez rencontrer :

  • Emmanuel Hyest, président de la FDSEA et de la SAFER
  • Gaël Louesdon, co-fondateur de la Foncière Terre de Liens
  • Jean-François Dufaux, chargé de mission au Conservatoire des Sites Naturels de Haute-Normandie

Venez les rencontrer au restaurant La potinière, place de la Mairie, à Fleury sur Andelle, le lundi 30 novembre, à 20h30.
L’entrée est libre.

Les grévistes de l’entrepôt Pallio de Saint-Pierre du Vauvray s’expliquent…

[caption id="attachment_2197" align="alignleft" width="240" caption="Salvador, Didier, Cypriaque, Rosa-Marie et Mauricette expliquent leur revendication"]Salvador, Didier, Cypriaque, Rosa-Marie et Mauricette expliquent leur revendication[/caption]

C’est par une matinée d’été bien grise que nous avons rencontré les cinq grévistes de l’entrepôt «Pallio» à Saint-Pierre du Vauvray. Le désespoir causé par les licenciements économiques était palpable.

Salvador Da Silva a commencé à travailler pour Labelle en 1966. Il avait 16 ans et vivait alors au Vieux Rouen. C’était son premier emploi. Presque toute sa carrière, Salvador l’a faite au bureau d’études. Depuis le rachat de Labelle, il a travaillé au bureau, puis en usine. Ensuite il a assumé des fonctions commerciales, et enfin travaille maintenant à l’entrepôt de Saint-Pierre. Salvador a travaillé 43 ans sur ce site.
Didier Moulin a 48 ans. Embauché le 3 août 1976 (« c’était un mardi », nous dit-il) comme emballeur, il travaille pour l’entreprise Labelle depuis 33 ans. Comme Salvador, Didier a commencé à 16 ans. Et lui aussi n’a connu qu’une seule entreprise.
Cyriaque Prevost, 44 ans, travaille ici depuis 1982. Entré comme assistant, il est depuis 10 ans responsable d’entrepôt. Pour tous c’est plus ou moins la même histoire, et pour Cyriaque, il s’agit aussi de son premier emploi, qu’il assume dans la jovialité depuis 27 ans.
Rosa-Marie Buarte, elle aussi Saint-Pierroise, et magasinière depuis janvier 1982. Chez Labelle, devenue au long des rachats, Labelle du Vauvray, puis Tachon et enfin Pallio.
Mauricette Bucket est préparatrice des commandes depuis 1987. Elle a un parcours un peu atypique par rapport aux autres, puisqu’elle a déjà été licenciée économique en 2005. Mais elle sera réembauchée en 2008, toujours comme préparatrice des commandes.
Pour toutes ces personnes, la nouvelle est tombée comme un coup de massue le 17 juin 2009 : licenciement économique !
« Nous ne comprenons pas », nous dit Rosa-Marie, « il y a 6 mois, on nous a demandé de faire des heures supplémentaires, le soir et le samedi. Et là on nous licencie, alors qu’il y a 6 mois de travail dans cet entrepôt ! »
Effectivement, il reste 80.000 paires de chaussures dans l’entrepôt de Saint-Pierre du Vauvray. Qu’il faudra trier, ranger, emballer et qu’il faudra préparer pour les commandes.
« Ce que nous voulons c’est finir notre travail correctement ! », nous assure Mauricette.
C’est le sentiment que l’on a quand on les rencontre. Tous les cinq sont d’une grande gentillesse. Ils ne manifestent aucune colère, qui serait pourtant compréhensible. Pour défendre leur travail, ils se sont mis en grève. Pour qu’on les laisse finir leur mission.

Mais est-ce une priorité des décideurs économiques de Pallio ?
Un peu d’histoire vous permettra de comprendre un peu mieux cette entreprise. En 2003, la SA CHAUSSURE LABELLE, en redressement judiciaire, est rachetée par un groupe d’industriels portugais, aidés financièrement par des fonds d’investissement de l’état Portugais. Des erreurs stratégiques n’ont pas permis de stabiliser l’entreprise qui affiche toujours autant de perte.
En 2008 par un jeu de participation que seul les mécanos de la finances apprécient, l’entreprise passe au main du groupe Aerosoles (une des plus grandes fabriques de chaussures du Portugal Aerosoles). Mais la situation financière de ce groupe est délicate et en avril 2009, la viabilité de Aerosoles nécessite une injection immédiate de 11,5 millions d’euros au niveau du Portugal. En France, la filiale Pallio ne se porte pas mieux car elle a subit 5 millions d’euros de perte sur l’année 2008.
Dans ce jeu où les millions défilent, le problème soulevé par les ouvriers de Saint-pierre et leur conscience professionnelle semblent être oublié, et il y a de quoi se sentir trahis et incompris.

Tous ont passé leur vie dans cette entreprise, et ils connaissent les difficultés du secteur d’activité. Chacun et chacune sait que le licenciement est inéluctable. Mais ils ne comprennent pas pourquoi ce stock énorme de chaussures serait envoyé pour être traité ailleurs, alors qu’ils ne demandent qu’à le faire. C’est une question de conscience professionnelle et d’honneur. Il veulent tous quitter l’entreprise lorsque cette ultime mission sera finie. Tout sera rangé, proprement, dans l’entrepôt comme dans leur vie. En leur volant ce dernier travail, c’est leur vie qu’on leur vole.

Lorsque nous quittons le groupe, les filles qui jusque là avait contenu leurs larmes pour nous afficher des sourires, n’ont pas pu résister à se sécher les yeux. C’est une journée d’été bien grise…

L’entrepôt Pallio en grève (ex-Labelle), 13 personnes licenciées à Saint-Pierre du Vauvray

pallioTreize salariés sont licenciés sur le site de l’ancienne entreprise Labelle, dont tous ceux travaillant à l’entrepôt.

«Ça fait quarante-trois ans que je passe ce portail, montre Salvador Dasilva. A nous cinq, nous avons plus de deux cents ans d’ancienneté. »

Malheureusement, toutes ces années passées chez le fabricant de chaussures Labelle, puis chez Pallio, le repreneur, n’empêchent pas le licenciement des cinq personnes travaillant à l’entrepôt de Saint-Pierre- du-Vauvray. Huit personnes des services administratifs perdent également leur emploi.

La nouvelle n’a évidemment pas été bien accueillie et les cinq salariés de l’entrepôt sont en grève depuis jeudi dernier. Pas question pour eux de cautionner une décision qu’ils ne comprennent pas. « On a demandé à faire quatre mois de plus. Les magasins vont recevoir fin août la collection hiver. On voulait que le travail soit fait correctement, mais la direction nous a refusé ces quatre mois supplémentaires », regrette Rosa Duarte, qui compte trente-trois ans d’ancienneté.

L’annonce de leur licenciement leur a été faite le 17 juin, en comité d’entreprise et confirmée le 24 juin. La procédure de licenciement est lancée et les lettres devraient arriver dans leur boîte aux lettres demain ou après demain.

Redressement judiciaire

D’ordinaire, les magasiniers réceptionnent les invendus des magasins de France, mais aussi du Bénélux, d’Allemagne et d’Italie, trient, remballent et réexpédient les paires de chaussures dans des magasins ou des solderies. Depuis jeudi, ils ne réceptionnent plus rien. Ils laissent le personnel administratif faire le travail à leur place.

Un geste que le président de Pallio, Alain Bongard, affirme comprendre, « mais nous n’avons eu d’autre choix que de procéder à un redressement judiciaire, le 30 avril, avec demande de continuation. Pallio frôle les 25 millions de perte. »

Labelle avait en effet été racheté par le groupe portugais Investvar Comercial. Une « mésentente » entre les actionnaires n’a pas permis de mettre en place la politique souhaitée. « Maintenant que cela est possible, le groupe doit faire face à une restructuration au niveau européen, et n’a plus les moyens de soutenir Pallio », affirme le président.

Quarante magasins vont fermer

Bilan : quarante magasins sur soixante vont fermer en France et cent dix personnes sont licenciées dont treize personnes du siège social de Saint-Pierre-du-Vauvray. « Nous avons six mois pour redresser la barre, prouver que ces mesures difficiles étaient nécessaires pour sauver le reste de l’entreprise et retrouver notre équilibre financier », assure Alain Bongard.

Le groupe Investvar Comercial étant composé de trois sociétés (Pallio, Aerosoles et Influence Shoes), l’entrepôt gérait les stocks de ces entités. Mais le volume d’activité diminuant des deux tiers, la superficie de l’entrepôt actuel n’est plus justifiée. « Nous voulons externaliser la logistique. Et si l’entreprise perdure, nous chercherons aussi des locaux administratifs moins grands, dans cette région de l’Eure », annonce Alain Bongard. Pallio tel qu’on le connaît aujourd’hui ne devrait donc plus faire long feu. Et pour les cinq personnes de l’entrepôt, cette période estivale a un goût amer.

sources : B.R., www.paris-normandie.fr, photo : D.R.

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