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Indignons-nous contre les violences policières, et trouvons de vraies solutions pour les réfugiés.

Ils viennent d’Érythrée, un pays où règne la peur et la terreur, ils viennent du Soudan, un pays ravagé par la guerre civile, ils fuient les massacres de masse, les viols de masse, le "nettoyage" ethnique, les détentions arbitraires, la torture, la famine.
Ils ont marché des mois ou des années pour chercher à trouver un lieu où échapper à la mort, ils ont traversé les déserts et les mers au péril de leurs vies, franchi frontière après frontière, ils sont arrivés à Paris, au pays des droits de l'homme et du citoyen, en route vers le Royaume-Uni.
Ils sont venus pour survivre, dans la misère, mais survivre.
Quel accueil pour ceux qui ont survécu à l'exil forcé ? L'indignité !
Ils ont souffert, sont marqués, ils ont déjà souffert tant et tant, ont dormi sur les routes, sur des ponts, sous les ponts, sans soins, sans manger, sans boire, sans sanitaires, avec juste l'espoir d'un peu de paix, d'un peu de repos, l'espoir d'un tout petit peu d'espoir.
Ce sont des enfants, des jeunes, des femmes, des hommes. Ils ne sont pas des animaux.
Et même des animaux seraient mieux traités, mieux protégés, sans coups de matraques, sans lacrymos.
Ces violences, contre les réfugiés, contre les associatifs et élus présents, contre les riverains venus prêter main forte - pas de quartier ! -, les CRS les commettent, mais aux ordres de la préfecture, aux ordres du ministère et du gouvernement.
Certes, on ne peut pas laisser perdurer des occupations sur la voie publique, en totale insalubrité, sans les équipements adéquats. Aussi faut-il des occupations légales, des lieux d'accueil pour ces réfugiés qui ne peuvent pas rentrer dans un pays où ils seraient tués. C'est le droit d'asile, ce sont nos valeurs, nous en sommes fiers, et c'est surtout une obligation de l'État français, du fait des lois françaises et des traités internationaux.
À quoi servent ces violences ?
La théorie de l'invisibilité, que Mediapart nous explique, c'est que pour parer au plus pressé, les pouvoirs publics cassent les regroupements, quittes à les voir se reformer un peu plus loin, un peu plus tard, en dispersant les migrants, dans un grand déchaînement de violence qui impressionnera sûrement les migrants.
Circulez, il n'y a rien à voir.
Mais cela casse aussi le travail des associations, et cela met en danger les personnes migrantes, que l'on cherche à isoler. Les associatifs sont des bénévoles, qui mettent toutes leurs forces pour aider un État qui n'a plus les moyens d'assurer cette mission, pour aider ces services pour la logistique, l'aide humanitaire, l'assistance aux droits, et même tenter d'assurer une hygiène et l'accès à l'eau et la nourriture.
Ce devrait être le rôle de l'État. Mais si on devait faire quelque chose, ce serait bien de rendre le retour, et même simplement le droit de rester chez soi possibles. Il n'y a guère de richesses à défendre là-bas, aussi les États démocratiques et riches sont-ils sûrement moins pressés d'agir.
Il faut mettre la communauté internationale autour de la table pour solutionner les problèmes de ces pays en guerre civile, apporter des solutions de développement et remplacer les juntes militaires qui forcent les populations à l'exil.
Faute de quoi, les milliers de migrants s'ajouteront aux milliers de migrants.
On ne pourra pas les tabasser sans cesse, car ils préfèreront toujours la violence et la souffrance à la mort.
D'urgence, il faut un lieu d’accueil, où les services de l'État et les collectivités locales s'associeront aux associations et ONG pour trouver des solutions pérennes. Et arrêter de tabasser ces membres d'associations (et autres élus), et habitants, témoins de ce déferlement de violence, qui sont là pour aider l'État à assurer ces missions obligatoires.
Du fait de l'indignation nationale et juste contre ces exactions, Anne Hidalgo, maire de Paris, semble s'engager à développer ce lieu d’accueil, c'est une première et bonne chose.
Mais faute d'organiser la possibilité aux populations de continuer d'habiter dans leurs pays d'origine, nous sommes condamnés à voir les corps des migrants s'amonceler sur nos côtes et les survivants être tabassés, emprisonnés en camps, ou pire, sur nos territoires.
Ils sont réfugiés politiques, économiques, climatiques. Les solutions doivent être politiques, économiques et climatiques, et rien ne se règle à coups de matraques ou de lacrymos. Ce sont les victimes qui sont matraquées.
Il est encore temps d'agir, nationalement, d'abord, et internationalement, et de mettre fin à cette indignité commise en notre nom.

Mercredi 24 novembre 2010 : Festival Migrant’scene organisé par la Cimade au cinéma l’Ariel de Mont Saint Aignan (76)

Festival Migrant'scene organisé par la Cimade au cinéma l'Ariel de Mont Saint Aignan (76)
Au temps de la mondialisation et du développement du commerce international, alors que certains d'entre nous peuvent se déplacer sans visa, sans difficultés, d'autres se voient interdits de voyage, expulsés, renvoyés dans leur pays et même, avec la nouvelle loi Besson, bannis, parce que considérés, traités, comme des citoyens de seconde zone, de deuxième catégorie dont les droits sont moindres.
C'est dans ce contexte que la Cimade organise, comme chaque année, dans la deuxième quinzaine de novembre, dans toute la France, un festival culturel consacré aux migrations, un "regard croisé sur les migrations".
Cette année la thématique choisie pour le festival est celle-ci :
Alors que, de tout temps, les régions d'Afrique du Nord et du Centre/Ouest ont été marquées par la mobilité de leurs populations, aujourd'hui, les politiques migratoires européennes cherchent à confiner les populations africaines à l'intérieur de leurs propres frontières, risquant à terme de détériorer les réseaux historiques de solidarités et de mobilité.
Des systèmes de surveillance, coûteux et sophistiqués ont été mis en place par l'union européenne dans certains de ces pays, pour les inciter à renvoyer chez eux, par tous les moyens, ceux qui traversent leur pays. Quitter son pays n'est plus choisir la route de l'aventure, mais celle d'une mort risquée, anonyme, par des chemins de plus en plus périlleux, en contournant les espaces contrôlés.
C'est cette histoire que vous présente le film "Barcelone ou la Mort !" de Idrissa Guiro (Sénégal/2008)
le 24 novembre 2010 à 20 heures au cinéma L'ARIEL à Mont saint Aignan
La projection sera suivie d'une discussion animée par Gérard ROSSET (responsable des relations avec l'Afrique sud Sahara au pôle "Solidarités Internationales" de la Cimade).
Venez nombreux.
La CIMADE
P/ Geneviève AMPE
45 rue de Buffon ROUEN

Festival Migrant’scène les 27 et 28 novembre 2009 à la Maison du Plateau à Rouen

Portons un regard nouveau sur les migrants et les migrations.
Comme chaque année depuis plusieurs années déjà la Cimade organise sur toute la France une quinzaine Migrant'scène. Cette quinzaine s'appuie sur des productions artistiques pour nous rappeler l'importance de la présence des "autres", les migrants.
Avec le festival Migrant'scène, la Cimade se fixe comme objectif de porter un regard nouveau sur les migrants et les migrations, pour faire évoluer les représentations collectives sur les étrangers. Ce festival le fait avec une logique plurielle, qui métisse les disciplines, en lien avec le secteur culturel, qui, plus qu'un autre bien sûr, porte des valeurs de création, mais aussi de transmission des savoirs et d'émancipation des individus. Il permet une approche sensible, humaine, des migrations.
Cette année, comme l'an dernier, c'est avec FIA que nous organisons ce festival.
Venez nombreux nous rejoindre pour parler autrement des migrants et des migrations. Cette année, ce sont les discriminations auxquelles sont soumis, aujourd'hui, les couples mixtes qui retiendront notre regard.

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