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Départementales 2015 dans l’Eure : “demain, on rase gratis !”

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Si vous êtes prêts à tout croire, il y en a qui sont prêts à tout promettre.

Bien entendu, tout le monde promet de ne pas augmenter les impôts. Et même, pour le FN, c'est la promesse de baisser les impôts.
Les dotations de l'État sont en baisse, alors que les prestations sociales sont en hausse : 4,9% l'an dernier, et plus encore l'an prochain avec le plafond de chômage, et de chômage longue durée, qu'on crève jour après jour.

Pas facile de croire qu'avec plus de dettes, plus de prestations à sortir, moins d'impôts et moins de dotations, on va faire plus.

Et bien on peut ! Du moins, beaucoup n'hésitent pas à le dire :

  • Plus pour la jeunesse,
  • plus de solidarité pour les personnes âgées, plus de sous, plus de soins,
  • plus pour les handicapés,
  • plus pour la santé, plus de médecins et plus de maisons de santé,
  • plus pour les locataires, et plus pour les propriétaires,
  • plus de services publics,
  • plus d'aides aux collectivités, et plus d'aides au petit commerce,
  • plus de sécurité,
  • plus de routes, et surtout plus d'autoroutes,
  • plus de numérique,
  • plus de culture,
  • plus de tourisme,
  • plus d'emplois,
  • plus de logements,
  • plus de ZAC,
  • plus de transparence, de démocratie, et de proximité,
  • plus, plus, plus, et encore plus, et toujours plus...

Avec :

  • moins de dotations de l'État,
  • moins d'impôts,
  • moins de gaspillage, mais surtout... moins d'économies !

Nous sommes tous partant pour fêter noël tous les jours ! Demain, on rase gratis.

J'ai bien peur que ce ne soit pas comme ça qu'on incitera les citoyens à aller voter, ni à participer à l'action citoyenne et collective dont on a vraiment besoin !

Nous sommes tous responsables, nous, les citoyens.
On élit des gens. Et déjà, nous n'y allons pas tous.
Ensuite, il faut aider les élus à bien faire leur travail, ne serait-ce que par une mission de surveillance. Ce n'est pas si difficile à réaliser collectivement, si on s'y met à plein de gens, et qu'on se relaie.
Élire des gens, pour ensuite dire qu'ils sont tous pourris, ça ne mène à rien. Quand ils ne sont pas bons, évitons juste de les garder.

Il me semble indispensable de renouveler les politiques. Ça évite l'usure des idées, l'usure du langage, et l'usure des promesses à la noix qui ne seront pas réalisées, évidemment, et décevront, fatalement.
Et j'ai l'impression qu'on amène les politiques à faire des promesses à la noix, aussi réalistes qu'aller faire un tour sur la lune porté pas des ballons et tiré par des canards.

Ce que nous disons, c'est qu'on peut réorienter nos modes de fonctionnement vers plus de sobriété, plus d'économies, plus d'efficacité et aussi beaucoup plus de solidarité.
Ce n'est pas la lune, mais l'argent public est si rare quand les besoins augmentent sur le social, la santé, l'éducation, la sécurité, la nature et l'environnement.

Normal que les gens aient peur de perdre leur boulot, puis leur logement, puis leur famille.
Pas normal que les familles aient le choix entre se nourrir ou se chauffer. Et il y a plein de gens qui n'ont ni l'un, ni l'autre.
Il y a la guerre, la peur de manquer, la peur de la violence, la menace réelle du changement climatique. C'est insurmontable si on ne fait rien.

Soi-disant que nous sommes le 3ème département le mieux géré de France. Selon le PS : "L’Eure est classé parmi les trois départements les mieux gérés de France. Cette réalité officiellement reconnue a permis d’emprunter à des taux plus attractifs."
La source officiellement reconnue, c'est BFM TV. Qui dit que l'Eure est le 4ème département de France selon des critères BFM. BFM TV source officielle de l'État, soit...

Avec cette reconnaissance "officielle", le PS "s'engage à généraliser les tablettes numériques pour l'ensemble des élèves de 5ème de l'Eure".

Promesse à la noix : que veut-on ? Des enseignants de français, de maths, d'anglais ou de latin ou autre, qui enseignent devant 25 élèves absorbés par leur tablette, à consulter leur manuel scolaire, ou bien les réseaux sociaux, ou un jeu en ligne, au lieu de profiter des leçons de l'enseignant ?
Certes c'est plus cher et plus moderne qu'un manuel papier. Mais on ne rackette pas les élèves pour leur piquer leur livre de maths. Moins sûr pour la tablette.
Le manuel ne tombe pas en panne, ni à court d'énergie, et il dure des années.

Pour réussir une politique d'enseignement, d'éducation nationale, nous avons besoin d'enseignants, d'orthophonistes pour lutter contre le décrochage scolaire, d'éducateurs et d'assistants sociaux. Ils coûteront moins cher que des ipads (ou autres tablettes android). L'éducation, c'est l'apprentissage de tout, même du respect et des valeurs. C'est humain.
"Si vous trouvez que l'éducation coûte cher, essayez l'ignorance." (Abraham Lincoln)

Autre cartouche mouillée au PS : transformer les postes en milieu rural en maisons de service public. Non seulement on y passera le permis de conduire selon "Saint Macron", mais on y ajoutera les agents EDF-GDF, la CAF, et le pôle-emploi. Sérieusement ? Le tout dans un mètre carré, avec des moyens inexistants.
Il n'y a pas assez de personnel au pôle-emploi, ni à la CAF, on ne peut pas les essaimer partout lorsqu'on réduit les effectifs. Donnons juste un accès facile à tous pour accéder au service public : transports, personnel suffisant, internet et rassemblement géographique.

La crédibilité politique se perd dans ces promesses tapageuses et stupides.

Faisons le travail : sauvons le service public. Et augmentons-le. Non pas en multipliant et en disséminant les agents dans les campagnes, mais en revenant aux régies publiques de l'eau et de l'électricité, en revenant aussi à un logement social moins privé, et en gardant au moins nos routes et nos moyens de transports publics.

La droite, malheureusement est pire que le PS : des autoroutes, la fin du rail et, s'il vous plait, la fin de la fraude sur les aides sociales.

Mais il n'y a plus de fraude sur les aides sociales ! Il y a les gens qui vont trop chez le médecin, mais ils ont besoin qu'on s'occupe d'eux. Sur le RSA, ou autres aides, la fraude est marginale.

Ce n'est que de la démagogie, ça stigmatise les gens dans le besoin, ça attise la jalousie et le ressentiment.
« Si vous trouvez que les gens qui ont le RSA sont des assistés, démissionnez et vivez avec 470 € par mois, vous aurez autant de chance qu’eux. » (Jean Rochefort)

Et PS et droite réclament d'augmenter la dette avec des investissements autoroutiers, 1,05 Md € minimum pour le contournement Est de Rouen.

Pour que les usagers paient plus ensuite. Et que les collectivités passent elles aussi à la caisse.

Quand va-t-on enfin avouer aux électeurs, citoyens, et contribuables, que l'on n'a plus les moyens de se payer des investissements aussi inutiles que ruineux ?

Quels politiques oseront leur dire qu'il nous faut changer nos usages, nos modes de vie et de consommation, pour les mettre en conformité avec les ressources réellement disponibles ?

Vous avez, nous avons, le choix entre les promesses à la noix qui nous décevront toutes et tous, parce qu'on ne peut pas les réaliser.
Ou bien cela sera plus dur, mais on rendra la vie possible, en paix, pour les enfants, et peut-être leurs enfants.

Notre hotte est vide de promesses, mais il y a un petit bonbon dedans : l'espoir qu'il reste un avenir possible. Il reste possible, si nous prenons nos responsabilités maintenant.

“Parodie de consultation” pour l’avenir des sociétés concessionnaires d’autoroutes

C'est le député socialiste Jean-Paul Chanteguet, qui préside la commission du Développement durable et de l'aménagement du territoire de l’Assemblée, qui a lancé la charge.
L’´État a fait une bien mauvaise affaire en cédant la gestion des autoroutes aux sociétés concessionnaires. Les autoroutes étaient le bien qui lui rapportait le plus.
En privatisant les sociétés concessionnaires, 15,5 Milliards €, l'État et le 1er ministre Dominique de Villepin, savaient que c'était une manne de 40 milliards de bénéfices qui allait lui échapper jusqu'en 2032, la durée de la concession à l'époque.
De 2006 à 2014, en 8 ans, les concessionnaires ont distribué 14,6 milliards de dividendes. C'est à peu de chose près le prix que les concessionnaires ont déboursé pour acquérir ces concessions.
Jean-Paul Chanteguet estime en outre que ce sont 60 milliards d'euros qui seront versés en dividendes en 25 ans. Bien plus que ce qui était prévu en 2006. Ce sont les automobilistes qui paieront et verront les tarifs augmenter pour assurer ces profits vertigineux.
Depuis 2007, la cour des comptes, présidée par Philippe Seguin, puis sous la présidence de Didier Migaud, ainsi que l’Autorité de la Concurrence n'ont cessé de dénoncer la rente dont bénéficient les sociétés concessionnaires autoroutières. Une rente, comme l'indique, M. Chanteguet, qui n'est aucunement justifiée par une quelconque activité entrepreneuriale. C'est une rente avec une marge nette de 20 à 24% / an, quasiment entièrement redistribuée sous forme de dividendes aux actionnaires.
En vue de corriger le déséquilibre entre l'État et les sociétés concessionnaires, et de rétablir la balance en faveur de l'intérêt général, le groupe de travail parlementaire a tenté d'analyser des scenarii, dont l'un visait au rachat des concessions.
Le prix de rachat est énorme, à comparer aux 15,5 Mds € qui ont été investis dans cette affaire, et quasiment déjà récupérés par le profit : 40 milliards € !
Mais le gouvernement n'a pas laissé le temps au groupe de travail de faire son travail. Les histoires de gros sous, c'est au sommet que ça se gère, ou dans les antichambres, et surtout pas au Parlement ou dans les débats publics.
Las, Jean-Paul Chanteguet a fini par claquer la porte du groupe de travail pour protester contre les méthodes du gouvernement, la veille de la remise du rapport qu'ils n'ont pas eu le temps de réaliser.
Que de rendez-vous manqués avec l'Histoire ! Que d'échecs, financiers et environnementaux commis au nom d'un prétendu "intérêt général".
Et l'État continue de promouvoir de nouvelles autoroutes, à crédit pour le contribuable et l'usager de la route.

Une de ces autoroutes inutiles et ruineuses, c'est l'A28-A13, le fameux contournement Est de Rouen.

A "parodie de consultation", j'ajoute parodie de débat public.
C'est le cas de la concertation publique où tous les contradicteurs sont passés par dizaines, ont assisté par centaines à des réunions publiques où les promoteurs du projet refusent d'écouter les arguments, arguant de l'intérêt général, de leur seule conviction de la nécessité et de l'utilité d'un tel ouvrage, à un tel prix, là encore, autant financier qu'environnemental.
L'usager, l'habitant, le contribuable paieront, et repaieront.
Les grands chefs à plumes du PS ont entendu ceux qui étaient présents lors de la concertation (même s'ils n'y étaient pas personnellement présents, et qu'on a parfois empêché les "contradicteurs" de parler).
Et, ils le disent en litanie, l'un après l'autre, ils ont aussi entendu ceux qui n'étaient pas présents, et qui ne se sont pas exprimés, et qui seraient "pour".
Ont-ils été génétiquement modifiés pour devenir télépathes ? Serait-ce cela leur secret pour comprendre si bien le peuple ?
Parodie de consultation, parodie de débat et mensonges à la clé : qu'on nous prennent pour des imbéciles en citant des chiffres sortis d'un chapeau est une chose.
Qu'on nous raconte qu'on fabrique une autoroute pour développer les transports collectifs, on nous prend pour des crétins finis, personne n'est dupe.
Mais que l'on viennent affirmer tout au long du débat qu'il n'y aura pas de subventions d'équilibre (les subventions supplémentaires payées par les collectivités locales), pour que la ministre de l'écologie nous affirme le contraire lors du lancement de la déclaration d'utilité publique, le 7 janvier, jour sombre de notre Histoire à tous, là est un mensonge d'une autre portée :
Ce sont les collectivités locales qui devront mettre encore plus la main à la poche. Lorsque l'on sait que ce sont les collectivités locales qui paieront déjà le plus pour faire une autoroute payante pour leurs usagers.
Le PS est "pour" ce projet de plus d'un milliard €.
Comme l'UMP-UDI.
Dans le programme UMP-UDI-Modem pour les départementales, on peut lire : "soutenir les grandes infrastructures vitales pour le département, notamment le réseau routier (RN12n connexions avec l'A13, voies vertes...)"
On peut traduire ça par "pour l'A12 vers Chaufour, pour le contournement Est de Rouen (A28-A13) à plus d'un milliard d'euros et potentiellement, comme demandé à Evreux, l'A154 à la place de la RN154".
Qu'est-ce que les voies vertes sont venues faire dans cette galère ? Elles viennent condamner définitivement toute réouverture de voies ferrées.
De la dette, des péages pour le quotidien, des impôts en hausse, la perte d'au moins 600 ha d'espaces naturels et de champs, et de la pollution voilà ce que nous promet cette autoroute. Sans résoudre les problèmes de congestion, de pollution (au contraire) ou de temps de transports.
Même s'il existe de très rares et très courageux militants PS (*) pour lutter contre l'autoroute, voilà aussi pour quoi vous voterez le 22 mars.
Votez l'impôt et la dette avec le PS, l'UMP-UDI, et le FN (si l'on suit les commentaires sur le web), et payez pendant au moins 55 ans !.
Ou bien votez pour la qualité de vie, la défense de la ruralité, du cadre de vie, contre les nuisances et les taxes supplémentaires : contre cette autoroute.
(*) parmi les rares militants socialistes et courageux, Jannick Léger, qui se retrouve en face de Jérôme Bourlet et Véronique Jullien-Mitisano pour EELV.
Ils partagent un même combat contre l'autoroute, et je leur adresse à tous trois mes sentiments amicaux et respectueux. Dommage de se trouver face à face. Votez EELV quand même, et total respect Jannick ;-)

un site pour les écologistes en campagne : http://eure.ecologie2015.fr

Les candidat-es écologistes et citoyen-nes sont présent-es sur 13 cantons dans le département de l'Eure.
Les écologistes partent en autonomie dans 11 cantons : Bernay, Breteuil, Evreux 1, 2 et 3, Gisors, Louviers, le Neubourg, Pacy-sur-Eure, Val de Reuil et Vernon.
Ils partent en équipe sur 2 cantons : avec le PS et Martine Seguela sur les Andelys, et avec le Front de Gauche et Gaëtan Levitre sur Pont-de-l'Arche. Nous partageons là un vrai combat contre l'autoroute A28-A13, ce contournement Est qui coûtera 1,05 Milliard € au bas mot, qui sera payé par les contribuables locaux ET par les usagers de l'Eure qui voudront se rendre dans la métropole rouennaise.
Les écologistes s'engagent sur des politiques d'économies, et pas une politique d'austérité qui frappe les personnes et les familles les plus fragiles. Investissons dans les aménagements qui rapportent ou sont sources d'économie à long terme, plutôt que dans des dépenses somptuaires. Réduisons la dette sans douleur.
Préservons la santé. Nous nous engageons pour préserver la qualité de l'eau, de l'air, et la santé. Nous nous engageons pour l'aide et l'insertion des handicapé-es, l'aide aux personnes âgées et le maintien à domicile ou à proximité des amis et des familles, pour la santé et la prévention, pour l'emploi, et l'emploi local.
Nous nous engageons pour préserver l'environnement, lutter contre la pollution, contre les déchets répandus dans les champs, les forêts, qui menacent les captages d'eau, qui dénaturent la nature.
Et parce que nous habitons un territoire bordé par la capitale et la métropole, nous nous engageons pour des déplacements faciles pour tous, pour tous les membres des familles, pour tous les usages, et à tout âge. Qu'on dispose d'une automobile ou non.
Nous nous engageons dans cette élection départementale alors même que les compétences définitives du département ne sont pas encore connues ni votées.
Nous nous engageons pour plus de transparence, de clarté pour les citoyens dans ce mille-feuilles qui n'est toujours pas compris par les citoyens.
Ça passe par plus démocratie, et de participation citoyenne et associative. Le pouvoir appartient au peuple. Il faut qu'il vote, que vous votiez.
Vous pouvez découvrir le projet des écologistes eurois sur le site eure.ecologie2015.fr.
eure.ecologie2015.fr

Salle des fêtes de Saint-Pierre du Vauvray : les travaux seront amortis avant la fin du 22ème siècle

Salle des fêtes de Saint-Pierre du Vauvray : les travaux seront amortis avant la fin du 22ème siècle
Les travaux de la salle des fêtes de Saint-Pierre du Vauvray commencent. Près de 600 000 euros, ce n’est pas donné pour une rénovation thermique. C’est même plus cher que du neuf.
Nous nous y sommes opposés, démocratiquement, et nous avons expliqué pourquoi : certes, la salle sera plus confortable. Pour le prix, c’est bien le moins qu’on puisse avoir.
Mais le coût est énorme par rapport aux besoins.
Rappelons que la salle reste très peu utilisée. Pour l’essentiel, ce sont les activités associatives en soirée : gymnastique, danse, judo, et autres.
La salle des fêtes est utilisée également pour les repas des anciens, et plusieurs expositions et animations au cours de l’année : les expositions de l’A.P.U.R.E, l’exposition de peintures, la bourse aux vêtements, la fête de l’IMA (association musicale de Saint-Pierre, Saint-Etienne et Andé), le marché de noël, et la cérémonie des voeux.
La municipalité estime les dépenses de chauffage actuelles à 6000 € / an.
On oublie donc toute notion de rentabilité pour ce projet.
Si on arrive à baisser la consommation de 60%, nous pourrons économiser 3600 € /an.
En « seulement » 165 ans, nous aurons rentabilisé cette rénovation thermique.
On ne dilapide donc pas l’argent public, on investit à très, très long terme.
Oui, mais ça va être mieux, et il y aura une cuisine. Oui mais 165 ans !
C’était le projet de la municipalité avant les élections, restons démocrates.
Nous sommes favorables à la rénovation thermique, en privilégiant le plus possible les lieux les plus occupés, et ceux qui permettent de vraiment réaliser des économies, comme les écoles. Ou pour le département, dans la rénovation thermique des collèges, lorsque le chauffage représente la moitié du budget de fonctionnement d’un collège. Là il y a de vraies économies à faire.
On peut s’interroger néanmoins sur ce qui a provoqué cette inflation dans le coût démesuré de ces travaux au regard du retour sur investissement impossible :
Pour pouvoir se faire financer les travaux, il a fallu que la municipalité s’engage dans la « course aux subventions ».
Et le système, malheureusement, oblige à des montants plafonnés, mais oblige aussi à des planchers d’investissement.
Ce n’est pas un système qui incite à faire les économies nécessaires, mais au contraire peut obliger à dépenser plus que nécessaire.
C’est ainsi qu’on a vu le devis augmenter, augmenter pour atteindre ce plancher, en passant par exemple d’un chauffage, à 15 000 euros (plus n’aurait pas été rentable, selon l’architecte) à plus de 80 000 euros. C’est un exemple.
Le département et l’État vont en payer une partie. Si la subvention a été refusée pour 2014 par le département, celui-ci a proposé de redemander la subvention pour 2015. Et puisque les travaux commencent, il y aura dérogation pour pouvoir l’obtenir.
La commune pourra puise dans les fonds de concours de la CASE pour une partie. Les communes disposent dorénavant d’un budget fixé jusqu’en 2020 selon le nombre d’habitants (120 €/habitant) pour investir selon leurs choix.
L’État encore au travers des fonds de réserve du député.
La région apporte aussi une contribution, et puis la commune.
Tout le monde semble satisfait.
Dans ces moments où l’argent public est rare et où l’efficacité de chaque euro investi est demandée, on peut espérer que les travaux seront amortis d’ici la fin du 22ème siècle.
Bien entendu, la promesse de ne pas augmenter les impôts doit être tenue. Il n'y a plus qu'à espérer que la rénovation thermique d'une salle des fêtes, pour près de 600 000 € favorise l'emploi et relance la croissance. Parce que pour ce qui est des économies...

Manuel Valls, Jean-Marie Le Guen et consorts sont sur un bateau : “barre à droite toute !”

Sur la défensive, mais aussi pour des raisons tactiques, le premier ministre et le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, accusent la dérive "gauchiste" des écologistes et leur irresponsabilité.
Après M. Le Guen, c'est Manuel Valls qui prend Cécile Duflot pour cible, torpillant ainsi tous les écologistes.
Le jour où Duflot a choisi de quitter le gouvernement, elle a perdu tout sens des responsabilités et elle est partie en vrille. Elle est retombée dans la maladie infantile de l'écologie : le gauchisme.
Il est vrai qu'on ne pourra pas accuser Manuel Valls de dérive gauchiste. C'est même tout le contraire qui se produit.
Le rapprochement avec les centristes et François Bayrou lui permet de s'isoler des dissidents de la gauche du PS, ces dangereux frondeurs qui s'opposent à la réorientation du parti socialiste, ou quel que soit le nom dont il souhaiterait l'affubler pour assumer la réorientation libérale. (une idée en passant : "Sociale Démocratie Française". Pas mal, non ?)
Exit le surmoi marxisme, donc. Que nous dit ce brave homme ?
Il faut en finir avec la gauche passéiste, celle qui s’attache à un passé révolu et nostalgique, hantée par le surmoi marxiste et par le souvenir des Trente Glorieuses. La seule question qui vaille, c’est comment orienter la modernité pour accélérer l’émancipation des individus.
Manuel Valls
Emancipation des individus, ou enrichissement des uns, même du fait de leurs mérites, au détriment des autres, est une chose. Manuel Valls se revendique pragmatique :
[...] l’idéologie a conduit à des désastres mais la gauche que je porte garde un idéal : l’émancipation de chacun. Elle est pragmatique, réformiste et républicaine.
Réformiste, le mot est lâché, rabâché, ressassé et usé jusqu'à la corde. Bienvenue à Léon Blum et Jaurès, et en même temps, adieu à leurs aspirations. La réforme et le progrès social devaient se faire parallèlement à l'évolution du capitalisme, avant de changer absolument, jusqu'au régime même de la propriété.
C'est la réforme, elle même, est mise en cause. On adapte les institutions, l’État et nos lois pour promouvoir notre marché dans la mondialisation. On ne cherche plus à contrôler et adapter les marchés à nos lois, nos usages, notre culture et notre histoire.
Selon le 1er ministre, le socialisme est une vision passéiste de notre avenir ? Bienvenue dans le pragmatisme politique. Que reste-t-il de l'héritage socialiste ? L'ordre ! C'est Clemenceau qui est mis à contribution :
j’ai mis du temps à admettre que j’aurais plus facilement applaudi le Tigre que le fondateur de l’Humanité, maintenant j’assume.
Mais l'ordre, ce n'est pas que donner et répondre aux ordres. Nous avons une armée, mais nous ne sommes pas une armée, ni tous des soldats.
L'ordre est aussi de gauche. Protéger les faibles, et pas seulement les puissants. Protéger la nature, pas seulement le béton et la gabegie. Partager et propager la culture. La gauche, c'est la justice pour tous et le bien commun. Et l'ordre, c'est aussi une part de désordre, la capacité à organiser le désordre pour trouver des solutions : cela s'appelle le débat. Le débat, c'est la raison.
Le premier ministre fait le choix de la droite. Il le fait pour le PS et pour les militants socialites. Et il le fait contre celui des français contre nombre de français de gauche, ils sont très nombreux, qui ont voté socialiste au moment du second tour par choix philosophique, par choix de vie et d'avenir.
La gauche n'appartient pas au PS, monsieur le 1er ministre Elle appartient aux français, et à tous les citoyens du monde. C'est la lutte contre l'esclavage, la lutte pour les droits de chacun, la lutte pour des valeurs, c'est la lutte pour la vie. Pas la vôtre et comment vous la gagnez. On s'en fout pas totalement, mais on ne se fait pas trop de soucis.
Je me fais du souci pour mes congénères, mes amis, mes enfants, à vouloir les abandonner dans un monde cynique, sans buts et sans avenir.
La gauche, ce ne sont pas les élites sensées représenter le peuple. C'est le peuple.
Mal représenté, à mon avis.
Faites-vous élire si vous le pouvez, ce sera sans moi la prochaine fois. Salut citoyen.

François Hollande rate sa prestation à la télé mais se cramponne

François Hollande rate sa prestation à la télé mais se cramponne
Près de 8 millions de français ont écouté le président de la République.
Ils ont cherché le sens, cherché les préoccupations et les réponses du pouvoir à toutes les questions auxquelles nous sommes, ou allons être, confrontés.
En chute perpétuelle dans les sondages, François Hollande a cherché a se montrer empathique, mais la sauce ne prend pas. Ce n'est pas sur son image qu'il en est à 12%. C'est sur le bilan, les promesses non tenues, le reniement et le revirement.
Il était attendu sur le chômage, la justice sociale, l'éducation, l'économie, l'environnement, les méthodes de gouvernance et la rénovation de nos institutions, l'Europe, la politique internationale, la finance, la fiscalité, le climat, et les perspectives d'avenir, la guerre, le terrorisme, la bouffe et la santé.
La plupart des français se moquent de ses histoires de coeur, pour rester poli. Quand les présidents qui ont incarné la Vème République l'ont fait en incarnant le pouvoir et la France, ils l'ont fait avec intégrité. Le général De Gaulle payait les factures d'électricité de ses appartements à l'Elysée, et ses repas donnés à titre privé. Et il avait renoncé à ses retraites de militaire comme de Président de la République.
Nous étions, à l'époque, bien loin du bling-bling de Sarkozy, de la dépravation du candidat Strauss-Kahn, du financement des partis, du financement des campagnes que tous les français payent - tous les français payent pour Bygmalion, pas seulement les militants -, ou des ministres et politiques en place qui jurent aux Français, droit dans les yeux, qu'ils n'ont pas d'argent dans les paradis bancaires et fiscaux, et qui se font prendre la main dans le pot de miel.
Les français peuvent avoir le sentiment que cette 5ème République se roule dans la fange au lieu de s'attaquer à leurs conditions de vie et à leurs perspectives d'avenir.
Les questions de vie privée, ça se balaie d'un revers de main.
Ce que nous voulons, c'est de la transparence dans la gestion de l'argent public, les attributions de marchés publics, les emplois publics, et la gestion des affaires publiques.
La démocratie commence par la connaissance des choses publiques. C'est ça qui nous permettra de faire des choix politiques raisonnés basés sur des arguments, et plus sur des mots, des paroles et des promesses.
C'est sur les promesses du candidat Hollande qui n'ont pas été réalisées que j'aurais voulu qu'il s'explique, et sur ce que les dirigeants allaient faire dans la seconde période de son mandat.
C'est ça la politique : pourquoi et comment nous en sommes arrivés là. Comment et pourquoi nous pouvons choisir d'avoir un avenir. Si possible partagé, c'est le lot de la démocratie.
Le président et le meurtre de Rémi Fraisse : "Une tragédie pour la famille et un drame pour le pays", nous a-t-il dit. Le président Hollande a promis la vérité et les résultats de l'enquête devront être délivrés d'ici 8 jours.
Le président n'a pas dit la vérité quand il a annoncé que les grenades offensives dites F1 n'avaient jamais tué jusque là. Rémi est le deuxième militant écologiste qui a été tué par une grenade offensive. 300 grenades lacrymos ont été lancées le jour du meurtre, et 30 grenades offensives. 30 de ces grenades tueuses d'écolos.
Nous attendons les résultats de l'enquête. De manière non violente. Puisque le gouvernement en appelle à la responsabilité, nous attendons tous que toutes les responsabilités soient assumées.
Le président et le chômage : 40 Mds € d'aides aux entreprises, soit près de 12 000 € par chômeur, vont ou ont été versées, sans contreparties. Et ça ne marche pas.
L'ennemi n'est plus la finance une fois l'élection passée. Le gouvernement est "pro-business". L'ennemi a gagné, sans combat, sans coup férir, en un jour.
Pro-business et aussi pro-banques et produits dérivés : le gouvernement socialiste a réussi à déjouer l'Europe en empêchant la taxe sur les transactions financières. Le gouvernement français, pour préserver les intérêts des principales banques françaises, notamment sur les fameux produits dérivés qui auraient pu être taxés à 0,01% (vous avez bien lu).
Et ce n'est pas tout : aujourd'hui, ce sont les Etats et les contribuables qui garantissent les actifs des banques. les cinq plus grosses banques françaises contrôlent des actifs consolidés qui pèsent plus de 300% du PIB de la France. La faillite de l'une entraînerait la faillite du pays. L'Europe retenu la création d'un fonds de sauvetage des banques, abondé par une taxe sur les banques afin de garantir une éventuelle défaillance. Le gouvernement français s'y est opposé.
Mais ce n'est pas tout : Michel Sapin a reconnu que les services de Bercy travailleraient sur la déductibilité des sommes versées à un tel fonds de sauvetage européen.
Les contribuables et l'Etat français resteront donc les garants des banques.
Alors, les socialistes ? Ennemis ou valets de la finance, contre l'intérêt des contribuables et des français ?
Le président n'a plus qu'à espérer que "la roue tourne". Sinon, il ne pourra pas se représenter en 2017. En attendant, il se "cramponne". Il n'a plus qu'à espérer qu'une banque, une de ces "too big to fail", ne se trouve pas mise en défaut.
Les sujets d'avenir : pas de hausse d'impôts, c'est LA promesse de la deuxième moitié du quinquennat. Cela signifie aussi qu'il n'y aura pas de fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG, qu'on va adoucir le sort des riches, qu'on va gentiment privatiser pour trouver du cash, et avoir la paix des possédants. Va-t-on augmenter la TVA ? Les collectivités locales vont-t-elles être acculées à augmenter les impôts locaux ? Il n'est pas pour demain, le grand soir fiscal.
Réforme des institutions : M. Hollande a été incapable d'expliquer la décentralisation et le rôle des régions, incapable d'expliquer la nécessité de supprimer l'échelon inutile du département coincé entre l'intercommunalité et la région.
Le président a expliqué que la promesse de procéder à la réforme vers la proportionnelle était caduque. Fin.
Nous devrions pourtant en finir avec le clientélisme, la corruption, la fraude, le cumul des mandats et l'appropriation des pouvoirs et des décisions. Ce ne sera pas pour ce mandat. Ce ne seront pas une mesure ni des lois socialistes.
Le programme jusqu'en 2017 : Du foot. C'est d'abord l'euro 2016.
Puis le président souhaite les jeux olympiques à Paris en 2024. Rappelons-nous que ce sont précisément les jeux olympiques qui ont plongé la Grèce dans la crise de la dette en 2004. Les équipement réalisés alors sont pour beaucoup en ruines, comme l'est l'économie.
Et en 2025, il veut que la France organise une exposition universelle. " On a besoin de grands événements, on a besoin de se projeter." Incapables de réduire la dette, allons-nous nous lancer dans des dépenses titanesques ?
M. Hollande aura eu une phrase sur l'exposition de "l'excellence environnementale" de la France, en citant la conférence sur le climat, en 2015 à Paris.
Le GIEC a prévenu, c'est maintenant qu'il faut agir si l'on veut sauver la planète. Les dirigeants des pays du monde entier, scientifiques, ONG, mais aussi lobbyistes et industriels, vont se rencontrer et négocier pour tenter de sauver ce qu'on peut sauver de notre monde.
Face à cet enjeu - majeur, existentiel, de vie ou de mort -, la conférence ne peut pas être une grande expo faire-valoir de la France, avec des grands posters. Ce ne peut pas être une simple phrase glissant la conférence sur le climat au milieu des manifestations sportives et autres événements à la gloire de Paris.
La peu contraignante loi de transition énergétique manque d'ambition, les lois sur le logement sont détricotées, l'énergie, on change rien, à part reparler de saccager les sous-sols pour le gaz de schiste, le gouvernement ne s'en sort pas du nucléaire, la France est une foire aux grands projets inutiles et imposés, et on continue de privatiser les routes, et maintenant les barrages hydroélectriques. Il va être bien difficile d'aller faire les beaux lors de la conférence sur le climat l'an prochain.
Les socialistes seront-ils les fossoyeurs de l'écologie et de la planète ?
Des pains et des jeux. C'est bien tout l'espoir que le Président et son gouvernement nous laissent à l'issue de ce show pathétique.
Je n'attends pas d'enquête sur le suicide du socialisme et le naufrage de la cinquième République.
On attend les résultats de l'enquête sur le meurtre de Rémi Fraisse. L'Etat et ses dirigeants doivent savoir prendre leurs responsabilités.
Il faut savoir se décramponner, parfois.
les-gardes-mobiles-chargent

Liaison A28-A13 : retours sur des objectifs et des chiffres farfelus dans un débat inexistant : pour la population, c’est un NON massif. On désengorge Rouen de 0,36%. De combien l’engorge-t-on en plus ?

"Nous jugeons qu'il est utile et nécessaire". Pour le territoire, bien entendu... Nous pourrions ajouter : profitable, salutaire, avantageux, précieux, commode, efficace, indispensable, obligatoire, inévitable !..
Mais la liaison A28-A13 est évitable. Et elle sera évitée ! Au moins par nombres d'usagers, nombre de poids lourds, et à part les habitants qui en seront prisonniers.
Bien entendu, nous comprenons l'intérêt de cette autoroute : ce n'est pas que la réalisation de cette autoroute, financée à moitié, ou au 3/4 si ça dépasse, par les contribuables, qui est seule en cause. Même si un chantier à 1 milliard d'euros et quelques pelletées de plus ce n'est pas rien.
Nous avons bien compris qu'une concession, concédée pour plus de 5 décennies - c'est énorme ! - est juteuse : outre les bénéfices liés à la réalisation de l'infrastructure - et c'est "normal" - le chiffre d'affaires de l'exploitation de la concession sera de l'ordre de 2,5 milliards TTC. C'est le chiffre d'affaires de l'exploitation : 106 190 euros de CA/jour (19300 voitures et 2200 camions en moyenne par jour, tout au long des 41 km d'autoroute). Sans tenir compte du fait que le prix des péages augmente tous les ans du double de celui de l'inflation.
Cela coûtera au total plus de 3 milliards € aux habitants et surtout usagers tout au long de la concession. Les appétits peuvent être féroces, et les motivations économiques sont là.
L'habitant qui emprunteraient l'autoroute paiera, lui, 100 € par mois pour aller travailler. Ou chercher du travail, aller faire ses études, aller voir papy-mammie, au théâtre, au sport, ou faire ses courses.
Bien entendu, nous sommes dans un monde libéral. Mais l'Etat s'engage sur une rente sur 3 générations pour la SAPN (du groupe Sanef, si c'est bien elle qui hérite de la liaison entre A13, A154 et A28, déjà gérées par la SAPN).
Les citoyens, contribuables, habitants et usagers, - qui financent - peuvent-ils y trouver leur compte ?
Entre les expropriations, la suppression de la qualité de vie, la perte de terres arables sans compensation, les morts dues aux particules fines ou micro-particules, le prix à payer pour sortir de chez soi - sans gagner en temps de transport - sans avoir d'alternative de transport, et avec les risques liés aux véhicules qui voudront échapper aux péages qui vont ré-emprunter les départementales, et retraverser les villes et les villages sur les passages piétons devant les commerces, les écoles, et autres. Quel est le bénéfice pour l'habitant ?
Ils vont payer en impôts l'investissement. Ils vont payer l'usage en péage. Et ils viennent à chaque réunion, sauf à Evreux, pour exprimer leur refus massif de cette autoroute, et leur colère. Et les politiques refusent d'écouter, préférant parler d'opportunité.
Quels sont les objectifs présentés pour la réalisation de cette autoroute ? Il y en a deux :
  • Pour désengorger Rouen, il faut détourner le trafic de transit des nationales, départementales et de la voirie ;
  • Les zones d'activité créent de l'emploi.
  1. Désengorger Rouen et améliorer la qualité de la vie des rouennais, en détournant 85% du trafic des poids lourds en transit.
    C'est tout simplement impossible. Les comptages sur le trafic de transit réalisés par les services de l'équipement (CETE) parlent d'eux-mêmes : 90% des flux de transit vont à l'OUEST. Le trafic de transit qui passe à l'EST n'est que de 1983 véhicules (VL + PL).
    trafic de transit de l'agglomération rouennaise
    Les flux de transit ne vont pas sur un axe nord-sud dans sa quasi-totalité, mais vers l'ouest, l'A13, le Havre, ou l'a28 et la RD438, qui longe gratuitement l'A28 et qui est empruntée par les camions, vers le sud. Et vers Paris.
    Veut-on réaliser une infrastructure à plus d'1 milliard d'euros pour seulement 1983 véhicules/jour ? Dans l'allégresse, en ajoutant les trafics de transit qui vont au nord-ouest (A150 - Barentin - et A151), cela représenterait un trafic de 3598 véhicules VL + PL. Cela ne représente que 0,35% du trafic global de l'agglomération.
    En détournant tout le trafic de transit entre l'A13 à l'est et l'A28 au nord, l'a154 et l'A28, et tout le trafic allant vers l'A150 et l'A151, cela ne désengorgerait Rouen que de 0,35% du trafic.
    C'est très peu !
    Mais... pourquoi parler d'engorgement supplémentaire de Rouen du fait de cette autoroute ?
    Quelles sont les conclusions que fait la Direction Régionale de l'Equipement sur la rentabilité interne de l'ouvrage A28 Rouen-Abbeville dans son évaluation socio-économique :
    "Ces premiers résultats laissent déjà présager un des effets de l’infrastructure sur l’étalement urbain : celui-ci s’étend bien au-delà de ce qui était pressenti dans les études préalables de l’autoroute, jusqu’à plus de 30 km du pôle urbain de Rouen.
    Par ailleurs et toutes proportions gardées, l’impact sur l’agglomération d’Abbeville a été similaire.
    En outre, les effets de cet étalement urbain sur les trafics sont plus que proportionnels : dans des zones où l’étude démographique ne met en évidence que des croissances de population de l’ordre de 10 à 15 % entre 1990 et 1999, les augmentations de circulation dépassent les 30 voire 50 %, soit 3 à 4 fois plus ! Un ménage supplémentaire en périphérie urbaine, c’est bien plus qu’un déplacement quotidien aller-retour en voiture individuelle de plus, mais plutôt 3 à 4...
    [...]
    Une péri-urbanisation massive n’a pour ainsi dire pas été anticipée. Pourtant, force est de constater aujourd’hui que la fonction principale de l’autoroute est de faciliter les échanges quotidiens entre les agglomérations de Rouen et à une moindre mesure Abbeville et les communes résidentielles périphériques.
    L’A28 a joué un rôle de catalyseur de l’étalement urbain pour ces agglomérations, ce qui n’est pas la vocation principale d’une autoroute."
    Oui, Rouen sera plus engorgée encore.
    Et ce n'est pas avec un échangeur qui débouche à Oissel sur la jonction entre la RD18e et la RD418 que la situation de Rouen va s'améliorer : la RD418 emmène les véhicules vers la SUD3, avec les mêmes problèmes de circulation qu'aujourd'hui (un aménagement manquant au pont Flaubert et des véhicules qui se "cognent" sur l'avenue Jean Rondeaux), tandis que la RD18e, la zone industrielle, congestionnée elle aussi, conduira les véhicules vers... le pont Mathilde ! CQFD
  2. L'autre objectif, c'est la création d'emplois par la création de zones d'activité.
    Mais les zones d'activité ne créent pas d'emplois. Au mieux, elles les relocalisent. Parfois à quelques km seulement.
    L'avis du Conseil Général des Ponts et Chaussées sur le bilan loti de l'autoroute A28 est des plus intéressants :
    "Les collectivités ont eu la volonté d’accompagner la réalisation progressive de l’infrastructure, ce qui s’est traduit par l’aménagement de nombreuses zones d’activités économiques. Ces zones d’activités, qui conservent aujourd’hui encore d’importantes réserves foncières, ont accueilli un nombre croissant d’établissements, ce qui paraît répondre aux objectifs des collectivités. Ce point est cependant tempéré par les entretiens menés avec les acteurs locaux qui, sauf dans les secteurs au dynamisme économique déjà bien avéré, évoquent plutôt un effet de relocalisation que de création nette d’activité."
    La Direction Régionale de l'Equipement Haute-Normandie explique dans son évaluation socio-économique de l'A28 :
    "Si le succès commercial de ces opérations montre qu’elles répondent à un réel besoin des entreprises, on peut être plus circonspect quant à leur impact réel sur l’emploi : presque toutes ces entreprises étaient déjà présentes dans la région, parfois à seulement quelques kilomètres de là ; ce ne sont souvent que des re-localisations sans création significative d’emplois supplémentaires ; mais, elles s’accompagnent souvent d’une amélioration des conditions de production (modernisation, regroupement d’établissements éparpillés, optimisation des process, élargissement du bassin de clientèle, etc.) qui a peut-être à terme un effet positif sur l’emploi (développement ou, au moins, préservation des entreprises par amélioration de leur compétitivité) qu’il est difficile de mesurer."
    Ne parlons pas de créations d'emplois nets, donc, mais évoquons des relocalisations, parfois à quelques km. Les autoroutes sont aussi parfois de murs qui coupent les entreprises de leurs clients lorsqu'il n'y a plus d'accès à "l'autre côté".
    Qu'en dit Françoise Guillotin, Vice-Présidente de la CREA, lors de la réunion de concertation d'Alizay :
    "Effectivement, l'infrastructure en elle-même n'est pas l'outil qui va permettre de développer des emplois. Mais c'est un outil nécessaire au territoire pour permettre aux entreprises d'avoir aussi des facilités d'accès à leurs entreprises pour pouvoir justement permettre les embauches nécessaires à la vie du territoire."
    Pas d'emplois donc, mais l'autoroute permettrait des facilités d'accès pour les entreprises. Et ce sont les contribuables et habitants (consommateurs ?) qui paieraient.
    Bernard Leroy, président de la CASE, reprend le cas "très intéressant" de l'A28 :
    "l'exemple de l'A28 est très intéressant : ce n'est pas parce qu'on fait des échangeurs qu'on a automatiquement des entreprises. C'est nécessaire, mais c'est pas suffisant. Il faut une véritable politique de développement économique, une politique d'attraction du territoire, pour faire venir des entreprises, pour faire venir des emplois."
    Ainsi donc, les élus seino-marins, les CCi et entreprises de Seine-Maritime n'auraient pas de véritable politique de développement économique ?
    Ne souhaitent-ils pas rendre leur "territoire" attractif ?
    N'ont-ils pas compris que ce que voulait la population, c'est des solutions contre le chômage ?
    Ou bien, comme le dit l'équipement, les zones d'activité ne créent pas d'emplois, mais relocalisent l'activité, certes dans des équipements plus modernes, mais créant de nouvelles friches industrielles, parfois à seulement quelques km ?
    La destination des camions des plateformes logistiques restera l'est, Paris, d'un côté, et le Havre et le port 2000 de l'autre.
    L'A13 donc...
  3. Pour les CCI, et nombre d'élus, le contournement Est de Rouen, c'est le (début du) Grand Contournement Ouest de Paris.
    soutien à l'A28 en 1997soutienà l'A28, Charles Revet et Ladislas Poniatowsky
    Le Grand Contournement de Paris est une réalité. Il existe, mais il ne semble pas suffisant pour les chambres de commerce, les concessionnaires autoroutiers, et autres aménageurs de zones d'activité.
    Les mêmes qui promouvaient hier l'A28 comme axe Calais-Bayonne n'y trouvent plus que peu d'intérêt.
    Charles Revet et Ladislas Poniatowsky, tous deux sénateurs aujourd'hui, mais à l'époque Président du Conseil Général de Seine-Maritime pour l'un, et député de l'Eure pour l'autre, conduisaient une opération escargot pour manifester pour l'A28, l'axe Calais-Bayonne, aujourd'hui réalisée.
    Il manque un aménagement à l'ouest de Rouen pour relier les tronçons nord et sud de l'A28. Car, selon les propres dires du maître d'ouvrage de la liaison A28-A13, cette liaison à l'est n'aurait pas vocation à accueillir le trafic A28 nord-A28 sud. Il passe à l'ouest.
    Comptage de poids lourds dans l'orne
    Mais le trafic de l'autoroute est un échec, surtout entre Rouen et Alençon, qui ne compte que 5 000 à 10 000 véhicules/jour.
    Si l'on regarde les comptages de camions réalisés par le Conseil Général de l'Orne (2013), le trafic qui échappe à l'autoroute se retrouve sur la RD438 qui longe l'A28. Ce sont plus de 800 poids lourds/jour qui préfèrent emprunter la départementale, et ce jusqu'à Alençon.
    Il ne s'agit pas d'un échec de la liaison, à proprement parler, mais d'un déport vers la départementale du fait du prix trop élevé de l'autoroute.
    Un déport évidemment dangereux pour les riverains et les usagers.
    Mais, sans taxe poids lourd (écotaxe), avec une taxe à l'essieu au plus bas, comment obliger les camions à emprunter l'autoroute ?
    Dans une motion pour le contournement est de Rouen, l'association pour le contournement réclame :
    "La traversée de l’agglomération rouennaise reste aujourd’hui le seul goulet d’étranglement de l’axe autoroutier Nord – Sud-Ouest européen reliant Stockholm à Gibraltar et plus localement du Grand contournement du bassin parisien."
    l’axe autoroutier Nord – Sud-Ouest européen reliant Stockholm à Gibraltar, rien que ça. Et pourquoi pas un ouvrage d'art reliant les colonnes de Gibraltar pour en faire l'axe autoroutier Stockolm - Côte-d'Ivoire ?
    Plus sérieusement, mais retoqué par la commission mobilité 21 dans le SNIT, refusé également par la population qui ne veut pas transformer la RN154 en autoroute payante A154, le contournement ouest de Paris est un schéma qui existe depuis les années 60. Qu'est ce que c'est ?
    le contournement actuel de Paris, avec la RN154 et l'A28Le contournement de Paris sur un schéma de la DATAR dans les années soixantea28-A154-thumb
    On le voit, ce n'est pas un contournement est de Rouen que voient les CCI et autres partisans, mais la première marche de l'édifice qu'est la réalisation du "barreau manquant" : l'A154.
    Les visions de l'aménagement ont changé depuis 1960. Comme l'a rappelé Michel Barnier, député européen UMP, commissaire européen au marché intérieur et aux services :
    "Elle ne sera pas belle la France de 2015, si c'est la France du tout béton et du tout autoroutes."
    Et si l'on continue de vouloir faire payer les autoroutes, à des usagers, à des routiers qui préfèrent emprunter les départementales, elle sera surtout beaucoup plus dangereuse.
    Ce sera peut-être l'occasion de faire du business, de créer aussi des zones d'activité qui créeront peut-être de l'emploi, ou le relocalisera.
    Mais si c'était le cas, étant donné le nombre de concessions qui ont été cédées au privé (85% du réseau), et le nombre de routes créées, nous aurions sûrement du en constater les effets bénéfiques par l'inversion de la courbe du chômage.
    Et si les autoroutes ne créaient pas d'emplois ?
Documentation et rapports :

Composition de la CASE, la droite rend sa copie : 1/20

Le mardi 22 avril a eu lieu l'organisation des commissions à la CASE, avec l'attribution des postes de vice-présidents et de rapporteurs.
C'est la politique à la papa : après un beau discours de Bernard Leroy sur la représentation territoriale et la nécessité de travailler ensemble au service de tous les habitants, le président de la CASE s'est félicité de l'effort de parité entre les élus, avec 30 femmes sur 80 délégués communautaires. Le discours sera pédagogique quant au fonctionnement futur du bureau et de l'assemblée.
Puis est venue l'heure de présenter les 15 vices-président-e-s.
FX Priollaud, nouveau maire de Louviers se présente comme 1er vice-président et président délégué. Parmi les 14 autres délégué-e-s initialement prévues pour accéder aux postes de vice-président-e-s, seulement 2 femmes : Anne Terlez sera vice-présidente à la "politique de la ville et la transition énergétique" et Sylvie Blandin, 1ère adjointe à Igoville, présidera la commission "transports conviviaux et électromobilité".
Pour le reste, que des hommes. Les déléguées communautaires de la CASE manquent-elles tant de compétences qu'on ne puisse respecter même le pourcentage d'élues à la CASE (37,5%) pour présider les commissions ?
Mais, avant que ne commence la désignation des présidents, un petit coup de théâtre a valu 1 h et demi de suspension de séance : avec seulement 2 voix d'écart lors de l'élection du président Bernard Leroy, la gauche décide de faire une contre-proposition. Réclamant 3 vice-présidences supplémentaires, ils n'obtiendront finalement que la création d'une nouvelle commission "reconversion industrielle" qui sera présidée par... un homme, Gaëtan Levitre, maire communiste d'Alizay.
Sur les 17 présidents et vice-président-e-s, 2 femmes, cela nous fait 11,76% de femmes. Bienvenue dans le vingtième siècle. Ça fait une note de 2/20.
Pour avoir, du côté de Bernard Leroy comme du côté de Marc-Antoine Jamet, constaté que la parité n'était pas au rendez-vous, et nommé malgré tout un homme à la commission créée au cours de la séance, je retire un point : 1/20.
Les Présidents et vice-président-e-s :
CommissionPrésident
PrésidenceBernard Leroy
Président déléguéFX Priollaud
Stratégie et partenariats locaux et internationaux (sic !)M-A Jamet
Mise en valeur du territoire, SCoT, sauvegarde du patrimoineThierry Delamare
Developpement économique, économie circulaire, SODEVILJ-M Moglia
Développement numériqueDaniel Jubert
Artisanat, tourisme, commerceJean-Yves Calais
Politique de la ville, transition énergétique, ANRU, santé, Agenda 21Anne Terlez
Urbanisme et aménagementChristian Wuilque
Jeunesse et proximité, centres de loisirs, péri-éducatif, Aide à domicileRené Dufour
Voirie et liaisons doucesJacky Bidault
Transports conviviaux et électromobilité, Transbord, PDU, covoiturageSylvie Blandin
Finances, budget, achatsPatrick Madroux
Propreté publique, déchets ménagers, balayageJean Carré
Cycle de l'eau, eau potable, assainissement et milieux naturelsJ-C Christophe
Parcours résidentiels, habitat, logement, PLH2Richard Jacquet
Reconversion industrielleGaëtan Levitre

Demi-tour social-libéral pour une partie des député-e-s écolos ? Un-deux, un-deux, un-deux…

Le parlement a voté la confiance au gouvernement.
En janvier, le président avait tombé le masque, en assumant qu’il n’était pas socialiste, mais social-démocrate.
Il annonçait le pacte de responsabilité : réduction des dépenses publiques, réduction des taxes et des cotisations sociales, l’ennemi n’est plus la finance.
Même Jersey n’est plus un paradis fiscal aujourd'hui ! Qu’il est loin le discours du Bourget. Fini donc la réforme bancaire, aux oubliettes la transition écologique.
Si certains pensaient que l’Europe ne pouvait être que sociale, écologique et solidaire, ils se sont mis le doigt dans l’œil. L’Europe ne serait qu’une économie de marché comme une autre.
Avec Valls aux commandes du gouvernement, et avec un gouvernement resserré autour de Hollande, on assiste au tournant social-libéral de la politique du PS.
L’analyse qu'a fait le président de la défaite électorale des municipales l'a conduit à durcir sa politique : suppression de la contribution de solidarité des sociétés, baisse de l’impôt sur les sociétés, baisse des charges sur les bas salaires – suppression de toutes les charges au niveau du SMIC - et baisse des cotisations famille jusqu’à 3,5 fois le SMIC (90% des salariés), afin de permettre aux entreprises exportatrices, les grandes entreprises, d’augmenter leurs marges.
C’est la politique de l’offre : les entreprises créent la croissance, la croissance crée de l’emploi.
Le risque, c’est que, comme ces baisses de charges se font sans contrepartie, l’augmentation des marges des entreprises se traduise en augmentation des dividendes, et non en embauches. Même si cela permet d’augmenter l’actionnariat et le renforcement des fonds propres.
A contrario de la politique de la demande qui propose d’augmenter la consommation, et donc directement d’augmenter les carnets de commandes, la production, et l’investissement.
Comment financer les 30 milliards d’euros de cadeaux aux entreprises, redisons-le, aux grandes entreprises, alors que nous restons dans le carcan du TSCG, qui n’a pas été renégocié comme le candidat Hollande l’avait promis, la règle d’or, et l’inflexibilité de la politique monétaire européenne ?
Le gouvernement prévoit 50 milliards d’économies.
Elles seront drastiques pour les particuliers. 10 milliards d’économies sont prévues sur la sécurité sociale et les prestations sociales.
C’est la mise à bas de l’Etat providence.
19 milliards devront être économisés par l’Etat et les opérateurs.
C’est donc un effondrement prévisible de la demande, et des économies dans l’emploi. Donc plus de chômage, moins de services publics, et le renoncement aux investissements. Notamment dans les transports et la transition énergétique.
10 milliards devront être trouvés par les collectivités locales, alors même que les dotations de l’Etat, au titre des compensations financières pour les transferts de compétences vers celles-ci, sont en baisse. Et, qu’accessoirement, la réforme des rythmes scolaires vient peser supplémentairement sur elles...
10 + 10 + 19 = 39
Il manque encore 11 milliards, il faudra tout de même arriver à renégocier un report de l’objectif des 3%.
Le gouvernement tourne le dos à la politique de la demande, pratique celle de l’offre, au profit de seulement 10% des entreprises, rompt avec le service public, va peser sur les ménages qui devront supporter ces mesures d’austérité, avec une promesse de 5 milliards de baisses d’impôts pour les foyers modestes, qui ne sont pas, eux, financés.
Ne manquerait que l’introduction de la TVA « dite » sociale pour finir d’achever la demande !
La réforme territoriale ? Elle ne prendra effet qu’en 2021. Un horizon bien lointain pour des économies aujourd’hui. Et l’occasion de pratiquer un exercice de bonneteau en matière de compétences et, surtout, de dotations...
Avec l’abandon de la transition énergétique, l’abandon d’investissements indispensables tant pour les transports que pour les économies d’énergie, avec une politique de l’offre qui ne tient compte ni de la demande, ni des PME, avec une casse annoncée des services publics, le chômage de masse et de longue durée, l’austérité promise aux français, est-ce bien la bonne réponse au message que les électeurs ont voulu faire passer au gouvernement ?
Dix députés écologistes ont validé ce choix politique en votant pour la confiance, alors qu’ils auraient pu s’abstenir de façon bienveillante, sans quitter la majorité.
Les deux ministres écolos ont choisi de renoncer aux maroquins dorés à l’or fin : N° 2 du gouvernement, écologie ET énergie, et même un stylo quatre couleurs en prime. Sauf qu’il n’y avait pas de mines verte ni rouge. Duflot parlait, elle, d’un couteau sans lame...
Il faudra bien que les 10 députés écolos s’expliquent sur leur choix, d’autant qu’ils viennent compenser les 11 députés socialistes qui se sont abstenus. Une première dans la République.
L’écologie est-elle miscible dans le social-libéralisme adepte de la politique de l’offre ?
Si oui, comment ? Pour faire quoi, si ce n’est une énième conférence autour d’un constat, partagé par tous désormais, d’une crise climatique majeure qui nous attend (économique et financière, environnementale, humaine en termes sanitaire, d’insécurité, de pauvreté, de conflits à venir…) ?
Je veux bien essayer de comprendre, mais il faut m’expliquer.

CASE (agglomération Seine-Eure) : Du développement durable du territoire…

Lors de sa séance du 24/07/2013 le Conseil de la Communauté d’Agglomération Seine-Eure s’est  saisi sous un intitulé anodin « constitution d’une provision annuelle » d’une question importante pour l’ensemble des habitants de son territoire.
A la lecture de ce titre et du début de la délibération le lecteur pourrait croire qu’il s’agit d’une question purement comptable sans incidence sur les conditions de vie de notre population. En réalité il est affirmé un peut plus loin que la CASE sera « contrainte de participer à des travaux structurants tels que la LNPN » et qu’il s’agit donc d’une mise en réserve de 500 000 € (cinq cent mille Euros).
Cette affirmation péremptoire ne repose sur aucune base sérieuse. La participation aux travaux structurants, dont la CASE n’est pas maitre d’ouvrage, qui sont visés ici ne peut relever que d’un choix politique et non d’une « contrainte ».
Cette délibération exprime donc en filigrane et sans le dire expressément que la CASE est prête à participer au financement d’infrastructures relevant des compétences de l’Etat sans les nommer.
Cette délibération pose d’abord une question sur sa forme : comment, lorsqu’un élu aura voté cette délibération, cet élu pourra-t-il s’opposer à un projet dit « structurant » sans être incohérent ?
Elle pose ensuite plusieurs questions sur le fond :
  • D’abord il serait utile de connaitre la liste des travaux structurants ;
  • Ensuite, quel impact aura la CASE sur le projet sachant que le financement permis par les provisions représentera une part infime de la valeur de l’investissement total ?
    Prenons l’exemple de la LNPN dans sa version basse : neuf milliards d’Euros. Supposons que les travaux se fassent dans 20 ans et que la CASE y affecte 500 000€ par an, elle pourra financer 10 millions d’euros  soit environ un millième du projet !!!
    Pour la liaison A28-A13 c’est environ un centième du projet à condition que les provisions n’aient pas été affectées à la LNPN.
    Concernant le port fluvial - dont on ne connait pas le coût - il est difficile de donner un pourcentage. Mais sera-t-il prioritaire face à la LNPN ou la liaison A28-A13 ou concurrent ?
  • Les provisions sont des charges de fonctionnement qui vont affecter le budget de fonctionnement de la CASE. Or celle-ci a entamé une réflexion depuis 18 mois sur les leviers à sa disposition pour faire face aux aléas du niveau de ces recettes consécutifs à la réforme de la taxe professionnelle et à la mise en place du fonds de péréquation intercommunale. L’une des pistes explorées consisterait à prendre une partie des recettes foncières des communes ou à augmenter les impôts locaux en cas de difficulté.
  • Les habitants de notre territoire risquent donc de voir augmenter à moyen terme la pression de la fiscalité locale qui pèse sur eux pour financer des infrastructures dont ils n’auront pas l’utilité ou dont il paieront (double peine) l’usage en s’acquittant du péage de la liaison A28-A13 ou le surcoût du billet sur la LNPN.
  • Le Conseil Economique, Social et Environnemental, saisi par le gouvernement sur le thème de « la transition énergétique dans les transports », recommande de hiérarchiser les projets et de donner la priorité à l’optimisation de l’existant. La cohérence et le bon sens voudraient que la CASE se range à cet avis et qu'elle abandonne cette idée de participer au financement de projets pharaoniques d’une époque révolue et s’engage résolument dans une démarche de développement durable du territoire.
(François Merle est adjoint aux finances à Val-de-Reuil, chargé des relations avec la CASE. Il est également élu communautaire à la CASE.)

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