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PMF, Pablo Neruda : Silence, on ferme !

Pour le Conseil départemental et M. Lecornu, c’est plié : il faut fermer deux collèges à Évreux et Val de Reuil, en échange d’un nouveau collège construit au Neubourg.
Ce sont les seules considérations budgétaires qui sont la cause de ces coupes sèches dans le budget des collèges, mais aussi dans le budget de l’Éducation nationale : les moyens supplémentaires accordés grâce au Réseau d’Éducation Prioritaire vont disparaître dans les écoles du fait de la fermeture des collèges REP.
Ceux collèges sont des collèges REP+ et REP (Réseau, dans des quartiers les plus pauvres du département, qui font ou ont fait l’objet d’une politique prioritaire de la ville).
Les quartiers de Netreville à Évreux, tout comme Val de Reuil – germe de ville, sont les deux seuls quartiers de l’Eure retenus pour le NPNRU (Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain).
Un nouveau programme national de renouvellement urbain pour Val de Reuil.
Celui de Val de Reuil permettrait de s’appuyer sur un financement de 50 millions pour réhabiliter les quartiers autour du collège PMF.
Les deux premiers plans ANRU ont permis à la population de s’approprier leur ville, leur quartier, considérés jusqu’à lors comme une cité-dortoir.
Val de Reuil est devenue un lieu de vie, un « chez-soi », et non plus une ville-dortoir. Les travaux continuent, pour plus d’intégration sociale, et plus de mixité et de diversification sociale.
Dans ce troisième programme de renouvellement urbain, ce sont les quartiers proches de PMF, Climuche et Coulis, qui vont être réhabilités. Mais ce sont 1000 logements neufs privés qui sont attendus. Les premiers sortent de terre face à PMF qui devient le lien entre ces quartiers historiques, qui devraient être réhabilités, et les nouveaux quartiers qui pourraient permettre à ceux qui travaillent sur la zone d’activité de Val de Reuil de se loger, en profitant d’une ville rajeunie, de tous les services, dont la gare qui permet de se rendre facilement à Paris ou à la métropole.
Tout cela est au conditionnel, car on comprend bien que parmi les services pour les familles qui voudraient s’installer, l’éducation est une priorité pour les enfants. C’est le cas aujourd’hui avec un collège qui est le pignon de ces quartiers, et qui permet même aux écoles d’accorder des moyens supplémentaires qui facilitent la réussite scolaire.
Va-t-on fiche en l’air ce programme prioritaire ?
Le risque est de rater ce nouveau programme de renouvellement urbain, faute de possibilité pour les nouveaux arrivants de rentrer dans un système scolaire à la hauteur des enjeux locaux, mais aussi nationaux :
Le ministre M. Blanquer prône des nouveaux moyens, notamment pour les CP en REP (12 élèves maximum par classe), mais à quoi bon si dans le même temps on sort les écoles qui en ont besoin du statut REP ?
C’est une priorité nationale de lutter contre le décrochage scolaire – 150 000 décrocheurs sortent chaque année du système scolaire sans diplôme – et pourtant on retire moyens et éducation de proximité, ce qui favorisera le décrochage dans une zone où il existe des emplois, mais des emplois qualifiés.
Au final, on pourrait sentir une volonté de vraiment ghettoïser ces quartiers. Alors qu’à la Madeleine, il y a un bassin d’emplois, certes peu qualifiés, et qu’à Val de Reuil, il y a un très gros bassin d’emplois qualifiés, au point qu’on a besoin de chercher les compétences ailleurs au lieu de les former sur place, on ferme les collèges.
Autrement dit, le boulot, c’est pas pour les locaux. Qu’ils aillent découvrir de nouveaux horizons, et se former hors de leurs quartiers.
Pourquoi les plus pauvres devraient le faire, quand les plus aisés ont le droit, eux, de rester dans leurs quartiers. Sont-ils moins mobiles ? N’ont-ils pas besoin, eux, de découvrir de nouveaux horizons ?
Petit bémol, les ruraux et rurbains, ceux de Saint-Pierre du Vauvray, Saint-Etienne du Vauvray, Andé, Portejoie, Tournedos, allaient jusqu’à lors au collège des Fougères de Louviers.
Il est difficile de construire des collèges en milieux rural quand les villes toutes proches concentrent collèges, équipements sportifs et culturels, et services.
Tout s’y passe bien : malgré un taux de CSP défavorisées de 57%, grâce à la cohésion de l’équipe pédagogique, grâce aux effectifs maîtrisés du fait du classement REP, 96% de réussite au brevet : un record !
Les fermetures : une décision comptable, mais des manoeuvres clientélistes et des décisions politiques.
Les élus locaux ont pourtant jeté un pavé dans la mare, allumé une mèche d’un pétard qui au final risque de péter à la figure de tous les habitants : pour modifier la destination des collégiens de nos communes de Louviers vers le Vaudreuil, les maires du pôle de communes Saint-Pierre – Saint Etienne – Andé ont demandé en 2015 à ce que la carte scolaire de notre agglomération soit réétudiée. C’est en tous cas ce qu’on comprend dans un courrier du maire de saint-Etienne du Vauvray à destination des parents d’élèves.
Pourtant, tout allait bien pour les élèves aux Fougères.
Bilan des courses, aux dernières nouvelles, les élèves n’iront pas au Vaudreuil, mais à Louviers, au Hamelet. Ce sont les élèves de Poses qui iront au Vaudreuil. Et ceux de des écoles Léon Blum et Louise Michel de Val de Reuil qui iront au Vaudreuil.
Mixité sociale et géographie auront eu raison du clientélisme.
Un gâchis orchestré depuis 2015, qu’il faut enrayer : non aux fermetures des collèges REP !
Quel gâchis ! Et on ferme PMF, un collège indispensable pour l’éducation et la réussite scolaire puis professionnelle de nos enfants.
Le préfet et le DASEN (Directeur Académique des Services de l’Éducation Nationale) en ont convenu, actant la volonté du département de fermer un collège de la CASE.
Le préfet a convenu qu’on ne pouvait pas fermer PMF, mais réclamait de M. Leroy, président de la CASE, la désignation d’une autre victime expiatoire : le collège des Fougères, pour ne pas le nommer, même avec son taux de réussite exceptionnel.
Les conseillers départementaux vont tout faire pour justifier qu’il ne s’agit pas de manoeuvres politiques, mais qu’il s’agit de sauver la jeunesse en la mettant à l’abri des ghettos dans lesquels ils vivent.
Une mesure de salubrité publique, en quelque sorte.
Sauf qu’on s’en prend aux plus pauvres, à des populations à forte proportion de musulmans, et aux politique prioritaires tant sur l’habitat que l’éducation.
Bien sûr, c’est politique. Ce n’est QUE politique. Ce sont des décisions prises par des hommes et femmes politiques, à tout niveau de décision, sans que les citoyens, parents, élèves et enseignants aient été consultés ou informés.
Quant à refuser de parler au maire de Val de Reuil, qui aurait prétendument insulté par courrier le président du département, cela ne vole pas haut pour de telles conséquences sur la vie de centaines de familles.
C’est un grand jeu de bonneteau qui est mis en branle, de fort mal façon. Chaque déplacement de population déclenchant un effet domino sur les autres collèges, au final, ils vont être nombreux les élèves qui vont passer des années à étudier en algéco, selon l’expression de M. Lehongre, parce qu’on aura décidé de casser les collèges en dur ! Dans des classes surchargées, sans les moyens supplémentaires dont ils disposaient jusqu’à aujourd’hui.
C’est à partir de 7’45 dans cette vidéo, que M. Serge Masson prend la parole pour exprimer plusieurs choses :
il s’étonne du mode de fonctionnement des commissions au Conseil départemental, notamment la commission des collèges : trop peu de réunions, des réunions menées tambour battant, et pas d’informations ;
la distribution d’un livre aux collégiens de 6ème, Le Tour du Monde en 80 jours, selon lui peu adapté à ce cycle. Cette distribution lui reviendra en pleine figure à chaque prise de parole d’un-e conseiller-e départemental-e, noyant le poisson de la fermeture des collèges.
concernant le fermeture des deux collèges REP et REP+, Pablo Neruda et PMF, il évoque les manifestations qui ont rassemblé des centaines d’élèves et de parents d’élèves, montrant ainsi la détermination de ceux-ci à garder leur collège de proximité ;
Il parle de Pablo Néruda, qui fait partie d’un réseau qui regroupe 4 écoles maternelles, 4 écoles primaires et un collège. Après la fermeture du collège, les écoles perdraient leur statut et les moyens qui l’accompagnent ;
c’est un quartier qui a fait l’objet d’une politique de la ville, prioritaire pour le renouvellement urbain, après les émeutes de 2005 ;
La décision autoritaire et unilatérale du Conseil départemental et de son président, M. Lecornu, de fermer pour raisons budgétaires ne prend aucun compte des arguments pédagogiques, et ce malgré les excellents résultats obtenus ;
Le Conseil départemental a ensuite justifié la fermeture du collège du fait qu’il s’s’agit d’un « pailleron » – bien que tous les contrôles de sécurité aient rendu un avis positif ;
Le collège et le quartier ont été considérés comme un ghetto par la majorité, et en invitant les élèves à « découvrir de nouveaux horizons » ;
La mixité sociale ne doit pas s’opposer au service public d’enseignement de proximité : avec la perte des moyens prioritaires, l’augmentation prévisible du décrochage scolaire ;
Il demande enfin à pouvoir travailler de façon plus soudée dans l’intérêt des Eurois-es, et de disposer des informations pour pouvoir exercer son mandat de la meilleure façon possible.
« C’est pas une rente d’être conseiller départemental, il faut travailler !», lui lance Sébastien Lecornu, non sans agressivité.
M. Lecornu est secrétaire d’État du gouvernement Macron. Celui-là même qui dénonce les fainéants. C’est M. Lecornu qui dénonçait les fraudeurs aux allocations et qui lançait sa chasse aux fraudeurs. Pour quel résultat ?
En regardant la vidéo, en voyant M. Lecornu, je ne peux me départir de l’idée que d’une part, alors qu’il n’est plus président et désormais simple conseiller, mais siège à la tribune entre le président M. Lehongre et le vice-président M. Duché, il est resté président de l’ombre. C’est l’idée que j’en perçois.
Il devrait être présent au milieu des conseillers départementaux, et non à la tribune puisqu’il a renoncé à ses pouvoirs exécutifs au département. Il m’est difficile de ne pas songer à ce qu’il garde néanmoins toute son aura, même dépourvu des attributs du pouvoir. Et garde toute sa place à la tribune.
D’autre part, j’ai cette impression personnelle que son smartphone est une télécommande, qu’il agite frénétiquement, ou avec grande agilité pour d’autres. Je ne sais pas, et cela personne ne le sait, hormis lui-même, à qui il adresse ces textos. M. Hulot ? Sa famille ? Ou est-ce pour fournir points de vue ou arguments aux conseillers ?
Je n’ai nul moyen de savoir. Chacun se fera son idée.
En tous cas, si les conseillers qui le demandent n’ont pas les informations demandées, il faut plus que du travail pour les obtenir. Soit il y a transparence, soit il faut compter sur les fuites.
Et ces fuites, les centaines de familles concernées n’y ont pas eu droit.
La demande des élus locaux du pôle de communes Saint-Pierre – Andé – Saint-Etienne, datant de 2015, et décidée par le département en 2016, nous ne l’avons découverte qu’au mois d’octobre 2017, par le truchement d’un courrier d’auto-félicitation du maire de St-Etienne à l’endroit des parents d’élèves. On a gagné, dit-il en somme – quand il a tout perdu. Enfin, pas lui, mais les élèves : direction le Hamelet en Algéco jusqu’en 2022 pour les enfants, sans toucher les 25 élèves par classe.
Idem pour nous, parents et enseignants : nous n’avons eu le droit qu’à une présentation powerpoint sur lequel on nous demandait de ne pas intervenir avant la fin (et qu’ils s’en aillent, élus et services). Pas de débat, juste une présentation, actant de décisions déjà prises, et que nous découvrions.
Nous sommes bons pour payer les impôts, mais pas pour être informés des décisions en cours. C’est politique, c’est comptable. Et cela ne relève ni de la pédagogie, ni de la citoyenneté.
La démocratie participative, l’expertise d’usage n’existent pas. Il n’y a qu’experts, même ne connaissant pas le territoire ou la pédagogie, et élus de la démocratie, représentants multicartes de toutes les instances du pouvoir, cumulant honneurs, titres et indemnités.
Et tous, des élus locaux aux départementaux, au préfet et au DASEN gardent pour eux l’entièreté du pouvoir, sans partage.
Nous, les petits, les sans-grade, les simples citoyens et usagers d’un service public qui disparaît un peu plus chaque jour, sommes obligés d’accepter toutes les gabegies et les économies sur le dos des enfants.
Étonnez-vous que les gens ne votent plus, que leur colère s’étale, et que les problèmes sociétaux explosent. Les élus viennent de plus nous dire qu’il ne faut pas agiter le chiffon rouge, que la responsabilité des conséquences de ces décisions iniques incomberait aux agitateurs.
Mon oeil.
M. Jubert revient essentiellement pour expliquer que « le tour du monde en 80 jours » avait déjà été étudié dans un établissement public qu’il a visité.
C’est au tour de M. Questel de prendre la parole.
Revenant lui aussi sur Le Tour du Monde en 80 jours, il explique que lui aussi a distribué ce livre, qui avait déjà été étudié pour les uns, ou lu pour d’autres. Il ne veut pas niveler par le bas, sinon autant distribuer des « Oui-Oui et la petite voiture jaune ».
Sur PMF, même s’il n’est pas féru des réseaux sociaux, il a lu des messages accusant certains élus de tuer les enfants, faute d’orthographe comprise.
Ce que moi j’ai compris de ce message, « Lecornu m’a tuer » à PMF, ou bien encore « Lefranc m’a tuer » à Pablo Neruda, c’est l’accusation de la condamnation à mort des collèges, et non des enfants. Une mort symbolique pour des collèges et des quartiers – et pour la faute, pour être comprise, elle n’est que la référence au célèbre « Omar m’a tuer ».
De même que lorsque que l’on cite ou titre « c’est Mozart qu’on assassine », ni Cesbron, ni Saint-Exupéry ne font référence au meurtre de Mozart lui-même. Ils désespèrent de ce qu’aurait pu devenir un jeune s’il avait été accompagné dans la vie, et par l’esprit et par l’éducation.
Certes, c’est une mort symbolique, mais une vraie souffrance pour les habitants. Ce n’est pas qu’un bahut qu’on ferme, c’est l’espoir d’une réhabilitation de quartiers, l’espoir d’être tirés vers le haut et de s’intégrer dans la société, de réussir, ou de voir ses enfants réussir leurs vies scolaire et, plus tard, professionnelle, qui s’effondre pour certains. Comme par hasard dans des collèges REP et des quartiers prioritaires.
M. Questel a écrit au ministre Blanquer pour lui demander son point de vue sur PMF, puisque M. Jamet se prévaut du soutien du ministre dans cette affaire, afin de pouvoir porter de sa place de député les orientations du ministre.
Il évoque ensuite les manipulations dans cette affaire, qui de son point de vue, n’a que trop duré.
Il était à Val de Reuil le vendredi 13 octobre. Mais au commissariat. « [Il] n’a pas répondu à une invitation « entre guillemets » de participer à une réunion d’échange avec une prof, à ses heures perdues, candidate écolo aux quatre coins du département, et le maire de la commune, devant média et cie. On n’invite pas la veille pour le lendemain, et on ne traite pas dans un café, devant la presse locale, des sujets de cette importance, qui mérite de se poser, de dépassionner. »
Cela ne vole pas très haut : l’invitation a été faite bien en avance, par le biais de la suppléante de M. Questel présente à l’AG au collège Pierre Mendès France le 3 octobre. Il s’agissait d’une demande de rencontre d’une délégation parents/professeurs avec le député. Laetitia Sanchez est professeur au collège PMF. Ce n’est donc pas la candidate écolo, mais bien un des professeurs de cette délégation qui a répondu à cette demande d’échange. Espérant sûrement le soutien du député, également conseiller départemental. Et c’est lui-même qui a laissé un message à Laetitia pour qu’ils puissent échanger avant de rencontrer la délégation. Tous ces éléments sont vérifiables.
On ne tape pas sur les absents, surtout pour sortir des contre-vérités.
Certes, M. Jamet a demandé à participer à cette rencontre qu’il a vite apprise : les informations sont partagées entre professeurs, parents et membres du conseil d’administration.
Mais le fracas engendré par une telle fermeture pour la population rolivaloise nécessite de prendre de la hauteur, et de dépasser les rancunes accumulées entre les deux hommes. On parle de fermer un collège indispensable et de l’avenir.
M. Questel ne s’y trompe pas lorsqu’il comprendre la passion et le traumatisme que causerait cette fermeture.
Il évoque le dynamisme de la CASE, qui, grâce au Pharma-Parc, produit 53% de la CVAE du département. Il souligne les 1000 habitants de plus par an sur le territoire de la CASE.
Il cite ensuite le taux de CSP défavorisées, avec deux chiffres :
– moyenne départementale : 45% ;
– taux du collège Hyacinthe Langlois à Pont de l’Arche 28%.
Personnellement, j’en ajoute un autre : Alphonse Allais à Val de Reuil, REP+, avec 63% de CSP défavorisées.
Or, la situation ne changera ni pour Pont de l’Arche, qui restera à 28%, ni à Alphonse Allais dont les effectifs resteront inchangés.
S’il fallait corriger cette absence de mixité sociale, ce serait plus sûrement en demandant aux élèves de Pont de l’Arche – ceux qui vont étudier dans des baraquements jusqu’en 2021 au minimum – d’aller étudier dans des classes en dur, à PMF. Les élèves de Pont de l’Arche vont déjà au lycée à Val de Reuil ; et quand ils sont collégiens à la piscine, au théâtre ou au cinéma… de Val de Reuil, à deux pas du collège PMF.
Il semblerait qu’il soit plus difficile de demander aux élèves plus aisés de bouger, d’aller « à la découverte de nouveaux horizons » que de fermer PMF et d’envoyer ses élèves au Vaudreuil et à Louviers, avec pour conséquences un grand chamboule-tout dans tous les autres collèges de l’agglomération.
Madame Delalande vient à son tour défendre la distribution du livre, Le Tour du Monde en 80 jours. Il était important de le (re-re)dire, tant l’enjeu de cette distribution dépasse celui des fermetures de collèges.
M. Coquelet, conseiller départemental de Val de Reuil prend la parole : il pense que c’est une décision politique.
« C’est un scandale ! Ne dites pas n’importe quoi, c’est un scandale de dire ça ! », lui lance M. Lecornu. « Démontrez-le que c’est politique. Démontrez-le maintenant, allez-y, montrez-le ! Et en quoi c’est une affaire politique de fermer un collège ?»
M. Coquelet émet l’hypothèse qu’on ferme un collège sur un territoire ou politiquement et électoralement on n’a rien à perdre, plutôt que sur un territoire où la situation serait plus tendue.
« N’importe quoi ! », s’exclame l’ex-président du haut de la tribune.
Pour M. Coquelet, il s’agit de justifier à postériori une décision qui a été prise en 2016 par le département.
Je rappelle que pour la CASE, le président du Conseil départemental, M. Lehongre, nous parlait (aux parents et enseignants) de postures concernant les positions de certains élus de la CASE, puisqu’il sait ce qu’ils leur ont dit. Il le disait à propos des propositions du président de la CASE, M. Leroy, comme du maire de Val de Reuil.
Nous savons à présent que certains élus de Saint-Pierre, Andé et Saint-Etienne ont relancé la demande de refonte de la carte scolaire. Que 3 réunions de travail ont eu lieu, qui ont abouti à bâtir deux scénarios, dont un qui correspond exactement à leur demande.
Cela, c’est bien politique. Même si au final, c’est l’autre scénario, qui respecte un peu plus la mixité sociale, qui est préféré par le DASEN et le préfet.
Ce serait là un échec politique pour ces élus locaux.
Si les dotations aux départements ont fondu, c’est encore là un choix politique de l’État et des gouvernement successifs.
Si les départements ont vu leurs compétences fondre, mais que cette strate du millefeuille a été conservée, c’est encore un choix politique.
Enfin, cette assemblée départementale n’est pas composée de citoyens de la vie civile, mais d’élus qui prennent des décisions politiques.
Jamais les enseignants ni les parents n’ont été consultés, et ces fermetures n’ont pas été demandées par les services de l’État ou le Rectorat : elles ont été votées en juin 2016 au Conseil départemental, et toute la majorité a voté pour. Si un vote d’élus n’est pas un acte politique, qu’est-ce qu’un acte politique ?

M. Coquelet parle de la méconnaissance totale du territoire, dans sa réalité actuelle, comme du futur proche à Val de Reuil et dans la CASE :

  • Le NPNRU 2 est en cours d’élaboration, engageant des cabinets d’experts. Celui-ci inclut la réfection de l’école primaire des cerfs-volants. Un cabinet d’experts référencé par l’Éducation nationale alerte qu’au delà de cette réfection, il faudra construire une école supplémentaire, portant à huit le nombre d’écoles primaires à Val de Reuil dans un horizon de 5 ans. Et dans le même temps, on ferme un collège ;
  • A l’occasion du travail effectué par la CASE pour le PLUI (plan local d’urbanisme intercommunal), les élus des communes ont été reçus par des techniciens pour faire un inventaire des logements qui seraient réalisés d’ici à 2020, puis de 2020 à 2026. Pour Val de Reuil, en ne comptant pas les projets les plus ambitieux, ce sont 900 logements selon les techniciens qui verront le jour d’ici 2020. M. Coquelet met de côté les plans les plus ambitieux pour ne relever que les 660 logements qui seront effectivement réalisés d’ici 2020. Ce sont ensuite 600 logements supplémentaires dans les 5 ans qui suivent.
  • Méconnaissance totale du territoire en matière de temps de transport : les 10 minutes avancées par le Conseil départemental pour relativiser les distances et temps de transport en bus, ne sont que la projection d’une hypothèse de réalisation d’une ligne en site propre de bus à haute qualité de service. Celle-ci n’existe pas. En voiture, il faut compter 16 à 20 minutes, selon la circulation, au plus court et sans arrêt. Alors, 10 minutes, en car scolaire, au moment du grand ballet des car scolaires, mais aussi des trajets pendulaires domicile-travail, c’est soit une erreur monumentale, soit l’utilisation d’un argument trompeur.
  • S’il est vrai que les contraintes des transports s’appliquent pour les rurbains et ruraux, est-il besoin de contraindre tous les élèves à recourir aux transports scolaires et cantines ? Notamment ceux qui ont choisi d’habiter en ville, et dont une bonne part n’utilisent justement ni transports scolaires, ni cantine. Et pour nombre d’habitants de Val de Reuil, ils n’en n’ont pas les moyens. « Une somme qui pour certains d’entre nous peut sembler dérisoire », dit M. Coquelet, « est appréciée différemment chez eux. »
« Cela va représenter une responsabilité quant à la réussite des élèves dans leur parcours scolaire, et cette responsabilité vous incombera [au Conseil départemental, NDR] », conclut-il.
Nous, parents de Saint-Pierre, Andé ou Saint-Étienne, nous connaissons les temps de transport pour aller aux collèges, puisque nos enfants les utilisent tous les jours. Nous sommes à peine moins loin que Val de Reuil pour nous rendre à Louviers.
Les enfants prennent le car entre 7h10 et 7h17 pour un collège qui commence à 8h.
C’est trop tôt, mais les transports sont partagés avec le lycée voisin. Combien de bus « optimisés » vont parcourir l’agglomération après ce grand bonneteau ?
Ce ne sera pas le souci du département, qui a transféré la compétence des transports des collégiens à la Région. C’est la Région qui détient la compétence des lycées, et des transports scolaires des collèges et des lycées. Il faudrait sans doute se questionner sur la compétence des collèges. La Région a semble-t-il plus de moyens d’investir, et de fait, de coordonner.
Car dans tous ces grands plans sur la comète, nous n’avons jamais entendu parler de parcours scolaire.
C’est un sujet que nous avons maintes fois mis sur la table : le parcours scolaire d’un enfant commence parfois à la crèche ou chez une assistante maternelle, puis continue à l’école primaire, de la maternelle à l’élémentaire, ensuite c’est le collège, puis le lycée, en parcours général ou professionnel, et puis les études supérieures ou la formation professionnelle, et enfin l’insertion professionnelle, pour faire court.
Les services et les élus du Conseil départemental ne regardent que le tronçon qui les concerne : les quatre années du collège, et les économies que l’on peut y faire.
Les écoles primaires perdent leurs moyens ? Ce n’est pas leur problème.
A Val de Reuil, nous avons un lycée saturé, ce n’est pas leur problème. Que la Région se débrouille.
Les transports, ce n’est pas, plus leur problème. Ils seront optimisés. A la Région de se débrouiller.
Il y a un nouveau programme prioritaire pour Val de Reuil ? Pas leur problème. Du moins, tant que le Pharma-Parc leur apporte sa manne.
Mais pour les familles, c’est un ensemble qui impacte toutes nos vies. D’abord, nous vivons dans nos villages, nos bourgs ou nos villes. Nous savons en nous y installant que les élèves rurbains ou ruraux devront emprunter les transports scolaires, à partir du collège. C’est un choix de vie que nous avons fait en amont, et en connaissance de cause.
Lorsque nos enfants sont à l’école, nous nous occupons de leur éducation, des conditions d’accueil et de l’accompagnement : on fait des gâteaux que l’on vend à la sortie pour financer les sorties scolaires, les activités, des dictionnaires pour ceux qui entrent en CP (un peu comme Le Tour du Monde en 80 jours, mais en plus humble), et des dictionnaires franco-anglais pour ceux qui vont entrer en 6ème. Et on travaille avec le collège pour préparer cette étape importante dans l’éducation. C’est là que l’élève, notre enfant, déterminera son avenir en s’orientant vers des filières professionnelles ou des études plus longues. On est dans le présent, mais on est toujours dans le coup d’après. On se prépare pour la suite, et même le choix des langues est en partie conditionné par la filière d’après. Et certaines familles n’hésitent pas à déménager, parfois, pour rendre les conditions d’apprentissage plus faciles pour leurs enfants, pour leur réussite.
Pour d’autres, c’est plus difficile, pour ne pas dire impossible. Qui n’a pas fait de commission d’appel comprend difficilement que des parents n’ont simplement pas les moyens d’envoyer leurs enfant en école hôtelière à Louviers quand ils habitent Gisors, que d’autres ne peuvent envoyer leur enfant de Louviers vers un internat à Évreux, ou bien pour certaines familles qu’ils est très difficile d’affronter les dépenses liées à l’éducation : vêtements, accessoires scolaires, transports, cantine…
C’est en plus du reste, de tout ce qu’il faut pour vivre. Quand un enfant est pris en compte dans le revenu, à hauteur de 215 € / mois, mais que la cantine représente à elle seule 200 € /trimestre, la cantine du midi représente à elle seule un tiers de ce qui est versé pour un enfant. Pour quatre midis par semaine. Et le reste du temps, ils mangent aussi.
Je pourrais parler de familles monoparentales où l’enfant doit réussir ses études, tout en jouant le rôle de grande soeur ou de grand frère, faire l’aide aux devoirs, les tâches ménagères, des piliers de la famille qui ne peuvent être éloignés de la famille.
Nous avons écouté ces élus. Ils sont démocratiquement élus, il n’y a pas de souci. Parfois multi-élus : mairie, Conseil d’agglomération, Conseil départemental ou régional. Ou nommé secrétaire d’État. Ils ont la notabilité, l’intelligence, ne sont pas démunis d’argent non plus.
Ils sont élus par certains, c’est vrai. Avec en plus des taux de participation qui frisent le dérèglement démocratique.
Mais une fois élus, ils sont élus pour administrer tous leurs administrés, et pas seulement leurs électeurs.
Alors, lorsqu’on parle de « vivre ensemble », de réussite, de mérite dont on se réclame pour soi-même et pour les autres, il faut se mettre dans la peau des gens, et des plus humbles en premier.
Mettez-vous dans la peau d’une mère seule au foyer avec ses enfants. Pas facile de travailler dans le monde actuel, en respectant en plus les horaires de l’école ou du collège. Et pas facile d’assurer les moyens de la réussite scolaire de ses enfants. Et pourtant c’est ce qu’elle souhaite le plus au monde, cette maman. Elle aura beau avoir beaucoup, beaucoup de mérite, elle n’en aura pas les moyens.
Et nos élus démocratiquement élus ferment des collèges là où il y en a le plus besoin : PMF à Val de Reuil, Pablo Neruda à Évreux, quand ce n’est pas pour demander la fermeture du collège des Fougères, implanté dans les quartiers les plus pauvres de Louviers.
Ce sont trois collèges REP et REP+ qui sont dans le collimateur. Pourquoi REP ? Parce que cela revient à donner une chance même aux familles en difficulté de rentrer dans un parcours de réussite.
Nous avons évoqué en CA la réussite du collège des Fougères devant M. Gatinet et les services du département venus nous proposer de voter l’un ou l’autre des scénarios. 57% de CSP défavorisées et 96% de réussite au brevet.
Ceux-ci auraient pu chercher à comprendre les causes de cette réussite, ne serait-ce que pour en proposer les solutions ailleurs ? Que nenni. Ils nous ont tout simplement rétorqué que si nous ne voulions pas fermer PMF, il fallait choisir de fermer les Fougères.
96% de réussite, c’est dû à un collège de proximité, là, dans un quartier qui si défavorisé soit-il, respecte le collège : pas de dégradation, pas de tags, pas de violences. C’est une chance pour le quartier. C’est dû aussi à des effectifs maîtrisés – moins de 25 élèves par classe. Même si l’on pouvait entasser d’autres enfants dans une classe au nombre de m2, ce n’est pas l’espace qui compte : c’est la relation entre l’enseignant et les élèves, la possibilité de pratiquer un accompagnement personnalisé, dans une ambiance de paix sociale, quand bien même il existe des disparités dans les revenus ou les communautés. Tant que cela n’est pas trop tendu.
Comme nous avons entendu madame Legratiet qualifier de « vivre ensemble » la mixité entre communauté kurde et communauté turque dans une même classe.
Vivre ensemble, avec plus d’élèves, des classes plus chargées, qui héritent des tensions de leurs communautés – et oui on est en France, mais on peut peut-être penser à éviter ces tensions. Ça peut vite devenir se foutre sur le bec ensemble.
Ne calculons pas l’espace nécessaire aux élèves comme on norme l’élevage des poules ou des cochons : une feuille A4 pour une poule, un m2 pour un cochon, combien pour un collégien ?
Pourquoi ne faut-il pas fermer ces collèges ? Parce qu’ils sont la possibilité et l’espoir de réussite sociale pour des familles qui ne songent elles aussi qu’à vivre mieux, et à ce que leurs enfants vivent mieux qu’eux. Et ça marche.
Pas ou peu de décrochage dans ces collèges. Au prix d’une lutte quotidienne, contre le décrochage scolaire, l’échec, l’absentéisme, la radicalisation aussi pour certains.
Au nom de la République, vous supprimez la République de ces quartiers.
Bien entendu, le Conseil départemental sera responsable des échecs qui vont découler de ces décisions. Le préfet sera co-responsable, comme le DASEN qui demandent tous deux de nommer le collège de Fougères, et qui, devant le refus des élus de la CASE comme des parents d’élèves d’envisager de choisir l’un ou l’autre de ces scénarios d’échec, constatent la décision départementale et feront leur choix basé sur la raison, quand la maison a brûlé.
Les Andéens, St-Pierrois et Cie iront au Hamelet à Louviers. Autre échec des élus locaux qui ont conduit à élaborer ces scénarios.
Sauf ceux qui sont déjà inscrits dans le parcours scolaire du collège. Nous aurons le droit de rester aux Fougères, par exemple, avec le transport assuré pendant 3 ans. C’est ce que fera ma fille, et d’autres aussi, ne vous y trompez pas.
Les transports scolaires vont devenir un cauchemar, mais ce n’est plus la compétence du département, alors on s’en moque.
Madame Diane Leseigneur (33’45) en veut terriblement à Messieurs Masson et Coquelet d’avoir agité le chiffon rouge !
Messieurs Coquelet et Masson seraient responsables de la fuite des élèves vers le privé.
Que Madame Leseigneur ne s’inquiète pas pour Val de Reuil. Leurs élèves ne fuiront pas vers le privé : le collège Saint-Louis de Louviers est plein comme un oeuf. Nous accueillons d’ailleurs aux Fougères ou à Buisson une partie de leurs élèves en difficultés. Peu importent les raisons, nous les accueillons, et le taux de réussite des Fougères atteste que cela se passe même plutôt bien.
Et ce ne sont pas les familles rolivaloises qui vont pouvoir se payer le privé, beaucoup auraient déjà du mal à payer la cantine et les transports dans le public.
Sauf à se tourner vers d’autres confessions, si l’on ferme un collège dans le quartier et qu’ouvre une école musulmane.
A côté de Pablo Neruda, qu’on veut fermer (maire compris), une mosquée dirigée par un Imam salafiste va ouvrir (sur un terrain offert par le maire, Guy Lefranc). Peut-être celle-ci offrira-t-elle une solution de secours et de proximité avec un enseignement coranique ?
A Val de Reuil, la mosquée qui va ouvrir ne sera pas salafiste.
Mais sur le nouveau programme ANRU 2, je regrette d’entendre madame Leseigneur nous dire qu’il ne faut pas compter sur une population arrivante, avec son gage de mixité sociale, puisque ce plan ANRU 2 n’est pas acté.
J’espère que le département soutient sans faille ce NPNRU salvateur pour Val de Reuil. Val de Reuil contribue suffisamment pour espérer disposer de cette politique prioritaire pour la ville, quand elle contribue autant à son financement.
Il ne faut pas jouer contre pour justifier une mauvaise décision.
Quand elle se met sur le terrain de M. Coquelet sur le PLUI, citant les 660 logements supplémentaires jusqu’à 2020 cités, jugeant les chiffres prudents, elle estime qu’il n’y aura que 10% de collégiens supplémentaires. Soit 66 élèves (et non 60) puis 60 supplémentaires dans les cinq ans qui suivent. Soit 126 élèves.
« Je suis juste dans les mathématiques, c’est les chiffres qu’on y applique », dit Mme Leseigneur.
Pareil pour moi. Et puisqu’on est en REP, cela remplit assez le collège pour des effectifs raisonnables.
Puisqu’elle va reprocher à M. Masson de n’avoir pas su profiter de la politique de la ville pour rénover, ou détruire et reconstruire Pablo Neruda lorsqu’il avait « une fenêtre de tir comme ça ! », il faudrait respecter la fenêtre de tir de Val de Reuil, notamment quand le maire, M. Jamet, mais aussi le président d’agglomération, M. Leroy, quand même plus de majorité départementale que d’opposition, proposent de financer la réhabilitation.
C’est incohérent. Et politique.
M. Duché ne veut pas discuter avec M. Jamet. Idem pour M. Lehongre. On ferme, point barre !
C’est la bonne excuse pour ne pas affronter un adversaire politique que l’on méprise (ou que l’on craint).
Mais l’enjeu, c’est pour les Eurois, et les Rolivalois, et toutes les famille de la CASE qui sont promenées on ne sait comment d’un bout à l’autre de l’agglo !
Il est urgent de reprendre un peu de hauteur. Adulte et responsable, c’est sûrement la première qualité d’un élu.
M. Duché entend depuis des années que la ville de Val de Reuil va être à 100.000 habitants. J’ai peur que cela n’ai été que l’ambition lors de la création de la ville nouvelle.
Moi, ce truc, je ne l’entends pas. J’entends parler de parcours résidentiel, de 1200 logements supplémentaires, de plan ANRU, mais pas de 100.000 habitants. Et j’y habite. Depuis des années.
M. Duché parle de deux collèges à Val de Reuil (M. Lecornu corrige : 3 collèges, avec le collège du Vaudreuil), à moitié pleins ou à moitié vides.
Non, REP ! Vous ne voulez pas comprendre : REP ! Et des logements vont arriver, avec leur cohorte de collégiens, sauf si vous faîtes capoter le NPNRU à Val de Reuil. C’est bien parti pour, si l’on vous écoute.
Et à nouveau : « Donnez un autre collège ! ». Nom d’une pipe, les Fougères.
Ce sont des mesures d’économie, qui ne tiennent compte ni de la pédagogie, ni du territoire, ni des besoins des habitants, ni de l’économie locale (le Pharma-Parc), ni de l’égalité.
Vous voulez la méritocratie, et les économies dans “les quartiers”, nous voulons la réussite de tous.
nono

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