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Plénière de la région Normandie : 24 juin 2019 – Morceaux choisis

Priorité : le climat.

Nous avons vécu un siècle d’ébriété. Aujourd’hui c’est la gueule de bois : retroussons-nous les manches, et réparons du mieux possible les dégâts.

  • Stoppons l’artificialisation des terres. Vraiment, d’une manière juridiquement opposable ;
  • Cultivons terres et forêts – au lieu de les enfouir sous le bitume ;
  • Produisons ce qui est utile, en prenant en compte l’impact sur le climat, l’environnement, l’accès à l’eau potable et les conditions de travail ;
  • Arrêtons les pesticides et les énergies dangereuses ;
  • Isolons nos logements : c’est bon pour le climat et c’est bon pour les habitants ;
  • Proposons des solutions de mobilité collectives et partagées pour désengorger nos villes et relier les territoires ;

En ce qui concerne ces transports du futur – les transports collectifs, et le premier d’entre eux, le train – vous avez souhaité prendre la responsabilité du réseau. La gestion des lignes contre des rames neuves, avec le risque financier qui en découle.

Mais en même temps vous fermez les gares, les arrêts, et vous augmentez les prix au motif marketing du prix rond.

Nous vous rappelons le B-A-BA du transport collectif, et du train en particulier : l’amplitude horaire, le cadencement régulier, la fiabilité des correspondances. Et des abonnements incitatifs qui fidélisent les usagers.

Quand on veut prendre la responsabilité, il faut savoir faire. Mais tout ce que vous savez faire, c’est fermer, fermer, et fermer ! Vous obligez les usagers à se rabattre sur l’automobile !

Nous sommes à une croisée des chemins : c’est le choix de la vie, ou l’acceptation égoïste de la fin. Après moi, le déluge…

Vous vous êtes consolé le 6 juin en recevant Donald Trump et son ballet aérien, à l’occasion du 75ème anniversaire du D-Day.

Trump le climatosceptique, qui s’ingère dans la politique européenne en prônant un Brexit dur… On est bien loin de l’idéal de Paix du débarquement de 1945 et du Conseil National de la Résistance qui a suivi.

Il fallait alors reconstruire l’Europe. Et les résistants ont construit un idéal de paix et de protection sociale. Ce sont ces valeurs qu’il faut préserver aujourd’hui. En y ajoutant la préservation de nos conditions mêmes de vie : le climat, la nature, l’eau – dans un nouveau contrat naturel ET social.

Il n’est pas trop tard pour changer : mais c’est maintenant, pas en 2050.

Vous pouvez ignorer ce discours, mais vous ne pouvez ignorer la réalité.

Aux actes, citoyens !

La région organise-t-elle la collecte de nos big datas à fins commerciales ?

Vous souhaitez développer un écosystème régional du bigdata, du deep learning et de l’IA. Une Silicon Valley normande en somme ! Sauf, qu’au contraire de la Silicon Valley, où la concurrence acharnée a permis de construire des empires, vous proposez de construire un data lake des données collectées – dont les données privées de nos concitoyens – mises en commun entre la recherche et l’innovation : autrement dit des startups et entreprises privées.

Qui elles-mêmes ont pour partenaires ou clients des entreprises comme EDF, Bouygues, Vinci, Vallourec, Matmut, BNP Paribas, Caisse d’Épargne, pour ne citer qu’eux.

Un data lake, c’est un référentiel de données, qui stocke pour une durée indéterminée des quantités massives de données, où les données brutes côtoient les données transformées.

Celui-ci sera hébergé par le CRIANN, et accessible à la fois à aux centres de recherche et aux entreprises. Et ces données seront commercialisées, au travers d’un site internet.

Ce mélange public/privé, dont je sais qu’il ne vous effraie pas, et le mélange des données publiques et privées, pose tout de même des questions :

Sur l’adossement des entreprises privées sur la recherche publique, on a en mémoire l’article du Canard Enchaîné du 5 juin, quand un brevet développé par le Généthon, financé par les dons du public, a été vendu 13,3 M€ à une startup dont ce fut le seul produit. Un mois plus tard, cette startup a été rachetée par Novartis 7,7 milliards d’euros. Pour une thérapie qui serait vendue aux parents français 800 000 € pour sauver leur bébé. Alors que ce sont les dons des français qui auront permis son développement.

Il faut donc veiller à ce que la recherche publique puisse profiter à la société tout entière, et ne soit pas accaparée par des entreprises, qu’elles soient startups ou multinationales.

Mais il faut veiller aussi à ce que les données, publiques ou privées, collectées auprès de chaque citoyen, avec ou sans accord, ne soit pas utilisées à son insu. Vous invoquerez l’anonymisation. Mais nous savons qu’avec le big data et le deep learning , il n’y a plus d’anonymat ! Les données sont analysées, recoupées, et les développements des algorithmes de l’IA permettent une connaissance de plus en plus fine des modes de vie, de consommation, habitudes, relations, niveaux de vie, investissements personnels, syndicaux ou politiques, ainsi que des besoins, envies ou désirs de chacun et chacune d’entre nous.

Vous direz que cela peut nous aider à mieux comprendre les déplacements, ou l’adéquation formation/emploi. Et donc permettre d’apporter des solutions. Je vous répondrai que les entreprises participantes ainsi que leurs partenaires ou clients feront de même pour des raisons commerciales ou stratégiques. De toutes façons, ces données ont vocation à être commercialisées.

Rappelons aussi que les big data, conjointement avec l’utilisation des outils informatiques et des réseaux sociaux ont permis d’influencer nombre d’élections majeures, manipulant ainsi nos démocraties.

Vous parlez d’éthique et de gouvernance : comment comptez-vous protéger les données de nos concitoyens, et leur garantir le droit de consultation et de suppression des informations qui les concernent ou qu’ils auront transmises, notamment quand elles auront été transformées ?

Et en matière de transparence : puisque les entreprises pourront acheter ces informations pour utilisation commerciale, ou stratégique, quel en sera l’accès pour le public ? Avec quels accès pour les données, droits de réutilisation, ou de diffusion ?

Ce sera réalisé avec l’argent public. Ce sont les citoyens qui financent un outil qui stocke, analyse et revend leurs propres données.

Nous savons que malgré le RGDP, avec des procédures compliquées pour un citoyen normal, leurs données sont captées en permanence avec un accord plus ou moins tacite et consensuel, simplement en cliquant sur un gros bouton OK, ou en validant un texte en petites lignes.

Quelles sont les garanties que les données ne seront pas captées ou revendues à leur insu ?

Et en cas de revente de leurs données, nos concitoyens seront-ils informés de l’utilisation qui est faite de leurs données, et seront-ils rémunérés ? Pourront-ils s’opposer à la vente de leurs données ?

Et enfin, combien de temps leurs données seront-elles conservées ?

Politique ferroviaire : direction Paris.

Tous les groupes montent au créneau pour dénoncer les fermetures de gares, d’arrêts en gare et de guichets. C’est ce que le président de la région Normandie appelle le grand désenclavement de la Normandie.

En effet, on ferme des gares dans lesquelles il y a un à deux passagers par jour, avec une gare qui est à 5 à 10 kilomètres. On ferme, pour prendre le cas de mon ancienne circonscription, on ferme la gare de Glos – 6 personnes par jour qui passent par la gare ! Y a une gare à Bourgtheroulde, et une gare à Brionne. Ce que l’on oublie de dire, c’est qu’il va y avoir un aller-retour de plus par semaine sur cette ligne. Donc en fait il y a une offre supplémentaire, mais en effet, on ferme des gares, dans les quelles, pour une gare, il y a un passager par jour [… anecdote France 3…].

Je rappelle qu’il y a des bus, ils ont empruntés par les Normands. Les cars Macron, ils ont été utilisés par 700.000 normands l’année 2017 [l’année 2017 a été marquée par 37 jours de grève des employés SNCF, qui a coûté 790 M€ à la SNCF, d’où rabattements sur les cars Macron, NDR], donc, ça veut dire qu’il y a des gens qui considèrent que le bus est un bon moyen de transport.

Et par ailleurs, je rappelle malheureusement que toutes les lignes ne sont pas électrifiées sur les trains. Et donc, il y e a certaines qui continuent à avoir un bilan carbone qui est loin d’être aussi positif qu’on veut bien nous le présenter.

Donc je trouve que cette caricature qui dit que – un, on ferme, alors qu’on ne ferme pas, – deux, il faudrait que tout soit immobile, – et trois que toutes les améliorations que nous apportons sont des améliorations insignifiantes quand on va avoir plusieurs aller-retours par jour de nos métropoles vers Paris, mais oui, en effet, la France est ainsi bâtie, que l’essentiel des activités et échanges se fait avec la métropole mondiale qui s’appelle Paris. C’est comme ça, bon.
Hervé Morin, plénière du 24 juin 2019

Les paroles de M. Morin sont bien contradictoires : d’une part, il commence par nous dire que oui, il ferme des gares, ne citant que quelques exemples. Il ne parle pas des fermetures d’arrêts. Puis il finit par dire que non, il ne ferme pas.

Il est bien optimiste en citant le chiffre de 700.000 usagers des cars Macron en 2017. C’est l’année des grèves SNCF : 37 jours de grève. Il fallait bien prendre le car. La part modale de ces cars (Ouibus, Flexibus, Isilines) est passée de 2,4% en 2015 à 3,8% en 2016.

Mais dès l’année suivante, à part le trajet Caen-Rouen dont la cadence a été multipliée par 1,5 depuis avril 2016, les autres ont vu l’offre baisser : le nombre de trajets hebdomadaires Caen-Avranches a été divisé par 4 et celui entre le Mont-Saint-Michel et Caen divisé par 7.

Citons tout de même l’augmentation des liaisons vers Beauvais et son aéroport, qui obligent pour la plupart à passer par Paris par le train, plus cher et plus long, ou à prendre la voiture. Le bus devient alors compétitif.

Ce que ne dit pas le président de Région, c’est que le trafic sur les lignes ferroviaires TER normandes représentait (en 2016) 397.492.000 voyages.kilomètres.

Depuis, la ligne Fécamp-Bréauté a rouvert, après deux ans de fermeture et 8 mois de travaux, permettant de relier Fécamp au Havre en 3/4 h. Excellent, les écologistes n’ont fait que de le demander, redemander, et enfin obtenir.

Bons points :

  • augmenter l’amplitude horaire, augmenter le cadencement. Il faut encore voir sur quelles lignes ;
  • Un aller-retour Paris-Montparnasse – Mt St Michel quotidien : plutôt bien pour le tourisme ;
  • Paris – Granville dont la gare est transférée à Montparnasse : bien encore pour le tourisme ;
  • Un aller-retour Paris-Dieppe chaque week-end, encore une fois dans un but touristique.

Les mauvais points :

  • Une vision qui reste très centralisée : Paris-province. On ferme gares, arrêts et guichets en province, pour une vision des déplacements qui n’est pas régionale, mais uniquement dirigée vers Paris. “La France est ainsi bâtie”, nous dit-il. Mais les relations avec l’Île-de-France se passent-elles aussi bien que M. Morin le dit ? Qu’a-t-il obtenu pour les trains Normands ?
  • Les liaisons inter-régionales ou locales sont abandonnées petit à petit : on traite le tourisme, on fait du Paris-province, utile pour les touristes, navetteurs, les cadres et les politiques, mais quid des liaisons régionales ? Cf la liaison Caen-Le Mans-Tours, que M. Morin a décidé d’enterrer. Vous pouvez aussi lire sur actu.fr. Gares fermées, arrêts fermés, guichets fermés. Nombre d’habitants sont-ils assignés à résidence ?
  • Quelles modifications pour les ligne Rouen-Caen, Caen-Évreux ? Des trous jusqu’à 3 heures. Il faut revoir le cadencement très vite. La liaison est compétitive, même avec la route (prix et temps de parcours), mais avec les énormes délais d’attente, faute de trains, faute de matériels, il n’y a pas de cadencement. Avec un cadencement, la ligne serait compétitive.
  • Le remplacement des trains par les cars Macron. Peu de toilettes ouvertes, des places pour les genoux qui le réservent aux plus petits, et pas écologiques. Mais moins chers. Sauf que les gens préfèrent prendre leur auto. Le rabattement vers les gares, pourquoi pas ? Le remplacement du train par le car pour les liaisons régionales, sûrement pas ;
  • Pas de réouverture de la ligne Rouen-Évreux, pour des déplacements sans alternative ferroviaire. Un trafic autoroutier qui fait pâlir d’envie les Sociétés Concessionnaires d’Autoroutes, qui pourraient finir par l’avoir ;

Pour M. Margueritte, les guichets qui ferment, c’est pour raison humanitaire : il faut penser à la situation d’un agent qui attend des heures entières un usager qui ne vient pas. Pas un mot pour l’usager qui se rend vers un automate en panne, et qui devra s’acquitter d’une amende dans un intercités, même s’il va directement trouver un contrôleur et qu’il lui explique la situation et qu’il veut payer.

Il ne parle pas de disparition de postes, ou de guichets : il parle de guichets dont la plage horaire est adaptée. Tu n’es pas mis à la porte, on a adapté tes horaires : ce sera zéro heure. Mais avec possibilité d’acheter les billets ailleurs ou avec un automate mis à disposition… Et son réparateur ?

Et enfin, nous aurions, selon M. Margueritte, une vision du service public qui est immuable, quitte à la voir disparaître. La Région prend la gestion du rail contre la contrepartie de 630 millions € de rénovations obligatoires pour l’État, et 720 millions € pour de 40 rames neuves.

C’est combien la gestion annuelle du transport ferroviaire ?

Lire : observatoire Normand des déplacements

Fnaut : relations ferroviaires intra-normandes

Développer la protéine végétale en Normandie

Avec une demande normande et française qui s’accroît, la production de protéine végétale devient un enjeu pour la production agricole et industrielle normande.

Riches en azote et enrichissant les sols d’oligo-éléments, ces cultures ne nécessitent que très peu d’intrants, et favorisent la rotation des cultures et la transition en bio.

La Normandie a perdu 50% de ses prairies depuis 1970. Et c’est dans ces prairies que l’on trouve naturellement graminées et légumineuses. Nous dépendons donc de nos importations de soja OGM du continent américain. Nous exportons des céréales bien moins rémunératrices.

Nous devons réorienter le premier pilier de la PAC (9 Md €) vers un plan protéine dont la Normandie doit profiter. Pour l’élevage, et pour la consommation alimentaire humaine.

Le plan est adopté à l’unanimité.

Rapport annuel sur le développement durable

Le rapport égrène une liste de petites actions ponctuelles, qui sont symboliques pour la plupart, utiles parfois, mais bien en deçà des attentes.

  • 10 voitures à hydrogène.

L’hydrogène est issu en quasi totalité par la reformage du méthane.

Ainsi que l’explique l’Ademe, le rendement de la production d’hydrogène est assez faible et énergivore, et ne peut être considéré comme intéressant que si l’hydrogène est produit à partir de sources d’énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque).

Les principaux enseignements que l’ADEME retire de ces travaux sont les suivants :

• Le bilan environnemental est largement tributaire de la source primaire utilisée pour fabriquer l’hydrogène : mix électrique du réseau, gaz naturel (technologie SMR16). Sur les impacts changement climatique et épuisements des ressources naturelles, la mobilité hydrogène n’a d’intérêt que si l’hydrogène est produit à partir de sources d’énergies renouvelables.

• La logistique de transport de l’hydrogène, entre le point de fabrication et la station-service, est un facteur de premier ordre dans le bilan. Il est donc fortement recommandé de limiter les distances d’acheminement (>100 km) et de préférer une production locale d’hydrogène pour des usages locaux.
ADEME – FICHE TECHNIQUE L’HYDROGÈNE DANS LA TRANSITION

Les promoteurs de cette énergie ne peuvent qu’être donc que promoteurs des EnR. Difficile d’être à la fois pour l’hydrogène, comme le RN, et contre l’éolien…

C’est une énergie chère, les véhicules sont également très chers (50.000 à 80.000 €), et étant donné l’utilisation du platine dans la pile à combustible, ce n’est pas un concept généralisable.

L’accident de la station hydrogène à Oslo qui a explosé à la suite d’une fuite est là pour rappeler que ce n’est pas sans risque : le dihydrogène est la plus petite molécule, composée de deux atomes d’hydrogène 1H (1 proton, zéro neutron). On ne reparlera pas du Zeppelin, la technologie a considérablement évolué depuis. On ne l’utilise plus dans les dirigeables.

  • 1 bus électrique : celui-ci sera utilisé entre Rouen et Évreux, pour éviter de parler de la réouverture de la ligne ferroviaire Rouen-Évreux – dont Guillaume Pépy avait dit que ce devrait être la priorité pour la Normandie, mais dont Hervé Morin dit qu’elle n’existe pas. Priorité LGV, priorité Paris. Pas de priorité régionale. Et un bus électrique. 1.
  • Rénovation des logements : 9000 chèques énergie en 3 ans.

À ce rythme, avec 1.786.000 logements en Normandie, dont 900.000 dans le parc locatif (301.542 dans le logement social, et le double dans le locatif privé), il faudrait 300 ans pour rénover le seul parc de logements locatifs ! 595 ans pour rénover tout le parc de logements. On est sauvés, mais dans 600 ans à ce rythme…

Et on ferme l’Alec ! Après des mois de redressement judiciaire, c’est la liquidation judiciaire qui sera décidée mardi 9 juillet si aucun politique ne s’empare de cette affaire.

Certes, c’est une association, mais c’est aussi un service public. Ils ne gagnent pas d’argent, ils en font gagner aux collectivités et aux habitants.

Ils ont besoin de financement pour une expertise qui n’existe pas dans les EPCI dans lesquelles ils œuvrent.

Il ne reste que 2 jours pour que toutes ces femmes et hommes politiques viennent au secours de cette entité qui est d’utilité publique.

Peu de chance que cela advienne, étant donné qu’ils préfèrent reverser des centaines de milliers d’euros aux entreprises multinationales, au travers de la subvention de 500.000 € à Nucléopolis par exemple.

Comme s’ils avaient besoin de ça !

Deux jours pour sauver l’Alec. Aux actes ! Ou comme on dit, “parlez ou taisez-vous à jamais.”

nono

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