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De la révolution écologique, à l’évolution des consciences, à l’écologie politique, ou comment sortir du nucléaire ?

“Un printemps de cerisiers en pleurs”. A la façon d’un haïku japonais, l’image de mon ami Louis-Marie résume ces révolutions qui marquent l’actualité. Il y a l’espoir dans les révolutions démocratiques arabes. Et dans le même temps la dévastation s’abattait sur le Japon.
Nous avons tous vu ces images terribles du tsunami qui a tout emporté, hommes, animaux, arbres, autos, bâteaux et bâtiments. Nous avons vu la terre bouger, et toutes nos pensées se sont tournées vers nos amis japonais. Et puis il y a eu Fukushima. A la désolation et la dévastation, s’est ajouté cette sinistre catastrophe. Et tous les yeux du monde se sont tournés vers Fukushima.
Il y a avant Fukushima. Et il y a un après Fukushima.
Depuis 40 ans, des écologistes combattent le nucléaire. La sortie du nucléaire civil a été décidée dès 1978 en Autriche qui, dans sa constitution, interdit l’utilisation de l’énergie nucléaire. 25 ans après Tchernobyl, la crise nucléaire de Fukushima amène plusieurs pays de la communauté internationale à remettre en question leur politique nucléaire. Le 23 mars dernier, Angela Merkel, la chancelière allemande a déclaré : la crise nucléaire au Japon “est un événement qui bouleverse le monde et va le changer. Et c’est pourquoi je pense qu’il est juste d’observer une pause de réflexion.” Sa conclusion : “Plus tôt on sortira de l’énergie nucléaire, mieux ce sera.”
En France, c’est l’omerta qui règne sur le nucléaire depuis 40 ans. Les citoyens ont toujours été écartés du débat, simple consommateurs d’une électricité qui, de toutes façons, augmente, augmentera, et l’entrepreneur français, comme son principal actionnaire, l’Etat, fera tout pour mettre le prix du courant de monsieur toulemonde au prix du marché européen. Le risque en plus, et la facture, salée, qui nous sera adressée lorsque nous démantèlerons les centrales en plus. Ou pire, l’accident contre lequel nous ne sommes pas, ou si peu, assuré.
Si l’augmentation demandée par EDF, entre 7% et 11% des tarifs réglementés, n’a pas eu lieu, il y a fort à parier que celle-ci reviendra sur le tapis après certaine élection.
La France présente la particularité de présenter une rente nucléaire : l’essentiel du parc nucléaire, financé par l’effort collectif de tous les français, est désormais amorti.
La loi NOME programme la disparition des tarifs vert et jaune pour les entreprises. Les professionnels dont le compteur présente une puissance souscrite supérieure à 36 kVA devront aller s’alimenter sur le marché.
Comment être compétitif par rapport à une filière électronucléaire ? EDF sera contraint de céder 25% de sa production d’énergie, soit soit 100 TWh, à ses concurrents privés (GDF Suez, Poweo, Direct Energie, Alpiq, Altergaz, Enel, E.ON, Gaz de Paris, Vattenfall). Ces derniers espèrent pouvoir récupérer près du tiers de ménages dans leurs portefeuilles. Ils estiment que la fixation du prix auquel sera vendu le nucléaire historique est “un débat politique qui ne doit pas provoquer un rejet de la loi NOME dans son ensemble.”
Les opérateurs privés vont donc récupérer à moindre coût 25% de l’électricité produite par l’électricien français, sans l’obligation de procéder au provisionnement des démantèlements à venir, ou des investissements qui garantiront la meilleure qualité de service possible, avec une sécurité maximum.
Un amendement qui vise la production d’énergie alternative, éolienne et photovoltaïque, a été adopté grâce au sénateur Poniatowski : les frais de branchement des nouveaux producteurs d’électricité se feront à leur frais, et non plus à ceux d’ERDF. Les énergies renouvelables coûteront donc plus cher !
L’énergie, et l’énergie électrique en France, est considérée comme un produit comme un autre, soumis à la concurrence et aux lois du marché. Ce n’est pas l’intérêt général qui guide la filière, mais l’offre et la demande. Dans cette perspective, il n’est pas rentable d’organiser l’abondance, qui fait baisser les prix. Nous ouvrons le marché à la concurrence, et c’est cette ouverture à la concurrence qui va nous conduire mécaniquement à une hausse des prix !
Certains n’hésitent pas à parler de hold-up, en obligeant EDF à revendre 25% de son électricité à des intermédiaires qui la paieront au prix du nucléaire, et qui la revendront à des clients qui la paieront au prix du charbon, cette fois. Alors que ce sont eux-mêmes qui en ont réalisé l’investissement.
Dormez braves gens, on s’occupe de tout ! Denis Baupin, adjoint écologiste au maire de Paris, dénonce “l’aveuglement scientiste” des politiques à l’égard du nucléaire.
Claude Allègre en est la parfaite illustration. On connaissait ses positions sur le réchauffement climatique, réfutées par un rapport de l’Académie des Sciences en octobre 2010.
C’est lui encore qui, le 17 mars dernier, déclarait sur RTL : « il n’y a pas pour l’instant au Japon de catastrophe nucléaire. », qualifiant “d’indécent” le débat ouvert en France sur le maintien ou non du nucléaire. Il précisait : “sans donner de leçon à qui que ce soit, nos centrales françaises sont beaucoup plus évoluées que les centrales japonaises”. “Aucun pays n’a autant de compétence que la France en matière de nucléaire.” Depuis son passage en radio où il annonçait qu’il n’y avait pas de catastrophe nucléaire, l’évaluation de la gravité de la catastrophe est passé au niveau 7, soit celui de Tchernobyl.
Et à la question de Jean-Michel Apathie : “est-ce que les intérêts économiques n’ont pas primé dans les implantations des centrales sur les nécessité de sécurité ?”, on note la réponse de M. Allègre : “Les nécessités économiques et même plus les nécessités militaires priment toujours sur tout le reste. C’est une constatation.”
Dans un tout autre registre, Alain de Halleux nous interpelle en parlant de son excellent, et terrifiant, documentaire qui nous plonge au cœur d’une industrie électronucléaire qui rend l’information confuse, minimise les risques, mais se gargarise de sa maîtrise technologie. Et nous assure que le risque est calculé, et accepté. Nous en somme tous responsables, car en acceptant le risque, nous devrons aller nous-mêmes liquider nos centrales lorsqu’un accident majeur se produira.
Ce reportage, RAS Nucléaire, rien à signaler est disponible dans son intégralité sur Arte.
Claude Allègre invité le 17 avril à l’émission c/politique, sur France 5 :
Claude Allègre se dit aujourd’hui écologiste, mais un “vrai écologiste”, pas celui du retour aux cavernes, celui de sa fondation “écologie d’avenir”. Militant de la voiture électrique, d’un mix écologique incluant le charbon de la capture du CO2, et surtout l’humanité fonctionnera à l’hydrogène dans 20 à 30 ans. L’ancien ministre socialiste s’est encore montré un très docte professeur lors de l’émission c/politique sur France 5, dimanche soir, pour nous expliquer que nous somme peureux en Europe, par ignorance. Alors qu’on n’est pas peureux en Chine. Pour lui, “il faut arrêter de fantasmer sur cette chose-là”. Fukushima n’est pas une catastrophe, c’est au plus un accident grave. Les rejets en mer ? peccadille ! Les accidents de Saint-Laurent des Eaux (en 1969 et en 1980), avec une fusion partielle du cœur du réacteur, et à Blaye en 1999. Dues à des erreurs humaines ? Comme l’erreur de ne pas avoir su prévoir une inondation qui dépasserait la digue ?..)
“Non je ne crois pas” [qu’il y aura un accident nucléaire en France], assure Allègre. Et d’abord parce que c’est public, et non privé. Donc sous le contrôle de l’Etat.
Et bien pas pour longtemps, car Areva souhaite se coter en bourse, dès juin 2011. L’Etat ne sera plus alors le décideur, mais restera la garantie en cas de problème. Pour mediapart, il ne s’agirait que d’un portage déguisé. Enfin EDF est privatisé, et la loi NOME va l’obliger à revendre 25% de sa production au privé.
Allègre se montre donc défenseur du nucléaire, et aussi de l’exploitation du gaz de schiste. Sous conditions bien sûr… “Je ne trouve pas bien de courir derrière les écologistes”, affirme-t-il. “Le socialisme ne peut renier sa croyance dans le progrès, progrès scientifique, et progrès humain qui va avec”. “Le centre c’est l’homme, ce ne peut pas être la planète”, ajoute-t-il. “Toute déviance par rapport à ça, ce n’est pas socialiste”.
La réponse du lobby nucléaire s’appuie d’un côté sur l’indécence des écologistes, qui “profiteraient” de la catastrophe au Japon pour remettre sur le tapis la question du nucléaire, et de l’autre sur une évolution technologique et une compétence bien plus avérée en France que partout dans le monde (tout en minimisant les risques et les conséquences). Three-Miles Island, c’était de la technologie américaine, nettement moins avancée que la nôtre, et ies conséquences ont été maîtrisées, n’est-ce pas ? Tchernobyl, c’était de la technologie russe, c’était fatal. Mais la technologie française, ah, bah là ma bonne dame, c’est la meilleure du monde ! Il n’y a pas de doute scientifique, c’est une foi inébranlable dans la science et le progrès qui nous est donnée en spectacle.
Pourtant, nous sommes passés très près de l’accident majeur à la centrale du Blayais les 27 et 28 décembre 1999, du fait d’une impossible inondation. Le quotidien Sud-Ouest avait expliqué alors que l’on avait évité de justesse la catastrophe. L’incident a été classé au niveau 2 (« incident ») sur l’échelle INES.
Pourtant, Fukushima est venu rappeler à chacun sur la que le risque existe. Et pas seulement le risque, nous devons nous préparer à l’accident et même à la catastrophe nucléaire. Et nous devons l’éviter à tout prix !
Voici comment Areva analyse la catastrophe qui s’est produite à la centrale de Fukushima-Daichi : un incident !
Et voici comment conclut Areva, laconiquement : “Il est probable que trop peu d’information soit diffusée par TEPCO, l’exploitant de la centrale.”
Dans le sillage d’Anne Lauvergeon, présidente d’Areva, qui a déclaré : “S’il y avait des EPR à Fukushima, il n’y aurait pas de fuites possibles dans l’environnement, quelle que soit la situation. Nous allons arriver vers un nucléaire dans des conditions extrêmement fortes de sécurité.” (ah bon, ce n’était donc pas le cas pour les centrales non-EPR, c’est-à-dire la totalité des réacteurs français, et dans le monde ?!), Sébastien Jumel, le maire communiste de Dieppe, a déclaré le 1er avril : “l’EPR sera plus sûr”. “Il offrira plus de garanties que les centrales japonaises”, affirme-t-il. “Enfin, il ne faut pas inciter à l’émotion ni à la démagogie, mais réfléchir tranquillement, en toute transparence et en toute responsabilité sur le sujet. C’est nécessaire pour l’avenir de la France et de notre territoire.” (source : Paris-Normandie du 2 avril 2011).
André-Claude Lacoste, président de l’ASN, a réagi tout autrement à la tragédie de Fukushima :« Je pense que si la question d’un moratoire se pose, et nous nous la posons, ce sera sur la construction de Flamanville 3″, a-t-déclaré. « C’est typiquement le genre de réflexion que nous aurons dans les prochains mois ».
La catastrophe en cours à Fukushima nous montre à quel point le nucléaire peut être dangereux et incontrôlable, malgré les progrès techniques, malgré toutes les mesures de sécurité. Et surtout avec celles qui ne sont pas prises ! Le scénario le plus noir – la fusion totale du coeur qui traverserait la cuve, et la sortie du corium hors de l’enceinte – semble derrière nous à Fukushima. Mais même si le risque de redémarrage d’une réaction en chaîne a considérablement diminué, la centrale continue d’émettre ses atomes radioactifs dans l’air, dans la mer, dans le sol, dans des doses inconnues ou non communiquées.
La plaie est béante au Japon, et avec Tchernobyl, Fukushima-Daiichi restera un hommage à l’orgueil de l’homme, et à son aveuglement. Quand on aura construit son sarcophage, sombre monument érigé en mémoire de nos terres perdues, stèle des hommes morts, ou en passe de l’être, pour tenter de réparer les dégâts.
S’il se produit une catastrophe en France, ou en Europe, nous serons les prochains liquidateurs. Ne l’oublions pas. Parce que c’est comme ça. On pourra pas s’en aller et claquer la porte derrière nous.
Dans votre choix sur le débat qui s’ouvre enfin, il vous faudra bien vous poser la question : suis-je prêt(e) à aller liquider une centrale, au péril de ma vie, pour sauver l’avenir de mes enfants, et des enfants de mes enfants. Si vous n’y êtes pas prêt(e), vous n’êtes pas prêt(e) à assumer le risque.
Au grand dam des politiques, énarques et affairistes, le débat s’ouvre enfin au public en ce qui concerne le nucléaire, ses dangers, sa sécurité, son prix, et ses alternatives ! Il s’ouvre dès qu’un accident majeur survient, dès qu’on se trouve face à l’abîme (3 fois en à peine plus de 30 ans, mais selon les autorités, seulement tous les 14.000 ans d’utilisation/réacteurs -il y en a 440 -, ce qui nous fait de belles jambes).
chiffres non vérifiés et comparaisons absconses qui nous laissent dans l'ignorance

Enfin, enfin,… je parlais plus haut d’omerta en France. Mais l’omerta sur le nucléaire est mondiale. Et la communication de chiffres non vérifiés (une nappe échappée de la centrale au taux de radioactivité 10 millions de fois supérieur à la normale, ouf ce n’est que 10.000 fois, mais selon quellles mesures ?), de comparaisons absconses (1.850 fois la dose normale d’iode 131 dans l’eau de mer, alors que la dose normale c’est 0, pas d’iode 131), “sorties du contexte” comme on dit à l’UMP, qui comparent des choux et des carottes, et nous laissent, in fine, dans l’ignorance.
Il n’y a pas d’information sur le fonctionnement de l’industrie nucléaire de la part des entreprises. Elles en sont les acteurs majeurs. Mais bon, c’est privé. Qu’en est-il des gouvernements ? C’est la même soupe : On communique ! On politique ! On vend, il est beau mon EPR, on peut même l’installer sur des failles sismiques, on brade, et au final quand on doit indemniser, on indemnise les propriétaires qui ont définitivement perdu leur maison (1 million de yens la propriété, soit 8.260 €, et je ne veux pas me mettre aux niveau des lobbies nucléaire en comparant une vie au prix d’une fiat panda, je vais le comparer au salaire versé aux liquidateurs sur le marché du travail de Tokyo pour la seule heure qu’ils peuvent passer sur le site !).
Grâce au nucléaire on paie moins cher notre électricité (ce qui était sans compter sur la loi NOME citée plus haut). C’est oublier les dizaines, centaines de milliards qu’il faudra payer pour démanteler nos centrales. et c’est aussi une lubie quand on sait que l’énergie produite en France est exportée, et que notre gouvernement souhaite ardemment mettre les foyers français au prix du marché. Le risque en plus. En plus ? Les allemands, les suisses, les belges verront d’un (très) mauvais œil une catastrophe telle que celle de Fukushima se produire à Fessenheim ! Mais soyons sûrs que les nuages radioactifs ne le atteindront pas, arrêtés qu’ils seront à la frontière…
Pour revenir un instant sur le coût du démantèlement : En 2008, le coût de ce démantèlement était évalué à 16,9 milliards d’euros, et EDF n’avait pour y faire face qu’un portefeuille de titres d’une valeur de 11,4 milliards d’euros à la fin 2009.
Les ONG, notamment sortir du nucléaire, pensent que le coût du démantèlement se compterait en centaines de milliards d’euros, non en dizaines comme l’estiment EDF et l’Etat. La position de sortir du nucléaire est plus proche de celle du gouvernement britannique, qui estime que le démantèlement de son parc lui coûtera 103 milliards d’euros. Pourtant son parc ne comprend “que” 35 réacteurs, contre 58 en France. Dans l’histoire, il y en a un qui ment ou qui se trompe gravement. Rallonger la durée de vie des centrales permet en tous cas d’échapper temporairement au risque financier, et au jugement des agences de notation qui ne manquera pas de s’ensuivre.

Jean-Marc Jancovici, l’expert en énergie et en climat de Nicolas Hulot, avant Fukushima (?), fervent partisan de la filière électronucléaire, fait la leçon à ses adversaires sur le plateau quant à la connaissance qu’ils ont de l’unité de radioactivté reçue : le sievert, et sa subséquente millième partie, le milliSievert. Leçon que nous pouvons nous appliquer à nous-même : nous sommes incapables de comprendre les trois pages de définition du sievert, et d’en appréhender les courbes de répartition. Il est LE spécialiste.
Le tendance, la volonté est puissante de faire penser que le nucléaire doit rester une affaire de spécialistes. Et encore, pas tous. Les chercheurs de La CRIIRAD ne sont que des contestataires, toujours à contester les chiffres et les informations officielles.
Parce qu’on nous estime ignorants, quand nous ne sommes que citoyens et non physiciens nucléaires, nous nous voyons refuser le débat et la décision. Etre citoyen ouvre le droit d’être consommateur, mais pas décideur. Nous devons donc accepter, même si c’est parfois bien malgré nous, un risque calculé. Tellement bien calculé pour les uns qu’il n’y a pas de risque. C’est tellement sûr qu’il n’y a même pas de plans pour faire face à un accident. Et d’un autre côté, le président de l’Autorité française de sûreté nucléaire affirme : On ne peut garantir qu’il n’y aura jamais d’accident grave en France.
On peut subir une catastrophe, dans toutes ses dimensions humaines, environnementales et économique. Débattre ; non ! Puisque l’accident ne peut pas arriver en France. Puisque nous ne comprenons pas les trois pages de définition du sievert. Puisque elui-ci est basé sur les extrapolations faites à partir des explosions atomiques de Nagasaki et Hiroshima. Je n’y étais pas, je n’ai pas mon mot à dire :/
Nous sommes ignorants les citoyens, ils sont savants les atomistes. Et pourtant. 80% du personnel d’EDF qui travaille dans les centrales provient de sous-traitants, ou de sous-traitants de sous-traitants.
Vous ne voudriez pas de leurs vies. Des personnes, payées de 1.200 € à 1.500 €, vont risquer leurs peaux dans la fournaise, camouflent leurs taux de contamination pour pouvoir ne pas perdre leur travail, et quand leurs cancers se déclenchent, il n’y a personne devant qui se retourner, les sous-traitants se sont succédé, il est très difficile d’attribuer la responsabilité à l’un plutôt qu’à l’autre, quand ils n’ont pas tout simplement disparu. Et si le réflexe est de se retourner vers l’employeur principal, cela est impossible, car passé 10 ans, l’irradiation ne peut être déclarée comme accident de travail.
Je vous invite à lire sur mediapart EDF: les salariés du nucléaire entrent en fusion, écrit en juin 2009, et à voir RAS Nucléaire, rien à signaler, deux reportages pour se plonger dans les coulisses du nucléare civil français.
Tokaimura (Japon), Windscale (Royaume-Uni), Three Miles Island (USA), Tchernobyl (Ukraine), Forsmark (Suède)… En France : Saint- Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher) en 1969 et 1980, Blaye (Gironde) en décembre 1999, et le Tricastin (Drôme) en 2008… Maintenant Fukushima… Il faut sortir du nucléaire. Mais pas s’abriter dans des cavernes, ni s’éclairer à la bougie.
Une lecture indispensable pour accompagner la sortie du nucléaire : le scénario négaWatt 2006 “pour un avenir énergétique sobre, efficace et renouvelable”.

Sortir du nucléaire, c’est bien, mais concrètement, comment peut-on faire ?

En France, on peut dire que les énergies renouvelables n’ont pas le vent en poupe. Avec la loi NOME qui oblige les nouveaux producteurs d’électricité (éolien, photovoltaïque) à assumer eux-même les frais de branchement au réseau au lieu de ERDF ou RTE ; ce sont aussi les aides ou crédits d’impôts pour le développement des énergies renouvelables qui sont amputés ou supprimés.
Publiés au journal officiel le 5 mars dernier, les nouveaux tarifs d’achat du photovoltaïque 2011 sont entrés en vigueur le 10 mars 2011 : après la réduction du taux de crédit d’impôts et le moratoire sur le photovoltaïque décrété par le gouvernement le 6 décembre 2010, c’est un coup d’arrêt brutal qui a été porté au développement de la filière, avec une baisse du prix d’achat de 20%. Lire : Augmentation de 3% du prix de l’électricité en France. On accuse le photovoltaïque d’avoir la rage…
Concernant l’éolien en mer, au bout d’un an d’attente, l’appel d’offre a enfin été lancé le 25 janvier 2011 : il s’agira finalement de produire 3 000 MW, au lieu des 6 000 MW annoncés dans le cadre du Grenelle. Lire Éolien offshore : l’annonce en demi-teinte qui cache les reculs majeurs du gouvernement (communiqué d’EELV le 26 janvier 2011).
Mais tout n’est pas noir pour les énergies renouvelables. Au contraire :
  • Les éoliennes offshores n’ont cédé ni au séisme, ni au tsunami, et fonctionnent toujours. Les détracteurs de l’éolien prédisaient l’écroulement des mâts et turbines au moindre séisme et leur manque de résistance au tsunamis. Alors que les centrales nucléaires étaient prêtes à faire face à ces risques. Toutes les éoliennes japonaises actuellement en fonction ont survécu au tremblement de terre, y compris les turbines semi-offshore situées à proximité de l’épicentre du séisme. Ce sont les parcs éoliens japonais qui pendant la défection de la centrale nucléaire de Fukishima assurent l’alimentation en électricité de la région de Tokyo.
  • En 2010, la production d’énergie éolienne en Espagne a atteint 20.676 MW (là où la capacité de production française est de 5.660 MW, de 3.752 MW pour le Danemark, 27.214 MW pour l’Allemagne, …).
    La péninsule Ibérique se lance dans les énergies renouvelables : l’île de Hierro atteint presque l’autosuffisance énergétique, l’Espagne couvre 38 % de ses besoins en électricité à partir de sources renouvelables, et le Portugal étonne le monde avec 45 % d’électricité produite à partir de sources renouvelables !
  • Les technologies avancent. Et même en France, Alstom, avec son partenaire Converteam, se lancent dans le développement d’une éolienne d’une puissance de 6 MW.
    Deux prototypes d’éolienne offshore de 6 MW d’Alstom, basés sur la technologie ALSTOM PURE TORQUE™ que Converteam équipera, seront installés en mer (mais aussi sur terre) quelque part en Europe à la fin de l’année 2011 et au début de 2012. Le système PURE TORQUE™ d’Alstom améliore les performances du générateur par un faible nombre de pièces rotatives, ce qui en augmente la fiabilité et réduit les frais d’entretien de la turbine. Converteam apporte de son côté le générateur à aimant permanent et entraînement direct.
    Cela conduira à une baisse de prix de l’éolien offshore, sans compromis sur la qualité, remettant l’industriel français dans la course avec les concurrents indiens et chinois.
  • L’hydrolien (sous l’eau) entre dans le mix énergétique renouvelable aux Etats-Unis
    la solution marine renouvelable pourrait bien faire figure de solution idéale pour le Nord-Ouest aussi bien que pour le Nord-Est des Etats-Unis.
    “L’exploitation de ces énergies est encore en phase pré-commerciale”, explique Paul Jacobson pour Electric Power Research Institute, “mais nous sommes très proches du moment où elles vont faire leur entrée sur le marché commercial.”
    En adoptant l’énergie d’origine hydrolienne bien avant nous, le Royaume-Uni et l’Europe ont pris une longueur d’avance sur les États-Unis, ajoute Chris Sauer, D. G. d’Ocean Renewable Power. “Il y a deux ou trois entreprises en Europe qui sont un peu plus avancées que nous, même si nous avons fait pas mal de chemin de notre côté. Ils ont su rationaliser les processus des permissions de construire et agir de telle façon que l’industrie avance.”
    “Toutefois aucune de leurs hydroliennes n’est encore disponible commercialement, alors que dans moins de deux ans, on pourra les acheter chez Ocean Renewable Power et éventuellement chez un ou deux autres équipementiers. Nous sommes en effet sur le point de passer du stade du démonstrateur à celui du projet connecté au réseau et capable de vendre de l’électricité.
  • Aux Etats-Unis, avec 104 réacteurs nucléaires (construits, entre autres, sur la côte est, à proximité de la faille de San Andrea), les énergies renouvelables ont devancé le nucléaire !
    Des chercheurs ont démontré qu’en implantant des éoliennes partout où les terrains le permettraient, on atteindrait une puissance électrique 23 fois supérieure à la consommation actuelle du pays.
On le voit bien, le nucléaire appartient au passé. Quant à la fusion, “c’est l’énergie du futur, et elle le restera toujours !”
Mais la conversion écologique du monde est bien trop lente face aux déséquilibres qui se creusent. Je ne parle pas de milliards d’humains flottant dans l’espace, cadavres chimériques nés d’un fantasme de séparation d’un sort de l’humanité qui se ferait hors du destin de sa planète, cette planète Terre qui a toujours été et reste son seul et unique vaisseau spatial. Notre sort est lié à celui de notre planète. Et notre responsabilité est de plus en plus grande vis à vis d’elle.
Force est de constater que nous avons perdu le respect de la nature, et croyant avoir domestiqué la nature, nous avons oublié la force des éléments et des aléas. Nous sommes toujours en lutte contre la nature, et malheureusement, contre nous-mêmes, nos intérêts, et notre avenir.
L’écologie, à 40 ans, enfin la majorité ?
L’urgence est là. Aujourd’hui, l’écologie doit devenir la préoccupation majeure qui oriente le développement de nos sociétés modernes : maîtrise de l’énergie, choix d’investissement dans le renouvelable, politique de transports, agriculture en circuits courts, modes de consommation et de distribution, voilà les choix qu’il faudra faire. Pour une société vivable à long terme, qui prenne en compte la fin programmée des énergies fossiles (ça y est, on ne peut plus le cacher, le peak oil est dépassé : le prix du pétrole ne cessera plus d’augmenter…) et la fin du mythe de la croissance : avec des records de productivité, n’est-il pas enfin temps de changer de modèle et d’indicateurs de progrès ?
Denis Cheyssou (“CO2 Mon Amour”, le samedi à 14h sur France Inter) ne s’y trompait pas le mardi 6 avril lors de la soirée “Paysages et biodiversité en Seine-Eure” organisée par Pascal Labbé et la CASE à Louviers, en nous faisant rêver de BNB, le “Bonheur National Brut” préconisé par le roi du Bouthan en 1972… C’est aussi le point de vue des économistes Pierre Larrouturou, Joseph Stiglitz, Tim Jackson ou de la sociologue Dominique Méda.
Des pesticides ont été trouvés en 2007 dans 91% des points de mesure. Dans dix-sept stations, le seuil dépasse les 0,5 µg/l. La plupart se situent sur le bassin Seine Normandie !

Mais l’écologie ce n’est pas qu’un modèle, c’est une lutte plus pragmatique, urgente et importante contre la généralisation des polluants : pesticides, dioxines, hydrocarbures, et tous polluants qui sont étudiés pour résister à l’épreuve du temps et des éléments, comme les polymères, les encres, les colles, toutes ces choses que l’on fabrique pour durer, et sur les emballages desquelles on appose le logo “recyclable” ! Et tous ces produits sont susceptibles d’être toxiques, ou cancérigènes, ou de provoquer des morts anticipées.
Les rapports de l’IFEN montrent des concentrations très élevées de pesticides, tant dans les eaux souterraines que dans les cours d’eau.
Des pescticides ont été trouvés en 2007 dans 91% des points de mesure.. Dans les régions céréalières, de maïsiculture ou de viticulture (bassin parisien, Adour-Garonne, le long du Rhône), les pesticides atteignent le seuil de 0,5 µg/l.
Et dans dix-sept stations, le seuil dépasse les 0,5 µg/l. La plupart se situent sur le bassin Seine Normandie !
Concernant les eaux souterraines, des pesticides ont été détectés au moins une fois dans 59% des points suivis. Dans 22,2% des points d’eau, les concentrations moyennes en pesticides se situent entre 0,1 et 0,5µg/l.
Malgré tous les lanceurs d’alertes et toutes les alertes lancées, chiffres et données à l’appui, tant sur le nucléaire, que sur les pesticides, que sur les OGM, la situation de l’agriculture d’une façon générale, et sur l’environnement, on ne peut que constater qu’aucune avancée majeure n’a été faite. Des améliorations ont été faites, au travers du Grenelle de l’environnement. Mais les avancées sont maigres, et les reculs nombreux. Tous les politiques se sont réclamés de l’écologie et du développement durable. Et puis Sarkozy a lancé : “l’environnement, ça commence à bien faire !”. C’en fut fini du Grenelle. C’en était fini des ambitions françaises dans la lutte contre le déréglement climatique, et l’amélioration de l’environnement.
Fabrice Nicolino a été un des lanceurs d’alerte contre l’exploitation des gaz de schiste, cette industrie qui a dévasté de nombreux territoires aux USA.
Il a lutté, comme l’a fait Greenpeace au travers de ses campagnes de communication contre la déforestation et l’exploitation de l’huile de palme, et pour sauver les grands singes, contre les multinationales agro-alimentaires, Nestlé en tête.
Il a dénoncé les OGM, les déforestations massives pour cultiver le soja OGM qui servira à élever les bovidés, alors que l’accès à l’eau potable, la nutrition, le climat, l’environnement sont toujours des prorblèmes majeurs pour l’humanité.
Toutes les ambitions des diverses ONG qui ont lutté pour lutter contre les atteintes à l’environnement, des écolos, des responsables ou adhérents des associations, des militants, des habitants ou des politiques impliqués, ont été laminées, et les espoirs enterrés ou repoussés aux calendes.
C’est là aussi que de nombreux écologistes ont perdu l’espoir dans l’écologie politique, cherchant quelle pourrait être une voie radicale pour corriger – dans l’urgence – les désordres et méfaits commis contre l’environnement.
C’est ce pour quoi plaide Fabrice Nicolino, voyant que tout cela n’avait servi à rien, et que la situation n’a cessé de s’aggraver dans le monde.
Et pourtant. Nombre d’écologistes pensent aujourd’hui que la voie est devenue l’écologie politique. Mais une politique, non pas d’arrimage, au contraire une politique indépendante, qui rentre enfin dans les cercles du pouvoir et y joue son rôle.
Les écologistes peuvent devenir acteurs politiques, leaders d’opinion, et enfin, législateurs et installés au pouvoir, à l’instar de ce qui se passe en ce moment en Allemagne.
Peut-être est-ce la seule voie pour enfin prendre en compte les contraintes environnementales, changer notre société, et enfin changer notre mode de consommation énergétique, en étant toujours plus économe en énergie, et en changeant notre mix énergétique, pour sortir enfin du nucléaire. En fermant les centrales qui ont atteint leur limite d’âge, en investissant et en prenant une avance sur nos concurrents dans le secteur de l’énergie renouvelable, qui va représenter une part de plus en plus importante dans l’industrie et le secteur énergétique. Nous devons conserver notre avance technologique, développer nos compétences et nos parts de marché, profiter de ce boom économique, en France, en Europe, et dans le monde.
L’écologie, c’est aussi plus de démocratie face à la dictature de la technique : c’est remettre le citoyen au cœur des choix qui sont faits pour son avenir et celui de la planète où il vit. L’éducation, la démocratie participative sont des piliers de la construction d’une société responsable. Lire Après Fukushima : « l’écologie est la plus grande des nécessités dans nos démocraties» . « Sans l’encadrement de la démocratie, la technique est un fantasme dangereux de maîtrise» , explique Eloi Laurent, économiste à l’OFCE et auteur du livre Social-écologie, dans un chat sur Le Monde.fr.
Alors, ne laissons pas Fabrice Nicolino déplorer la mort de l’écologie et décourager les militants : imposons au contraire l’écologie comme le combat du XXIème siècle, pour l’avenir de l’humanité et de la planète. Donnons envie à nos concitoyens de changer de rythme de vie, de renouer avec le monde qui les entoure, avec la nature et avec leurs semblables. Yes we care !
Pour commencer, venez nous rejoindre à l’occasion des Chernobyl Days organisés partout en France et en Europe. Oui, le monde commence à mes pieds !
Et contre l’extraction du gaz de schiste (voir le film américain, Gasland, sorti le 6 avril en France : vous connaissez l’eau du robinet qui s’enflamme ? Frightening !) : rassemblement les 6 et 7 août 2011 sur le plateau du Larzac. Eh oui, 40 ans après les premiers combats écolos, on est toujours là (et de plus en plus nombreux !!)

Laetitia Sanchez

déjà 5 commentaires pour cet article

  1. Avr 2011
    20
    10 h 27

    Un billet sur lequel nous avons débattu un petit moment, et écrit à quatre mains avec nono : merci pour les infos sur la loi NOME, sur les coûts du démantèlement, sur l’hydrolien, et aussi pour les docs d’Areva, le reportage RAS nucléaire, la vidéo de Jancovici.

    Nous sommes plus partagés sur la question de Nicolino : ses enquêtes sur les pesticides ou l’industrie de la viande sont des œuvres d’intérêt public. Je suis plus agacée par son dernier titre polémique : “Qui a tué l’écologie ?” (qui suppose que l’écologie serait morte, non !)
    Là encore, ses dénonciations peuvent être salutaires et réveiller le peuple des écolos (et les autres), et il aura participé avec d’autres à ce que l’écologie devienne un enjeu de société. Je suis pour les débats, les engueulades même, mais il faut ensuite se rassembler pour avancer et construire. L’écologie est une urgence vitale, qui a besoin de toutes les forces.

    Enfin, j’aimais bien mon titre initial : “L’écologie, à 40 ans, enfin la majorité ?”

    Laetitia

  2. Avr 2011
    20
    11 h 32

    “PESTICIDES, révélations sur un scandale français” de Fabrice Nicolino et François Veillerette (http://www.pesticides-lelivre.com/) est un ouvrage à laisser traîner sur les tables de chevet… des 17 millions de jardiniers qui ont épandu 5.000 tonnes de pesticides dans leur propre jardin l’an dernier. Par ignorance de ce qu’ils répandent, des risques qu’ils courent, et courront encore lorsque les pesticides iront s’infiltrer dans les nappes.
    C’est simple : une bestiole sur le rosier : pschit ! des herbes folles dans le chemin ? pschit ! Des trucs bizarres dans l’herbe ? pschit, pschit…
    Après les dégâts commis par le gaucho et le régent sur les population d’abeilles – qui pollinisent nos fleurs de nos jardins et de nos vergers – il est inutile de les faire souffrir un peu plus. http://www.actions-developpement-durable.fr/5000-tonnes-de-pesticides/

    Si Nicolino permet de faire passer le message sur l’importance de la biodiversité, oui, il est utile.
    Quand il vient dénoncer les scandales sur les homologations de pesticides, sur les conséquences sanitaires, sur le rôle des laboratoires et des pouvoirs publics, oui, c’est d’intérêt général. Quand il dénonce l’industrie de la viande et nous prouve qu’elle menace le monde, ben ça fait peur, mais c’est notre responsabilité de savoir désormais, quand nous faisons nos courses, quand il dénonce les bio-carburants, cette farce, alors que l’on déforeste à tours de bras sans parvenir à assouvir la faim dans le monde, et étancher la soif dans le monde, quand il dénonce les cultures qui les causent, soja, huile de palme, quand il lance les alertes sur les risques de l’exploitation des gaz de schiste, et bien je ne peux et je ne veux pas lui en vouloir.

    On a besoin de ceux qui font de l’écologie politique, on a besoin des ONG, des militants, et surtout d’un grosse, très grosse prise de conscience, maintenant !

    Et parfois, on a besoin de ceux qui se révoltent, et crient ce que nous rappelons de façon beaucoup plus diplomatique.

    nono

  3. Avr 2011
    20
    18 h 21

    Tu vois Nono, moi j’habite au bord de l’Iton.
    Comme tu le sais, je ne suis pas écolo.
    Mais jamais, je n’ai déversé une goutte de désherbant ou de saloperie quelconque : Tout à la main !
    En plus, rester agenouillé pendant des heures à arracher la mauvaise herbe est une grande école de patience et d’abnégation.
    Et c’est propice à la méditation…

    Patrick ROBERT

  4. Avr 2011
    20
    20 h 47

    Heureusement Patrick, je connais des jardiniers qui n’utilisent pas de pesticides, écolos ou jardiniers, simplement. Mais 5.000 tonnes par ans dans les jardins quand même, c’est propice à la méditation aussi.
    Je n’en n’utilise pas non plus, et notre jardin est rempli d’insectes et autres lépidoptères qui volent, butinent, font crac-crac et se multiplient, font de la lumière la nuit durant l’été, et pollinisent nos fleurs, pommiers, cerisiers. Ils bossent, on les embête pas. On profite juste des bienfaits qu’ils nous apportent. Que du bonheur.
    Tu dis que tu n’es pas écolo. Au fond, tu l’es un peu ;)

    Sur les autres sujets du billet, des réflexions ?

    nono

  5. Juin 2011
    25
    11 h 19

    Trop long ce billet pour une lecture Web : il aborde tellement de sujets qu’il mériterait d’être “segmenté”.

    Denis

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