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EDF : le spectre de la réalisation des deux EPR à Hinkley Point s’éloigne

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Malgré la totale confiance du PDG d'EDF, Jean-Bernard Levy, et celle de Vincent de Rivaz, PDG de la filiale britannique EDF Energy, malgré l'engagement total du ministre de l'économie, Emmanuel Macron, la situation semble se retourner pour EDF à Hinkley Point, ce méga-projet estimé à environ 24 milliards €. C'est plus que la capitalisation d'EDF.
Alors que les pour et les contre s'affrontent au sein même d'EDF, l'opinion publique et les journaux anglais, auparavant favorables au projet, sont de plus en plus critiques et défavorables à ce projet.
Les pour : Les contre :
En 2015, aucune des activités internationales du groupe EDF n'affichait de résultats d'exploitation positifs. Les pertes qu'EDF a connu à l'étranger se chiffrent en dizaines de milliards € : 10 Mds € en Amérique du sud, 1,4 Md € de dépréciation en Italie pour une filiale à perte, 7 Mds € de dépréciation sur British Energy, 5 Mds € dépensés dans une lutte avec Areva pour prendre le contrôle d'un groupe américain, Constellation, désormais une casse industrielle. A l'époque, pour y construire des EPR...
Les plus farouches opposants à réaliser dans l'urgence se retrouvent pourtant dans le camp d'EDF : après que les syndicats se soient inquiétés du risque de faillite du groupe du seul fait de ce projet, après que le directeur financier du groupe, Thomas Piquemal ait démissionné de son poste pour "faisabilité à court terme" de ce projet, ce sont désormais les ingénieurs d'EDF qui demandent un délai de 2 ou 3 ans, et les administrateurs du groupe EDF sont favorables à ce report d'une courte majorité.
EDF devait n'être qu'un acteur minoritaire du projet. Mais la faillite d'Areva, due en grande partie à la faillite industrielle de l'EPR, a obligé EDF à reprendre le projet à son compte. L'EPR finlandais vendu à pertes devait être livré en 2009. La livraison est reportée à 2018. Pour l'instant.
L'EPR de Flamanville connait de tels déboires technologiques qu'on ne sait pas s'il pourra être en mesure de démarrer un jour. De plus, le défaut de la cuve de l'EPR de Flamanville a été détecté sur les EPR vendus à la Chine. Risque financier, industriel, et diplomatique, peut-être, en perspective. Les retards, déboires et malfaçons risquent tant de s'accumuler que le Directeur général de l'ASN, Pierre-Franck Chevet se pose la question d'en arrêter la construction.
EDF ayant été obligé de racheter la branche Areva NP, pour ses ingénieurs, "il est désormais patent que la compétence d'AREVA en matière de forgeage et de fabrication de gros composants est tombé à un point très bas." Selon eux, il faudrait un plan de redressement vigoureux de 3 à 4 ans pour revenir au niveau requis.
C'est sur la base de ce modèle initial, trop complexe, et mal conçu, qu'EDF veut désormais vendre au Royaume-Uni, avec une livraison en seulement 6 ans. Alors que l'EPR d'Olkiluoto, commencé en 2004, ne verra peut-être pas le jour en 2018.
Trop complexe, trop coûteux et en retard, les deux EPR britanniques présentent un mauvais rapport qualité-prix, au point qu'un think tank anglais, Intergenerational Foundation, a évalué que "si le Royaume-Uni misait sur les renouvelables, il économiserait 50 milliards d'euros".
Rien n'y fait, les deux PDG d'EDF et EDF Engergy et Emmanuel Macron et le gouvernement français veulent finaliser la vente dès le 11 mai 2016.
Nous sommes engagés dans un jeu de "je te tiens, tu me tiens par la barbichette", où aucun partenaire ne veut prendre l'initiative d'abandonner ce funeste projet et risquer de devoir payer aux autres d'éventuels dédommagements.
Le projet durera encore un certain temps, et coûtera fort cher, avant que l'opinion publique et les médias britanniques, les syndicats défavorables au projet, l'opposition politique britannique qui réclame un "plan B", et les recours juridiques n'y mettent fin.
Emmanuel_Macron

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