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49.3

Le 49.3 est une brutalité,
le 49.3 est un déni de démocratie,
le 49.3 est une manière de freiner ou d’empêcher le débat parlementaire, mais il va se poursuivre ce débat parlementaire, d’une manière ou d’une autre.
François Hollande – 2006

Si le gouvernement prenait au prétexte de préoccupations d’urgence, de peur, la décision de recourir au 49.3, ce serait une violation des droits du Parlement.
[Le gouvernement] avait déjà fait passer le contrat nouvelle embauche par voie d’ordonnance. S’il s’aventurait à faire passer le contrat de première embauche par le 49.3, il ajouterait au mépris du dialogue social dont il a fait preuve, la violation du débat parlementaire
François Hollande – février 2006

Et puis ensuite il y a un vote. Je n’ai pas à présupposer qu’il serait tellement difficile qu’il conviendrait d’utiliser des méthodes contraignantes.
François Hollande – janvier 2015 sur la loi Macron

Bilan des courses ?
Des atteintes au droit de l’environnement en usant d’ordonnances qui contournent le débat public, l’usage des 49.3 répétés pour imposer la loi liberticide sur le renseignement et la loi fourre-tout Macron (300 articles non débattus quand même), applaudie par le Medef qui estime en outre que le “49.3 est un bon choix”.
49.3 :
  • Brutalité,
  • déni de démocratie,
  • violation du débat parlementaire,
  • mépris du dialogue social,
  • mépris de la parole donnée.

Indignons-nous contre les violences policières, et trouvons de vraies solutions pour les réfugiés.

Ils viennent d’Érythrée, un pays où règne la peur et la terreur, ils viennent du Soudan, un pays ravagé par la guerre civile, ils fuient les massacres de masse, les viols de masse, le “nettoyage” ethnique, les détentions arbitraires, la torture, la famine.
Ils ont marché des mois ou des années pour chercher à trouver un lieu où échapper à la mort, ils ont traversé les déserts et les mers au péril de leurs vies, franchi frontière après frontière, ils sont arrivés à Paris, au pays des droits de l’homme et du citoyen, en route vers le Royaume-Uni.
Ils sont venus pour survivre, dans la misère, mais survivre.
Quel accueil pour ceux qui ont survécu à l’exil forcé ? L’indignité !
Ils ont souffert, sont marqués, ils ont déjà souffert tant et tant, ont dormi sur les routes, sur des ponts, sous les ponts, sans soins, sans manger, sans boire, sans sanitaires, avec juste l’espoir d’un peu de paix, d’un peu de repos, l’espoir d’un tout petit peu d’espoir.
Ce sont des enfants, des jeunes, des femmes, des hommes. Ils ne sont pas des animaux.
Et même des animaux seraient mieux traités, mieux protégés, sans coups de matraques, sans lacrymos.
Ces violences, contre les réfugiés, contre les associatifs et élus présents, contre les riverains venus prêter main forte – pas de quartier ! -, les CRS les commettent, mais aux ordres de la préfecture, aux ordres du ministère et du gouvernement.
Certes, on ne peut pas laisser perdurer des occupations sur la voie publique, en totale insalubrité, sans les équipements adéquats. Aussi faut-il des occupations légales, des lieux d’accueil pour ces réfugiés qui ne peuvent pas rentrer dans un pays où ils seraient tués. C’est le droit d’asile, ce sont nos valeurs, nous en sommes fiers, et c’est surtout une obligation de l’État français, du fait des lois françaises et des traités internationaux.
À quoi servent ces violences ?
La théorie de l’invisibilité, que Mediapart nous explique, c’est que pour parer au plus pressé, les pouvoirs publics cassent les regroupements, quittes à les voir se reformer un peu plus loin, un peu plus tard, en dispersant les migrants, dans un grand déchaînement de violence qui impressionnera sûrement les migrants.
Circulez, il n’y a rien à voir.
Mais cela casse aussi le travail des associations, et cela met en danger les personnes migrantes, que l’on cherche à isoler. Les associatifs sont des bénévoles, qui mettent toutes leurs forces pour aider un État qui n’a plus les moyens d’assurer cette mission, pour aider ces services pour la logistique, l’aide humanitaire, l’assistance aux droits, et même tenter d’assurer une hygiène et l’accès à l’eau et la nourriture.
Ce devrait être le rôle de l’État. Mais si on devait faire quelque chose, ce serait bien de rendre le retour, et même simplement le droit de rester chez soi possibles. Il n’y a guère de richesses à défendre là-bas, aussi les États démocratiques et riches sont-ils sûrement moins pressés d’agir.
Il faut mettre la communauté internationale autour de la table pour solutionner les problèmes de ces pays en guerre civile, apporter des solutions de développement et remplacer les juntes militaires qui forcent les populations à l’exil.
Faute de quoi, les milliers de migrants s’ajouteront aux milliers de migrants.
On ne pourra pas les tabasser sans cesse, car ils préfèreront toujours la violence et la souffrance à la mort.
D’urgence, il faut un lieu d’accueil, où les services de l’État et les collectivités locales s’associeront aux associations et ONG pour trouver des solutions pérennes. Et arrêter de tabasser ces membres d’associations (et autres élus), et habitants, témoins de ce déferlement de violence, qui sont là pour aider l’État à assurer ces missions obligatoires.
Du fait de l’indignation nationale et juste contre ces exactions, Anne Hidalgo, maire de Paris, semble s’engager à développer ce lieu d’accueil, c’est une première et bonne chose.
Mais faute d’organiser la possibilité aux populations de continuer d’habiter dans leurs pays d’origine, nous sommes condamnés à voir les corps des migrants s’amonceler sur nos côtes et les survivants être tabassés, emprisonnés en camps, ou pire, sur nos territoires.
Ils sont réfugiés politiques, économiques, climatiques. Les solutions doivent être politiques, économiques et climatiques, et rien ne se règle à coups de matraques ou de lacrymos. Ce sont les victimes qui sont matraquées.
Il est encore temps d’agir, nationalement, d’abord, et internationalement, et de mettre fin à cette indignité commise en notre nom.

Incapables d’apporter des solutions aux français, le gouvernement multiplie les atteintes à la vie privée et aux libertés

Arguant de la lutte contre le terrorisme suite à l’attentat contre Charlie, justifiant l’espionnage – dite intelligence – économique, le gouvernement s’apprête à mettre en place une loi sur le renseignement préparée de longue date, en procédure accélérée.
“Mais enfin écoutez face à la menace que nous connaissons, dans le monde particulièrement trouble dans lequel nous vivons, menaces terroristes, drames migratoires en Méditerranée, défis climatiques, défis économiques, un pays comme le nôtre qui en plus s’est construit à travers un État fort mais qui garantie les libertés, doit se donner les moyens de lutter notamment contre le terrorisme. C’est quoi ce débat sur les libertés ?, s’était insurgé Manuel Valls.
1 – lutter contre la terreur en espionnant tous les suspects (tout le monde).
Le 1er ministre a ajouté : “Je n’ai pas peur de ce débat, au contraire, puisque c’est la liberté que les terroristes ont voulu atteindre, mais là nous avons un cadre qui nous permet de donner plus de moyens à nos services de renseignements tout en garantissant nos libertés.”
Le gouvernement, l’Élysée, les entreprises françaises, et aussi les citoyens français sont espionnés. L’affaire de l’espionnage allemand pour le compte de la NSA n’a semble-t-il pas ému les dirigeants français plus que ça. Sans doute, un prêté pour un rendu.
Mais que diable aller espionner les messages les plus secrets et les plus intimes de toute la population, au travers d’une surveillance massive, à l’instar de ce qui se fait la NSA qui espionne les citoyens américains comme le reste du monde ?
Tout sera traqué : mails, conversations téléphoniques, déplacements, cercles de connaissances, vie privée et professionnelle, intime – qui couche avec qui ? – médicale, politique, syndicale…
Ouf pour eux, les parlementaires qui votent la loi en seront exclus. Mais quasiment tous les français seront suspects. On ne se méfie jamais assez de son prochain !
Bernard Cazeneuve, le front tout plissé et l’air grave, admet qu’il y aura atteinte à la vie privée, mais pas aux libertés fondamentales, qui sont de pouvoir aller et venir.
Nous risquons, en prime, de voir s’enfuir nombre d’entreprises des TIC hors de France, et de voir de plus en plus de citoyens se tourner vers les dispositifs d’anonymisation (TOR, P2P, proxys, PGP…, VPN, etc).
Au lieu d’une aiguille dans une meule de foin, nous la chercherons dans un champ de meules…
2 – supprimer les manifestations en interdisant les manifestants :
Las ! Les proctologues de nos pensées intimes ont décidé de pouvoir revenir sur ces libertés fondamentales, justement, en limitant la liberté de manifester, en introduisant un dispositif interdisant à un ou plusieurs individus de manifester.
Les proctologues de nos pensées intimes ont décidé de pouvoir revenir sur nos libertés fondamentales: aller et venir, et manifester...
C’est à la suite de la mort de Rémi Fraisse que les écologistes ont obtenu une commission d’enquête parlementaire, que présidait Noël Mamère. Et selon Mediapart, le rapporteur PS Popelin a réussi à imposer une vision plus sécuritaire, suivi par le PS, l’UMP, et l’UDI.
La droite, en quelque sorte…
Manifester, même pacifiquement, même pour les libertés et nos droits est dangereux désormais.
Pour Noël Mamère, “il y aurait dès lors un contrôle a priori et systématique de toutes les manifestations, ce qui entraînerait une restriction manifestement disproportionnée du droit de manifester.”
Du point de vue des autorités, c’est plus sûrement la seule présence des manifestants qui est responsable de leur propre mort : Rémi Fraisse serait mort parce qu’il se trouvait sans autorisation pile-poil sous une grenade offensive.
3 – la hausse du chômage est due au nombre de chômeurs. Supprimons-les !
La préoccupation première des français, c’est la lutte contre le chômage. Les gouvernements PS et UMP (RPR, UDF) successifs ont été incapable de trouver une solution contre le chômage. La nouvelle solution pourrait être de réduire le chômage… administrativement.
C’est une chose en passe d’être accomplie, grâce à la création de 200 postes de surveillants pour contrôler que les 5,6 millions de chômeurs sont bien occupés à trouver un emploi.
Au fait, qu’en est-il de la promesse de créer 1 million d’emplois du Medef, et de celle de l’inversion de la courbe du chômage (ou de la baisse tendancielle de l’augmentation du nombre de chômeurs) ?
Il suffirait que ces contrôleurs aient accès à nos données et nos métadonnées pour prouver que les demandeurs d’emploi ne travaillent pas à plein temps à chercher leur emploi perdu. Pire, il s’écrivent des conneries entre amis, en pleine journée, se téléphonent, et même passent du temps sur internet sur d’autres sites que pôle emploi. Va-t-on les désinscrire ?
Toutes ces lois sont liberticides, inégalitaires, et fratricides.
Face à la dérive inquiétante de ces néo-cons, agitant la peur, la xénophobie et la suspicion pour s’assurer l’alternance du pouvoir au motif de sécurité nationale, c’est la langue de bois, la menace de la terreur, le mode accusatoire contre les plus démunis, le sourcil froncé, le ton bravache et accusatoire, le poing levé et la mâchoire en avant qu’il conviendrait de limiter. Pas interdire, juste se contrôler.
Le rôle de l’État, c’est de protéger les citoyens, pas les espionner. Libérer, pas contraindre ni empêcher.
Apprendre, comprendre, inventer, vivre, laisser vivre et vivre ensemble.
4 – les français votent de moins en moins pour le PS ou l’UMP : doit-on interdire le vote à certains votants ou empêcher des candidatures ?
Peut-être à l’étude ?.. Déjà, le non-cumul des mandats a du plomb dans l’aile.
Sinon, dirigeants au pouvoir ou s’apprêtant à l’être, vous n’aviez pas évoqué des priorités ?
  • défi climatique,
  • guerre et terrorisme,
  • défi économique,
  • drames migratoires…
Ce à quoi j’ajoute quelques “petits” oublis :
  • chômage et emploi,
  • éducation, formation, conditions de travail, retraite,
  • réforme fiscale, disparition des services publics,
  • pic pétrolier,
  • pollution, santé, transports,
  • risque nucléaire, déchets,
  • démographie,
  • disparition des insectes pollinisateurs, de la paysannerie, etc, etc.
Ah oui, c’est pour après 2017, quand on aura voté pour vous, vous n’aviez pas le temps pour cette fois-ci.
Mais promis, dès 2017, celui qui sera président…

Une catastrophe peu naturelle aux Etats-Unis : OGM et néonicotinoïdes ont décimé les colonies d’abeilles

Entre 2014 et 2015, les apiculteurs américains ont perdu, en moyenne, 42,1% de leurs colonies d’abeilles. Dans les États où l’on cultive les OGM et où l’on utilise les pesticides néonicotinoïdes, les pertes atteignent 60% !
Fait nouveau : les pertes sont supérieures en été qu’en hiver. Un comble !
Une véritable catastrophe, qui va montrer au reste du monde ce qu’est un pays qui choisit de tuer ses pollinisateurs pour favoriser le productivisme des grandes cultures, et les OGM et les pesticides.
Imaginez un monde sans fleurs, sans légumes et sans fruits… Les USA sont le laboratoire des OGM et des gaz de schistes.
Merci José Bové et tous les faucheurs et défenseurs de nos sols, nos sous-sols et de notre eau potable.
corn-belt
Tant que la cupidité continue, la lutte continue….

Contournement Est de Rouen : un gentil rêve ou un très méchant cauchemar ?

Ou bien le rêve des uns est-il le cauchemar des autres ? Rions-en tant qu’on le peut…

Les mensonges de l’État, d’EDF et d’Areva sur le nucléaire

L’enquête de Spécial Investigation (canal+) est un document implacable, à charge contre l’État, EDF et Areva.
Deux accidents nucléaires ont failli mener la France à la catastrophe, évitée par deux fois de justesse. En 1969, et en 1980, les 2 réacteurs ont dû s’arrêter en urgence parce que leurs cœurs sont entrés en fusion.
“Aucun danger, tant pour les populations environnantes que pour les travailleurs de la centrale”, affirme EDF à l’époque.
Ces deux accidents majeurs ont été classés par l’autorité de sureté nucléaire de l’époque comme incidents divers sans conséquences après vérifications.
Pas de conséquences, ces 5 années passées à écouler le plutonium fondu dans la Loire ? Les fleuves ne servent donc pas qu’à refroidir ces énormes chaudières, mais aussi à écouler le plutonium usé, en toute illégalité.
Le document que vous allez voir est d’autant plus accablant que le PDG d’EDF d’alors, Marcel Boîteux, qui a dirigé EDF de 1967 à 1987 avoue face caméra. Les aveux d’Areva ne sont pas moins inquiétants.
Non seulement ces grands satrape jouent avec le feu, mais ils jouent aussi avec les mots, préférant parler de “relâchement (*)” plutôt que de “fuite” de radionucléides, en affirmant ensuite que les déchets sont recyclables, si l’on dispose de la technologie qui permettra peut-être de le faire au siècle prochain, et enfin en renommant “stockage de déchets” en “entreposage” (de longue durée, sinon définitif).
Ils mentent, mais ils le font pour notre” bien”. Comme dit Marcel Boîteux, après une comparaison entre accidents nucléaires et accidents de voitures : “En cas d’accident, il se passe quelquefois des choses qui sont illégales quand on est conscients.” Il ajoute l’avoir fait avec l’accord des pouvoirs publics, et nous dit qu’ils ont caché ces informations pour ne pas voir s’enfuir tout une population affolée avec tous les accidents de voiture et tout ce qui va avec.
A vous de voir si un (des) accident(s) nucléaire est comparable à un (ou des) accident(s) de voitures ?
“Il faut être responsables dans ces cas là”, dit l’ex-PDG d’EDF, avant de confier qu’il ne savait pas où mettre ce plutonium (hormis dans la Loire, illégalement et en secret), et qu’ils ne l’ont pas fait pour le plaisir…
D’autres mensonges sont révélés au public, sur la quantité de déchets nucléaires, ou sur le prix du nucléaire. Comme nous le constatons aujourd’hui, c’est un système en quasi faillite et dont le coût ne cesse de croître, de croître, comme croît l’amoncellement de déchets mortels, qui seront radioactifs durant des milliards d’années.
L’uranium issu de la fission, 95% des déchets, sont considérés comme matières “recyclables”, et seulement 1% des déchets – le plutonium – peut être recyclé en partie, dans le MOX (inintéressant économiquement), ou dans les bombes atomiques.
Face à ces mensonges assénés “pour ne pas affoler les populations environnantes”, pouvez-vous continuer de croire les propos de ces bonimenteurs ?

Un reportage civique, pédagogique, et totalement effrayant !
(*) relâchement, une définition Larousse : Ralentissement ou négligence dans l’accomplissement d’une action, l’exercice d’une activité“.

Nous perdons notre Docteur et un homme dévoué

C’est avec émotion et une grande tristesse que nous avons appris le décès de notre docteur, Monsieur Hervé Le Dantec, qui nous a quittés bien trop prématurément.

Nous connaissions et nous aimions notre docteur, nous avons aimé sa compétence, son extrême gentillesse, sa douceur et son dévouement de tous les instants pour chacun de ses patients.
Nous ne vous oublierons jamais, Docteur, et nous vous remercions de tous les bienfaits que vous nous avez apportés.

Nous présentons nos sincères condoléances aux proches, à la famille ainsi qu’à tous ses amis.

La famille Binard-Sanchez

Le rapport de l’ADEME sur les énergies renouvelables dérange

Alors que la ministre de l’écologie, Ségolène Royal, explique qu’il « faut programmer la construction d’une nouvelle génération de réacteurs qui prendront la place des anciennes centrales lorsque celles-ci ne pourront plus être rénovées » (« Pour faire du renouvelable, il faut pouvoir s’appuyer sur une énergie pas chère, stable, fiable, non émettrice de CO2, c’est-à-dire sur le nucléaire » – Jean Bizet, sénateur UMP de la manche), l’ADEME a publié un rapport qui explique qu’au même prix que le nucléaire, on peut produire 100% de l’électricité par des sources renouvelables.
L’ADEME nous explique simplement que pour faire du renouvelable en 2050, il faut investir dans les énergies renouvelables.
Et que 100% de l’électricité peut être produite par des sources renouvelables.
Les 3 mix possibles 100 % renouvelable, permettant de répondre à la demande « sans défaillance », sont aptes à satisfaire la consommation à tout moment du jour et de la nuit.
Avec un mix composé de 40 % d’ENR (énergies renouvelables) et 50 % de nucléaire, le coût de l’énergie consommée serait de 117 €/MWh, contre 119 €/MWh avec un mix 100% renouvelable. Sans les coûts de démantèlement du nucléaire, ni la gestion de déchets radioactifs supplémentaires.
Dans le cas d’un mix avec 95 % d’ENR, le prix au MWh serait même inférieur au mix avec 50 % d’énergie atomique : 116 €/MWh.
Tout le monde sait désormais que c’est réalisable, profitable, vertueux et sans danger.
Il n’était pas nécessaire de tenter de glisser ce rapport sous le tapis.
C’est maintenant que cela se décide pour être réalisé en 2050. Le responsabilité de la ministre de l’écologie et du gouvernement est d’intégrer ces scénarios aux scénarions énergétiques qui vont être étudiés par la direction générale de l’énergie et du climat, cet été, avant la COP21.
Les énergies renouvelables sont la seule source d’énergie indépendante pour notre pays. Du vent, du soleil et des courants français. La vraie indépendance énergétique pour laquelle nous n’aurons pas à guerroyer ailleurs.
Aux générations présentes et futures, vous pourrez dire que vous ne vouliez pas changer de politique ni de modèle énergétique, mais vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas.
Nous pouvons sortir de tous les risques liés au nucléaire, pour les hommes, l’environnement, et l’économie. Sans compter les risques liés au terrorisme, guerres, accidents ou catastrophes naturelles.
La responsabilité, c’est maintenant !
Qui ne connaît la vérité n’est qu’un imbécile. Mais qui, la connaissant, la nomme mensonge, celui-là est un criminel !
Berthold Brecht

Maryannick Deshayes, 1ère conseillère départementale EÉLV en Normandie

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Maryannick, il n’y a jamais eu d’écologiste élu-e dans un département de Normandie. Tu es la première, et la seule élue, ici dans l’Eure.
Qu’est-ce que cela représente pour toi ?
C’est le fruit d’un travail mené sur le terrain depuis 2001. Je suis fière de cette reconnaissance par les électrices et électeurs de notre canton de Pont-de-l’Arche.
Une écologiste dans une département normand, c’est une nouveauté. Cette alliance elle-même est une nouveauté.
Le mode de scrutin choisi par l’UMP et validé par le PS, ainsi que la tentation du vote « utile », ont rendu cette élection difficile pour les écologistes.
Tous les binômes écologistes ont obtenu de bons scores, malgré là encore les appels au vote « utile », des scores sans comparaison avec les sondages qui nous mettaient à 2%.
Sur le canton de Pont-de-l’Arche, avec Gaëtan Levitre pour le Front de Gauche, et moi pour EÉLV, nous avons formé un binôme gagnant, avec un programme écologiste et solidaire pour les habitants et pour le territoire, qui nous a permis d’obtenir une avance de plus de 10 points sur la liste de droite.
Justement, beaucoup d’électeurs se posent la question de l’union entre les écologistes, partisans d’une sortie complète du nucléaire, et le Front de Gauche, notamment le PCF, favorables, eux au nucléaire ?
Notre union a fait notre force. L’élection départementale est d’abord une élection locale, avec des enjeux locaux. L’UMP, le PS et le FN ont fait de cette élection une élection nationale.
Mais c’est bien autour des enjeux locaux, sur la solidarité, l’action sociale, la culture, la transition énergétique, la protection de l’environnement et de la biodiversité, que s’est joué notre élection.
Et sur un enjeu de taille et très local, l’opposition au contournement Est de Rouen, cette autoroute à péage de plus de 1 milliard d’euros qui détruirait 600 hectares de terres agricoles, terres naturelles et forêts, nous sommes en accord.
Nous connaissons les dangers que représente cette autoroute. Pour les collectivités locales amenées à contribuer au financement, puis à payer des subventions d’équilibre supplémentaires pour rendre l’autoroute moins difficiles pour leurs habitants, pour les contribuables qui devront financer l’autoroutes avec leurs impôts, pour les usagers au quotidien de l’Eure, de la CASE, de la vallée de l’Andelle et des plateaux Est qui vont perdre l’accès facile et gratuit à la métropole, pour les habitants qui verront leurs paysages, leurs modes de vie et leur santé dégradés par un flot incessant de camions en transit dans un vacarme permanent en les exposant à la pollution et aux risques de cancers.
Les élus départementaux locaux ont bien compris le rejet de projet par la population, et ce sont des candidats qui se sont déclarés contre ce projet autoroutier qui ont été élus.
Ceux qui n’ont pas voulu se positionner n’ont pas été élus.
Pour ce qui est du nucléaire, les écologistes sont en opposition avec le PCF, mais aussi avec l’UMP, le PS et les autres partis.
Avec la catastrophe de Tchernobyl, c’est la technologie nucléaire russe qui avait été mise en cause.
Avec Fukushima, c’est le principe même de la sécurité nucléaire qui a été remis en cause.
Le projet français d’EPR, sensé apporter un surplus de sécurité, se révèle un fiasco industriel et commercial qui ruine la France.
L’EPR de Flamanville est estimé à 8,5 milliards €, le triple du prix prévu. Nous accumulons incidents, reports, accidents, surcoûts…
C’est aujourd’hui une « anomalie de la composition de l’acier dans certaines zones du couvercle et du fond de la cuve », que révèle Areva à l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire), mettant en cause la capacité de l’acier à résister à la propagation de fissures.
Cette anomalie concernerait autant Flamanville que les cuves des EPR vendues à la Chine.
Déjà, la Grande-Bretagne semble renoncer à l’EPR, trop cher ; l’EPR Finlandais va nous coûter des milliards d’euros ; et même la survie d’Areva, avec les compétences dont nous avons besoin pour le démantèlement de nos vieilles centrales, est aujourd’hui en cause. 4500 emplois sont en jeu en France aujourd’hui pour Areva.
Le prix de l’énergie EPR est bien trop cher, sans commune mesure celui de l’éolien ou du photovoltaïque. Ces derniers sont les filières d’avenir, et des filières d’emplois locaux.
Comme l’est l’isolation des bâtiments : l’énergie la moins chère est celle qu’on ne consomme pas.
La sécurité des habitants et des territoires est une obligation pour les élu-es responsables.
Le débat reste ouvert avec les autres partis et nos partenaires. On peut constater l’excellence de l’ingénierie française, mais il faut aussi reconnaître l’échec industriel, et l’impasse technologique de la filière en matière de sécurité, de maîtrise des coûts et de gestion des déchets.
Cependant, nous sommes d’accord avec Gaëtan pour dire que nous devons lutter contre la précarité énergétique. Les citoyen-nes ne doivent plus choisir entre se chauffer et manger.
Il faut isoler les habitations les plus énergivores.
Nous sommes d’accord pour dire ensemble que nous devons lutter de toutes nos forces contre le réchauffement climatique. C’est une question qui doit toujours rester au cœur de nos préoccupations, dans toutes nos décisions et nos investissements.
L’urgence reste aujourd’hui l’action sociale, une compétence obligatoire pour le département. L’éducation, l’insertion, l’accès à l’emploi, le logement, la mobilité, la santé, la qualité de vie, ça ne se décrète pas. Ça se construit au jour le jour.
Nous serons là, élu-es, pour aider au maximum les personnes, surtout celles qui en ont le plus besoin, à y avoir accès.
Comment allez-vous vous y prendre pour changer la vie des gens, et combien de temps ça va prendre ?
… Il ne t‘échappera pas que nous nous trouvons dorénavant dans l’opposition. Et qu’on agit forcément moins vite lorsqu’on se trouve dans l’opposition.
Mais les projets que nous portons, à gauche et chez les écologistes sont si importants pour l’avenir que nous en débattront avec les autres élu-es, de droite comme de gauche, pour le bien du département, et surtout des habitants.
Combien de temps ? Le temps pour nous de convaincre la majorité aujourd’hui à droite de conduire une politique plus égalitaire.
Le vote front national est calqué sur la carte des inégalités, sociales et territoriales. La réponse à la montée du FN n’est pas l’invective ou l’injonction, mais la réduction des inégalités.
Et de construire des nouvelles politiques pour produire plus localement, créer des économies par les économies d’énergie, transformer nos territoires en territoires à énergie positive, et essayer de mieux vivre ensemble, tous, en n’oubliant personne.
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Des regrets pour cette campagne ?
Non. Au contraire, j’ai appris à rencontrer des militants du Front de Gauche et du PCF. Nous avons de nombreuses choses à partager, surtout au niveau local. J’ai rencontré beaucoup d’humanité avec mes partenaires, Gaëtan, Arnaud, Bruno et tous les autres.
J’ai été très heureuse du soutien des copains écologistes pour le second tour. Merci d’abord à Gilles Fraudin, une cheville ouvrière de ma campagne, merci à toi, à Jean-Michel Bérégovoy, Stéphane Martot, Laetitia Sanchez, Jérôme Bourlet, Alexis Fraisse, et aussi Henri Bonnot et Hervé Membrado pour être venus nous épauler pour cette dernière semaine très active.
Ça a bien collé entre nous tous, et entre nous et les citoyens, ce qui a permis notre élection.
Et ça a permis de nous rencontrer et de débattre. Qui a convaincu qui, sur quoi ? Nous le verrons dans les temps à venir.
Un regret, oui, j’en ai un : je suis la seule élue écologiste dans la région, alors que nous représentons énormément d’électeurs.
Le mode de scrutin doit changer, et s’ouvrir à la proportionnelle et à la participation citoyenne. Sinon, la vie politique sera de plus en plus rude et déconnectée des aspirations des gens.
On fait avec ce qu’on a, ce n’est pas beaucoup, et la responsabilité tombe sur mes épaules pour l’écologie. C’est lourd, je compte sur tous les copains, camarades, partenaires et citoyens pour y arriver.
Et les citoyen-nes peuvent compter sur nous pour les aider de toutes nos forces.
Comment ton installation au Conseil départemental s’est-elle déroulée ?
Je suis arrivée dans une maison que je ne connaissais pas, dans une ambiance assez froide.
Il n’a pas été possible de rejoindre un groupe socialiste, qui d’ailleurs est lui-même divisé en deux groupes.
Nous avons créé un groupe CEC (communiste, écologiste et citoyen) composé de 4 élu-es, 2 communistes, une écologiste et un citoyen.
Appartenir à ce groupe nous donne les moyens de travailler, et de nous rendre disponibles, avec la mise à disposition d’un bureau.
Je ne participe pas à la Commission permanente, je le regrette, ni à la commission des appels d’offres. J’espère néanmoins pouvoir faire partie de la commission développement durable.
Une dernière question d’actualité : on parle de scission chez EÉLV
A peine élue au Conseil départemental sous l’étiquette EÉLV, j’apprends par des parlementaires qui souhaitent rentrer au gouvernement que le parti serait en mort clinique, et un canard sans tête qui a perdu tout son sang ! Pourtant je le vois bouger au travers de ses militants qui agissent et interagissent avec la galaxie associative, civile et citoyenne pour défendre l’environnement et les valeurs écologistes.
Les valeurs et les idées que nous défendons sont plus que jamais d’actualité. Plus longtemps nous restons dans l’impasse, moins de temps nous aurons pour réaliser la transition écologique dont nous avons besoin.
Ne cédons pas à la tentation de la nostalgie politique, des grands projets inutiles imposés dont certains rêvaient au 20ème siècle, ou bien de gaz de schistes écologiques qui n’existent pas, et construisons un monde possible pour les générations futures, dans un climat serein.
Nous avons 2 rendez-vous à la fin de l’année : la COP21 qui décidera de l’avenir du climat dans le monde, et les régionales. Nous devons gagner les deux. Nous devons réussir à convaincre tout le monde qu’agir contre le dérèglement est une question de survie, et être présents au second tour des régionales, pour pouvoir porter la transition à la région.
C’est en étant présente au 2nd tour, grâce à un accord local, que j’ai été élue conseillère départementale.
Il nous faut réfléchir collectivement au meilleur moyen d’assurer cette présence au 2nd tour des régionales pour pouvoir agir pour la région.

Loi Macron II : pourquoi le ministre se fait retoquer sa loi

Valls et Macron : robotiser pour créer plus d’emplois, faciliter les licenciements pour développer l’employabilité !
une petite vidéo parodique avant de rentrer dans le lourd du sérieux (ça repose d’avance)…
Pierre Gattaz et le Medef se sont engagés à créer 1 million d’emplois net d’ici 2020 contre le pacte de responsabilité.
Alors que le million d’emplois n’est pas là, malgré un financement public de 41 milliards € en allègements de charges, baisses de cotisations sociales et impôts pour les sociétés (41 000 € pour pour chaque emploi supposé), le Medef applaudit le pacte de responsabilité, et avance une nouvelle plateforme de revendications :
  • pouvoir licencier en cas de stagnation ou de baisse du chiffre d’affaires, en cas de rupture technologique, de problème de trésorerie et de résultat ;
  • mettre en place des contrats de projets, où l’employé serait embauché pour la durée d’un chantier, et automatiquement débauché à la fin du projet ;
  • réduire les indemnités chômage en durée comme en montant ;
  • des incitations fiscales aux entreprises par l’amortissement accéléré (*) ;
  • une baisse de la fiscalité aux entreprises pour améliorer la compétitivité et l’attractivité pour les capitaux étrangers ;
  • simplifier toutes les réglementations sociales et fiscales ;
  • Pierre Gattaz : “Monsieur l’État, gardez votre argent, mais baissez le coût du travail, mais baissez la fiscalité, mais baissez les charges !” ;
  • réduire les dépenses publiques (“la mère des réformes”, sic) ;
  • pour les salariés au smic, une rémunération plus faible mais compensée par une sorte de RSA, pour que cette rémunération ne soit pas toute prise par l’entreprise ;
caisse-expressQu’est-ce que l’amortissement accéléré ?
C’est une niche fiscale qui permet aux entreprises bénéficiaires de défiscaliser l’investissement en transformant les amortissements qui se déprécient dans le temps en charge exceptionnelle que l’entreprise fait passer dans son bilan. Le bénéfice de l’entreprise baisse du montant de la charge, l’entreprise ne paie pas d’impôts sur les bénéfices pour le montant de l’investissement.
Prenons l’exemple d’un supermarché qui souhaite robotiser ses caisses, dont l’usage se généralise : la caisse automatique ne sera plus amortie et dépréciée dans le temps, mais passera en directement en charge, et baissera le bénéfice du montant de l’investissement.
Imaginons maintenant qu’on permette de licencier les salarié-es en cas de baisse des bénéfices, il ne reste plus qu’à utiliser cette mesure pour licencier les caissières, qui, si l’on réduit le chômage en durée et en montant comme le souhaite le Medef, devront retrouver très vite un autre job de caissière dans une entreprise qui n’a pas robotisé.
Les entreprise qui ne réalisent pas, ou peu de bénéfice ne trouveront pas d’intérêt en cette niche fiscale, et subiront une concurrence exacerbée de leurs concurrents plus riches.
En 1996, le ministre de l’économie et des finances de l’époque, Jean Arthuis avait instauré une telle mesure d’amortissement accéléré avant de la retirer l’année suivante du fait de son coût prohibitif.
emmanuel-macron
Face à cette avalanche de revendications patronales, et alors que la loi Macron I n’est pas encore passée, le ministre proposait de voter une loi macron II.
Prévue initialement pour cet été (pendant les chassés-croisés, peut-être en 49-3, ou avec l’apport des voix de droite), elle est finalement retoquée.
Cette loi reprenait les principales idées de Pierre Gattaz et du Medef :
  • l’amortissement accéléré,
  • la réforme du marché du travail en élargissant le nombre d’entreprises habilitées à négocier des accords de maintien de l’emploi, permettant de diminuer les salaires et le temps de travail ou d’augmenter le temps de travail sans augmenter les salaires ou encore de prévoir une nouvelle répartition des horaires de travail,
  • Et enfin, l’idée de réformer le code du travail, avec des contrats de mission, les CDI “sécurisés” où l’on peut licencier en cas de baisse des bénéfices (au cas où l’on utiliserait la niche fiscale de l’amortissement accéléré, par exemple).
Il n’y manquait que le financement des salaires par “une sorte de RSA” pour contenter pleinement le patron du Medef…
sens-interdit
Pourquoi cette loi ne passera pas :
  • Parce que les élus du PS, et surtout leurs électeurs ont déjà dû avaler bien des couleuvres au nom de la réforme du PS face à la gauche archaïque : parti socialiste en 2012, il est devenu social-démocrate avec François Hollande, social-libéral à l’arrivée de Valls, et le voilà qui arrivait à se transformer en ultra-libéral avec Emmanuel Macron. Les élu-es et leurs électeurs auraient eu du mal à accepter ce qui n’est plus une réforme, mais une volte-face.
  • Parce que pour réformer les mesures sociales concernant le marché du travail, il fallait passer par une négociation entre partenaires sociaux, comme c’est inscrit dans la loi Larcher. Cela rendait la loi caduque d’avance. Et en cas de réussite, c’est tout le marché de l’intérim qui était totalement court-circuité. Et bien sûr, des plans de licenciements à n’en plus finir, quittes à réembaucher aux nouvelles conditions ensuite.
  • Parce que les niches fiscales relancent effectivement la croissance et l’investissement en ce cas, mais d’une part, ruineraient plus encore l’État l’année suivante, ne favorisent que les entreprise en bonne santé, et la robotisation concurrence directement les salariés humains. Financer totalement l’investissement par la fiscalité, pour des moyens de production exemptés de charges revient à tendre encore plus le marché du travail, et si la compétitivité des entreprises est effectivement augmentée, c’est par l’augmentation de la dépense publique, et au détriment d’une compétitivité en baisse pour les salarié-es humain-es.
  • Parce que reprendre directement les propositions du patron du Medef dans une loi socialiste, ça finit pas se voir…
François Hollande se voulait Gerhard Schröder, Valls pouvait se prendre pour Tony Blair, et Macron a dû rêver d’être Thatcher, sauce camembert.
Ce sera pour une prochaine fois, il ne reste que 2 ans avant les présidentielles, et il y a des alternatives !

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