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Contournement Est de Rouen – liaison A28-A13 – bilan de clôture à Rouen

Ségolène Royal est ministre de l’écologie. Ministre de l’écologie de toute la France, pas de Poitou-Charentes ou des Deux-Sèvres.
C’est avec responsabilité qu’elle s’est opposée à la construction de l’autoroute A831. Sans doute elle est ministre de la France, et sans doute, elle est très attachée au marais Poitevin.
Mais elle s’est opposée à de nombreux élus qui à la fois revendiquent leur pouvoir, légitimement, mais se sont sans doute laissés aller vers la facilité : l’autoroute favorisera l’attractivité du territoire, créera de l’emploi, et apportera l’abondance en toute sécurité, et rapidité.
Tu parles, Charles.
Tout cela vaudrait bien quelques centaines d’hectares de terres naturelles et de terres agricoles, les camions n’auraient plus qu’à convoyer d’Espagne les légumes qu’on ne peut plus produire sur place.
Il est sûrement moins facile de parler de la mobilité qu’il faut inventer pour le 21ème siècle, de l’interopérabilité nécessaire entre les territoires, que de ressasser la vision du transport autoroutier du siècle dernier.
Inventer la mobilité à venir nécessite des efforts et de la pédagogie.
Et la pédagogie ne consiste pas juste à dire aux gens : « l’autoroute, c’est bien, l’autoroute c’est sécurisé, et on peut rouler à 130 », c’est plus rapide et l’intérêt est vite compris.
L’autoroute c’est « bien », mais l’autoroute, c’est cher. Très très cher.
Si cher, que pour réussir à valider un projet, il vaut mieux être du bon côté du manche au gouvernement.
Alors quand c’est la droite qui y est installée, c’est dans l’Aquitaine qu’on fabrique une autoroute inutile, l’A65 Pau-Langon.
Et localement, pas une voix n’a manqué, qu’elle soit de gauche ou de droite, pour expliquer que c’est utile, nécessaire, voire vital pour l’économie. C’est l’entente cordiale dans ces cas là. Une entente aussi avec les milieux économiques, les CCI, CGPME, Medef, etc.
Messieurs Alain Rousset PS, et Emmanuelli joignent leurs voix à Mrs Juppé, Bayrou, Lasalle, et bien sûr aux établissements consulaires et les associations qui leur sont liées.
Pour chaque projet, les arguments sont exactement les mêmes. Et l’on parle d’urgence économique, de désenclavement, d’utilité, de nécessité, de sécurité, d’emplois.
Une fois que tout le monde s’est accordé, le cœur au repos, les yeux bien sur terre, au bar de l’hôtel des « trois faisans », c’est parti pour un grand flop annoncé.
Au niveau de la gouvernance, les citoyens peuvent se demander si les limites de l’interpénétration de pouvoirs Régions-Etat ne sont pas toutes franchies, sans parler du lobbying dont la nécessité de transparence semble si évidente.
Qui décide des grands enjeux de la mobilité ? Les barons locaux, dans des territoires redessinés selon les enjeux à la fois de vie et économiques ? Puisqu’après tout, ils sont plus proches des gens, et que ce sont de plus en plus aux collectivités locales de faire l’investissement, et de gérer leurs propres dettes.
L’Etat, exsangue, mais dont le gouvernement est élu pour gérer une politique à l’échelle de nationale et supra-nationale ?
Ou bien les deux, avec un Etat qui fabrique la loi, impulse une politique choisie par les électeurs, et coordonne et contrôle les actions locales, et de l’autre côté, des élus locaux, plus en phase avec le terrain, plus sensibles aussi au lobbying, qui corrigent la loi dans la deuxième chambre, et appliquent au mieux cette politique, et investissent localement tant qu’elles le peuvent.
Ou le pire des deux lorsque les priorités de l’Etat fluctuent selon les alternances de pouvoir, et lorsque les grands projets structurants sont accordés par effet d’aubaine ?
Ainsi, Ségolène Royal est comparée à Aliénor d’Aquitaine. Ce n’est pas à elle de décider pour la région, elle est désavouée par le 1er ministre.
Un pied dans le terrain, un pied dans le gouvernement, elle renverse les rôles habituellement dévolus qui sont que lorsque tu es au gouvernement, tu vas aider ta région, où tu reviendras plus tard, dès l’alternance.
Mais n’est-elle pas dans son rôle de ministre, chargée de contrôler les projets inutiles ou ruineux, et d’impulser une politique nationale ? Celle du ministère de l’écologie, c’est justement la transition énergétique.
Sa connaissance du local, du « terrain », lui permettrait d’aborder le problème en toute connaissance de cause.
Il est certain que cela ne peut se faire au nom d’imprécations ( “On ne va pas refaire Notre-Dame-des-Landes dans le Marais poitevin” ), mais par une argumentation étayée.
D’un autre côté, on se demande si le lapsus n’est pas un peu trop révélateur :
« A’lienor » est justement le nom de la société concessionnaire de l’A65, en Aquitaine – 1ère autoroute de l’après-Grenelle – dont SANEF et Eiffage sont les deux actionnaires : 103 millions € de déficit pour les 3 premières années.
Le PDG d’A’liénor, Olivier de Guinaumont, parie sur un retour à l’équilibre du résultat comptable en 2018.
Sinon, la société pourra légalement faire jouer la « clause de déchéance », faisant porter l’entièreté de la dette sur les collectivités locales et les contribuables.
Est-ce que ce sont les autoroutes qui permettront de résoudre la crise, tout autant économique qu’énergétique ? Nous le saurions, depuis que l’Etat a cédé ses parts dans les concessions. 2001 pour ASF, 2004 pour APRR, et enfin, la privatisation totale sous l’égide de M. Villepin en 2006, où l’on a vendu nos bijoux de famille : ASF, APRR et SANEF, au moment où les autoroutes devenaient rentables.
Des autoroutes, les français n’en auront connu que la dette. Et aujourd’hui, les bénéfices des concessions autoroutières crèvent les plafonds.
Et aujourd’hui encore, ce sont l’Etat et les collectivités qui se préparent à créer de nouvelles dettes pour de nouvelles autoroutes.
Et les contrats comportent des clauses de déchéance jugées normales, alors que les trafics garantis défient l’optimisme le moins modéré, qu’on pourrait qualifier d’imprudent.
Après la réalisation de cette autoroute d’Aquitaine, le gouvernement a changé.
Avec M. Ayrault comme 1er ministre, c’est Notre Dame des Landes qui a fait l’objet d’une lutte très médiatisée contre un projet inutile et ruineux.
Un projet lancé en 1963, remisé au placard jusqu’à ce que Jospin ressorte le projet du placard. Depuis l’automne 2012, date des interventions musclées des forces de l’ordre, le projet est à l’arrêt, en attente de la fin des recours déposés contre ce projet.
Et il y a ce projet d’autoroute A831 à laquelle s’est opposée la ministre Ségolène Royal. Le 1er ministre, Manuel Valls a cependant fait savoir que ce n’était pas elle qui décidait : la procédure de consultation afin de connaître le coût de cet ouvrage sera lancée. Ce sont les collectivités locales qui en porteront la charge financière de façon exclusive.
La ministre de l’écologie estime que 900 millions €, c’est bien trop cher pour 60 km.
Mais nous, nous avons plus cher, et même bien plus cher : la liaison A28-A13 (le contournement Est de Rouen), estimée 880 millions € en 2012, a été placée en 2013 dans les 1ères priorités du schéma national de mobilité durable.
Le projet est estimé aujourd’hui, pour l’instant, à 1,05 milliard €, pour 41km.
Pourtant, le projet ne répond pas aux objectifs du maître d’ouvrage : le trafic de transit à l’Est de Rouen n’existe pas. Un des arguments principaux du maître d’ouvrage, la Dréal.
Les autres sont le développement des transports en commun – ce qui ne laisse d’étonner tout le monde -, le développement économique, un argument mis à mal tout au long de la concertation, et le renforcement des liaisons entre les pôles économiques rouennais et nord-eurois. Mais cela constituerait une vraie frontière économique pour les habitants des bassins de vie et d’emplois.
Ce contournement est notre serpent de mer depuis 40 ans. Porté par Laurent Fabius lorsqu’il dirigeait l’agglomération rouennaise, le projet n’a été mis en priorité que lorsqu’il est devenu ministre.
Selon la presse, c’est un projet qui arrive trop tard. Le développement, depuis ces décennies, s’est fait ailleurs. Ce n’est pas le contournement attendu, et il ne correspond plus du tout aux besoins de mobilité d’aujourd’hui.
C’est un projet d’un autre temps, d’il y a 40 ans, avant que le pont Flaubert n’ait été érigé, d’avant que l’A28 n’ait été créée. Le contournement Est de Rouen n’a plus aucun sens.
J’ai entendu l’Etat, au travers de la Dréal, qui nous a dit inlassablement que l’autoroute était « utile et nécessaire », et que c’était bon pour l’emploi.
Les chiffres malheureusement, ne plaident pas en la faveur de l’Etat. Ni utile vis-à-vis du trafic, ni nécessaire pour les populations locales, et au contraire, il va leur coûter à l’investissement et à l’usage, il va reporter du trafic sur les routes secondaires, mettant en danger les riverains et les usagers, et pour ceux qui ne pourront y échapper, ce serait un frein économique. Quant à l’emploi, je les renvoie vers les études et les rapports de l’Etat, des Ponts-et Chaussées : les autoroutes déplacent les emplois, elles ne les créent pas.
Qui défend ce projet ? Les grands élus de l’agglomération rouennaise d’abord, en premier les élus socialistes, mais aussi à droite, et une poignée de pro-contournement qui sont venus défendre ce projet au cours des 9 réunions : les chambres de commerce et d’industrie, le Medef, les transporteurs routiers, et Georges Vincent, qui préside la seule association pour le contournement Est de Rouen, (c’est lui-même qui le dit) rassemblant les clubs Eden et Elan, Logistique Seine Normandie, le Medef et la CGPME, ainsi que les CCI d’Elbeuf et de Rouen. D’ailleurs, les pro-contournements ne souhaitent pas que le contournement : celui-ci ne représente pour eux que la première étape de la réalisation de l’A154, pour en faire un axe nord-sud concurrent de l’A28, pourtant trop désert.
Qui est contre ? Les habitants, les usagers, les écologistes, de nombreuses associations de citoyens, usagers, habitants, et aussi les élus des communes traversées par l’autoroute, et ceux de la CASE, pour qui le péage est inacceptable, comme le tracé, et l’ampleur de l’infrastructure et des ouvrages. Quant au prix !..
Le but de la concertation était de donner la parole aux partisans comme aux opposants, et de répondre (ou pas) aux questions posées par les habitants.
Les élus présents dans les réunions, surtout celles de Gouy, Val-de-Reuil, Pitres, Alizay, Oissel et Saint-Jacques sur Darnétal ont pu entendre l’opposition véhémente et générale contre ce projet. Il est dommage que les grands élus rouennais n’aient pas participé à ces réunions.
Une fois les réunions de concertation finies, la parole revient aux grands élus, comme la décision. Et pour eux, le choix était déjà tranché.

Le maire de Rouen, Yvon Robert : “personne n’est propriétaire de l’environnement.”
Si sa volonté était de tacler les écologistes opposés à ce projet qu’ils trouvent archaïque et ruineux, il se trompe : l’environnement nous appartient à tous. Il nous appartient, et nous en sommes tous responsables. Bien entendu, ce sont les élus qui en sont les plus responsables.
C’est à eux qu’il appartient de protéger l’environnement de tous, et de faire les meilleurs choix pour la mobilité 21 et la transition écologique.
Pour Yvon Robert, les opposants se sont davantage manifestés. Personne ne peut dire que les porteurs du projet n’ont pas écouté les autres points de vue. Le projet a-t-il perdu de sa pertinence, et l’unanimité est-elle nécessaire ? Le maire de Rouen ne le pense pas.
Il appartient à un moment donné aux personnes qui exercent des responsabilités de faire des choix.
Yvon Robert se dit « sûr que cette infrastructure est nécessaire pour des raisons environnementales et économiques ». Il en est « convaincu ».
Le Préfet de Région, M. Maccioni : un projet “nécessaire et indispensable.”
Le Préfet a entendu lui aussi les inquiétudes et l’opposition au projet présenté, voire au principe du contournement.
Mais il a entendu aussi que les partisans ont été moins entendus et ont obtenu « moins d’audience, par la parole, par l’écrit ou par la voie électronique ». Sûrement étaient-ils nettement moins nombreux, voire très peu.
Il ajoute que les conditions de la mobilité dans ce cœur de la région doivent être améliorées. Un point partagé par tous.
L’opportunité du projet n’était pas en question dans cette concertation, elle a déjà fait l’objet d’une décision en 2006 (même si ce n’était pas le même projet, sans le barreau eurois, et sans péage).
Ce contournement est pour lui “nécessaire et indispensable”. Une concertation pour nous permettre de nous informer, mais c’est un point de départ aujourd’hui.
Le garant, Michel Gaillard : “la concertation n’est pas un référendum, ni le temps de la négociation.”
Le garant ne veut pas compter les « pour » et les « contre », la concertation n’étant pas un référendum. Ce n’est pas le temps de la négociation non plus. Ce temps viendra plus tard. Il revient sur le nombre de participants : 2500. Il revient ensuite sur les thèmes abordés dans des salles combles (et quasi unanimes), dans un climat souvent tendu :
  • l’utilité du projet, remise en cause ;
  • le péage, dont personne ne veut : ni les gens, ni les élus des plateaux Est ou de la CASE ;
  • les impacts humains ;
  • l’urgence à réaliser cette autoroute, qui est un point défendu par les partisans dont nous avons parlé. Il est vrai que leurs quelques représentants ont eu beaucoup la parole par rapport au nombre d’habitants présents. Mais comme l’a dit le garant, « ils représentent plus qu’eux mêmes ». Dont acte, et parole donnée ici, et refusée là.
Bref, les citoyens, élus locaux, habitants, et usagers contre le MEDEF, les CCI, le lobby routier et les grands élus.
M. Gaillard, le garant de la concertation, n’évoque pas :
  • les impacts environnementaux ou agricoles qui ont fait partie des préoccupations, de la SAFER, des agriculteurs, des habitants et associations environnementales, notamment HNNE ;
  • Et aussi la pollution, la sécurité, la santé, les paysages ;
  • Et surtout, qu’habitants, et politiques aussi, ont proposé de compléter les aménagements à l’ouest, là où passe le trafic. Proposons des solutions là où les gens vont, pas là où on voudrait bien qu’ils aillent, bien qu’ils n’y aient rien à faire ;
  • le fret ferroviaire et le fret fluvial ;
  • les transports en commun dont le développement est attendu, même si la Dreal estime qu’il faut d’abord fluidifier la circulation routière avant de réaliser le développement des grands projets de transports en commun;
  • la sécurisation de l’A13, même si le maître d’ouvrage a constamment rappelé que le sujet de l’A13 n’avait rien à voir avec celui de l’A28… A13 ;
  • le financement de l’infrastructure et le risque financier.
Catherine Morin-Dessailly, la sénatrice : « indispensable pour diverses raisons qu’il serait fastidieux de rappeler. »
la sénatrice UDI dit qu’elle soutient ce projet « [qu’elle] pense indispensable pour diverses raisons qu’il serait fastidieux de rappeler ». Et de se référer aux pseudo-évidences énoncées par M. Vincent… Help !
Frédéric Sanchez, le président de la CREA : “sans tracé, nous sommes divisés, tout doit nous porter à nous rassembler”
M. Frédéric Sanchez revient sur l’intérêt de laisser parler les gens, il est légitime qu’on ait un moment pour dire que nous ne sommes pas d’accord du tout avec ce projet. Mais ensuite, de travailler dans l’urgence pour construire cette infrastructure.
Mais… n’est-ce pas plutôt ce tracé (hum ! le projet) qui divise ?
Le Président de la CASE, Bernard Leroy : “protéger l’environnement, le paysage, le territoire. Pas de péage, résoudre Criquebeuf avant tout. Développer l’économie… et le couloir à camions !”
Plus intéressant est le discours du président de l’Agglomération Seine-Eure : très favorable au projet au prime abord, il a pris le temps, contrairement aux grands élus rouennais, de participer aux réunions, et d’écouter une population massivement opposée, pour ne pas dire entièrement opposée.
Je l’en félicite, et ses propos sont ceux d’un homme qui a écouté les gens et le bon sens : un projet trop onéreux, inacceptable avec le péage qui coupe le territoire en deux, et un projet ravageur pour l’environnement.
Il privilégie la préservation des territoires, du patrimoine et de l’environnement, des paysages, la préservation de la faune et de la flore, et de l’écrin. Il passe plus sûrement par l’amélioration de l’existant, plutôt que des dettes et du bitume.
Enfin, il faut régler le problème de l’A13 et de Criquebeuf, avant la réalisation de tout autre projet.
Je suis plus d’accord avec M. Leroy sur de nombreux points qu’avec le simple discours des socialistes disant que cette étape de la concertation, légale, est passée, et que dorénavant, il faut finaliser cette autoroute.
Là où je tique, c’est lorsque j’entends le président de la CASE parler d’une route du blé allant en camions de la Beauce vers le port de Rouen, à l’ouest, le port du Havre, à l’ouest, mais aussi vers la mer du nord.
Je tique pour deux raisons :
  • Pour raison économique locale bien entendue, le port de Rouen est le 1er port européen pour les céréales, la farine et l’engrais. Nous devons faire en sorte qu’il le reste. Il faut qu’il puisse continuer son développement dans les décennies à venir, sans pour autant saturer le trafic de l’agglomération rouennaise. L’électro-mobilité existe dans le transport, cela s’appelle le fret ferroviaire. On peut regretter que la ligne Orléans -Chartes – Dreux – Evreux – Rouen (sans passer par la vallée de l’Iton, en longeant la RN154), d’intérêt national, n’ait pas été mise dans les priorités de la commission 21. On peut regretter que le fret ferroviaire soit mis au placard, étant donné son intérêt économique et écologique, au profit de la circulation routière, autrement plus dangereuse. En rappelant que le pic pétrolier est vraisemblablement derrière nous ;
  • Je tique encore, comme habitant, parce que cela voudrait dire que le trafic nord-sud, qui ne passe pas par là aujourd’hui, serait aspiré sur la CASE et Rouen, sans rupture de charge, donc nuisible aux plateformes de la vallée de l’Andelle : je veux bien être pragmatique, et entendre que le fret ferroviaire, beaucoup n’en veulent pas ; mais le couloir à camions, personne n’en veut ici. Et payer pour ça, encore moins.

Le président du Conseil Général de Seine-Maritime, Nicolas Rouly : “à toute vitesse, il faut le faire, c’est bien, taisez-vous !”
la concertation est finie – elle a été utile – rien n’est définitif- c’est urgent important et utile – il faut obtenir ce tracé – nous sommes nombreux à l’attendre – je reconstruis le pont Mathilde – les conditions étaient et resteront difficiles avant et après le pont Mathilde – nous faisons des efforts pour le transport collectif – la presse titre sur le contournement Est alors qu’on me demande quand va réouvrir le pont Mathilde – le pont Mathilde n’est pas un contournement – c’est la raison de l’engagement du département sur le contournement Est – le sujet du tracé est celui qui a été discuté au cours de la concertation – il ne peut pas se traiter dans le cadre de positions et d’opposition frontales – les questions d’opposition de principe sont légitimes – l’opportunité est tranchée depuis 2005 – il n’y a pas de projet à prendre ou à laisser, il y a un projet à affiner – il faut clarifier le projet pour savoir où passera le tracé du contournement – il faut savoir dans quelles conditions opérationnelles ce tracé sera décliné – il faut travailler aux mesures compensatoires pour les propriétaires – le département a assumé ses engagements sur le pont Flaubert, sur le barreau sud et son engagement sur le contournement Est – le péage était refusé en 2005, vu l’étendue des finances, aujourd’hui, le département n’est pas péremptoire (oui au péage) – la réalité est différente de celle de 2005 – les conditions financières de 2005 ne sont pas celles d’aujourd’hui, encore moins celles de 2024 et encore moins celles d’après – les incertitudes financières et institutionnelles doivent-elles empêcher d’avancer sur la question du contournement ? Non – pour des raisons de qualité de vie, d’économie, environnementales – le public doit s’exprimer avec des termes un tant soit peu audibles (mais il est chahuté) – il faut que ce projet dorénavant avance positivement en termes opérationnels.
Wouaouh ! Sur un ton trépidant, voir agressif, M. Rouly nous a dit que nous avons parlé, maintenant, ils le font, même si l’on ne sait pas où on va en matière institutionnelle et financière, parce que c’est utile et indispensable, et ce malgré les gens, et malgré la presse.
Bigre de fichtre.
Le Président de Région, Nicolas Mayer-Rossignol : ce contournement n’est pas la panacée, mais si le choix est fait, la Région prendra sa part.
Pour le président de région, Nicolas Mayer-Rossignol, les opposants sont, comme pour tous les élus socialistes de Seine-Maritime, sur-représentés. Pour Nicolas Mayer-Rossignol, 4 points :
  • le contournement n’est pas la panacée, et il n’est pas incompatible avec d’autres politiques, y compris celle de l’échangeur de Criquebeuf, et aussi avec les transports en commun ;
  • Le besoin de clarté, et de lever les incertitudes. Lui aussi nous dit qu’« en général, il n’y a que les opposants qui viennent s’exprimer, c’est légitime ». Il faut lever les incertitudes sur le gel des terrains (avec de nombreux terrains à bâtir qui vont artificialiser encore le territoire et favoriser l’étalement urbain) et évaluer les préjudices ;
  • des questions environnementales, de qualité de vie ont été posées (isolation phonique, aménagements paysagers, l’agriculture et les forêts) ;
  • il cite les questions financières, sur la concession et le péage. La Région est prête à prendre sa part de l’investissement, mais il faut que le modèle économique soit affiné. Et il faut désormais trancher.
Si M. Mayer-Rossignol était venu aux réunions sur le territoire, il aurait vu que les opposants n’ont pas été des « nimbystes », mais des citoyens et élus responsables, informés et rationnels.
Et il aurait entendu que le message qui a été délivré par la population, ce n’est pas simplement une demande de réparation des préjudices à venir, une demande massive, ou la possibilité de dégeler les terres pour pouvoir bâtir. Le message, dans un souci de clarté, je l’invite à l’écouter tout au long, a été : « non à cette autoroute ». Avec ou sans double-vitrage, avec ou sans merlons et autres murs anti-bruits.
Non pour de nombreuses raisons, raisonnables et raisonnées.
Et non, contrairement aux élus rouennais (pas à Oissel ou Saint-Etienne du Rouvray, et pas non plus les élus communistes et écologistes de Rouen ou de la CREA), parce que nous ne sommes pas convaincus que cette autoroute sera « utile et nécessaire », ou « utile et indispensable », ou bien encore « utile et vitale ».
1983 véhicules en transit seulement passent par l’Est aujourd’hui. Ce sont les chiffres des Ponts-et-Chaussées. Ils sont vrais.
Sur les 900 000 véhicules en trajet moyen par jour annuel, cela veut dire que c’est 454 fois moins que le trafic total rouennais.
Nous sommes raisonnables, nous constatons la vérité des chiffres de l’Etat, comme ceux de la CREA.
Et sur les questions financières, nous sommes raisonnablement inquiets des trafics estimés non atteints, c’est le cas de l’A28 et de l’A65, par exemple.
Et nous sommes raisonnablement inquiets des conditions accordées aux concessionnaires en matière de clauses de déchéances ou subventions d’équilibre. Mais la Cour des Comptes est également inquiète des rapports déséquilibrés au bénéfice des sociétés concessionnaires, des hausses de tarifs des péages, et note l’insuffisance du cadre réglementaire et contractuel actuel.
C’est une inquiétude raisonnable, qui prend en compte les chiffres et avis de l’Etat.
Enfin, les solutions concernant les forêts, terres naturelles et agricoles : nous parlons bien de destruction, ces terres ne seront pas compensées. Seules les exploitations seront remembrées en achetant d’autres terres agricoles, d’agriculteurs en retraite, notamment.
A Val-de-Reuil, Marc-Antoine Jamet avait cité M. Jean-Louis Destans : « l’autoroute, sans l’autoroute ».
Des solutions sont proposées : protections phoniques pour les habitations les plus proches, des merlons, des murs anti-bruit, des compensations agricoles sur les exploitations, mais elles n’éviteront pas les destructions à venir, ni l’étalement urbain prévisibles, et la pollution supplémentaire pour toute l’agglomération.
L’élu écologiste, David Cormand : “une opportunité contestée, une unanimité de façade qui vole en éclat, un projet archaïque et un gouffre financier.”
La parole écologiste portée par David Cormand, qui parle aussi pour tous ceux qui n’ont pas eu le droit à la parole lors de cette grand-messe de “restitution”, c’est que cette concertation a été utile pour balayer les idées reçues et les contre-vérités qui nous sont assénées depuis des années. Et l’article du Paris-Normandie paru le matin même, 3 pleines pages pour dénoncer ce non-sens économique et ce projet dépassé, en atteste :
  • Devons-nous croire, dans une croyance un peu magique, que le contournement Est de Rouen va résoudre nos problèmes économiques ? L’idée que les autoroutes améliorent l’économie et surtout l’emploi sont fausses : tout juste les déplacent-ils ;
  • on nous a promis un transfert de transit, et là encore, on constate qu’il n’existe pas à l’Est ;
  • on nous a dit qu’il y aurait des gains en matière de temps de transport, là encore, c’est très discutable ;
  • on nous a dit qu’il y aurait des avantages pour les habitants, l’argument tombe avec le péage ;
  • prétendre que ce projet est un gain pour l’environnement et la santé, alors qu’il va augmenter la pollution, ce n’est pas raisonnable : dans toutes les métropoles et les villes du monde, quand on ajoute des routes, la pollution augmente pour l’ensemble du territoire ;
  • la dépense est colossale, 500 millions € pour la collectivité. Il faut faire moins cher, et mieux ;
  • Laurent Fabius rappelle, et il a raison, l’urgence de gérer le changement climatique. Il faut organiser la transition énergétique. Région, Département et métropole veulent montrer leur exemplarité écologique, il est urgent de transformer les paroles en actes, et cesser le décalage entre ce qui est dit et ce qui est fait ;
  • il n’y a plus aucune unanimité sur le projet. Et cela se voit avec le retour des citoyens et habitants, usagers, élus locaux, qui ne veulent pas de cette autoroute, les grands élus de Seine-Maritime qui la veut maintenant, la “fenêtre de tir” n’allant pas durer, l’Eure qui en veut ou pas, mais pour ceux qui en veulent, ne veulent surtout pas de ça.
  • ce n’est pas un projet moderne, c’est un projet archaïque, qui date de Giscard d’Estaing. Quand toutes les métropoles du monde essaient de revenir sur les choix faits il y a 40 ou 50 ans, nous sautons à pieds joints sur un projet d’il y a 40 ans ;
  • les écologistes défendront des alternatives réalistes, économes et utiles, et combattront ce projet désuet, inutile, nuisible et ruineux.
Plutôt que nous présenter une sorte de CICE à la rouennaise, les élus socialistes, en collaboration avec le MEDEF, la CGPME, les CCI et les transporteurs routiers, ne peuvent-ils aborder les enjeux du 21ème siècle ?
Les grands élus et l’Etat n’ont avancé que des convictions que cette autoroute était “utile et nécessaire”. Ou encore “utile et indispensable”.
Il s’agit dorénavant d’en fournir des preuves, et des documents et études qui pourraient en attester. Aller voir ce qui est fait ailleurs (pas sur l’A65, l’A381 ou NDDL, s’il vous plaît. Mais partout en France, en Europe, et dans le monde. Devenons inter-opérables et pérennes.
Les documents que la Dreal a fournis, les documents sur le trafic, n’ont servi qu’à démontrer que le projet ne correspond pas à la réalité des flux actuels.
Nous sommes dans un débat entre croyance et vérité historique : les rapports de l’Etat sont sévères sur les erreurs du passé, et ils ne sont pas à mettre en doute.
Toutes les pièces auraient pu être disponibles au cours de la concertation, alors que certaines sont demandées depuis 10 ans.
Je donne raison à Monsieur Mayer-Rossignol : il faut affiner le modèle économique.
Déjà en expliquant comment on obtient les mêmes chiffres de trafic prévus qu’en 2005, alors que le débat avait conclu que si le contournement était payant, 40% du trafic s’échapperait.
Or la circulation est restée stable globalement sur l’agglomération, avec certes une hausse du trafic interne avec, par exemple, l’étalement urbain autour de l’A28, mais une baisse de circulation interne due aux reports modaux, vers les transports en commun, le vélo et la marche.
Ensuite, d’un côté environnemental, si le trafic prévu tient compte de ces 40%, cela signifie qu’on va compter beaucoup de transit que l’on ira aspirer ailleurs que dans l’agglomération, étant donné que près de 90% du trafic actuel va à l’ouest.
On l’a compris, la volonté y est. Mais il ne faut pas le vendre aux rouennais comme une baisse de la circulation et de la pollution. Disons-leur la vérité : la pollution augmentera, la circulation augmentera, le prix augmentera.
Ce sont des flux nouveaux que l’on voudrait attirer, avec tous les risques qui vont avec, et les temps de transports, et la qualité de vie dégradée. Mais des gros sous, oui.
Sur la pollution, la Dreal nous a indiqué que ce n’est pas l’autoroute qui polluait. Mais c’était une pollution globale de l’air normand ou de l’agglomération en particulier. Les 4 causes citées dans l’ordre par Patrick Berg de la Dreal sont :
  1. le chauffage ;
  2. l’industrie, mais si la pollution industrielle baisse (et en même temps, Petroplus aussi…) ;
  3. l’épandage d’engrais sec par jours de grand vent (sic) ;
  4. enfin la pollution routière, cité en quatrième, mais les autoroutes ne sont pas responsables du choix français du diesel (sic).
Pourtant, la Dreal, c’est la :
D : Direction ;
R : Régionale ;
E : c’est pour l’Environnement, et sans doute devraient-ils se sentir concernés par la disparition de ces centres de dépollution naturelle que sont les forêts, consommateurs de CO2, nous protègent, abritent la biodiversité, et qui filtrent et absorbent l’eau.
Que ne disent-ils rien sur les méthodes agricoles qu’il nous faudrait changer, et ce n’est pas le remembrement et l’étalement urbain qui y participeront.
A : Aménagement. Pas forcément Autoroute ;
L : pour le Logement devrait conduire à se dire qu’en période de transition énergétique, il serait prudent d’investir massivement dans l’isolation des logements, pour réduire justement la pollution comme la consommation dues au chauffage.
Enfin, et je m’arrête là, le message de M. Hyest qui représente la SAFER (pas spécialement un opposant gauchiste, ni écologiste, mais N°2 de la FNSEA) :
“Si l’on veut protéger durablement le foncier agricole, il faut que les élus aient le courage, entre l’ouvrage, s’il doit se faire, et la zone urbanisée, que ce soit classé durablement en zone agricole. Durablement. Cela veut dire que, pour éviter les effets d’opportunité, une route qui se fait, et où chacun se dit : entre la route et la ville, ça devient du terrain à construire. Il faut qu’on ait le courage de dire que cela devient du terrain agricole protégé. Il faut qu’on aille jusque là. Et ça, c’est une responsabilité d’élus.
Ah bon ? Et que s’apprête-t-on à faire ?!.
J’espère que la ministre de l’écologie pourra s’opposer à ce contournement, pour des raisons objectives :
  • Le trafic de transit à l’est de Rouen n’existe pas. 0,36% du trafic. 89,1% du trafic de transit se fait d’est en ouest, les destinations l’Ouest, le port du havre, l’A13 et l’A28-RD438. Le trafic d’échange se fait à 80% à l’ouest de l’agglomération, où se trouve le port de Rouen ;
  • Les chiffres de trafic garantis par la Dréal sont des chiffres prévus pour une route gratuite, et ne prennent pas en compte les effets du péage : -40% ;
  • Aucune étude d’impact n’a été réalisée, et aucune étude financière n’a été fournie ;
  • Plus de 600 hectares de terres naturelles et agricoles vont être artificialisées, noyées sous le bitume, alors que depuis 10 ans, l’agglomération artificialise déjà 97 ha/an ;
  • L’étalement urbain, et l’augmentation des déplacements supplémentaires générés en plein cœur de l’agglomération ne sont pas pris en compte par la Dréal, alors que les études des services de l’Equipement ont montré que cela générait jusqu’à 30 à 56% de déplacements supplémentaires pour 10 à 15% de mobilité urbaine autour de l’A28 ;
  • Les paysages somptueux des boucles de Seine vont être ravagées ;
  • La santé n’est pas prise en compte par la Dreal. Lorsqu’un oncologue pose une question sur les risques de cancer, la Dreal lui répond que tout le monde a une habitation, et que devant chaque habitation, il y a une infrastructure qui la dessert. Et la Dreal nous dit que la pollution des automobiles et des poids lourds n’est pas la principale pollution, mais que le chauffage et l’épandage sont des pratiques plus polluantes. Et plutôt que d’aider à isoler les bâtiments pour consommer moins, changer de pratiques agricoles pour épandre moins, on choisit de bétonner les champs et les forêts ?
  • La sécurité promise sur l’autoroute conduira à une densification de la circulation sur les routes secondaires du fait des véhicules particuliers et poids-lourds qui refuseront de payer le péage. Cela rendra les points d’entrée, et les parcours dans les villes et les villages, plus dangereux comme c’est le cas sur l’A28, que les poids-lourds évitent, préférant emprunter la départementale qui la longe. Comme c’est le cas sur l’A13, au niveau de Criquebeuf, saturé.
  • La promesse de créations d’emplois est démentie par la Direction de l’équipement qui a démontré que sur l’A28, Abbeville Rouen, mais aussi Rouen Alençon, il n’y avait pas eu de créations nettes d’emplois, mais un effet de relocalisation, où les entreprises ont quitté des zones d’activité pour se déplacer vers les échangeurs, parfois à seulement quelques km, abandonnant des friches industrielles. Qu’en dit Françoise Guillotin,, vice-présidente de la CREA, défendant le projet : « Effectivement, l’infrastructure en elle-même n’est pas l’outil qui va permettre de développer des emplois. Mais c’est un outil nécessaire au territoire pour permettre aux entreprises d’avoir aussi des facilités d’accès à leurs entreprises pour pouvoir justement permettre les embauches nécessaires à la vie du territoire » ;
  • L’autoroute serait une frontière économique qui couperait l’Eure et la CASE de la métropole rouennaise ;
  • Le refus des populations s’est manifesté tout au long de la concertation, parfois bruyamment. En face, une poignée de personnes, établissements consulaires, Medef, et logisticiens qui prennent la parole, parfois plusieurs fois, face à des centaines d’habitants qui refusent cette autoroute ;
  • si les grands élus de Seine-Maritime sont pour, nous disent qu’ils ont entendu tous ceux qui étaient là et qui refusent l’autoroute, mais qu’ils ont entendu aussi les absents, plus nombreux, qui n’ont pas parlé, mais qui, selon eux, seraient pour. Compteront-ils les voix des abstentionnistes comme leurs lors des prochaines élections ?
  • tous les maires dont les communes seraient traversées refusent aussi l’autoroute. Il reprochent à la Dréal et aux décideurs de ne pas les avoir consultés ni fait participés au processus décisionnel ;
  • Madame la Ministre, vous refusez un projet de 900 millions € pour seulement 60 km. Ce contournement Est de Rouen, c’est bien plus de 1 ,05 milliard € pour seulement 41 km. Et les études de l’Etat montrent que le trafic n’est pas là. Cette estimation est faite sans que les études d’impacts n’aient été réalisées. Le coût risquera d’être finalement bien supérieur.
Au niveau environnemental (non exhaustif) :
  • Les 290 hectares de terres arables détruites ne permettront pas de répondre à la demande croissante de produits maraîchers en circuit court ;
  • les pollutions liées à l’autoroute altéreront la qualité et les rendements des terres agricoles restantes (5 à 10%) ;
  • les 300 hectares de forêts détruites ne participeront plus à l’épuration des eaux et des pollutions atmosphériques, réduiront la biodiversité, notamment aux lisières, et n’offriront plus aux habitants la qualité de vie, le poumon et des espaces de promenade ;
  • l’étalement urbain qui sera généré, qui va à l’encontre des préconisations du SCoT, amplifiera la consommation d’espaces naturels ;
  • aucune étude d’impact sur l’eau n’a été réalisée et jointe au dossier, alors que le tracé traverse des champs de captation des eaux potables dans une zone aquifère karstique fragile et un réseau hydrographique encore largement méconnu. Les études promises en 2004, il y a 10 ans, n’ont toujours pas été communiquées ;
  • les nuisances au niveau de la pollution de l’air sont niées par les transporteurs, pour qui les camions ne polluent plus, et noyées dans la pollution globale de l’air selon la Dréal qui ne parle que d’un air normand globalement pollué ;
Ce billet est évidemment trop long, mais que peut-on répondre face à “utile et nécessaire” ou “utile et indispensable” de la part des grands élus, quand on nous refuse même 3 mn de parole ? Un tweet qui dirait “inutile et non nécessaire” ?
Le projet est creux, vide, nuisible, mortifère. Mais ils vont le faire. Alors, bougez-vous : votez !

Contournement Est de Rouen – liaison A28-A13 – table ronde sur les perspectives d’aménagement et la politique de déplacement (Alizay, 2 juillet).

Concertation publique sur la liaison A28-A13, le contournement Est de Rouen : lors d’une table ronde sur la politique de déplacement et les perspectives d’aménagement, nous pourrions nous attendre à obtenir, enfin, les réponses aux nombreuses questions qui ont été posées depuis les premières réunions de concertation – et qui n’ont toujours pas trouvé de réponses.
Et puisqu’on parle de mobilité, de politique de déplacement, de perspectives d’aménagement, nous pouvions espérer un débat autour de la mobilité dans nos agglomérations pour les cinquante ans à venir. Mais seul ce contournement Est de Rouen, imaginé il y a quarante ans, est en question.
Comme dans tous les débats ou concertations concernant les infrastructures autoroutières, les mots-clés, ou mots-valises, sont :
  • Le projet est utile et nécessaire (en cas d’opposition forte, ajouter “et vital pour le territoire”) ;
  • favoriser l’attractivité du territoire ;
  • désenclaver la vallée de… (insérer ici un nom de vallée à désenclaver) ;
  • fluidifier les échanges ;
  • développer les emplois ;
  • diminuer les émissions de CO2 ;
  • (en cas de public crédule, ajouter :) favoriser les transports en commun ;
  • (en cas de public spécialement couillon, ajouter une pincée de :) intégrer la notion environnementale, développer les paysages et le tourisme
Parmi les questions sans réponses, il y a celle concernant les temps de transports, et les éventuels gains de temps que l’on pourrait espérer.
Cette question, déjà posée à Evreux par François Merle, n’a toujours pas de réponse.
Les questions liées au trafic, et notamment les questions liées au trafic de transit, – ce qui est l’argument de la Dréal pour délester, soi-disant, le trafic du centre-ville de Rouen – ne trouveront, encore une fois, pas de réponse pertinente.
Les questions liées au trafic estimé, et garanti par l’Etat, sur cette future autoroute, ne semblent pas étayées, et ne tiennent pas compte des précautions émises lors du compte rendu du débat de 2005 : si l’autoroute devient payante, le trafic diminuerait de 40%.
Or, le trafic estimé est sensiblement le même que celui estimé pour un contournement gratuit. Qui paiera le manque à gagner ?
Avant d’aller plus loin, il est intéressant de constater que les chiffres de trafic de transit sont analysés de façon radicalement différente par la Dréal et par ceux qui doutent de l’intérêt de ce projet.
Alors que les chiffres du CETE (aujourd’hui CEREMA), qui ont servi de base au modèle de contournement Est de Rouen, montrent que 89,1% du trafic de transit se rend à l’ouest – c’est la destination -, la Dréal montre un trafic de transit actuel qui se réalise uniquement sur un axe Nord-Sud. Exit donc 90% des véhicules, il n’y a plus de transit sur l’axe Est-Ouest..
Analyse-t-on, sur les bases de la raison, les données collectées pour élaborer un modèle tenable, ou la Dréal n’élabore-t-elle que des infographies visant à convaincre des spectateurs crédules de l’utilité de cette liaison autoroutière ?
trafic-de-transittrafic-de-transit-thumbl'analyse de la Dréal des chiffres du CETE
  • La première infographie est le schéma “officiel” réalisé par le CETE – aujourd’hui Cerema, avec un code couleur peu compréhensible et des épaisseurs de trait sans relation avec le trafic constaté.
  • Le second graphique indique en bleu le trafic vers l’ouest, et les épaisseurs sont mises à l’échelle.
  • Le 3ème graphique est celui de la Dréal qui “efface” 90% du trafic, pour ne représenter que le trafic Nord-Sud. Expliquant, notamment à Rouen, que le trafic de transit c’est 4% du trafic de l’agglomération qui est annoncé (chiffre légèrement surévalué, c’est plutôt 3,66%), et lorsque la Dréal le “pondère”, cela devient 15%.
Lorsque des Rouennais entendent ce chiffre de 15% du trafic qui “pourrait disparaître du centre-ville”, ça parle.
Mais c’est faux.
Le chiffre c’est 0,36% du trafic global. C’est le trafic de transit qui passe à l’Est, y compris les poids-lourds, par rapport au trafic de l’agglomération. C’est le trafic qui pourrait être détourné du centre-ville. S’il décidaient d’emprunter l’autoroute.
Le trafic de transit est l’argument “imparable” de l’Etat lorsqu’il décide de construire une autoroute.
Et pourtant, l’Etat se trompe régulièrement. Volontairement, ou involontairement, qu’il le veuille ou non. Sur le trafic de transit, argument principal avancé pour la réalisation de l’A28, l’Etat et ses services se sont plantés.
Si la Dréal n’a pas sorti de rapports, préférant se baser sur ses convictions (“Nous sommes convaincus que c’est utile et nécessaire.”), les rapports existe néanmoins : ils proviennent de la Direction de l’Equipement, de la CEREMA, de la CREA… le risque est patent de voir la circulation urbaine augmenter encore plus du fait de la péri-urbanisation… (voir les évaluations et bilans des Pont-Et-Chaussées, ici et .). Il est intéressant de constater les reports modaux effectués suite à la fermeture du Pont Mathilde, vers les transports en commun, les modes doux, le co-voiturage…
Il est utile de lire l’analyse du Conseil Général des Ponts et chaussées sur le bilan LOTI de l’A28 :
“Globalement, le trafic annuel de l’ensemble du tronçon s’élève à environ 500 millions de km parcourus et il est supérieur de 18 à 19 % aux prévisions.
Les objectifs de trafic de l’ouvrage ont donc été largement dépassés. Cependant, ce dépassement n’est pas dû à la fonction première d’itinéraire de transit qui lui était assignée, mais à une fonction induite de support du développement urbain.
A ce titre, on peut s’interroger sur la capacité des modèles de trafic utilisés à prendre en compte ces effets induits, surtout lorsque l’on réalise des autoroutes sans péage.”
Comme le conseil général des Ponts-et-Chaussées, je m’interroge sur la pertinence des modèles, et surtout sur l’analyse qui en est faite.
Et surtout, parce qu’aucune donnée économique chiffrée n’a été fournie, aucune étude d’impacts n’a été réalisée, ni même les études sur le trafic – qui sont les chiffres fournis en 2005, se basant sur un tracé gratuit, à une époque ou le pont Flaubert n’existait pas. Il semble prudent d’étudier les réalisations autoroutières récentes pour ne pas commettre de nouveau les mêmes erreurs. Il y a les bilans de l’A28, et il y a aussi celui de l’A65, dernière autoroute, et première construite depuis le Grenelle.
Il s’agit d’éviter la faillite – dont le risque était annoncé pour l’A65 par les écologistes, qui s’étaient basés sur les trafics de transit, justement, pour une décision basée sur la “conviction” et la croyance, face à un projet soutenu par tous les élus PS, Modem et UMP.
Cette épée de Damoclès, un milliard d’€ qui risque d’échoir aux contribuables et collectivités locales, ni messieurs Juppé, Emmanuelli, Bayrou, Lasalle, ni tous les élus qui, comme eux, ont soutenu ce projet, ne l’ont prise en compte. Pas plus que les établissements consulaires, les CCI et le Medef, ou les entreprises : ce ne seront pas eux qui paieront. Ce seront les habitants.
Va-t-on reproduire la même erreur avec le contournement Est de Rouen, au risque de faire payer les collectivités locales et les contribuables, pour une autoroute dont les habitants ne veulent pas et qu’ils éviteront largement ? Une autoroute qui ne résoudra pas les problèmes de circulation du Grand Rouen, ni de l’A13, ni la sécurité du péage de Criquebeuf, ni l’accès vers le port de Rouen, ni le trafic à l’ouest.
Le jour de la marmotte :
J’ai entendu, dès la réunion d’Evreux, puis de façon répétée juqu’à la clôture, que ce contournement Est de Rouen était “l’axe nord-sud” dont l’Europe a besoin.
L’histoire bégaie. Cet axe Calais-Bayonne – Attention ! Stockolm-Gibraltar, ça fait tellement plus sérieux – existe : c’est l’A28. Même si la RD438, la départementale qui longe l’A28, est la voie la plus empruntée par les poids-lourds.
Si cet axe Calais-Bayonne existant, soit 1039 km d’autoroute sûre – et très chère – ne fonctionne pas : peut-être vaut-il mieux en trouver les raisons et les solutions, plutôt que d’inventer un nouvel axe passant par l’Est et l’A154 – qui reproduira ailleurs les mêmes effets.
Le jour de la marmotte, ça a été quand j’ai posé ma question sur le trafic de transit : j’ai entendu, et lu dans leur plaquette commerciale, la Dréal annoncer que “85% du trafic de camions en transit devrait emprunter la liaison A28-A13″. Au vu des chiffres publiés le 11 juin sur le site du maître d’ouvrage dans leur synthèse des trafics, c’est impossible.
Je pose la question, et j’énonce que c’est impossible. Le message de la Dréal, c’est que le trafic de transit, c’est 4% du trafic global – source Dréal. Mais, mais, mais… Par un savant calcul, les 4% deviennent 15%. Des chiffres à l’emporte-pièces : 85% des camions en transit devrait passer par l’est – impossible ! – 4% du trafic total, mais cela ferait en tout 15%. Roulez, jeunesse.
Ca me semble tellement idiot, que je pose la question sur le trafic. La première fois, je pense qu’ils ont détecté le bug, Cependant, ils ne me répondent pas.
Mais la fois suivante, ils reprennent les 4% qui deviennent de nouveau 15% ! Là, j’ai l’impression que les citoyens sont pris pour des imbéciles. Je repose donc la question à la réunion suivante, je reprends leurs chiffres.
Leur réponse, c’est que “Monsieur est bien documenté, et c’est la preuve que nous avons mis les documents en ligne, à la disposition du public.”
Et la réunion suivante… 4% qui deviennent 15%. Cette concertation a pour but de laisser le public s’exprimer, ce n’est pas un échange constructif, une élaboration commune visant à faire le meilleur choix en se basant sur l’intelligence collective. Les choix sont faits, reste à trouver l’argent.
A la sortie d’une réunion, M. Peigné, de la Dréal, est venu me voir pour me demander mes bases de calcul. Je les lui ai données, ce sont les leurs en fait… Il accepte mes chiffres. En échange, je lui demande comment il peut arriver à ces calculs sur les 4% et aussi les 15%. Nous nous expliquons, fort civilement et sympathiquement, et il admet qu’il y a pu avoir erreur de leur part.
Pas une coquille : les chiffres des services de l’équipement, c’est 6% du trafic de transit qui passe à l’est, et non 85%.Par rapport au trafic global, selon CEREMA, cela représente 0,36%, et non 15%. Un paille. Après avoir reconnu que la Dréal ait pu se tromper, M. Peigné m’a donné ses coordonnées pour pouvoir m’envoyer les bases de calcul qui permettent d’arriver aux 15%, sur la base des 49 km parcourus en moyenne dans l’agglomération. Je n’ai rien reçu.
Au cours de la réunion suivante, 4% qui deviennent 15% Au secours, c’est le jour de la marmotte, le jour sans fin : Le radio-réveil sonne, j’entends de nouveau 4% et 15%. Mais la parole m’est refusée désormais…
Il faut bien vendre ce projet, et les deux seuls arguments sont que cela va créer de l’emploi (ce que contredisent les bilans des infrastructures réalisées dans le passé), et vendre de l’air pur aux Rouennais. Ceux-ci pourraient bien être les dindons de la farce si la péri-urbanisation conduit, comme cela s’est passé autour de l’A28, à augmenter le nombre de transports en véhicules particuliers.
“Une péri-urbanisation massive n’a pour ainsi dire pas été anticipée. Pourtant, force est de constater aujourd’hui que la fonction principale de l’autoroute est de faciliter les échanges quotidiens entre les agglomérations de Rouen et à une moindre mesure Abbeville et les communes résidentielles périphériques. L’A28 a joué un rôle de catalyseur de l’étalement urbain pour ces agglomérations, ce qui n’est pas la vocation principale d’une autoroute. (Direction Régionale de l’Equipement – Autoroute A28 – étude socio-économique)
Le péage : il change radicalement la donne !
Les eurois, les habitants de la CASE, les habitants des plateaux Est de Rouen ne veulent pas de cette taxe qui est une triple ou quadruple peine.
Bien évidemment, les usagers peuvent être amenés à payer l’usage d’une infrastructure dont ils auraient besoin, et dont ils exigeraient la création.
Mais là, loin d’exiger cette autoroute, ils la refusent. Ils jugent que c’est démesuré, voire pharaonique, ils sont venus dire qu’ils n’en veulent pas. Ils sont venus poser des questions
On leur dit qu’il faut éloigner le trafic de transit, même s’il est quasi-inexistant à l’Est, du centre-ville.
Les populations les plus impactées négativement par le tracé seraient aussi celles qui devraient payer pour tenter d’éloigner les trafics de transit ?
Pollué-payeur : les habitants le paieront en impôts, en impôts locaux, en usage par le péage, en impact sur l’environnement, l’habitat, les habitations, la santé, et la qualité de vie. Et aussi, car là encore il y a risque, en subventions d’équilibre si les trafics garantis par l’Etat au concessionnaire ne sont pas remplis.
Un risque financier considérable :
L’Etat et les collectivités locales ne peuvent investir elles-même la totalité de la somme. La somme ? Elle est passée de 380 millions € à plus de 1 milliard € (Dréal : 1,05 Md€, Medef : 1,1 Md€). La moitié de l’investissement sera faite par un concessionnaire qui reste à trouver. Ce peut être un montage, comme A’liénor, filiale de Sanef, elle même filiale du groupe espagnol Albertis. Ainsi la Sanef a créé A’liénor pour devenir concessionnaire, avec Eiffage pour partenaire, de l’autoroute A65, entre Pau et Langon. (SAPN, Société des Autoroutes Paris-Normandie, est elle même filiale à 99,97% de Sanef).
Il suffit pour cela d’aller lire le rapport sur la faillite programmée de l’A65 entre Langon et Pau. Avec les risques, dorénavant, pour les collectivités territoriales signataires de la convention financière, de devoir acquitter à terme les dettes du concessionnaire.
Car il a été signé entre l’Etat, les collectivités locales et le concessionnaire une clause de déchéance. Si le trafic n’a pas doublé en 2020, ce sont l’Etat, et surtout les collectivités traversées par l’autoroute, qui devraient payer sans doute plus de 1 milliard. Pour l’instant, le président d’A’lienor, Olivier de Guinaumont, balaie ces risque de déchéance d’un revers de main : “nous ne bénéficions pas d’une garantie de recette de la part de l’Etat. L’A 65 est aux risques et périls de son concessionnaire A’liénor.”
Mais la clause de déchéance existe bel et bien.
Et le trafic reste 40% inférieur au trafic garanti par l’Etat. En 2014, le trafic a encore baissé (mai 2014).
Il y a de grandes chances que les collectivités soient amenées à payer. Les politiques qui ont soutenu le projet regarderont alors vers d’autres horizons.
Nous ne devons pas nous mettre dans cette situation. Et pourtant, c’est précisément 40% de perte de trafic qui ont été estimés en 2005 si l’autoroute était payante, comme c’est le cas pour le projet actuel sz contournement Est de Rouen !
Le risque pour la liaison A28-A13 : réaliser ce contournement Est avec un filiale de la SANEF et un groupe du BTP (Eiffage ou autre), l’appeler comme on veut (A’ndellor ?), puis constater une perte due à 40% d’objectif irréalisé, et au bout de 5 ans, faire agir la clause de déchéance. Une clause normale dans ce type de contrats.
Bilan des bilans : un coût initial trop élevé, des objectifs irréalistes, l’inutilité de l’ouvrage, l’insécurité sur les routes secondaires, 1 milliard d’€ et quelques, pris dans les impôts, un saccage environnemental et humain.
Pour quoi ? Pour faire payer les habitants des plateaux de l’Est qui vont en ville, bosser, étudier, faire leurs courses ? Ainsi que les Eurois. Nous ferons tous les détours pour ne pas payer. Et nous recréerons des problèmes de sécurité ailleurs. Les collectivités mettront des barrières, rond-points, chicanes, et on ira quand même. CA n’apporte aucune solution aux problèmes actuels.
Pire, c’est que le trafic va arriver rive gauche, à Oissel, pour aller vers la Sud3 d’un côté, et vers le pont Mathilde via la ZI de de l’autre. Bref, pareil, pire peut-être. Mais payant.
L’emploi ? Je laisse madame Guillotin, vice-présidente de la CREA, l’expliquer elle-même ;-) Pareil. Avec quelques destructions au passage.
Je note quand même avec optimisme que l’Eure avait déjà botté en touche avec Jean-Louis Destans à Evreux, sur le budget. E l’Eure rebotte en touche avec la CASE. Pas un”NON” franc, mais un non “pas comme ça”…
Je suis content de voir que la Région est riche, et qu’elle peut se permettre 1- l’investissement 2- le risque financier. J’espère que ce n’est pas au détriment du social, de l’éducation, de l’aménagement, de l’aide économique, du développement ou de la santé et de la sécurité. Je suis content de voir que le département 76 est tout aussi riche.
Nous, dans l’Eure, on est plus circonspects ou pragmatiques, selon.
J’ai tout de même un doute sur l’écoute des politiques, qui aiment s’écouter parler, mais qui ont plus entendu ceux qui ne sont pas venus – et qui sont pour le projet, ceux qui ne viennent pas siffler sont pour… – que ceux qui sont venus dire leurs colères.
J’ai entendu messieurs Fabius (au passé, il a d’autres chats à fouetter), Rouly, Mayer-Rossignol, et tous leurs nombreux amis, et aussi à droite, et puis les responsables des CCI, du Medef, des entreprises de transports camions, aménageurs, etc. Vous n’avez vraiment pas peur de générer une dette, qu’on peut juger aujourd’hui inutile, mais étalée sur plusieurs générations ?
Évidemment, une dette, c’est toujours quelqu’un qui doit à quelqu’un d’autre. En l’occurrence, les habitants contractent une dette…

Contournement Est de Rouen, ou liaison A28-A13, la clôture à Rouen : les décisions doivent se baser sur des éléments rationnels.

Après 8 réunions, à Rouen, Evreux, Saint-Jacques-sur-Darnétal, Oissel, Pîtres, Val-de-Reuil, Gouy, et Alizay, cette réunion finale, de nouveau à Rouen, avait pour objectif de restituer les chiffres, les arguments basés sur des éléments objectifs, et les volontés des acteurs qui ont participé au débat sur le Contournement Est de Rouen, dans chacune des réunions publiques.
C’est l’heure du bilan de la concertation, qui a été utile pour pouvoir écouter la volonté des habitants, usagers, et des différents acteurs, et utile aussi pour que chacun puisse présenter ses arguments pour ou contre ce projet.
Le maître d’ouvrage de cette liaison A28-A13, la Dréal, n’a eu de cesse de dire qu’il n’y avait qu’une alternative : c’est ce projet, sous forme de concession autoroutière, ou bien pas de contournement. Il sera toutefois possible de modifier, ici ou là, l’emprise de l’infrastructure afin de s’adapter aux spécificités du terrain, ou de préserver telles ou telles habitations.
Mais on sera dans le détail, globalement, c’est ce projet là ou pas un autre. On est donc pour le contournement Est de Rouen, ou on est contre.
Les acteurs, cela a d’abord été les habitants. Ils sont venus massivement pour dire leur opposition à ce projet de contournement qui ne répond pas à leurs besoins, et qui est une menace pour leur santé, leur qualité de vie et leur environnement. Ils ont réfléchi longuement à ce que pourrait leur apporter cette liaisonA28-A13. Ils ont lu, se sont renseignés, et n’oublions pas qu’ils sont aussi experts d’usage.
Ils représentaient la majorité, sinon la quasi-totalité de ces salles pleines à craquer. Les vidéos sont là pour en témoigner. A Oissel, à Alizay, à Pîtres, à Val-de-Reuil, à Gouy où les huées et les sifflets ont manifesté leur refus, leur désarroi face à ce nouveau projet qui n’est pas ce qu’ils veulent, ni pour aujourd’hui, encore moins pour dans 10 ans, que dire de 2050… Ils sont venus exprimer leur colère, et aussi expliquer des situations, poser des questions, et les réponses ne nous ont pas semblé à la hauteur des enjeux posés par ces questions.
Les acteurs représentés ont aussi été économiques – essentiellement logisticiens et CCI, que nous avons appris à connaître et reconnaître. Et aussi le Port autonome.
Egalement des exploitants agricoles, et la SAFER dont le message a été un message clair pour l’avenir : M. Emmanuel Hyest a bien fait comprendre que les politiques devaient avoir le courage de protéger durablement les terres agricoles pour assurer la nourriture des hommes demain. Chaque année, sur le seul territoire de la CREA, ce sont déjà 97 hectares d’espaces naturels, agricoles et forestiers qui disparaissent. Aussi lorsque l’emprise d’une telle infrastructure vient en arracher 600 hectares, dont 290 hectares de terres agricoles – polyculture et élevage pour la plupart, il faut avoir conscience que c’est la nourriture de demain que l’on supprime, et des emplois supprimés ou menacés, dans des circuits courts souvent. Notre propre nourriture. Faudra-t-il se la faire acheminer demain par camions d’Espagne ou d’ailleurs ?
Qu’a dit M. Hyest dans sa conclusion, à propos des terres agricoles qui disparaissent bel et bien :
“Si l’on veut protéger durablement le foncier agricole, il faut que les élus aient le courage, entre l’ouvrage, s’il doit se faire, et la zone urbanisée, que ce soit classé durablement en zone agricole. Durablement. Cela veut dire que, pour éviter les effets d’opportunité, une route qui se fait, et où chacun se dit : entre la route et la ville, ça devient du terrain à construire. Il faut qu’on ait le courage de dire que cela devient du terrain agricole protégé. Il faut qu’on aille jusque là. Et ça, c’est une responsabilité d’élus.”
Et puis il y a eu les maires concernés par le contournement Est de Rouen, qui ont, eux, entendu leurs populations, et qui s’opposent à cette autoroute. Ils ne s’opposent pas à l’amélioration de l’existant, souhaitent bien entendu favoriser le développement économique, et l’emploi, en maintenant la qualité de la vie, la santé, l’environnement et les paysages qui nous sont chers.
Il sont résolument contre l’idée même d’un péage qui serait une nouvelle barrière économique pour tous ceux qui travaillent, ou cherchent de l’emploi, ou vont tout simplement faire leurs courses ou ont vocation à traverser leur territoire sans barrière, qu’elle soit physique ou économique. C’est un territoire, les plus belles boucles de la Seine, que l’on n’a pas le droit de saccager.
C’est en ce sens qu’une motion a été votée – à l’unanimité – hier à la CASE (Communauté d’Agglomération Seine-Eure) : La totalité des élus estime que le contournement tel qu’il est proposé n’est pas acceptable dans sa version autoroutière. A la fois sur le plan du péage, en rappelant notre attachement à la gratuité de l’accès routier localement, et pour aller travailler, et pour circuler. Et aussi qu’ils ne veulent pas de 2×2 voies dans l’Eure. Les élus ne veulent pas d’une infrastructure pharaonique : ils veulent une infrastructure à l’échelle des besoins du territoire et des échanges effectivement réalisés ou à réaliser.
Enfin, les derniers acteurs sont les nombreux collectifs et associations opposés à ce projet autoroutier ; ainsi que l’association pour le contournement est – selon les dires de son président, la seule association à défendre le contournement Est de Rouen.
Ce que les grands élus ont appris de cette concertation.
Tout d’abord, que l’on si l’on a vu les opposants dans les réunions (les habitants, quoi !), c’est que ceux qui étaient pour ne se sont pas montrés. C’est habituel…
(Dans la bouche d’un politique, c’est un peu comme dire que les abstentionnistes sont pour la majorité, mais n’ont pas pris la peine de se déplacer vers les urnes pour le dire.)
Le choix final appartient à ceux qui exercent la responsabilité, les grands élus. Ils ont le droit et le devoir de faire des choix.
Les grands élus souhaitent une décision rapide, urgente même. Le moment de la concertation a été utile. Ils ont pu écouter, puisqu’ils n’étaient pas présents, au travers des comptes-rendus qui leur ont été faits, et désormais, il faut entamer le chantier, si le ministre donne son aval.
A mon avis, il faut évaluer les arguments de toutes les parties, y compris les diagnostics des agglomérations, les SCoT et les PADD, étant donné qu’aucune étude d’impacts, ni aucune étude socio-économique n’a été menée jusqu’à lors. Les documents existent, ceux des agglomérations, comme ceux de l’Etat, qui contredisent les arguments des promoteurs du projet.
C’est vrai que j’ai l’impression d’entendre des crédos, des confiteors et des jugements de valeur de la part des grands élus. Nous entendrons, dans la vidéo, M. Rouly, Président du CG 76 dire : “les uns pouvant reprocher un ton qualifié de péremptoire, et d’autres étant libres aussi de reprocher à ceux-là un ton comminatoire, ce n’est pas l’état d’esprit dans lequel il faut aborder cet exercice.”
Et bien, comme lui, je pense que ce n’est pas dans un rapport conflictuel que nous devons avancer. Et je pense que tous les arguments doivent être pesés, étayés, et rationnels pour pouvoir faire un choix raisonné et raisonnable.
Nous avons entendu, argument répété, que c’était “utile et nécessaire”, mais, nous sommes sur notre faim sur la raison du pourquoi. Et très souvent pleinement convaincus du contraire.
Une voix, cependant, vibre sur un tout autre ton.
Celle de l’agglomération Seine-Eure, et de son Président, Bernard Leroy.
Lui a été présent à plusieurs réunions. Il a entendu, et il a écouté. C’est important.
Il a ressenti le désarroi et, j’imagine, la colère de ceux qui risqueraient, si ce projet allaient à son terme : dévaluation des biens, sans aucune compensation ; paysages abîmés irrémédiablement ; drames humains et financiers.
Il a entendu les milieux économiques et agricoles. Evidemment, il faut développer l’économie. Et il faut aussi désormais écouter l’appel de la Safer, qui réclame la préservation des terres agricoles. Parce qu’on les détruit quoi qu’il en soit.
Il a compris la nécessité d’utiliser le rail et le fluvial, moins polluants que les camions, il a entendu qu’il faut s’ouvrir au tourisme, et, surtout, garder intactes nos boucles de Seine, notre écrin.
Il n’a pas entendu les 5200 chômeurs de classe A, qui ne seraient pas venus. Ils étaient là aussi. J’en ai rencontrés et je leur ai parlé. Et le message qui est porté par eux, c’est que c’est triple peine économique. D’autant que les nouvelles implantations d’entreprises risquent de n’être, comme cela s’est passé sur l’A28 et dans toute la France (et en Europe, mais c’est loin), que des relocalisations. Parfois à quelques kms.
J’ai entendu Bernard Leroy parler du problème des bouchons dans l’agglo de Rouen.
La question est : est-ce que ce contournement peut apporter une solution à ces bouchons ? Etant donné le trafic à l’est, malheureusement, c’est non.
Je l’ai entendu demander en priorité, avant d’aborder ce contournement, de résoudre le problème de sécurité routière qu’est le péage de Criquebeuf. Emprunté par les usagers, qu’ils soient véhicules légers ou poids lourds, parce qu’il est gratuit.
Que demande-t-il :
La gratuité des accès au contournement Est de Rouen pour les habitants.
Ne pas couper le territoire de l’agglomération en deux sur le plan économique. Ne pas fracturer le territoire eurois.
La solidarité avec l’agglomération rouennaise est effective. Mais cette autoroute n’est pas la solution. Il a regardé les trafics, et nous avons travaillé pour rendre les données lisibles, le problème n’est pas ici, la solution n’est pas là.
La CASE a, depuis, voté contre ce projet de liaison autoroutière CASE-CREA.
M. Leroy a écouté. Ecouté les arguments, et écouté les habitants, les usagers. Lui a fait le job. Satisfecit. Il faut comprendre, il faut y être : les gens tapent du pied par terre, huent et sifflent, c’est physique. C’est impressionnant. Chapeau, M. Leroy.
Pour l’Eure, c’est non à cette autoroute A28-A13 !
Il n’y a pas que les grands élus, d’un même parti. L’avis d’autres élus, représentant d’autres visions, peut être plus éclairant, ou pas.
David Cormand, son discours est limpide. C’est un projet du passé. Le temps a passé, l’expérience est passée par là. Tout le monde revient sur ce passé pour tenter d’avancer. Dans le monde, on détruit autoroutes urbaines et rocades.
Pas nous.
Je ne vais pas revenir sur ses propos, écoutez-le plutôt. Transit (pas de transit à l’est), temps de transport, avantages, péage, dette, exemplarité environnementale clamée par la métropole, voeu pieux. L’infrastructure, telle qu’elle est, a été dessinée dans un temps où même le pont Flaubert n’existait pas. Il faut tenir compte des réalités actuelles.
Dans les faits : il faut faire moins cher et mieux, et cesser de se mentir et de mentir aux citoyens.
Aujourd’hui, l’efficacité, c’est la possibilité, l’acceptabilité, l’adéquation aux besoins, et la rentabilité pour tous. Toutes les métropoles du monde sont en train de revenir, non pas en arrière, mais sur les choix faits dans le passé.
Mais nous, nous allons faire les choix du passé pour les décennies à venir.
Il faut défendre les solutions réalistes, utiles et économes. Ce projet est désuet, inutile, nuisible et ruineux.
M. Vincent, le président de la seule association pour ce contournement Est de Rouen, parlera juste après.
Ses arguments sont indiscutables. Ce ne sont pas des arguments, mais des évidences. A tel point qu’elles seront reprises par la sénatrice Morin-Desailly, en disant qu’elle n’allait pas rappeler… Quoi, les évidences ? Allons-y :
  1. Evidence qu’il faut doter la future métropole d’une rocade complète dont l’un des maillons à l’est est le contournement ;
  2. évidence quand il s’agit de soulager les pénétrantes pour les besoins routiers de plus en plus nombreux, et de permettre les transports en commun ;
  3. évidence quand il s’agit de répondre au développement urbain des Plateaux Nord et Est et de donner aux habitants les moyens de rallier plus rapidement leurs zones d’emplois ;
  4. évidence lorsqu’il s’agit de relier la métropole avec les bassins d’emplois de la vallée de l’Andelle et de l’Eure ;
  5. évidence pour les accès du grand Port Maritime, dont l’une des priorités est d’accueillir les céréales en provenance de la route du blé, à l’est de l’agglomération ;
  6. évidence pour les trafics d’échanges initiés par la zone industrielle ou portuaire pour alimenter les zones commerciales de la Haute-Normandie ;
  7. évidence pour répondre aux défis économiques que l’Etat a engagé le long de l’axe Seine, en accueillant de nouvelles plateformes multimodales, celles de Seine-Sud et Pîtres-le Manoir étant privilégiées pour leur emplacement ;
  8. évidence aussi pour lever le verrou routier de l’axe Calais-Bayonne ;
  9. évidence pour accroitre l’attractivité de notre métropole, le moteur de l’emploi.
Ce qui est évidence pour les uns peut poser questions pour les autres, et mérite d’être débattu :
  1. Les métropoles ou grandes agglomérations qui n’ont pas de rocade sont légion, en France comme à l’étranger. On détruit aujourd’hui des autoroutes urbaines inutiles. Et oui, en France, nombre de villes et métropoles n’ont pas de contournement, de rocade complète. Grenoble (dont les études ont montré que la rocade nord, très contestée, ne délesterait pas significativement la rocade sud), Rouen (qui n’a pas de contournement Est, et surtout, pas de contournement Ouest, vers le port), Tours (réalisation de l’A110 suspendue), Orléans (une tangentielle ouest), Clermont-Ferrand, Avignon, Angers (rocade sud – pour 100 000 usagers potentiels – à l’arrêt depuis 2009), Reims, Dijon (c’est un contournement de 18,5 km à l’est – RN274), Perpignan, Nîmes, Toulon, Cannes, Le Havre, Dunkerque, La Rochelle, Brest, Mulhouse, Bayonne, Strasbourg ne sont pas équipées de contournements complets. Et encore moins en autoroutes payantes…
    Cette vision de toutes les villes qui devraient être ceinturées date-t-elle des années 60, ou bien encore du moyen-âge, lorsque l’on fortifiat les villes  Les autoroutes seraient-elles nos nouveaux remparts ?
  2. Les autoroutes ne favorisent pas les transports en commun, nous ne sommes pas crétins. Quant à soulager les pénétrantes, il suffit de regarder le trafic est + le trafic nord : 3598 véhicules VL + PL. C’est 10 % du trafic de transit (y compris l’A150, l’autoroute de Barentin, l’A150, et tout le trafic radiales et est). C’est 0,36% du trafic global;
  3. Le développement urbain des plateaux est va à l’encontre des schémas de cohérence territoriale et du PADD de la CREA, comme de la CASE. Parlons de la CREA et des Plateaux Est : les objectifs du SCoT, du PADD et du PLUI à venir, sont de ne pas favoriser l’étalement urbain du fait d’une infrastructure facilitant, ou obligeant, les déplacements automobiles. Les axes de développement péri-urbains veulent se limiter à Isneauville et Franqueville St-Pierre – Boos. Pas tous les Plateaux Est.
    Comme nous n’avons pas d’études d’impacts, ni d’autres études par le maître d’ouvrage, il est important de se référer aux documents du passé. L’exemple récent, négatif pour la congestion urbaine, c’est l’A28 :
    Selon la direction Régionale de l’Equipement, dans le bilan de l’A28 :
    Ces premiers résultats laissent déjà présager un des effets de l’infrastructure sur l’étalement urbain : celui-ci s’étend bien au-delà de ce qui était pressenti dans les études préalables de l’autoroute, jusqu’à plus de 30 km du pôle urbain de Rouen.
    Cela est d’autant plus important que la fonction principale de l’A28 était de renforcer la vocation interrégionale entre la Normandie, la Picardie et le Nord-Pas-de-Calais et de transit international notamment pour les flux venant de Grande-Bretagne et de Belgique de l’axe que représentait la RN28. Une péri-urbanisation massive n’a pour ainsi dire pas été anticipée. Pourtant, force est de constater aujourd’hui que la fonction principale de l’autoroute est de faciliter les échanges quotidiens entre les agglomérations de Rouen et à une moindre mesure Abbeville et les communes résidentielles périphériques. L’A28 a joué un rôle de catalyseur de l’étalement urbain pour ces agglomérations, ce qui n’est pas la vocation principale d’une autoroute.
  4. Relier la métropole avec les bassins d’emplois de la vallée de l’Andelle et de l’Eure ne peut se faire en faisant payer les Eurois, pour qui l’Eure est un bassin de vie, et la métropole un bassin d’emplois. Le péage serait un double peine économique pour les habitants des plateaux Est et de l’Eure ;
  5. La route du blé est à l’est, passant par la RD6014 qui n’est PAS traitée par le tracé, ou en provenance de la Beauce, au sud, qui passe par l’A13 pour aller sur le port, à l’OUEST de l’agglomération ;
  6. Les trafics d’échanges sont la vraie problématique de cette autoroute, et ils n’ont pas été traités. Nous parlons de trafics d’échanges qui se font à 90% en VL. Mais sur ces trafics d’échanges, combien passeraient par la route gratuite ? Quels seraient les impacts sur la sécurité sur les réseaux secondaires, et sur l’accroissement de l’insécurité de l’A13 ? ;
  7. Il est important d’engager une vraie réflexion, à long terme, sur l’intermodalité. La rupture de charge, même à 100 km de Paris, coûte trop cher. Elle fournit peu d’emplois, ce qui est un autre problème. Et l’axe nord-sud n’existe pas pour l’instant, à part sans rupture de charge par l’A28 et, surtout et malheureusement, la RD438, sur l’axe Calais-Bayonne. Il faut donc que la ligne Serqueux-Gisors soit mise en place, ainsi que le fluvial ;
  8. L’axe Calais-Bayonne existe : c’est l’A28. Même si les camions préfèrent emprunter la RD438 pour raison de coût… l’A28, c’est le grand contournement de Pris à 200 km de Paris : 1053 km de route, dont 1039 en voie rapide, dont il ne manque plus que la complétude à Rouen, par l’ouest, comme le dit la Dréal en ce qui concerne A28-A28 ;
  9. Sur l’attractivité, je n’ai rien à dire, c’est un mot-valise. Ne soyons pas seulement attractifs : soyons attirants !
Il n’y a pas d’évidence à citer ce qui peut paraître des évidences, qui ne sont en réalité que des croyances.
Cette autoroute serait néfaste pour les gens et pour le territoire. Nous n’avons aucun document qui nous permet de prouver que nous ayons quoi que ce soit à y gagner.
Sans documents, il faut se baser sur les diagnostics des agglomérations, les SCoT, PADD, PDU et les PLU et PLUI qui vont les remplacer. Il faut aussi prendre en compte les analyse et le bilans des Ponts et Chaussées sur les réalisations antérieures. Que disent les ponts et Chaussées ?
“L’évaluation d’impacts engendrés par la mise en service d’une autoroute sur les territoires qu’elle traverse est une tâche assez délicate, car il est difficile d’isoler du contexte général un élément afin d’en estimer les conséquences.
Elle l’est d’autant plus lorsque le bilan « point zéro » n’a pas été réalisé, et que l’on ne dispose donc pas d’éléments fiables permettant de mesurer précisément ces évolutions.
C’est pourquoi il paraît indispensable de réaliser soigneusement les évaluations « ex-ante » prévues dans la Loi lors de l’étude des projets d’infrastructures nouvelles afin de disposer plus tard d’un « point zéro » fiable.” (Direction Régionale de l’Equipement haute-Normandie
Les risques financiers, environnementaux et humains sont gigantesques.
Sans pour autant délester les rouennais de la congestion de circulation, sans améliorer la qualité de vie, et l’on reprend les vieilles recettes qui ont échoué pour recommencer les mêmes erreurs.
Il faut renoncer à construire cette autoroute, le contournement Est de Rouen. Pour l’humain, pour l’environnement, pour l’agriculture, pour le lien social, pour l’emploi, pour ne pas enclaver les gens, pour éviter la frontière économique, alors que l’on sait, par les chiffres fournis par le maître d’ouvrage, que cette infrastructure ne répond en rien, ou de façon infinitésimale, aux problèmes de circulation, et en génèrerait d’autres.
Le trafic de transit va à l’ouest, à 90%, et nous devons lutter contre l’étalement urbain, générateur de congestion urbaine, d’artificialisation des terres naturelles.
Regardons les documents, et regardons les chiffres qui ont servi à bâtir ce modèle (le contournement). Le dernier argument du maître d’ouvrage – éloigner la majorité du trafic de poids lourds en transit – ne tient pas la route face au constats réalisés par les ponts et chaussées : le trafic de transit va à l’Ouest, et on ne peut le dévier à l’Est. C’est la réalité dont on doit tenir compte.
trafic de transit de l'agglomération rouennaise
SVP, ne mettez pas nos sous dans cette catastrophe annoncée.

Liaison A28-A13 : retours sur des objectifs et des chiffres farfelus dans un débat inexistant : pour la population, c’est un NON massif. On désengorge Rouen de 0,36%. De combien l’engorge-t-on en plus ?

“Nous jugeons qu’il est utile et nécessaire”. Pour le territoire, bien entendu… Nous pourrions ajouter : profitable, salutaire, avantageux, précieux, commode, efficace, indispensable, obligatoire, inévitable !..
Mais la liaison A28-A13 est évitable. Et elle sera évitée ! Au moins par nombres d’usagers, nombre de poids lourds, et à part les habitants qui en seront prisonniers.
Bien entendu, nous comprenons l’intérêt de cette autoroute : ce n’est pas que la réalisation de cette autoroute, financée à moitié, ou au 3/4 si ça dépasse, par les contribuables, qui est seule en cause. Même si un chantier à 1 milliard d’euros et quelques pelletées de plus ce n’est pas rien.
Nous avons bien compris qu’une concession, concédée pour plus de 5 décennies – c’est énorme ! – est juteuse : outre les bénéfices liés à la réalisation de l’infrastructure – et c’est “normal” – le chiffre d’affaires de l’exploitation de la concession sera de l’ordre de 2,5 milliards TTC. C’est le chiffre d’affaires de l’exploitation : 106 190 euros de CA/jour (19300 voitures et 2200 camions en moyenne par jour, tout au long des 41 km d’autoroute). Sans tenir compte du fait que le prix des péages augmente tous les ans du double de celui de l’inflation.
Cela coûtera au total plus de 3 milliards € aux habitants et surtout usagers tout au long de la concession. Les appétits peuvent être féroces, et les motivations économiques sont là.
L’habitant qui emprunteraient l’autoroute paiera, lui, 100 € par mois pour aller travailler. Ou chercher du travail, aller faire ses études, aller voir papy-mammie, au théâtre, au sport, ou faire ses courses.
Bien entendu, nous sommes dans un monde libéral. Mais l’Etat s’engage sur une rente sur 3 générations pour la SAPN (du groupe Sanef, si c’est bien elle qui hérite de la liaison entre A13, A154 et A28, déjà gérées par la SAPN).
Les citoyens, contribuables, habitants et usagers, – qui financent – peuvent-ils y trouver leur compte ?
Entre les expropriations, la suppression de la qualité de vie, la perte de terres arables sans compensation, les morts dues aux particules fines ou micro-particules, le prix à payer pour sortir de chez soi – sans gagner en temps de transport – sans avoir d’alternative de transport, et avec les risques liés aux véhicules qui voudront échapper aux péages qui vont ré-emprunter les départementales, et retraverser les villes et les villages sur les passages piétons devant les commerces, les écoles, et autres. Quel est le bénéfice pour l’habitant ?
Ils vont payer en impôts l’investissement. Ils vont payer l’usage en péage. Et ils viennent à chaque réunion, sauf à Evreux, pour exprimer leur refus massif de cette autoroute, et leur colère. Et les politiques refusent d’écouter, préférant parler d’opportunité.
Quels sont les objectifs présentés pour la réalisation de cette autoroute ? Il y en a deux :
  • Pour désengorger Rouen, il faut détourner le trafic de transit des nationales, départementales et de la voirie ;
  • Les zones d’activité créent de l’emploi.
  1. Désengorger Rouen et améliorer la qualité de la vie des rouennais, en détournant 85% du trafic des poids lourds en transit.
    C’est tout simplement impossible. Les comptages sur le trafic de transit réalisés par les services de l’équipement (CETE) parlent d’eux-mêmes : 90% des flux de transit vont à l’OUEST. Le trafic de transit qui passe à l’EST n’est que de 1983 véhicules (VL + PL).

    trafic de transit de l'agglomération rouennaise
    Les flux de transit ne vont pas sur un axe nord-sud dans sa quasi-totalité, mais vers l’ouest, l’A13, le Havre, ou l’a28 et la RD438, qui longe gratuitement l’A28 et qui est empruntée par les camions, vers le sud. Et vers Paris.
    Veut-on réaliser une infrastructure à plus d’1 milliard d’euros pour seulement 1983 véhicules/jour ? Dans l’allégresse, en ajoutant les trafics de transit qui vont au nord-ouest (A150 – Barentin – et A151), cela représenterait un trafic de 3598 véhicules VL + PL. Cela ne représente que 0,36% du trafic global de l’agglomération.
    En détournant tout le trafic de transit entre l’A13 à l’est et l’A28 au nord, l’a154 et l’A28, et tout le trafic allant vers l’A150 et l’A151, cela ne désengorgerait Rouen que de 0,35% du trafic.
    C’est très peu.
    Mais… pourquoi parler d’engorgement supplémentaire de Rouen du fait de cette autoroute ?
    Quelles sont les conclusions que fait la Direction Régionale de l’Equipement sur la rentabilité interne de l’ouvrage A28 Rouen-Abbeville dans son évaluation socio-économique :
    “Ces premiers résultats laissent déjà présager un des effets de l’infrastructure sur l’étalement urbain : celui-ci s’étend bien au-delà de ce qui était pressenti dans les études préalables de l’autoroute, jusqu’à plus de 30 km du pôle urbain de Rouen.
    Par ailleurs et toutes proportions gardées, l’impact sur l’agglomération d’Abbeville a été similaire.
    En outre, les effets de cet étalement urbain sur les trafics sont plus que proportionnels : dans des zones où l’étude démographique ne met en évidence que des croissances de population de l’ordre de 10 à 15 % entre 1990 et 1999, les augmentations de circulation dépassent les 30 voire 50 %, soit 3 à 4 fois plus ! Un ménage supplémentaire en périphérie urbaine, c’est bien plus qu’un déplacement quotidien aller-retour en voiture individuelle de plus, mais plutôt 3 à 4
    […]
    Une péri-urbanisation massive n’a pour ainsi dire pas été anticipée. Pourtant, force est de constater aujourd’hui que la fonction principale de l’autoroute est de faciliter les échanges quotidiens entre les agglomérations de Rouen et à une moindre mesure Abbeville et les communes résidentielles périphériques.
    L’A28 a joué un rôle de catalyseur de l’étalement urbain pour ces agglomérations, ce qui n’est pas la vocation principale d’une autoroute.”
    Oui, Rouen sera plus engorgée encore.
    Et ce n’est pas avec un échangeur qui débouche à Oissel sur la jonction entre la RD18e et la RD418 que la situation de Rouen va s’améliorer : la RD418 emmène les véhicules vers la SUD3, avec les mêmes problèmes de circulation qu’aujourd’hui (un aménagement manquant au pont Flaubert et des véhicules qui se “cognent” sur l’avenue Jean Rondeaux), tandis que la RD18e, la zone industrielle, congestionnée elle aussi, conduira les véhicules vers… le pont Mathilde ! CQFD
  2. L’autre objectif, c’est la création d’emplois par la création de zones d’activité.
    Mais les zones d’activité ne créent pas d’emplois. Au mieux, elles les relocalisent. Parfois à quelques km seulement.
    L’avis du Conseil Général des Ponts et Chaussées sur le bilan loti de l’autoroute A28 est des plus intéressants :
    Les collectivités ont eu la volonté d’accompagner la réalisation progressive de l’infrastructure, ce qui s’est traduit par l’aménagement de nombreuses zones d’activités économiques. Ces zones d’activités, qui conservent aujourd’hui encore d’importantes réserves foncières, ont accueilli un nombre croissant d’établissements, ce qui paraît répondre aux objectifs des collectivités. Ce point est cependant tempéré par les entretiens menés avec les acteurs locaux qui, sauf dans les secteurs au dynamisme économique déjà bien avéré, évoquent plutôt un effet de relocalisation que de création nette d’activité.
    La Direction Régionale de l’Equipement Haute-Normandie explique dans son évaluation socio-économique de l’A28 :
    “Si le succès commercial de ces opérations montre qu’elles répondent à un réel besoin des entreprises, on peut être plus circonspect quant à leur impact réel sur l’emploi : presque toutes ces entreprises étaient déjà présentes dans la région, parfois à seulement quelques kilomètres de là ; ce ne sont souvent que des re-localisations sans création significative d’emplois supplémentaires ; mais, elles s’accompagnent souvent d’une amélioration des conditions de production (modernisation, regroupement d’établissements éparpillés, optimisation des process, élargissement du bassin de clientèle, etc.) qui a peut-être à terme un effet positif sur l’emploi (développement ou, au moins, préservation des entreprises par amélioration de leur compétitivité) qu’il est difficile de mesurer.
    Ne parlons pas de créations d’emplois nets, donc, mais évoquons des relocalisations, parfois à quelques km. Les autoroutes sont aussi parfois de murs qui coupent les entreprises de leurs clients lorsqu’il n’y a plus d’accès à “l’autre côté”.
    Qu’en dit Françoise Guillotin, Vice-Présidente de la CREA, lors de la réunion de concertation d’Alizay :
    Effectivement, l’infrastructure en elle-même n’est pas l’outil qui va permettre de développer des emplois. Mais c’est un outil nécessaire au territoire pour permettre aux entreprises d’avoir aussi des facilités d’accès à leurs entreprises pour pouvoir justement permettre les embauches nécessaires à la vie du territoire.”
    Pas d’emplois donc, mais l’autoroute permettrait des facilités d’accès pour les entreprises. Et ce sont les contribuables et habitants (consommateurs ?) qui paieraient.
    Bernard Leroy, président de la CASE, reprend le cas “très intéressant” de l’A28 :
    “l’exemple de l’A28 est très intéressant : ce n’est pas parce qu’on fait des échangeurs qu’on a automatiquement des entreprises. C’est nécessaire, mais c’est pas suffisant. Il faut une véritable politique de développement économique, une politique d’attraction du territoire, pour faire venir des entreprises, pour faire venir des emplois.”
    Ainsi donc, les élus seino-marins, les CCi et entreprises de Seine-Maritime n’auraient pas de véritable politique de développement économique ?
    Ne souhaitent-ils pas rendre leur “territoire” attractif ?
    N’ont-ils pas compris que ce que voulait la population, c’est des solutions contre le chômage ?
    Ou bien, comme le dit l’équipement, les zones d’activité ne créent pas d’emplois, mais relocalisent l’activité, certes dans des équipements plus modernes, mais créant de nouvelles friches industrielles, parfois à seulement quelques km ?
    La destination des camions des plateformes logistiques restera l’est, Paris, d’un côté, et le Havre et le port 2000 de l’autre.
    L’A13 donc…
  3. Pour les CCI, et nombre d’élus, le contournement Est de Rouen, c’est le (début du) Grand Contournement Ouest de Paris.
    soutien à l'A28 en 1997soutienà l'A28, Charles Revet et Ladislas Poniatowsky
    Le Grand Contournement de Paris est une réalité. Il existe, mais il ne semble pas suffisant pour les chambres de commerce, les concessionnaires autoroutiers, et autres aménageurs de zones d’activité.
    Les mêmes qui promouvaient hier l’A28 comme axe Calais-Bayonne n’y trouvent plus que peu d’intérêt.
    Charles Revet et Ladislas Poniatowsky, tous deux sénateurs aujourd’hui, mais à l’époque Président du Conseil Général de Seine-Maritime pour l’un, et député de l’Eure pour l’autre, conduisaient une opération escargot pour manifester pour l’A28, l’axe Calais-Bayonne, aujourd’hui réalisée.
    Il manque un aménagement à l’ouest de Rouen pour relier les tronçons nord et sud de l’A28. Car, selon les propres dires du maître d’ouvrage de la liaison A28-A13, cette liaison à l’est n’aurait pas vocation à accueillir le trafic A28 nord-A28 sud. Il passe à l’ouest.
    Comptage de poids lourds dans l'orne
    Mais le trafic de l’autoroute est un échec, surtout entre Rouen et Alençon, qui ne compte que 5 000 à 10 000 véhicules/jour.
    Si l’on regarde les comptages de camions réalisés par le Conseil Général de l’Orne (2013), le trafic qui échappe à l’autoroute se retrouve sur la RD438 qui longe l’A28. Ce sont plus de 800 poids lourds/jour qui préfèrent emprunter la départementale, et ce jusqu’à Alençon.
    Il ne s’agit pas d’un échec de la liaison, à proprement parler, mais d’un déport vers la départementale du fait du prix trop élevé de l’autoroute.
    Un déport évidemment dangereux pour les riverains et les usagers.
    Mais, sans taxe poids lourd (écotaxe), avec une taxe à l’essieu au plus bas, comment obliger les camions à emprunter l’autoroute ?
    Dans une motion pour le contournement est de Rouen, l’association pour le contournement réclame :
    “La traversée de l’agglomération rouennaise reste aujourd’hui le seul goulet d’étranglement de l’axe autoroutier Nord – Sud-Ouest européen reliant Stockholm à Gibraltar et plus localement du Grand contournement du bassin parisien.”
    l’axe autoroutier Nord – Sud-Ouest européen reliant Stockholm à Gibraltar, rien que ça. Et pourquoi pas un ouvrage d’art reliant les colonnes de Gibraltar pour en faire l’axe autoroutier Stockolm – Côte-d’Ivoire ?
    Plus sérieusement, mais retoqué par la commission mobilité 21 dans le SNIT, refusé également par la population qui ne veut pas transformer la RN154 en autoroute payante A154, le contournement ouest de Paris est un schéma qui existe depuis les années 60. Qu’est ce que c’est ?
    le contournement actuel de Paris, avec la RN154 et l'A28Le contournement de Paris sur un schéma de la DATAR dans les années soixante height=a28-A154-thumb
    On le voit, ce n’est pas un contournement est de Rouen que voient les CCI et autres partisans, mais la première marche de l’édifice qu’est la réalisation du “barreau manquant” : l’A154.

    Les visions de l’aménagement ont changé depuis 1960. Comme l’a rappelé Michel Barnier, député européen UMP, commissaire européen au marché intérieur et aux services :
    “Elle ne sera pas belle la France de 2015, si c’est la France du tout béton et du tout autoroutes.”
    Et si l’on continue de vouloir faire payer les autoroutes, à des usagers, à des routiers qui préfèrent emprunter les départementales, elle sera surtout beaucoup plus dangereuse.
    Ce sera peut-être l’occasion de faire du business, de créer aussi des zones d’activité qui créeront peut-être de l’emploi, ou le relocalisera.
    Mais si c’était le cas, étant donné le nombre de concessions qui ont été cédées au privé (85% du réseau), et le nombre de routes créées, nous aurions sûrement du en constater les effets bénéfiques par l’inversion de la courbe du chômage.
    Et si les autoroutes ne créaient pas d’emplois ?
Documentation et rapports :

Liaison A28-A13. C’est NON ! Non à Gouy, Ymare, Les Authieux, Val-de-Reuil, Pîtres, Poses, le manoir, Léry, Oissel, Saint-Etienne du Rouvray… C’est NON partout.

Une réunion houleuse à Gouy. La population ne veut pas de cette autoroute, la soi-disant liaison A28-A13. Elle le dit, elle le crie. C’est NON ! Non à ce tracé, et non à l’autoroute !
1 – présentation du projet par le maître d’ouvrage, la DREAL, représentée ici par M. Patrick Berg

La présentation du projet, désormais bien rôdée. “Nous pensons qu’elle est utile et nécessaire”, dit le maître d’ouvrage, la DREAL.
  • Le premier argument est que “l’agglomération rouennaise est une des dernière villes de France à n’avoir pas de contournement”.
    Faux : Grenoble (dont les études ont montré que la rocade nord, très contestée, ne délesterait pas significativement la rocade sud), Rouen, Tours (réalisation de l’A110 suspendue), Orléans (une tangentielle ouest), Clermont-Ferrand, Avignon, Angers (rocade sud – pour 100 000 usagers potentiels – à l’arrêt depuis 2009), Reims, Dijon (c’est un contournement de 18,5 km à l’est – RN274), Perpignan, Nîmes, Toulon, Cannes, Le Havre, Dunkerque, La Rochelle, Brest, Mulhouse, Bayonne, Strasbourg ne sont pas équipées de contournements complets. Et encore moins en autoroutes payantes…
  • “L’ensemble du trafic, et du trafic de transit, est obligé d’emprunter les radiales et le centre de Rouen”, dit la DREAL.
    C’est faux : contrairement à ce qui est expliqué, 84,5 % du transit se fait avec l’ouest. 55% du trafic de transit c’est Paris-Le Havre, 18178 véhicules.
    Le trafic en transit vers l’ouest c’est 25387 véhicules, 77% du trafic de transit. C’est l’A13. La direction, c’est l’ouest.
    Le trafic en transit A28 nord – A28 sud-ouest vers Alençon, ou vers la RD438 , sud ouest, 2460 véhicules, 7,5% du transit.
    C’est donc 84,5% du trafic de transit qui passe à l’ouest.
    Le trafic venant de l’A13 vers l’A150 (Barentin) et l’A151, 1615 véhicules, mois de 5%. Voilà pour les radiales.
    Le trafic de transit venant de l’A13 et de la RN154 vers l’A28 par l’est – la où serait le contournement -, c’est 1983 véhicules actuellement, 6% du transit.
    On le voit, le contournement est ne peut en aucun cas accueillir le trafic de transit qui va à l’ouest, la quasi totalité du trafic de transit.
    Il ne résoud pas la question de la liaison A28-A28 par l’ouest, sauf en doublant le trajet des poids lourds, en les emmenant vers l’est d’abord, pour récupérer l’A13 pour retourner vers l’ouest, en doublant la pollution émise, en congestionnant encore un peu plus l’A13 entre Incarville et Rouen. Cela rendrait encore plus dangereux les échangeurs de Criquebeuf et Tourville-la-Rivière, et fragiliserait cet axe essentiel nationalement qu’est l’A13.
    Il est utile de citer l’avis du Conseil Général des Ponts et Chaussées du 30 novembre 2006 sur l’A28 ABBEVILLE ROUEN 
    “Les objectifs de trafic de l’ouvrage ont donc été largement dépassés. Cependant, ce dépassement n’est pas dû à la fonction première d’itinéraire de transit qui lui était assignée, mais à une fonction induite de support du développement urbain.”
    Les promesses étaient les mêmes, les effets seront les mêmes.
  • Il y a un fort potentiel de développement sur la partie économique pour l’agglomération rouennaise, dit le maître d’ouvrage. Mais aussi pour les pôles économique de Val-de-Reuil, la vallée de l’Andelle qui créeront des richesses et de l’emploi.
    La Direction de l’équipement a démontré que sur l’A28, Abbeville Rouen, mais aussi Rouen Alençon, il n’y avait pas eu de créations nettes d’emplois, mais un effet de relocalisation.
    Parce que l’autoroute représente un mur qui coupe les entreprises de leurs clients. Les prédictions économiques qui disaient qu’il y aurait des créations nettes d’emplois se sont avérées fausses.
    Comment la DREAL peut parler de créations d’emplois, alors que les études socio-économiques n’ont pas été réalisées, et que des infrastructures du passé ont prouvé qu’il n’en n’a rien été ?
    Citons encore l’avis du Conseil Général des Ponts et Chaussées du 30 novembre 2006 sur l’A28 ABBEVILLE ROUEN
    “Les collectivités ont eu la volonté d’accompagner la réalisation progressive de l’infrastructure, ce qui s’est traduit par l’aménagement de nombreuses zones d’activité économiques. Ces zones d’activité, qui conservent aujourd’hui encore d’importantes réserves foncières, ont accueilli un nombre croissant d’établissements, ce qui paraît répondre aux objectifs des collectivités. Ce point est cependant tempéré par les entretiens menés avec les acteurs locaux qui, sauf dans les secteurs au dynamisme économique déjà bien avéré, évoquent plutôt un effet de relocalisation que de création nette d’activité.”


2 – Francis BIA pour l’association HNNE (Haute-Normandie Nature Environnement).

Au contraire des interventions de la DREAL qui ont été huées et sifflées, l’intervention de Francis BIA est littéralement ovationnée.
C’est non à ce contournement Est de Rouen.
“Nous avons tous besoin pour vivre d’Air, d’eau, de Nourriture, de Sommeil : ne pas en tenir compte met en péril la santé et même la vie.”
Préserver l’environnement, c’est donc préserver l’humain, avec ses activités, son habitat, son droit à conserver, ou à retrouver, une qualité de vie satisfaisante.
Actuellement, alors que l’on finalise des textes de loi sur la transition énergétique, les enjeux environnementaux et humains, sur ce projet de contournement Est ne sont pas suffisamment pris en compte.
Les documents qui nous sont fournis pour la Concertation sont trop fragmentaires pour montrer toute la richesse écologique de nos territoires…
Ou alors les documents complets ne nous ont pas encore été communiqués.
Le maître d’ouvrage évalue à 600 hectares la superficie qui sera soustraite aux milieux physiques.
Ces 600 hectares se traduisent par :
• Une perte pour les activités agricoles et sylvicoles, et par la destruction d’un réservoir de biodiversité.
• Une perte de valeur patrimoniale et de qualité de vie pour les familles riveraines… et pas seulement elles !
Les territoires les plus impactés par le projet à savoir » un espace de 10 km de part et d’autre de l’infrastructure», selon le Schéma de cohérence Territorial.
600 hectares = 6 000 000 m2 soit sur 41km de long = une largeur de 147 mètres de large
600 hectares = 6 millions de m2 = 840 terrains de football…
HNNE défend en cela l’intérêt général et non de simples intérêts particuliers. Ils comprennent parfaitement l’intérêt du concessionnaire à se voir confier un nouveau marché. Mais que nous faire acheter ce produit qu’est le contournement n’est pas forcément un acte de philanthropie. Et cette façon de mettre en avant l’intérêt général ressemble à un argument de vente.
M. Bia rappelle au nom des associations qu’ils souhaitent que la participation de l’Etat à cette Concertation ne soit pas uniquement destinée à promouvoir et imposer ce projet à partir de la variante préférentielle.
Il faudrait des échanges d’arguments basés non sur la croyance, mais sur la réflexion, sur le raisonnement à partir de documents complets et d’études détaillées, qui ne nous ont pas été fournis à ce jour. Ils veulent des échanges qui évitent la répétition d’affirmations non démontrées et présentées comme indiscutables.
C’est ainsi que le mot Concertation peut retrouver son sens.


3 – intervention de Alain Roussel, maire des Authieux : c’est non !
NON à cette autoroute ! Sous les applaudissements…


4 – questions réponses – sécurité sur les axes secondaires, impacts environnementaux et économiques, absence de concertation des communes impactées

5 – réponses sur le cancer : C’est la stupeur et la colère dans la salle !

La question, posée vers 5mn50 de cette vidéo, ne trouvera sa réponse qu’après la 18ème minute.
Froide, glaçante, cynique ou scandaleuse, alors qu’on évoque le cancer et la mort, la réponse de M. Berg sidère et révolte le public.
“On a tous aujourd’hui une habitation, desservie par une infrastructure, une route, qui passe devant chez lui. Voilà !”
C’est un tollé, un soulèvement.
On ne veut pas d’une autoroute qui charrie la mort !


6 – le sénateur communiste Thierry Foucaud sur le Grenelle, et Francis BIA.

Un médecin accuse le maître d’ouvrage de mauvaise foi sur la santé des habitants, tandis que le sénateur revient sur le rejet, le mécontentement et la surdité des politiques face aux habitants. Sourds, ou bien quoi ?
Après la réponse de M. Berg – c’est bon pour l’emploi – Francis Bia, HNNE, liste les grandes villes et métropoles qui ne sont pas dotées de contournement routier. Il redemande à ce que les études d’impacts soient épinglées au dossier avant de le confier au ministre afin qu’il puisse décider en connaissance de cause ! Puisque ce projet, même s’il diffère totalement de celui débattu en 2005, ne fait pas l’objet d’un nouveau débat…


7 – Safer – compenser les terres agricoles mais perdre définitivement des terres arables.

Emanmuel Hyest explique le rôle de la Safer (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural), qui a pour but de compenser dans ce projet les pertes de terre agricole pour les exploitations agricoles. La Safer acquiert, des parcelles souvent d’agriculteurs en fin de carrière, ou bien des parcelles excentrées, afin de recomposer des exploitations pour les agriculteurs dont les terres sont artificialisées et bitumées.
Mais des terres agricoles disparaissent bel et bien. M. Hyest estime que les politiques doivent avoir le courage de protéger durablement les terres agricoles, et ne pas les mettre en terrains à construire.
Pascal BENARD, directeur général de la Safer HN, explique que les acquisitions ont exclusivement vocation à rétablir les exploitations agricoles, et non de permettre aux collectivités d’acquérir des réserves foncières pour créer des zones d’activité. Sur les 70 km donnés en exemple sur l’A28, 1 seule zone d’activité a été créée, et elle est aux 3/4 vide aujourd’hui.
Les créations d’emplois qu’escomptaient les élus n’ont pas été au rendez-vous.
Une démonstration qui avait déjà été faite lors du débat public sur la LNPN.

Une vidéo de la présentation Pascal Bénard, pour la Safer, de bien meilleure qualité, avait déjà été présentée lors du débat public LNPN.


• Les terres arables et les forêts détruites ne seront pas compensées. Elles sont détruites définitivement.
• Les acquisitions ont exclusivement vocation à rétablir les exploitations agricoles, et non de permettre aux collectivités d’acquérir des réserves foncières pour créer des zones d’activité.
• Les zones d’activité le long des autoroutes ne créent pas d’emplois.
9 – expropriations, intérêt général, exploitations agricoles qui devront partir, trafic et emploi.

On voit que le cas d’exploitations agricoles, qui n’ont pas forcément été reçus ou visitées par la Safer, notamment en filière courte, du producteur au consommateur, va obliger certains à abandonner leurs exploitations.
L’infrastructure – l’autoroute dont personne ne veut – va prélever 600 hectares, dont 290 hectares de terrains agricoles. Déclarée d’utilité publique, les terres seront achetées, ou les propriétaires expropriés, au nom de l’intérêt général.
Concernant les questions sur le trafic, M. Berg, s’il ne conteste pas les chiffres, se trouve néanmoins dans l’incapacité de répondre.
Le détournement du trafic de transit a été présenté comme un des objectifs majeurs de l’infrastructure, sur la plaquette commerciale, mais aussi tout au long de ces réunions de (soi-disant) concertation.
Ce qui est prévu à Gouy, c’est 6700 poids lourds. Soit sur une amplitude horaire de 15 heures, 1 poids lourd toutes les 8 secondes. Rouleraient-ils 24h/24 que cela représenterait 1 poids lourd toutes les 13 secondes. A ce rythme, les riverains pourraient craindre autant pour leurs nuits que pour leurs jours.
Mais 77% du trafic de transit passe à l’ouest de l’agglomération. On ne peut pas obliger les camions à se diriger sur un axe nord-sud, alors qu’ils se dirigent d’est en ouest, sur un axe paris-Le Havre, 18178 véhicules, 55% du trafic de transit. Mais aussi du nord à l’ouest, près de 10%, du sud vers l’ouest, 10% encore. Et de l’ouest vers l’ouest. Alors que le transit en radiales ne fait que 12% et 6% passent aujourd’hui à l’est. 1984 véhicules.
Les poids lourds, puisque la destination est l’ouest, devraient emprunter un itinéraire qui leur ferait faire le double de kilomètres. C’est à dire le double de pollution.
Combien de morts en plus ? On ne le sait pas. Parce qu’aucune étude d’impacts n’a été réalisée.
Nous avons compris que cela permettrait de rendre la ville aux riverains, à Rouen, argument répété.
Mais combien de morts en plus par cette double pollution, due au double de trajet, qui va exposer les 110 000 habitants des 33 communes impactées ?
Il n’y a pas d’études, pas de documents, donc on ne sait pas. Il suffit de se convaincre que c’est pour l’intérêt général.
Combien de morts tout au long des 55 ans que durera la concession ? On n’est sait fichtre rien. Sauf qu’évidemment il y en aura.
Pour quel intérêt économique ? On ne sait pas, les études n’ont pas été faites.
Alors, comme Jérôme Bourlet, je me demande pourquoi on a oublié le E de la directive ERC : éviter, réduire, compenser.
On ne compense pas, on ne réduit pas, et l’on n’a pas pensé à réaliser des études d’impact, alors, évitons.
Non à cette autoroute qui ne sert, en fait, qu’à ponctionner contribuables et usagers, sans tenir compte des dégâts !


8 – vision d’Apache : oui au contournement, mais en modifiant le tracé aux Authieux-Port-Saint-Ouen.

L’association APACHE, qui veut préserver un air de campagne aux Authieux-Port-Saint-Ouen, ne veut pas du saccage proposé dans ce projet.
François Lorin se dit à mi-chemin entre ceux qui sont pour ce projet et les opposants. Une sorte de “p’t’être bien qu’oui” ?
Se défendant d’être “nimbystes” (Not In My BackYard – oui au projet mais pas chez moi), l’association présente un projet alternatif qui éviterait Ymare, Gouy et les Authieux, et se raccorderait à l’A13 en passant par Alizay, Igoville et Sotteville-sous-le-Val. Un pont serait construit supplémentairement au Manoir en redondance de celui de Pont-de-l’Arche.
Au cas où le tracé ne serait pas modifié, l’association souhaite que soit creusé un tunnel afin que le village ne soit pas coupé, avec un ouvrage différent de celui proposé par le maître d’ouvrage pour traverser la Seine.
Il évoque la facilité à creuser le calcaire, sans pour autant parler de la fragilité du coteau, ni du transports de marchandises dangereuses dans les tunnels.
Enfin, François Lorin évoque l’absence de de concertation et de documentation de la DREAL sur ce projet dont ils ne veulent pas en l’état.
Il est utile de rappeler que M. Berg, pour la DREAL, n’a eu de cesse de dire que c’est ce tracé, en l’état, ou bien pas de contournement. Alors, “p’t’être bien qu’non” ?


10 – les élus des localités concernées ont été totalement écartés de la concertation.

Aux questions sur les transports en commun et aux engagements de la France en matière de réduction des gaz à effet de serre (facteur 4), le maître d’ouvrage ne daigne pas répondre. Pas plus qu’il ne répond sur la demande, maintes fois réclamée, des études d’impact qui ne se feront qu’après. Comme ne seront étudiés qu’après les transports en commun.
Aux questions sur les expropriations, M. Berg nous dit qu’il n’y a pas de réalisation d’une infrastructure d’intérêt public sans indemnisation juste et préalable.
Les riverains indemnisés apprécieront la justesse de l’indemnisation, et la formule “au plus juste”.
Les autres, ceux qui restent, risque moins de goûter l’affirmation de M. Berg à Val-de-Reuil, comme quoi les habitations situées près d’une autoroute prennent de la valeur. Du fait de l’augmentation de leur qualité de vie ?
Un habitant revient dire, comme l’ont dit tous les maires des communes impactées : les maires n’ont pas été invités à participer aux concertations. “Allez-vous enfin mettre tous les maires autour d’une table, vue l’opposition qui se passe aujourd’hui sur le contournement est, allez-vous enfin les réunir pour leur dire maintenant ce qui va se passer ? Je voudrais que vous me fassiez une réponse claire devant tout le monde. Allez-vous voir les maires, une fois pour toutes !”
Que répond M. Berg, ou plutôt, la DREAL, puisque M. Berg ne parle pas en son nom, mais au nom de l’Etat ?


M. Patrick Berg, pour la Dréal, l’Etat :
“Non, ce n’est pas vrai, il n’y a pas que les grands élus. D’ailleurs, je ne sais pas ce que c’est que les grands élus, pour moi, c’est les élus de la République, pour moi, tous les élus ont une valeur égale. A chaque étape importante du projet, donc quand on dit, les maires, on n’a pas voulu les rencontrer, ce n’est pas vrai. Alors, ça fait effet de manche, ce n’est pas vrai. A chaque réunion, en 2011, en 2012, en 2013, c’est exact, il y a un comité de pilotage qui associe le président du conseil régional, les présidents de conseils généraux, les députés, les sénateurs et les conseillers généraux, c’est complètement vrai, et d’autre part, il y a aussitôt après une réunion avec les 40 maires. Donc quand on dit : “les 40 maires n’ont jamais été réunis”, c’est complètement faux. C’est une effet de manche. Ca fait joli de le dire, mais c’est faux. Comme tout à l’heure, je le rappelais, maintenant, c’est un point de départ, et donc nous aurons, sur chacun des passages difficiles, des réunions avec l’agglomération et avec les maires. Non monsieur, je ne suis pas un menteur !”
La personne qui a posé cette question n’a pas parlé de grands élus. Il a demandé QUAND l’État viendrait se mettre autour de la table avec les maires, tous opposés à ce projet ? M. Gaillard, garant du débat, a été obligé de dire que M. Berg avait un problème de vocabulaire, confondant concertation et information.
Ce que j’en pense : un projet ruineux, inutile et désastreux pour l’environnement et la qualité de la vie. Il ne répond pas aux objectifs qui lui sont fixés, il ne correspond pas à la réalité des échanges. Mais il est la volonté de quelques uns, et ce sont ceux qui vont en subir les conséquences les plus graves, pour leur santé et leur qualité de vie, et ceux sont aussi eux qui en assumeront le plus gros coût.
Il est totalement anormal que les études d’impacts ne soient pas réalisées avant de décider de l’opportunité de ce projet.
Il va détruire des terres arables définitivement. Bien sûr, la Safer s’efforcera de compenser au maximum les exploitants agricoles, en compensant des agriculteurs avec les terres agricoles d’exploitants qui partent en retraite, en rachetant les terrains de particuliers. Et puis il y aura des expropriations. Mais une agriculture sur la défensive et qui va souffrir.
Nous avons entendu la colère des citoyens, ils ne veulent pas de cette autoroute. Nous avons entendu les désespoir et la souffrance de ceux qui seront expropriés, et celle pire encore, de ceux qui verraient une autoroute se dresser au bout de leur habitations.
La DREAL ne répond pas à certaines questions, ou répond à côté, avec des assertions parfois sorties d’un chapeau. “Ce n’était pas ma question.” “Oui, mais c’est ma réponse. Voilà !”
L’Etat et les politiques peuvent-ils rester sourds à cette opposition ferme, ce refus massif, cette souffrance et cette colère ? N’entendent-ils pas les applaudissements saluant les défenseurs du territoire, et de l’autre côté les huées et les sifflets contre ce projet destructeur ?
C’est non à cette autoroute. Non à cette liaison A28-A13 déboussolée.

Il faut que Juliette Kaaouche porte plainte !

Nous avons passé une magnifique journée à Andé, pour la fête de l’IMA, ce samedi 17 mai. Concert des élèves, concert des professeurs, puis chorale de Gospel. C’était brillant, gai, vraiment splendide.
Bravo à l’IMA, aux professeurs, aux participants. La soirée devait se terminer autour d’un repas canadien, malheureusement trop tardif pour mes filles, surtout pour la plus petite.
Nous avons aidé à installer quelques sièges avec les amis présents là-bas. Puis nous sommes repartis, mes deux filles et moi, à pied, comme nous étions venus. Véronique m’a demandé si nous voulions qu’elle nous raccompagne, mais avec ce temps, la balade était trop jolie.
En sortant j’ai bien entendu, au bout du parking à gauche, madame Kaaouche crier qu’elle pourrait porter plainte, mais ce qu’elle fait dans la sphère privée m’intéresse autant qu’une guigne. Elle ne m’adresse de toutes façons pas la parole, nous partons mes filles et moi dans l’autre direction, le pont, pour aller faire à manger aux filles, lire une histoire et direction les beaux rêves.
Dimanche allait être une autre belle journée, au Havre, pour aller défendre la réserve naturelle de l’estuaire et observer les oiseaux migrateurs.
C’est sur le retour que j’ai reçu un coup de téléphone de Jérôme, qui m’avertit qu’après mon départ, cette femme était rentrée dans la salle pour crier que j’avais commis des dégradations sur sa voiture. Cela après notre départ bien sûr.
Et affirmer qu’elle allait porter plainte.
Elle a donc fait un pataquès, à ce que m’ont raconté les personnes présentes, gâchant la fête, pour prétendre qu’en sortant avec mes filles, je serais allé rayer sa voiture.
Elle ment.
Je n’ai, ni moi, ni mes filles, approché sa voiture, j’ai passé l’âge de faire de telles conneries de quelques décennies, et il y a quelques décennies, on ne pratiquait pas ce genres de conneries. Mes filles sont trop bien élevées pour ne serait-ce qu’y penser, et si je leur apprends à observer les oiseaux, à lire, à compter et à bien travailler à l’école, il ne me vient pas à l’esprit d’aller leur apprendre à dégrader les biens d’autrui.
Je leur apprends au contraire à respecter l’environnement, à ramasser les déchets, à aider. Nous éduquons nos enfants, nous leur donnons l’exemple.
Même si toutes les personnes qui nous connaissent savent que madame Kaaouche a menti, c’est une calomnie. A mon égard, et à l’égard de mes enfants.
C’est minable.
Madame Kaaouche n’a d’autre choix désormais que d’aller porter plainte. Les gendarmes nous interrogeront, comme les personnes présentes.
Et on ne pourra que constater que madame Kaaouche est une menteuse.

Quel devenir pour le Mutant de Saint-Pierre du Vauvray ?

Quel devenir pour le Mutant de Saint-Pierre du Vauvray ?
Le bruit court depuis longtemps que le Mutant de la commune de Saint-Pierre du Vauvray pourrait fermer.
Les coopérateurs, sociétaires du groupe COOP, les habitants et clients du magasin, et bien sûr des employé-e-s du magasin sont très inquiets sur son devenir. Sur leur avenir…
Leader Price, enseigne du group Casino a racheté 47 « le Mutant » et en affilie 90 autres en Normandie et en Picardie.
Mais le mutant de Saint-Pierre du Vauvray ne fait pas partie des 47 mutants rachetés. Il fait « malheureusement » partie de la liste des 18 magasins de l’enseigne « le Mutant », qui disparaît, pour lesquels aucune solution n’a pas encore été trouvée.
Une réunion locale des coopérateurs a eu lieu le mardi 13 mai à la salle des fêtes de Saint-Pierre du Vauvray.
Eric Lemoine, responsable communication du groupe Coop, a d’abord dressé le bilan du groupe. Il est sévère : après une perte (résultat d’exploitation) de 12,4 millions d’euros en 2012, le groupe affiche une perte de 11,5 millions d’€ en 2013.
  • En conséquence, le groupe a présenté un troisième plan social en 3 ans. 260 emplois avaient été supprimés lors des 2 plans précédents. Pour ce troisième Plan Social de l’Emploi (PSE), ce sont 382 emplois qui sont menacés – les chauffeurs sont licenciés et la logistique est confiée à 2 opérateurs extérieurs ;
  • Le groupe cesse ses activités de pure proximité (MUTANT EXPRESS, C’EXPRESS et POINT COOP) ;
  • L’activité discount ne cessant de diminuer, le groupe espère augmenter l’activité drive ;
  • et 47 magasins « le Mutant » revendus à l’enseigne Leader Price, 90 affiliés, et 18 dont le sort est sur le fil du rasoir. Dont le magasin de Saint-Pierre…
Monsieur Lemoine a voulu se montrer rassurant : pour les 18 magasins qui ne font pas partie du plan de rachat ou d’affiliation, une solution serait en train de se dérouler. Mais dans le secret, pas le droit d’en parler.
Le responsable de la communication s ‘est dit quasi-certain que le magasin serait encore ouvert dans les 2 ans à venir. On devrait le savoir entre juin et septembre, c’est promis.
Le groupe s’engage à informer.
Elus, CASE et municipalité en tête, ne doivent pas détourner le regard !
Je regrette que la mairie ou l’intercommunalité n’aient pas été invités à cette réunion. Ce sont les grands absents, alors que ce commerce est essentiel pour les habitants de la commune, et au-delà, des communes environnantes : Muids, Connelles Herqueville, Andé, Saint-Etienne et alentours, sont aussi concernées.
C’est essentiel, et il n’y avait aucun élu, hormis Jérôme Bourlet et Linda Lamot.
C’est une question de survie pour le pôle secondaire que nous sommes sensés représenter !
Pour les habitants du coin, c’est un commerce indispensable et complémentaire des autres commerces.
Pour les personnes âgées, pour ceux dont la mobilité est réduite, mais aussi pour tous : l’accueil est de qualité, de proximité, et qui permet d’assurer la totalité des besoins quotidiens localement.
Les élus – CASE et municipalité en tête – ne doivent pas détourner le regard !
Tout le monde ne peut pas aller au drive, commander sur internet, ou sinon… augmentez les transports en commun, donnez des accès et des formations internet ?!.
Le groupe COOP se veut rassurant, les sociétaires, les clients, les habitants et les employés restent inquiets.
M. Lemoine s’est voulu rassurant, s’estimant quasi-convaincu que cette surface ne fermerait pas dans les 2 ans.
Et pourtant, à une question sur la clause de 5 ans pour pouvoir récupérer ses parts, il explique à l’assistance que les sociétaires pourront récupérer leur dû plus tôt… dès la fermeture du magasin.
Il y a de quoi être raisonnablement très inquiet.
Il y a de quoi se mobiliser pour que cela n’arrive pas.

Composition de la CASE, la droite rend sa copie : 1/20

Le mardi 22 avril a eu lieu l’organisation des commissions à la CASE, avec l’attribution des postes de vice-présidents et de rapporteurs.
C’est la politique à la papa : après un beau discours de Bernard Leroy sur la représentation territoriale et la nécessité de travailler ensemble au service de tous les habitants, le président de la CASE s’est félicité de l’effort de parité entre les élus, avec 30 femmes sur 80 délégués communautaires. Le discours sera pédagogique quant au fonctionnement futur du bureau et de l’assemblée.
Puis est venue l’heure de présenter les 15 vices-président-e-s.
FX Priollaud, nouveau maire de Louviers se présente comme 1er vice-président et président délégué. Parmi les 14 autres délégué-e-s initialement prévues pour accéder aux postes de vice-président-e-s, seulement 2 femmes : Anne Terlez sera vice-présidente à la “politique de la ville et la transition énergétique” et Sylvie Blandin, 1ère adjointe à Igoville, présidera la commission “transports conviviaux et électromobilité”.
Pour le reste, que des hommes. Les déléguées communautaires de la CASE manquent-elles tant de compétences qu’on ne puisse respecter même le pourcentage d’élues à la CASE (37,5%) pour présider les commissions ?
Mais, avant que ne commence la désignation des présidents, un petit coup de théâtre a valu 1 h et demi de suspension de séance : avec seulement 2 voix d’écart lors de l’élection du président Bernard Leroy, la gauche décide de faire une contre-proposition. Réclamant 3 vice-présidences supplémentaires, ils n’obtiendront finalement que la création d’une nouvelle commission “reconversion industrielle” qui sera présidée par… un homme, Gaëtan Levitre, maire communiste d’Alizay.
Sur les 17 présidents et vice-président-e-s, 2 femmes, cela nous fait 11,76% de femmes. Bienvenue dans le vingtième siècle. Ça fait une note de 2/20.
Pour avoir, du côté de Bernard Leroy comme du côté de Marc-Antoine Jamet, constaté que la parité n’était pas au rendez-vous, et nommé malgré tout un homme à la commission créée au cours de la séance, je retire un point : 1/20.
Les Présidents et vice-président-e-s :

Commission Président
Présidence Bernard Leroy
Président délégué FX Priollaud
Stratégie et partenariats locaux et internationaux (sic !) M-A Jamet
Mise en valeur du territoire, SCoT, sauvegarde du patrimoine Thierry Delamare
Developpement économique, économie circulaire, SODEVIL J-M Moglia
Développement numérique Daniel Jubert
Artisanat, tourisme, commerce Jean-Yves Calais
Politique de la ville, transition énergétique, ANRU, santé, Agenda 21 Anne Terlez
Urbanisme et aménagement Christian Wuilque
Jeunesse et proximité, centres de loisirs, péri-éducatif, Aide à domicile René Dufour
Voirie et liaisons douces Jacky Bidault
Transports conviviaux et électromobilité, Transbord, PDU, covoiturage Sylvie Blandin
Finances, budget, achats Patrick Madroux
Propreté publique, déchets ménagers, balayage Jean Carré
Cycle de l’eau, eau potable, assainissement et milieux naturels J-C Christophe
Parcours résidentiels, habitat, logement, PLH2 Richard Jacquet
Reconversion industrielle Gaëtan Levitre

Demi-tour social-libéral pour une partie des député-e-s écolos ? Un-deux, un-deux, un-deux…

Le parlement a voté la confiance au gouvernement.
En janvier, le président avait tombé le masque, en assumant qu’il n’était pas socialiste, mais social-démocrate.
Il annonçait le pacte de responsabilité : réduction des dépenses publiques, réduction des taxes et des cotisations sociales, l’ennemi n’est plus la finance.
Même Jersey n’est plus un paradis fiscal aujourd’hui ! Qu’il est loin le discours du Bourget. Fini donc la réforme bancaire, aux oubliettes la transition écologique.
Si certains pensaient que l’Europe ne pouvait être que sociale, écologique et solidaire, ils se sont mis le doigt dans l’œil. L’Europe ne serait qu’une économie de marché comme une autre.
Avec Valls aux commandes du gouvernement, et avec un gouvernement resserré autour de Hollande, on assiste au tournant social-libéral de la politique du PS.
L’analyse qu’a fait le président de la défaite électorale des municipales l’a conduit à durcir sa politique : suppression de la contribution de solidarité des sociétés, baisse de l’impôt sur les sociétés, baisse des charges sur les bas salaires – suppression de toutes les charges au niveau du SMIC – et baisse des cotisations famille jusqu’à 3,5 fois le SMIC (90% des salariés), afin de permettre aux entreprises exportatrices, les grandes entreprises, d’augmenter leurs marges.
C’est la politique de l’offre : les entreprises créent la croissance, la croissance crée de l’emploi.
Le risque, c’est que, comme ces baisses de charges se font sans contrepartie, l’augmentation des marges des entreprises se traduise en augmentation des dividendes, et non en embauches. Même si cela permet d’augmenter l’actionnariat et le renforcement des fonds propres.
A contrario de la politique de la demande qui propose d’augmenter la consommation, et donc directement d’augmenter les carnets de commandes, la production, et l’investissement.
Comment financer les 30 milliards d’euros de cadeaux aux entreprises, redisons-le, aux grandes entreprises, alors que nous restons dans le carcan du TSCG, qui n’a pas été renégocié comme le candidat Hollande l’avait promis, la règle d’or, et l’inflexibilité de la politique monétaire européenne ?
Le gouvernement prévoit 50 milliards d’économies.
Elles seront drastiques pour les particuliers. 10 milliards d’économies sont prévues sur la sécurité sociale et les prestations sociales.
C’est la mise à bas de l’Etat providence.
19 milliards devront être économisés par l’Etat et les opérateurs.
C’est donc un effondrement prévisible de la demande, et des économies dans l’emploi. Donc plus de chômage, moins de services publics, et le renoncement aux investissements. Notamment dans les transports et la transition énergétique.
10 milliards devront être trouvés par les collectivités locales, alors même que les dotations de l’Etat, au titre des compensations financières pour les transferts de compétences vers celles-ci, sont en baisse. Et, qu’accessoirement, la réforme des rythmes scolaires vient peser supplémentairement sur elles…
10 + 10 + 19 = 39
Il manque encore 11 milliards, il faudra tout de même arriver à renégocier un report de l’objectif des 3%.
Le gouvernement tourne le dos à la politique de la demande, pratique celle de l’offre, au profit de seulement 10% des entreprises, rompt avec le service public, va peser sur les ménages qui devront supporter ces mesures d’austérité, avec une promesse de 5 milliards de baisses d’impôts pour les foyers modestes, qui ne sont pas, eux, financés.
Ne manquerait que l’introduction de la TVA « dite » sociale pour finir d’achever la demande !
La réforme territoriale ? Elle ne prendra effet qu’en 2021. Un horizon bien lointain pour des économies aujourd’hui. Et l’occasion de pratiquer un exercice de bonneteau en matière de compétences et, surtout, de dotations…
Avec l’abandon de la transition énergétique, l’abandon d’investissements indispensables tant pour les transports que pour les économies d’énergie, avec une politique de l’offre qui ne tient compte ni de la demande, ni des PME, avec une casse annoncée des services publics, le chômage de masse et de longue durée, l’austérité promise aux français, est-ce bien la bonne réponse au message que les électeurs ont voulu faire passer au gouvernement ?
Dix députés écologistes ont validé ce choix politique en votant pour la confiance, alors qu’ils auraient pu s’abstenir de façon bienveillante, sans quitter la majorité.
Les deux ministres écolos ont choisi de renoncer aux maroquins dorés à l’or fin : N° 2 du gouvernement, écologie ET énergie, et même un stylo quatre couleurs en prime. Sauf qu’il n’y avait pas de mines verte ni rouge. Duflot parlait, elle, d’un couteau sans lame…
Il faudra bien que les 10 députés écolos s’expliquent sur leur choix, d’autant qu’ils viennent compenser les 11 députés socialistes qui se sont abstenus. Une première dans la République.
L’écologie est-elle miscible dans le social-libéralisme adepte de la politique de l’offre ?
Si oui, comment ? Pour faire quoi, si ce n’est une énième conférence autour d’un constat, partagé par tous désormais, d’une crise climatique majeure qui nous attend (économique et financière, environnementale, humaine en termes sanitaire, d’insécurité, de pauvreté, de conflits à venir…) ?
Je veux bien essayer de comprendre, mais il faut m’expliquer.

Le peuple a choisi la droite. Le Président a entendu le message : le gouvernement vire à droite.

Louviers bascule à droite. Sincères félicitations à François-Xaviers Priollaud et Anne Terlez pour leur victoire qui leur permet de remporter la municipalité, ainsi que 13 conseillers communautaires sur les 80 qui composent l’assemblée de l’agglomération.
La défaite est parfois cinglante par chez nous. A Vernon, la liste PS de M. Nguyen Than ne recueille que 17,05% des voix. Le refus de l’ouverture n’a pas été payant.
Evreux est passé à droite.
Le PRG perd les deux villes qu’ils administraient dans le département, et les agglomérations Seine-Eure et Grand Evreux.
Je leur souhaite de reconstruire dans la sérénité, dans la recherche des solutions les meilleures pour eux et pour les gens, et avec les meilleurs partenaires possibles.
Vae victis. Je souhaite tout de même rendre hommage à Franck Martin et à tous ceux qui l’ont accompagné au cours des années. Oui la communication, oui l’agressivité qu’il a pu avoir envers certains, alors qu’on peut se disputer sans tomber dans la caricature.
Et oui à nombre d’actions municipales. Comités de quartiers, associations ont pu s’exprimer, parce qu’il y a bien une qualité à reconnaître à Franck Martin, c’est d’être capable de laisser travailler les gens, quitte à s’en attribuer le résultat. S’attribuer les résultats, c’est une posture politique. Laisser travailler les gens pour la communauté, et faire travailler les services pour sa commune, c’est une vraie qualité.
Merci pour votre travail et de vrais résultats, même si nous avons été en désaccord sur de nombreux points. Nous avons été en accord sur d’autres.
Les méthodes n’ont pas plu apparemment, au vu de tout ce qui a été fait. Et toutes les villes n’ont pas basculé à droite non plus. A méditer…
Pour les avoir rencontrés ou écoutés, FXP et Anne Terlez sont des personnes intelligentes et responsables.
Ils devront reprendre le flambeau. Sans trop critiquer, ce ne sera pas facile, et il est logiquement politique de le faire.
N’oubliez pas ceux qui bossent au cœur de la ville et des quartiers. Les élections vont et viennent, et la ville, c’est aux gens qu’elle appartient.
N’oubliez pas l’écologie, non plus. C’est pour demain.
A Rouen, la fusion sans problèmes entre le PS et EELV – qui a réalisé un score de plus de 11% au 1er tour – et PC a permis de reconduire la liste d’Yvon Robert.
Mais Caen, Montivilliers, Fécamp tombent à droite. Plus près de chez nous, Les Andelys passe à droite, avec tout de même un score impressionnant pour le FN. Laure Dael, PS, ne réalise que 22,53% des voix.
Gisors tombe aussi, malgré la figure emblématique de Marcel Larmanou.
Mais ce n’est pas que l’Eure ou la Normandie qui ont basculé. C’est toute la France qui a basculé.
Quelle claque ! Une énorme claque ! Et 155 villes de plus de 9000 hab. qui basculent à droite.
Qu’en penser ? C’est bien sûr une défaite de la politique du gouvernement. Mais pas seulement.
Les électeurs sont adultes et responsables. Il faut accepter la sanction, pas d’autre choix.
Il faut répondre aux gens. Ils n’ont pas fait que voter contre le gouvernement : ils ont dit non à leurs maires. Non à leurs maires de gauche. Sont-ils plus nuls que les maires de droite ? Parfois, oui. Mais à ce point, la gifle magistrale est tout de même une gifle infligée à un gouvernement de gauche qui semble avoir complètement abandonné le peuple de gauche. Le petit peuple. Les petites gens, qui cherchent même des solutions dans les extrêmes qui n’ont que l’exclusion à proposer pour protéger. Comme si on pouvait exclure les problèmes.
Devise shadok : s’il n’y a pas de solution il n’y a pas de problème.
Devise extrême shadok : s’il y a problème, supprimons les gens qui ont des problèmes, il n’y aura plus de problème.
Notre président a entendu les électeurs. Les gens ont voté à droite. Donc ils veulent la droite. Ce sera Valls.
Ce n’est pas un syllogisme, c’est une fatalité.
C’est une adhésion à l’opinion publique, ce n’est pas une réponse. Au delà de la question de l’homme, c’est bien la question de la politique qui est mise en cause. Nous aurons un pacte de solidarité…
PS (post-scriptum :-) Une bonne nouvelle quand même dans tout ça, c’est la victoire de M. Piolle et toute sa liste à Grenoble. Résultat d’un gros travail de fond, d’un énorme travail de chacun et d’aspirations à faire autrement. Merci, Eric. Je te souhaite, comme à chacun, de la réussite. Et à toi en particulier, dans ce game over de la gauche.

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