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Régionales 2015 en Normandie : décryptage du débat avant le 1er tour.

C’est visiblement un débat d’hommes. Que des hommes – les femmes sont aux fourneaux, sûrement.
Et hop ! C’est la moitié de la population qui n’est simplement pas représentée, sauf par une médiatrice qui aura eu du mal à ne pas se faire couper la parole…
1ère question : la sécurité. Les dégâts de l’attentat pèsent lourd, et pour longtemps.
M. Morin (UDI-LR), 1ère idée saugrenue : des portiques dans chacune des 116 gares normandes.
L’idée est plaisante à priori, pour apporter un sentiment de sécurité.
On s’est posé la question pour les TGV, les plus sensibles, mais M. Morin la généralise à toutes les gares.
Une idée non financée d’abord, mais si après tout c’est une priorité nationale…
Pourquoi un portique dans chaque gare ? On pourrait penser qu’il ne faudrait pas laisser de « trou » de sécurité en laissant des arrêts reconnus comme non sécurisés.
Combien cela coûterait-il ? M. Morin ne le sait pas. Combien de personnes faudrait-il autour de ces portiques pour contrôler chaque voyageur, tout au long de la journée ?
Là encore, on peut douter de la faisabilité : 116 gares avec une ou deux personnes assurant la sécurité sur le quai, de 5 h du matin à minuit (du premier au dernier train), soit 3 tours de garde au minimum ?
Mais imaginons qu’on embauche des centaines de personnes (soyons fous) : combien de temps prendront les contrôles de sécurité pour chaque passager ? Faudra-t-il se présenter 45 minutes à l’avance (le temps que chaque passager soit contrôlé et que chaque passager ait soumis au contrôle tous les objets métalliques, ait enlevé chaussure, ceinture, téléphone, clés, monnaie, chaussures, un contrôle au portique, comme dans un aéroport) ?
Que M. Morin imagine l’enfer quotidien pour les usagers, qui perdraient des dizaines de minutes, surtout en période de forte affluence (matin et soir). Ajouter une heure ou 1 heure ½ de transport quotidien, voilà de quoi sceller le sort du transport ferroviaire. Qu’ils prennent les bus Macron à ce prix. Oui mais quoi ? Pas de portique aux arrêts de bus ? Des trains protégés et des cars plus rapides, du coup, mais sans la sécurité…
Tout cela semble irréaliste, et surtout démagogique.
Plus de contrôles dans les trains, soit.
Mais justement, c’est quand les trains sont le plus bondés qu’il y a le moins de contrôles, comme c’est le cas entre Mantes et Paris.
Avec plus de contrôleurs – ils sont assermentés -, il y aurait un vrai sentiment de sécurité, et nous pouvons compter sur la vigilance citoyenne pour les avertir.
Ils peuvent à tout moment faire appel à la gendarmerie ou la police ferroviaire pour effectuer les palpations de sécurité, ou fouille de sacs. Les retards riquent d’être pénalisants, mais il faut surtout plus de contrôleurs…
FN : M. Bay veut lui créer une police régionale des transports et autour des établissements scolaires.
La région en a-t-elle les moyens ? Il renvoie le financement et la responsabilité sur l’État et renvoie le ministre de la défense de l’époque, M. Morin, lorsqu’il avait supprimé 54 000 postes dans l’armée.
Pour M. Mayer-Rossignol (PS), il ne faut pas réinventer la roue : la région paye déjà de la surveillance générale dans les trains et des caméras de vidéo-surveillance. Pas de surenchère sur ce sujet.
Pour Yanic Soubien (EELV), le pacte de sécurité ne doit pas tomber dans les dérives sécuritaires. le choc du 13 novembre a amené la peur, la démocratie doit garantir la paix. Dans nos régions, il faut revenir à nos fondamentaux, revenir à la proximité, s’occuper de la santé, la transition énergétique pour lutter contre le dérèglement climatique.
Vient ensuite la question des sondages :
Chacun des 3 partis UMP PS FN revendique d’être l’alternative, au coude à coude selon M. Morin.
Puis vient la question de la réunification de la Normandie.
Tout le monde s’accorde pour la soutenir. Pour tous, c’est la Normandie qui retrouve son identité, qui revendique son patrimoine, sans oublier aucun territoire.
Yanic Soubien nous dit qu’il n’y a pas une Normandie, ni deux, mais une diversité de territoires qui offrent une chance de visibilité au travers des projets et une attractivité qui ne se décrète pas mais se construit.
Pour M. Bay, la Normandie ne doit pas être une banlieue de Paris, et pour M. Jumel (PCF) il y a risque de déménagement du territoire contre lequel il faut lutter.
Tous également veulent soutenir les services publics de proximité.
Sur le cumul des mandats : pour les écologistes, c’est réglé d’avance, il n’y a pas de cumul de mandats possibles.
M. Morin abandonnera son mandat de député et qu’il se consacrera pendant les 6 ans à la présidence de la Région (ça, c’est s’il est président. Sinon, conservera-t-il son mandat et démissionnera-t-il de nouveau sans siéger au bout de 6 mois ?).
M. Bay conservera son mandat de député européen.
M. Mayer-Rossignol ne cumulera pas.
La question ne se pose pas pour les autres qui ne peuvent prétendre à la présidence…
Question sur les transports et le rail :
Pour M. Mayer-Rossignol, le réseau TER est un des meilleurs de France, mais il n’y a pas de TGV, qu’il souhaite pour la LNPN. Il faut aussi rénover les gares, installer le wifi dans les trains, augmenter la fréquence et ne pas oublier les transports scolaires.
Pour M. Calbrix (DLF), c’est le doublement des lignes du Mantois qui prime, avec un projet moins coûteux. Le doublement de Rouen-Yvetot est inutile, il faut améliorer l’existant, le confort, la sécurité, la ponctualité dans les transports.
C’est, en gros, le cahier d’acteur qu’EELV a déposé en 2011, et qui est actuellement ce qui se met tranquillement en place par la SNCF.
Même chose pour M. Bay, c’est le doublement du Mantois, des modifications de tronçons, de sinuosité qui provoque ce qu’il appelle techniquement des « puits de vitesse » , qu’il y ait des lignes dédiées vers la Normandie et des quais dédiés à PSL. La ligne devra coûter 3 à 4 milliards €, 3 à 4 fois moins que ce que proposent LR et PS, qui est proposé par le, du fait du poids de la dette ferroviaire.
Yanic Soubien, rappelle le cahier d’acteurs déposé en 2011 et les propositions d’EELV sur la LNPN : Un véritable cadencement, le doublement du Mantois, réclamé depuis des années, l’amélioration de l’existant et le renouvellement du matériel roulant.
Et aussi une nouvelle gare rive gauche pour désengorger Rouen.
Il faut un véritable cadencement, plus d’amplitude (horaire), et de vraies correspondances, et des tarifs accessibles.
Dans les tarifs accessibles, je note que ne figure pas le tarif excessif pour les Vernonnais, qui paient la moitié de leur forfait Vernon-Paris pour n’effectuer que 5 km, ce qui rend la situation intenable sur le parking de Bonnières : on économise 50% déconomie sur le trajet à condition de faire 5 km en voiture ! Donc une voiture, et une place de parking.
C’est idiot et injuste pour tout le monde. Parce qu’on passe du forfait SNCF au pass Navigo.
Le transport collectif doit être une priorité.
Et, bien sûr, il nous faut relancer le fret ferroviaire, en relançant le wagon isolé, comme le demande le cahier d’acteur.
A la question des bus Macron (ouigo, les cars SNCF qui font concurrence aux rail SNCF) :
Pour Mrs Jumel et Mayer-Rossignol, le rail est la solution régionale, et non les cars Macron.
M. Mayer-Rossignol propose des cars scolaires à coût zéro pour les familles.
M. Jumel défend l’idée des « comités de lignes », défendus par les cheminots et les usagers, qui permettent d’apporter une intelligence collective.
Yanic Soubien dénonce l’État qui a délaissé les TET (anciennement intercités) pour n’investir que sur les LGV. Mais les régions font plutôt bien sur les TER.
Pour M. Morin, le train est un scandale en Normandie : la région doit investir sur les intercités à la place de l’État. La Normandie doit être l’unique opérateur, et doit prendre à sa charge la gouvernance de l’ensemble du système ferroviaire normand et Paris-Normandie. (mais sans chiffrage entre les portiques, les intercités, et l’ensemble du système ferroviaire) pour ne pas être sous une SNCF qui ne fait pas son boulot.
M. Mayer-Rossignol exprime que cela coûterait à la région plusieurs Mds €, ce à quoi M. Morin répond que ce n’est pas vrai. C’est plus de 10 Mds €, ajoute M. Mayer-Rossignol.
Il faut un plan de rattrapage financé par l’État, répond M. Morin, puis prendre en main tout le système. Les lignes Paris-Caen et Paris-Rouen sont à l’équilibre budgétaire, et donc cela ne coûtera pas ce qu’on dit, ajoute-t-il (sans tenir compte de toutes les autres lignes et de la perte de service public).
M. Bay accuse les écologistes de faire la guerre aux automobilistes, car l’automobile est indispensable pour aller travailler au quotidien.
Je rappelle à M. Bay que les écologistes sont opposés à de nouvelles et ruineuses autoroutes, qui ruinent les paysages, monopolisent les terres agricoles et naturelles, et sont supportées à la fois par les contribuables et les usagers de la route.

La seule A28-A13 coûtera 1 Md €, financé à 50 % par nos impôts et les collectivités locales, le reste étant pris aux usagers.

Nous sommes par contre très favorables à l’entretien et la réfection d’un réseau routier normand de grande qualité, des petites routes aux routes nationales, en passant par un magnifique réseau de départementales.

Nous avons conscience que les gros partis veulent des autoroutes, le contournement Est de Rouen, mais aussi pour la droite la mise en concession autoroutière de la RN154 entre Rouen et Orléans – alors que nous disposons déjà d’une magnifique 2×2 voies, qui ne nécessite qu’un aménagement à Chartres -, et celle de la RN12 qui deviendrait payante à son tour.

En autoroutes nous disposons d’un réseau autoroutier suffisant avec l’A13, L’A28, l’A29 l’A151 et l’A150 qui vont être reliées par la Sud III à l’A13 grâce au contournement ouest de Rouen, l’A84. C’est bien assez pour relier ou traverser à grande vitesse la Normandie en tous points.

Ne prenons pas les usagers de la route pour des gogos, en leur faisant payer à la fois l’investissement, l’usage, et la pollution supplémentaire pour tous les habitants.

Les normands payent déjà, mais les autoroutes promises par M. Morin vont finir de faire les poches des normands ! Tous : usagers et contribuables, en asséchant encore plus des collectivités locales déjà en souffrance face à la baisse des dotations.

Oui à des routes accessibles à tous, pas seulement aux salariés et professionnels, et oui au respect des habitants et de l’environnement.

Il s’agit bien là de faire concurrence au fret ferroviaire par la route, au lieu de relancer le fret ferroviaire comme ils se font plaisir à le faire croire…

Oui à des routes bien entretenues et sécurisées (même pour les 2 roues), à du maillage et de l’intermodalité (parkings relais, transports publics de qualité, modes doux) pour permettre aux villes de mieux respirer, de fluidifier les trafics.

Il faut mettre le paquet dans les transports publics, les modes doux et l’intermodalité pour gagner du temps, récupérer de l’espace et de la qualité de vie, sans se ruiner.

La question suivante est une des plus importantes du débat. La Normandie est une des régions dont le chômage a le plus progressé en France en 2015.
Les propositions :
M. Calbrix (DLF) : il faut simplifier les aides, et cibler les aides sur les TPE, PME, artisans et agriculteurs. Développer la formation et l’apprentissage, donner une formation au gens au RSA. Sa première mesure serait de réserver les marchés publics aux entreprises normandes qui n’emploient pas de travailleurs détachés (NDR : exit Flamanville donc, mais aussi de très nombreux marchés d’entreprises françaises de régions qui jouxtent ? Quid des entreprises d’Île-de-France, de Bretagne, du Centre, des pays de la loire ou d’Aquitaine ?).
M. Bay : Soutenir les TPE et PME, ne pas donner d’argent à de grands groupes comme Renault, qui empochent l’argent et délocalisent. L’argent doit aller à des entreprises nomandes dans des filières d’avenir. En finir avec les emplois aidés ou emplois « tremplin » qui coûtent une forune. Faciliter la vie des entreprises sur le plan administratif, et en les soutenant financièrement lorsque les banques ne les suivent pas. Il faut créer un fonds régional pour aider financièrement les entreprises pour leurs investissements.
M. Morin va créer une agence d’investissements en Normandie, dotée de 3 millions € (NDR : ça va pour le coup, ce n’est pas trop cher), pour muscler toutes les entreprises normandes, et pas seulement les startups et celles de la biotech : bâtiment, commerçants, artisans, en créant une agence capable d’intervenir en fonds propres, en rentrant dans le capital des entreprises (tiens, la droite ne fait pas de nationalisations, mais des régionalisations ?), pour les muscler, investir, et puis ressortir du capital après quelques années.
M. Jumel : stopper l’hémorragie industrielle. Il y a de l’intelligence chez les salarié-e-s. Il faut structurer les filières industrielles. L’articuler avec les besoins de formations, en empêchant par exemple les éoliennes offshore pour permettre les formations maritimes. Soutenir l’emploi public : le soutien aux collectivités locales en matière d’aide à l’investissement est central. Aucun jeune normand ne doit sortir sans formation.
Yanic Soubien : Impossible de parler d’emploi pour lui si on ne parle pas des conditions économiques qui permettent de créer de l’emploi : l’emploi c’est la transition énergétique, les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique dans le bâtiment.
La formation, c’est la connaissance des métiers et l’orientation. On ne peut pas être un apprenti qui n’a pas choisi son métier.
Acquis des savoirs et rencontres avec les professionnels sont une base pour aller vers l’apprentissage. La formation est un investissement compétence : choisir les formations qui correspondent aux emplois. Dans les énergies, l’agriculture, l’économie sociale et solidaire, le numérique…
100000 emplois sont possibles si l’économie est accompagnée dans l’investissement.
M. Mayer-Rossignol : faire preuve d’humilité sur le chômage. Il n’y a pas de baguette magique pour l’emploi. Pas de nouvelle agence, c’est encore une feuille au mille-feuilles : simplifions. C’est compliqué pour les chômeurs et les salariés.
La région s’occupe de formation, elle doit maintenant aussi s’occuper d’emploi. Le chômage des jeunes est à 20% mais il a diminué. Faire de la formation, de l’apprentissage mais pas que. S’occuper des lycées, de l’éduction poulaire. (à ce propos, mais c’est les départements, les budgets sont en baisse en moyenne de 15% dans les collèges : alors ? Autoroutes ou éducation pour ceux qui devront être en mesure de résoudre les problèmes et résorber la dette ? NDR).
Donner confiance et moyens. Emploi, formation, orientation.
Nicolas Bay revient sur l’orientation vers les emplois existants, développer un certain nombre de filières : en matière d’énergie, le mix énergétique de demain, c’est le nucléaire, de nouvelles énergies mais pas l’éolien. La méthanisation est un complément de revenus pour les agriculteurs.
M. Jumel : les étudiants des universités ont besoin de conditions d’hébergement dignes. Il faut élaborer un programme d’enseignement en lien avec la communauté éducative. Avoir en tête les grands pôles, mais aussi les villes moyennes.
Question sur le numérique : les zones blanches et grises.
M. Morin : L’Eure et la Seine-Maritime sont à la traîne dans le numérique. Avec la même somme, on arrive à un taux de couverture de 20% dans les campagnes contre 60-70% dans les zones périurbaines. La région doit accompagner les départements pour que l’on ait un même taux de couverture à Epaignes que dans une ville de 8000 à 10000 habitants.
Du temps de M. Destans au département de l’Eure, quand on était à la campagne, on était oublié de tout. Comme pour la gestion routière, dit M. Morin : il faut financer des nouveaux réseaux pour permettre aux villes moyennes et rurales d’accéder aux mêmes niveaux d’échanges que les autres
La RN12 deviendra une A12, comme nous ferons le Paris-Granville Granville-Avranche.
NDR : Pas un mot sur le Contournement Est de Rouen, 1 Md€, alors que leur programme promet la gratuité de cette autoroute à venir – ou pas – sur le tronçon eurois.
Suivant particulièrement ce dossier, j’ai toujours entendu le maître d’ouvrage expliquer que c’était hors de question.
Un argument pour dire qu’on va la faire en gratuit, et après les élections, dire que le méchant monsieur autoroute n’a pas voulu, on aura bien essayé ?

Des autoroutes de l’information aux autoroutes, il n’y avait qu’un pas…

Question sur l’énergie, posée par le Paris-Normandie : « la Normandie ambitionne de devenir la 1ère éco-Région de France, elle s’est engagée sur la voie des hydroliennes, des éoliennes offshore et terrestres, sur la méthanisation, en pleine COP21, est-ce dangereux de laisser croire qu’on peut se passer du nucléaire ? »
M. Jumel est favorable à un mix énergétique basé sur le nuclaire, le renouvelable dont l’hydraulique, à condition que ces énergies soient sous contrôle public et sous contrôle citoyen. Si ce sont des actionnaires qui s’en emparent, c’est néfaste pour l’emploi et la sécurité (oui, mais elles sont déjà privées, M. Jumel, est sans contrôle citoyen aucun, NDR. Donc, selon M. Jumel, non sécurisées, avec Areva qui va licencier 6000 postes dans le monde, dont 2000 en France, et un partenariat à venir entre EDF et des entreprises chinoises).
Yanic Soubien (EELV) : on n’arrête pas le nucléaire du jour au lendemain. Les 3 Mds € que l’on va mettre sur le seul recarénage de Paluel (800 M€ par réacteur) sont ça de moins qu’on mettra dans les énergies renouvelables.
Il faut conserver la compétence nucléaire car nous avons la responsabilité du démantèlement des centrales. Pour les 450 réacteurs à démanteler dans le monde, et la gestion des déchets, nous avons une compétence exceptionnelle.
C’est aussi l’efficacité énergétique qui est la première source d’économie (l’énergie la moins chère est celle qu’on ne consomme pas).
La Normandie restera industrielle parce que nous aurons les moyens d’accompagner les filières d’avenir. Entre le monde qu’on quitte, et le monde que nous allons devenir, nous entrons dans une phase de transition.
M. Bay : Avec 3 sites électronucléaires en Normandie (Paluel, Penly et Flamanville, mais attention à ne pas oublier la Hague, NDR), le nucléaire est une énergie propre, sûre et peu chère. Le mix oui, mais sans éoliennes et avec la méthanisation pour compléter les revenus des agriculteurs. Et l’hydrolien (sous l’eau).
M. Bay ne pense pas au déchets qui sont les matières les plus dangereuses du monde, pour des millions d’années.

Une énergie sûre ? L’attentat du 13 novembre m’a fait craindre aussitôt pour la sécurité des sites Seveso et nucléaires, qui ont été survolés par de nombreux drones cette année. Alors que je ne redoute pas un attentat sur une éolienne ou une hydrolienne).

La catastrophe, quand elle arrive – erreur humaine, risque sismique – et il y a eu un tremblement de terre il y a fort longtemps à Fessenheim – hausse du niveau de l’eau, faille technologique.

Quant à l’EPR, il nous coûte pour l’instant 10 Mds€. Areva est ruinée.

M. Macron, qui avait promis que le contribuable français ne paierait pas pour l’EPR de sa poche, va se rendre en janvier en Finlande pour négocier avec TVO et l’État finlandais la compensation : quelques milliards à sortir encore. Nous l’avions vendu 3,3 Mds€, il en coûte le triple, et le projet a 10 ans de retard pour l’instant.

Enfin, le prix de l’énergie nucléaire ne tient pas compte du traitement des déchets ni du démantèlement, alors que chaque éolienne le compte.
L’énergie de l’EPR est 33% plus chère que celle de l’éolien terrestre. On nous dit que c’est parce que c’est une « tête de série ». Mais les EPR ne sont pas plus en route à Olkiluoto qu’en Chine et les réacteurs anglais vont coûter le même prix qu’à Flamanville (s’ils se font un jour).

Une catastrophe pour le budget de la France, comme celui d’Areva et d’EDF.

Un rapport de l’ADEME démontre qu’on peut arriver au 100% renouvelable, sans risque lui, au même prix que l’énergie nucléaire.
Ce que font tous les concurrents internationaux, sauf pour renouveler le parc de bombes.

Pour M. Calbrix, il faut tourner le dos, non pas au nucléaire, mais à l’éolien. Il faut améliorer le réseau routier (???).
Pour M. Mayer-Rossignol, il faut abandonner les postures : le nucléaire n’est pas une compétence régionale. Mais la première énergie, à l’instar de ce que disent les écologistes, reste celle qu’on ne consomme pas. Il faut améliorer l’efficacité énergétique pour reduire les dépenses de chauffage des habitants, et la quantité d’énergie produite.
La dernière question concerne la capitale normande. Pour tout le monde, cela ne peut être que Caen. Et comme le rappellera M. Mayer-Rossignol, la loi nous y oblige, car la Préfecture se trouve à Rouen.
Mais là où certains voient une économie de fonctionnement du fait de la mutualisation et de la disparition de fonctionnaires, M. Mayer-Rossignol nous avoue qu’il n’y aura pas les écoomies évoquées par d’aucuns : le nombre de fonctionnaires sera le même, répartis sûrement différemment.
Monsieur Beauvais, à l’arrière, se mord la joue et hoche négativement la tête. Il ne fallait pas le dire ?
Oups, la boulette…

Hervé Morin, tête de liste aux régionales : L’Orne est-elle le “fin fond du trou du cul du monde” ? Et l’Eure à peu près la même chose ?

C’est pour ça que son taux de participation au séances du Conseil régional était de 0% ?
Zéro pourcent de participation !

Petite PME au fin fond du trou du cul du monde dans l’Orne…
Je peux le dire, je suis issu d’un territoire [l’Eure, NDR] qui est à peu près la même chose [à peu près le fin fond du trou du cul du monde, NDR].
On ne peut pas évoquer l’idée que ce soit péjoratif…

Pas péjoratif pour Hervé Morin. J’habite l’Eure, je dois me faire à l’idée de pouvoir passer pour un un plouc, habitant Ploucville.
Les mots ont sûrement fusé plus vite que sa pensée. On lui pardonne.
Après avoir été élu conseiller régional de Haute-Normandie, sans avoir siégé une seule fois, il avait décidé de démissionner, au bout de 6 mois, pour rejoindre l’Assemblée Nationale, dans la capitale, la ville lumière, un avenir autrement plus glorieux.
Cela n’a pas empêché le site nosDéputé.fr de l’épingler, là encore pour sa faible participation. (11 semaines d’activité, et seulement 13 réunions en 12 mois).
M. Morin semble privilégier la qualité à la quantité.
La question que se posent les électeurs de Ploucville dans le fin fond du trou du cul du monde : Et cette fois, siègera-t-il ?
Salut confraternel du plouc des champs – même pas vexé – au gars de la ville, en laissant la plume aux Frères Jacques, sans péjoration aucune.

Tous les quarts d’heure, un paon siffleur
Nous traite de péquenots, de vendus, d’abrutis,
De vieux débris et j’en oublie
Comme on est très sourds, on n’répond rien du tout…

Le remède à la crise et au chômage : la chasse au fraudeurs du RSA !

Une vidéo qui vaut son pesant de cacahuètes : le jeune maire très républicain de Gisors, Alexandre Rassaërt, nous fait un pastiche du discours de Chirac sur le voisin de palier, “le bruit et l’odeur”… On en rit ou pas. 25 ans après, les ficelles fonctionnent-elles encore ?
On attend des preuves de ces assertions. “C’est au pied du mur qu’on reconnaît le maçon“. Pour l’instant, le mur n’a pas l’air bien solide, voire ressemble à un gouffre.
Le conseil départemental est au bord du gouffre financier.
Le RSA pèse 77 M€, soit 17,31% du budget de fonctionnement du département de l’Eure.
Sur les 13 350 allocataires, 5000 bénéficient d’une orientation vers l’emploi (via pôle emploi), 2000 d’une orientation socioprofessionnelle, 2500 d’une orientation sociale, et pour tous les autres, le département n’a pas les moyens humains nécessaire pour leur faire bénéficier de leur droit d’orientation prévu par la loi.
Le nombre de RSA a augmenté de 25% en 4 ans, suivant la logique du chômage de longue durée.
Si l’on ne peut permettre des retours à l’emploi, il est tout de même possible de sortir du régime social ceux qui n’en n’ont pas le droit : les fraudeurs au RSA !
Les contrôles seront renforcés avec la CAF, mais un service départemental “anti-fraudes” sera créé, chargé de contrôler les avis d’imposition, attestations bancaires, mais aussi la situation de famille de chaque personne.
Qu’est-ce qu’un fraudeur au RSA ? Il sera demandé une attestation de la banque de non détention de produits de placement.
Peut-il y avoir des requins de la finance ou des rentiers qui toucheraient le RSA ? Ou bien des livrets A et autres trésors planqués sous le matelas ?
Ou bien des gens qui travailleraient par ci, par là, ou au noir, ou qui coucherait avec un autre allocataire en se déclarant personne seule…
Nous verrons rapidement les résultats de cette traque aux fraudeurs.
Si cela n’est pas probant, alors il faudra peut-être enfin considérer que le remède à la crise, au chômage et à la pauvreté n’est pas l’exclusion, mais au contraire l’intégration, la formation, le partage.
En attendant, cette vidéo vaut son pesant de cacahuètes par le détournement du discours de Chirac sur le bruit et l’odeur, et des voisins de palier qui deviennent fous en constatant que le trèspauvre est plus riche qu’eux. Selon les élus.
Bien sûr, les droits seront suspendus en cas de non fourniture des justificatifs demandés.
En attendant, c’est près du tiers des allocataires qui ne bénéficient toujours d’aucun suivi.
Le département est-il responsable mais pas coupable ?
Et vice-versa, selon les formes : Les allocataires du RSA sont-ils coupables, mais néanmoins irresponsables ?

Débat sur les grands projets inutiles à Pont de l’Arche le 15 septembre 2015

Françoise Verchère (Notre Dame des Landes) et Stephen Kerckhove (Agir Pour l’Environnement) seront présents à Pont-de-l’Arche pour échanger les expériences et débattre avec les citoyens.
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Venez nombreux écouter et prendre la parole.

EPR : AREVA se défend des accusations du Canard enchainé et s’enfonce

Le canard a jeté un pavé dans la mare en dénonçant qu'”Areva savait depuis neuf ans qu’un sérieux problème risquait de compromettre la solidité du coeur de plusieurs réacteurs, dont celui de l’EPR de Flamanville”.
A cause des teneurs trop élevées en carbone (jusqu’à 50% d’écart), la résilience de l’acier est très largement inférieure aux limites, même selon les normes de 1974.
La résilience – la capacité à absorber l’énergie d’un choc et à résister aux fissures – se calcule en joules (J).
La limite était de 56 Joules en 1974. Elle a été portée à 60 Joules en 2005.
Sur la cuve de l’EPR de Flamanville, les plus basses valeurs mesurées ne sont que de 36 Joules (40% inférieures à la limite), et en moyenne de seulement 50,2 Joules. Danger !
Pour Areva, cette anomalie est “inhérente au refroidissement des grands lingots. C’est la physique qui veut ça.” La cuve est défectueuse du fait de la physique.
L’IRSN indique que “la technologie de fabrication […] est en régression technologique”, tandis que l’ASN (Autorité – indépendante – de Sûreté Nucléaire) dénonce le manque de professionnalisme d’Areva au journal.
Le plus inquiétant, c’est qu’Areva et EDF sont optimistes. Ils semblent vouloir démarrer quand même cette dangereuse installation :
Areva a mandaté un expert indépendant pour analyser les pratiques de forgeage au Creusot et vérifier la conformité des procédures et des pièces forgées avec ses exigences.
Cette analyse porte sur les défauts des processus de fabrication, et aussi sur l'”imprécision” des contrôles qualité.
Cette étude ne porte pas sur la cuve elle-même.
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“Nos premières études vont dans le sens d’une absence de risque pour la sûreté”, a indiqué Patrick Poret, directeur des équipements lourds d’Areva.
L’analyse de la méthode de fabrication et de contrôle, qui semble être positive, ne remet pas en cause la défectuosité de la cuve, avérée après l’étude conduite par l’ASN.
Le malade est mort, mais l’opération s’est parfaitement déroulée. Vous voilà rassuré-e.
Mais : on peut lire dans le JDD :
“Un sentiment partagé par le haut-commissaire à l’énergie atomique, Yves Bréchet, qui se veut lui aussi rassurant :” “La situation n’est pas de nature à poser de problème pour la cuve. Les calculs sont optimistes.”
Nous voilà donc dans le sentiment, et l’optimisme un tantinet forcé, vu l’historique…
Est-ce à dire que les calculs ont-été refaits à la va-vite pour nous expliquer qu’on peut accepter une résilience des matériaux jusqu’à 40% inférieure à la limite, avec une teneur en carbone deux fois trop élevée ? Avaient-ils vu trop large dans leurs études, qui ont pourtant pris plusieurs années ? Et après la découverte des anomalies, en deux coups de cuillère à pot, les calculs montrent enfin que la sécurité est déjà bien suffisante ?
Ou bien n’a-t-on pas les moyens de refaire une cuve, et va-t-on bricoler la partie accessible – le couvercle -, en délaissant le fond de cuve qui devra recueillir le magma nucléaire en l’état, c’est-à-dire avec une résilience affaiblie, à nos risques et périls ?
La réglementation prévoit en effet qu’“un fabricant peut choisir de ne pas respecter les valeurs minimales figurant dans le décret, s’il justifie de la mise en oeuvre de dispositions permettant d’obtenir un niveau de sécurité global équivalent” ! Va-t-on nous expliquer qu’on avait pris trop de marge, ou bien que de nouveaux calculs réalisés cette année viennent compromettre nombre d’années d’études ou de calculs (et pas un EPR ne tourne dans le monde) ?
Nous avons tous conscience de l’état d’Areva : le cours d’Areva a fondu de 77%, l’entreprise serait en faillite si l’État ne venait la garantir, et il faudrait recapitaliser (= dette publique) Areva de nombreux milliards € pour qu’elle ne s’effondre pas.
Accepter cet état de fait revient à liquider la sécurité nucléaire pour le traitement des déchets nucléaires. Et en même temps, cela condamne la France à accepter d’augmenter sa dette publique. Faire semblant que tout va bien, alors que la faillite de l’EPR est manifeste, mondialement.
Continuer, c’est la remettre à plus tard, en conservant la valeur nominale de cette dette dans les comptes publics pour le prochain gouvernement, qui dira que c’était la faute de l’autre – ils l’auront découvert entre temps dans les comptes  ; et les français-es paieront.
EDF ne peut pas s’attaquer à l’ASN pour lui reprocher ses contrôles. C’est la mission de l’ASN. En “toute” indépendance.
Les lobbyistes nucléaires issus d’EDF dénoncent l’ASN.
Ce sont donc le lobby d’EDF, des retraités d’EDF, X-mines, qui s’y collent :
André Pellen, un ancien ingénieur EDF, a écrit une lettre à l’ASN au nom de son collectif, estimant qu’“en révélant les défauts du fond de la cuve de l’EPR et de son couvercle, l’ASN abuse de son pouvoir et met en danger la filière nucléaire française !”
Il ne pose aucune question sur les risques liés aux découvertes de l’ASN, mais interroge l’ASN sur les risques encourus par la filière, sur les méthodes et la méthodologie du contrôleur.
L’ASN n’aurait pas respecté l’omerta patriotique, alors qu’Areva est en grand danger, et menace l’ASN : “Dans le cas contraire, que mes amis et moi n’envisageons pas une seconde – les informations concernées, réputées d’accès public, ne sont en aucune manière couvertes par le secret défense – un mutisme équivalent à une rétention d’informations par un organisme public s’exposerait à une sanction au plus haut niveau de l’État, que nous serions contraints de solliciter pour recouvrer nos droits citoyens.
J’attire votre attention sur le fait que ce courrier est une lettre ouverte, susceptible de vous parvenir en nombre, sous le nom et la qualité de personnes et d’organismes qui en partagent le contenu, avec la volonté de matérialiser ainsi une démarche collective la plus ample possible.”
Ah ! Le contrôleur qui révèle un défaut – c’est sa mission de sûreté – s’exposerait à une sanction du plus haut niveau de l’État pour éviter que ce machin nous pète à la figure !
A contrario de ceux qui ont commis ou caché des erreurs, fautes, ou accidents.
Quant aux révélations du canard enchainé, c’est Areva qui s’y colle, au travers d’un communiqué de presse.
Qu’y disent-ils ? Le Canard s’est trompé, ils n’ont pas fait d’études de résilience en 2007, mais des études de positionnement du lingot (de 155 t.), et que c’est à cette occasion qu’ils ont découvert la teneur en carbone, et qu’ils ont communiqué ces données à l’État dès 2008. L’État ne l’aurait pas vu [non pas parce que les données étaient noyées dans un fatras de données au jargon ésotérique et optimiste, NDLR], donc il n’y a pas de responsable.
“Ces résultats ont été communiqués aux autorités dès la fin des analyses, puis rendus publics.” Donc le public est complice de ce naufrage et de cette faillite, et les citoyens n’auront que leurs yeux pour pleurer quand :
  • Ils devront recapitaliser l’entreprise pour toutes ses défaillances (EPR, URAMIN, incidents,…) 
  • Ils doivent déjà trois fois le prix exprimé par les experts, déjà, mais des milliards sont à prévoir ;
  • ces milliards et tous les autres seront imputés à la dette publique, aux citoyens et contribuables donc, en pure perte ;
  • les yeux d’Angela seront fixés sur un des pays les plus endettés d’Europe (et nucléarisé du monde)… : nous ;
  • et si on le démarrait quand même pour prouver qu’on avait raison ? Et Boum !
Pourtant, l’ASN (l’Autorité indépendante qui abuse de son pouvoir contre EDF) alerte sur son manque de moyens. Une grosse partie du budget normalement affectée à L’ASN se retrouve versée au budget général. « Cela correspond à la fois au souhait du gouvernement de limiter la fiscalité affectée et à la volonté du président de la République de ne plus créer d’impôts nouveaux », dit Bercy, qui en profite, donc.
Est-ce à dire que pour assurer la sécurité nucléaire, il faut d’abord ne pas y trouver de faille de sécurité, et donc supprimer les contrôles ? Bonne chance à toutes et tous.
Canal+ et l’équipe de Spécial Investigation ont consacré un documentaire sur les accidents de Saint-Laurent des Eaux, le 4 mai 2015.
Dans l’extrait ci-dessous, on peut voir l’ancien président d’EDF, Marcel Boîteux, qui a accepté l’interview. Ce qu’avait refusé l’actuelle direction d’EDF.
Niant d’abord tout accident nucléaire en France lorsqu’il était président, il l’admet ensuite. Il admet les rejets volontaires et illégaux de plutonium dans la Loire, et admet avoir caché l’accident nucléaire en le comparant à un accident de voiture. Cela nous a été caché pendant 35 ans. C’est le rapport interne détenu par un employé de la centrale qui a permis d’en faire la preuve.
Nous avons besoin donc d’une Autorité de contrôle efficace, avec les moyens nécessaires à l’exercice de sa mission.
Et nous avons besoin d’une Autorité de contrôle vraiment indépendante, car l’ASN aurait bien été aussi destinataire de ce rapport confidentiel…
Une alternative à “Boum, big Badaboum” ? => La transition énergétique, la décentralisation, et les ENR.
Merci pour les générations futures, en arrêtant de leur donner le choix entre rien, en leur enfouissant les déchets nucléaires sous les fesses, en leur disant qu’ils pourront en faire ce qu’ils veulent d’ici 100 ans.

A genoux les grecs, debout les libéraux !

La démocratie s’est exprimée. C’est le second référendum pour la Grèce? Syriza incarne l’avenir. La vieille Europe n’a jamais été aussi vieille. Oxi, ça veut dire non. Non à la seule politique de l’offre, sans tenir compte de la demande, des populations, des gens.
La position géographique et géopolitique de la Grèce ne nous permet pas de nous passer de ce pays. La Grèce met l’Europe devant ses responsabilités : l’Europe est politique, elle n’est pas qu’une union bancaire, ou économique. On sauve la Grèce, ou bien on coule la Grèce ? Et on prend le risque de couler avec, à court ou moyen terme ?
mur-de-berlin
L’Allemagne, d’abord, veut préserver un euro fort. L’Allemagne est exportatrice (51% de son PIB), championne en construction mécanique, métallurgie, machines-outils, électrotechnique, et automobiles, avec des groupes très forts, et des PMI très performantes. En attendant que l’Asie acquiert leur savoir-faire, quelle que soit la valeur de l’euro, ils vendent. En Europe, aux USA, en Chine, en Inde… On peut comprendre que pour l’Allemagne, l’euro doit être le plus fort et stable possible.
Mais il n’en n’a pas toujours été ainsi : par deux fois, après la guerre, et après la chute du mur, quand l’Allemagne était qualifiée d'”homme malade de l’Europe”, l’Allemagne a sollicité la solidarité européenne.
Après guerre, en 1953, l’Allemagne avait vu sa dette allégée de 62%, un moratoire sur les intérêts de la dette et un rééchelonnement de sa dette sur 30 ans.Et le pays pouvait arrêter les remboursements si les sommes dues représentaient plus de 5% des recettes des exportations.
Après la réunification allemande, l’Europe des 15 avait accepté une forte hausse des taux d’intérêts, une dette publique augmentée de plus de 20 points dans une Europe rentrée en crise.
Michel Barnier a averti les nouveaux dirigeants grecs :

Il y a un règlement de copropriété dans la zone euro, c’est ce que tous les pays doivent comprendre. La difficulté de l’un devient le problème de tous. C’est la leçon de cette crise. Je ne crois pas que ce soit une bonne idée de dire Vous faîtes des dettes, vous faîtes des emprunts et vous ne remboursez pas. On doit toujours rembourser ses emprunts.
Michel Barnier, conseiller spécial pour la politique de défense et de sécurité auprès de la Commission européenne

C’est l’esprit de cette copropriété qui est en cause : “selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.” La Grèce semble bien noire.
Et surtout, au delà d’un poids du PIB européen presque insignifiant, on ne veut pas qu’un sauvetage de la Grèce ne serve d’exemple et ne fasse un appel d’air pour les autres nations endettées. Entre autres l’Espagne, l’Italie, le Portugal, l’Irlande et la France.
Alors on s’apprête à sacrifier la Grèce.
Le ministre des finances, Yanis Varoufakis a du mettre sa tête sous le billot, après un exercice démocratique massivement en sa faveur.
Cela ne suffit pas : il faudrait une convergence fiscale, sociale, et, disons-le, politique.
Et, disons-le encore, le nouveau gouvernement grec est de gauche, dans une Europe conservatrice et libérale. Cela semble inacceptable.
M. J-C Junker a fait campagne pour le “oui” et “nouvelle démocratie” (droite). C’est le non et Syriza qui ont fait 61% qui ont été plébiscités. Le non a du mettre sa tête sous le billot (même pas de cravate). M. Junker reste.
La troïka (Commission européenne, BCE, FMI) a mis à genoux la Grèce. Même si aujourd’hui le FMI a changé de fusil d’épaule, en demandant d’investir 61,9 milliards €, et de réduire la dette.
Mais la Grèce n’est pas l’Allemagne. Vendeurs d’olives et de soleil contre fabricants de berlines et de robots…
Les efforts grecs ont porté leurs fruits (avec un excédent primaire faible, mais qu’on aimerait bien avoir), les propositions sont là – fiscales, anti-corruption, sociales – mais pas assez libéro-orthodoxes.
Que la Grèce meure : elle a choisi la gauche, elle est faible, elle ne fait peur à personne. Pour l’exemple. Malgré son intérêt géopolitique, malgré l’Europe.
Où voulons-nous aller ? Vers l’Union Européenne Bancaire ? Ou bien vers les États Unis d’Europe ?

EPR : les responsables d’AREVA savaient. Qui d’autre ?

Le canard enchainé a révélé une note de 32 pages : elle dévoile que les responsables d’Areva avaient conduit des études sur l’acier du couvercle de la cuve de l’EPR en 2006. Ces études ont fait état des fragilités de l’acier qui compose le couvercle du réacteur en construction à Flamanville.
Ce n’est que 9 ans plus tard qu’Areva révèlera ces défauts à l’ASN. On savait en 2006, mais la loi n’obligeait pas Areva à communiquer ces résultats à l’ASN. Ce dossier a donc été caché toutes ces années.
En 2006, l’EPR était censé coûter 3,3 milliards €, et le démarrage du réacteur était prévu pour 2012 !
Le chantier a maintenant 5 ans de retard et ne démarrera probablement jamais. Il en coûte aux français 9 milliards d’euros.
Cette dissimulation est scandaleuse : les responsables d’Areva, tous les techniciens et ingénieurs – qui encore ? -, qui connaissaient la dangerosité de l’installation, ont laissé les travaux se poursuivre pendant 9 ans. 9 ans d’une litanie d’aberrations, de malfaçons et d’accidents.
Si l’ASN n’avait pas ordonné une série d’analyses sur la résistance de l’acier de la cuve, aurions-nous démarré le réacteur en connaissance de cause, et en sachant le risque d’accident ?
L’abandon envisagé en 2014 de l’EPR – pour sauver l’entreprise de cette hémorragie financière – est-elle en lien avec ces risques connus depuis des années ?
Nous apprenons de plus, par cette note, que “la technologie de fabrication retenue pour les calottes de cuve du réacteur Flamanville 3 est en régression technique par rapport à celles utilisées pour le parc en exploitation.”
Nous sommes coincés entre un parc vieillissant ruineux à rénover, dangereux à rénover, et des EPR dangereux et ruineux. A quand la transition énergétique ? L’EPR est condamné.
Maintenant, la question que pose cette note révélée à l’ASN : Qui savait ? Quels sont les responsables – décideurs de l’entreprise ou politiques – qui connaissaient ces défaillances et les ont étouffées ?
Quels sont les responsables de cette gabegie, du risque encouru par la population, de la faillite d’une entreprise soutenue par la dette française ?
Seront-ils condamnés ?

Agglomération Seine-Eure (CASE) : fin du traitement thermique des trottoirs et retour au glyphosate

Après avoir abandonné les traitements des trottoirs aux herbicides au profit de désherbage thermique moins dangereux dans cinq communes, puis deux, la CASE revient au traitement chimique, au glyphosate, un produit reconnu “cancérigène probable” (2A) par l’OMS.
La ministre de l’écologie veut donner un message pour protéger la santé des habitants :

La France doit être à l’offensive sur l’arrêt des pesticides, a déclaré la ministre. Elle doit être aussi à l’offensive sur l’arrêt des pesticides dans les jardins.
Ségolène Royal communique sur le glyphosate, reconnu « cancérigène probable » par l’OMS

Mais nous sommes en France, au pays du « faites ce que je dis, faites pas ce que je fais ! » Ce qui vaut pour les jardins des particuliers ne vaut pas pour les trottoirs qui donnent sur ces jardins.
Ne dit-on pas que la santé n’a pas de prix ? Elle en a un : le glyphosate est moins cher que le traitement alternatif.
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Plus de 6 heures pour maîtriser l’incendie de la centrale de Paluel

L’incendie s’est déclaré à 22h30 dans la nuit du jeudi 2 juillet au vendredi 3 juillet dans la salle des machines. Il aura fallu plus de 6 heures aux 71 pompiers pour en venir à bout.
Paluel
La direction de la centrale s’est voulue rassurante en expliquant qu’«il n’y aucun risque lié à de la radioactivité.»
L’incendie s’est en effet déclaré dans la salle des machines, le circuit secondaire, et non dans le circuit primaire, ce qui aurait été une autre catastrophe.
L’incendie, un feu de métal en fusion, difficile à éteindre, s’est déclaré au cours d’une opération de maintenance. Le réacteur était donc à l’arrêt. Selon le communiqué de l’ASN,

il n’y a pas eu de blessé et la situation ne présente pas d’incidence pour la sûreté nucléaire et la protection de l’environnement.
ASN

centrale_nucleaire

Nous l’avons échappé belle !
La propagation du feu a été maîtrisée, mais nous pouvons être très inquiets : ce réacteur est le premier des réacteurs à effectuer sa troisième visite décennale dans le cadre du “grand carénage”, un projet consistant à investir 55 milliards (selon EDF) ou 110 milliards € (selon la cour des comptes) pour prolonger la durée d’exploitation des centrales françaises vieillissantes.
Et dès la première intervention survient un dangereux incendie.
Le secteur nucléaire connaît déboire sur déboire ;
l’EPR de Flamanville est un fiasco industriel, accumulant les malfaçons et les milliards engloutis ;
tout comme l’est celui d’Olkilutoto en Finlande ;
Areva se retrouve en situation de quasi faillite ;
cet état de quasi faillite conduit Areva à licencier 3 000 à 4 000 employés en France d’ici trois ans (quelle sécurité dans 3 ans ?) ;
des pannes à répétition, comme à Blaye le 24 juin, où le personnel a du être évacué, et où 11 personnes ont été contaminées ;
ceci une semaine seulement après un incident similaire dans la même centrale ;
des menaces de plaintes se multiplient contre l’EPR d’EDF au Royaume-Uni ;
c’est tout ce secteur industriel est en déclin, de plus en plus dangereux et difficile à maîtriser, et révèle un gouffre financier dont la tendance ne fait qu’augmenter.
Qu’attendons-nous pour entrer vraiment dans la transition énergétique, en augmentant l’efficacité énergétique, en développant les ENR sans dangers et de plus en plus compétitifs par rapport au nucléaire ?
Plutôt que constater les incidents et accidents industriels à répétition, en attendant “la grosse”…

49.3

Le 49.3 est une brutalité,
le 49.3 est un déni de démocratie,
le 49.3 est une manière de freiner ou d’empêcher le débat parlementaire, mais il va se poursuivre ce débat parlementaire, d’une manière ou d’une autre.
François Hollande – 2006

Si le gouvernement prenait au prétexte de préoccupations d’urgence, de peur, la décision de recourir au 49.3, ce serait une violation des droits du Parlement.
[Le gouvernement] avait déjà fait passer le contrat nouvelle embauche par voie d’ordonnance. S’il s’aventurait à faire passer le contrat de première embauche par le 49.3, il ajouterait au mépris du dialogue social dont il a fait preuve, la violation du débat parlementaire
François Hollande – février 2006

Et puis ensuite il y a un vote. Je n’ai pas à présupposer qu’il serait tellement difficile qu’il conviendrait d’utiliser des méthodes contraignantes.
François Hollande – janvier 2015 sur la loi Macron

Bilan des courses ?
Des atteintes au droit de l’environnement en usant d’ordonnances qui contournent le débat public, l’usage des 49.3 répétés pour imposer la loi liberticide sur le renseignement et la loi fourre-tout Macron (300 articles non débattus quand même), applaudie par le Medef qui estime en outre que le “49.3 est un bon choix”.
49.3 :

  • Brutalité,
  • déni de démocratie,
  • violation du débat parlementaire,
  • mépris du dialogue social,
  • mépris de la parole donnée.

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