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Mobilité en Région Normandie : pour le FN, le vélo ne fait pas partie de la culture des Français

En France, nous n’avons pas la culture vélo. Enfin, ça, c’est le FN qui le dit. Malgré les 3 millions de vélo vendus en France par an, dont 100 000 vélos électriques. Un Français sur deux possède un vélo, et ce n’est pas dans la culture des Français.
Louison Bobet, Jacques Anquetil, Thevenet, Hinault, Fignon, pour ne citer que les Français les plus connus… La “petite reine” ne ferait pas partie de notre patrimoine culturel.
L’ancêtre du vélo était certes allemand : la draisienne. Un véhicule en bois, à deux roues, que l’on poussait avec les pieds muni d’un dirigeoir permettant d’orienter la roue avant.
Mais ce sont deux Français, Pierre et Ernest Michaux, qui inventent le vélocipède à pédales, muni d’un frein, en 1855. Dès 1867, le vélo remporte un énorme succès, et déjà les clubs de vélo et les premières courses apparaissent.
C’est un anglais. Mr Starley qui invente le vélo moderne avec la transmission par chaîne entre plateau et le pignon (1884).
Dunlop invente le pneumatique, et Michelin invente la chambre à air. Il ne manquera que l’invention du dérailleur pour avoir le vélo moderne.
A partir de 1890, Peugeot, Mercier et Manufrance vendent les vélos modernes, et les ouvriers s’emparent de ce moyen de transport accessible qui réduit l’effort physique par rapport à la marche et permet de se déplacer jusqu’à 4 fois plus vite.
En 1903, le Tour de France est créé. C’est l’événement le plus populaire en France aujourd’hui encore.
En Normandie, le vélo de course est très populaire, nous avons le tour de Normandie, et le Paris-Camembert, mais ce sont des milliers de normands qui enfourchent leur vélo tous les dimanches leur VTT, leur vélo de course ou de tourisme pour arpenter les campagnes environnant les agglomérations. Et tous ceux pour qui le vélo est un mode de déplacement du quotidien, pour le travail, les courses, le plaisir et la convivialité.
Alors, pas populaire le vélo ?
“Ça ne fait partie de la culture des français le vélo”, dit le front national.
“On a empiété sur la circulation des automobiles avec des pistes cyclables qui ne servent à rien”, scande le conseiller régional du front national.
Ah bon ? Ah, oui ! Elles sont difficiles à emprunter, transformées en parking autos, aire de livraison, quand elles ne sont pas directement empruntées par les autos…
Pour le FN, l’avenir c’est appartient à la voiture à hydrogène, totalement non polluante selon eux.
C’est vrai, le moteur ne rejette que de la vapeur d’eau au cul du pot d’échappement. Mais la pollution est ailleurs. C’est la production d’hydrogène : 10 kg de CO2 pour produire 1 kg d’hydrogène. Mais aussi une débauche d’énergie, quelle que soit la méthode utilisée pour le produire :

  • anecdotique, l’électrolyse de l’eau, puisqu’elle ne représente que 1% de la production : on casse une molécule d’eau avec de l’électricité pour obtenir de l’oxygène d’un côté, de l’hydrogène de l’autre (en fait du dihydrogène et du dioxigène pour raison de stabilité de la molécule, mais faisons simple). Il faut beaucoup d’électricité. Ce n’est pas avec notre parc vieillissant qu’il faudra de toutes façons fermer (et que nous aurions dû avoir commencé à fermer) que nous y arriverons. ;
  • le vaporeformage (la quasi totalité de l’hydrogène produit) : on casse le méthane issu de la méthanisation pour obtenir par adduction de vapeur d’eau surchauffée, pour dissocier carbone et hydrogène, on obtient du dioxyde de carbone (CO2) et et du dioxygène (h2).
    Ça coûte cher (multiplié par quatre), c’est très énergivore, et c’est très polluant en CO2 ;
  • gazéifier le charbon de bois. Il faut faire du charbon de bois, puis le brûler à très haute température (énergie, et encore énergie) pour retrouver au final du dihydrogène et du carbone… En gros, impasse encore.
La meilleure solution pour produire de l’hydrogène serait l’électrolyse de l’eau pour profiter de l’intermittence de l’éolien (pas du solaire, nous consommons beaucoup en journée).
Le hic, c’est que le FN refuse les éoliennes, comme tous les autres d’ailleurs, sauf en mer et encore, derrière leur soutien de façade. C’est trop moche les moulins élancés, on préfère les moulins de pierre.
Vous ne voulez pas d’ENR, l’hydrogène est donc caduque.
Sans même parler du prix des véhicules à pile à combustible, hors du déraisonnable, d’un marché inexistant, de l’absence de “pompes”…
Allez, subventionner 50 véhicules pour faire du green washing pour des parcs d’entreprises privées ou collectivités, le monde y survivra.
Mais ne venez pas nous dire que vous n’avez plus une thune pour des plans vélo ou des pistes cyclables, ou des lycées, ou la santé.
Mais à qui, et à quoi, répond le conseiller FN pour qui le vélo ne fait pas partie de notre culture ? Laetitia Sanchez, la “méchante écolo” qui roule à vélo, mais qui déroule les modes de déplacements de Normands et les solutions possibles et rentables…
Devant un parterre de centaine de lycéens, Hervé Morin avait annoncé les effets présents et à venir du réchauffement climatique : perte de biodiversité, fonte des glaces, 48% des populations de vertébrés qui ont disparu en moins de 40 ans (même 60% en 45 ans). Les tensions pour le pétrole, et aussi l’eau potable. Les guerres actuelles du pétrole d’aujourd’hui seront les guerres de l’eau. Dès aujourd’hui, les migrations de réfugiés de guerre et aussi climatiques, génèrent aussi leur lot de « tensions ».
Montée des eaux, terres de plus en plus arides, pauvreté, famines et quête de l’eau potable, c’est ce qui nous attend tous. Le président de région avait indiqué que les solutions étaient mondiales, et nationales, mais aussi passaient par des comportements individuels.
Les solutions régionales ? Voitures à hydrogène et électriques. Ouf ! La voiture est sauvée (la nature, hein…).
Dans nos solutions à nous, la voiture électrique peut trouver sa place, même si ce n’est pas le mode de déplacement le plus efficace. La diffusion à grande échelle pour remplacer un problème par un autre n’est pas une solution optimale.
Le GPL est désormais “malusé”, alors qu’il représente 20% de la distillation du pétrole, et qu’il permet d’économiser 20% de CO2 avec bien moins de particules fines que les autres carburants. Le carburant brûle dans les torchères.
Bien sûr, le GPL dépend de la quantité de pétrole consommée et raffinée. Mais ne pas le faire quand on carbure à l’essence, au fuel, au fuel lourd pour les bateaux, ou au kérosène, du fuel, du diesel, de l’essence, c’est de la gabegie indigne d’un Etat responsable de la sécurité énergétique.
L’hydrogène, on en a parlé plus haut : on pollue peu en ville, mais on pollue pour produire, encore plus que le carburant fossile ou issu de la méthanisation. Cela ne peut que conduire à une accélération du réchauffement climatique.
Sauf à le produire avec l’aide d’énergies renouvelables, mais il faut là encore réfléchir au bilan énergie produite dans le temps – énergie grise produite pour développer les ENR.
Et encore, cela veut dire accepter les ENR et l’éolien terrestre.
L’électrique ? Le premier véhicule électrique, et le plus efficace énergétiquement (et en énergie grise), c’est le ferroviaire : train, métro, tramway.
Puis le vélo électrique. 100 000 vélos électriques vendus par an. Avec une bande de roulement réduite, un poids des plus réduits, une vitesse en ville plus rapide la plupart du temps que les autos, une autonomie de 100 km, pour 23 centimes la recharge aux 100 km, c’est un des moyens de transport les plus efficaces. Le transport terrestre le plus efficace à part le vélo à énergie musculaire.
Évidemment l’intermodalité : prendre le bus ou le vélo que l’on colle dans le train. Évidemment travailler autrement : ne pas partir tous à la même heure le matin, et rentrer à la même heure le soir, profiter du télétravail autant que faire se peut. Et tenir compte des déplacements de tous ceux qui ne travaillent pas : chômeurs, retraités, étudiants, familles pour les activités sportives, les courses, la détente, la culture.
Organiser ces transports le plus économiquement possible.
Pour le reste, pour eux, c’est du fret routier, du fret routier, du fret routier, quand on a la chance d’avoir un fleuve de très grand gabarit et un réseau ferré qui n’est toujours pas déclassé. Rétablissons la ligne Rouen-Evreux-Dreux-Chartres-orléans pour les céréales et pour les gens.

Contournement Est de Rouen : les effets attendus de la périurbanisation

Périurbanisation, quel est ce mot barbare ? C’est le phénomène de fuite de la ville vers la campagne. C’est la disponibilité de l’automobile qui a permis ce retour vers une vie plus calme, et au foncier plus accessible qu’en ville.
On a plus grand pour moins cher, avec jardin, mais souvent, éloigné de tout. C’est aussi ce qu’on appelle l’étalement urbain.
Le prix à payer, c’est l’utilisation intense de l’automobile pour les échanges avec la ville, une congestion plus forte dans les centres-villes, mais aussi sur les pénétrantes. On fait des autoroutes censées fluidifier la circulation, et de fait, on crée une offre foncière que les agglomérations ou communautés de communes rurales promeuvent.
Alors que la population est stable en Normandie depuis des décennies, les agglomérations se mettent en concurrence pour récupérer les habitants, et leurs impôts qui vont avec. Ainsi, le pays entre Seine et Bray (50.000 hab.) veut construire 5800 logements (environ 20.000 habitants) d’ici 2030. La métropole, où la population est stable, veut construire 50.000 à 60.000 et accueillir environ 40.000 nouveaux habitants d’ici 2030. La CASE n’est pas en reste, souhaitant arracher une partie du gâteau à ses concurrents Seine et Bray et métropole, en construisant 4500 nouveaux logements.
Mais quel est ce gâteau, puisqu’il y a stabilité de la population dans la région, et dans la métropole et les agglomérations alentour ? Chacun veut récupérer la population de l’autre, créant une offre tentante, et de l’étalement urbain, avec des conséquences non maîtrisées.
Tous préviennent et alertent des conséquences de la périurbanisation mal anticipée, basée sur des objectifs par trop “ambitieux”, et une attente “magique” d’un impôt qui viendrait compenser la baisse de la DGF. L’AURBSE, les Directions régionales de l’Equipement, le CGI, l’Autorité environnementale…

Revoir à la baisse les prévisions de croissance démographique en cohérence avec la vision plus prudente du taux de croissance annuel du PIB.
Recommandation de la contre-expertise du CGI

face à « l’attente magique » qu’une telle infrastructure suscite après des acteurs locaux, en l’absence de stratégie, ce n’est pas elle qui créera le dynamisme, pas plus qu’elle n’apportera à elle seule, une meilleure sécurité, une moindre congestion, une moindre concentration de pollution.
AURBSE

Sans aucune maîtrise et sans volonté d’un minimum d’anticipation, un certain nombre d’intérêts s’ils sont cumulés risquent d’entraîner des développements générateurs de graves dysfonctionnements au plan global.
Il y a en effet convergence entre les intérêts des ménages en quête de l’accession à la propriété mais contraints par les coûts fonciers de se reporter de plus en plus loin, ceux des entreprises qui recherchent la visibilité, l’effet « vitrine » et la meilleure accessibilité par les axes routiers et ceux des communes qui espèrent profiter de l’infrastructure pour se développer, attirer de nouveaux habitants et créer des emplois..
AURBSE

Une augmentation de population périurbaine a sur les flux de déplacements une conséquence de 1 à 3.
Direction régionale de l’Equipement

Par ailleurs, les documents de planification des principales collectivités concernées ne laissent pas envisager le développement d’un réseau de TC directement concurrentiel avec l’infrastructure nouvelle
[…] Aussi le maître d’ouvrage en a-t-il conclu qu’il n’existe globalement pas de concurrence entre le réseau de transports collectifs existants et futurs et l’infrastructure projetée et donc que l’hypothèse selon laquelle la mise en service du projet ne modifiera pas la répartition modale, pour les flux qui l’emprunteraient, est acceptable.
DREAL, en réponse au CGI

Le bilan LOTI de l’autoroute A28 indique que « le fort impact de A28 sur le développement périurbain, notamment à proximité de Rouen, n’a pas été réellement anticipé et n’a donc pas été accompagné ou orienté. Il convient d’être attentif à ces aspects lors de l’étude des projets futurs ».
De fait, cet impact se constate de manière évidente dans le secteur d’Isneauville et de Quincampoix.
L’Ae recommande au maître d’ouvrage, avec les collectivités concernées, de présenter à l’appui de la DUP des mécanismes permettant d’éviter, réduire et compenser effectivement les effets environnementaux négatifs de la périurbanisation supplémentaire des plateaux Est, desservis par le projet.
Autorité environnementale

L’Ae souligne en outre que les trafics associés à cette périurbanisation supplémentaire, non évalués,ne sont pas pris en compte par le modèle de trafic.
À terme, ce trafic induit en cas de non-maîtrise de l’étalement urbain est de nature à recharger les axes
déchargés par le projet
, et les trafics à partir desquels les différentes évaluations (qualité de l’air, bruit, consommations d’énergie, etc.) sont construites n’intègrent pas les effets de l’étalement urbain supplémentaire.
De fait, et tout le monde le souligne et alerte, les effets “magiques” se révèlent au final catastrophiques au niveau du territoire.
Faute d’apporter des solutions, le maître d’ouvrage a préféré ne pas tenir compte de ce problème réel et attendu. Les objectifs liés à l’autoroute ne seront pas atteints, et la congestion augmentée à terme.

Gains de temps pour le contournement Est : 1,5 milliard €

Les gains de temps, c’est ce qui justifie l’autoroute. Il sont estimés à… 1 milliard et demi d’euros, et quelques millions de poussières.
C’est quasiment l’entièreté du gain que représente l’autoroute.
Seulement, troquer 1 milliards d’euros d’investissement public – nos impôts – et d’usage – le péage -, avec autant de pertes en termes de paysages, de santé, de destructions de terres naturelles et agricoles, mais aussi tous les avantages négatifs du projet avancés par le maître d’ouvrage, il vaudrait mieux y trouver un compte quelconque avant d’engager le moindre coup de pelle(teuse) :
  • Gains environnementaux : 31 millions €. On se demande comment 516 hectares de destruction de terres naturelles ou agricoles, et 136 hectares de forêts détruites, pourrait rapporter 31 millions !
  • Avantages carburant : – 128 millions €. Une perte de 128 millions € en carburant ? On prévoit donc plus de déplacements sur toute la métropole. Donc plus de congestion, comme le redoutent nombre de services, des ponts et chaussées à l’AURBSE.
    Et cela n’inclue pas les effets de la périurbanisation qui n’est étudiée par le maître d’ouvrage, alors que les Directions régionales de l’Équipement les y invitent très fortement.
    Plus de carburants, plus de déplacements, plus de congestion, et plus de pollution.
  • Coûts entretien et dépréciation des véhicules : -234 millions d’euros. Le parc automobile, alors que les prix baissent, que la consommation est censée baisser, va engendrer une perte supplémentaire de 234 millions €.
    Tout auto, tout routier, jusqu’en 2080, date présumée de fin de concession.
  • 47 millions de gains de sécurité. Un chiffre qu’il va falloir peut-être revoir un peu à la baisse : une étude de l’observatoire Sanef sur les comportements sur autoroute montre qu’après 10 années de suite de baisse de l’accidentologie et de la mortalité, l’ensemble des indicateurs est reparti à la hausse depuis 2015. En cause, la vitesse d’abord. Elle est impliquée dans 7 accidents sur 10, et la cause de 10% des accidents mortels. Mais aussi l’inattention, et l’usage du téléphone : 16% des accidents mortels.
    La Sanef rappelle qu’en roulant à 150 km/h au lieu de 130 km/h, sur une distance de 100 km, on ne gagne que 6 minutes.
    On peut rappeler aussi qu’en roulant à 110 km/h au lieu de 130 km/h, sur 100 km, on ne gagne que 6 minutes.
    Et donc, en roulant à 90 km/h au lieu de 130 km/h sur une distance de 30 km (CASE – Rouen), on ne gagne qu’un peu plus de 5 minutes.
  • Mais enfin, la quasi entièreté des avantages présentés, ce sont les gains de temps : 1507 millions d’euros. Les gains de temps devront représenter un milliard et demi d’euros, et ceci essentiellement sur les horaires pendulaires (travail matin et soir), faute de quoi, l’infrastructure ne sera pas rentable.Ce sujet ne peut souffrir d’erreur, d’approximation, ni de doutes. Les gains de temps doivent représenter 3 fois le coût d’investissement présenté pour qu’il y ait une chance d’être rentable.
    A noter que les coûts d’investissements présentés dans la VAN sont de 523 M€, soit 60% des 886 M€ HT de l’investissement total. Sauf à le dépasser, bien entendu.
van-se-contournement-est

Vous pouvez cliquer sur l’image ci-contre pour constater les avantages/inconvénients estimés par le maître d’ouvrage.
Les gains de temps qu’il présente sont le déplacement aux horaires pendulaires entre Louviers et le rond point aux vahes : 10 minutes en véhicule léger, un quart d’heure en poids lourd.
Un autre gain est présenté entre Fleury-sur-Andelle et le rond point aux vaches, faisant passer le temps de parcours de 50 à 20 minutes.
Je me suis d’abord interrogé sur le 1er cas : comment gagner 10 minutes sur un trajet qui ne prend que 16 minutes en voiture, et 15 minutes sur un trajet d’un peu plus de 20 minutes en camion ?
Aujourd’hui, lorsqu’on prend l’A13 à Incarville, même aux heures de pointes, ce tronçon est fluide. Jusqu’au rond point aux vaches, au moins. A partir de cet endroit, le boulevard industriel (RD18e) est une des voies les plus congestionnées de la métropole.
Mais le contournement Est ferait déboucher son trafic précisément à cet endroit, que l’on sait congestionné.
L’A13, c’est un tracé simple : en ligne droite, sans changer d’altitude, avec un seul péage, sur un tronçon fluide, on peut soit bifurquer sur le rond point aux vaches, soit continuer et emprunter la Sud III, soit encore sortir au rond point des colonnes pour emprunter la rocade sud.
Avec le contournement, on nous propose non pas un, mais deux péages. On prend le péage à Val de Reuil, on traverse un viaduc de 1,7 km qui part de Lery, à 7 ou 8 m d’altitude, puis le viaduc grimpe à 25 m de hauteur, redescend à 7 à 8 mètres de hauteur entre le Manoir et Pîtres, nous conduit le long de la Seine, bifurque vers le plateau Est, on remonte jusqu’à 60 mètres, avant d’arriver à Gouy directtion les Authieux, où un viaduc de 1 km nous fait redescendre sur une pente très forte (5%) jusqu’à 10 mètres de hauteur à Oissel, où on pourra emprunter un autre viaduc qui passe au dessus du chemin de fer (ligne le Havre-Paris). Comment gagner 10 minutes en ne cessant de monter et descendre, en empruntant des viaducs où la vitesse devra être limitée, monter, descendre, remonter, redescendre ? C’est bien sûr impossible. Et même on en perdrait.
Tous les élus savent que c’est impossible, et le disent volontiers, pour certains partisans de l’autoroute, mais pour d’autres raisons que les gains de temps.
La question posée au maître d’ouvrage lors des séances d’enquête publique, il m’a été précisé qu’il ne s’agit pas de 10 minutes mais plutôt 5 minutes. J’ai pourtant bien lu 10 minutes. Et si l’on fait des calculs de VAN de 10 minutes, et que cela ne fait que 5, alors le calcul de la VAN est faux. Et s’il faut diviser le gain de temps de moitié, le projet n’est plus rentable, l’argent public gaspillé.
Personnellement j’estime que le trajet par le contournement prendrait plus de temps que par l’A13, pour un péage plus élevé. Et les Casois refusent déjà, dans leur grande majorité, le péage d’Incarville. Ils shuntent empruntent la RD 6015 et le contournement de Pont de l’Arche vers Criquebeuf pour ne pas payer les 2,10 euros. Quitte à perdre des minutes. Comme les camions d’ailleurs.
Pour gagner des minutes, le maître d’ouvrage a surestimé les temps de parcours sur les tronçons qui pourtant sont fluides. Sur le trajet CASE-métropole, mais aussi sur le trajet de Fleury-sur-Andelle au rond point aux vaches. les 50 minutes présentées en temps de parcours. Ça, c’est le parcours qui passe par le centre ville de Oissel. L’autre parcours, gratuit, passe par l’A13 et ne met que 35 minutes. C’est bien sûr ce tracé qu’empruntent les rares usagers qui iraient de Fleury-Sur-Andelle au rond point aux vaches.
Mais quel intérêt auraient les Fleurysiens de se rendre au rond point aux vaches ? C’est un trafic marginal.
S’il n’y a pas de gains de temps, ou marginal, puisqu’on ma répondu que s’il n’y avait pas de gain de temps pour CASE-métropole, il y en avait un pour les trajets CASE-Amiens.
Je veux bien le croire. Mais combien d’usagers effectuent quotidiennement un trajet pendulaire Louviers-Amiens ? Y en a-t-il même un seul, pour lequel nous serions prêts à engager 1 milliard d’euros ?

Contournement Est : à Montmain, des exploitants bio spoliés, la biodiversité menacée

Bienvenue chez Myriam et Thomas, cueilleurs de plantes et fruits sauvages, et producteurs de confitures et de sirops biologiques.
Mûres, baies de sureau, cenelles, cynorodons et prunelles, ortie, achillée, millepertuis, menthe et origan vous sont proposés à déguster sur les marchés.
Leur exploitation est passée sous les radars du maître d’ouvrage. A moins que ceux-ci aient choisi de ne pas les voir. “Couvrez ce trésor de nature que je ne saurais souffrir !”
Leur travail ne consiste pas seulement à transformer plantes et fruits sauvages en mets délicats, Myriam et Thomas entretiennent la terre pour maintenir un équilibre écologique, et préserver une biodiversité très riche sur leur exploitation, permettant à des plantes patrimoniales de s’épanouir. La pelouse calcicole recèle non moins de 160 espèces végétales, 9 sont patrimoniales, 19 peu communes, et une, la phalangère rameuse, est rare et protégée régionalement.
C’est un site de 7,35 hectares d’un seul tenant, où 300 espèces de plantes vasculaires ont été recensées. Un paradis pour insectes, othoptères, mollusques, coléoptères, et bien sûr abeilles et autres pollinisateurs, qui se trouvent protégés dans un milieu sans aucun pesticide, entièrement naturel.
Le site abrite aussi des papillons rares, le demi-argus et l’azuré de la cytise, et aussi un minuscule rongeur, le muscardin, des couleuvres à collier, orvets fragiles, crapauds, en plus d’être un paradis pour oiseaux, hiboux moyens-ducs, chouettes effraies, éperviers, faucons hobereaux, buses variables et chauves-souris.
Comment le maître d’ouvrage a-t-il pu passer à côté de ce patrimoine naturel que Myriam et Thomas protègent ? Comment ont-ils pu ignorer ce qui leur a été signalé de longue date ?
Ce projet autoroutier menace l’exploitation et l’activité des deux agriculteurs bio, mais bien plus que cela : ce projet menace un trésor de biodiversité qui risque de disparaître, alors même que le réchauffement climatique met les espèces de plus en plus en danger.
Non content d’être toxique pour la nature et la biodiversité, l’autoroute augmenterait le réchauffement climatique, avec 50 000 tonnes de gaz à effet de serre ajoutées supplémentairement par an.
Le maître d’ouvrage présente un gain environnemental de 31 millions d’euros comme avantage de l’autoroute. Soi disant en rétablissant des lisières ou en “favorisant” des corridors écologiques.
Mais en réalité, et cela, tout le monde le sait : c’est un massacre environnemental que propose le maître d’ouvrage. L’autoroute va détruire des zones d’intérêt écologique majeurs, des paysages grandioses, une biodiversité qui nécessite qu’on la protège, car elle nous protège. Une autoroute ne favorise pas les corridors écologiques, elle est un mur entre espèces, c’est une rupture écologique. On ne crée pas des lisières, on les détruit.
Ils mentent ceux qui vous disent, et osent écrire qu’il y a gain environnemental (enquête socio économique, pièce F, page 157), et qui lui donnent une valeur de 31 millions d’euros.
Il y a perte, majeure, et le coût serait si immense qu’il ne saurait en être mesuré, aujourd’hui, et pour les générations à venir.
Merci à Myriam et Thomas, qui, eux, protègent notre patrimoine naturel.
Le refus de voir cette zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique, et floristique exceptionnel se double d’un refus de répondre.
Depuis 2011, Thomas alerte le maître d’ouvrage de la présence de cette zone, mais il est ignoré.
Il aura fallu en arriver à l’enquête publique pour être entendu par les commissaires-enquêteurs. Mais le maître d’ouvrage n’a pas daigné répondre à leurs questions.
Ce n’est ni d’intérêt écologique, ni d’intérêt général, mais la preuve du désintérêt pour la nature et ceux qui la protègent.

Contournement Est de Rouen, A28-A13 : la contribution d’Effet de Serre Toi-Même

Encore une contribution essentielle pour comprendre les enjeux du projet autoroutier à l’Est de Rouen, en plein sur l’une des dernières campagnes autour de la métropole.
Un projet autoroutier servant à favoriser le trafic routier international passant dans la métropole peut-il répondre aux objectifs fixés, avec un optimisme exagéré peut-être, par les décideurs métropolitains, régionaux, et l’État ?
En projet tout routier, il ne répond pas aux problèmes de congestion existants, ni aux problèmes de pollutions, de qualité de l’air, de bruit.
Aucun des objectifs fixés n’est atteint, et au contraire, les atteintes au cadre de vie et à la santé seront accrues.
Et quoi ? On parle des enjeux sur le climat, et nous en voyons concrètement les effets. Déjà.
Et nous nous promettons de commettre tout ce qu’il faut éviter.
Environnement cassé, définitivement, sans que des compensations à la hauteur des destructions ne soient même imaginées. Cadre de vie brisé, paysages ruinés, sans espoir de les remettre en état lorsque l’on se sera aperçus de nos (leurs) erreurs.
Hausse de la pollution, risques sanitaires, tous, nous en partagerons les méfaits.
Et malgré l’histoire récente, malgré les préconisations et alertes des services de l’État, nous allons vers une périurbanisation, qui va coûter cher à la collectivité, coûter en temps, en déplacements, en carburant, en argent, et en perte de nature, de biodiversité, pour nous aussi. La nature nous profite. Nous deviendrions fous s’il ne restait que la télé, le travail et la bagnole.
Merci à tous les auteurs de cette étude. J’aurais tendance à dire que c’est facile, tant le projet est mal foutu, et tenu par des politiques irresponsables.
Et bien au contraire, je vous félicite pour votre combat pour les générations futures.
Je vous félicite, parce que vous croyez que ça peut tenir si on y met tous un peu du nôtre. C’est juste une mauvaise fin de vingtième siècle à passer. Mais c’est dur à passer, et long à passer.
Merci à vous toutes et tous, sincèrement.
[gview file="http://www.saintpierre-express.fr/wp-content/uploads/2016/07/ESTM-le-contournement-une-mauvaise-solution-pour-la-Normandie.pdf"]

Contournement Est : la contribution de HNNE (France Nature Environnement pour la Normandie)

HNNE est la fédération régionale des associations de protection de la nature et de l’environnement en Normandie.
Les adhérents sont historiquement très impliqués dans les infrastructures à risques pour la nature et l’environnement, et ont été présents et actifs sur le dossier du contournement Est depuis les premières ébauches.
Avec une telle connaissance du dossier, même si, encore une fois, deux mois seulement sont trop courts pour pouvoir répondre précisément à un dossier extrêmement fourni, 4000 pages plus les avis,
  • comme ceux des Directions régionales de l’Équipement,
  • la synthèse de l’AURBSE sur le contournement Est (2012),
  • les avis de l’Autorité environnementale, très critique à l’égard du projet autoroutier, et fournissant une liste exceptionnellement longue d’interrogations et de préconisations,
  • celui du CGI (Commissariat Général à l’Investissement), qui alerte sur les risques, le risque financier présenté comme systémique, mais aussi les surévaluations des apprts, des trafics, et les sous-estimations de nombre d’impacts,
  • et puis ben sûr, il y a toute la connaissance accumulée sur l’environnement, la géologie, les plans de déplacements, les pollutions et leurs effets sur la santé, le cadre de vie et la qualité de vie, et sur la biodiversité, faune, flore, rivières et bien sûr les ressources en eau.
HNNE fournit une contribution exceptionnelle, qui interroge sur les avantages, les inconvénients et les risques.
HNNE interroge l’utilité du projet, pour les habitants, l’activité et l’emploi, les déplacements, l’agriculture, la logistique.
Les trafics sont analysés, et comparés. Les impacts environnementaux scrutés, avec des conséquences sur la nature, les paysages, les forêts et l’agriculture, et la biodiversité. Qualité de l’air, qualité de l’eau, et par conséquent qualité de vie, sont évaluées, et non seulement les risques, comme ceux sur l’eau potable, mais les effets prévus qui sont déjà très négatifs pour notre territoire et la région.
France Nature Environnement conclut : “Le projet de contournement Est de Rouen ne présente pas un intérêt tel qu’il justifie les atteintes environnementales, le coût financier et les atteintes sociales qu’il va occasionner. Sa déclaration d’utilité publique nous parait par conséquent inopportune.
[gview file="http://www.saintpierre-express.fr/wp-content/uploads/2016/07/Contribution-HNNE-à-lenquête-publique.pdf"]
Merci à HNNE pour ce document éclairant, et toute ma considération va à ses auteurs, que je salue avec respect.

Le contournement Est ne désenclavera pas l’Andelle !

Il était demandé aux conseillers départementaux de préciser leur position sur le contournement Est de Rouen au Conseil départemental de l’Eure. Et aussi de voter une charte qui valide l’intérêt mutuel pour les territoires de l’autoroute.
Les conseillers départementaux se diront eux-mêmes hypocrites et malicieux en votant cette délibération : tout en votant pour le projet, ils expliquent, groupe après groupe, président de département en tête, que l’autoroute n’a aucun intérêt pour les Eurois. Et que le Département ne donnera pas un sou pour financer le projet.

On peut tolérer quelques désagréments, on ne va pas, en plus, les payer.
Sébastien Lecornu, président du département de l’Eure

Il ajoute, à propos de la métropole :

[La métropole] qui est très riche, qui se fera un plaisir de financer, allègrement à mon avis, ce projet, puisque c’est pour son territoire que c’est utile.
Sébastien Lecornu, président du département de l’Eure

Tous les groupes sont représentés, et chacun s’exprimera sur l’inutilité du projet pour l’Eure et les Eurois.
  • le désenclavement de l’Andelle : constat est fait que la RD321 est devenue un couloir à camions. Pour des raisons de “GPS” : autrement dit, pour ne pas emprunter les péages.
    De Gennevilliers pour rejoindre Rouen, ou l’A13 dans sa partie gratuite (tout le département 76), 1000 camions par jour ont le droit de circuler tous les jours en plein coeur des communes et des villages, habitations, écoles…
    Les conseillers ont conscience que ce n’est pas le contournement Est qui permettra de “désenclaver” l’Andelle, qui plus est dans 8 ou 10 ans, alors que le danger et la gène se vivent au quotidien dans la vallée.
    Désenclaver, c’est “rompre l’isolement d’une région, d’une ville, d’un pays, en les ouvrant aux échanges par la mise en service de voies de communication.”
    Ce que veulent les riverains de la vallée, ce n’est pas de s’ouvrir aux échanges plus encore, et de voir plus de trafic encore dans la vallée : c’est de pacifier la circulation, en supprimant les flux de trafic de transit.
    Seule l’interdiction de poids lourds le permettrait, et obligerait les camions à emprunter l’autoroute, en gagnant du temps et des kilomètres, mais en payant les péages.
    C’est cette solution d’interdiction de poids lourds en transit qui est retenue pour 2024. Idem pour la RD6015, ainsi que le tunnel de la Grand Mare.
    Mais pourquoi ce que les autorités refusent de faire aujourd’hui, elles le feraient dans 8 ans ?
    Évidemment, ce sont ces interdictions qui seront indispensables dans 8 ans pour empêcher les camions de transiter à travers l’Andelle. Dans 8 ans.
    Une interdiction préfectorale, la même qui est prévue dans 8 ans, pourrait résoudre cette mise en danger permanente, et faire cesser immédiatement cet enfer quotidien pour les riverains.
  • Le coût du péage : c’est la gratuité dans la partie Euroise qui est demandée.
    Attendu qu’il n’y a pas d’avantage pour les Eurois :
    • Aucun gain de temps – même sans doute une perte de temps par rapport à l’A13 vers le rond point des vaches ou la sud III -,
    • Que cela coûterait plus cher en péage et en carburant,
    • Que cela induirait la perte d’usage de routes utilisées actuellement, gratuitement – le tout pour payer, et payer plus cher qu’en empruntant l’A13… ce que les Eurois, et les Casois, ne veulent déjà pas faire.
    • Que nous ruinerions nos paysages et notre qualité de vie – en payant, en plus, pour se faire battre ?!
    • Que nous finançons localement, et financerions encore plus, du trafic routier international – qui nous fait concurrence et n’apporte pas un euro dans les caisses.
    Le conseil départemental demande d’étudier la suppression du double péage au niveau d’Incarville.
  • L’infrastructure : c’est un tronçon Eurois en 2×1 voies qui conditionne l’avis du Conseil départemental. D’ailleurs, ce n’est pas nécessairement un contournement Est de Rouen qui est utile, d’où la suppression du terme Est de la délibération. Et le contournement Ouest de Rouen est évoqué, car ce contournement va désenclaver Rouen, et non l’Andelle.
  • Toutefois, le diable est dans les détails :
    1. Le département reconnaît la nécessité de l’infrastructure, qu’elle soit à l’Est ou à l’ouest. Ce qu’attend l’État, c’est la possibilité de faire cette autoroute.
      Reconnaître l’intérêt général et l’utilité publique de ce projet, c’est autoriser de réaliser le contournement tel qu’il est défini dans le projet.
      Ce projet, c’est une autoroute à péage qui va dévaster le territoire. Seules les interdictions de transit ne figurent pas dans le projet, car c’est une partie administrative qui n’est pas concernée directement. C’est le préfet qui en décidera s’il en décide un jour.
      Ce dont on peut douter, puisqu’elles n’existent nulle part, sur la RD438 pour emprunter l’A28, la RD 321, la RD 6015, la RD 6014, et les camions traversent Rouen comme
      Toutes les locutions et voeux proposés ne sont que circonvolutions verbales : l’État décide, in fine, de faire ou de ne pas faire, ce projet.
    2. le 2X1 voies reste une volonté.
      C’est un point non négociable du projet pour la DREAL : 2×2 voies sur toute la ligne, 8 viaducs, autant d’échangeurs (8 voies, 2 x 4 péages), paysages dévastés, coûts sociaux, coûts environnementaux.
    3. la suppression du double péage à Incarville peut vite être interprétée comme l’acceptation du péage à Val de Reuil. Donc du péage.
      Le département accepterait donc le péage, et donc renonce à la gratuité.
    4. Aucune contribution directe ne sera portée par le département pour ce projet.
      Mais qu’en est-il des contributions indirectes ?
      Une fois l’utilité acceptée, il sera difficile de refuser un financement voté pourtant, même avec hypocrisie ou malice.
    Attention ! Tant d’hypocrisie et de malice envers l’État – qui n’est ni sourd, ni aveugle, ni démuni en terme légaux – pourrait vite faire penser aux Eurois que la malice et l’hypocrisie, ce pourrait être eux la véritable cible.
    Et non l’État, les lobbies du BTP et des transports, ou les concessionnaires.
Je vote contre, mais je ne vote pas. Il n’y a pas de vote.
Avec un tel montant d’investissement, avec une telle contestation, un référendum régional devra être organisé.

Contournement Est : une des plus formidables contributions, très avancée techniquement

Une des contributions les plus techniques déposées. Formidable travail d’Arnaud Delannay, du collectif des Authieux.
Chapeau bas, citoyen ! Merci pour un tel engagement, merci à lui de s’être mis à disposition du public, du territoire, et des générations futures.
4000 pages à analyser, en seulement deux mois. Mais aussi les dossiers des services de l’équipement, de tous les services, et les rapports de l’Autorité environnementale, du Commissariat Général à l’Investissement, et tant d’autres, tout a été étudié pour dénoncer l’inutilité, les risques, et la toxicité du projet.
Mais aussi les zones d’ombre, les contradictions, et les mensonges, car il faut convaincre.
Là où le gratin de la politique régionale ou nationale nous explique que “le contournement Est est indispensable, utile, et nécessaire”, il y a des citoyens qui travaillent sur le dossier.
Les citoyens s’excusent, cela prend des dizaines, et des dizaines de pages.
Ils s’excusent d’avance pour vous infliger des données très techniques, des graphiques compliqués, ceux-là mêmes que les services nous demandent d’analyser.
Pollution, trafics, données économiques, tout passe au crible. C’est argumenté, mais Arnaud n’est pas au gouvernement : il ne suffit pas de dire que le projet est inutile, pas nécessaire, qu’on peut s’en dispenser.
Il faut prouver : il prouve.
Messieurs Revet et Poniatowski se sont trompés avec l’A28. Il sont responsables. Mais non coupables.
Penserions-nous à véritablement modifier les comportements des transporteurs, et obliger le trafic poids lourds à prendre les autoroutes, alors que le gouvernement a abdiqué sur la taxe poids lourds ? L’écotaxe, qui nous coûte aussi près de 1 Md €.
Et puis développer le transport collectif en subventionnant l’automobile… L’automobiliste n’est pas qu’une vache à lait : il vote. Alors les politiques font en sorte de ne pas les accuser, et de leur promettre une circulation plus facile demain… en auto.
Mais la congestion par le trafic automobile vient du trafic automobile.
Ils font comment les gens, si on ne propose pas de transports collectifs, actifs ou intermodaux ?
Il font comment les vieux, les jeunes, ceux qui travaillent, quelle que soit l’heure.
Bref du transport avec des correspondances, une amplitude horaire suffisante pour toutes les activités : professionnelles, familiales, culturelles, et pour tous les âges.
Doit-on perpétuer en permanence les mêmes erreurs, commettre les mauvais diagnostics, en mauvais docteurs d’une excellente pièce de Molière ?
Promettre, échouer, détruire, et soumettre la facture aux contribuables et aux générations futures. Se payer sur la dette.
Nos politiques en assumeront la responsabilité, notre responsabilité. Mais sans jamais assumer la culpabilité.
Sans jamais réparer.
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Contournement Est, A28-A13 : un projet politique, nuisible pour l’environnement, les habitants, la qualité de vie, la santé, les finances publiques et les collectivités.

Sur le contournement Est de Rouen, Hervé Morin fait le constat de la forte mobilisation contre le projet, et il constate l’absence quasi totale de soutien. A part un salarié de la CCI, venu avouer qu’il n’avait pas de solution pour obliger les poids lourds à prendre l’autoroute à péage.

Trois réunions publiques se sont déjà déroulées, et ont permis de constater la mobilisation importante des opposants au projet, et la relative discrétion des soutiens à ce projet important pour la Normandie. C’est pourquoi il convient que la Région Normandie se prononce officiellement sur ce projet par un avis qui vous est ici soumis pour délibération.
Hervé Morin

Cette mobilisation et cette absence de soutien sont dues à la connaissance approfondie qu’ont les habitants des hypothèses, des effets bénéfiques, des risques, et des méfaits, que le projet produirait.
Dangereux pour la santé et la qualité de vie de 100 000 habitants, ce projet est en outre ruineux et risqué.
Il est risqué pour les captages d’eau, et donc l’alimentation en eau potable de toute la métropole. S’il y a beaucoup d’eau en Normandie, cela reste très peu d’eau de qualité et potable. Or, l’autoroute s’étendrait sur 3 captages majeurs pour la métropole.
Il serait catastrophique pour les paysages et ce qu’il reste de nature : 136 hectares de forêts détruites, 516 hectares de terres agricoles et naturelles. C’est ce qu’on appelle la directive “Eviter-Réduire-Compenser”. Éviter, on peut : il suffit de ne pas faire ce contournement. Compenser, on ne peut pas.
Les paysages sont décrits comme grandioses par les promoteurs mêmes ! “Nous devons nous approprier les ouvrages d’art.” “Et le viaduc de Millau, ça peut être très beau un viaduc”, a-t-on entendu de la part d’élus. Il a coûté très cher le viaduc de Millau : 400 millions € ! Plus les aménagements autour, pour les collectivités locales. Et un péage de 8,30 € pour la seule traversée du pont.
Précaution oratoire, puisque nous allons parler de sommes folles, et que l’on m’a fait remarquer que l’on pouvait faire dire ce qu’on voulait aux chiffres, ce qu’avait déjà confirmé M. Sauvy.

Les chiffres sont des êtres fragiles qui, à force d’être torturés, finissent par avouer tout ce qu’on veut leur faire dire.
Alfred Sauvy

Une fois ces précaution prises, je précise que les chiffres, données, études, statistiques, et connaissances scientifiques sont ce sur quoi nous pouvons nous baser pour décider, en bonne foi, dans l’intérêt général, pour le présent et les générations futures. Ces données proviennent essntiellement des services de l’État et des collectivités territoriales. Parfois institutionnels ou privés, sans oublier les données issues des études menées à l’initiative du monde associatif ou des ONG, lorsqu’elle ont été communément admises. Tout est vérifiable.
L’autoroute, c’est le double de cette somme en euros ! Mais c’est 40 km d’autoroute en plus, 8 viaducs et non un seul, des indemnisations, plus, plus plus…
On ne refait pas Millau, on coule du béton et du bitume, et on fait payer. Ce qui est sans doute le but ultime.
On coupe, on casse les paysages, on va bétonner le paysage des trois lacs et celui des Authieux, aplanissant sur les plateaux Est des paysages de monts et de vallées. Les premiers à se les approprier seront les taggeurs, les affiches électorales “sauvages” ou événementielles, et quelques fêtards qui viendront y faire des feux de joie, en oubliant de ramasser déchets et canettes, si ce n’est pas carrément des décharges sauvages comme c’est le cas sous les ponts de l’A13.
Coût touristique, mais aussi coût social. Les forêts, les chemins de randonnée, les paysages de campagne sont visités certes par les touristes, pour la beauté paysagère, le calme, le terroir normand, mais surtout par les habitants. Ce sont eux qui s’y promènent, s’y activent, entretiennent aussi, et c’est un lien tissé entre les habitants qui s’y rencontrent, et entre les habitants et la nature. Ça n’a pas de prix.
Et puis la santé. Parce qu’on fait cette autoroute avec promesse faite aux rouennais que c’est la solution pour rendre la ville respirable. Mensonge, si facile à croire, que les rouennais devraient s’en satisfaire. Sauf que la simple présence d’un péage, au prix inconnu, a remis en cause la confiance même que les rouennais avaient dans le projet. Du coup, plus personne pour défendre ce projet, tellement la notion de rocade à péage pour les rouennais leur semble loufoque.
La santé, c’est celle des rouennais qui est mise en avant, au détriment des ruraux ou des banlieues.
Sauf que l’argument ne tient pas. Plus de véhicules, 15% de pollution en plus globalement, c’est 15% de particules fines en plus en suspension dans l’air. Avec les oxydes d’azote (NOx), l’ammoniac et autres gaz, il forment des aérosols – des nuages ou brouillards, certes peu visibles – qui se déplacent au gré des vents, et en préférant les zones les plus chaudes – les plus actives. Et si possible dans des cuvettes.
La pollution atmosphérique due en grande partie aux particules fines, ce sont 48 000 morts par an en France. Et combien de maladies chroniques, du bébé au plus ancien, qui lui, en meurt ?
Des objectifs “optimistes” pour cette nouvelle infrastructure :
  1. désengorger le coeur de la métropole rouennaise d’une partie des trafics qui la traversent,
  2. assurer une continuité d’itinéraire pour les trafics de transit européen,
  3. améliorer lesliaisons entre Rouen et le secteur de Louviers / Val de Reuil, notamment la desserte des pôles économiques majeurs,
  4. désenclaver la Vallée de l’Andelle en assurant une connexion simplifiée vers les deux agglomérations et l’A13,
  5. faciliter la desserte des plateaux est et nord, améliorant ainsi la qualité de vie et la santé publique des habitants des zones densément peuplées [Rouen, ndr].
La région a voté à une large majorité PS-UDI-LR la “charte pour une valorisation réciproque de l’infrastructure (l’autoroute à péages) et du territoire”. Ecologistes et gauche ont voté contre, quant au FN, le groupe s’est abstenu pour cause d’inutilité du barreau Eurois.
La plaquette indique des objectifs nombreux, fort louables pour certains, beaucoup de voeux pieux, et puis des arguties publicitaires pour beaucoup :
  • Améliorer la desserte des sites économiques majeurs,
  • Permettre le développement d’une offre de transports collectifs compétitive,
  • Améliorer la qualité de vie des habitants.
S’ensuit une litanie de mots les plus positifs les uns que les autres, pour vanter les mérites d’une autoroute qui pacifiera les échanges, améliorera les corridors écologiques (ils osent), limitera le fractionnement du territoire, évitera la périurbanisation tout en aménageant des pôles multimodaux avec un foncier adapté et ciblé…
Bref tout est rose et bleu dans le meilleur des mondes.
Une dernière pour la route : “la réalisation du contournement Est positionnera à proximité d’un axe de transit touristique entre l’Europe du nord et la côte atlantique, leur offrant une visibilité renforcée et des opportunités de développement. L’infrastructure dégagera des nouveaux points de vue et une accessibilité potentielle du site des trois lacs, au rayonnement régional pour ses infrastructures de loisirs, et national et international pour ses évènements sportifs.”
Tout ce que demandent les habitants et les amoureux de ces paysages, c’est juste… de ne pas les détruire ! C’est ce qui serait fait. Et c’est bien ce qui viendrait ruiner la réputation touristique de la Normandie, que nous devons à la préservation de nos paysages.
Les autres informations contenues dans cette charte, c’est l’échelle : échelle ultra-locale avec la rocade Est, censée améliorer la qualité de vie des Rouennais de la ville-centre. Sauf si au final, le contournement appelle plus de circulation automobile en ville, sans offrir de solution de transports collectifs ou d’intermodalité.
Échelle du bassin Parisien avec le contournement Ouest du bassin Parisien, tel que décrit par le président de région.
Échelle des agglomérations, avec le barreau Eurois – mais inutile pour les Eurois eux-mêmes, ainsi que le remarque le président du département 27 constatant, comme tous les représentants de chacun des groupes, qu’il n’y avait pas d’utilité pour l’Eure.
Echelle européenne pour le trafic routier international sur un nouvel axe nord-sud qui viendrait s’ajouter à l’A28, l’A16 ou l’A1.
Nous avons là une autoroute à géométrie variable, censée être la panacée aux maux de la ville, et garantir une amélioration de la qualité de vie. Sauf que les politiques ne parlent qu’économie et axe nord-sud, ou Calais-Bayonne, alors que nous avons déjà ouvert cet axe en 2007 : c’est l’A28. Le trafic est en berne au sud, la section payante ; et les aménagements non finalisés à Rouen. Notamment autour du pont Flaubert, mais aussi la partie sud de l’A150 entre la sud III et l’A13 à Moulineaux.
Ainsi que le réaménagement du boulevard Maritime (route du port de Rouen) afin de pouvoir séparer les flux PL et VL, mieux partager l’usage de la route pour tous les usagers, et empêcher le transport routier international d’empoisonner les zones d’habitation.
Il est écrit dans cette charte :
“Aux échelles nationale et européenne, l’infrastructure vient compléter le maillage du réseau logistique sur un axe Nord-Sud, en appui sur le corridor atlantique du réseau trans-européen de transport (RTE-T). Elle améliore ainsi les relations entre des grands corridors logistiques du sud de l’Europe (Espagne et Portugal) et ceux du Nord (l’ensemble des grands ports européens, belges et hollandais), et assure la desserte du territoire national (notamment A28 et A29).
Ce faisant, elle offre au continent européen des alternatives d’accès portuaire en améliorant la connexion des grands ports maritimes de Rouen et du Havre à l’axe rhénan. A ces échelles de territoire, l’infrastructure projetée doit permettre d’organiser la répartition des flux des transports de marchandises nationaux et internationaux d’une part et les échanges inter urbains du bassin de vie d’autre part.”
Malheureusement, la concurrence de l’A28 passant par Rouen, mais aussi de la RD 928, la route de Neufchatel, inquiète les promoteurs de l’autoroute. Sur les enjeux de déplacements :
“La RD 928, route de Neufchâtel, est un axe structurant des déplacements […] L’interconnexion à l’A28 et la déviation du trafic à partir du point d’échange avec le Contournement Est de Rouen/Liaison A28-A13 amènent des questions concrètes de choix de hiérarchisation et de rôle des infrastructures. La concurrence entre les deux axes est quasi certaine si l’accès à l’A28 est maintenu à l’identique, ce qui revient fortement à questionner les fonctionnalités de l’A28 dans sa traversée de Rouen, préalablement à la réalisation du contournement Est de Rouen/liaison A28-A13.
Puis, sur les enjeux d’aménagement dans la zone Quincampoix/Isneauville :
“L’ensemble de ces usages confère beaucoup de dynamisme et de tension à cet espace. Le point de connexion majeur de l’A 28 avec le contournement Est, va les accentuer.
La jonction A 28/Contournement Est devrait être le point de départ d’une réflexion sur le statut et la fonction du tracé de l’A28 dans sa traversée de l’agglomération rouennaise (notamment dans sa traversée de la vallée des deux rivières et de son arrivée sur la place St Paul ou le bd de l’Europe,…)”
Ainsi, deux tracés majeurs, la route de Neufchatel et l’A28 au nord jusqu’à Rouen, doivent être requalifiées, et probablement changer de statut pour ne pas venir en concurrence avec la nouvelle autoroute. Et ce, préalablement à la réalisation du contournement.
Mais toutes les questions qui ont été posées sur ces changements de fonction et de statut sont restées sans réponses. La qualité de vie, le niveau de vie, le quotidien des riverains et des usagers de ces voies en dépendent.
Comment l’utilité publique pourrait être déclarée sans que les changements de fonction et de statut de ces axes majeurs, qui sont un préalable, ne soit précisés et présentés aux habitants et usagers dans le projet de contournement ?
Quelques réponses rapides :
  1. Désengorger le coeur de ville, quelle charmante idée ! Imaginez une ville sans pollution, avec tous les commerces, les centres culturels, les écoles…
    À mauvais diagnostic, mauvais remède ! Est-ce que c’est le transit routier qui engorge Rouen ?
    Sur les 900 000 déplacements quotidiens dans la métropole, 768 000 se font en véhicule particuliers, utilitaires ou camions. Essentiellement en motorisation diesel.La moitié des déplacements en interne, sur moins de 6 km. Mais de plus en plus de périurbanisation, avec des conséquences sur la congestion urbaine de 1 à 3.
    Sur la base des études fournies par le CEREMA, Air Normand montre la répartition des émissions de polluants, par types de véhicules :
    air-normand-repartitition-nox-pm10
    Cela saute aux yeux : les sources de la pollution et de la circulation proviennent quasiment intégralement du parc de véhicules légers, particuliers pour plus de moitié de toute la circulation, et utilitaires légers.
    air-normand-repartitition-emissions-km

    Les véhicules lourds (poids lourds, bus et autocars) ne représentent que 6% des kilomètres parcourus dans l’agglomération.
    Au demeurant, les véhicules lourds sont responsables de 25% des émissions de NOx et de 21% des émissions de PM10.
    Il est d’intérêt public et général de limiter ces pollutions. Il faut toutefois faire le bon diagnostic : ce sont des véhicules en échange ou en interne. Il faut donc réduire les trafics d’échange et interne. La seule solution est le report modal, par voie fluviale, moins chère que le routier en tonne transportée par kilomètre que le transport routier, et surtout consommant dix fois moins de carburant. Et par le rail.
    Et pour les particuliers, le transport collectif en site propre, plus rapide que l’auto, efficace et sûr, et les modes de déplacement actif, le vélo et la marche.
    La rénovation des lignes ferroviaires existant entre les silos des coopératives céréalières et le port de Rouen permettrait de réduire des trafics routiers d’échange avec le port, et la pollution dans l’agglomération. Là où le contournement Est n’apporterait rien.
    La réouverture de la ligne Orléans-Rouen, si on en faisait une priorité nationale, permettrait de compléter cette réduction de trafic pour les céréales de la Beauce, et d’assurer un avenir pérenne au port de Rouen. Réduire les échange céréaliers routiers, et aussi les échanges VL entre Évreux et Rouen. Là il y a un choix politique, offrant une véritable alternative au tout routier. Seules les sections entre Orléans et Chartres sont encore exploitées commercialement, même su d’autres sections sont exploitées, mais à usage touristique.
    La congestion urbaine, c’est quasiment uniquement une affaire automobile et utilitaire. Surtout aux heures qui sont pointées en évidence par, en interne ou en échange avec les communes en périphérie. Il y a aussi les véhicules utilitaires, diesel encore. Les camions aussi, beaucoup en échange, très peu en transit. En transit, auto et surtout camions, ça représente 33 000 déplacements. 4 % des véhicules, mais à 90% sur un axe Est-Ouest, pas nord-sud. 90% direction Pris-Rouen, le Havre.

    De 1999 à 2007, les Ponts et Chaussées on procédé à des comptages qui ont permis au CEREMA (ex CETE) de dresser une carte du trafic de transit autour de la métropole.
    Les services des Ponts et Chaussées ont comptabilisé 33020 véhicules en transit (TMJA – trafic moyen journalier annuel). C’est infime par rapports aux déplacements quotidien dans et autour de la métropole : 0,36% des déplacements.
    Surtout, on constate que 90% de ce trafic emprunte l’axe Seine, d’Est en Ouest.
    Sur ces 33020 déplacements en transit, 24595 ne traversent pas l’agglomération, et même plus de 18 000 ne quittent pas l’A13 !
    Sur les 8425 poids lourds en transit qui traversent effectivement l’agglomération, soit 0,1% du trafic PL-VL-VUL, seuls 1983 poids lourds empruntent un axe nord-sud en passant par l’Est. C’est 0,025% du trafic PL-VL-VUL (poids lourds, véhicules légers, véhicules utilitaires légers), les autres allant à l’ouest.
    Est-ce que cela a un sens d’investir 1 milliards d’€uros pour dévier 0,025% du trafic ? Cela ne résoudrait en rien la congestion de la métropole, mais si le but est d’attirer du trafic de poids lourds qui ne passait pas par l’agglomération auparavant, là cela pourrait compliquer sévèrement la circulation dans l’agglomération. Tout cela en plus des effets induits de la périurbanisation attendus.
    Si le pourcentage de trafic de transit actuel concerné est quasi inexistant à l’échelle du trafic de l’agglomération, il faut aussi se rendre compte qu’il s’étale sur toute la journée, sauf heure de repas. Cela ne correspond pas aux horaires pendulaires qui intéressent, soi disant, les promoteurs de l’autoroute, qui évoquent parle des plages horaires 8h/9h – 18h/18h30.
    Le trafic routier est hyper dominant : 85% pour le transport routier contre environ 60% pour les grands ports des grands pays européens. Et 85% du transport de personnes.
    Les villes sont engluées dans la pollution de l’air due aux voitures, on choisit de développer encore le mode routier, en fabriquant une autoroute, financée par les contribuables qui rejettent cette pollution, plutôt que de développer les transports collectifs en sites propres, plus rapides que les autos, dix fois moins chers que les autoroutes, et ô combien moins polluants en encombrants.
    Nous avons été questionnés spécifiquement sur les solutions que nous préconisions contre la congestion pointée par un article qui fait de Rouen des villes les plus congestionnées de France.
    Normandie actu citait une étude de l’Inrix qui montrait que 2 axes routiers à Rouen étaient parmi les pires de France en terme de trafic :
    • La RD 6015, entre la place Saint-Paul à Rouen et la place Aristide-Briand à Notre-Dame-de-Bondeville, 16 km. Le lundi à 8h, le trajet passerait à 32 minutes, et régulièrement à 25 minutes au lieu de 21 minutes.
    • L’autre, c’est celui qui relie le carrefour de Quatre-Mares à Sotteville-lès-Rouen et le pont Mathilde, qu’il faudrait éviter le jeudi à 17h, lorsque le temps de trajet est de dix minutes au lieu de cinq habituellement.
    1. Pour la première (Notre-Dame-de-Bondeville – place Saint Paul), on peut en tirer 2 enseignements, et ajouter deux bémols.
      Le 1er enseignement, c’est qu’il faut réaliser les aménagements autour du pont Flaubert sur la rive droite, si l’on veut passer par la RD 6015 : il faut passer par Déville-Les-Rouen, et l’accès à Déville, en provenance des quais comme des ponts, est un véritable calvaire de feux et d’entonnoirs à 1 voie non prioritaire.
      Qu’attend-on pour réaliser ces aménagements ?
      Second enseignement : de Notre-Dame-de-Bondeville jusqu’à Martainville à Rouen (à proximité de de la place Saint Paul), il y a une ligne de bus en site propre, qui met lui 21 minutes pour réaliser le trajet, le lundi à 8 h comme tout le temps : c’est l’avantage du transport en site propre.
      c’est pourquoi il est préférable de développer ces modes de transport sûrs, économiques et fiables, plutôt que favoriser le développement des déplacements en automobile.
      Les bémols : Tout d’abord, l’axe n’est pas la 6015 qui passe par Deville qui est évoqué. Celui-ci fait 7,4 km, mais la rocade Nord, la RD 43, qui fait 15 km. Certes on peut aller de la place Saint-Paul à Notre-Dame-de-Bondeville par les quais, encombrés, puis Déville, difficile d’accès entre les quais, les accès de l’A150 et du pont Flaubert, avec de nombreux feux, en 2×1 voie avec la ligne T2 prioritaire au centre, et en seulement 7,4 km, donc en consommant moins.
      Celui qui est évoqué passe par la N28 et la RD43, sur 15 km en 20 mn.
      Second bémol, c’est que 16 km, passant par les quais et en centre-ville à Déville, cela fait une vitesse moyenne de 30 km/h. Pas dramatique, et même presque normal.
      Mais cela met l’accent sur le fait que c’est bien le trafic automobile qui congestionne l’agglomération et la ville.
      Comme on le constate dans les prospectives de la DREAL, avec ou sans contournement, ci dessous, la RD43, rocade nord, devrait voir le trafic augmenter son trafic, et donc voir les temps de trajet augmenter légèrement en cas de contournement sur cette rocade.
    2. L’autre axe pointé par l’Inrix, c’est la RD 18e – le boulevard Industriel -, du Rond Point des vaches au pont Mathilde.
      Là encore, 5 minutes. Ce n’est pas dramatique, mais pénible au quotidien. L’axe est effectivement encombré, et pour solutionner cet encombrement, on va y faire déboucher une rocade autoroutière. Précisément au rond-point des vaches.
      On veut charger plus encore l’une des deux voies pour lesquelles on nous demande quelles solutions on a.
      Pour ma part, elles sont simples : que la métropole fasse son travail. Un maillage de TCSP qui permette de se rendre au travail, à l’hôpital, à l’école, au cinéma ou au restaurant, de visiter famille et amis – et pas simplement un réseau en étoile obligeant à passer en centre-ville de Rouen -, avec une amplitude horaire qui permette de se passer d’un véhicule. Ce qui est difficile aujourd’hui, sauf en mode actif, par volonté (et plaisir :).
    prospectives-a28a13-trafic

    HNNE a comparé les prévisions de trafic réalisées en 2005, à horizon 2015 avec ou sans contournement, les derniers chiffres de trafic disponibles (2011) et les prévisions à horizon 2024 avec contournement.
    2 choses étonnent :

    • Comment s’explique la différence entre les prévisions “sans” contournement et la réalité de 2011 ? Trafic au nord et à l’Est 6% inférieur aux prévisions sans contournement,
    • Comment se fait-il qu’il n’y ait pas de carte de trafic 2015 à l’échelle de l’agglomération rouennaise, d’autant qu’un projet d’un montant de plus de 1 milliard € est à l’étude, que l’incendie du pont Mathilde et sa remise en route ont modifié les usages, ?
    Un trafic augmenté au nord et à l’Est, des pénétrantes rechargées, et une périurbanisation non anticipée :
    • Les deux axes qui accumulent le plus de retards dans la métropole, le boulevard industriel (RD 18e) et la rocade nord RD 43), accumuleront donc plus de retards encore.
    • Plus grave est que le trafic des pénétrantes A28 nord, RN 31, RD 6014 et RD 6015 va globalement augmenter. Et cela sans même prendre en compte les effets attendus, pourtant, de la périurbanisation, et comptabilisés en partie dans les coûts, avec 362 millions de pertes d’avantages carburant (-128 M€) et de coûts entretien et dépréciation des véhicules (-234 M€). Lire pièce F, évaluation économique et sociale, p.158)
  2. Développer le trafic de transit européen, en créant un axe Calais-Bayonne.
    soutien à l'A28 en 1997soutien à l'A28, Charles Revet et Ladislas Poniatowsky

    cet axe existe déjà, c’est l’A28.
    Les sénateurs Ladislas Poniatowsky et Charles Revet, ont défendu en 1997 cet axe Calais-Bayonne, aux côtés de l’”Association pour l’axe Calais Bayonne”, domiciliée à la CCI d’Alençon. Charles Revet expliquait « la nécessité de réaliser cet ouvrage, dernier maillon manquant de l’axe nord-sud, même s’il peut y avoir certains désaccords. »
    liaisons-nord-sud

    Cette autoroute existe bel et bien aujourd’hui, même si c’est un échec commercial, avec un trafic n’atteignant pas les 7500 véhicules/jour sur la section A13-Alençon.
    Ce flop commercial s’explique par la concurrence directe de la RD 438, qui supporte plus de 20 000 vehicules/j. Sur cette départementale qui longe l’A28, chaque jour, des centaines de poids lourds bravent impunément les arrêtés municipaux d’interdiction de poids lourds en transit.
    Il y a l’autre axe Calais-Bayonne, plus emprunté, lui : c’est l’A16 qui rejoint la francilienne à 30 km de Paris, puis qui permet de rallier, soit l’A6 (Lyon-Marseille-Italie), soit l’A10.
    Le transport routier a changé en France. De national, il est devenu international.
    Prenons le cas du géant français du trafic routier, Géodis-Calberson. C’est une filiale à 100% de la SNCF, appartenant donc à l’État français.
    Transport routier européen et dumping social, économique, et fiscal.
    Géodis a changé de modèle en devenant international, en licenciant d’abord des chauffeurs français, pour les remplacer par des sous-traitants français, avant de créer sa filiale roumaine, et d’embaucher 1400 chauffeurs roumains payés au salaire de base brut : 237€.
    Les sous-traitants, devenus trop chers, ont été remerciés.
    L’inconvénient de ce transport routier international, vu de point de vue des transporteurs, c’est que les camions n’ont le droit qu’à 3 cabotages. Trois déchargements/chargements en France, sur une durée maximum de 7 jours, avant de devoir retourner dans un autre pays de l’UE, et recharger pour pouvoir revenir en France. Au final, un routier roumain ne peut passer « que » les trois quarts de son temps en France.
    Il faut évidemment bien planifier les 3 cabotages. L’Île-de-France, Rouen (en échange donc), Bordeaux, Lyon ou Marseille ont plus de chance de bénéficier d’un de ces 3 cabotages qu’Evreux ou Chartres.
    On se posera forcément la question des grands pôles de compétitivité sur cette zone qui justifiera le trafic international.
    Entre Val-de-Reuil et Orléans, nous n’en distinguons que 2 : le secteur céréalier de la Beauce, et la Cosmetic Valley, qui se répartit en 3 pôles, à Val-de-Reuil, Chartres-Orléans, et en île-de-France.
    Pour les convois céréaliers, l’axe nord-sud est inutile, puisque qu’ils se rendent sur le port de Rouen, 1er port céréalier européen (6 à 8 Mt /an), qui se situe à l’ouest de Rouen, accessible efficacement et rapidement par l’A13.
    La complémentarité est assurée par le port de la Rochelle, 2nd port céréalier en France, certes seulement 3Mt, moins de la moitié du port de Rouen en céréales, mais avec des navires au tonnage plus importants, avec un port maritime en façade atlantique, plus proches des destinations, Afrique et Moyen Orient.
    Pour ce qui est de « Cosmetic Valley », et son pendant la « Pharma Valley », il profite du réseau existant et surtout, il profite de l’axe Seine.
    Pour Jean-Luc Ansel, Directeur Fondateur du pôle de compétitivité, explique ainsi l’ancrage territorial :

    C’est aussi la présence du Port du Havre et l’Axe Seine, débouché naturel des exportations de toute l’industrie de la Cosmetic Valley responsable du 2ème ou 3ème excédent commercial national après l’aviation.
    Jean-Luc Ansel, Directeur Fondateur du pôle de compétitivité Cosmetic Valley

    Entre Val-de-Reuil et Orléans, la desserte se fait par la RN154, mais c’est bien l’accès au port du Havre qui est l’outil de valorisation logistique de la filière, et non les grands ports du nord. C’est donc l’A13 qui est la desserte, que ce soit en empruntant le péage ou en le shuntant.
    La concurrence rude faite à nos ports régionaux par les ports d’Anvers et de Rotterdam doit elle être amplifiée, alors qu’elle est rendu possible soit par l’A28, soit par l’A16, ou même l’A1 ?
    Quelle intermodalité est rendue possible sur un tracé entièrement routier, sans rencontre avec le rail, le fleuve ou même, simplement, garantissant que l’autoroute sera rentable parce qu’aucun transport collectif, ou actif, ou intermodal ne viendra en concurrence avec cette autoroute, dans le présent comme dans le futur. C’est la réponse de la DREAL au CGI.
    Concernant les flux transitant via le barreau vers l’Eure, une majorité des itinéraires relient le secteur de Louviers – Val de Reuil et le centre de Rouen. Pour ces mouvements-là, il n’existe pas de concurrence en réseau de transports en commun urbain, mais il existe cependant une offre de transport ferroviaire entre Louviers et la Gare de Rouen-Rive Droite. Pour tous ces usagers la concurrence du mode routier est préexistante de par l’existence d’une liaison routière de qualité via l’A13. La concurrence du mode routier est donc pré-existante et n’est pas exacerbée par le projet.
    Par ailleurs, les documents de planification des principales collectivités concernées ne laissent pas envisager le développement d’un réseau de TC directement concurrentiel avec l’infrastructure nouvelle. Le plan de déplacement urbains de la métropole inscrit même la volonté de se saisir de l’opportunité offerte par la baisse de trafics sur les pénétrantes de l’agglomération, suite à l’ouverture du contournement Est de Rouen – Liaison A28-A13, afin d’y développer une circulation apaisée et d’y favoriser le report modal.
    Aussi le maître d’ouvrage en a-t-il conclu qu’il n’existe globalement pas de concurrence entre le réseau de transports collectifs existants et futurs et l’infrastructure projetée et donc que l’hypothèse selon laquelle la mise en service du projet ne modifiera pas la répartition modale, pour les flux qui l’emprunteraient, est acceptable.”
    Ainsi donc, le maître d’ouvrage garantit que l’autoroute serait rentable parce qu’il n’y aura aucun report modal possible sur le plateau Est. Donc tout routier, avec plus de voitures.
  3. L’avenir des ports Normands et de l’économie normande.
    Quelle est la cohérence avec le canal Seine-Nord Europe, dont les premiers travaux pourraient commencer en 2017 ?
    Le 20 avril 2016, le secrétaire d’État aux transports présentait son ordonnance de création de la “Société Canal Seine-Nord Europe”, dont la mission la réalisation d’une infrastructure fluviale qui reliera les bassins de la Seine et de l’Oise au réseau européen à grand gabarit. D’Anvers et Rotterdam à Paris, pour dire vite.
    Les avantages ? L’efficacité, le coût, et la consommation : 4 euros de moins la tonne transportée – pré et post acheminement compris -, 10 fois moins de pétrole à la tonne transportée, permettant l’intermodalité et le “dernier kilomètre routier”. Moins de pollution, peu d’emprise terrestre.
    L’inconvénient est que cela ferait d’Anvers le port maritime de Paris, et risquerait de briser net toute perspective d’évolution du port du Havre et, de facto, celui de Rouen.
    Ferroviaire Fluvial camions tonnage (millions t) EVP (en millions)
    Le Havre 5% 9% 86% 63,51 2,3
    Rouen 5% 9% 86% 21,16 0,12
    Dunkerque 4,99% 4,37% 90,62% 47,62 0,26
    Rotterdam 11% 30% 59% 441,52 11,86
    Anvers 8% 32% 60% 184,13 8,63
    Hambourg 45,3% 13,6% 41,1% 130,93 8,86
    Ce qui caractérise les 3 plus grands ports européens, c’est justement de ne pas être soumis à la prépondérance du routier. Entre 80% et plus de 90% dans les ports français, contre 60% dans les grands ports. Alors que nos ports sont placés dans des estuaires, sur des grands fleuves, et aux confluences des grandes lignes de chemin de fer, les politiques, et même la SNCF choisissent le mode tout routier.
    74% des marchandises échangées entre UE et le reste du monde le sont par voie maritime. L’UE planifie 50% d’augmentation des échanges d’ici 2030. Un des enjeux de demain est le pré et post acheminement, c’est à dire des ports aux métropoles. Avec l’augmentation des trafics, les navires sont devenus colossaux, et déchargent 18 000 EVP (des conteneurs).
    18 000 EVP, mis bout à bout, cela fait 1080 km, bien plus que la distance Hambourg-Paris.
    18 000 EVP, mis bout à bout, Effectivement, presque tous les trafics en échange se font par route, dans les agglomérations, en polluant et en concurrençant les autres modes de transports qui utilisent la route et les trottoirs.
    Le cas de Hambourg est emblématique des changements dans le transport européen, tant pour le vrac que les EVP.
    Le routier, qui était le mode de transport majoritaire il y a peu, a été dépassé par le fret ferroviaire, tandis que le trafic fluvial s’envole. Hambourg a pris la place de Cologne comme deuxième port pour la navigation intérieure.
    Au contraire, en 2015, le nombre de tonnes/kilomètres par voie fluviale sur la Seine a baissé de 4,4% par rapport à 2014. Les porte-conteneurs fluviaux actuels ont une capacité de plus de 200 EVP, soit autant de camions en moins pour encombrer la route et dans les agglomérations.
    Chaque tonne de la route vers l’eau permet de diviser par quatre les émissions de CO2, moins cher que par route. C’est une solution économique et écologique au transport, y inclus pré et post acheminement, comme l’est le mode ferroviaire.
    Ces deux modes préservent l’espace urbain et n’entrent pas en concurrence des usagers de la route ou des transports collectifs.
    Canal-Seine-Nord-Europe-le-projet-du-tracé

    L’axe Seine et les ports de Rouen et du Havre vont être mis en concurrence avec Anvers pour la desserte de Paris.
    Le protocole financier de ce projet vient d’être voté par le Conseil régional des Hauts-de-France, le 8 juillet 2016. L’Europe participera à hauteur de 40%, et collectivités et État se partageront à 50/50 les 60% des 4,5 milliards € (vraisemblablement plus).
    Les travaux pourraient commencer dès 2017. A terme, Anvers serait le port maritime principal de Paris.
    Les conséquences économiques pour la Normandie pourraient être très sévères : concurrence des deux premeirs ports européens, complémentaires, concurrence de frets plus économiques et écologiques, et maintenant concurrence de la route sur les autres modes de transports, encombrant la métropole, les routes, un peu moins les autoroutes, il est vrai, les campagnes, les banlieues.
    Rouennais, Havrais, Eurois, Normands, nous devrons financer une autoroute qui propose de concurrencer les ports maritimes, en promettant un trafic international entre Espagne et ports du nord, alors même qu nos ports seront déjà mis en concurrence avec le futur canal Seine-Nord Europe, que nous financerons de surplus par le biais de l’État.
    La responsabilité économique et sociale de cette concurrence très dure à venir pour les ports et les sites industriels haut-normands échoit aux politiques. Et aussi aux citoyens, qui n’ont pas de pouvoir hormis argumenter, ou manifester son désaccord.
    Écologiquement, et pour l’intérêt économique de Paris et de l’Île-de-France, la liaison avec les 3 premiers ports européens à un sens. Mais pas pour la Normandie, qui pourrait miser sur la mise à niveau de l’axe Seine au point de vie logistique, en investissant dans le ferrovaire, le fluvial et les transports collectifs.
    Nous pensons que ce n’est pas d’intérêt général de délaisser le monde fluvial normand, de financer le fluvial du nord de l’Europe, et de ne favoriser que le trafic international routier qui profitera à nos concurrents européens du nord au sud, sans profiter à notre pays.
  4. Le contournement ouest du bassin parisien, stratégies d’évitement de paris :
    dta-axes-de-contournement-de-la-région-parisienne
    La région parisienne est l’une des plus dynamiques d’Europe. 12 millions d’habitants, mais c’est bien plus avec toutes les personnes qui s’y déplacent pour le travail, le tourisme, la culture, les échanges.
    Cette région, il faut la ravitailler en permanence.
    Il faut en permanence y faire parvenir les biens et services nécéssaires, permettre les déplacements des personnes en interne et en échange, et en même temps éviter une congestion difficile à maîtriser du fait du nombre d’échanges dans une zone géographique limitée.
    La carte de la DRE Haute-Normandie de 2005, ci-dessus, montre les stratégies d’évitement et de contournement de la région parisienne par la Normandie.
    Qu’y manque-t-il ? Il manque la couverture d’Orléans à Rouen, passant par Évreux, par le train. Sinon, tout y est, qui permet de contourner, et aussi d’alimenter la région parisienne.
    les-contournements-de-paris

    Le schéma de la DATAR des années 60, le contournement de l’Île-de-France entre 80 km et 100 km a été modifié lorsqu’on a fait le choix de l’A28, et du contournement à 200 km. Ce choix est à la fois technologique, le transports routiers se sont améliorés, et aussi géographique, permettant d’inclure la métropole rouennaise dans le Grand Paris.
    Ce choix fait et payé de l’A28. Ce flop commercial peut être corrigé, comme celui de l’A150; en finissant le contournement ouest de Rouen.
    La question du prix du péage étant primordiale pour les transporteurs routiers, il faut que kes interdictions de poids lourds en transit soient réalisées et effectives.
    Ce, pour ne pas pénaliser plus encore les transporteurs vertueux, face à ceux qui font du dumping, sans considération pour l’habitat et les riverains.
  5. Un argument majeur de ce contournement est tombé : il n’y a pas de désenclavement de l’Andelle.

    Il n’aura fallu que 20 minutes de débat au Conseil départemental de l’Eure pour que la question soit tranchée, par l’ensemble des groupes : il n’y aura pas de désenclavement de la vallée de l’Andelle du fait de l’infrastructure. Et ce que veulent les habitants, c’est faire cesser ce flux de camions qui traverse les communes, 1000 par jour.
    Avec l’infrastructure viendrait, dans 8 ans, une interdiction de trafic de transit.
    Pourquoi ne pourrait-on pas l’appliquer maintenant ? Si on ne veut pas l’appliquer dès maintenant, pourquoi l’appliquerait-on dans 8 ans ?
    Pour le président du CG27, cette autoroute ne sert qu’aux rouennais, c’est donc à la métropole de payer.
  6. Améliorer les liaisons entre Rouen et la CASE : aucun gain de temps pour les Casois.
    Difficile de faire plus direct et rapide que l’A13, à plat, que ce soit pour le rond-point des vaches ou la Sud III.
    Bien que la majorité des Casois préfère contourner le péage, et perdre quelques minutes plutôt que payer 2,10€.
    ais pourquoi payer plus cher pour aller prendre un premier péage à Val-de-Reuil, emprunter un viaduc long de 1,7 km culminant à 25m de haut, redescendre au niveau de la Seine avant de remonter sur le plateau jusqu’à l’échangeur de Gouy, aller jusqu’aux Authieux pour affronter un nouveau viaduc, avec une pente à 5% celui-là, redescendre vers Oissel où on pourra emprunter un nouveau viaduc au dessus de la voie de chemin de fer après avoir passé un second péage.
    Et tout cela pour plus cher qu’une liaison qui est directe, sans changer d’altitude, sans pentes, avec un seul péage, via l’A13.
    Péage évité tant par les riverains que les poids lourds.
  7. Faciliter la périurbanisation et augmenter le nombre de véhicules dans l’agglomération s’accompagne d’une promesse d’améliorer la qualité de vie dans la ville-centre :
    En renvoyant la pollution vers les villes de banlieue au sud, ou sur les plateaux nord et Est de Rouen.
    C’est méconnaître les effets cocktails des pollutions, et la formation des aérosols au dessus des agglomérations, zones plus actives et plus chaudes.<
    Méconnaître la remise en suspension des particules fines, PM 10 et PM2,5, du fait de la circulation.
    Et puisque les études ont montré les risques de ré-engorgement rapide des pénétrantes, qui augmenteront au nord et à l’Est de 1406 véhicules, ce seront donc plus d’automobiles dans la ville-centre.
Le projet contrevient à ses objectifs, contrevient aux objectifs des lois Grenelle I et II, comme à ceux de la COP21 qui viennent juste d’être entérinés, et que l’on va enterrer avec ce projet.
Diviser les gaz à effet de serre par 4 d’ici 2050 : on va augmenter ces gaz à effet de serre de 50 000 tonnes par an, sans compter la construction de l’autoroute et des viaducs.
Porter le fret ferroviaire à hauteur de 25% en 2022. On abandonne le ferroviaire et on investit dans le tout routier. Un danger pour nos activités portuaires.
Tout cela pour une promesse électorale d’améliorer la qualité de vie dans le centre-ville de Rouen dans 8 ans.
Cette promesse s’attaque pas aux véritables causes de la congestion urbaine. Le trafic de transit est marginal. 8425 poids lourds traversent l’agglomération en transit, alors que 180 000 déplacements en échange, c’est à dire vers ou de l’agglomération, ne sont pas concernés par les interdictions, et 766 000 déplacements se font en automobile ou en utilitaires légers.
Ce projet autoroutier n’apporte aucune solution à cela : 946 000 déplacements se font chaque jour dans l’agglomération rouennaise, et on va augmenter encore ce trafic, et faire payer cette augmentation aux contribuables, aux usagers et au riverains.
C’est un projet inutile, coûteux, et nuisible.

Loi travail décryptée en avril 2016 par un ancien inspecteur du travail

Pour ceusses et celles qui veulent comprendre la loi travail, la loi qui supprime les droit du travail, ou en partie, le droit du travail, vous pouvez regarder la télé.
Je sais pas si ça vous rendra plus intelligent, ou si vous aurez perdu votre temps, mais vous n’en saurez pas plus sur la loi travail. Et ce n’est pas en écoutant la retape des socialistes qui, plus ils hurlent qu’ils sont de gauche, et encore…. qu’ils sont LA gauche, et que donc la loi elle est de gauche, puisqu’ils sont LA gauche. Et donc vous n’avez pas besoin d’en savoir plus, parce que si la loi est de gauche, c’est bon pour les travailleurs, et pour les entreprises, et pour les actionnaires, et pour la commission européenne.
Le travail serait, selon eux, la soumission librement consentie. Donc égaux, car non subordonnés, mais libres. Donc libres et égaux, donc non soumis à des lois rigides.
Poubelle la loi du travail grâce à la loi sur le travail.
Richard Abauzit, ancien inspecteur du travail, vous en démontait les ficelles le 13 avril. Rien n’a changé, si ce n’est que les gouvernement de gauche a su se montrer parfaitement rigide pour apporter beaucoup de souplesse dans la loi. Pas la loi Valls/El Khomri. L’autre. La loi. Et le PS vous menace, si vous continuez de foutre le souk, de vous coller une bonne droite en 2017 !
Battez-vous pour vous droits, et puis foutons-les dehors. En marchant, en courant, en rampant, en sautant, on sera souples sur la méthode. Mais sans trop traîner quand même.
Et puis, parce qu’il en reste au PS, peu, peu, très peu. Si peu.

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