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La menace terroriste pèse sur les installations nucléaires

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Les attentats de Bruxelles ont révélé une menace qui a longtemps été sous-estimée : les jihadistes sont soupçonnés de préparer un attentat et peut-être d'avoir déjà commis un attentat contre les installations nucléaires... belges.
Des risques redoutés, ou qui se sont déjà produits ? Sabotages d'installations nucléaires, bombes dites "sales" (y a-t-il des bombes propres ?), détournements de convois de matières radioactives...
En août 2014, un sabotage a eu lieu dans la centrale de Doel en Belgique : 65 000 litres d'huile ont été purgés.
C'est l'huile qui lubrifiait la turbine à vapeur du réacteur.
Les caméras de surveillance ont été détournées pendant l'opération de sabotage, prouvant que ce n'était ni un acte impulsif, ni l’œuvre d’une seule personne. Puis la valve repositionnée dans sa position d'origine.
Fort heureusement, le réacteur s'est mis à l'arrêt, évitant l'accident dans la zone la plus peuplée de Belgique, à quelques encablures d'Anvers, second port européen. Après des dégâts importants, et 30 M€ de travaux plus tard, le réacteur a redémarré.
Les 2 centrales belges en exploitation, à Doel et Tihange, ainsi que la centrale expérimentale de Mol sont habituellement protégées par une société privée de sécurité.
Depuis les attentats de Paris, 140 militaires ont été déployés sur ces 3 sites, en plus des agents de sécurité.
Depuis cet acte de sabotage, 30 personnes qui étaient présentes sur la centrale ont été interdites d'accès au site. Mais l'affaire n'est toujours pas élucidée, ou tout au moins cela n'a pas été révélé au public.
Si certains évoquent l'hypothèse de l'action discrète d'un État, les soupçons se tournent vers la piste terroriste.
Au lendemain du sabotage, la direction d'Electrabel imposait le contrôle des quatre yeux, chaque personne circulant dans les zones sensible étant accompagné par un autre travailleur pour une surveillance mutuelle.
Au lendemain de ce sabotage, des drones ont commencé à survoler les centrales françaises. Il n'ont pu être ni interceptés, ni identifiés.
Parler de risque terroriste sur les deux centrales nucléaires belges sans évoquer le risque pour les 19 centrales françaises est pour le moins optimiste.
Les centrales sont protégées par 30 à 40 gendarmes par centrale, ce qui représente 4 ou 5 gendarmes seulement présents sur les sites... quand ils ne sont pas appelés en renfort ailleurs.
Tout cela dans un contexte préoccupant pour le parc français. Une note interne d'EDF indique que les bilans des groupes diésels de secours sont quasiment tous "d'état dégradé" à "état inacceptable".
Ce sont ces diésels qui permettent l'arrêt et le refroidissement des réacteurs en cas d'urgence. La pire centrale étant celle de Paluel où tous les groupes de secours sont classés "état inacceptable".
Mais c'est tout le parc et toute la chaine industrielle qui est dans un état préoccupant, comme l'explique Pierre-Franck Chevet, directeur général de l'ASN lors de cette audition devant la commission parlementaire :
Les parlementaires ne pourront pas dire qu'ils ne savaient pas.
Il faut dorénavant ajouter à tous les risques et défaillances pointés par le gendarme du nucléaire la menace terroriste.

Penly, les incendies ont été éteints, tout comme la communication. EDF nous doit plus que la lumière ?

Penly, les incendies ont été éteints, tout comme la communication. On a encore le choix.
"Le 5 avril 2012, à 12h20, une alarme incendie s'est déclenchée suite à un dégagement de fumée dans un local situé dans le bâtiment réacteur de l'unité de production n°2 de la centrale nucléaire de Penly. Les systèmes de sécurité se sont enclenchés normalement et le réacteur s'est arrêté automatiquement. Il n'y a pas de blessés et les installations sont en sécurité."
EDF nous doit plus que la lumière. Mais déjà, la lumière, ce serait pas mal.
Selon une dépêche AFP, la CLI (commission locale d'information) a été prévenue, tout comme l'ASN, la préfecture et la sous-préfecture :
"Le 5 avril 2012, à 12h20, une alarme incendie s'est déclenchée suite à un dégagement de fumée dans un local situé dans le bâtiment réacteur de l'unité de production n°2 de la centrale nucléaire de Penly. Les systèmes de sécurité se sont enclenchés normalement et le réacteur s'est arrêté automatiquement. Il n'y a pas de blessés et les installations sont en sécurité"
Une alarme incendie, un dégagement de fumée, des système de sécurité qui s'enclenchent normalement, et un réacteur qui s'arrête automatiquement. Tout va bien donc, rien que de très normal... A tous les alarmistes qui pourrait arguer qu'il n'y a pas de fumée sans feu, on nous précisera :
"Le président de la CLI, Serge Boulanger, a précisé à l'AFP avoir été informé en début d'après-midi par EDF "d'un dégagement de fumée au niveau d'une pompe d'alimentation d'eau qui se serait mise à fumer suite à un manquement d'huile, au niveau de l'enceinte du réacteur 2". Selon ces informations, "il y aurait eu de la fumée mais pas de flammes", a ajouté Serge Boulanger."
Nous pouvions être rassurés... Pas de flamme, donc juste une pompe mal entretenue qui aurait un peu manqué d'huile. Tout est sous contrôle.
Comme on peut être rassurés par le maire de Penly, Jean-Pierre Cacheux qui à 17h11 nous faisait un point presse sur BFMTV. Son expertise nous permet de savoir que ces dégagements de fumée ne représentaient aucun danger et qu'il n'y avait pas de conséquences sur l'environnement.
Cet avis catégorique n'est pas forcément partagé par tous, et je ne sait pas si l'expertise de la CRIIRAD (Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité) vaut celle du maire de Penly, cependant on peut toujours Bruno Chareyron, Responsable du laboratoire de la CRIIRAD, ça ne mange pas de pain :
Ainsi l'avis de la CRIIRAD est un peu plus nuancé et un peu moins optimiste que celui de messieurs Boulanger et Cacheux. Entre deux, nous avions toutefois appris que contrairement aux premières informations, deux incendies avaient bien eu lieu dans le bâtiment même du réacteur n°2 de Penly, mais avaient été maîtrisés. Les incendies sont donc sous contrôle, tout comme la communication du service de communication EDF.
Rien à voir avec avec le service de communication d'EDF, reprenons notre souffle en visionnant ce petit diverstissement :
Après ce petit moment de détente, revenons à nos moutons. Nous disions donc que tout est normal.
Les systèmes de sécurité se sont arrêtés normalement, le réacteur s'est arrêté normalement, il n'y a donc que deux petits incendies dans le bâtiment du réacteur qui pourraient sembler un peu anormaux. Pour la CRIIRAD, un dysfonctionnement sur une pompe du circuit primaire du réacteur, avec projection d'huile, perte d'huile et incendies nucléaire est potentiellement grave. Et cela pose la question des causes. Est-ce un problème de maintenance ? Un problème de fabrication ? C'est un problème de sûreté. Outre les risques d'irradiation qui pourraient exister pour les intervenants, la CRIIRAD nous parle des conséquences sur l'environnement avec des fuites d'eau radio-active qui a été de 2 m3/h, en s'atténuant au fil du refroidissement du réacteur.
Bruno Chareyron pose la question de la capacité des bacs de confinement. Combien de temps aurait-ils pu contenir ces fuites, si elles avaient duré plus longtemps ? Les eaux radio-actives devront être traitées avant d'être rejetées en mer. Dire que cela n'aura aucune conséquence, sur l'environnement est un peu rapide pour lui, mais il nous parle de choses compliquées, évoquant le tritium qui ne peut être filtré, l'iode, ou encore les gaz rares.
Le discours d'EDF est lui beaucoup plus simple et compréhensible, en un mot, limpide : Il n'y a pas de conséquences sur l'environnement. Pas de danger, pas de conséquence, c'est un incendie incident mineur. Circulez, y a rien à voir.
Les réactions n'ont pas été vives chez les candidats à l'élection présidentielle, qui avaient presque tous autre chose à faire que de discuter de ce problème de sécurité nationale. Comme l'a rappelé Eva Joly, "Un joint défaillant, une flaque d'huile et un départ de feu dans le bâtiment d'un réacteur nucléaire ne peuvent être considérés comme anodins. Nous parlons de nucléaire là, pas de la chaudière du gymnase du coin." "A peine l'incident de Penly maîtrisé, on apprend qu'un capteur défaillant a provoqué l'arrêt du réacteur N.2 de Saint Laurent", dans le Loir-et-Cher", a-t-elle ajouté.
L'autre candidat qui s'est distingué du mutisme de ses concurrents est François Hollande. Interrogé dans la matinale il répondra : "C'est un incident, je n'utilise pas un incident pour défendre un point de vue."
Certes il a été classé comme un incident par l'ASN, et les incendies ont été maîtrisés. Mais nous savons tous bien qu'en matière de technologie nucléaire, ce qui n'est qu'un incident au départ peut tourner à la catastrophe, et il est déraisonnable pour chaque citoyen, et à fortiori, ceux qui les représentent, de ne pas se poser les vraies questions sur la sûreté nucléaire.
Rappelons-nous de la catastrophe de Fukushima. Rappelons-nous avec quelle désinvolture les messages les plus rassurants avaient été envoyés aux populations.
Aujourd'hui on sait qie le gouvernement japonais avait envisagé le pire : la fin de Tokyo ! Qu'importe, , il a fallu nier jusqu'au bout, rassurer à tout prix, nier l'évidence et le risque jusqu'à expliquer que la situation était sous contrôle alors que le monde entier était en train de regarder le réacteur n°2 exploser devant nos yeux effarés. Nous avons tous dit plus jamais ça !
Et bien, la mémoire humaine est bien volatile, car voici que l'on nous reparle d'incident, que cela ne change rien, qu'il n'y a rien à analyser, rien à voir, circulez et votez pour moi.
Il ne nous reste qu'à espérer que nous ne subirons pas de catastrophe. Et que le service de communication ne viendrait pas nous dire à ce moment là que le réacteur a explosé normalement, et que la situation est sous contrôle, vous pouvez rester chez vous, mais pensez à vous munir d'un masque en papier par prudence.
bref, on a encore le choix. Mais total désintérêt ou autocensure sur le sujet, l'encéphalogramme plat de la blogosphère de gauche sur le sujet ne remplit pas d'optimisme quant au débat public et aux solutions à trouver.
Allez ! Le sujet n'est pas léger, léger, aussi, je vous propose un petit divertissement sur la technologie spatiale appliquée. N'y voyez aucune malice.

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