Archives de 2012

L’hôpital de Vernon est en danger

Lundi dernier se tenait une intersyndicale dans le hall de l'hôpital de Vernon, pour le maintien de toute l'offre de soin actuelle. La situation exposée est proprement scandaleuse : elle ne relève en rien d'une surdotation en moyens sur Vernon, et elle compromet l'avenir quand on regarde l'évolution démographique du secteur - avec, simplement sur Vernon, une augmentation de 1260 habitants depuis dix ans. Mais revenons aux faits.
Une inspection de l'Inspection générale des affaires sociales a remis récemment un pré-rapport de sa mission au directeur et aux médecins hospitaliers. Avec des conclusions et orientations claires :
Le déficit du centre hospitalier intercommunal Evreux–Vernon (CHI Eure-Seine) est «abyssal» de 15M d’euros , des mesures drastiques doivent être prises, et l'une des propositions, c’est la fermeture des blocs opératoires de Vernon qui feraient double emploi avec ceux d’Evreux.
Deux niveaux d’analyse sont nécessaires pour bien comprendre. D’abord le contexte national du financement des Hôpitaux et deuxièmement la réalité locale.

LE CONTEXTE NATIONAL

Depuis plusieurs années, les gouvernements de tous bords ont cherché à réduire le déficit de l’assurance-maladie et ont fait régulièrement et sévèrement des coupes dans le remboursement des prestations. La tentative de maitrise de l’évolution de ces dépenses s’est soldée par l’apparition de l’ONDAM (objectifs nationaux des dépenses de l’assurance maladie), enveloppe financière fermée votée chaque année au budget par nos députés, puis distribuées en sous-enveloppes, tout aussi fermées, pour chaque agence régionale de Santé.
Dans le même temps, l'idée que tout n'est que marchandise a fait le reste. Avec la mise en concurrence commerciale de tous les établissements de santé (publics et privés), on allait permettre d'optimiser le fonctionnement des établissements publics, accusés d'être des paniers percés incapables de gérer l'argent public. Oubliant au passage leur rôle de service public de santé (accueil des urgences, soins aux plus démunis, soins gériatriques de longue durée, formation des médecins, infirmières, recherche, etc. ), ce qui les rend très souvent déficitaires (2/3 des hôpitaux). Devant une telle orientation, le gouvernement actuel aurait-il oublié que la santé est une mission régalienne de l'Etat ?
Pour enfoncer le clou, on établissait une règle qui prit le nom de T2A (tarification à l’activité) : avec cet outil, finis les soins coûteux ! Au privé les actes courts et qui rapportent. Au public le reste. Et ce n'est pas le montant donné pour mission d'intérêt général qui va changer la donne...
Pour finir, et ce n'est pas le moindre, avec la mise en place de la loi HSPT dite loi Bachelot (votée en 2009, décrétée en 2010), on a supprimé les conseils d'administration où siégeaient des élus, les syndicats et aussi les médecins de l'hôpital, pour les remplacer par un organisme purement consultatif, en laissant le directeur de l'établissement seul maitre à bord.
De nouveau, on retrouve cette volonté de gestion basée uniquement sur la rentabilité, sous couvert d'autonomie des établissements. Et que dire de la transparence des décisions qui se retrouvent encore éloignées des citoyens, alors qu'une démocratie moderne demanderait de la concertation avec tous les acteurs et les utilisateurs d'un hôpital ?

LA REALITE LOCALE

Depuis les années 95-96, à partir du constat de la croissance des dépenses de santé, on a fermé de nombreux petits hôpitaux ou maternités et réalisé des fusions administratives de structures proches pour faire des « économies d’échelle ». Des directeurs ont été nommés avec cette mission comme feuille de route.
Cela a été le cas chez nous entre Louviers et Elbeuf et de même pour Evreux et Vernon.
Ensuite, le constat a été fait par Jean-Louis Debré, alors maire D’Evreux, que l’hôpital Saint-Louis d’Evreux était vétuste, enclavé en centre-ville, et ne correspondait plus aux critères d'une capitale départementale.
Bref, il fallait du neuf, et cela tombait bien car il fallait un projet pour relancer et justifier la fin du contournement Ouest d'Evreux (on est bien loin d'une politique de santé durable...), favorisant l'étalement urbain et incitant fortement le déplacement en voiture : le site de Cambolle, en pleine campagne sur la route de Lisieux, et donc à l’opposé de l’accès de Vernon, a été choisi.
Sa conception a été très ambitieuse : pour augmenter son attractivité, des salles pour la coronarographie ont été créées. Mais peu après l’ARH, réalisant qu’une activité importante de coronarographie existait à la Clinique Bergouignan, a retiré son autorisation pour Cambolle. On se retrouve donc avec un hôpital de Cambolle surdimensionné, mal situé, très mal desservi par les transports en commun, qui ne  répond donc  pas aux prévisions d’utilisation. D’où le  surcoût structurel de 8 millions d’euros (donc plus de la moitié du déficit actuel).
Donc, la question posée n'est pas quelle organisation de l'offre de soin, mais comment réduire ce trop de surface sur Evreux ?
Dans ce cas la réponse est simple «fermeture de blocs à Vernon qui iraient remplir ceux construits en trop sur Evreux.»
Quelle vision déplorable, basée sur la rentabilité immédiate et un équilibre gestionnaire sur un ou deux exercices comptables, car fermer les blocs opératoires de Vernon, fermera d’importantes rentrées financières, diminuera inéluctablement l’activité de la maternité, qui sans bloc, n’offrira plus de sécurité, appauvrira l‘accueil des urgences qui ne pourront pas répondre aux urgences chirurgicales.
Il est temps de reprendre le dossier dans son ensemble. Notre département déjà durement frappé par le manque de médecins mérite une autre politique de santé.
Je ne peux que vous encourager à lire le programme Eelv à la page 19 comme premières pistes de réflexion.

Le jeudi 9 février, Cécile Duflot dans l’Eure et en Seine-Maritime pour défendre la Seine, patrimoine naturel

Dans le cadre de la campagne présidentielle, Cécile Duflot fait une "tournée générale" des régions et sera en Haute-Normandie le jeudi 9 février.
Le thème de sa visite est : "la Seine, patrimoine naturel".
Deux sites naturels emblématiques de notre région seront visités dans ce cadre :
Au rebours des discours promouvant "l'axe Seine" comme couloir logistique de Paris, nous voulons rappeler que la Seine est un fleuve vivant.
Ses coteaux, ses boucles et son estuaire sont un patrimoine unique, pour ses riverains, pour les touristes, pour l'image de notre région entre fleuve et mer (la "Seine maritime"). Ces espaces naturels abritent en outre une faune et une flore parfois uniques au monde - qu'on pense à la Violette de Rouen des coteaux calcaires, ou encore à la très ancienne Biscutelle de Neustrie.
En complément des visites d'Eva Joly sur le thème de la conversion industrielle en février (à Pétroplus et à M-Real), nous voulons soutenir qu'un autre modèle de développement est possible, plus respectueux des hommes dans leur environnement.

Avec le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique, interrogez le budget de votre collectivité

En cette période de l'année où les collectivités locales s'apprêtent à voter leur budget primitif, le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique lance une opération d'interpellation des collectivités sur la nature de leurs emprunts.
En septembre dernier, le quotidien Libération publiait la carte de France des collectivités locales ayant contracté des produits financiers fournis par Dexia - les fameux "prêts toxiques" distribués dans les années 2000 aux collectivités locales par les banques, et principalement par Dexia Crédit local.
Selon le quotidien, pas moins de 1800 communes de moins de 10.000 habitants auraient ainsi été piégées par ces emprunts toxiques. Au total, pas moins de 10.688 contrats ont été signés en France depuis début 2000 par les collectivités, hôpitaux et offices HLM.
Parmi les mécanismes de ces emprunts toxiques, le quotidien cite les emprunts pour partie à taux fixe et pour partie à taux variable, indexés sur des paramètres très volatils, tel que le cours du pétrole.
Le 6 décembre dernier, la très sérieuse Commission d’enquête parlementaire sur les produits financiers à risque, a adopté un rapport selon lequel les banques sont les premières responsables de cette dérive financière.
Ces emprunts toxiques n'ont pas fini de ternir la vie des collectivités et des contribuables, sur qui pèse une double menace : l'augmentation des impôts locaux et un déficit de services publics.

En 2012, je suis candidate pour Europe Ecologie Les Verts aux élections législatives dans la 4ème circonscription de l’Eure

Je suis adhérente EELV depuis l’appel au rassemblement de 2009, et je mesure la confiance du mouvement écologiste à l’égard des non-professionnels de la politique lorsqu’en mai 2011, on m’a confié la responsabilité du poste de secrétaire régionale.
J’ai le plaisir de rencontrer les militants normands, le plaisir d’agir pour l’écologie dans ma région, de travailler en synergie avec d’autres régions. Au moment du débat sur la Ligne Nouvelle Paris Normandie, avec l’Ile de France et la Basse-Normandie, nous sommes le seul parti à produire un cahier d’acteur inter-régional. En région, des commissions actives et un travail de communication sur nos actions et nos prises de positions, permettent à l’écologie d’être connue, reconnue, et d’agir sur le terrain.

L’écologie est le fil conducteur de mon engagement

L’écologie, c’est la vigilance et la protection.
L’écologie, c’est le respect de la diversité.
L’écologie, c’est la volonté d’une transition vers un monde où le « mieux » se substitue au « plus », ou au « toujours moins » pour la plupart d’entre nous.

1=1, l’équation de la démocratie

La professionnalisation de la politique nous éloigne de nos représentants.
Je suis une femme de 39 ans, mère de deux jeunes enfants, professeure de collège dans un quartier populaire à Val de Reuil, et conseillère municipale de mon petit village de l’Eure. Je partage mes engagements et mon travail par l’animation d’un blog collectif, saintpierre-express.
Je ne me sens pas représentée par le club très fermé d’hommes blancs d’un certain âge qui cumulent les mandats et les responsabilités.
Avec 18,5% de femmes députées, la France reste loin derrière les pays les plus en pointe, tels que l’Allemagne (32 %) ou la Suède (47 %).
Et avec une moyenne d’âge de 59 ans, l'Assemblée Nationale française affiche l'une des moyennes d'âge politiques les plus élevées d'Europe.
Toutes les générations ont leur place, bien sûr. Si nous avons besoin de l’expérience des plus anciens, nous avons besoin aussi d’élues et d’élus qui représentent et portent la parole de toute la diversité des citoyennes et citoyens.
La démocratie se résume en une équation simple : 1=1
Les lois sur la parité, les lois souhaitées sur le non-cumul des mandats, la loi portée par l’écologiste Esther Benbassa au Sénat sur le vote des étrangers aux élections municipales, vont dans ce sens. Il nous faut réformer nos institutions, et faire évoluer notre bonne vieille Vème République en une République moderne, plus égalitaire, plus transparente, plus juste. Une 6ème République.
Nous le ferons lorsque nous serons présents à l’Assemblée Nationale.
Mais aujourd’hui, c’est à vous de choisir des élu-e-s qui confirment cette diversité. D’ajouter à l’expérience un genre différent et un renouveau de jeunesse.
Il n’est plus question de voter des lois à votre place, mais que vous aussi soyez présent-e sur les bancs de l’assemblée, au travers d’élu-e-s qui vous ressemblent. Nous y défendrons notre bien commun et les intérêts de tous.
Nos député-e-s ont un rôle national, celui de participer au travail législatif et au travail de contrôle. Il est le lien entre la population de la circonscription qu’elle ou il représente et la Nation.
Et dans son rôle national, il représente aussi la disparité des aspirations et des projets de toute la société.
C’est pour cela qu’il est important d’élire des écologistes. Nous n’aurons pas la majorité à nous seuls, mais nous porterons notre parole au sein de la majorité, et nous défendrons nos valeurs et nos projets.
Au niveau local, je saurai vous écouter, travailler dans un sens commun, développer des projets sur notre territoire. Et je vous présenterai les résultats de nos travaux, nos amendements et les lois que nous défendrons.
La démocratie ne doit pas être un lieu où vous prenez la parole une fois tous les cinq ans.
Elle doit devenir un lieu de débat et d’échange permanent entre les citoyens et les élu-e-s. C’est ensemble que nous mènerons une politique proche de vous, qui répond à vos attentes et vos besoins. C’est une écoute et un débat permanent que je vous promets. Ce débat se prolongera au travers d’un site où vous serez informés en permanence de l’avancée de nos travaux, et où nous pourrons échanger.
Comme chacun de nous, je souhaite à tous nos enfants le bonheur auquel nous avons eu le droit. Pas moins. C’est le sens de mon engagement politique.

L’OPA d’AREVA sur Uramin : deux milliards d’euros se sont envolés sous notre nez. Mediapart enquête sur un scénario digne de l’arnaque…

L'histoire que nous raconte mediapart pourrait être celle d'une banale arnaque, sauf que le montant de l'arnaque n'est pas banal : deux milliards d'euros. C'est un chiffre qui ne passe pas sur un chèque, la case des chiffres est trop petite pour y mettre la somme : 2 000 000 000 euros. Qui perd ? Areva, l'Etat, et donc nous, les français.
Comment l'Etat, comment nos élites, qu'elles soient aux manettes à l'Etat ou à Areva ont pu se laisser prendre dans ce dossier UraMin, une petite société créée en 2005 dans les île vierges britanniques, un paradis fiscal, et dont la valeur n'atteignait que 60 millions de dollars. C'est toute la question que se pose le journal, et qu'il tente de comprendre et d'élucider pour nous.
L'enjeu de cette affaire, c'est l'uranium, une ressource de plus en plus rare sur notre planète, et donc de plus en plus chère. Cet uranium, en 2006, Areva en a un besoin urgent. Non pour alimenter nos centrales, mais pour vendre l'EPR en Chine. Le gouvernement chinois exige plus qu'un réacteur. Il veut un package qui inclut les transferts de technologie sur le réacteur EPR, le cycle de retraitement, et des garanties d'approvisionnement d'uranium à bon prix.
En 2006, Areva commence à lorgner sur la société UraMin, qui fait savoir autour d'elle que ses gisements d'uranium en Afrique semblent très prometteurs. Areva n'a d'abord pas donné suite à la proposition de rachat de la société UraMin.
Mais dès le mois d'octobre 2006, les deux directions signent un accord confidentiel.
En décembre 2006, la Chine met fin aux espoir des français de vendre leur EPR, lui préférant le réacteur de l'américain Westinghouse. L'affaire aurait pu en rester là.
Mais les luttes d'influences autour d'Areva poussent la responsable d'Areva, Anne Lauvergeon, à retrouver l'autonomie de son groupe, et à se libérer de la tutelle de Bercy. Thierry Breton avait empêché le rachat d'un groupe minier australien, avait refusé la privatisation d'Areva [depuis le 30 mai 2011, l’intégralité du capital d’Areva est cotée sous forme d’actions ordinaires, Ndr], ou en lui interdisant de racheter à prix élevé RePower, une PME allemande spécialisée dans l'éolien.
Les négociations vont continuer entre Areva et UraMin. L'offre de départ de 400 millions n'a pas fait l'objet d'un accord écrit. En 2006, Areva embauche Daniel Wouters, un homme d'affaires belge, spécialiste de l'Afrique et du monde minier, pour mener les négociations, tout en l'autorisant à mener ses activités personnelles.
En six mois, le prix d'UraMin va exploser. La société quitte la place londonienne pour se placer à Toronto, plus spécialisée dans les projets miniers, et qui offre plus de garanties boursières et d'expertises techniques dans ce type de projets. A son entrée en bourse, l'action cote 2,8 dollars canadiens, et représente une valeur totale de 420 millions de dollars américains.
UraMin fait connaître les résultats d'expertises qu'elle a fait lancer, et les résultats de tous les sites sont plus prometteurs les uns que les autres. Comme le fait remarquer Mediapart, une grande partie des déclarations et articles de cette période ont disparu du web.
En mars 2007, Areva acquiert 5,5% du capital d'Uramin, pour une valeur de 4,3 dollars canadien par action. Comme dit le journal, "le poisson mord, il n'y a plus qu'à le ferrer."
En avril 2007, UraMin rompt les négociations confidentielles avec Areva, et lance un processus de mise aux enchères.
Au lieu de rompre les négociations, Areva continue de s’intéresser à l'acquisition de la société canadienne, et de ses ressources prometteuses. Le cours s'envole. Une rumeur d'un possible partenariat avec le groupe China National Nuclear Corporation, démentie par le groupe chinois quelques jours plus tard, fait prendre 4% à l'action en une séance.
En juin, UraMin annonce une nouvelle concession minière au Niger et l'action atteint 7,8 dollars canadiens à l'action.
C'est Jean-Louis Borloo, ministre des finances depuis un mois, qui donne le feu vert à une OPA sur UraMin.
7,8 dollars canadiens, c'est le prix que paiera Areva pour s'offrir UltraMin. Et encore, sans la nouvelle concession minière au Niger.
Le seul avantage qui sera concédé à Areva, c'est que sa proposition sera préférée à une offre concurrente en cas de surenchère, à condition de s'aligner sur celle-ci.
Juillet 2007, Areva lance son OPA sur UraMin, société créée seulement deux ans auparavant et qui ne valait alors que 60 millions de dollars, pour un montant de 2,5 milliards de dollars.
La valeur d'UraMin, acquise pour 1,8 milliard d’euros en 2007, et qui a nécessité des investissements par la suite, n’est plus que de 400 millions d’euros.
Le groupe français va afficher des pertes qui se chiffrent en milliards d'euros, suite à ses déboires sur UraMin, sur l'EPR en Finlande, et à la catastrophe de Fukushima qui a terni son avenir. Des milliers d'emplois vont certainement être liquidés. L'Etat français, actionnaire à plus de 80%, devra mettre la main à la poche, et l'argent public servira probablement à augmenter le capital du groupe.
Merci à Mediapart et à Martine Orange pour son enquête, dont j'ai utilisé les sources pour ce billet.
Comment une telle affaire a-t-elle été possible ? Le groupe français est leader et expert en matière de gisements d'uranium. Or, selon Mediapart, aucune expertise approfondie n’a été menée, même si des équipes internes ont bien travaillé.
L'essentiel des chiffres et des appréciations proviennent des expertises du cabinet américain SRK, et ont été fournis par le vendeur.
Comment l'Etat français, principal actionnaire, a pu ne pas arbitrer cette OPA, et au contraire donner son feu vert à l'OPA ? Quand il y a un perdant, il y a des gagnants. Qui a bénéficié de cette spéculation ? L'enquête de Mediapart nous fournit déjà des pistes, mais seule une enquête judiciaire permettra de connaître les détails de l'affaire. L'enquête de Mediapart, elle, continue...
A lire : le communiqué commun d'AREVA et d'EDF qui explique que les comptes liés à l'acquisition désastreuse d'Uramin semblaient réguliers et sincères.
Le communiqué ajoute : "Toute personne ayant une information sur un éventuel délit d'initié ou sur la surévaluation de la qualité des gisements d'Uramin avant 2010 doit la communiquer au parquet, au régulateur boursier canadien, voire à une commission parlementaire, fait valoir M. Ricol".

Eva Joly visite l’usine M-Real d’Alizay pour y défendre l’emploi

Eva Joly visite l'usine M-Real d'Alizay pour y défendre l'emploi
M-REAL est une usine qui a prouvé sa rentabilité et son utilité publique. On y fabrique près de 5% du papier vendu en France, on y fabrique un papier recyclé de grande qualité, et la filière pourrait être encore améliorée, de façon écologique et économique. Si Véolia voulait trier le papier plutôt que de sous-traiter le recyclage du papier en Chine. Si les propriétaires de l'usine, le groupe Metsäliitto ne s'acharnait pas à fermer cette usine, alors qu'elle est rentable, et que ce même groupe, par l'intermédiaire de son PDG, M. Mikko Hellander, empêche toute possibilité de reprise du site. Des repreneurs, le français Fin Activ, et le Thaïlandais double A acceptent toutes les conditions imposées pare le groupe finlandais. Le groupe finlandais s'obstine à ne pas laisser cette usine survivre.
C'est une catastrophe pour les familles des ouvriers de l'usine d'Alizay, mais aussi pour toute la vallée de l'Andelle, les collectivités, les commerces... Y avait-il lieu plus emblématique pour venir défendre l'emploi, défendre l'usine d'Alizay, aux côtés des syndicalistes et des ouvriers, et présenter le plan pour l'emploi des écologistes ? Objectif, 1 million d'emplois en créés d'ici 2020.
Il n'y a pas de fatalité du chômage. Il y a la volonté de certains groupes industriels de délocaliser des activités qui peuvent être rentables ici, mais qui le sont plus encore ailleurs, avec des contraintes sociales et environnementales bien plus souples. Alors on ferme. Tout le monde est touché. Quand un grand groupe ferme une usine, c'est d'abord les salariés qui le payent. Mais rapidement, ce sont les partenaires de l'usine, des myriades de petites entreprises, les commerces, les collectivités locales et les régions qui en ressentent les effets, comme un jeu de domino.
La volonté des États, de la collectivité, des salariés, des habitants doit être plus forte que celle de ces groupes qui vont travailler plus loin pour gagner plus encore.
Une usine comme celle d'Alizay n'est-elle qu'un outil de production sur lequel le groupe qui la possède dispose aussi du pouvoir de vie et de mort du site ? Pourtant les collectivités ont aussi investi, en argent, en infrastructures pour que cette usine puisse s'installer. Les employés y ont leurs habitations autour. Leurs vies, leurs relations se sont construites autour de leur usine. Ils y ont investi leur argent et leurs vies. L'usine n'est pas qu'un lieu de travail, c'est aussi un lieu de vie et d'échange. Comme l'a rappelé Eva Joly au cours de la visite : "L'écologie, ce n'est pas la science de l'environnement. L'écologie c'est la préservation de l'homme dans son environnement."
C'est pour cela que les écologistes sont aux côtés des salariés de M-REAL. C'est pour ça qu'après Karima Delli - qui a porté au parlement européen la question de la compatibilité du comportement de l’entreprise avec le droit européen à la concurrence -, c'est Eva Joly qui vient à son tour apporter son soutien aux salariés dans leur combat pour sauver leur usine.
Au côté des syndicalistes (Thierry Philippot pour la CGT et Eric Lardeur pour la CFE-CGC), Eva Joly a dénoncé la financiarisation de l'industrie et l'impuissance des pouvoirs publics. Le site d'Alizay est un site viable, que son propriétaire finlandais préfère laisser mourir plutôt que de le céder à des concurrents. Eva Joly s'est engagée à faire porter par les députés et sénateurs écologistes un projet de loi d'urgence qui forcerait un groupe à vendre un site lorsqu'il a prouvé sa viabilité. Elle s'est également prononcée pour une mesure exceptionnelle d'expropriation du site par l'Etat, dans l'attente d'une reprise par un nouveau propriétaire, "parce que c'est dans ce cas une mesure d'intérêt général". Les salariés ont jusqu'au 2 avril : après, pour eux, ce sera trop tard...

"travailler mieux pour travailler tous"

A 100 jours du premier tour de l'élection présidentielle, et quelques jours avant le Sommet Social pour l'Emploi de Nicolas Sarkozy, Eva Joly a choisi le site industriel haut-normand pour annoncer un thème majeur de sa campagne : le pacte écologiste pour l'emploi. Par un chiffrage très précis, Eva joly démontre que la création d'1 million d'emplois est possible par la conversion écologique de l'économie.
A l'heure même où la France perd son triple AAA, Eva Joly veut démontrer que ce n'est pas en fermant plus de sites industriels que notre dette s'allègera. On ne fait que reporter la dette sur la collectivité en arrêtant l'activité et en supprimant des emplois.
En tout premier lieu, les écologistes ont toujours prôné les circuits courts : moins de transport, c'est moins d'émissions de CO2. C'est bon pour la planète où nous vivons, et c'est bon pour nos emplois. Dans l'industrie aussi, nous croyons qu'il faut empêcher les délocalisations, et relocaliser la production. C'est pour cela qu'à Petroplus mardi dernier (lors de sa première visite de la semaine en Normandie), Eva Joly a soutenu que Karima Delli - qui a porté tant que nous utiliserons des produits pétroliers raffinés, il valait mieux les raffiner ici plutôt que de les importer.
Eva Joly prône les emplois non-délocalisables. Chiffres à l'appui, elle décline les emplois qui pourraient être créés par un plan massif de rénovation thermique des bâtiments, par le développement des énergies renouvelables, et par celui des transports en commun.
Cela permettra de compenser les pertes d'emplois dans d'autres secteurs aujourd'hui en crise, comme le secteur de la construction automobile, en permettant en outre une reconversion des savoir-faire. Ce n'est pas en mettant sous perfusion les industries du passé que l'on prépare l'avenir, c'est en organisant leur reconversion en industries d'avenir. Il en va de même pour le développement des énergies renouvelables, qui permettrait de sortir progressivement du nucléaire, en compensant là encore les pertes d'emplois (des emplois nécessaires en outre pour assurer le démantèlement des centrales).
A la question du coût du plan de rénovation thermique des bâtiments, Pascal Canfin, responsable du programme économique, répond en expliquant que le coût de l'investissement (financé par un "livret vert") sera compensé par les économies d'énergies que permettra ce plan. C'est en outre un moyen de réduire la précarité énergétique. Car comme l'a rappelé Eva Joly le 9 janvier dernier lors du meeting « Urgence contre le logement cher ! » co-organisé par la Plateforme des mouvements sociaux pour le logement, l’association Droit Au Logement et la Fondation Copernic, "sortir de la crise du logement, c'est aussi sortir de la précarité énergétique."
Un deuxième axe fort de son programme pour 1 million d'emplois réside dans ce que les écologistes appelent le "vivre-mieux" : la prise en charge de la petite enfance, de la dépendance, du handicap, en sont des exemples. Créer 400.000 places supplémentaires en crèches en 5 ans aura certes un coût pour les collectivités, mais il s'agit là d'un choix politique. C'est le choix de permettre à tous de concilier vie de famille et vie professionnelle et de maintenir dans l'emploi nombre de femmes qui en sortent au moment d'avoir des enfants. C'est là aussi un moyen de réduire la précarité, quand on sait, d'après les chiffres de l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion que ce sont les familles monoparentales les plus touchées par cette précarit.
C'est la volonté affichée par Eva Joly, de ne laisser "personne sur le côté de la route". C'est la volonté d'égalité, de dignité et de fraternité de la candidate des écologistes à la présidence de la République.
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(*)Merci à tou-te-s les salarié-e-s pour leur accueil et pour la qualité de leur écoute. Nous savons que pour eux l'heure est grave et nous leur réitérons tout notre soutien.
Merci aussi à tou-te-s les militant-e-s et aux élu-e-s qui ont pu se rendre disponibles pour venir à la rencontre d'Eva et des salariés de M-Real : Véronique, Marie-Hélène, Claire, Marie, Manue, Alexis, Gilles, Guillaume, Jérôme, René, Yves, Julien, Francis, Jean-Marie, Stéphane, Claude, Pierre, Yann, Régis, Achard, Pascal, et les autres !

A Petroplus, Petit-Couronne, le 10 janvier 2012, et à M-Real, Alizay, le 13 janvier, Eva Joly vient rencontrer les salariés pour parler d’emploi et de conversion industrielle en Haute-Normandie

Ecologie et industrie : la conversion est nécessaire, et elle doit respecter les hommes et leur environnement
Mardi 10 janvier 2012, Eva Joly fera le déplacement à Petit-Couronne, près de Rouen, sur le site de la raffinerie vendue par Shell au groupe suisse Petroplus en 2008. Jeudi 29 décembre 2011, entre Noël et le jour de l'an, le groupe suisse a annoncé que toutes ses lignes de crédit avaient été suspendues par les banques.
La société est basée dans le canton suisse de Zoug ("la Suisse de la Suisse"), à l'instar d'autres multinationales comme Glencore, le numéro un mondial des matières premières, qui avait dépecé Metaleurop, ou Precious Woods, actif dans les bois tropicaux, ou encore le sulfureux propriétaire de l'Erika, ce navire-poubelle auteur d'une marée noire en Bretagne, qui n'a jamais été inquiété...
On s'inquiète aujourd'hui de la faillite de Petroplus, qui laisserait sur le carreau les 550 salariés de Petit-Couronne : qui prendrait alors en charge le plan social et la dépollution du site ?
Les écologistes souhaitent rappeler la responsabilité du groupe Shell, propriétaire du site pendant 60 ans, de 1948 et 2008.
La multinationale a vendu ses raffineries à Petroplus en 2007, alors que l'on savait que la société acheteuse était dans le rouge.
L'inconséquence environnementale s'accompagne, chez Shell comme jadis chez Metaleurop(*), d'une inconséquence sociale. Si ces grands groupes ont anticipé la nécessaire mutation de nos anciens appareils industriels, c'est en se désengageant de la production, sans prise en compte des conséquences sociales et environnementales. Quant à l'Etat et aux régions, on ne peut pas dire non plus qu'ils aient montré la volonté d'accompagner cette transition de nos anciens appareils productifs, pourtant nécessairement voués à évoluer pour s'adapter aux évolutions écologiques : raréfaction du pétrole, mutation des transports et diminution de la part de l'automobile.
Aujourd'hui ce sont les salariés qui font les frais de l'inconséquence des entreprises et des pouvoirs publics.

Qui prendra la décision de convertir enfin nos industries du passé en industries d'avenir ?

Il faut s'habituer aujourd'hui à considérer le pétrole comme une denrée rare et précieuse, que l'on doit réserver pour l'avenir à ses usages les plus nobles et les plus indispensables, comme la chimie et notamment la fabrication de médicaments.
La conversion écologique de l'industrie et l'emploi seront les thèmes d'un second déplacement d'Eva Joly en Haute-Normandie, le vendredi 13 janvier, sur le site de M-Real à Alizay.
Ce site, également menacé, est emblématique du manque de volonté d'accompagnement de la transformation écologique de nos sites industriels, puisqu'un projet existe, porté par les salariés, les syndicats, et les écologistes.
Dès le mois de juin 2011, au moment des primaires écologistes, Eva Joly s'est intéressée à l'avenir de l'industrie haut-normande, avec un premier déplacement à l'usine Renault de Sandouville (76). Elle y a vivement soutenu le projet de mise en place d'une nouvelle filière de déconstruction automobile, porté par les salariés depuis 2009. Ce genre de projet est exemplaire de la conversion nécessaire de nos industries du passé, et il répond à la fois aux préoccupations environnementales (récupération et valorisation des matériaux) et sociales (reconversion des salariés et valorisation de leur savoir-faire).
(*)Metaleurop a déposé le bilan en 2003 et laissé sur le carreau les 830 salariés du site et une zone de 45 km2 à dépolluer - soit 60 000 habitants exposés à la pollution par le plomb. Les écologistes veulent rappeler à ces grands groupes le principe du "Pollueur-Payeur", adopté par l'OCDE en 1972 et défini en France par l'article L110-1, II, 3° du code de l'environnement selon lequel « les frais résultant des mesures de prévention, de réduction de la pollution et de lutte contre celle-ci doivent être supportés par le pollueur.»

Loin des cartes postales de vaches sous les pommiers, notre région est avant tout une région industrielle. Au XIXe siècle, ce sont d'abord les industries textiles et les papeteries qui se sont installées, d'abord dans les petites vallées affluentes de la Seine (le Cailly, le Robec, la Sainte-Austreberthe), puis sur la Seine elle-même. Avant la guerre, ce fut au tour des raffineries de s'implanter entre Rouen et Le Havre (deux ports situés respectivement au 2e et 6e rang national). Un pôle pétrochimique considérable s'est ainsi développé autour de cet axe, qui réalisait un tiers de la production française de produits raffinés en 2004. Dans les années 1960, l'industrie automobile s'est installée (Cléon, Sandouville, Dieppe, Grand-Couronne, Aubevoye), suivie par d'autres industries décentralisées (électronique, pharmacie et parfumerie), développant un important réseau de sous-traitance. Enfin, dans les années 1980, deux centrales nucléaires ont été construites, Paluel et Penly, produisant un dixième de l'électricité française.
L'importance de l'activité industrielle va de pair avec une représentation plus forte de l'emploi industriel (un emploi sur 5) par rapport à l'ensemble du territoire (moins d'un emploi sur 6). (Source : Insee, La France et ses régions - Édition 2010, parue en juin 2010).
Mais ces grands établissements à unités de production lourde dépendent pour la plupart de centres de décision extérieurs à la région. Elles sont par ailleurs donneuses d’ordre pour de nombreuses petites et moyennes entreprises sous traitantes. Cette double dépendance fragilise le tissu industriel. Ce qui a longtemps été un atout pour le P.I.B. régional (la région était en 2006 au 8ème rang des régions françaises pour le PIB par habitant) devient une faiblesse dans un contexte comme celui d’aujourd’hui. Une reconversion économique et sociale est nécessaire pour la Haute-Normandie et sa situation sociale et sanitaire devient de plus en plus fragile.
Sur le plan sociologique en effet, la région reste fortement marquée par cette histoire industrielle et la proportion d’ouvriers (31% des emplois) et d’employés (28%) est plus forte qu’au niveau national, alors que la proportion de cadres reste inférieure (9,7% contre 13% en France).
La Haute-Normandie est particulièrement exposée à la crise débutée en 2008. La hausse du chômage a fortement affecté toutes les zones d'emploi, avec un taux de chômage qui dépasse les 10% et met la Haute-Normandie au 4ème rang des régions françaises les plus touchées. Le taux d’activité féminine est inférieur au taux national, la Haute Normandie se situant à 49,10 % soit en quatrième position et 7 points de moins que la première région l’Ile de France (56,20%).
La Haute-Normandie reste en outre déficitaire dans ses échanges migratoires : ce sont majoritairement les jeunes et les mieux formés qui quittent définitivement la région. Cette dégradation du solde migratoire de la Haute-Normandie contribue au vieillissement de la population. Les personnes âgées de plus de 60 ans, les « seniors » (18,8 % au dernier recensement) devraient représenter 31,6 % de la population régionale à l’horizon 2030. Le nombre de retraités croit plus vite que la population active et la région compte désormais deux retraités pour cinq actifs.
Notons enfin que la Haute-Normandie présente une situation sanitaire préoccupante, l’état de santé de la population ayant aussi un impact sur son employabilité et son insertion sociale. La surmortalité est supérieure à la moyenne nationale, et notamment la surmortalité prématurée (plus 12,9 % par rapport à la moyenne nationale), particulièrement pour les cancers, suicides ou maladies liées à une consommation excessive d’alcool.

En 2012, je vous souhaite de trouver l’amour et le bonheur, dans un monde en paix, dans un monde vivable

Bonne année 2012 à toutes et tous
L'année 2011 a été l'année des premiers changements. L'année 2012 sera celle des changements pour une autre société.
2011, nous laisse un goût de miel dans la bouche quand nous pensons aux printemps arabes. Mais de ces luttes, nous retiendrons que le changement a trop souvent le goût du sang.
Ce même changement que revendique le mouvement des indignés. Ils dénoncent ce 1% de la population qui, depuis trop longtemps, profite des 99% restant.
Ce changement subi par les japonais, qui après l’accident nucléaire de Fukushima, ont changé leurs pratiques énergétiques. Ils ont compris que l'avenir ne rimait pas avec énergie nucléaire.
En ce début d’année 2012 on ne peut que souhaiter une continuité dans les changements. Des changements à tous les niveaux de notre société, qui ne pourront être réalisés que si chacun et chacune d’entre nous se rend compte de son pouvoir d’action dans la société. Et naturellement en cette année d’élections, je souhaite que nous soyons nombreux et nombreuses à faire le choix de l’écologie politique, seul projet politique qui permettra un changement réel.
Il faut tout changer en 2012. Et comme à toute règle, il faut une exception, il faudra continuer, tout faire, et faire même encore plus cette année, pour empêcher le changement climatique.
Permettez-moi de vous souhaiter, en cette période difficile, de trouver l’amour et le bonheur avec ceux et celles qui vous entourent, pour une année de réussite dans la réalisation de vos projets.

Le 23 janvier 2012 à Rouen : présentation des résultats de l’expertise complémentaire sur la LNPN demandée par le groupe EELV

Une réunion publique supplémentaire se tiendra à Rouen le 23 janvier (Halle aux Toiles, 19h-22h).
Suite à la proposition conjointe des groupes EELV d'Ile de France, de Basse et de Haute Normandie, la Commission nationale a accepté le principe d’études alternatives d’infrastructures. Cette étude confiée au cabinet BG, porte sur les améliorations qui peuvent être apportées au réseau actuel à l'ouest de Mantes-la-Jolie et sur le potentiel de la ligne ainsi rénovée.
Il s'agit d’évaluer l’évolution de la fréquence des trains et les gains de temps que pourraient apporter des travaux de modernisation, leurs coûts et les délais de réalisation.
EELV se satisfait que la Commission nationale du débat public (CNDP) ait accepté que ces études complémentaires soient menées afin de vérifier la pertinence de l'alternative qu'ils proposent pour répondre aux enjeux de modernisation et de régularité de la ligne.
Dans le cahier d'acteur inter-régional d'Europe Ecologie Les Verts, lancé le 18 octobre dernier au Havre, les écologistes revendiquent en effet leur préférence pour un train du quotidien plutôt que pour la grande vitesse.
Dans le débat public sur le projet LNPN (Ligne Nouvelle Paris Normandie), les élus EELV normands et franciliens se sont démarqués de l’unanimiste ambiant règnant autour du dossier. "La priorité n’est pas de gagner du temps, mais bien d’apporter des réponses aux besoins des usagers amenés à se déplacer quotidiennement".
Les écologistes critiquent le projet tel qu’il a été soumis au débat et la démarche qui le sous-tend. "Ce projet est une opération de communication politique pour faire bien, pour faire chic, alors qu’on sait qu’il ne se fera pas", a affirmé Cécile Duflot au Havre le 18 octobre. Ils estiment que la facture serait "insoutenable", qu’elle serait répercutée sur l’usager et nécessiterait inévitablement un recours au privé.
Ils assurent que malgré l’ampleur des investissements qui devraient être engagés, les bienfaits restent à démontrer, sauf pour quelques-uns. "De telles lignes n’irriguent pas un territoire mais profitent aux pôles qui sont à chaque bout en laissant un désert entre les deux", prédisait Cécile Duflot.
En résumé, les écologistes estiment que le projet "pharaonique" de ligne nouvelle n’’est justifié que par "l’obsession d’aller plus vite alors que les usagers eux voudraient surtout arriver à l’heure et dans des conditions de confort moins dégradées". Ils estiment qu’il s’agit d’un projet "dépassé" construit sur "l’imaginaire de la grande vitesse" et fondées sur "les idées de 1980" plutôt que sur "les problèmes de 2020".
Les écologistes ne jugent ainsi "indispensable" qu'une ligne nouvelle qu’entre Paris et Mantes-la-Jolie, afin de séparer le trafic banlieue du trafic normand. Pour la plus grande partie de la ligne, ils plaident pour améliorer l’existant, acceptant cependant le principe d’une gare nouvelle à Rouen pour décongestionner ce noeud ferroviaire saturé. Ils assument le fait que, dans leur version, le gain de temps soit modeste (Le Havre se retrouverait à 1h45 de Paris contre 1h15 dans le projet soumis au débat et 2h05 aujourd’hui).
Ils estiment qu’avec cette approche modeste, il sera possible de réduire considérablement la facture, évaluée entre neuf et quinze milliards d’euros, et de consacrer l’argent ainsi économisé à l’amélioration des relations entre les bassins de vie normands et entre la Normandie et les régions voisines. Ils évoquent en particulier la remise à niveau des lignes Caen-Rennes, Rouen-Caen ou encore Bréaute-Fécamp ou Rouen-Dieppe.

En 2012, je vous souhaite tout le bonheur du monde

2011 a été l’année du printemps arabe.
Les vieux dictateurs ont été mis à la porte, au nom de la justice et de la liberté.
En 2012, les peuples devront poursuivre sur ce chemin de la liberté, et ne pas se faire voler leur révolution. En France aussi, nous voulons rénover nos institutions. Nous demandons une séparation réelle des pouvoirs. Nous exigeons plus de diversité, de parité, plus d’égalité. Les français prennent la parole et ne veulent plus des affaires.
En 2011, les peuples se sont indignés. Les économistes sont atterrés. La politique a capitulé devant les marchés. Les financiers se régalent. Pour conserver le AAA donné par les agences de notations, les populations ont été mises à contribution. Des populations entières sont sacrifiées pour assurer les richesses d’une petite oligarchie.
En 2011, nous atteignons un record de chômage intolérable. Quatre millions deux cent quarante quatre mille huit cents demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi en catégories A,B, et C pour la seule métropole.
En 2011, l’Europe s’est divisée, et le tandem Merkel-Sarkozy, qui a pris les commandes de l’Europe, a réfléchi à exclure au moins un pays européen. De sommet décisif pour sauver l’euro en sommet décisif pour sauver l’euro, c’est toute notre économie qui montre sa fragilité face à la spéculation. D’anciens banquiers de Goldmann Sachs et de Lehmann Brothers ont été nommés pour prendre la gouvernance d’Etats européens.
Il tiendra à nous qu’en 2012, la politique revienne à sa mission de représentation du peuple, et non plus des intérêts de quelques-uns. La démocratie doit progresser, pas seulement dans notre pays, mais aussi en Europe. Avec des responsables politiques élus et non nommés.
En 2012, il faudra protéger l’économie réelle de la spéculation, et réguler la finance. L'emploi devra être re-localisé et de nouvelles filières créées.
En 2011, les catastrophes naturelles et sanitaires se sont multipliées : séismes, tornades, sécheresses… du Japon à la Turquie en passant par la Nouvelle Zélande ou la Corne de l’Afrique, pas une région du monde n’a été épargnée.
Après le bilan très mitigé du sommet de Durban, l’Union européenne adopte, enfin, au 1er janvier 2012 une loi qui fera payer la pollution émise par les compagnies aériennes – et ce malgré l’opposition des Etats-Unis et de la Chine.
2012 sera une année pour lutter contre les dérèglements climatiques, si nous le voulons.
2011 enfin, a été l’année de la prise de conscience du risque nucléaire, avec la catastrophe de Fukushima. Tout autour de nous, des pays européens se sont prononcés pour la sortie du nucléaire (l’Allemagne, la Suisse, l’Italie, la Belgique …).
2012 sera l’année où nous constaterons que les énergies renouvelables ne sont pas qu’une solution pour éviter ce risque. Elles assureront aussi une vraie indépendance énergétique durable, et des emplois qui seront créés dans notre pays. Areva même en prend conscience, qui a perdu de l'argent dans le domaine du nucléaire, et continue sa conversion vers les énergies renouvelables : 120 turbines d'éoliennes vont être construites en Allemagne pour 1,2 milliards d'euros, et ce seront 1,8 milliards d'euros qui vont être investis en France.
En 2012, c’est nous qui choisirons entre l’indépendance et la sécurité, ou le risque et les déchets.

L’écologie politique porte dans son projet ces valeurs philosophiques, démocratiques, économiques et énergétiques

  • Pour une nature redéfinie comme patrimoine commun de l’humanité, où l’homme retrouve une place harmonieuse. Où il ne soit plus seulement considéré comme consommateur, mais aussi comme citoyen responsable. Considéré dans ses droits (à la santé, à une alimentation saine, au logement, à l’éducation, au transport...) mais aussi dans sa conscience. Pour que le « mieux être » remplace l’« avoir plus ».
  • Pour une 6ème république qui revivifie la représentation politique - par l’application de la proportionnelle, le non-cumul des mandats, une parité effective, le droit de vote des résidents étrangers… Pour que la politique ne reste pas « un club d’hommes blancs et bourgeois d’un âge certain ».
  • Pour une économie « libérée de la finance », au service des populations et des territoires, accompagnée d’une réforme de la fiscalité, pour un impôt plus juste et plus écologique, et d’une négociation sur la réduction du temps de travail – pour « travailler moins, travailler mieux, travailler tous ».
  • Pour une transition énergétique et pour la création de centaines de milliers d’emplois – dans la rénovation du bâti, les énergies renouvelables, le démantèlement nucléaire comme filière d’excellence française, et les transports (ferroviaire, services liés à la mobilité et à l’intermodalité…)
En 2012, c'est tous ensemble que nous pourrons relever ces défis.
Je fais le voeu que 2012 soit une année de réparation, et je vous souhaite tout le bonheur du monde.
Laetitia Sanchez

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