vite dit

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Africa for Norway. On se poêle un bon coup, ça réchauffe 5 minutes…

C'est l'hiver, en Norvège comme en France. On a tous besoin d'un toit et d'un peu de chaleur. Radi-Aid

L’UMP perd l’élection

L'UMP a perdu aux municipales en 2008.
L'UMP a perdu aux européennes en 2009.
Elle a perdu aux régionales en 2010.
Elle a perdu aux cantonales en 2011.
L'UMP a perdu à l'élection présidentielle en 2012.
L'UMP a perdu aux législatives en 2012.
Heureusement il restait une élection où l'UMP ne pouvait pas perdre : l'élection du président de l'UMP.
L'UMP a perdu à l'élection de l'UMP en 2012.

Barak Obama : Oui, il a pu, deuxième !

Barak Obama : Oui, il a pu, deuxième !Obama, et de deux
Barak Obama réélu Présidents des États-Unis, malgré la crise, malgré le chômage.
Ça pourrait être pire ?

Caméra diagonale : tweet and shout

J'avais délaissé caméra diagonale, pour cause de bugs à répétition dans les commentaires.
Je commets un commentaire dimanche. En réponse à Franck Martin et ses chars à boeufs.
Le commentaire n'est pas repris. Lundi midi, je téléphone à José Alcala, ainsi qu'il m'en avait prié.
Il me dit qu'il y a eu bug. Il me propose de republier, je lui propose de lui envoyer par mail. Tout cela se passe correctement, nous restons aimables.
Dans l'entretemps, laetitia twitte. Attention, pas n'importe quel tweet. Un tweet assassin. Un tweet accusateur.
@cameradiagonale se targue d'indépendance journalistique, mais censure les commentaires sur son blog (on a des photos ;-) #TéléMartin
Connaissant le patron du blog, je demande à Laetitia de retirer son tweet. Trop tard.
José Alcala déclenche son enquête et découvre la provenance de ce message tordu.
L'ire du blogueur se déclenche et il publie un billet dans lequel il dénonce le complot.
Deux trois petites choses, m'sieur Alcala:
Tu me fais trop d'honneur pour croire que je parle au nom d'EELV. Je parle en mon nom, c'est déjà bien.
Je ne me suis pas insurgé contre cette censure. Tu m'a dit bug. Je veux bien te croire.
Je te rappelle que j'ai été cordial. Et toi aussi d'ailleurs. Au téléphone.
Ces quoi ces foutaises de petit clan, des écolos de Saint-Pierre, et autres fadaises.
Caméra Diagonale ne diffusera pas le commentaire. Que dire ? Na !? C'est pas bien grave José.
Enfin le coup de l'oppression : "Ce média n'obéira pas aux pressions et aux prétentions de personnages folkloriques qui entendent donner des leçons à la terre entière."
Comme je te l'ai écrit, j'ai jamais eu l'impression que je pouvais t'effrayer ou te coller des pressions. Pas plus que je ne tremble.
C'est quoi ces formules à l'emporte-pièces ?
Personnage folklorique ? Je préfère être folklorique qu’irascible. Quant aux leçons qu'on donne à la terre entière, c'est l'ancien journaliste qui parle au blogueur padawan. Pas la peine non plus se monter le bourrichon.
Dernière chose : nous ne sommes pas en pétard. C'est toi qui es en pétard. Je ne suis pas en pétard. Je suis... consterné :-;
Au moins suis-je officiellement tricard du site.
chmod("http://www.cameradiagonale.com", 0750); Pour se calmer :-)

Jean-Marie Le Pen à Andé le 5 juin 2012

Après 10 ans de politique sarkosyste sécuritaire qui ont alimenté les idées du FN et la xénophobie, le FN s'est banalisé. Pour certains, «il n’y a plus de honte à voter FN». Marine Le Pen avance masquée avec des arguments démagogiques. Elle annonce des mesures qui se contredisent les unes les autres.
Le vote FN prospère sur la misère sociale, l’isolement et la peur du déclassement. Les personnes se sentent abandonnées par les politiques lorsqu’elles vivent en ville, mais plus encore parfois lorsqu’elle en sont éloignées et donc précarisées. Le chômage a augmenté de 25% les 5 dernières années. De plus en plus de personnes vivent en grande précarité.
Nous pensons qu’il faut absolument combattre la misère sociale, le chômage et la précarité.
Ce qu’EELV propose, c’est la création d’1 million d’emplois non délocalisables sur 5 ans : 600 000 dans la transition énergétique, et 400 000 pour politiques de solidarité.
Pour ce qui est de la précarité, nous voulons agir sur le coût de la vie en diminuant les dépenses contraintes. On pense pouvoir agir ainsi sur la moitié des dépenses contraintes des ménages :
  • le logement par le plafonnement des loyers,
  • les déplacements avec personne à moins de 10 min d’un système de déplacement collectif (y compris covoiturage, taxis intercommunaux…) et des emplois plus proches des lieux d’habitations
  • l’énergie : avec la réhabilitation énergétique des logement permettant de fortes économies.
Enfin, nous voulons repenser l’aménagement des territoires pour plus d’égalité : redonner plus de place aux petites communes, stopper le développement à tout va des grandes métropoles au détriment du reste du territoire.
Et nous nous réjouissons de la nomination de Cécile Duflot comme Ministre de l’égalité des territoires et du Logement !
Concrètement, cela signifie :
  • attirer l’emploi sur les territoires par des mesures incitatives (entreprises, commerces,…),
  • diminuer le coût des transport : avec le rapprochement de l’emploi et de meilleurs services de transport, ce coût doit diminuer.
  • Remettre plus de services publics dans les zones rurales : il est anormal qu’aujourd’hui des citoyens doivent parcourir de nombreux kilomètres pour se rendre qui à La Poste, qui à Pôle Emploi.
  • Donner plus de voix aux citoyens avec plus de démocratie locale.
Par ailleurs, nous pensons que pour mieux vivre ensemble, il est primordial de redonner toute sa place à une école où l’on apprend à réfléchir et non juste à « bachoter » pour les notes. L’éducation civique y a toute sa place. On doit aussi permettre le développement des initiatives d’éducation populaire.
Les 10 et 17 Juin prochain,
Votez Europe Ecologie Les Verts !

Un artiste explose à Saint-Pierre du Vauvray

Duchamp-Villon ressuscité !
le portrait officiel de Laetitia Sanchez, candidate écologiste aux législatives de la 4ème circonscription, et aussi conseillère municipale à Saint-Pierre, est orné une moustache. Sur les panneaux d'affichage officiels à Saint-Pierre du Vauvray.
La moustache est assortie d'une vague forme oblongue, pas très grande, accompagnée de noyaux de cerises faisant office de roubignoles. Une signature en quelque sorte. cela m'a fait penser que l'artiste est plutôt du genre masculin.
Et c'est un récidiviste : les affiches des cantonales de 2011 - Laetitia Sanchez n'était que suppléante alors - avaient été ornées des mêmes symboles.
Un nouveau Duchamp-Villon est peut-être né à Saint-Pierre.
Mais peut-être n'est-ce aussi qu'une façon de dévaloriser une candidate et des idées en imposant sa p'tite quéquette sur une affiche, bardée d'une moustache signifiant : je hais les femmes et je suis un âne honni, mousse. D'autres références surgissent alors, de gainsbarre aux mouvements sociaux et aux actions des anonymous.
Seulement c'est pas les moustaches des anonymous qui sont dessinées. L'explication est bancale, d'autant que la candidate ne reflète pas l'image du pouvoir.
La vérité est sans doute ailleurs, agent Scully. Et si ce n'était qu'une saillie d'un adulte fréquentant les bacs à sable de la politique pour tenter de diffuser sa rage, sa connerie et son sexisme ?

Lu sur le Paris-Normandie : «Nos solutions pour la 4ème circonscription»

René Bodineau et Laetitia Sanchez interviewés par le Paris-Normandie - crédit photo: S. Fillastre
"Les Verts (EELV) sont là parce qu'« il faut irriguer la société avec nos idées, développer nos thèmes qui constituent aussi une réponse à la crise sociale et environnementale », explique celle qui occupe le poste de secrétaire régionale."
"Elle est persuadée aussi que les propositions d'EELV constituent « une réponse au Front National qui a profité du désarroi des populations dans les zones rurales »."
"Elles offrent des solutions pour les transports, pour favoriser les circuits agricoles courts, gages d'une bonne alimentation, pour promouvoir les énergies renouvelables et des bâtiments performants sur le plan thermique. Tout cela est porteur « d'emplois locaux non délocalisables », assure encore Laëtitia Sanchez qui voit dans nos campagnes une population repliée sur elle-même qu'il est urgent de « remettre ensemble » [...]" (source : Paris-Normandie)
L'article du Paris-Normandie parle ensuite des thèmes plus locaux abordés la candidate EELV, comme la LNPN, et des sujets qui sont débattues au cours des réunions publiques.

5 communes euroises labellisées «Villes et villages étoilés». L’Eure est le département le plus récompensé avec 25 communes labellisées.

La France vue du ciel la nuit. Comment faire des économies d'énergie la nuit ? La réponse est lumineuse.
L'article est sur L'Eure en ligne. L'Eure s'est engagée dans le processus d'amélioration de la qualité de la nuit avec 18 municipalités signataires de la charte de protection de l'environnement nocturne de l'ANPCEN et d'autres sont à l'étude.

On peut y lire : "Depuis 3,7 milliards d'années, la vie terrestre est réglée par l'alternance du jour et de la nuit.

En moins de 50 ans, l'homme a bouleversé cette alternance vitale par une utilisation exponentielle des éclairages extérieurs artificiels. Cette lumière, en excès, génère une nouvelle pollution : la pollution lumineuse. La pollution lumineuse est une forme de pollution récente mais en fort développement.

Ses impacts sur la santé humaine et la biodiversité sont maintenant connus et répertoriés. L'excès de lumière artificielle extérieure contribue aussi au gaspillage énergétique et au dégagement de gaz à effet de serre. L'ANPCEN collecte les études scientifiques et diffuse l'information auprès du grand public, des élus et des professionnels de l'éclairage." (source : L'Eure en ligne)

l'occasion de rêver encore en contemplant les étoiles...
Jean Louis Destans, Président du Conseil général de l’Eure, et Christophe Quétel, délégué régional de l'Association Nationale pour la Protection du Ciel et de l'Environnement Nocturnes (ANPCEN) ont donc remis les labels à 5 communes :
Dame-Marie et Irreville ont reçu la note maximum, 5 étoiles,
Criquebeuf-la-campagne a obtenu 3 étoiles,
Francheville bénéficie de 2 étoiles pour son engagement,
Venon est également récompensée et a reçu sa première étoile.
Nous applaudissons l'initiative, c'est la protection de l'environnement nocturne, et ce sont des économies d'énergie. Et c'est aussi la possibilité de rêver un peu en contemplant les étoiles...
Nous espérons que cette initiative fera beaucoup d'émules dans les communes euroises, et peut-être même à Saint-Pierre du Vauvray...

Des militants politiques hors la loi. Selon Jean-Charles Houel, “il serait bon que les supportrices de Bayrou soient moins péremptoires et plus modestes.”

"La loi interdit toute propagande en faveur de qui que ce soit après vendredi minuit", explique Jean-Charles. "[Cette règle] s'applique presque [à] tous puisque des supporters de François Bayrou tenaient un stand sur le marché de Louviers ce matin. Comme je leur indiquais l'illégalité de leur démarche, les deux jeunes femmes Bayrouristes ont contesté ce point et m'ont invité à consulter le code électoral ce que j'ai fait aussitôt", ajoute-t-il.
Jean-Charles Houel a encore raison lorsqu'il dit : "Le code électoral (chapitre propagande) est sans aucune ambiguïté."
Dans le code électoral, que l'on peut consulter ICI, l'article L. 49 est explicite.
Article L. 49
A partir de la veille du scrutin à zéro heure, il est interdit de distribuer ou faire distribuer des bulletins, circulaires et autres documents.
A partir de la veille du scrutin à zéro heure, il est également interdit de diffuser ou de faire diffuser par tout moyen de communication au public par voie électronique tout message ayant le caractère de propagande électorale.
Jean-Charles conclut donc : "Il serait bon que des militants politiques se renseignent plus avant plutôt que de se trouver hors la loi. Il serait bon aussi que les supportrices de Bayrou soient moins péremptoires et plus modestes."
Je lui ai relaté le cas de Saint-Pierre du Vauvray, où des affiches électorales EELV ont été collées à 23h55 le vendedi 20 avril, et elles ont tenu le samedi jusqu'en fin de matinée. Mais le commentaire a du rester bloqué dans le tuyau.
Dans l'après-midi, sur les 4 affiches, 3 ont été recouvertes par des affiches de François Hollande. Il restait néanmoins une affiche d'Eva Joly. J'ai signalé le fait au PS 27, par le biais du formulaire de contact de leur site.
Dimanche matin, c'est un nouveau changement d'affiches qui a eu lieu : les affiches de François Hollande sont arrachées, ainsi que les affiches d'Eva qui étaient dessous, et ce sont des affiches du front de gauche qui viennent recouvrir le panneau. Tout le panneau, cette fois.
Je ne vais pas demander au PS, ni au front de gauche d'avoir plus de modestie et moins de péremption, force est de constater que dans l'enthousiasme de la campagne, des militants de plusieurs partis n'ont pas respecté le code. Pas les écolos, sauf preuve du contraire.
On pourrait aussi dire que le billet de JCH le samedi 21 avril est quelque part, un appel à ne pas voter Bayrou ? ;)
Bon, je ne vais pas épiloguer là-dessus, les élections sont passées. J'espère juste que cela sera profitable pour les élections à venir, et j'espère sincèrement qu'il y aura un peu plus de respect mutuel entre des candidats sensés jouer dans la même équipe.

Le 22 avril, c’est le Sarkozy-day : cela risque d’être un gros “Dégage !”, à la française… par les urnes !

Nicolas Sarkozy a été un non-sujet pour moi durant toute sa mandature, tout couvert qu'il était par la presse, la télé, les billets des blogueurs, chacun de ses mots et de ses gestes faisant l'objet d'un couverture médiatique telle qu'on n'avait jamais connu ça en France. Tellement couvert, que tout ajout de commentaire de ma part aurait été superfétatoire.
C'est pourtant l'heure d'écrire un billet, car le sujet risque d'être décalé dès lundi matin...
C'est un rejet massif du président-candidat auquel on assiste en ce moment. Rejet de la rue, celle qui ne commande pas, rejet des électeurs qui ont cru, rejet du peuple.
Et tout l'entourage assiste au naufrage de sa campagne, le château s'écroule autour de son candidat "naturel" à quelques jours du scrutin. Le candidat le dit : "Cette campagne de 2012 est ma dernière". C'est le chant du cygne de la carrière politique de Sarkozy. Cette dramatisation du débat politique autour de lui-même et de son image, qui est une sorte de référendum, "votez pour moi, sinon je disparais", a-t-elle une chance de fonctionner ?
Rien n'est moins sûr. Le sort de cette élection semble bel et bien plié, les cartons se préparent...
Les élections pas encore passées que les premiers règlements de comptes font déjà la délectation de la blogosphère : Chantal Jouanno qui avoue des opposition violentes avec le président, tant au ministère de la santé et des sports qu'à l'écologie.
"Il m'avait alors trainée dans la boue", dira-t-elle. Sur les sujets qui l'opposent au président, "les plus violents ont été sur les questions écologiques. Tout le monde le sait c'est de notoriété publique"
Les rangs serrés de ce qui reste de la majorité crient au scandale. "Coup de poignard", défaut de loyauté, comportement incompréhensible.
Le fait qu'une seule sénatrice UMP avouant ses oppositions passées avec le président fasse souffler un tel vent de panique au sein de toute la majorité en dit long sur le climat qui pèse à l'UMP.
Mais ce "coup de poignard" n'est pas la seule défection dans la majorité : Martin Hirsch et Fadéla Amara apportent leur soutien à François Hollande. Et les noms d'oiseaux fusent là encore : "Ni pute, ni soumise... mais un peu quand même", dit le chef de cabinet adjoint de Nadine Morano, avant de s'excuser. Christine Boutin twitte "Fadela, tu me fais honte." "Quels opportunistes", a dit Rama Yade, avant d'ajouter "ce qu'ils font est dégueulasse."
Pendant ce temps, des députés UMP fustigent l'équipe de campagne de leur candidat, mais cela n'est rien à côté du clan Chirac qui vient à Vincennes soutenir leur candidat : François Hollande !
Il y a encore peu, Nicolas Sarkozy était prêt à se réconcilier avec Dominique de Villepin au nom de l'unité nationale.
Camouflet de l'ex-premier ministre, le clan villepiniste affiche un soutien sans faille au candidat socialiste en choisissant de voter utile dès le premier tour pour François Hollande.
Corinne Lepage, ex-ministre de droite, rejoint Hollande, et Bayrou, qui aurait pu être pressenti comme possible premier ministre du de l'ex-futur gouvernement Sarkozy de l'après 2012 a répondu :"L'idée que je pourrais me prêter à ce genre de manoeuvre est une idée de gens qui ignorent absolument quel est mon parcours politique et au fond, je vais employer un grand mot, ma vérité personnelle".
Six anciens ministres, donc, rejoignent le camp Hollande. D'Eric Besson, point de salut à gauche : François Hollande lui prédit d'ores et déjà un triste destin. "Vous savez, un destin de traître, ça vous suit toute votre vie. Vous portez l'étiquette jusqu'au bout !", a dit le candidat socialiste du transfuge du PS.
Six anciens ministres du gouvernement, ce n'est pas encore l'exode, mais ça commence à ressembler à une agence de voyage...
Cela signifie également que l'UMP se droitise encore. C'est le PS et le candidat Hollande qui fait figure désormais d'union nationale. Lorsque Marine Le Pen évoque le vote utile aujourd'hui, elle en appelle aux électeurs de l'UMP, en envisageant un 21 avril à l'envers, évoquant la déconfiture du parti aujourd'hui majoritaire.
Il ne reste plus à Nicolas Sarkozy qu'à agiter le chiffon rouge de l'hégémonie du PS, qui sera majoritaire à tous les échelons de nos institutions dans le cas d'une victoire probable du candidat Hollande. Et d'hésiter entre les conseils d'Henri Guaino pour aller chercher les électeurs au centre, et ceux de Patrick Buisson pour aller chasser sur les terres du FN. A l’extrême droite, les votes des électeurs risquent d'être très disputés.
Claude Guéant, lui, n'envisage pas l'hypothèse de la défaite (sic !). On ne peut envisager une seconde que cet homme de confiance de Sarkozy n'ait pas un peu le sens du vent. Sarkozy qui sent la vague doit tourner le dos à la plage ? Il reste que dans l'hypothèse réfutée de cette défaite, Claude Guéant estime qu'il serait impératif de renforcer l'unité du parti. La tâche ne sera pas mince !
En attendant la réponse de Bayrou dans l'entre deux tours, cet arc républicain qui ira peut-être du centre au front de gauche ne donnera pas lieu à un gouvernement d'union nationale, Hollande ayant déjà annoncé que la victoire, qui risque d'être écrasante, sera socialiste. Au delà des mots, la réalité sera sûrement plus nuancée.
Oui, la gouvernance entière du pays sera entre les mains du PS : gouvernement, Sénat, régions, départements et les communes les plus importantes seront sous contrôle d'un même parti. Reste l'Assemblée Nationale à conquérir après l'élection présidentielle.
L'effet quasiment mécanique induit par le calendrier législatif introduit par Jospin donne la victoire jusqu'à lors au gouvernement élu la majorité absolue au vainqueur. Est-ce une situation souhaitable, pour le parti vainqueur même ?
On ne peut se faire le chantre de la 6ème République et concentrer entre les mêmes mains tous les pouvoirs. Au-delà de cela, le gouvernement prend un bail de cinq ans. Dix si tout va bien pour eux. Il faudra des années pour résoudre la crise de notre pays, la crise européenne et adapter notre société aux nouvelles conditions du monde. Un monde ou l'épuisement des ressources nous conduit de plus en plus à vivre la pénurie. Le PS prendra-t-il le risque de décevoir seul les espoirs des électeurs qui vont compter sur les vainqueurs pour les sortir de leurs soucis du quotidien : précarité, chômage, pauvreté, logement, dette, augmentation des matières premières, santé, inégalité territoriale, inégalité selon l'âge... Et il faudra répondre à des exigences au niveau de l'Etat et de l'Europe pour ne serait-ce que respecter les promesses. Proposer le changement, ce n'est pas seulement proposer de changer les personnes en place. Les enjeux sont énormes. Redresser la France, rétablir la justice, redonner de l'espoir aux nouvelles générations, rétablir une République exemplaire et redonner une place prépondérante à la France dans le monde, sans partager les responsabilités ?

Quelles sont les causes du désamour, voire la détestation, du peuple français envers son président de la République ?

D'abord, il y a le style. Résolument moderne, à l'image d'une icône américaine, Nicolas Sarkozy a effacé l'image d'un autre temps de "roi fainéant" qu'a pu représenter Chirac pour la plupart des français.
Mais, même avec cette image de roi fainéant, même avec un nombre conséquent de gamelles accrochées à ses basques, Jacques Chirac a pour lui une petite part de compréhension ou d'amitié, de reconnaissance presque familiale de nombre de français. En gros, on sait ce qu'il traîne - ces affaires qui font pschiiit, et auquel il peut échapper, avec la compréhension de tous, du fait de son état médical. Le côté "tête de veau", qui boit sa bière sans se préoccuper de l'image publique, super-menteur mais on le sait, les français l'admettent.
Pourquoi ne l'admet-on pas de Sarkozy ? A mon idée, mais c'est la mienne propre, c'est que Chirac est un être plein et entier, gonflé d'ambition au début de sa carrière politique, il l'a terminée en cherchant la reconnaissance des gens. Peut-être même voulait-il laisser une empreinte dans le coeur des gens. Et Chirac était un être entier, même s'il est ou était complexe.
Sarkozy, lui, donne une image beaucoup plus complexe, voire schizophrénique. La différence tient à ce que le président s'est entouré de proches conseillers, dans lesquels il a une entière confiance.
Nicolas Sarkozy change donc de comportement selon qu'il est lui-même, qu'il suit les conseils de Guaino, de Buisson, de Guéant, et plus récemment de Carla, son épouse. Ou d'autres encore. On se retrouve avec un langage changeant, des attitudes et des décisions changeantes.
Cela vaut pour la forme : du "ta gueule pauv' con" ou "descend si t'es un homme", aux formes plus élaborées de langage, où la France est une civilisation à part entière, bonne colonisatrice, qui apporte la bonne parole à des peuples sans Histoire.
Cela vaut sur la fond : je pense avant tout au Grenelle de l'environnement, ou tout un peuple a suivi le débat, avec des désaccords, certes, mais un moment où Borloo est devenu le chouchou des français, où l'attention de la planète s'est tournée vers l'Europe, et la France. Jusqu'à ce que... "l'environnement, ça commence à bien faire !" C'en était donc terminé de l'attention de l'international sur la France, du consensus global autour des sujets majeurs sur les avenirs possibles de la planète, ce sera comme les lobbies le demandent, du pognon à court terme et aucune solution pour les générations futures.
Mais si on regarde depuis le début de la mandature, nous avons eu la proposition d'une France de propriétaires. C'était la proposition majeure de du candidat Sarkozy en 2007, celle qui a fait voter des électeurs confiants, confiants dans les subprimes. Dont ils ne connaissaient pas l'existence encore, ni les effets dévastateurs ensuite. Ils payent encore.
Il y a eu la promesse de la croissance, mais celle-ci s'est effondrée. En bonne partie pour raison de subprimes, mais pas seulement. Bilan aujourd'hui, 1 million de chômeurs en plus. Bien sûr, il y a la crise, mais celle-ci est durable, et la croissance que le candidat allait chercher avec les dents, elle n'est pas là. Et il y a peu de chances qu'elle revienne, au moins avant de nombreuses années.
Il y a bien sûr l'ISF et le bouclier fiscal auquel tout le monde pense dès que l'on pense à l'UMP. Objectif affiché, faire rentrer les riches en France. A ce que je sache, les tennismen, les footballeurs qui jouent en équipe de France, ils sont bien français là, n'ont pas regagné leurs pénates fiscales. Des entrepreneurs cependant sont rentrés, pour être plus efficaces et s'éviter des transports fastidieux. Mais on voit bien que pour la droite comme pour la gauche, le bouclier fiscal est plié, comme l'est le sort des élections d'après-demain.
Pourtant, pour faire revenir les riches, la solution n'est pas seulement à l'échelle du pays, elle est à l'échelle européenne. Mais de construction européenne, point de salut. La construction s'est arrêtée, pire, c'est la déconstruction et du détricotage qui a été fait. La crise des pays du sud, sans aucune péréquation, a permis aux spéculateurs d'attaquer les pays européens les uns après les autres, et c'est toute l'Europe, l'euro, les banques européennes qui se retrouvent sous l'épée de Damoclès.
Pas plus d'Europe pour la défense, où le choix du bouclier de l'OTAN a fait capoter toute volonté de bâtir une défense européenne et une politique extérieure européenne.
Sur le fond, comme sur la forme, les corps intermédiaires, et principalement les syndicats, ont été la cible du candidat. Mais pas seulement les syndicats, car aux manifestations monstres qui ont eu lieu, le gouvernement a répondu que ce n'était pas la rue qui gouvernait. Point, pas de négociation et pas d'écoute même. Des victoires comme celles-ci sont annonciatrices de celle d'aujourd'hui. A des électeurs à qui il avait promis de travailler plus pour gagner plus, et les mêmes électeurs qui avaient adhéré à cette promesse sont les déçus d'aujourd'hui. Ils ne gagnent pas plus, mais beaucoup ne travaillent simplement plus.
Sarkozy, candidat du pouvoir d'achat, n'a pas permis d'augmenter ce pouvoir d'achat. Par contre la dette du pays a explosé. Comme les dettes des Etats occidentaux, reconnaissons-le. Faute à la crise ? On peut continuer sur les promesses non tenues. Sur le logement, catastrophique, le plan banlieues, oublié, le chômage devait être inférieur à 5%, selon les promesses. La crise a bon dos, il n'a cessé de progresser. Catastrophe ! Et sur les jeunes, les femmes et les seniors. "S'il ne parvenait pas à réduire le chômage, ils diraient : j'ai échoué, et c'est aux français d'en tirer les conséquences." Dont acte.
L'union méditerranéenne avec ses partenaires de l'époque, Bouteflika, Ben Ali, Moubarak, El Assad a tourné au bain de sang, et l'image de ministres qui sont en voyage d'affaires. Lors de la révolte tunisienne, l'image de la France qui se tait, d'abord, puis condamnait du bout des lèvres la répression, et proposait une aide policière à l'ancien dictateur n'a pas aidé à faire briller la France à l'international. Que dire de l'image de Michelle Alliot-Marie utilisant le jet personnel d'un membre du clan Ben Ali pour aller régler des affaires privées alors que le printemps arabe avait commencé. «Comme des millions de Français, je vais en Tunisie. Voilà tout !» Khadafi campant dans les jardins de l'Elysée a laissé un goût très amer dans les mémoires des français, et dans leur image.
Et puis, c'est un style, qui se voulait plus moderne, à l'américaine, lunettes de soleil, bling-bling, goût de l'argent et du pouvoir qui passe mal chez nos concitoyens. La rolex à ouette mille euros, air pizza one, les meetings en ville qui les vident de leurs habitants pour les remplacer par des militants UMP. Des symboles avec l'augmentation des indemnités présidentielles, les yachts, les vacances en Egypte, et surtout, l'hyper-président qui colle à l'actualité au point de se déplacer pour être là dans chaque coin de France où un drame se produit. Les caméras omniprésentes, les journalistes embarqués, les services d'ordre omniprésents, tout cela les français en ont marre. Un peu, c'est moderne, trop, tout le temps, sans pause, les français n'ont peut-être pas besoin de vivre les émotions, parfois sincères, d'un président qui doit aussi avoir une vision. C'est là que le bât blesse, peut-être la vision n'a pas été présente, ou pas partagée. Des fois oui, comme le grenelle de l'environnement, mais pour tuer dans l'oeuf cette vision enfin partagée. Dommage. Cela aurait été un acte de grand homme d'Etat. Mais non. Tout ce travail arrêté en une seule phrase.
C'est plié, l'UMP fait les cartons. Que reste-t-il à Nicolas Sarkozy pour faire rêver le peuple et espérer un nouveau mandat, outre le report massif des voix des électeurs de debout la France ? Il a promis de «réunir les conditions pour que la France organise les Trente Glorieuses du XXIeme siècle.» Les trente glorieuses, pas moins. Nous serons beaux, riches et intelligents, heureux pour les trente ans à venir... On pourrait peut-être éviter d'infantiliser les électeurs avec des promesses intenables.
Il y a un proverbe qui dit : "Trompez moi une fois, honte à vous. Trompez-moi deux fois, alors honte à moi."
Cela vaudra pour tout le monde. Comptons déjà les absentéistes de dimanche comme les mécontents de lundi, et considérons déjà que le parti socialiste devra faire preuve de responsabilité, non pas en attendant une croissance dans les deux ans à venir, mais en changeant notre monde. Ce ne sont pas que les femmes et les hommes que nous devons changer. C'est notre société, c'est notre avenir.
Ils ne pourront y arriver seuls. Les citoyens doivent adhérer et collaborer au changement. Les écologistes doivent enfin participer au débat et aux décisions, tout comme le font d'autres partenaires, comme ces corps intermédiaires honnis, dont les syndicats (MEDEF y compris), ONG, et il faut urgemment tirer les leçons du passé pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Ce n'est pas qu'un style qu'attendent nos concitoyens, c'est une promesse d'avenir tenable. Une promesse tenue.
Après-demain, votez comme vous voulez, mais notre avenir est entre nos mains.

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