de quoi j’me mêle

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Guillon prend la Porte, qu’est-ce qu’on va se faire ch… (oups) s’embêter !

fontval

Stéphane Guillon et Didier Porte pas remerciés du tout, mais congédiés quand même !
« Val tragique à France-Inter : 2 morts », c’est ce qu’on peut lire sur Twitter ! Youpi, les 2 gugusses qui attiraient 2 millions d’auditeurs le matin vont pouvoir aller chercher un nouvel employeur, qui sera sûrement moins regardant quant au châtiment du langage.
France-Inter ! France-Inter outragé ! France-Inter brisé ! France-Inter martyrisé ! mais France-Inter libéré ! France-Inter libéré par lui-même, libéré par sa direction avec le concours des armées de la France, avec l’appui et le concours de la Présidence tout entière, de la Présidence qui se bat, de la seule Présidence, de la vraie Présidence, de la Présidence éternelle…
Et nous, pôvres péquins, les fidèles de la chaîne, les piliers de l’audimat du service public audiovisuel, nous en sommes réduits à nous passer de ce petit jeu de massacre matutinal, qui avait, outre l’aspect humoristique, voire drôlatique – ou non, selon que l’on se sert de son cerveau gauche ou de son cerveau droit – le don de titiller les invités politiques, et de les déstabiliser avant leur entrevue…
Plus de bouffons sur France-Inter ! Jean-Luc Hees défend l’honneur outragé du service public. Un honneur outragé par tant de grossièreté ! Philippe Val, lui, préfère défendre l’actionnaire maltraité. Mais l’actionnaire maltraité, ce n’est pas Sarkozy, foin!, cette radio l’em… bête profondément (vous voyez je suis poli, pas de l’engeance des bouffons (!), j’emploie le terme « embêter ». Poli, presque à entendre de la bouche de mes enfants. Les esprits chagrins regretteront le terme profondément, mais il faut n’y voir aucune malice). Les vrais actionnaires, ce sont les français qui paient impôts et redevance, et qui aim(ai)ent cette radio.
Val tragique à France-inter, donc, mais un blessé dans le coma, dépassé, est à déplorer : France-Inter (voyez, par respect, je mets encore les majuscules).
Perso, je mets le bouts, je mets les voiles, désolé pour les rescapés du radeau de la méduse, mais je préfère me coltiner une info aiguisée sur le web désormais que l’on m’empêche de penser en rond. Ciao, ciao, la radio qui accompagnait mes pérégrinations diurnes. 2 millions d’auditeurs sont des malades mentaux, des monstres attirés par le goût du sang, de la shoote et du molard, des irresponsables affligés d’irresponsabilité politique due vraisemblablement à la consanguinité gauchiste, des jeunes (beurk), des vieux (re-beurk), des adultes (fichtre vous m’en direz tant !)…( Je triche, je suis abonné aux podcats de là-bas, i j’y suis).
Il y aura des victimes collatérales à ces évictions ! Bern, dont le soutien ne semble être pour Hees qu’un soutien médiatique, le bidule machin qu’on dit pour faire bien, « toutes mes condoléances », « bon courage pour surmonter cette épreuve », « après la pluie le beau temps »,…, Bern continue de soutenir son bouffon mordicus, et tirera les conséquences de cet affrontement. Et le pov’ Morel qui faisait pas d’mal (mais je me demande s’il a pas les crocs qui poussent à cette heure).
Personnellement, j’espère que l’on tirera les conséquences d’une gabegie prévisible : si baisse d’audience il y a, j’espère que les responsables de cette baisse d’audience seront traités à la mesure de cette baisse. Hees a dit  » je ne suis pas Domenech ». Soit.
Mais comme Domenech, si les résultats ne sont pas là, pensez à vous retirer avant de vous faire virer. Ca fait moins mal. S’il y a baisse d’audience, désolé, mais il faut que vos(tre) responsable(s) sauront vous mettre à la porte (et au guillon).
Val, j’ai été te voir, je te demande pas de rembourser, j’ai beaucoup ri (p’t'être Font en fait), mais tu as écrit « CA VA CHIER ». Et bien, désormais, on va se faire chi… s’embêter (le mot est peut-être fort : s’enquiquiner, je préfère) sec sur inter !
Quant aux 2 trublions (et les victimes collatérales), je vous le dis comme je le pense : « cassez-vous, pov’ cons’ ! ». Et à l’occasion, si vous avez du temps, envoyez une carte postale pour nous prévenir au cas où vous prépareriez de nouveaux méfaits, ailleurs…

Une Europe détricotée, l’euro attaqué, le service public menacé

Une Europe détricotée, l'euro attaqué, et le service public menacé

La population européenne a découvert soudainement la situation catastrophique de l’économie grecque. La population grecque elle-meme tombe des nues. Le pays est en état de quasi-faillite, et personne ne l’avait remarqué ! Nous avions tous entendu parler des PIGS (Portugal-Italie-Grèce-Espagne) qui faisaient courir un risque excessif à la stabilité du mammouth européen. Certes ces pays sont endettés, mais il sont un des symboles du « miracle » européen : ces pays, comme l’Irlande, ont réussi un rattrapage historique face aux autres pays européens. Et le pacte de stabilité signé par tous les pays européens, et l’introduction de ces pays dans la zone euro, semblaient garantir l’équilibre, pendant que l’accès au marché international des capitaux offrait à ces pays des perspectives de développement et de croissance inédites.
La dette française : …en 2007 déjà, le 1er Ministre François Fillon avouait devant les journalistes être à la tête d’un Etat en situation de faillite sur le plan financier…
Pendant ce temps, les ménages se sont endettés, faisant largement appel au crédit à la consommation, stimulant une économie par une demande surévaluée. Et le miracle immobilier faisait rêver une Europe de propriétaires.
En France, Sarkozy faisait rêver les français en leur faisant miroiter que l’on pouvait emprunter pour acheter un bien immobilier, la valeur de ce bien garantissant le prêt. L’embellie économique permettrait de baisser les impôts, ce qui allait relancer la machine économique, et financerait les réformes qui allaient moderniser le pays. D’un côté enrichis par le prêt hypothécaire, les français seraient moins appauvris par une baisse de la fiscalité, et c’est une France conquérante qui allait vers la modernité.
Mais en 2007 déjà, le 1er Ministre François Fillon avouait devant les journalistes être à la tête d’un Etat en situation de faillite sur le plan financier. Il ne s’agit que de la dette publique, et non de la dette nationale. Et en 2007, le déficit public se situait sous la barre des 3% du PIB. Les critères de Maastricht imposent aux Etats membres de limiter leurs déficits publics à 3%. Aujourd’hui, la France atteint 8,5%. C’est évidemment énorme étant donné l’objectif de 3%. A titre de comparaison, le déficit public des Etats-Unis est de 11% en 2010.
Cela représente une dette de plus de 20.600 € par habitant…
Il faut aussi distinguer dette publique et dette extérieure. La dette extérieure nette, qui tient compte des dettes publiques et privées, ainsi que des créances sur l’étranger, est proche de zéro. Et avec une épargne forte et un endettement modéré des ménages et des entreprises françaises, nous sommes mieux placés que les USA, où l’endettement total représente 350% du PIB.
La dette publique française représente 84% du PIB. Cela représente une dette de plus de 20.600 € par habitant.
Elle existe depuis 1973, et depuis lors, ne cesse d’augmenter année après année. L’intégralité des impôts directs ne sert qu’à payer la charge de la dette (42,5 milliards € pour le seul paiement des intérêts de la dette).
A quoi sert la dette ? On considère les bonnes dettes – les investissements qui accroissent le patrimoine collectif de la nation – et les mauvaises dettes – qui ne servent qu’à assurer le fonctionnement des dépenses non financées par les recettes.
Pour l’essentiel, notre dette n’est composée que de « mauvaises dettes » : recherche, éducation, police, santé, retraites, administration, mais aussi plan de relance, et soutien à l’économie sont financés par la dette. Hors plan de relance, en 2010, les dépenses de l’Etat avoisineraient 357 milliards € (y compris le plan de relance de plus de 4 milliards €).
Il a fallu aller au secours du marché et du système bancaire….
Quand en 2008, patatras !, l’éclatement de la bulle financière met fin au miracle économique, la crise immobilière s’abat sur des pays dont le tourisme est un des atouts majeurs, et il a fallu aller au secours du marché et du système bancaire. Au Etats-Unis une foule de propriétaires se retrouvent ruinés et évincés de leurs maisons. Nous découvrions le système des subprimes. Et les faillites bancaires ont commencé. Face au risque de contagion galopante, nous n’avions pas le choix, c’était ça ou la faillite du système.
Tout cela a coûté fort cher au Etats et les dettes publiques ont explosé. Cela a été un coup de frein brutal sur l’économie, en Europe, comme aux Etats-Unis. Les entreprises ont été choquées, se sont repliées, et le chômage lui aussi a explosé. Les plans de relance ont plombé les comptes, pendant que les recettes fiscales ont baissé. Mais ces plans de relancent continuent d’être indispensables pour ne pas voir péricliter plus encore notre économie.
Il a fallu que les Etats viennent au secours du marché et du système bancaire. (le marché, c’est une sorte de planète finance qui flotte au-dessus de notre planète, une entité un peu indéfinie, et sans responsables clairement définis : on dit « les marchés demandent une baisse de… », « les marchés s’inquiètent du non-respect de … », et il faut obéir aux lois du marché. Mais lui n’est pas obligé de respecter forcément les lois « nationales » ou territoriales, puisqu’il n’a pas de territoire. C’est la loi du marché quoi !)
La Grèce, fragilisée depuis 2008, semble une proie facile. Le marché parie sur sa faillite…
Et là, justement, les marchés ont décidé de s’attaquer à l’Europe, en passant par la petite porte. La Grèce, fragilisée depuis 2008, semble une proie facile.
Le marché parie sur sa faillite. Et quand le marché parie à la baisse, les marchés s’emballent, et on l’a constaté à de multiples reprises dans le passé, lorsque souffle le vent de la panique, elle s’installe très rapidement.
De membre de notre Europe, la Grèce est devenue pestiférée, on nous montre soudainement la situation du pays : Travail au noir, corruption, fausses déclarations fiscales, la presse et les médias semblent découvrir ce que tous nous avions sous les yeux. L’argent n’afflue plus dans les caisse de l’Etat, et ses maigres ressources sont pillées, détournées, quand aux sociaux-démocrates au pouvoir, ils semblent faire preuve d’une grande prodigalité qui vise à assurer leur réélection. Une vraie gabegie nous assène-t-on tout au long de la semaine !
Ce n’est pourtant pas une découverte. L’Europe a fermé les yeux sur les mauvaises pratiques de la Grèce jusqu’à cette attaque. Et elle les a financées grâce aux fonds de développement.
Dans l’ombre est tapie la menace de l’effet domino sur les PIGS, et pourquoi pas l’attaque de la France, de l’euro, et on évoque le risque de l’effondrement de la zone euro, de l’euro et de l’Europe. Ca, quand la panique s’installe!..
Le plan de sauvetage, s’il coûte cher, on a encore les moyens de le mettre en oeuvre.
On aurait pu espérer une réponse immédiate et sans états d’âme des chefs d’Etats européens et de leurs gouvernements, en parfaite harmonie avec le parlement européen et le président du Conseil Européen, Herman Van Rompuy. Mais plutôt qu’une défense conjointe, on a commencer par tergiverser. Faut-il dégrècer le mammouth est une pensée qui en a effleuré plus d’un(e) ?
Après tout, si le traité de Lisbonne dispose que « l’Union et ses États membres agissent de manière solidaire si un État membre est la cible d’un attentat terroriste ou la victime d’une catastrophe naturelle ou d’origine humaine », il prévoit aussi pour la première fois, la possibilité pour un État membre de se retirer de l’Union. La tentation a existé d’ »offrir une porte de sortie » à ce pays, qui permettant de sauver ce nouvel emprunt, ajoutant, même momentanément, à la dette publique, afin de le revendre à la Grèce, on pouvait penser que la Grèce, libérée de son carcan monétaire, pourrait regagner de la compétitivité, en dévaluant de façon drastique, et ce, même aux risque d’une crise sociale et politique auquel jamais aucun pays européen n’a été confronté depuis son adhésion.
Si les libertés d’entités affranchies des lois et contraintes nationales ou territoriales, que l’on nomme le(s) marché(s), n’ont pas vocation à être morales ou immorales, tout juste n’ ne sont-elles qu’amorales, le désengagement des pays membres de l’union envers l’un des siens peut, lui, sembler immoral.
Le plan de sauvetage, s’il coûte cher, on a encore les moyens de le mettre en oeuvre. Dans les meilleures conditions, avec des garanties, et sinon une tutelle, au moins un accompagnement fort des autres pays membres. Par contre en faire un exemple pour les autres pays en le sortant de l’union pour mauvaises pratiques pourrait sembler choquant. Déplorable pour l’image. Un signe de faiblesse pour les marchés. Mais la négation de ce qu’être européen veut dire. Ce serait là, non sur décision des marchés, mais par décision politique, le retour des Etats-nations, une concurrence effrénée entre Etats autrefois alliés, et l’abandon d’un rêve de plusieurs décennies, pour simple souci budgétaire. Par radinerie en quelque sorte.
Nous avons fabriqué un nouveau continent : l’Europe.
Nous vivons en économie de marché, c’est un fait. Et nous y vivons dans une paix retrouvée sur les territoires européens. Nous sommes tournés vers l’avenir. Et même si nous acceptons, parfois avec mauvaise grâce, les contraintes du monde actuel, mondialisé, déréglementé, nous avons appris, et pour la plupart d’entre nous, accepté d’y vivre.
Et nous avons fabriqué des outils, dont les lois, les juridictions, les institutions européennes, ainsi que des traités qui nous engagent. Nous avons fabriqué un nouveau continent : l’Europe.
Mais l’Europe n’est pas qu’une vaste entreprise juridictionnelle, c’est aussi une idée. Et aussi un sentiment d’appartenance, une famille. Et quand on donne une claque à un petit frère dans une famille, le grand frère vient botter le cul de l’assaillant. A qui le grand frère en voudra si le coup de pompe dans le derrière n’a pas été donné ? A celui qui n’a pas donnée la baffe ? Ou à celui qui n’a pas accouru pour le sauver ?
On peut être énervé par l’adversité, le coup bas, la mandale. Mais on ne peut-être qu’écoeuré par la lâcheté.
Mais que les pays membres de l’Europe n’aient pas volé au secours de la Grèce immédiatement, c’est immoral. Que l’Europe n’ait pas donné un coup de pied au cul à l’agresseur, cela peut passer pour de la faiblesse ou de la lâcheté. Quel part de volonté y a-t-il eu de la part de la Grèce de se laisser décrocher pour que les autres pays membres viennent voler à son secours, là n’est pas le plus important. Que la commission européenne n’ait pas plus travaillé en amont, comme l’Etat grec, il y a, sinon une négligence, du moins une impréparation qui ne sera plus admisible dorénavant. S’il manque des outils, fabriquons les.
Le verdict est tombé : l’Europe soutiendra la Grèce…
Mais heureusement, au bout d’une semaine d’atermoiements, le verdict est tombé : l’Europe soutiendra la Grèce. Elle va mettre en place « une ligne de défense de la zone euro imperméable ». Barroso annonce : « Nous ferons tout ce qu’il faut pour défendre l’euro ». Le pacte de stabilité sera renforcé et ses sanctions rendues « plus efficaces ». Donc il y a une volonté de créer les outils, les modalités restent à venir.
L’orthodoxie budgétaire et politique rejoint l’idéal communautaire. Il aura fallu une semaine. Une semaine pendant laquelle nous avons regardé le sang couler sur nos écrans.
Cette attaque, et les réponses possibles à cette attaque devaient pourtant être modélisées. Comme beaucoup d’autres scénarios. La réponse n’aurait-elle pas pu être plus rapide ? J’ai tendance à penser que cette semaine aura été l’occasion de marteler des messages politiques, tous azimuts.
Le vent de panique qui a soufflé a aussi contribué à distiller la peur face à un possible démembrement de l’Europe, voire une disparition de l’euro. Effet domino, risques sur le Portugal, l’Espagne, et aussi une possible décote de la note de l’Etat français, qui aboutirait à faire rentrer notre pays dans les PIGS, par assimilation.
Année Dette publique en % du PIB Déficit public en % du PIB
1999 58,8 % -1,8 %
2000 57,3 % -1,5 %
2001 56,9 % -1,5 %
2002 58,8 % -3,1 %
2003 62,9 % -4,1 %
2004 64,9 % -3,6 %
2005 66,4 % -2,9 %
2006 63,7 % -2,4 %
2007 63,8 % -2,7 %
2008 67,4 % -3,4 %
2009 (prévision) 77 9 % -8,2 %
2010 (prévision) 84 0 % -8,5 %
Source wikipedia
Une réponse que l’on a presque cru lire sur les lèvres tellement le son était bas : la rigueur…
En France, cette semaine de véritable torpeur a amené une réponse que l’on a presque cru lire sur les lèvres tellement le son était bas : la rigueur. On préfère utiliser austérité, qui semble faire moins peur. Rigueur, austérité, repli, en quoi cela consistera-t-il, au moins nous, tel qu’on nous présente les choses.
• Gel des dépenses pendant 3 ans,
• gel des salaires des fonctionnaires,
• non-remplacement d’un fonctionnaire sur 2 partant à la retraite,
• suppressions de niches fiscales.
L’objectif est de ramener le déficit de la France à 6% en 2011 et 3% en 2013.
Les esprits chagrins pourront douter de l’efficacité des mesures sur les gels de dépenses pour combler les déficits, avec une inflation et une croissance si faibles qu’elles ne peuvent plus gommer les déficits.
Il faudra donc mettre la main à la poche, quoi que s’en défende le gouvernement, si l’on veut tenir ces engagement de réduction du déficit.
Les collectivités territoriales entendent également le message de rigueur qui leur est adressé. Pourtant, cette semaine, une commission parlementaire travaillait sur le « Rapport à M. le Premier Ministre sur les finances départementales » établi par Pierre Jamet, directeur général des services du département du Rhône.
Un déficit pour la Seine-Saint-Denis. Mais d’autres départements auront probablement à adopter des décisions budgétaires modificatives dans les mois à venir.
En préambule, on peut-y lire : « Croît progressivement le sentiment, pour nombre d’élus décideurs, que comme leurs agents, ils deviennent des « guichets » agissant pour le compte d’autrui, en l’occurrence l’Etat. »
Plus loin : « [le département] est la collectivité qui, depuis l’origine de la décentralisation et en dehors même de ce mouvement, a bénéficié du transfert de charges le plus lourd; cela a peu près dans l’indifférence générale. »
Concernant le constat financier : « Il ressort de la mission que plusieurs départements, pour parvenir à l’équilibre budgétaire, ont inscrits en dépenses des crédits insuffisants en cas d’augmentation en cours d’exercice du poids du RSA, de l’APA et de la PCH ; ce qui est probable. L’adoption des décisions budgétaires modificatives sera révélatrice de la situation réelle de crise. »
Dans le rapport, et au cours des discussions qui ont lieu au cours de cette commission, on ne met nullement en cause la gestion des élus. Et fait assez rare pour être mentionné, des Présidents des Conseils Généraux du Centre et de l’UMP se sont joints des des présidents de gauche dans une procédure contre l’Etat concernant les transferts financiers. Nous ne sommes pas là dans un jeu politique, mais un véritable enjeu de société. L’explosion du RMI, et surtout du RSA a vidé les caisses de la plupart des conseils généraux. Claude Bartolone a choisi d’afficher un déficit pour la Seine-Saint-Denis. Mais d’autres départements auront probablement à adopter des décisions budgétaires modificatives dans les mois à venir.
l’Etat devra, sur ce dossier, mettre la main à la poche.
Le RSA, c’est nous qui l’avons fait, a dit le gouvernement. Mais ce sont les départements qui les payent. Evidemment, certains départements, comme les Hauts-de-Seine, échappent à ces difficultés, tandis que d’autres, ceux qui connaissent des difficultés sociales, ou accusent un vieillissement de la population plus important, accumulent les difficultés. Ce qui pose en plus un problème quant à l’égalité territoriale.
Le rapport fait un constat sombre. Mais il apporte des solutions, avec 40 propositions. Et bien sûr l’Etat devra, sur ce dossier, mettre la main à la poche.
Il va être difficile dans ce cas de compter sur un assèchement du déficit par un gel des dépenses, et je pense que les calculettes vont bon train dans les ministères.
On a voulu chercher la croissance avec les dents, ce qui a échoué, et sûrement échoué en partie à cause de la crise (on voit dans le tableau l’explosion du déficit après 2008). Mais il ne faut compter ni sur l’inflation, ni sur la croissance pour gommer la dette et le déficit. Le gel des dépenses et celui des salaires sera insuffisant également. Cela paraît suffisant pour provoquer une grogne sociale, en donnant l’impression de taper toujours sur les mêmes, mais largement insuffisant pour venir à bout des déficits, et donc de rassurer à la fois les marchés, et les populations…
Le gouvernement se replie sur ses « fondamentaux »….
Le gouvernement affiche aujourd’hui une mine bien sombre. Mais tient à se replier sur ses « fondamentaux ». La majorité, qui n’a pu que constater sa cinglante défaite aux régionales, et continue d’assister à une courbe des sondage apocalyptique, tient à se replier sur le soutien de son électorat de base. Quand le gouvernement assure que tout le monde doit participer à l’effort, Raffarin estime qu’il faut conserver la cohésion sociale. Et celle-ci passe par le soutien aux agriculteurs et aux médecins.
Le soutien aux agriculteurs, le secteur connaissant de graves difficultés peut-il passer par un report des changements de pratiques agricoles ? On continuera d’accumuler de la dette pour payer le traitement de l’eau, ou ramasser les algues vertes pour ne pas mettre plus en péril encore à la fois le monde agricole et le tourisme. On revient rétro-activement sur les aides à l’équipement des foyers en photo-voltaïque, pour éviter que ne se forme une bulle financière sur l’obligation de racha d’électricité. Dans le même temps, les fermes photo-voltaïques se créent, pour compenser les pertes de revenus agricoles.
Le « tout le monde doit participer » est assez sélectif apparemment. Quant aux médecins, il y aura une disparité plus grande encore entre secteur privé et secteur public, pour qui les salaires seront gelés. Et si on augmente le secteur privé, c’est soit le déficit qui s’accroîtra, soit un déremboursement plus massif, soit le basculement vers le secteur privé des mutuelles. Et les plus pauvres et les retraités, dont on attend déjà beaucoup de sacrifices à venir, subiront une double peine, sur les coûts de santé.
On le voit, le gouvernement prend une attitude très politique, et électoraliste. Se recentrer sur ses fondamentaux consiste à cajoler son électorat de base, en ratissant dans les marges, et en expliquant que le gouvernement travaille, qu’il agit. Heureusement encore qu’il travaille !
Annoncer le vrai montant de la facture, personne, même à mi-mots ne s’y aventure encore, car le coût politique à court terme sera à la hauteur de la facture.
On l’a vu avec la Grèce et le gouvernement de Papandréou, à qui on reproche aujourd’hui d’avoir caché la situation à son peuple concernant la situation du pays. Aujourd’hui notre gouvernement peine à prononcer le mot d’austérité. Surtout ne pas prononcer le terme rigueur, catastrophique pour les élections prochaines !
Alors ! De là à annoncer le vrai montant de la facture, personne, même à mi-mots ne s’y aventure encore, car le coût politique à court terme sera à la hauteur de la facture. Et celle-ci sera très salée.
Mais peut-on attendre ? Je ne suis pas économiste, ni politique, je suis habitant. Pour les habitants, les fondamentaux c’est à manger, à boire, un toit, la santé, et la sécurité. Défense, sécurité intérieure, sécurité civile, sécurité sociale. Et pour garantir l’égalité qui honore les frontons de notre république, l’égalité des chances devant l’éducation et la formation.
Et pour tous les habitants de France et d’Europe, ces fondamentaux sont garantis par la bonne santé de nos institutions et de nos services.
L’Europe nous protège, et la zone euro nous protège. Il convient donc de protéger l’Europe, et de protéger l’euro.
Pour assurer la sécurité des Etats, les pays européens ont construit un rêve. Nous construisons une Europe, qui nous assure la paix, et un avenir. Ce rêve reste conditionné par un pacte de stabilité. L’Europe nous protège, et la zone euro nous protège. Il convient donc de protéger l’Europe, et de protéger l’euro.
Les mesures de la commission européenne seront présentées lundi. Il faudrait qu’elles soient assorties des obligations de chaque Etat. Il faudra aussi que les institutions européennes et ses membres fabriquent et présentent des outils qui permettront de se prémunir d’agressions financières contre l’un de ses membres. Et il faudra que chaque Etat, et chaque gouvernement ait le courage politique d’en annoncer le prix, et les moyens. Et il faudra dire qui paiera.


Le 1er mai, l’UMP défile pour fêter le travail

On rêve… L’UMP qui qui défile pour fêter le travail. Mais pas seulement le 1er mai, c’est toute l’année, comme l’indique leur slogan : « Certains ne parlent du travail que le 1er Mai, l’UMP le défend toute l’année ! « .
Le 1er mai, l'UMP défile pour fêter le travail
C’est Bakchich qui dévoile l’info, et lève le voile sur l’identité des manifestants : il s’agit d’une photo de l’agence américaine Getty Images, qui avait déjà fourni les clips de campagne des régionales à l’UMP.
C’est donc un montage photoshop qui a permis de trouver des manifestants UMP qui défilent pour la défense du travail. Espérons juste qu’en 2012, il y aura encore de vrais travailleurs, et qu’on n’aura pas besoin de les photoshoper !
Bonne fête du travail à tous, et profitez du beau temps !

Incroyable ! Mélanchon met les pieds dans le plat : pour le calcul des retraites des fonctionnaires, on ne peut pas remonter plus loin que 6 mois

C’est en allant me promener sur l’excellentissime @rrêt sur images que j’apprend la nouvelle. Jean-Luc Mélanchon terrasse Aphatie pendant son interview sur RTL. J’étais passé totalement à côté de l’info…
Cela se passe à 5min30 de l’interview.
Apathie pose sa question :
« Les retraites des fonctionnaires sont calculées aujourd’hui sur les 6 derniers mois, celles des salariés du secteur privé sur les 25 dernières années. Ceci peut-il rester en l’état Jean-Luc Mélanchon ?« 
Le sourire de Jean-Luc Mélanchon en dit long, il attendait avec impatience cette question. Il sourit, s’apprête à dégainer son information, il vise… « Mais bien sûr que ça peut rester en l’état.« 
Apathie répond : « c’est inégalitaire. »
Mélanchon : « Non ce n’est pas inégalitaire. »
Mais c’est quelques instants plus tard, lorsque le journaliste demande si on ne pourrait pas calculer la retraite des fonctionnaires sur les 10 dernières années que Mélanchon abat sa carte :
« il y a une chose qu’il faut que vous sachiez, M. Apathie. C’est impossible. Vous savez pourquoi ? » « Non », répond Apathie. « Parce rien n’a été saisi informatiquement, si bien qu’on ne peut pas remonter au-delà de 6 mois. Vous savez pourquoi ? Parce que comme c’était la règle des 6 mois, personne n’a pensé à le faire ! » [...] « Les services publics sont sauvés par les manques d’équipements informatiques du service public, j’ai pas fini de rigoler… »
On imagine la mine abattue de M. Apathie…
Le lendemain, Eric Woerth réfute en bloc :
« Tout ça est complètement faux, vous croyez que l’administration française ne peut pas reconstituer la carrière d’un fonctionnaire ? J’ai été ministre du budget, je suis toujours ministre de la fonction publique et j’ai créé sur le plan des retraites un organisme centralisé qui monte en charge et qui sera l’interlocuteur unique pour les carrières des fonctionnaires. Quand vous regardez dans les ministères, il n’y a pas de problème pour reconstituer la carrière d’un fonctionnaire, donc c’est vraiment pas le sujet« 
@si enquête…
Tout d’abord, comment peut-on être dans l’incapacité de retracer les carrières des fonctionnaires, alors qu’il a été possible de passer la méthode de calcul des retraites du secteur privé des 10 dernières années au 25 dernières années ? La réponse est simple : La réforme à été votée en 1993, mais n’est entrée que pleinement en vigueur qu’en 2008. Allonger la période de calcul de 15 ans aura donc pris 15 ans.
Qui a raison alors, Eric Woerth ou Mélanchon ?
Henri Sterdyniak, économiste à l’OFCE, estime que la vérité situe plutôt entre les deux. Le salaire des fonctionnaires est composé d’un traitement indiciel et de primes. Elle représentent en moyenne 20% du revenu, mais ce chiffre varie de 5 à 60% selon les fonctionnaires. L’Etat conserve bien-sûr les traitements indiciaires, mais ne conserve pas obligatoirement les primes. Si on voulait intégrer les primes, ce serait impossible dans la quasi totalité des cas. Si on veut prendre le temps de faire une réforme équitable, ce sera au mieux pour septembre 2011.
Septembre 2011, c’est à dire en pleine campagne présidentielle. Mélanchon n’a pas fini de rigoler…

Quelle semaine ! Bilan des élections régionales 2010 : Acte I

Les élections, c’était il y a une semaine. Déjà.
Sur fond de crise économique, de crise européenne, avec un redécoupage nord-sud annoncé – où, la France, avec un pied au nord et un pied au sud, essaie de se contraindre de marcher à cloche-pied -, une crise d’identité américaine, une crise israélienne, l’actualité régionale peut nous sembler déjà bien loin. Pourtant le jeu politique a été bouleversé.

Des leçons à tirer pour les politiques

Les conséquences « régionales » de ces élections ont bouleversé la politique nationale, et redistribué largement les cartes pour la droite et l’UMP. Jusqu’à présent, l’hyper-président donnait sa légitimité au parlement. Il avait assuré une victoire écrasante aux députés UMP, et la stratégie du grand parti unique à droite avait réussi à rafler toutes les mises, allant jusqu’à reconquérir les voix de l’extrême-droite.
Cette élection a inversé les tendances : dorénavant, la légitimité du gouvernement, le président la tient des députés UMP. Sarkozy est au plus bas dans les sondages, quand son premier ministre caracole dans l’électorat de droite. Tous les ministres qui se sont présentés à ces élection ont été battus à plate-couture. C’est un déni pour le gouvernement. Ce n’est pas qu’une question de jeu de pouvoir au sein de l’UMP, la politique menée par le président doit déjà en tenir compte. La tentation d’autonomie gagne les composantes de l’UMP, et c’est la stratégie du parti unique qui pourrait-être remise en question.
Pour Hervé Morin, candidat perdant en Haute-Normandie : « Il faut que le nouveau centre soit en mesure d’avoir un candidat en 2012 bien sûr. Ce que je sais c’est le nouveau centre avec ses 13 000 militants, son groupe parlementaire à l’Assemblée et bientôt au sénat je l’espère, doit être en mesure d’avoir la possibilité de désigner un candidat de manière autonome à la présidentielle, il lui appartiendra ensuite de déterminer qui cela doit être. » On peut aussi voir dans cette démarche une stratégie pour mieux négocier les places lors des prochaines élections.
Et Dominique de Villepin en rajoute une louche en annonçant la création d’un nouveau parti, alternative à Sarkozy. L’ambiance est plombée à l’UMP.
Le PS, que beaucoup pensaient moribond et divisé, retrouve une légitimité : il fait quasiment carton plein, en conservant le même nombre de régions métropolitaines qu’en 2004, en y ajoutant la Corse, et en perdant le Languedox-Roussillon. Et en se coupant du courant de G. Frêche.
Derrière les manifestations de joie contenue après la victoire, le PS fait ses comptes. Ce grand parti hégémonique à gauche veut croire à la victoire aux présidentielles. Et il se rend compte que s’il peut espérer gagner, ce ne peut pas être sans les voix écologistes.
Europe Ecologie et les verts sont parvenus à devenir 3ème parti de France. Bel exploit ! Si les électeurs connaissent leur engagement dans des combats pour préserver un monde vivable pour les générations futures, c’est leur crédibilité politique qui est entérinée. Au moment où l’UMP enterre le Grenelle de l’environnement, les citoyens de France et d’ailleurs prennent conscience de l’importance, et de l’urgence, de l’enjeu : on peut faire autrement, on peut éviter les catastrophes, mais il faut s’y prendre maintenant !
Il faut maintenant qu’Europe Ecologie se donne les moyens d’affronter cette croissance. Sa place de 3ème parti de France doit s’accompagner d’une mutation. C’est le défi que lance Daniel Cohn-Bendit aux verts, par son appel du 22 mars. La mutation est en route pour les verts, qui demandent la métamorphose d’Europe Ecologie et des Verts en un mouvement politique unifié et pérenne.
Pour Cécile Duflot, il faut mener 2 chantiers ensemble : la suite d’Europe Ecologie et l’approfondissement du projet, pour garantir le succès.
Le front national est l’autre gagnant de cette élection. 22,5% pour J.M. Le Pen, presque autant pour sa fille, qui se trouve légitimée pour prendre la succession de son père. Une catastrophe pour tous les partis républicains, et une interrogation de tous quant aux choix des électeurs concernant l’extrême-droite : ce n’est pas comme si ce parti n’avait pas gouverné, ils ont gouverné localement, et échoué. Le vote FN redevient-il le vote contestataire ?
Enfin, les grands perdants, hormis l’UMP : le Modem s’est disloqué, et ce, avant même les élections. Les dérives autocratiques de son dirigeant y sont pour beaucoup. Le divorce est consommé entre le Modem et Cap21, et celui-ci, à travers Corinne Lepage, annonce qu’il reprend toute son autonomie. François Bayrou impute cette débâcle aux dissensions internes, sans revenir sur ses propres choix concernant les personnalités qu’il a imposées sur les listes régionales du Modem, ou sa responsabilité par rapport aux dissensions internes. Le parti centriste saura-t-il se recomposer avant les présidentielles (les seules élections qui intéressent son dirigeant) ? Ou bien le glas a-til sonné ?..
Quant au front de gauche, si celui-ci a réussi à se maintenir dans les régions industrielles, il a du mal à assurer sa cohésion. Le PC n’entendra sûrement pas se résoudre à laisser Mélanchon être candidat aux présidentielles. Et le NPA, qui n’a pas convaincu aux régionales, viendra bousculer cette gauche par son vote contestataire.
Une vague Une vague…
une vague une vague
Une rencontre Une rencontre…
une rencontre une rencontre
Une envie Une envie…
une envie une envie
Un coup de tête Un coup de tête…
Un coup de tête Un coup de tête
Un combat Un combat…
Un combat Un combat
Un silence Un silence…
Un silence Un silence
Une claque Une claque…
Une claque Une claque
Une claque Une baffe !

Déni de démocratie I

Allez la démocratie, au lit, c'est l'heure ! Fais des beaux rêves...

5 ans ça change tout !

On l’a vu, le quinquennat a considérablement renforcé le pouvoir présidentiel. On parle d’Hyper-Président, omnipotent, à la tête d’une majorité plus que confortable.
Cette hyper-présidence a cependant, dans sa sagesse, consenti à doter notre République d’un « Hyper-Parlement », juste contre-pouvoir, et de renforcer son rôle et son autonomie, tout en donnant plus de place à l’opposition. Les responsabilités sont mieux partagées, et le parlement retrouve même son rôle premier de « faiseur de lois ». Champagne !
Peut-être aurait-on pu statuer sur le rôle du Premier Ministre, voire envisager sa disparition, car son image est au mieux écornée et le rôle flou, et au pire, préjudiciable à une saine lecture des décisions gouvernementales. D’autant qu’il est contredit dès la première velléité d’annonce non visée par l’Elysée et ses conseillers, comme sur la taxe carbone. Nous avons tendance à prendre son rôle comme : »je fais l’annonce », ça passe, l’Elysée s’approprie… ça casse, ou c’est trop tôt et là c’est le désaveu présidentiel ! Et Fillon mange son chapeau.

Mais revenons à la démocratie, c’est-à-dire nos élus

Le Parlement assure la représentation du peuple. Le rôle d’un député est de représenter sa circonscription et également la Nation toute entière. Outre son rôle de contre-pouvoir (interroger le gouvernement, examiner son action au sein d’une commission, contrôler l’emploi de l’argent public, mettre en cause la responsabilité du gouvernement), le député, par son échelle locale, est le lien entre les citoyens et l’Etat. S’il ne s’agissait que de représenter un parti, le député pourrait se faire élire et rentrer chez lui faire son jardin jusqu’à la prochaine élection. Il agit bien sûr dans un groupe, mais reste dépositaire de la parole citoyenne, et de sa voix.

Alors, que se passe-t-il en ce moment ?

Le parlement renforcé, l’Hyper-Parlement, ne peut plus s’opposer au gouvernement

Mais plus que cela, c’est le libre-arbitre de chaque élu qui est remis en cause : Hadopi, Taxe Professionnelle, et maintenant la taxe additionnelle de 10% sur le bénéfice des banques. Chacun de ces sujets avait été l’occasion pour l’Assemblée Nationale de marquer sa différence avec le Gouvernement. (je ne parlerai pas du camouflet gouvernemental à Coppé, lors du votre de la loi sur les tests ADN pour le regroupement familial).
A chaque fois, les français sont stupéfaits de constater que les votes doivent être refaits, jusqu’à ce que le vote corresponde à la volonté du Gouvernement.
Au sujet de cette taxe additionnelle de 10% sur le bénéfice des banques, l’ex-ministre des Sports, Jean-François Lamour (UMP), pretexte d’une erreur technique, explique qu’il s’est trompé de bouton: il a voté pour mais voulait dire non, comme tous ses collègues UMP. Une partie d’entre eux avait pourtant soutenu l’amendement de Didier Migaud (PS), lors de son adoption en commission des Finances.
Peut-être aux jeux olympiques, une erreur technique entraîne-t-elle aussi l’invalidation des JO ? Que l’on rejouerait donc la semaine suivante ?

Le gouvernement avait déjà obligé sa majorité UMP à renoncer à un amendement sur la taxe professionnelle

Un consensus était né entre l’UMP et le PS pour qui réécrire les mécanismes de la nouvelle «cotisation complémentaire» sur la valeur ajoutée des entreprises (impositions des entreprises à partir de 152.000 € de chiffre d’affaires et non 500.000, taux unique de 1,5% à partir de 2millions de chiffre d’affaires…).
Ce consensus a mis le Medef en colère. Mais Laurence Parisot s’est vite félicitée que «les députés aient entendu» l’organisation patronale, lorsque la majorité UMP a finalement abandonné son amendement, puis voté contre quand il a été défendu jusqu’au bout par l’opposition.
Pourtant, les députés (on pourrait dire hyper-dépités, puisqu’appartenant à un Hyper-Parlement), ont vocation à représenter la population, et à défendre le développement du territoire, et ce, au moins tout autant que les intérêts des entreprises.

Un pouvoir recentré, des élus désillusionnés, des citoyens méprisés qui ne se rendent plus aux urnes…

Ce n’est sûrement pas le cocktail idéal pour affermir la stabilité sociale, et la politique nationale, en France, en Europe et dans le monde. Le dédain affiché pour les choix de la population ne doit pas pousser aux extrêmes.

Lorsqu’on a dit non au référendum européen, on le revote, parce qu’on est trop stupides pour comprendre. J’avais voté oui, mais la population a dit non. Ce n’est pas un simple lifting qui permet de redonner une légitimité au oui, voté pour le coup sans référendum, mais un vrai travail de fond. Peut-être les citoyens ne sont pas seulement des imbéciles, et peut-être sont-ils simplement très exigeants ?

Et depuis, tous les sujets importants sont simplement revotés jusqu’à totale adéquation avec les décisions des personnes au pouvoir.
C’est peut-être pour notre bien, peut-être sommes nous bêtes comme nos pieds, et nous méritons alors nos godillots, pieds que nous sommes.
Et peut-être cela durera. Peut-être pas, la colère gronde.

Les résultats de la votation sur la Poste dans l’Eure (par bureaux de vote)

Mobilisation citoyenne sur la privatisation de La Poste

Les derniers éléments de la votation, centralisés pour notre département.

Rendez-vous mercredi pour une autre action complémentaire : la journée de mobilisation du 7 octobre à 17h à Evreux devant…La Poste.

Exceptionnel ! C’est la démocratie qui évolue encore un peu, prise en main par les citoyens.

Communes

Lieux de vote

Votants

Blancs ou nuls

%

Exprimés

%

NON

%

OUI

%

Rugles

 

595

3

 

592

 

585

 

7

 

Beaumont

Collège

28

0

 

28

 

28

 

0

 

Prey

Ecole

11

0

 

11

 

11

 

0

 

Verneuil / Breteuil

 

481

5

 

476

 

459

 

17

 

Pont de l’Arche

Mairie

355

0

 

355

 

343

 

12

 

Pitres

 

368

0

 

368

 

362

 

6

 

Heudebouville

 

47

0

 

47

 

45

 

2

 

St Pierre du Vauvray

 

146

0

 

146

 

145

 

1

 

St Sébastien de Mst

 

519

1

 

518

 

512

 

6

 

Les Andelys

 

546

3

 

543

 

520

 

23

 

Francheville

Mairie

324

0

 

324

 

322

 

2

 

Val de Reuil

 

576

0

 

576

 

575

 

1

 

Louviers

 

653

0

 

653

 

642

 

11

 

Louviers

Foire St Michel

671

0

 

671

 

671

 

0

 

Conches

 

441

0

 

441

 

438

 

3

 

Alizay

 

203

0

 

203

 

199

 

4

 

Flipou

 

31

0

 

31

 

31

 

0

 

Romilly sur Andelle

 

101

0

 

101

 

101

 

0

 

Perrier sur Andelle

 

40

0

 

40

 

39

 

1

 

Houville en Vexin

 

20

0

 

20

 

20

 

0

 

Bacqueville

 

26

0

 

26

 

26

 

0

 

Grainville

 

10

0

 

10

 

10

 

0

 

Pont St Pierre

 

169

0

 

169

 

169

 

0

 

Vernon

Lycée Prof.

22

1

 

21

 

19

 

2

 
 

Lycée

25

1

 

24

 

23

 

1

 
 

Ville

1210

17

 

1193

 

1158

 

35

 

Vandrimare

 

137

0

 

137

 

137

 

0

 

Montreuil l’Agillée

 

60

0

 

60

 

59

 

1

 

Gisors

 

1848

5

 

1843

 

1818

 

25

 

Etrepagny

 

610

3

 

607

 

598

 

9

 

Letteguives

 

27

0

 

27

 

27

 

0

 

Evreux

 

1570

6

 

1564

 

1549

 

15

 
 

Lycée L. Senghor

27

0

 

27

 

26

 

1

 
 

Lycée A. Briand

55

1

 

54

 

53

 

1

 
 

Lycée M. Leroy

17

0

 

17

 

15

 

2

 
 

Ecole La Madeleine

41

0

 

41

 

39

 

2

 
 

Restau Cité adm.

370

1

 

369

 

366

 

3

 

Gravigny

 

299

0

 

299

 

297

 

2

 

Charleval

 

386

0

 

386

 

384

 

2

 

Bernay

 

2172

3

 

2169

 

2135

 

34

 

Bernay

Stériservices

12

0

 

12

 

12

 

0

 

Thiberville

 

55

0

 

55

 

55

 

0

 

St André

Mairie

662

4

 

658

 

643

 

15

 
 

Centre Courrier

24

0

 

24

 

23

 

1

 

Garennes

 

41

0

 

41

 

40

 

1

 

Bueil

 

49

0

 

49

 

48

 

1

 

Foucrainville

 

32

0

 

32

 

30

 

2

 

Les Authieux

 

13

0

 

13

 

12

 

1

 

Gaillon

Mairie

306

1

 

305

 

298

 

7

 

Gaillon

Conseil général

6

0

 

6

 

6

 

0

 
 

Lycée

22

0

 

22

 

22

 

0

 

Pt Audemer + Ouest

 

2323

1

 

2322

 

2286

 

36

 

Brionne

Mairie

368

1

 

367

 

358

 

9

 

Routot

 

847

4

 

843

 

824

 

19

 

Bourg Achard

 

1035

5

 

1030

 

1007

 

23

 

Serquigny

 

635

0

 

635

 

626

 

9

 

Aubevoye

 

620

0

 

620

 

616

 

4

 

Le Manoir sur Seine

 

253

0

 

253

 

250

 

3

 

La Bonneville / Iton

 

191

0

 

191

 

189

 

2

 

Thiberville

 

55

0

 

55

 

55

 

0

 

Bois le Roi

 

54

2

 

52

 

52

 

0

 

Ezy sur Eure

Marché

                 

Mesnil/L’Estree

Mairie

262

4

 

258

 

235

 

23

 

Boissey le Chatel

 

75

0

 

75

 

73

 

2

 

Bourgtheroulde

 

256

0

 

256

 

244

 

12

 

Thuit Signol

 

261

0

 

261

 

256

 

5

 

Acquigny

 

75

0

 

75

 

73

 

2

 
                     

TOTAUX :

 

23769

72

 

23697

 

23289

 

408

 

La Poste : Une enseigne, des métiers, des usagers, des clients, des prédateurs…

miam... La Poste n’est pas née d’hier. L’apparition des Postes remonte à la fin du 16ème s. Mais c’est au cours du 19ème s. que les Postes accompagneront la modernisation du pays, en développant l’activité courrier. En 1879, la Poste devient Postes et Télégraphe, puis rapidement P et T. Car la modernité, c’est alors le télégraphe. En 1920, avec l’arrivée du téléphone, les P et T deviennent PTT. On parle alors de télédiffusion.
Les héros de l’aéropostale sont dans l’imaginaire des petits et des grands, on est en pleine modernité. Même l’art est moderne. On se déplace en train, puis en auto, bientôt ce sera l’avion… Pendant ce temps les PTT s’installent partout, dans les villes et aussi dans les villages. On va y poster le courrier, déposer ses économies, téléphoner.
En 1981, c’est le printemps du téléphone. Les cabines publiques fleurissent, et enfin, le téléphone s’installe dans toutes les maisons. C’est un nouveau métier, et dorénavant les usagers n’iront plus faire la queue dans les cabines de la poste (« Vous avez votre communication, cabine 3, Monsieur »).

Une première privatisation

En 1991, les PTT disparaissent à leur tour : France Télécom et Le groupe La Poste deviennent des entreprises publiques (exploitants autonomes de droit public). Le gouvernement Rocard l’affirme : « la privatisation n’est pas à l’ordre du jour ».
En 1997, Jospin réalise la privatisation partielle du groupe France Telecom, et en octobre il « ouvre le capital ». La valeur initiale, sous-cotée, sera multipliée par 8 deux ans plus tard.
La Poste, elle, continue son chemin, autour des ses 4 métiers : le Courrier, le Colis Express, la Banque Postale, et le réseau de distribution.
Et elle a encore vocation à assurer un service public à ses usagers (mais attention : bien qu’on soit usager de la Poste, on est désormais client de la Banque Postale).
Structuré autour de 17.000 bureaux de poste répartis sur tout le territoire, La Poste jouit d’une grande notoriété auprès du public, et d’un sentiment d’appartenance vis à vis de la population.
Mais qui aime bien châtie bien : on ne peut que râler devant les trop longues queues derrière les guichets, où l’on vient pour un recommandé, poster un colis, fouiner dans les collections de timbres, chercher de l’argent. Bref on y fait tout, et c’est trop long.
On peut se demander si les produits dérivés, sur lesquels les guichetiers ont l’obligation de faire l’article, ne sont pas là pour faire perdre encore un peu plus de temps et de patience aux usagers. A moins que ce ne soit pour les accommoder au futur des bureaux de poste : magasins et autres bureaux de tabac ?..

Le courrier

Missions :
- Le service universel postal qui permet à chaque entreprise et chaque personne physique d’accéder facilement sur l’ensemble du territoire à ces services d’une qualité déterminée, de bénéficier, à des tarifs abordables et régulés par l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes, d’une collecte et distribution 6/7 jours.
- Le service public de la presse qui permet aux éditeurs de presse de bénéficier de tarifs privilégiés pour une prestation de service postal dont la qualité est définie et contrôlée et à chaque lecteur de recevoir à son domicile, sur le territoire national, les journaux auxquels il s’est abonné. 

La holding Sofipost regroupe un ensemble de filiales (ORSID, Aspheria, Certinomis, Dynapost, Maileva, Mediapost, STP, Brokers Worldwide, …). Son chiffre d’affaires représente 54,3 % du chiffre d’affaires global de La Poste soit 11,5 milliards d’euros. Au total, 28,5 milliards de documents acheminés et distribués en 2007 par le groupe La Poste : 19,5 milliards d’adressés, et 9 milliards non adressés (pub et catalogues sans adresse).
C’est le deuxième opérateur postal européen, après Dutch Post.
Sa flotte de l’entreprise fut la plus importante de France avec 42 000 véhicules. En 2000, le groupe a vendu ses voitures et camions et les transports se font désormais via des véhicules de location.
Aujourd’hui largement concurrencé par internet et le mail, le métier se recentre sur le secteur professionnel et la distribution de la publicité…

Le Colis Express

ColiPoste, est l’opérateur Colis de La Poste. Il offre une gamme complète de services en B to C avec des livraisons en 48h.
La filiale Express du groupe La Poste, Geopost, est une holding qui regroupe un ensemble de filiales (Chronopost, Exapaq, InterLink, MasterLink, Parceline, DPD) représentant 22,6% du chiffre d’affaires global (4,7 milliards d’€). C’est le numéro 2 de l’express en Europe (en volume) et numéro 1 du colis en France, numéro 2 en Allemagne, et numéro 4 au Royaume-Uni.
GeoPost se développe à l’international. En Europe, notamment en Pologne, et en Russie, 3 hubs construits à Poznan, à Gdansk et à Riga. Mondialement, 10 agences ont été ouverte en Chine, et commence à prendre des parts de marché en Afrique du Sud. Des partenariats sont également signés en Amérique du Nord.
Grâce à sa holding Geopost et ses filiales, on le voit, La Poste n’a pas eu à attendre de changer de statut pour conquérir ses marchés à l’international.
Contrairement au courrier, Colis Express profite de la manne d’internet, pour améliorer sa qualité de service, bien sûr, et surtout de profiter du e-commerce.

La Banque Postale

Mission : La mission d’accessibilité bancaire enfin qui offre au plus grand nombre de personnes, y compris celles aux revenus plus modestes, la possibilité de bénéficier aux guichets de La Poste d’une prestation de domiciliation de ses revenus, de retrait d’argent liquide et d’émission de titre de paiement.
La Banque Postale en chiffres (2008) :

  • 4,815 milliards d’euros de produit net bancaire (PNB)
  • 11,2 millions de comptes courants postaux
  • 9,53 millions de clients en banque principale
  • 480 000 clients Entreprises, Collectivités et Associations
  • 5 191 distributeurs automatiques de billets / guichets automatiques bancaires (DAB / GAB) en France
  • 270,6 milliards d’euros d’encours clientèle
  • Plus de 6 millions de cartes bancaires, soit 11 % du marché
  • 17 000 points de contact

Au premier semestre 2009, c’est aussi :

  • une augmentation du PNB de + 3,2% sur base comparable, à 2 459 millions d’euros,
  • un résultat d’exploitation de + 30 %, à 307 millions d’euros,
  • 9,753 millions de clients actifs, avec un objectifs de 10 millions de clients en 2010.
  • Les encours d’épargne et de dépôts à vue progressent à un rythme annuel de 8,1 % pour atteindre 275,5 milliards d’euros au 30 juin 2009,
  • une forte progression du chiffre d’affaires enregistré qui atteint 5,9 milliards d’euros, en croissance de 21 % sur le premier semestre 2009
  • une collecte nette assurance vie de l’ordre de 2,4 milliards d’euros au premier semestre 2009, en progression de + 70 % par rapport au premier semestre 2008.

La Banque Postale a une importance particulière pour les français, jusqu’aux plus démunis. Bien que toutes les banques soient obligées d’accepter l’ouverture d’un compte bancaire pour tous, dans les faits, ce n’est pas vrai, notamment pour les plus pauvres. C’est la Banque Postale qui assure ce rôle.
La Banque Postale a su rester à l’écart de tout placement dans les subprimes et autres actifs toxiques ! Ce n’est pas pour rien non plus dans sa notoriété, lorsque d’autres se sont goinfrés, jusqu’à l’indigestion.
Pour les foyers, nos anciens, c’est le livret A, le plan d’épargne logement, … Les économies de la famille et même des enfants y sont déposées.
La Banque Postale n’est pas accolée à une banque de financement et d’investissement (comme Natixis pour la Caisse d’Epargne et la Banque Populaire) et donc est perçue comme une banque saine et fiable par le public.

Le réseau de distribution

Mission : La mission d’aménagement du territoire qui permet de maintenir sur tout le territoire, y compris les zones les moins denses, un niveau très important d’accessibilité aux services postaux.
L’Enseigne La Poste, c’est, avec le facteur et les petites voitures jaunes, la partie la plus visible du groupe : Les 17.000 points d’accès de la Banque Postale, les guichets de la Poste, et accessoirement espace d’accueil et de vente.
Elle a une double mission : d’abord, un aménagement du territoire, en offrant un espace d’accueil toujours accessible aux populations les plus fragiles (ruraux, anciens, population défavorisée, handicapés, …). A cette mission de service public s’ajoute une contrainte de rentabilité : on prône « l’accessibilité, l’accueil, l’efficacité du service et la qualité du conseil [...] l’attente est passée de 8 minutes 27, en novembre 2008, à 4 minutes 01 en juin 2009*. (source laposte.fr) ».
Le bureau de poste est désormais organisé autour :

  • d’un espace bancaire (conseillers financiers et gestionnaires de clientèle)
  • d’un espace de vente avec : un libre-service produits, un espace automates, des îlots polyvalents (Encaissement rapide, retrait dépôts des instances, Services Financiers, Accueil Pros)

« Dans cette nouvelle configuration, les guichetiers accueillent dans l’espace de vente, orientent, accompagnent, conseillent et vendent. »
Pour les bureaux qui n’atteignent pas leur objectif de rentabilité, c’est la fermeture qui guette.
Dans les campagnes, le maintien des bureaux de Poste est une priorité d’aménagement du territoire, pour que les villages et petites communes puissent rester attractives.

La main sur le coeur, le changement de statut n’a pas pour but la privatisation.

La main sur le portefeuille, alors que le déficit de l’Etat est dans un abîme, combien de temps cette bonne volonté durera ?
Les autres fleurons du service public français ont changé de statut, avec la garantie qu’il n’y aurait pas de privatisation : France Telecom (« bradé » au 1/8ème de sa valeur), EDF, GDF, ont eu les mêmes gages de non privatisation. Et puis on met la main dans le pot de miel…
Avec les conséquences que l’on connait, tant en terme de service, de prix, que de conditions de travail au sein des entreprises privatisées. Et là, le cas France Telecom devrait mettre en garde…
Mais un tel projet de privatisation, avec un souci bien normal de meilleure profitabilité pour les actionnaires, ne reviendra-t-pas à désaucissonner le groupe La Poste ?
Aujourd’hui, le cadre qui permet de tenir ces différents métiers au sein d’un même groupe, c’est le réseau. C’est le maillage territorial et la notion de service public qui permet la cohésion du groupe : on offre à toute la population, sans contrainte géographique, sans contrainte de ciblage de clientèle, un accès aux services indispensables.

Mais si la contrainte de rentabilité s’applique aux bureaux de poste, dès que l’entreprise sera privatisée, rien ne saura l’empêcher de fermer les bureaux qui n’atteignent pas les objectifs de rentabilité.
Quelle sera le facteur de cohésion du groupe alors ?
Sûrement, la Banque Postale, déjà en concurrence avec toutes les autres banques, n’aura pas vocation à assurer un service pour les plus démunis. Il n’y a pas de raison d’assurer une mission de service public, au détriment de la rentabilité, et de la libre concurrence.
Pourquoi accepter des rmistes lorsque les autres banques font tout pour ne pas les avoir ? Il y a bien les petits vieux, et leurs livrets A…
Mais là encore le public est captif : pourquoi changer de compte, lorsque la concurrence ne fait de toutes façons pas mieux ?
Plus de DAB, moins de bureaux, relocalisés quant à eux pour faire face à la concurrence, et non pour assurer une mission d’aménagement du territoire.
Les colis express n’ont pas tellement besoin non plus de ce réseau, puisqu’on y fait essentiellement de la livraison à domicile. Ceux qui postent un colis devront se déplacer un peu plus loin… Et là encore, quelle alternative ?
Alors, si on n’a plus cette contrainte d’aménagement du territoire, et donc un réseau qui changera pour s’adapter à la clientèle dans le souci de la profitabilité, quelle sera la cohésion des différents métiers ?
C’est simple : Il n’y en n’aura plus.

Un groupe désaucissonné

Chaque métier sera dégroupé.
Colis Express, restera rentable, même si c’est une activité à faible marge. Colis Express au travers de ses filiales aura vocation à devenir un des géants mondiaux de la livraison express.
La Banque Postale est une manne, un trésor national. Adossé au groupe La Poste, elle n’a pas vocation à devenir une banque d’investissement. Mais si on tronçonne le groupe en métiers, cette banque pourra alors s’adosser à une banque d’investissement.
Rappelons-le (et je vous conseille ici la lecture des écrits de Frédéric Lordon), la crise de 1929 avait conduit à une stricte séparation des banques de marché et des banques commerciales (Glass-Steagall Act). Ceci afin de préserver la contamination des déboires des premières sur les banques commerciales (banques de dépôt et de crédit), et qu’elles n’aillent transmettre les chocs financiers à l’économie réelle, notamment en étouffant les crédits.
Ce verrou a sauté, et les banques se sont déspécialisées. Aujourd’hui la Banque Postale me fait penser à un grand herbivore, dans une réserve naturelle. Un grand diplodocus, que lorgneront les vélociraptors de la finance, qui n’y verront que le montant des en-cours : 270,6 milliards d’euros d’encours clientèle, qui ne participent pas aux investissements financiers. Une hérésie pour les génies de la finance.
Adosser une banque de marché à une banque commerciale comme la poste (dépôts, livrets A, PEL, crédits… mais aussi des produits financiers comme les assurances-vie), c’est se donner la possibilité de pouvoir garantir les prises de marchés par les dépôts et les actifs de la banque.
En gros, cela revient à pouvoir prendre des positions sur les marchés en les garantissant sur vos dépôts. Si le jeu est gagnant, la banque gagne, et vous rend votre argent (en fait vous n’avez pas su que votre argent était joué, vous n’avez rien gagné, ni perdu).
Si par contre, la banque perd, elle perd et vous rend votre argent. Ou pas, s’il n’en reste pas. Vous avez alors tout perdu, même l’argent que vous pensiez à l’abri.
C’est ce qui s’est passé lors de la dernière crise, et a failli provoquer l’effondrement du système bancaire.
Si vous ne voulez pas jouer en bourse, il est intolérable que d’autres se servent, en toute légalité, de votre argent pour engranger d’immenses profits, en vous en faisant endosser le risque.
C’est ce qu’il faut éviter à tout prix par une privatisation sauvage de Banque Postale.
Le réseau ? Il faudra l’adapter, et sûrement fermer de nombreux bureaux.
Et le courrier alors, qu’est-ce qu’il devient dans tout ça ? C’est là que le bât blessera : coûteux en hommes, foyer de syndicalisme, en concurrence avec d’autres services, avec Internet, ce métier aura-t-il vocation à quitter le service public ? Ce sera une lourde charge pour les actionnaires. N’y aura-t-il pas volonté de le laisser s’éteindre ? Certes il représente plus de 50 % du chiffre d’affaires. Mais au prix d’une structure énorme, pour une activité coûteuse en hommes, et en déclin.
Alors si la structure tombe, eh bien l’Etat (c’est nous) n’aura qu’à la reprendre, après tout, s’il y tient tant !

Et le diplodocus dans tout ça ? Les prédateurs, à table !

un peu de lecture : entretien avec Frédéric Lordon sur Télérama

Mobilisation citoyenne sur la privatisation de La Poste

Mobilisation citoyenne sur la privatisation de La PosteSamedi 3 octobre aura lieu dans de nombreuses Communes une consultation citoyenne sur la privatisation de la poste. Il s’agit d’un sujet important qui vise à nous positionner sur l’avenir d’un service public de proximité. D’autant que nous sommes, dans nos villages, plutôt concernés par la chose : quel avenir pour un petit bureau de poste dans un petit village ? Et quel avenir pour un petit village dont les commerces « délocalisent », les classes ferment, les services plient bagages…

N’ayant, pour le moment, pas vu d’informations à ce sujet à Saint-Pierre du Vauvray sachez qu’il est toujours possible de s’informer sur appelpourlaposte et de voter, en Normandie à :

  • Alizay et Pont de l’Arche : Initiatives des élus de la communauté des communes
  • Bernay : Samedi 3 octobre Marché et la rue principale (10h-17h)
  • Bourg-Achard : Jeudi 1er octobre Intermarché (16h-18h)
  • Brionne : Vendredi 2octobre Mairie (13h30-19h), samedi 3 octobre Mairie (8h30 à 12h)
  • Conches : Samedi 3 octobre devant bureau de poste (9h-12h), distribution des professions de foi jeudi pendant le marché.
  • Charleval : Urne à la mairie toute la semaine et délibération du conseil municipal
  • Evreux : Dimanche 27 septembre, Marché de la Madeleine (9h30 à 12h), jeudi 1er octobre restaurant administratif (1h30-13h15), samedi 3 octobre devant poste et au marché
  • Francheville : Vote à la Mairie
  • Etrepagny : mercredi 30 septembre Marché (8h-12h),. 3 octobre devant la poste
  • Gaillon : vote à la mairie toute la semaine aux heures d’ouverture. Mardi 29 septembre durant le marché
  • Gisors : toute la semaine en mairie et lundi 28 septembre Marché
  • Louviers : stand à la foire St Michel
  • Mesnil-sur-l’Estrée (27650) organise la consultation le vendredi 2 octobre à la mairie de 8h00 à 20h00.
  • Poses : lLe vendredi 2 octobre de 17h30 à 19h30, le samedi 3 octobre de 9h00 à 12h00
  • Routot : Dimanche 27 septembre Shopi (10h-12h)
  • Saint André : Mairie (9h-15h)
  • Saint Sébastien : Samedi 3 octobre devant la poste
  • St Pierre du Bosguérard (27370) s’associe à cette consultation nationale. Pour ce faire les administrés pourront venir s’exprimer à la mairie du 28 Septembre au 03 Octobre 9 h 30.
  • Verneuil-sur-avre : samedi 3 devant la Poste
  • Vernon : mairie en semaine et marché le samedi

Autres communes du 27 où est organisée la votation : Aubevoye, Aviron, La Barre en Ouches, Boissey le Chatel, Bosc Roger en Roumois, Bourgthéroulde, Breteuil s/ Iton, Gournay, Les Andelys, Manoir s/ Seine, Pont Audemer, Rugles, St Ouen, Thiberville, Tourneville, Val de Reuil, Vandrimare….

Chassé-croisé des vacances, les affaires continuent…

trêve estivaleAh ! ce début de mois d’août à l’ombre des marronniers… Pendant que les vacanciers se remettent de leurs vacances et trient leurs photos, se repassent les vidéos, rangent, lavent, et se préparent (pour les chanceux…) à retrouver le confort du travail, les autres (les chanceux qui partent quand même en vacances), se préparent à affronter les méduses et le soleil, la promiscuité et les terrasses (qui attendront la fin de la saison pour répercuter – ou non – la baisse significative de la TVA).
Pour les moins chanceux, il reste une heure de vacances par jour quand même : nos JT préférés nous invitent à chausser lunettes de soleil, paréos, maillots et espadrilles, avec force visites de fabricants et de négociants (locaux ceux-là), et petits détours pour réaliser quelques radio-plages pour se plonger dans ses souvenirs : bluettes de l’été, bronzer c’est bon, les vacances c’est les boules (de pétanque)… Barbecue !

Habituellement, c’est la période idéale choisie par le gouvernement pour faire passer une loi mal perçue par les électeurs. Mais là, les ministres sont en vacances… Pas loin ! Et même à 1 heure de Paris seulement pour Roselyne Bachelot, afin de pouvoir revenir faire une distribution de tamiflu dans l’urgence.

[caption id="attachment_2625" align="alignleft" width="160" caption="Crisetine Lagarde
par Martin Vidberg ©"]Crisetine Lagarde par Martin Vidberg ©[/caption]Cette année, ce sont plutôt les sociétés financières qui profitent de la crise financière trêve estivale pour faire des annonces.
D’abord c’est BNP Paribas qui va verser 1 milliard d’euros (dûment provisionné) de primes à ses traders du pôle Corporate and Investment Bank (CIB) à l’issue du premier semestre. Après que l’Etat ait versé plus de 5 milliards d’euros à la BNP, le sujet suscite évidemment la polémique.

Bercy précise : « Au moment où plusieurs banques préparent des décisions en matière de rémunération des opérateurs, Christine Lagarde a demandé à la Commission bancaire d’exercer une extrême vigilance pour assurer la mise en oeuvre effective des règles définies ». Lagarde veille donc…

Alors au moment où le CAC 40 flirte de nouveau avec les 3500 points, où les banques s’apprêtent à reverser leurs bénéfices (bénéfice net de 1,604 milliard d’euros au deuxième trimestre pour la BNP, soit une hausse de 6,6%), on pourrait croire que LA CRISE EST FINIE !

Une autre affaire bancaire, chez nos voisins Islandais cette fois, est sous le feu de l’actualité :

Kaupthing a prêté des milliards d’euros à des actionnaires avant la faillite.
Un document, « privé et confidentiel », liste, sur 210 pages, 205 emprunteurs de la banque, essentiellement des actionnaires de la banque. Le document est daté du 25 septembre 2008 (il a été publié anonymement le 29 juillet dernier sur wikileak.org). Le 9 octobre, la banque est mise sous tutelle et placée en cessation de paiements.
Les islandais apprennent que 205 emprunteurs du monde entier ont reçu des prêts allant de 45 millions d’euros à 1,25 milliard d’euros, juste avant de faire faillite.
Mais le jour suivant ce rapport, les avocats de kaupthing on tenté d’étouffer l’affaire : « Cette information hautement sensible et confidentielle est soumise au secret bancaire islandais. Toute divulgation de ces informations est strictement interdite et passible de peines de prison, selon la loi islandaise ».
Cependant, devant la colère du peuple islandais, la Première Ministre islandaise, Johanna Sigurdardottir, a déclaré : « Il n’est pas possible, dans la situation que connaît actuellement notre société, où tout doit être ouvert et transparent, d’utiliser le secret bancaire pour dissimuler des abus du marché. Nous avons donc examiné la possibilité de réviser la législation sur le secret bancaire« .
Le 20 juillet, l’Etat islandais avait annoncé son intention de renflouer à hauteur de 1,5 milliard d’euros les trois principales banques islandaises nationalisées en octobre.
Un accord prévoit que la quasi-totalité du capital de deux banques, Islandsbanki (ex-Glitnir) et New Kaupthing, soit rendue à des actionnaires.

Je vous invite à écouter Frédéric Lordon, économiste, chercheur au CNRS. Il est un des rares à avoir prévu la crise financière qui éclate en octobre 2008 : Quand la finance prend le monde en otage (Le Monde diplomatique, septembre 2007).
M. Lordon est clair, intelligent, intelligible (!). Etat des lieux :

Frédéric Lordon commence par évoquer le contre-sens du plan français qui ne garanti pas les prêts interbancaires, mais la structure publique de refinancement des banques, ce qui allonge la maturité des banques centrales, au-delà de ce qui est autorisé par la BCE. Et d’admettre des classes de titres inéligibles aux guichets de la BCE.
C’est coûteux, et les ressources de ce fonds sont plafonnées (320 Mds).
Une intervention de refinancement bancaire est l’affaire des Banques Centrales, et non d’un fonds !
Frédéric Lordon nous demande de réserver nos cris de joie qui célèbreraient la sortie de crise !
Les causes originelles du stress bancaire (les pertes originelles des crédits hypothécaires) sont loin d’être dissipées.
Les facilités publiques qui ont été ouvertes vont être intensément sollicitées; ce qui risque d’induire des interrogations sur la solvabilité des dettes publiques; et de transormer une crise de finance privée en crise de finance publique, éventuellement compliquée de crise de change (crise monétaire). Les Etats se trouveraient, apparemment, en échec, et sans recours.
La poursuite de la réflexion sur les plans publics d’intervention passe par les Etats-Unis, à l’origine du problème :

  • Un premier plan Paulson, qui consiste en une politique de cantonnement (une politique de reprise des actifs pauvres),
  • Un plan Paulson 1bis, à base de garantie/recapitalisation (sur le modèle de ce que les européens sont en train de faire),
  • Une troisième formule n’a même pas été envisagée, ce qui ne manque pas de surprendre Frédéric Lordon : une caisse de refinancement de la dette hypothécaire des ménages. On propose, non pas de sauver les banques, mais de sauver les ménages pour sauver les banques

Cette 3ème formule, en détail :

  1. On subventionne les ménages, pour leur permettre de payer leurs dettes immobilières. Au lieu de contraindre les finances publiques à un choc monumental, la charge est étalée sur les échéanciers nominaux des crédits immobiliers, sur 20 ou 30 ans. On lisse alors l’effort des finances publiques sur 20 ou 30 ans.
  2. Restauration des ménages dans leurs situations d’emprunteurs, ce qui rétablit immédiatement la solvabilité de la dette hypothécaire; et donc ramène immédiatement les titres dérivés et dépréciés à leurs valeurs initiales
  3. Cela éteint immédiatement les pertes bancaires, les banques reconstituent leurs bases de capitaux propres, produisant ainsi, dans l’instant, le déblocage du marché.
  4. Cette réinstallation des ménages en emprunteurs solvables, et occupants de leurs logements, aurait des effets de légitimation politique d’une extraordinaire puissance (comme le plan Paulson 1 y était carencé, en témoigne le 1er rejet qu’il a essuyé à la chambre des représentants).

Le financement de cette caisse de refinancement hypothécaire doit être envisagé sur une base mondiale.
Si le foyer de la crise est bien aux USA, l’UE a contribué a propager cette crise. C’est donc un o-financement USA-UE, au prorata des pertes bancaires, qui pourrait être envisagé ; avec un effet puissant sur l’opinion financière.

Et pourtant.
Tel quel, ce plan demeurerait incomplet.
Les plans actuels ne sont que des packages d’aides à la finance, ce qui est insoutenable ! Les contreparties sont inexistantes !
Les contreparties sont pourtant indispensables pour sortir du dilemme que l’on appelle « le risque systémique », qui ne laisse le choix qu’entre 2 solutions catastrophiques :

  • Secourir la finance et sauver les irresponsables,
  • Ne pas les sauver et aller à la ruine totale.

Ce dilemme a conduit à une solution très simple : la conditionnalité.
Certes il faut rattraper le finance privée, c’est notre intérêt vital. Mais ce rattrapage sera le dernier !
Et le secours aura pour prix la refonte radicale des structures de la finance, afin que jamais plus ceci ne se reproduise.

Quelques principes selon lesquels la reconstruction de la finance pourrait être reconduite :

  1. Le contrôle des risques est une chimère : la maîtrise du risque financier est un problème sans solution. La capacité des banques et des opérateurs doit être limitée avant qu’elle n’advienne.
  2. Quand une bulle est formée, il est trop tard. L’objectif stratégique de la re-réglementation est d’empêcher la reformation des bulles financières.
  3. La régulation financière doit abandonner le principe du « level playing field » (Level playing field est terme anglo-saxon désignant un environnement dans lequel toutes les entreprises d’un marché donné doivent suivre les même règles, et ont les même capacités à être compétitifs).
    La recherche de normes communes est nécessairement vouée à déboucher sur la valeur minimum de la régulation.
    Il faut considérer la régulation d’une zone plus restreinte à régulation supérieure, qu’il faut protéger.
  4. L’Europe est un espace d’activité financière autosuffisant. Par la diversité de ses classes d’actifs, par la profondeur et la liquidité de ses marchés, elle est la candidate naturelle à constituer une zone financière régulée, et protégée.
    Cela suppose l’abrogation immédiate de l’article 63 du traité de Lisbonne (« toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites ») !

Frédéric Lordon nous fait quelques propositions :

  1. La détitrisation : (la titrisation est une technique financière qui consiste classiquement à transférer à des investisseurs des actifs financiers tels que des créances – par exemple des factures émises non soldées, ou des prêts en cours – , en transformant ces créances, par le passage à travers une société ad hoc, en titres financiers émis sur le marché des capitaux. On transforme des actifs peu liquides, pour lequel il n’y a pas véritablement de marché, en valeurs mobilières, facilement négociables.).
    La titrisation est une innovation des années 90 – et dont les banques se sont passé avant ces 20 dernières années – et qui est directement responsable de la crise. Il faut donc l’interdire.
  2. La déleviérisation : on appelle levier (ou effet de levier) ce qui permet à un opérateur de prendre des positions au delà de ses ressources propres.
    Il faut d’abord interdire le levier d’endettement. Notamment les leviers accordés par les banques à leurs clients. il faut soumettre les banques à un ratio de leviérisation maximale autorisée.
    Il existe aussi une leviérisation « de marge », qui exige des niveaux ridicules d’avances exigées pour prendre des positions sur les produits dérivés dans les marchés organisés.
    Il faut relever les niveaux « de marge » autorisés.
    Il faut reprendre le contrôle des entreprises de bourse (privées). Euronext, dont la chambre de compensation n’est autre que Clearstream, est une des entreprises de bourse majeure en Europe.
    Il faut procéder à la rupture des liens transatlantiques qui lient, par exemple, Euronext au NYSE.
  3. Politique monétaire : d’où viennent les liquidités qui alimentent la bulle ? D’abord des épargnes des salariés collectées par les grands investisseurs institutionnels (assureurs, fonds de pension, et pour une part très significative du crédit bancaire).
    Sur le crédit monétaire, la politique a vraiment prise par l’intermédiaire de la politique monétaire. On peut restreindre la finance par le resserrement de la politique monétaire. Mais l’économie réelle va mourir en même temps que la finance. Or la politique monétaire ne dispose que d’1 seul instrument, le taux d’intérêts, pour réaliser plusieurs objectifs : soutenir la croissance et compenser la spéculation financière.

Pour Frédéric Lordon, la solution existe : il faut dédoubler la politique monétaire.

  • un taux d’intérêt réel pour financer les crédits aux agents de l’économie productive,
  • un taux d’intérêt spéculatif pour le refinancement des crédits aux agents de l’économie financière.

Il est important, nécessaire, et vital de renationaliser le système du crédit et de la finance. On ne confie pas à des intérêts privés un bien public vital pour la société.
Une structure vitale pour la société (comme c’est le cas du nucléaire et de la monnaie), doit être agencée pour résister à des événements extrêmes.

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