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L’espérance de vie approche les 100 ans, c’est Laurence Parisot qui le dit…

Dans une interview donnée au JDD, Laurence Parisot présente les positions qu’elle défendra au nom du MEDEF lors du sommet social à l’Elysée lundi.
laurence Parisot avance ses propositions : compléter le système de retraite par un système de retraite par capitalisation, tenir compte des situations les plus pénibles à condition de les évaluer sur des critères individuels et objectifs (?), exonérer des charges sociales pour toute embauche d’un chômeur en fin de droits, ne pas augmenter les cotisations,…
Et là qu’est-ce que je lis ? “L’espérance de vie approche les 100 ans, comment imaginer trente ou quarante ans sans travailler, et les financer en restant inactif? Relevons l’âge légal, cela entraînera une hausse du taux d’activité des seniors, comme tout le monde souhaite.”
Quoi ?! J’aurais raté cette information capitale : notre espérance de vie approche les 100 ans ! Vite, un petit tour sur le site de l’INSEE pour vérifier cette bonne nouvelle !
Ah zut, je dois déchanter rapidement : l’espérance de vie en France est de 84,5 ans pour les femmes, et de 77,8 ans pour les hommes.
Pour les 40 ans à se faire dorer la pilule sous les cocotiers, c’est raté. Les hommes, si on relève l’âge de la retraite, n’auront que 10 à 15 ans pour en profiter. Et d’ici là les cocotiers seront peut-être sous l’eau.
“Nous jouons avec la réputation de la France”, ajoute-t-elle.
Je suis rassuré pour notre réputation, la France est le seul pays du monde ou une sardine peut boucher le port de Marseille.

Conseil municipal de Saint-Pierre du Vauvray, 2 février 2010

Le Conseil Municipal de Saint-Pierre du Vauvray s’est réuni lieu le 2 février 2010. N’hésitez pas à monter le son, il est assez faible…
Dans ce premier 1/4 d’heure, Jérôme demande à ce que soit mise en question diverse une subvention à l’école élémentaire afin de financer la classe patrimoine qui partira en juin.
Cette question vient après qu’une autre subvention, d’un montant de 1.900 €, destinée au Moulin d’Andé pour un partenariat avec le Conservatoire de Rouen et l’Opéra de Rouen Haute-Normandie, ait été ajoutée à l’ordre du jour.
Le maire pense que la municipalité a fait un gros effort au niveau de l’école. Les gens, en fonctions de leur quotient familial peuvent déposer un dossier au C.C.A.S. pour qu’il soit examiné, cela passe par le soutien aux familles. Cette question pourra être mise à l’ordre du jour lors du prochain conseil qui va arriver très rapidement. Le maire souhaite rencontrer l’Association des parents d’élèves, voir ce qui nous manque. Le maire pense qu’il faut aussi appliquer le quotient familial sur ce voyage.
Tous les 2 ans, pour financer cette classe transplantée, la mairie verse déjà plus de 2.000 €. Pour le maire, la municipalité finance déjà, elle ne peut pas financer une deuxième fois.
Toutefois, ce n’est pas non. Le maire veut examiner le dossier, et voir financièrement combien la municipalité peut mettre. C’est donc une bonne nouvelle pour les élèves qui partiront vers les châteaux de la Loire en juin !
La seconde partie concerne les changement des machines d’imprimerie numérique de la mairie. Les questions posées portent sur le nombre de copies, le renouvellement du contrat de l’imprimante de la mairie, et l’arrêt des contrats des autres imprimantes.
Chiffres clés :
  • 101.000 copies par an pour le poste mairie, dont 10.000 couleurs et 91.000 n&b. 15.000 copies pour l’école maternelle. Et 55.000 copies pour l’école élémentaire.
  • Sur une moyenne de 250 jours ouvrés (5 jours/semaine, et 52 semaines), le nombre d’impressions par jour est de plus de 400 copies par jour, dont 40 copies couleurs.
  • Actuellement la location mensuelle est de 515 € par mois, soit 6.180 € par an
  • Le coût actuel d’une copie à l’unité est de 0,15 € pour une copie couleur, et 0,10 € pour une copie n&b (soit 10.600 € par an pour le poste mairie, et 6,000 € pour les 2 écoles).
  • Le contrat va être renégocié. Le contrat des 3 petites machines (les 2 écoles, et la mairie), s’arrêtera dans 18 mois. Cela représentera un montant de 245,98 € /mois pour les mois restants. La machine principale de la mairie sera remplacé par un nouveau modèle, un Ricoh MPC 2800, pour une location mensuelle de 320 € /mois. Soit une location mensuelle de 565,98 € / mois durant les prochains 18 mois. A cette date, le contrat des petites machines s’arrêtant, il n’y aura plus que le contrat de la grosse machine de la mairie, soit 320 € /mois.
  • Avec cette imprimante, le coût d’une page passera de 0,15 € à 0,06 € (coût d’une page couleur), et 0,10 € à 0,006 € (noir & blanc).
  • Le coût mensuel des impressions est actuellement de 901,82 €, il passera à 711,49 € pendant les 18 prochains mois, puis passera à 465 € par mois, pendant les 45 mois suivants.
  • La destination des impressions : le journal (15.000 pages n&b en 2009, mais imprimé en couleurs en imprimerie en 2010), les affiches pour les Associations, le secrétariat, et les documents administratifs qui doivent être photocopiés en couleurs.
  • Pour la commerciale, les chiffres peuvent paraître énormes, mais c’est dérisoire pour une mairie. “Cela ne paraît pas totalement absurde”.
Concernant la demande de subvention de la classe transplantée :
Le maire prend fait et cause, concernant la classe patrimoine pour le quotient familial. Ce système n’avait pas été retenu pour la tarification de la cantine, pour des raisons de charge de travail supplémentaire affectée au secrétariat de la mairie, les choses évoluent. C’est tant mieux.
Par contre, ce n’est pas ce qui a été proposé aux parents : le directeur de l’école, qui a organisé ce voyage, l’a présenté. C’est à la fois un projet de voyage splendide et l’occasion de faire un travail pédagogique sur toutes les faces de ce voyage. Sur l’histoire, la renaissance bien sûr, et aussi une histoire plus moderne lorsque que les châteaux de la Loire rencontrent Tintin, par la visite du château de Cheverny (qui a servi de modèle au château de Moulinsart), la géographie, les sciences et l’ingénierie, avec aussi une visite du musée de la magie Robert-Houdin, les inventions de Léonard de Vinci, et aussi du spectacle vivant, comme celui du Cadre Noir de Saumur… C’est un voyage qui permettra de souder ces petits citoyens, et il s’en souviendront très longtemps : tu te rappelles ? Nous y étions…
Pour les parents, le financement de ce projet n’a pas été proposé sur le mode du quotient familial. Mais le voyage coûtera cher à chacun. Initialement, ce voyage devait revenir à 140 € par enfant. Cela est très cher pour certains. Et au-delà de 5 désistements, le voyage serait annulé.
Afin d’éviter l’annulation de cette classe transplantée, le directeur propose de tout faire pour réduire la facture individuelle à 70 € par enfant. Pour cela Aussi, le directeur propose d’utiliser les fonds de la coopérative de l’école pour aider au financement. Mais nous sommes encore loin du compte.
Les parents ne peuvent donc être qu’heureux d’apprendre qu’une subvention sera proposée à l’ordre du jour du prochain conseil municipal, lorsque ce projet aura été chiffré et budgeté.
Ravi que le Conseil Municipal prenne enfin en compte l’Association des parents d’élèves. Sur le principe, les fonds que lève l’Association des parents d’élèves – qui seront intégralement reversés aux écoles, maternelle et élémentaire – servent à subventionner tout projet scolaire, la motivation de tous les parents qui organisent et participent aux manifestations dépassent les seules classes concernées par la classe transplantée. Je pense aussi aux enseignants, qui en primaire, comme en maternelle, relayent les actions de l’Association, et je les en remercie. Dans les faits, Je pense toutefois que l’essentiel ira au financement du projet de M. Carré. Car notre objectif principal est de ne pas faire capoter ce magnifique projet, et que les enfants de CM1 et CM2 aient eu, comme cela s’est toujours fait dans le passé, la chance de participer une fois au moins à une classe transplantée au cours de leur scolarité à Saint-Pierre du Vauvray.
Dans le principe encore : dans ses statuts, si “l’Association se réserve le droit de subventionner tout projet scolaire après avoir délibéré de son caractère éducatif”, on y précise qu'”en aucun cas, elle n’entend se substituer aux administrations responsables”.
Dans les faits, je pense que l’Association jouera le jeu avec l’école et la mairie, et indiquera, après le loto du 21 février (venez nombreux !), la somme qu’elle aura réussi à collecter pour le voyage.
Nous entendons la volonté de la municipalité de connaître les chiffres et le budget, pour le compléter.
Mon avis, s’il importe, sur le renouvellement de la photocopieuse
Le photocopieur Ricoh mpc 2800 semble assurément une machine plus adaptée que la machine actuelle pour la mairie d’une commune de notre taille.
Bien sûr le choix ne m’appartient en rien.
Cependant, pour information, une rapide recherche sur google m’a renvoyé les liens :
Dans le compte rendu du conseil municipal de la commune du Touquet,
“un marché relatif à l’achat et la maintenance de deux photocopieurs numériques couleurs avec la SAS RICOH FRANCE (383 avenue du Général de Gaulle – 92143 CLAMART CEDEX) portant sur l’achat et la maintenance de deux photocopieurs numériques couleurs (Ricoh MPC 2800).Le coût total d’acquisition de ces deux photocopieurs s’élève à 6 691,40 € HT.
La maintenance se présente sous la forme d’un coût à la copie (A4 et A3), qui s’élève pour le noir et blanc à 0,0039 € HT et pour la couleur 0,039 € HT.”
Cependant, des coûts à la page si bas me laissent à penser que la taille de la commune, et donc son parc, a pu permettre d’obtenir des prix serrés, notamment concernant les coûts à la page.
Saint Amant-de-Boixe, près d’Angoulême, est une commune de 1.200 habitants, plus proche donc de la configuration de Saint-Pierre du Vauvray.
Dans le compte rendu du conseil municipal je note :
“La proposition de RICOH pour le remplacement du copieur actuel de l’Abbaye par un copieur couleur multifonctions MPC 2800 en contrat location avec maintenance du matériel pour un coût trimestriel de 350 € H.T est acceptée.”
Il s’agit là d’un coût d’acquisition bien inférieur à la proposition de la société Debucy, avec toutefois un coût à la page un tout petit peu supérieur, avec 0,07 € la copie couleur (contre 0,06 € dans votre proposition), et 0,007 € (contre 0,006€) la copie n&b.
Cependant, en coût trimestriel, cela représente une différence minime, si on se base sur le nombre d’impressions de la mairie :
150 € pour 2500 pages couleurs à 0,06€ la copie et 175 € à 0,07 € la page.
136,5 € pour 22750 pages n&b à 0,006€ la copie, et 159,25 € pour le même nombre de pages à 0,007€ la copie.
La différence pour la location offre un différentiel de 610 € par trimestre. Si on inclue le surcoût à la copie, cela réduit la différence à 562,50 € par trimestre, soit 2.249 € par an.
Peut-être cela vaut-il le coup de se renseigner auprès de cette mairie ?
L’autre information, qui peut intéresser l’Association de parents d’élèves, est que les associations Saint-Pierroise peuvent faire imprimer affiches et photocopies en mairie. Je sais que pour l’Association de parents d’élèves, l’impression est faite avec les moyens du bord, en requérant les ressources personnelles des adhérents.
Une subvention au Moulin d’Andé…
La première chose que j’y vois, c’est le désengagement de la DRAC,et donc de l’Etat, sur les affaires culturelles, et le report de fait sur les petites communes pour financer les structures culturelles locales.
Dans le rapport présenté le 10 juillet 2009 au conseil municipal de Rouen, on peut lire :

Le conservatoire de ROUEN, dans le cadre de ses missions pédagogiques, artistiques et de développement des pratiques artistiques amateurs peut être amené à établir des conventions de partenariat.
Le conservatoire souhaite formaliser un partenariat avec deux structures culturelles : l’Opéra de ROUEN Haute‑Normandie et le Moulin d’Andé.[…]
Le partenariat entre le conservatoire de ROUEN et le centre culturel du Moulin d’Andé répond à la volonté de favoriser les échanges avec une structure culturelle, notamment en termes d’accueil des élèves ou des étudiants du conservatoire, dans un contexte professionnel.
Le moulin d’Andé est le dernier spécimen des moulins « pendants ». Edifié à la fin du XIIème siècle sur un bras de la Seine, en Normandie, entre LES ANDELYS et ROUEN, il est classé monument historique et a récemment reçu du ministère de la Culture et de la Communication le label de Centre Culturel de Rencontre
Cette spécificité culturelle débouche aujourd’hui sur une volonté de partenariat entre les deux structures, qui se fixent plusieurs objectifs :
  • favoriser les échanges et les rencontres dans le domaine de la pédagogie, de la diffusion et de la création dans les disciplines musicales, chorégraphiques et théâtrales,
  • dynamiser le rayonnement des deux structures en présence sur le territoire régional,
  • diversifier et développer la vie culturelle dans les territoires et plus particulièrement en milieu rural,
  • contribuer à démocratiser l’acte culturel en favorisant l’accès aux pratiques artistiques à tous les citoyens,
  • élargir et renouveler les publics.
Le partenariat se déclinera autour de quatre axes majeurs :
  • la décentralisation d’activités pédagogiques du conservatoire de ROUEN, se traduisant par un accueil au Moulin d’Andé d’élèves et/ou d’étudiants encadrés par leur enseignant ou un intervenant extérieur,
  • la possibilité pour des élèves et/ou étudiants du conservatoire de pouvoir bénéficier de la présence d’artistes en résidence au Moulin d’Andé,
  • l’accueil au Moulin d’Andé, dans le cadre de sa programmation, de prestations artistiques proposées par le conservatoire,
  • l’accueil en résidence au Moulin d’Andé d’étudiants du conservatoire en parcours de licence d’artiste interprète, formation professionnalisante mise en place conjointement avec l’Université de ROUEN.
Dans le cadre de ces actions, le conservatoire et le Moulin d’Andé s’engagent à mettre en oeuvre les moyens logistiques et financiers nécessaires à la concrétisation de leurs projets.
Ces partenariats doivent être formalisés dans le cadre de conventions.

Le Moulin d’Andé, pour ce partenariat, demande aux 3 communes d’Andé, de Saint-Pierre du Vauvray et de Saint-Etienne du Vauvray, une subvention pour un montant total de 3.800 €. ce qui représentera pour notre commune un investissement de 1.266 € si la commune de Saint-Etienne l’accepte, et de 1.900 € si la commune de Saint-Etienne ne la vote pas (mais espérons que ce sera un projet commun).
Si les communes, pour ce prix, ne sont pas co-productrices, elles se verront rembourser tout ou partie de ces subventions en fonctions du nombre d’entrées. En outre, cela permettra aux élèves des écoles des 3 communes d’aller rencontrer d’autres élèves, du Conservatoire ceux-là, lors de leurs répétitions (j’espère néanmoins que, pour le prix, tout sera gratuit pour ceux-ci, et que les transports sont prévus).
L’autre chose que je vois dans cette subvention, c’est que les 3 communes s’engagent, ensemble, dans la vision d’un pôle de communes, pour “diversifier et développer la vie culturelle dans les territoires et plus particulièrement en milieu rural”, et “contribuer à démocratiser l’acte culturel en favorisant l’accès aux pratiques artistiques à tous les citoyens”, qui sont les 2 objectifs de ce partenariat qui nous concernent particulièrement…
Le Conseil Municipal de Saint-Pierre du Vauvray s’est réuni lieu le 2 février 2010.
C’est un moment républicain, démocratique, ouvert au public. Cette ouverture se caractérise par le droit d’assister, d’enregistrer et diffuser, éventuellement sur un site internet, les débats.
Cela relève de l’information citoyenne. Il est rare qu’il y ait des citoyens qui assistent à ces débats. Pourtant, ces débats nous intéressent, et, s’il ne nous est pas possible en tant que citoyen d’y participer, pour diverses raisons, leur retransmission est un acte essentiel. C’est le pari que font de nombreuses communes, et pour ne citer que des communes proches, Louviers diffuse en “live” le conseil, disponible encore ensuite, et Val-de-Reuil diffuse aussi ses conseils municiapux sur internet.
Pourquoi les diffuser ? Parce que l’information municipale permet aux citoyens de mieux s’intégrer, participer, et s’impliquer dans la vie de la commune.
Parce que les rapports des compte-rendus ne sont plus diffusés par la mairie, que ce soit sur internet, ou sur le bulletin municipal.
C’est dans ce sens que nous avions créé et développé le blog de la commune. Avec un agenda pour prévenir, entre autres, des conseils municipaux à venir (ils n’y figurent malheureusement plus), et une rubrique conseils municipaux. Le dernier compte-rendu date du 14 mai 2008.
Parce qu’un compte-rendu des débats en vidéo permet de mieux comprendre le sens des décisions prises.
Nous essayons donc de transmettre l’information sur ce modeste blog, dans la mesure du possible, avec nos modestes moyens. Et nous prévenons dans notre agenda de la tenue des Conseils Municipaux et de leur ordre du jour.
Assurer la couverture vidéo des débats n’a été qu’une réussite partielle : L’autonomie de l’appareil photo de la conseillère municipale, Laetitia, n’a été que d’1/2 heure. J’espère que ce sera mieux la prochaine fois…
Je déplore le geste du maire, quelques instants après la sortie de la commerciale de l’entreprise Debucy invitée : le maire a braqué le projecteur halogène que l’on voit au fond de la pièce, derrière le maire, dans les yeux de 3 conseillers, pendant plus d’une minute. Cet acte gratuit ne peut pas être qualifié d’appel à la sérénité des débats.

La semaine de 4 jours est préjudiciable à la santé des enfants

La semaine des 4 jours est préjudiciable à la santé des enfantsC’est ce que nous dit l’Académie de Médecine Son rapport vient d’être rendu public, et les Académiciens nous demandent de modifier complètement le temps scolaire, afin de les adpater aux rythmes biologiques et aux capacités d’apprentissage des enfants. Lire le rapport sur l’aménagement du temps scolaire et santé de l’enfant

Un autre rapport, émanant du ministère de l’éducation nationale, affirme que “les inconvénients se confirment”. Les conséquences du resserrement du temps scolaire se font sentir sur la fatigue des élèves et des enseignants, sur la réduction du temps de dialogue avec les parents, sur le temps de concertation des enseignants, et surtout, sur le temps consacré aux enseignements !
Pour rappel, la situation actuelle : “A partir de la rentrée scolaire 2008, la durée de la semaine scolaire des écoles maternelles et élémentaires est fixée à 24 heures d’enseignement scolaire pour tous les élèves, ces 24 heures étant organisées à raison de 6 heures par jour les lundi, mardi, jeudi et vendredi.” (Décret relatif à la durée de la semaine scolaire)
Le rapport de l’Académie Nationale de Médecine est sans ambiguïté : la semaine de 4 jours EST préjudiciable à la santé des enfants. Dès lors, elle ne permet pas les conditions nécessaires à une bonne acquisition des connaissances, et l’éducation nationale remplit moins bien son rôle, l’échec scolaire est au bout de ce non-sens. “La qualité des résultats scolaires de l’enfant fatigué s’en ressent et peut aller jusqu’à l’échec scolaire si les adultes en charge de l’enfant (parents, enseignants, médecin) ne sont pas en mesure d’en neutraliser les raisons en améliorant la qualité de vie des enfants concernés.”
Si le constat d’échec est avéré, tout le monde semble freiner des 4 fers pour ne pas revenir à une situation normale, favorable au confort, à la santé, et à l’éducation de nos enfants.
Nous privilégions le confort des adultes au détriment de la qualité de la vie et de l’éducation de nos enfants !
Notre société est-elle devenue à ce point égoïste pour ne pas privilégier le sort des enfants ?
Les constats de l’ANM(*), de l’Inspection générale de l’Education nationale, et des associations de parents d’élèves.
Le rapport de l’ANM conclue : Si on met l’enfant au centre de la réflexion sur le temps scolaire il faut prendre en considération l’apport des rythmes biologiques en attirant l’attention sur les éléments suivants :

  • le sommeil : de sa durée et de sa qualité dépendent le comportement à l’école, le niveau de vigilance et de performances. Il serait à cet égard important de retarder l’entrée des enfants en classe en créant une période intermédiaire d’activités calmes en début de matinée, car l’enfant arrive fatigué à l’école, surtout lorsque son temps de sommeil n’est pas respecté. De plus, un coucher tardif n’est pas totalement compensé par un lever tardif.
  • Les variations quotidiennes de l’activité intellectuelle et de la vigilance : elles progressent du début jusqu’à la fin de la matinée, s’abaissent après le déjeuner puis progressent à nouveau au cours de l’après-midi. Deux débuts sont difficiles pour l’enfant : début de matinée et début d’après-midi. A cet égard la semaine de 4 jours(lundi, mardi, jeudi, vendredi) s’accompagne d’une désynchronisation avec diminution de la vigilance de l’enfant les lundi et mardi.
  • Les variations annuelles de la résistance à l’environnement : les périodes difficiles pour l’enfant sont l’automne, la période de la Toussaint (dont les vacances devraient être étendues à 2 semaines), et l’hiver vers fin février ou début mars [31].
  • Le bruit : les grandes salles des cantines très bruyantes devraient être transformées en plusieurs petites unités pour amortir le bruit.
  • La vie à l’école : il faudrait tenter de diminuer le stress de l’enfant et le surmenage scolaire par des programmes adaptés et non pléthoriques ; éviter le transport de cartables lourds grâce, par exemple, à l’utilisation de casiers à l’école ; instituer une heure d’étude surveillée en fin d’enseignement.

A la question : Le système scolaire français est-il efficace ?, l’ANM répond :
Le programme PISA(**) correspond à une évaluation triennale (depuis 2000) des performances des systèmes éducatifs des 30 pays membres de l’OCDE et de nombreux pays partenaires.
Cette évaluation porte sur les compétences des élèves de 15 ans dans trois domaines : compréhension de l’écrit, culture mathématique et culture scientifique.
Les adolescents français de 15 ans se situent en 7ème position par rapport à d’autres pays européens pour leurs performances cumulées dans les domaines de la compréhension de l’écriture, des mathématiques et des sciences et en 2006 à la 25ème place pour la culture scientifique de l’ensemble des pays évalués.
Ce classement des élèves français peut être lié, entre autres, à des méthodes d’enseignement non ou mal évaluées et à une mauvaise distribution des enseignements dans le temps.

Pour l’Inspection générale de l’Education nationale, les conséquences du resserrement du temps scolaire se font sentir :

  • Sur la fatigue des élèves et des enseignants : les constats effectués dès le premier trimestre scolaire ont été confirmés à l’issue de l’année, conduisant parfois à la suspension de l’aide personnalisée les semaines précédant les vacances scolaires.
  • Sur la réduction du temps de dialogue avec les parents : le samedi matin est supprimé, les enseignants, pris par l’aide personnalisée ou par une autre activité, ne sont plus disponibles à la sortie de l’école le soir.
  • Sur le temps de concertation des enseignants : des doutes sont exprimés par l’encadrement sur la qualité (voire la réalité) des concertations qui ont lieu le vendredi soir à la fin d’une semaine chargée.
  • Enfin, et surtout, sur le temps consacré aux enseignements : au terme de l’année scolaire, il se confirme que, de l’avis général des enseignants, le temps manque pour faire tout le programme d’enseignement, ce qui était d’ailleurs prévisible. L’année scolaire n’est plus que de 144 jours théoriques (quatre jours pendant 36 semaines), et 140 jours en fait, alors que la moyenne européenne est de 185 jours (Regards sur l’éducation – OCDE 2008).
La position de la FCPE sur la semaine de 4 jours est tout aussi claire : NON à la semaine de 4 jours.
En se basant sur le rapport de l’ANM, la FCPE dénonce, avec les scientifiques, les effets dévastateurs de la semaine de 4 jours.
“La FCPE avait obtenu du ministre l’engagement d’organiser une conférence sur les rythmes scolaires et le temps de l’enfant et des adolescents.” […]
La FCPE attend le lancement du véritable débat sur les rythmes. Forte de l’unanimité des chercheurs, elle abordera les discussions avec confiance mais s’attachera à ce que des décisions concrètes soient prises pour mettre fin aux aberrations pédagogiques et de santé actuelles.
La journée de classe des élèves doit être allégée dans le primaire mais aussi dans le secondaire pour lequel la FCPE réclame des journées de 7 heures au maximum et une pause le midi d’au moins 1h30 pour chaque élève.”
Outre ces institutions, premières concernées pour décider de la mission de service publique qu’est l’école publique, et de la santé des enfants, le débat fait rage aussi dans et autour de l’école.
Lors d’un colloque organisé par l’IEN de notre circonscription, qui rassemblait outre l’IEN, des enseignant(e)s, directeurs(trices) d’écoles, et les parent(e)s d’élèves, bien qu’orienté au départ sur le rappel du rôle des parents d’élèves, puis de l’acquisition de la lecture et de l’écriture, le rythme scolaire est rapidement apparu comme le débat essentiel sur l’école au cours des questions/réponses qui ont suivi. Quasiment tout le monde confirme que le rythme scolaire introduit par la semaine de 4 jours est une catastrophe quant à la fatigue des élèves et pour une bonne acquisition des savoirs.
Tout le monde en est conscient, et pourtant on semble ne pouvoir rien faire ! Les parents, dit-on, sont pour la semaine de 4 jours. Un sondage de l’institut CSA du 25 août 2009 a révélé que 67% des parents sont favorables à la semaine scolaire de 4 jours 1/2, afin de réduire la durée des journées scolaires.
Les enseignants sont contre la semaine de 4 jour 1/2, il serait impossible d’abandonner le confort trouvé avec le week-end complet. Cependant, on le voit dans les rapports, la fatigue frappe aussi les enseignants avec le nouveau rythme scolaire. En en parlant avec le directeur de l’école élémentaire, celui-ci admettait qu’il était moins facile pour les jeunes enseignant(e)s, qui habitent plus loin de l’école de se rendre sur leur lieu de travail. En général, les jeunes enseignants habitent plus loin de leur lieu de travail. Et le non-remplacement d’1 ensignant sur 2 lors des départs massifs à la retraite actuels n’arrangeront pas les choses au niveau des affectations de postes. Mais ceci fait l’objet d’un autre débat.
Pour le directeur, l’école est un service public, et sa mission de service public est d’enseigner aux enfants. L’enfant doit donc être au coeur des préoccupations des décideurs, en priorité sur toutes autres considérations.
Quelles solutions peuvent être envisagées ?
  • La journée scolaire qui se déroule en France de 8 h 30 à 16 h 30 devrait être améliorée en brisant ces horaires conventionnels pour organiser une semaine scolaire sur une journée moins longue (5 h par exemple et sur une semaine de 4 jours et demi ou 5 jours comme dans la plupart des pays européens, en proposant 1 h d’études dirigées en fin de classe l’après-midi).
  • La semaine de 4 jours : Les semaines de 4 jours, 4 jours et demi ou 5 jours de classe ont fait l’objet de recherches qui montrent que l’aménagement hebdomadaire en 4 jours n’est pas favorable à l’enfant car celui-ci est plus désynchronisé le lundi et le mardi matin que dans la semaine habituelle de 4 jours et demi.
    Par ailleurs, un certain nombre d’études ont établi que les performances mnésiques sont meilleures après un week-end de un jour et demi comparé à un week-end de deux jours comme dans la semaine de quatre jours actuelle.
    Les avis divergent sur ce point entre l’ANM et IGEN. L’ANM préconise une demi-journée le samedi matin, afin d’éviter la désynchronisation de l’enfant, et de favoriser ses performances mnésiques. Pour l’IGEN, et pour d’autres raisons, l’évolution souhaitable de la situation n’est pas dans le retour au samedi matin, mais dans la scolarisation du mercredi matin, en vue d’alléger la journée de travail scolaire dans une semaine rééquilibrée.
  • Durée annuelle de l’enseignement dans le primaire : Le calendrier national scolaire comporte 36 semaines réparties en 5 périodes de travail, de durée comparable, qui sont séparées par 4 périodes de vacances : 2 semaines de vacances à Noël, en février et au printemps, 10 jours de vacances à la Toussaint, mois de juillet et août entièrement vaqués.
    L’enseignement actuellement dispensé en France aux élèves du primaire dans le cadre de la semaine de 4 jours est donc réparti sur 144 jours de classe par an, avec 864 h de cours annuel (et 936 h de cours pour les enfants bénéficiant de 2 heures hebdomadaires supplémentaires « d’aide personnalisée »).
    Cela place notre pays parmi ceux ayant le nombre d’heures d’enseignement annuel le plus élevé par comparaison avec des pays comme la Finlande (608 h), la Norvège (620 h), l’Allemagne (622 h).
    Pour tenir compte des données biologiques il faudrait une année scolaire de 180 à 200 jours (avec comme corollaire la réduction des grandes vacances), 4 – 6 h de travail par jour selon l’âge de l’élève, 4 jours et demi à 5 jours de classe par semaine en fonction des saisons ou des conditions locales.
Tout ceci semble de bons sens, et ce sont les solutions appliquées depuis longtemps dans les autres pays européens : ces solutions iront dans le sens d’une meilleure santé des enfants, de l’amélioration de leurs performances, facteurs de réussite et d’intégration. Sur la vie de l’école elle-même, cela aboutira à un meilleur dialogue entre les enseignants et les parents d’élèves, une meilleure concertation des équipes pédagogiques, et une plus grande assurance de la réalisation de leurs objectifs.
Qu’est-ce qui empêche donc d’appliquer ces solutions ? On pense tout de suite aux lobbies du tourisme, aux enseignants qui y perdraient un avantage acquis… Mais ce sont d’abord les collectivités locales qui renaclent : les maires, qui ne veulent pas augmenter le budget de fonctionnement des écoles, et les communautés d’agglo et conseils généraux qui ne veulent pas financer plus de jours de transport scolaire.
Il faut lancer un débat sur les rythmes scolaires. Ce débat doit impliquer les enseignants, les parents, les scientifiques, les responsables de mouvements associatifs, et les décideurs.
Qu’en pensez-vous ?

Luc Chatel a ses solutions pour remplacer les professeurs : faire appel au pôle emploi et aux étudiants

Sur les 5 millions de fonctionnaires appelés à faire grève contre les suppressions de postes, le corps enseignant est particulièrement touché, avec 45 000 suppressions de postes d’enseignants, et leur cortège de conséquences : classes de plus en plus surchargées, options supprimées, et bien sûr des remplacements de moins en moins effectués. Sur Europe 1, leur ministre, Luc Chatel, se prononce pour des solutions concernant ces remplacements… Les avis sur leur efficacité risquent de ne pas être partagés par tous !

A la question posée par le Parisien sur les remplacements à l’Education Nationale (pourquoi les profs absents sont-il si peu et si mal remplacés ?), Luc Chatel a “sans doute” une solution :

“Le système de remplacement dans l’éducation nationale fonctionne mal, est mal organisé, il n’est pas assez souple, il n’est pas assez réactif. […] J’ai décidé de m’atteler à la tâche. […] Il faut un système de remplacement des professeurs qui soit plus réactif […], améliorer le système de remplacements des professeurs par 3 moyens :
D’abord accroître la réactivité. Aujourd’hui, on remplace trop lentement les professeurs absents.
Il y a un système administratif qui sépare les courtes absences des longues absences, un délai de carence de 14 jours pendant lesquels un lycée doit se débrouiller avec un professeur absent.
Et c’est seulement au bout de 14 jours que le rectorat intervient. Il faut que, dès le 1er jour, les autorités académiques soient mobilisées. Plus de réactivité.
Deuxième point, plus de souplesse dans la gestion. Vous savez que le système de remplacement est géré par académies […] on va assouplir ce dispositif.
Troisième exemple, nous devons diversifier et enrichir notre système de remplacement. […] Par exemple avec des partenariats avec pôle emploi, en mobilisant, ici ou là, de jeunes retraités de l’éducation nationale, ou en travaillant avec des étudiants qui ne sont pas encore admis au concours.
Nous allons tout simplement améliorer le système de remplacement; le sujet c’est que l’éducation nationale soit capable de rendre un sevice qui soit à la hauteur des attentes, à la fois des enseignants, qui sont les premières victimes de cela, quand ils ne sont pas remplacés, mais aussi des parents d’élèves et des jeunes.”

Ce n’est pas parce vous réduisez trop les postes ?

“Non. D’ailleurs ce système, vous l’avez rappelé dans votre propos liminaire, ce n’est pas un problème nouveau, il est nettement antérieur à la réduction des postes dans l’éducation nationale. […]
Le gouvernement mène une politique depuis 3 ans, qui consiste à la fois à faire de l’éducation une priorité, […], mais en même temps une politique qui consiste à dire, au moment où nous avons des départs en retraite massifs, de ne pas renouveler 1 fonctionnaire sur 2, pour mieux rémunérer les autres fonctionnaires. J’ai engagé une discussion avec les autres partenaires sociaux sur la revalorisation des enseignants, qui va être significative, environ un 13ème mois au début de carrière, c’est à dire plus de 10% pour un professeur débutant, donc c’est significatif, les professeurs ne sont pas assez pays dans notre pays, donc moins d’enseignants mieux rémunérés, telle est la politique que nous menons.”

carte des académies - www.education.gouv.frLuc Chatel, ministre de l’éducation nationale, nous propose SA solution au problème du (non-)remplacement des professeurs, un problème dû sûrement aux suppressions de dizaines de milliers de postes à l’éducation nationale.
Sa politique tient en 3 points :
1 – Réactivité, réactivité, réactivité, c’est le mot d’ordre asséné, affirmé. Dès le 1er jour, les autorités académiques devront être mobilisées. Que ne l’ont-elles été jusqu’à lors ? Et surtout, pour que ce mot d’ordre ne relève pas que de la méthode coué, ou du vœu pieux, quels seront les moyens mis en œuvre pour redresser une situation qui ne cesse de s’aggraver ?
2 – Assouplir le système de remplacement, actuellement géré par académies (clic clic sur la carte ci-contre) en permettant l’affectation de personnels d’académies voisines. Cela nécessitera sûrement de (longues ?) négociations, de chambouler les méthodes de travail, d’adapter les logiciels etc, etc. Mais pourquoi pas si cela permet d’améliorer la situation ? Mais respectera-t-on le rôle, la mission et les conditions de travail des professeurs ? Car cette revalorisation des enseignants que le ministre appelle de ses vœux passe aussi par la reconnaissance de la mission des professeurs, la reconnaissance de leurs compétences, et bien sûr des conditions dans lesquelles s’effectue leur mission. Cela conditionne évidemment l’accomplissement de leurs missions, de la meilleure façon possible.
L’exemple pris d’un professeur de Créteil qui serait affecté à Paris n’est pas représentatif des académies du reste de la France. Là où les distances s’expriment en dizaines de kilomètres, on peut traverser la moitié du pays pour traverser les académies de Montpellier à Clermont-Ferrand, de celle de Clermont à celle de Tours, ou de celle de Tours à celle de Rouen. Les échelles ne sont pas les mêmes. Dossier à suivre…
3 – Enfin, pour son troisième point – faire appel au pôle emploi et aux étudiants, ainsi qu’aux retraités de l’éducation nationale, pour remplacer les professeurs, voilà qui peut passer pour un véritable camouflet pour les enseignants, les élèves et les parents. Ainsi que pour les citoyens pour qui la citoyenneté passe aussi par l’éducation de ces jeunes citoyens. La capacité à faire appel à des retraités de l’éducation nationale, cela a-t-il été modélisé ? Des sondages ont-ils été effectué pour évaluer le potentiel de population concernée ? Ou n’est-ce mis en valeur que pour cautionner la “diversification et la richesse” de ce nouveau système de remplacement.
Notre pays a besoin de jeunes toujours mieux formés, qui devront s’insérer dans une société de plus en plus tournée vers les services et la technologie, et où les compétences et la formation sont des facteurs de plus en plus importants pour l’insertion et la réussite professionnelle et sociale.
Les professeurs, à qui est largement dévolue cette mission d’éduquer notre jeunesse, et qui ont la confiance des parents et d’une large majorité de nos concitoyens, sont-ils voués à être remplacés par des chômeurs et des étudiants ? N’y voyez pas une quelconque opprobre à l’endroit des chômeurs ou des étudiants, mais le métier d’enseignant exige des compétences propres, et de l’expérience. C’est pour acquérir cette expérience qu’au sortir de leurs études, les enseignants effectuent une année de stage accompagné.
Pour que l’éducation nationale puisse rendre ce service à la hauteur des attentes, il faut qu’elle puisse offrir l’éducation à laquelle chaque élève a droit, et non remplir une simple mission de gardiennage, ou pire, de mauvaises expériences éducatives qui pourraient conduire à des échecs scolaires.

Nous comprenons que le but de ne pas remplacer 1 professeur sur 2 lors de ces départs massifs à la retraite permettra des gains budgétaires très importants. Mais à quel prix ?

Etes vous prêts à confier l’éducation et l’avenir de vos enfants à pôle emploi ou à des étudiants ?

Bruno Le Maire s’oppose à l’interdiction de la pêche au thon rouge.

le bluefin géant (ou thon à nageoires bleues), qui peut atteindre 3 mètres et peser jusqu'à 800 kg. Le nec plus ultra des 500 000 tonnes de poisson cru que le Japon consomme chaque année

Si nous interdisons la commercialisation du thon rouge, c’est-à-dire pour être très concret, si nous inscrivons le thon rouge (en) annexe 2 de la CITES, nous interdisons 90% des exportations de l’Union européenne vers l’extérieur, donc je crois que ce sera déjà un progrès important.“. C’est ainsi que le mercredi 13 janvier, le ministre de l’agriculture et de la pêche, candidat de l’UMP aux régionales en Haute-Normandie en 2010, s’est exprimé sur France 2..
C’est donc une opposition à l’inscription du thon rouge en annexe 1, seule solution pour sauvegarder les thons rouges restant en Méditerranée, selon les ONG. L’annexe 2 de la CITES concerne les espèces dont la survie n’est pas menacée à l’heure actuelle, mais qui pourrait le devenir…
La Commission Européenne avait proposé aux 27 Etats européens (L’UE demande l’interdiction de la pêche du thon rouge. Qui l’eût cru ?), en septembre 2009, de soutenir une telle inscription lors de la conférence de la CITES(*) à Doha en mars prochain.
Mais la France, l’Espagne, l’Italie, la Grèce et Malte ont refusé de soutenir cette proposition (Le thon : suite et fin (de l’espèce)).
Pourtant les dernières évaluations de l’ICCAT (Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique) sont plus qu’alarmantes : La population de thons rouges aujourd’hui a chuté à moins de 15 % de la population d’origine, critère scientifique retenu pour un classement en annexe 1, sans délai.

La position du gouvernement français semble bien confuse :
La veille, Jean Louis Borloo déclarait qu’il n’avait « pas de doute », sur le soutien de la France à l’inscription du thon rouge en annexe 1.
Le 16 juillet 2009, le président Sarkozy affirmait que “les menaces qui pèsent sur certaines espèces comme le thon rouge ne peuvent plus être ignorées“. Il annonçait “le soutien de la France à l’inscription du thon rouge à l’annexe de la convention internationale sur les espèces sauvages, pour en interdire le commerce.
Aujourd’hui, c’est une inscription à l’annexe 2 qui est préconisée par le ministre Bruno Le Maire.
Nicolas Sarkozy devrait annoncer en début de semaine prochaine la position officielle. Le thon rouge, on le sauve ? On le laisse s’éteindre ?

(*) Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages
WWF : Disparition définitive du stock annoncée pour 2012

La terre, pour quoi faire ? Pro-bio at anti-bio ont débattu à Fleury sur Andelle…

La terre, pour quoi faire ? Pro-bio at anti-bio ont débattu à Fleury sur Andelle...L’association saveurs et savoirs nous invitait à un café philosophique sur le thème : La terre, pour quoi faire ? Lotissements ? Routes ? Zones d’activités ? Cultures ? Nature ? Biodiversité ? Comment partager ?
Pour information, je ne suis venu à cette réunion que comme “consom’acteur”, sans connaissances techniques préalables suffisantes. Je suis donc là pour me faire une idée…

La présidente de saveurs et savoirs et Céline, la coordinatrice de l’association, sont rentrées tout de suite dans le débat, en parlant des difficultés du retour à la terre, et des problèmes d’accession aux terres. Surtout pour les agriculteurs(trices) bio.

Pour en débattre, elles ont invité :
Emmanuel Hyest, président de la FDSEA et de la SAFER,
Gaël Louesdon, co-fondateur de la Foncière Terre de Liens,
Jean-François Dufaux, chargé de mission au Conservatoire des Sites Naturels de Haute-Normandie.

On va parler biodiversité, agriculture, agriculture bio, et AMAP. Aussi, je vous invite à écouter l’émission d’Isabelle Giordiano, Service Public (France Inter), du 3 décembre 2009, sur le thème : “AMAP : pourquoi ça marche de plus en plus, est-ce toujours bien ?”

Avant de donner la parole à M. Hyest, la présidente rappelle les difficultés que recontrent les maraîchers bio, en citant les cas de plusieurs maraîchers, dont un seul a bénéficié de l’attribution d’une terre, et encore s’agissait-il d’une terre qui appartenait à sa famille.
Elle évoque le cas d’un maraîcher bio, qui a bénéficié d’un avis technique positif sur son projet, mais n’a pas obtenu la parcelle qu’il souhaitait.
M. Hyest rebondit aussitôt, car il connaît bien le dossier, pour l’avoir instruit, et nommera cet agriculteur M. B. Or, Benoît Lelièvre, puisque c’est de lui dont il s’agit, a effectivement reçu un avis favorable, mais la Safer lui a accordé une surface, car on n’accorde pas de parcelle. La parcelle que M. Lelièvre souhaitait a été accordé à un éleveur, et une autre surface, une parcelle en plein milieu de labours, sans haies, et plus éloignée d’un point d’eau, lui a été accordée.
Là nous sommes entrés dans la polémique. Pour les agriculteurs bio, le choix de la parcelle est important pour la qualité de leur production. Cette parcelle avait été choisie. Pour M. Hyest et la Safer, une parcelle est équivalente à une autre, et de plus, selon lui, cette parcelle est trop humide pour pouvoir y faire du maraîchage. Et la forme, en pointe, ne permet pas d’y effectuer l’activité de maraîchage.
Pour philippe Brière, éléveur bio, au contraire, le choix de la parcelle est des plus importants.
Sur ce choix, il m’a semblé comprendre que déjà agriculteurs bio et agriculteurs intensifs (on parlait d’agriculture intensive, maintenant d’agriculture raisonnée, et bientôt, pour la même activité et les mêmes méthodes, d’agriculture à haute valeur environnementale) s’opposent déjà. Ca va être chaud ?

C’est M. Hyest qui, après ce préambule, prendra la parole pour rappeler l’histoire de l’agriculture depuis 1955 et présenter la Safer et son rôle pour les agriculteurs.

M. Hyest dirige une exploitation de 160 Ha, avec 4 employés, en polyculture (céréales, vergers, et centre équestre).
Il est président de la FDSEA et de la SAFER
Lorsqu’on tape son nom sur Google, on tombe d’abord sur ce lien, et plus loin, celui-ci.

M. Hyest nous raconte l’histoire (en raccourci) de l’agriculture depuis 1955. Mais pour lui, l’acte fondateur de l’agriculture française est la PAC, dont le but est d’apporter aux agriculteurs un revenu comparable aux autres catégories socio-professionnelles.
Les cultures ont évolué en fonction du marché. Dans les années 70, le panier de la ménagère représentait 30% du budget du ménage. Et aujourd’hui, il ne représente plus que 13 à 14%, ce qui, pour M. Hyest, est la preuve des efforts fournis par les agriculteurs et justifie les choix pris. C’est la baisse des produits agricoles qui aurait permis cette baisse en % du budget des ménages, et aurait permis des transférer les richesses économisées vers d’autres postes.

Ensuite, M. Hyest nous parle des contrôles des structures : Quand auparavant une autorisation était nécessaire pour l’agrandissement d’une exploitation, aujourd’hui, les contrôles ont disparu.
Mais. Depuis 1965, la SAFER, société anonyme sans but lucratif, gère les transactions concernant les propriétés foncières. Agricoles, s’entend.
La SAFER met en réserve du foncier, et l’attribue aux agriculteurs.
Bien sûr, il y a des priorités. 2 de ces priorités nous seront indiquées :

  • L’attribution des terres se fait avant tout, et prioritairement, aux jeunes agriculteurs.
  • Une fois cette priorité remplie, la seconde priorité va à l’agrandissement des exploitations.

C’est le droit de préemption qu’a la SAFER qui lui permet d’acquérir le foncier qui sera attribué aux exploitants. Après que la SAFER ait validé la conformité de leur projet.

Une des grandes préoccupations de l’assemblée, et de M. Hyest, est la fermeture du marché foncier : les terres agricoles diminuent de 15% chaque année depuis 3 ans.
En conséquence, la SAFER n’arrive plus à fournir les demandes. En 2009, il y avait 40 demandeurs pour une même parcelle en moyenne.

Mais si la volonté de l’Etat est le doublement de la SAU (Surface Agricole Utilisée) cultivée en bio, qui passerait de 2 à 4%, le bio n’est pas une priorité de la SAFER.

Le BIO en quelques chiffres

(source : agreste.agriculture.gouv.fr)

  • En Europe, près de 180 000 exploitations agricoles étaient cultivées en bio à la fin 2006 – en hausse de 9% par rapport à 2005 – totalisant presque 7 millions d’hectares de surface (+8,3%).
  • Avec 13% de la surface agricole utilisée (SAU) certifiée bio, l’Autriche est en 2006 le meilleur élève de l’Union européenne, devant la Lettonie (9,4%) et l’Italie (9%).
  • En superficie totale, l’Italie arrive en tête avec plus d’1,1 million d’hectares cultivés par plus de 45000 exploitations biologiques.
  • Malte et la Bulgarie sont de très petits producteurs bio mais entre 2005 et 2006, leur SAU bio a progressé respectivement de 43% et 26%.
  • L’Autriche, l’Allemagne, l’Espagne, la Grèce, l’Italie et la France concentrent à eux seuls plus des deux-tiers des exploitations biologiques du Vieux Continent.
2,02 % du territoire français en production biologique.

En France en 2007, près de 12 000 exploitations agricoles sont engagées dans l’agriculture biologique, soit 2,02% de la SAU nationale.
Le plan « Agriculture Biologique : horizon 2012 » lancé par le ministère de l’agriculture et de la pêche dans le cadre du Grenelle de l’environnement, a pour objectif de tripler en cinq ans (passer de 2% à 6%) la surface agricole cultivée en bio. En 2007, arrivent en tête la région Provence-Alpes-Côtes d’Azur, le Languedoc-Roussillon avec respectivement 6,9% et 4,4% de SAU bio. Les conversions des terres arables en production bio ont progressé de 12,4% en moyenne en 2007.

Un marché en hausse de 10 % par an

Pour 2007, en France, les ventes de produits alimentaires issus de l’agriculture biologique sont estimées à près de 1,9 milliard d’euros hors taxe (1,7 milliard en 2006).
Sur 10 ans, le marché du bio a progressé de 10 % par an en moyenne.
Plus d’un français sur 4 consomme des produits bio, dont 42 % au moins une fois par an, 23 % au moins une fois par semaine et 6 % tous les jours.
77 % des français estiment que l’agriculture biologique est une voie d’avenir face aux problèmes environnementaux.
En 2007, ce sont les grandes et moyennes surfaces (GMS) et les magasins spécialisés (respectivement 39,6% et 36,9% des parts de marché) qui concentrent la majeure partie des ventes.
La vente directe (sur place, marchés, salons, correspondance…), a enregistré 18,2% des échanges de produits bio.
Quant aux artisans-commerçants (boulangerie, boucherie), ils ont attiré 4,5 % des achats.
Les produits bio les plus consommés sont les fruits et légumes, suivis des produits laitiers, des œufs, des produits à base de céréales et de l’épicerie, des viandes, puis du pain.

Du bio dans la restauration collective

En France, la restauration collective à caractère social représente 49% des repas pris hors domicile.
Environ 3,5 milliards de repas sont servis par an, soit 9,5 millions par jour en moyenne. Principaux secteurs concernés : le secteur de la santé (43%), l’enseignement (33%), et le travail (13%).
La restauration collective « bio » reste très modeste, puisque qu’elle ne représente que 0,5 % du marché de l’alimentation bio, mais son développement est prometteur. En restauration scolaire, les parents sont demandeurs, à 78%, de produits bio dans les cantines; dans les entreprises, 39% des actifs en souhaiteraient sur leurs plateaux; 43% des Français sont intéressés par des menus bio au restaurant.
En outre, une des conclusions du Grenelle de l’environnement, visant à favoriser le développement de l’agriculture biologique, propose de passer progressivement à 20% de produits bio dans la restauration collective publique d’Etat (administrations, hôpitaux, universités, prisons…) à l’horizon 2012.
Chez nos voisins européens, même impulsion. En Italie, 683 cantines scolaires ont servi 924 000 repas bio par jour en 2007. En Allemagne, la moitié des restaurants collectifs proposent du bio. En Suède, au Danemark, en Autriche et au Pays-Bas, des objectifs nationaux similaires sont dessinés.

SAU par département en % en 2008Surfaces totales par département en 2008nombre d'exploitations bio en 2008Répartition par département des préparateurs de produits bio en 2008Evolution des surfaces certifiées bio par département entre 2007 et 2008Evolution du nombre de producteurs engagés en agriculture bio par département, entre 2007 et 2008

Si la préoccupation de la Safer n’est clairement pas le développement de l’agricuture BIO, il en va tout autrement pour Terre de liens, qui a été créée en 2003 pour aider au développement du BIO. L’objectif de Terre de liens est de donner accès au foncier pour les producteurs BIO.

Terre de liens a été créée sous forme de société en commandite par actions, avec plus de 200 actionnaires et un capital de 1.300.000 €.

Comme la Safer, Terre de liens essaie de lutter contre l’artificialisation des terres (66.000 ha chaque année) et la spéculation qui fait rage sur ce secteur. Mais à la différence de la Safer, Terre de liens s’oppose à la concurrence entre agriculteurs pour l’agrandissement, concurrence qui fait disparaître 200 fermes chaque semaine. Pour Gaël Louesdon, comme pour les agriculteurs BIO qui étaient présents, il s’agit de promouvoir une agriculture qui permet de faire vivre 1 actif pour 10 ha de terres. Là ou les agriculteurs intensifs (ou raisonnés) présents, estimaient qu’on ne peut vivre décemment à moins de 40 ha /actif.

Pourtant, Gaël Louesdon comme les agriculteurs BIO présents affirmaient le contraire : on peut vivre de sa terre, avec 10 ha, en privilégiant les circuits courts et l’autonomie, avec une mécanisation considérablement moindre.

La charte de Terre de liens

Soutenir des projets socialement, écologiquement et économiquement pérennes.
Encourager des dynamiques collectives et solidaires en milieu rural et périurbain.
Renforcer, par des actions, le débat sur la gestion de la terre et du bâti.

  • Permettre l’installation ou le maintien de lieux agricoles biologiques ou biodynamiques, et plus généralement, soutenir les projets qui vivifient le sol, respectent les paysages et l’équilibre des écosystèmes
  • Donner une chance aux porteurs de projet d’accéder à du foncier et du bâti
  • Maintenir les fermes existantes et éviter l’agrandissement
  • Favoriser la transmission de la terre et des savoir-faire en assurant leur continuité
  • Favoriser la création d’activités rurales pluriactives, multifonctionnelles
  • Privilégier les initiatives qui s’appuient sur les potentiels, les savoirs et les savoir-faire locaux
  • Lire la suite de cette charte sur le site

Le crédo de Terre de liens : Protéger la terre et la sortir de la spéculation, pour la cultiver dans le respect de l’environnement.

Vous pouvez devenir actionnaire de la Foncière Terre de liens. Et profiter de 2 opportunités fiscales …

Conditions d’obtention des avantages fiscaux :

  • Les actions doivent être conservées pendant au moins 5 ans (jusqu’au 31 décembre de l’année n+5, n étant l’année de souscription),
  • Les souscriptions ne doivent pas avoir donné lieu à d’autres avantages fiscaux.
La réduction de l’impôt sur le revenu (dispositif Madelin)

L’agrément « Entreprise Solidaire » permet de faire bénéficier aux actionnaires d’un avantage fiscal sur les souscriptions au capital des PME : une réduction de l’impôt sur le revenu de 25% du montant souscrit,
Pour l’impôt sur le revenu, les versements sont retenus dans la limite de 50 000 € par an pour les contribuables célibataires et de 100 000 € pour les contribuables mariés ou pacsés soumis à une imposition commune. La fraction des investissements excédant cette limite, ou excédant la montant de l’impôt, ne peut pas être reportée sur les années suivantes.

La réduction de l’impôt de solidarité sur la fortune (dispostif TEPA)

Pour l’ISF, l’avantage est de 75% du montant souscrit. Le montant de la réduction d’ISF est limité à 50 000 € par année d’imposition. La période de souscription à prendre en compte dans la déclaration est du 16 juin N au 15 juin N+1 (sous réserve de ne pas dépasser globalement 2,5 millions d’euros sur 12 mois).
La réduction à l’IR est exclusive de la réduction à l’ISF pour la même souscription.

sites d'intervention du conservatoire des sitesNotre dernier dernier intervenant, avant le débat est Jean-François Dufaux, chargé de mission au Conservatoire des Sites Naturels de Haute-Normandie.
Le Conservatoire des Sites Naturels de Haute-Normandie, c’est 28 salariés, scientifiques et techniciens, qui gèrent 52 sites, sur une surface de 1150 hectares. Il est financé à 99% par le public. C’est aussi une association qui rassemble près de 250 adhérents, des communautés adhérentes, des conservateurs bénévoles, et des associations partenaires.

Les 4 missions du conservatoire sont connaître (et faire connaître), protéger, gérer et valoriser les espaces naturels et la biodiversité des sites.

Le plus gros travail reste le débroussaillage et le déboisement des sites. En effet, le boisement en milieu tempéré provoque une chute de la biodiversité : là où en forêt on trouve 40 espèces (pour toute la forêt), la biodiversité dans une prairie est de 40 espèces par m2 !
Il faut donc stopper l’avancée de toute la forêt sur les zones à forte biodiversité.
46.000 ha d’espace est disponible pour la biodiversité (sur la Vallée de l’Eure, la Vallée de Seine et le Pays de Bray), ce qui représente 3,5% de notre territoire. Dans d’autres régions, ce pourcentage peut atteindre jusqu’à 12 %.

Pour réaliser sa mission, et la rendre pérenne, le conservatoire assure la maîtrise foncière de ces sites par achat ou par convention de gestion avec les propriétaires, qu’ils soient publics ou privés.

Alors : la terre, pour quoi faire ?

Nos 3 protagonistes partagent une même mission : assurer la maîtrise foncière des terres. En outre ils partagent une même préoccupation : lutter contre l’artificialisation des terres (66.000 hectares, l’équivalent d’un département, qui disparaît chaque année pour la culture et la biodiversité). Leur but est donc de préserver, et réserver, les terres… et là intervient le “pour quoi faire ?”.

La Safer et Terre des liens, c’est l’éléphant et la souris. La Safer représente 80.000 hectares achetés et revendus par an, soit 22,9 % du marché foncier accessible. Terre des liens, c’est 365 hectares (!).
Inutile de vous dire que la Safer est la société qui a le pouvoir sur l’attribution des terres, et la FNSEA qui y détient les 2/3 des sièges (même s’il existe une tutelle des ministères de l’Agriculture et des Finances, que les collectivités territorales et les Conservatoires des Sites Naturels y sont représentés) décide in fine de l’attribution et du type d’exploitation.
Lorsque que le Président de la Safer, M. Hyest, qui possède également les casquettes de Président de la FDSEA 27, de Vice Président de la Chambre d’Agriculture, et dirigeant lui-même une grande exploitation agricole, nous dit que l’agriculture BIO n’est pas une priorité, tout du moins pas plus ni moins, précise-t-il plus tard, que l’agriculture dite “raisonnée”, les exploitants BIO ont du mouron à se faire.
Si c’est une priorité au niveau national (objectif : tripler en cinq ans – de 2% à 6% – la surface agricole cultivée en bio), au niveau local, et surtout, comme on le voit sur les cartes, dans le département de l’Eure, les exploitants BIO ont bien du mal à s’installer.

D’autres sujets ont été évoqués lors de ce café philo :

  • L’intégration des corridors verts et bleus dans l’exploitation agricole.
    • Les espèces ont besoin de se déplacer pour garantir leur survie :
      • recherche de biotopes adaptés,
      • rencontre d’autres individus pour la reproduction …
    • La notion de population est fondamentale pour toutes les espèces vivantes (animales ou végétales), des individus isolés n’ont pas d’avenir…
    • Pour se déplacer, les espèces empruntent des couloirs :
      • les corridors verts pour les espèces terrestres,
      • les corridors bleus pour les espèces liées à la présence de l’eau.

    Même si tout le monde s’accorde à dire que ces corridors sont indispensables pour la sauvegarde de la faune et de la flore, il serait plus facile aux agriculteurs BIO de respecter et d’aménager ces corridors, de par la taille des exploitations et la moindre mécanisation. Lors de ce débat, c’était aussi ceux-ci qui y accordaient le plus d’importance…

  • La qualité de l’environnement, la possibilité de conversion ont aussi été l’objet de débats. Pour M. Hyest, la qualité environnementale est désormais respectée, pour preuve, on trouve des saumons aujourd’hui dans l’Andelle. Et les eaux sont transparentes (petit débat sur la qualité de l’eau vs la turbidité de l’eau). D’ailleurs “si [leurs] efforts ne sont pas reconnus, pourquoi se [casser la tête] à le faire. Autant revenir aux pratiques d’avant !”…
    Quant à la conversion de l’agriculture “raisonnée” vers le BIO, celui-ci annonce qu’une année était suffisante : pour preuve, dans sa propre exploitation, ayant laissé des terres en jachère, des orchidées y avaient même poussé (ce qui étonne Jean-François Dufaux, qui nous dit que ce n’est possible que si celles-ci avaient été plantées l’année précédente…). Bref, le raisonné, c’est aussi bien que le BIO, à peu de choses près.
    On s’éloigne du débat, enfin, du gros débat sur “Y a-t-il une place pour le BIO”…
  • La présence de M. Jacques POLETTI, Conseiller Général, aura aussi été l’occasion d’une joute concernant la déviation de Romilly-Pont-Saint-Pierre. Mais ça, c’est une autre histoire…

Au final, les débats ont été plutôt courtois, mais les positions semblent bien bloquées.

Si les agriculteurs BIO font des efforts pour se faire connaître, et reconnaître, il semble que cela reste un épiphénomène pour l’agriculture intensive qui y reste rétive, sinon hostile. La FNSEA est derrière ses remparts, et sa position dominante ne pose pas les agriculteurs BIO en interlocuteurs ou en partenaires. La volonté affichée du gouvernement fait figure de voeu pieux sur le terrain…
La crise agricole actuelle fera-t-elle bouger les lignes ?

Quant à M. Benoît Lelièvre, son cas n’est toujours pas tranché. Il en sera sans doute réduit à poursuivre sa démarche auprès du Tribunal Administratif. Dur, dur, pour les agriculteurs BIO.

Quelques adresses :
1001 légumes (et ses paniers hebdomadaires)
La ferme biologique du Bec Hellouin
Saveurs et savoirs (nos hôtes pour ce café philo)
AMAP Risloise – Pont Audemer
AMAPS de Haute-Normandie
Site national des AMAPS

Sommet de Copenhague : une double prise de conscience

Au-delà de l’échec du sommet de Copenhague, de la tristesse et la consternation que l’on a pu lire sur les visages des participants, ce sommet permet un double prise de conscience :

  • Tout d’abord, c’est une prise de conscience, au niveau international, à la fois par les populations et les instances dirigeantes des Etats de la réalité du réchauffement climatique. Nous connaissons tous désormais les risques liés au réchauffement – et même lorsque certains s’époumonent pour nous dire que ce n’est pas le réchauffement qui pose problème, mais la démographie – , tous les chefs d’Etat ont pris conscience qu’il faut lutter contre le réchauffement climatique.
  • La seconde prise de conscience que révèle ce sommet de Copenhague, c’est que les Etats ne feront rien.

les politiciens parlent, les leaders agissentC’est donc un échec, à la fois des Etats, mais aussi des dirigeants actuels, qui sont au sommet de ces Etats, et les représentent. Et un échec de l’ONU et de la diplomatie internationale. Un échec enfin pour l’Europe, qui n’a pas su faire entendre une voix unique, mais dont les chefs d’Etat ont préféré avancer en ordre dispersé.
Si Nicolas Sarkozy a rappelé, martelé, l’importance d’obtenir des accords pour donner une chance d’avenir à notre planète, pour amortir les chocs dans les pays en développement, et éviter que le climat ne s’emballe, c’est l’affrontement du président américain Barack Obama et du 1er ministre chinois Wen Jiabao qui a formalisé le clivage qui signe l’acte de décès de cet accord mort-né. Même si d’autres pays gros émetteurs de GES n’avait pas de propositions à faire, tels le Canada, ou l’Australie, ceux-ci ont laissé mourir cet accord, sans se sentir trop fautifs vis-à-vis de leurs populations…

On a donc joué au jeu de “c’est pas moi, c’est les autres”. Si l’image d’Obama, héros d’hier, et Nobel de la paix sur la route de Copenhague, semble bien écornée, et sûrement pas qu’en Europe, c’est l’aveu de l’échec de toute coopération mondiale, pour un sujet qui concerne le monde, tout le monde.
On en est resté aux discussions de marchands de tapis, les Etats, et lobbies industriels restant sur la position d’accord général quant au résultat, sans lâcher de propositions concrètes sur les moyens d’arriver aux réductions nécessaires.
Les objectifs pourtant ne sont pas inatteignables : un sujet comme la consommation de la viande, 1er vecteur d’émissions de GES, n’y était même pas évoqué afin de ne pas envoyer les accords dans le mur. Il s’agissait de tomber sur un accord, avec des objectifs basés sur le travail réalisé partout à travers le monde depuis 2 ans.
Les citoyens du monde ont assisté consternés au spectacle d’une politique mondiale où les grandes puissances ne savent taire leur avidité, leur volonté de domination et leur soif de richesses, face à un objectif partagé.
Quant aux pays pauvres, ils ont assisté impuissants à ce spectacle du fond de la salle. Les débats ont eu lieu à huis clos entre grandes puissances. Et on leur a demandé de signer cet accord, même pas à minima, mais vide, quitte à ne pas recevoir d’aide financière.

Donc pas de contraintes, pas de dates, pas d’objectifs chiffrés, mais des voeux pieux : limiter la hausse de la température de la planète à 2°. Sans la réalisation de la réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre de 50% d’ici 2050, cela semble pourtant une cause perdue.

Face à une telle incurie, et devant une telle irresponsabilité politique, nous ne pouvons que souhaiter un renouveau de la citoyenneté et de la politique, à travers le monde. Afin de relever ce défi, avec bonheur.

Aux urnes, citoyens.

Sommet de Copenhague, 12 jours pour arriver à un accord sur la réduction des GES : J-8

Sommet de Copenhague, 12 jours pour arriver à un accord sur la réduction des GES : J-9Quand le magicien tient la pièce dans la main droite, et que de la main gauche, il désigne la lune, on ne regarde pas la main gauche, encore moins la lune. On regarde la pièce.

L’objectif de ces 12 jours est d’arriver à un accord sur la réduction des gaz à effet de serre (GES). De façon différenciée entre pays riches et pays émergents, le 18 décembre, les pays participants devront avoir indiqués des objectifs chiffrés, en tonnes, en pourcentage, en date et en sommes destinées à l’aide des pays en développement. On pourrait tout aussi bien parler de compensations, ou encore de dommages et intérêts, car ce sont les pays non-pollueurs qui sont les premières victimes du réchauffement climatique. Il faudra quantifier, savoir qui paye, à qui, et enfin, pour quoi faire.

Les recommandations du GIEC :
  • Une réduction des émissions des pays industrialisés de 25 à 40 % d’ici à 2020 par rapport à 1990.
    La difficulté ici est qu’on est à Babel Tower autour de la table à Copenhague:
    Tout d’abord, lorsque les pays émergents mettent une carte sur la table, il s’agit de la carte des émissions de CO2 par habitant : Le continent nord américain, Etats-Unis et Canada, sont dans le peloton de tête des grands champions des émetteurs de GES, avec pour les USA 20,40 tonnes de CO2 rejetées par habitant en 2007, contre 6,20 tonnes pour les français (2007), et 10,20 tonnes par an pour chaque allemand, et “seulement” 3,83 tonnes de rejets pour chaque chinois (2004). Là où l’Afrique produit moins d’une tonne de CO2 par an et par habitant.
    Pour les pays riches, c’est la carte des émissions de CO2 par pays que l’on préfère évoquer. Là ce sont les chinois qui sont champion, avec 6.071 millions de tonnes de CO2 rejetées (21% des rejets, en augmentation de +170 % entre 1990 et 2007).
    La Chine est suivie de près par les Etats-unis, qui rejettent 5.789 millions de tonnes de CO2 par an, près de 20 % des rejets mondiaux, en augmentation de + 18,6 % entre 1990 et 2007.
    Et loin derrière, la Russie qui rejette 1.587 millions de tonnes de CO2, mais en baisse de 27,2% par rapport à 1990.
    Pour info, la France se situe au 15ème rang mondial, pas vraiment sur le podium, mais quand même dans la course aux émissions de GES, et en progression de +4,9% entre 1990 et 2007, avec 369 millions de tonnes de CO2 rejetées (mais en baisse de près de 5% de 2005 à 2007).
    La carte suivante, qui analyse l’évolution des GES de 2005 à 2007, nous interpelle, car on voit l’augmentation généralisée des rejets à travers le monde. Ca va chauffer…

    carte des émissions de CO2 par habitant, en tonnes et par an. source :  Ecole normale supérieure, Département de Géographie. Claude Kergomardcarte des émissions de CO2 par pays, en %. source :  Ecole normale supérieure, Département de Géographie. Claude Kergomardévolution des émissions de CO2 en %, de 2005 à 2007. source :  Ecole normale supérieure, Département de Géographie. Claude Kergomard

    Pour compliquer la lecture des transactions qui ont cours en ce moment à Copenhague, les pays jouent sur des règles temporelles différentes.
    Si le but du GIEC est de réduire leurs émissions de 25 à 40 % globalement d’ici à 2020 par rapport à 1990, chaque pays vient apporter ses propres critères, que l’on tolère pour ne pas faire échouer ce sommet dès son commencement.
    L’Union européenne annonce une réduction entre 20 % et 30 % de ses émissions par rapport aux niveaux de 1990. En cas d’accords.
    Mais : les engagements sur le territoires de l’UE ne seraient que de 15% de réduction d’émission de GES. Le reste sera négocié sous d’investissements dans les pays du sud. C’est la notion d’achat du droit de polluer qui reste décrié. Cependant, il s’agit bien là de chiffrer les aides aux pays en développement.
    L’UE fait figure de pionnier, car pour bien d’autres régions du monde, les ambitions sont plus limitées :

    • Les États-Unis s’engageraient à une réduction de 17 %, mais depuis 2005. C’est à dire une baisse de 4% par rapport à 1990.
    • Pour le Canada (hors Quebec qui prône une baisse de -20% par rapport à 1990), la baisse serait de -20%… par rapport à 2006 ! Soit -3% par rapport à 1990
    • La Chine propose de baisser ses rejets de 40%, mais par rapport à 2005. Cela revient à une augmentation de +80% de ses rejets par rapport à 1990 !
    • De nombreux pays viennent expliquer que le message est bien passé, il faut réduire les GES, car nous courront à la catastrophe annoncée. Mais, chacun venant avec ses propres critères et en expliquant ses contraintes, cela revient à négocier pied à pied, tonne à tonne, en additionnant les carottes et les fromages… Mais personne n’est prêt à donner sans contrepartie.

    Pour saisir la mesure des enjeux, et comprendre ce que chaque pays met sur la table des négociations.
    On peut rappeler que les Etats-Unis, pays à l’échelle d’un continent, disposant d’un haut niveau de vie, connait des variations de températures très importantes du nord au sud. Au nord on chauffe, au sud on climatise. Cette échelle continentale pour un pays se fait ressentir sur les transports, qui pour la plupart se font en automobile, et aussi en avion. Le ferroviaire n’étant utilisé que pour le fret.
    L’urbanisme de villes aussi induit des transports automobiles très importants. Nos villes européennes sont inscrites en creux, avec un centre ville, souvent historique, peu élevé, et des banlieues qui s’élèvent en immeubles d’habitation. La densité de notre population explique cela, tout comme un espace plus restreint. Nous avons construit serré, avec des transports en commun qui mènent en étoile vers le centre ville, un centre d’affaires, marchand, et culturel. Aux Etats-Unis, c’est le contraire. Dans le centre, on trouve les buildings, et les habitations s’étalent en banlieues où on habite des maisons. Cet étalement urbain ne favorise pas les transports en commun, et impose l’usage de la voiture et donc une surconsommation de carburant.
    Les Etats-Unis produisent 1/4 des richesses de la planète.

    En ce qui concerne la Chine, que nous appelons pays émergent, mais que les chinois préfèrent appler pays en développement, ce pays a connu une croissance à 2 chiffres qui faisait rêver les pays les plus riches. Et aujourd’hui encore, sa croissance flirte avec les 8%. Cela ne va pas sans une certaine gabegie, tant financière qu’industrielle. Et ses corollaires en matière de pollution.
    Avec un niveau de vie qui s’améliore, le taux de rejet de CO2 par an et par habitant croît en proportion de la consommation. A près de 4 tonnes/an/hab, en multipliant par le nombre d’habitants, 1.350.000.000, cela en fait le plus gros émetteur du monde.
    La chine est devenue notre usine. Pour la Chine, c’est aux pays développés que revient la priorité de l’action sur les rejets de GES.

    En Europe, on se tape sur le ventre : Nous ne sommes pas les plus gros émetteurs de GES, tant par en tonnes par an et par habitant, qu’en % des émissions mondiales. Pourtant, avec 15,3 % des émissions mondiales de CO2, il n’y a pas de quoi pavoiser. L’Union Européenne est le 3ème pollueur du monde. Mais nous, Européens, préférons raisonner pays par pays, la facture passe mieux ainsi. La France ne figure plus dans les 10 pays les plus pollueurs du monde. Seules l’Allemagne et la Grande-Bretagne y figurent, respectivement en 6ème et 8ème position.
    Pourtant en Europe, par contrainte d’espace et de densité de population, et historiquement, pour avoir fait évoluer les villes plutôt que d’en construire de nouvelles, nous bénéficions d’atouts pour une consommation maîtrisée de l’énergie et donc de rejets de gaz à effet de serre. Un réseau de transport en commun insuffisant mais possible par la configuration des villes, des distances limitées entre villes, zones d’affaires et même entre Etats, des circuits courts possible entre production agricole et villes, voire mégapoles, des rivages très découpés, de l’eau à profusion, un climat tempéré, voilà des atouts qui devraient nous mettre en pointe de l’écologie mondiale. Avec une délocalisation (souvent forcée) qui a fait de la chine notre usine, nous devrions être plus brillants que nous l’affirmons : 3ème, c’est mieux que 1er mais tout de même, nous avons une belle marge de manoeuvre avec de tels atouts.

    Mais nos comportements sont les mêmes qu’aux USA : des voitures, du routier, et pas de modularité dans les transports. Pas de co-voiturage, des voitures qui s’empilent aux abords des villes, contenant 1 passager : le conducteur. Nous faisons des efforts pour isoler les maisons; grâce aux subventions (crédits d’impôts, prêts à taux réduit ou 0), mais une immense partie des locataires continuent d’habiter des logements mal isolés, alimentés au nucléaire et au charbon.
    Même avec de la bonne volonté, lorsqu’on souhaite changer de mode de transport, pour le vélo ou la marche, par exemple, cela se fait au péril des non équipés de carrosserie protectrice.
    Quant aux circuits courts, on a beaucoup de possibilités, qu’on préfère écarter pour privilégier les solutions industrielles… Donc on a de la marge, mais il faudra du courage, et du courage politique pour arriver à nos objectifs.

  • L’aide aux pays en développement :
    L’Union Européenne a évalué à 100 Milliards d’€ par an au moins l’aide nécessaire pour le développement des pays du sud, sans qu’ils aient besoin de recourir aux énergies fossiles.
    Il s’agit là d’un traitement préventif pour éviter un réchauffement supplémentaire, et non de dommages et intérêts pour la catastrophe subie. Le G77, groupe des pays émergents et en développement, réclame 0,5 à 1 % du PIB en plus de l’aide au développement.
    Evidemment, on se pose la question de l’affectation des fonds, et de leur gestion.
    La grande question est : qui va payer ?
    Certains voient là l’occasion de mettre en place la taxe Tobin, d’autres une contribution sur le taux d’émission de GES, en fonction du PIB par habitant. D’autres ensuite veulent simplement créer un marché des quotas d’émissions, qui seront mises aux enchères. La France propose un prélèvement de 0,01 % sur chaque transaction financière.
    Mais on ne se bouscule pas au portillon pour investir dans le développement des pays en développement…
  • La déforestation, responsable de plus de 10% des émissions anthropiques de GES, est à l’ordre du jour.
    Ic, c’est plutôt le flou intégral qui règne, on nage dans le brouillard…
    On va analyser les politiques de chaque pays, élaborer des stratégies, et quand cela sera fait, on financera les nouvelles politiques (?) qui viseront à empêcher le déboisement. Cela prendra du temps à évaluer, quantifier… même si on ne peut que constater la déforestation mondiale, de l’Indonésie, Java, etc, à l’Amazonie, etc, etc. Il faudra trouver les financements, établir de nouvelles régulations mondiales, et aborder sans doute le problème du droit d’ingérence.
  • L’eau :
    L’eau n’est simplement pas à l’ordre du jour. On en parlera, on l’évoquera, on en boira et on prendra des douches et des bains. Mais on parlera d’une eau qui ne tombera pas du ciel, mais montera des océans, et d’une f(r)acture qui risque d’être salée.
Alors que les discussions vont bon train entre les 192 pays présents, et surtout entre grandes puissances, le débat semble escamoté pour les citoyens.

Tout avait pourtant commencé en fanfare. On va sauver le monde, c’est le sommet le plus important du monde en ce moment, le sujet du moment. Comme l’a dit Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer, “à Copenhague, se jouera probablement le destin du monde”.
Il est difficile de se projeter 100 ans dans notre futur. Nous-même ne seront plus là, et il y a des chances que même nos enfants n’y soient plus. C’est une humanité pas encore née qui y vivra. Elle y vivra avec une géographie nouvelle, quand pour nous, cette géographie nous semble “immémoriale” à l’échelle de nos civilisations. Cette humanité devra avoir accompli une conversion technologique incomparable : la pénurie d’énergies fossiles obligera les humains à circuler moins, moins vite, autrement. Il faudra utiliser les ressources dont on disposera alors : le vent, le soleil, le bois. Peut-être l’hydrogène, qui semble la seule voie restante, si nous trouvons le moyen de produire cette source d’énergie sans produire de CO2 qui contribuerait encore au réchauffement climatique. En l’état actuel portant, cette solution semble inexploitable, bien trop coûteuse en énergie. Difficile à stocker, corrosif, explosif, l’hydrogène reste une piste d’étude. Mais pour l’indispensable, en quantité limitée, on pourra encore s’envoler vers les cieux.
La disparition du pétrole marquera la fin de la pétrochimie, avec laquelle nous fabriquons nos routes, nos plastiques, solvants, détergents…et médicaments. Et pourtant nous seront plus nombreux. Peut-on faire raisonnablement le pari de cette conversion réussie ?
Le monde de demain est à réinventer complètement. Peut-on dire si dans 100 ans nous aurons les moyens d’entretenir des satellites, aujourd’hui si indispensables à l’homme, si nous aurons réussi à conserver des transports aériens (sans même parler de nos énormes cargos volants capables d’emporter 500 personnes vers des paradis touristiques) ? Comment alimenterons nous en denrées, en eau, en énergie les mégapoles ? Comment se chauffera-t-on dans les zones froides, et comment trouverons nous de la fraîcheur dans les zones chaudes, surtout avec un climat réchauffé ? Et quelle conversion agricole devrons-nous avoir fait pour nourrir tous les humains, durablement ? Comment conserver une eau potable accessible à tous ?
Une conversion réussie ne se fait pas les pieds au mur, elle se construit maintenant pour les décennies et les siècles à venir. Il s’agit pas de ne pas brûler toutes nos réserves sans rien n’en avoir fait. L’enjeu est phénoménal, et nous devrons faire preuve de beaucoup d’intelligence, de science et d’ingénierie pour résoudre tous les problèmes posés. Comme cela ne suffit pas, il faudra faire preuve d’un grand courage politique, dès aujourd’hui. Copenhague est l’occasion de montrer ce courage. Et il faudra aussi que la population, dans son ensemble, ait pris conscience de l’urgence climatique et écologique. On ne peut espérer pouvoir préparer la société à des changement si essentiels sans la participation de tous.
Copenhague n’est pas une fin en soit. A Rio, en 1992, on avait ouvert une porte lors du sommet de la Terre. A Kyōto, on a fait un premier (tout petit) pas lors de la signature du protocole de Kyōto. A Copenhague, nous avons l’occasion de faire un autre pas. Mais déjà, 2 pas, c’est marcher un peu. Marcher vers notre avenir, sur une route qu’il nous faut paver, et pas de bonne intentions.

Le débat semble escamoté pour les citoyens, ai-je dit… A l’heure où les négociations font rage à Copenhague, la France est en train de se regarder le nombril, en occultant ce grand pari international avec un débat national désuet, où l’on débat de l’identité nationale, de l’immigration, du droit de construire des minarets ou d’arborer des drapeaux étrangers dans les mairies (!). D’un côté, l’avenir de la planète, de l’autre des histoires de drapeaux. Pour le moins, il y a une erreur de timing. Sarkozy s’est pris les pieds dans le calendrier, si on voulait faire aussi de ce sommet une prise de conscience des enjeux pour nous tous, citoyens. Le sens du calendrier était pourtant un de ses atouts.
Pendant ce sommet de Copenhague, entre le débat national et la grippe A, les JT nous indiquent le bilan carbone des reportages qu’ils vont faire à l’autre bout du monde pour nous faire constater de visu les dégâts du réchauffement climatique. Le présentateur (ou la présentatrice) nous explique alors qu’une somme équivalente (euh ?) sera affectée par la chaîne pour la reforestation, à Madagascar ou ailleurs. D’ailleurs, pourvu que ça dure, et qu’on continuera les bilans carbone et les actions de reforestation pendant le mondial 2010 en Afrique du Sud.
Mais quid des enjeux, à l’échelle de chaque pays ? Quelles sont les solutions préconisées ? Où en sont les négociations ?
Plutôt qu’un débat national sur l’identité, ne pourrions-nous pas organiser un grand débat sur nos responsabilités sur le climat, et les moyens que nous pourrions inventer pour atténuer l’impact de ce changement climatique ? Et au moins nous informer ?

Et pourtant nous avons besoin de politiques pour maîtriser les émissions de GES, et les contrôler.
  • Sensibilisation, éducation et formation devraient conduire chaque citoyen à adopter des comportements plus sobres et responsables.
  • L’éco-éligibilité et les subventions ont permis depuis les années 90 d’équiper nombre d’habitations à la fois pour isoler ces habitations, et aussi renouveler les chaudières avec de meilleurs rendements, de développer d’autres méthodes de chauffage (géothermie, aérothermie, chauffage bois).
  • Favoriser le développement soutenable soit par des mesures obligatoires, soit par des systèmes volontaires de mesures compensatoires, restauratoires ou conservatoires. La taxe carbone est la mesure la plus décriée, bien à tort, mais d’autres mesures sont mieux acceptées : l’écotaxe, payée lors de l’achat de chaque produit de consommation, la compensation carbone volontaire, et bien sûr le soutien à la consommation et aux comportements durables…
  • Les quotas et le marché des droits à polluer sont plus controversés. La seule bourse aux CO2 est européenne, mais devrait faire des émules, notamment aux Etats-Unis. Le danger qui existe sur ces bourses aux émissions reste la spéculation et l’apparition de produits dérivés…

Pour les menus de la cantine des écoles de Saint-Pierre du Vauvray, nous vous donnons désormais rendez-vous sur saintpierre-ecole.fr

2 classes (CM2 et CE2/CM1) partiront pour une classe patrimoine dans les châteaux de la LoireVous le savez sans doute, les représentants de parents d’élèves se sont constitués cette année en association : «Association des parents d’élèves de l’école publique de Saint-Pierre du Vauvray».
Le fait de constituer cette association nous permettra d’«officialiser» notre représentation. Et au-delà, cela nous permettra de pouvoir collecter de l’argent.
Tous les parents de Saint-Pierre l’ont vu, nous organisons des petites manifestations : il y a les vente de gâteaux à la sortie de l’école (tous les derniers vendredis de chaque mois ou le dernier vendredi avant les périodes de vacances), bientôt nous aurons l’occasion d’organiser des jeux (lotos, tombola,…), et nous utiliserons tous les moyens que nous trouverons : subventions, dons, ventes, manifestations
Cette collecte d’argent a un but : 2 classes (CM2 et CE2/CM1) partiront pour une classe patrimoine dans les châteaux de la Loire. 3 jours en classe patrimoine du 23 au 25 juin 2010, grâce au dévouement de nos enseignants.

Ce voyage, qui s’intègre dans une parfaite continuité pédagogique, sera une belle expérience pour nos enfants. Le projet pédagogique vous sera dévoilé très prochainement par le directeur de l’école élémentaire, M. Carré, lors qu’une présentation qui aura lieu à l’école.

L’objectif de nos classes transplantées et patrimoine est que chaque enfant ait une chance de partir en voyage au cours de sa scolarité. Avec les contraintes financières de l’école, et pour que chacun ait une chance de partir, cette classe a lieu tous les 2 ans, et concerne les CM1 et CM2. Il faut aussi que tous les enfants, ou presque, partent. Au-delà de 5 désistements, c’est toute la classe patrimoine qui sera annulée.
Mais ce voyage est cher. Alors il nous faut trouver le moyen de rendre ce voyage accessible à tous.

L’appel du pied que M. Carré a fait au maire, lors du conseil d’école, afin de doubler la subvention à l’école l’année de la classe transplantée (comme cela avait été voté sous la précédente équipe municipale) n’a pas, pour l’instant, trouvé de réponse.
Il va donc nous falloir doubler d’ardeur pour trouver le complément de financement pour cette classe.
Parents, nous vous invitons à participer le autant que vous le voudrez, et le pourrez, aux manifestations que nous vous proposerons. Et peut-être que vous proposerez…

http://www.saintpierre-ecole.fr Un site internet, pour quoi faire ?
Nous, parents élus pour vos représenter, nous sommes le lien privilégié des parents lors des conseils d’école.
Nous souhaitons pouvoir vous informer sur la vie de l’école, et aussi que vous nous informiez des problèmes que vous rencontrez, ou que vous puissiez nous poser vos questions (pour que nous y répondions, ou bien qu’on les fasse remonter).
Pour ça tous les moyens sont bons : nous vous faisons parvenir les compte-rendus des conseil d’écoles, sous forme de photocopies que vous trouvez dans les cahiers de vos enfants. Mais ce n’est pas participatif.
Venez à la rencontre de vos représentants à l’école. Vous en trouverez toujours, le matin le midi ou le soir, à la sortie de l’école.
Vous pouvez aussi leur adresser des courriers, mails ou bien leur téléphoner, pour ceux qui n’ont pas la chance de déposer leurs enfants ou venir les chercher.
Bientôt, le panneau d’affichage sera déplacé pour être enfin accessible.
Nous souhaiterions pouvoir mettre des boîtes aux lettres dans les écoles pour que vous puissiez contacter par courrier.
Et maintenant, nous vous ouvrons ce blog, saintpierre-ecole.fr, où vous pourrez trouver des billets sur la vie de l’école, et aussi réagir, soit en commentant, soit en proposant vous-même des billets.
Il s’agit là d’un site qui vise à resserrer les liens entre vous et l’école, à en améliorer le fonctionnement et à vous faire partager la vie de l’école. Parents, venez nombreux participer à la vie du blog, et échangez vos points de vue.

A bientôt :)

Et pour cette fois ci encore, sur saintpierre-express.fr, les menus de la cantine que vous trouverez dorénavant sur le site des parents d’élèves… Bon appétit les enfants !

lundi 7 mardi 8 jeudi 10 vendredi 11
  • Salade de concombre
  • Hachis parmentier gratiné
  • Mousse au chocolat
  • Saucisson à l’ail
    (sans porc : macédoine mayonnaise)
  • Rôti de dinde
    Haricots verts
  • Entremets vanille
  • Oeuf mayonnaise
  • Chipolatas
    (sans porc : escalope viennoise)
    Choux de Bruxelles – pommes de terre
  • Clémentine
  • Potage poireaux et pommes de terre
  • Blanquette de colin
    Riz
  • Fromage
    Compote tous fruits

Après avoir épinglé Sarkozy sur le charbon, Greenpeace remet ça avec nos députés !

Quelle outrecuidance ! Le Palais Bourbon pris d’assaut par des militants de Greenpeace, qui ont agité des banderoles où l’on pouvait lire “aux actes, Monsieur le Président”. 10 militants ont même essayé de monter sur le toit du bâtiment pour alerter la population de l’urgence climatique avant la séance. Bon là c’était surtout dangereux pour eux.
Les autres seraient donc rentrés incognito, semble-t-il avec des invitations qui auraient été lancées par un ou des députés verts. Mais là en pleine séance, ils ont brandi leurs banderoles, au risque d’assommer quelqu’un avec leurs étoffes, ou même de semer la panique sur le climat !

Pourtant c’était bien un débat sur le sommet de Copenhague, sommet où l’on cherchera à imposer les solutions pour sauver la planète, et sa population, qui avait lieu dans l’hémicycle. Donc c’est bon ! C’est comme si c’était fait. Tout le monde a bien compris l’urgence au sein de l’assemblée, à droite comme à gauche, et y avait plus qu’à. Eh bah non. Greenpeace tient à rappeler aux responsable leur responsabilité vis à vis de ce sommet dont tout le monde mesure l’importance capitale. Messieurs de Greenpeace, la confiance règne…
Et c’est pas parce que vous avez sauvé les baleines, que vous contribuez à préserver les populations, la faune et la nature, parfois au péril de vos vies, jeunes imprudents, que vous avez le droit de vous la ramener.
Soit. Bon les baleines, c’était bien on vous l’a dit. Pour le Rainbow Warrior, on s’est excusés, on va pas non plus en faire un fromage. De là à escalader les toits de nos institutions, il y a un pas ! Le député François Sauvadet (NC), vous l’a dit : ce sont des “méthodes de voyou”.
“la maison brûle toujours et Copenhague approche”, vous dîtes, en vous référant à Jacques Chirac (“la maison brûle et nous regardons ailleurs”). Ben tiens : du coup on voyait que vous.
Et non content de voler la vedette aux députés, en agitant vos bouts de tissu – je le rappelle, imaginez qu’un de ceux-ci soit tombé sur quelqu’un ! -, vous avez en plus des exigences :

  • réduire les émissions françaises de 40% d’ici à 2020,
  • chiffrer à 4,2 milliards d’euros par an la contribution de la France au soutien des pays en développement.

Eh ! C’est pas vous qui payez ! Bon c’est vrai qu’en ce moment, ce sont plutôt les populations du sud. Mais quand même, c’est pas vous qui décidez. Vous n’êtes pas élus. Vous ne faites que d’aller faire les pompiers de l’écologie à travers le monde, et de vous faire les chantres de l’écologie. Y en a qui bossent ici. Je crois pouvoir vous dire, en écoutant les uns et les autres, que tout le monde a compris, et va dans votre sens.

Autre chose : vous avez voulu épingler le président Sarkozy avec cette vidéo parodique.

Mais pensez-vous que ce soit facile d’assurer l’énergie à un pays tel que le nôtre ? Si encore on avait eu une politique concernant l’isolation des habitations et les économies d’énergie… Parce que même si le climat se réchauffe, et plus que vous même l’aviez prévu, et bah l’hiver, on se pèle !

Il est facile de dire : “on vous avait prévenu, bla-bla-bla…” Mais on ne pouvait pas savoir : d’autre scientifique, dont Monsieur allègre, avait dit que ce n’était pas vrai. Allez faire la part des choses.

Donc maintenant, c’est clair, on n’est pas prêts. Donc une centrale à charbon, ça viendra compenser les lacunes du parc nucléaire vieillissant. Rappelez-vous tout de même que si nous étions exportateurs d’électricité, nous risquons de devoir importer de l’électricité cet hiver. Que nous n’avons pas misé sur les énergies renouvelables. donc le charbon est une nécessité. Et oui si nous avions misé sur les économies d’énergie et les énergies renouvelables, je vous vois venir, mais avec des si, on met le Grand Paris en bouteille ! Tout ça ne se fait pas d’un simple claquement de doigts : ça demande du temps et de la réflexion. Et nous n’avions pas les preuves que nous avons aujourd’hui…

Vous voudriez que l’on puisse comme ça moderniser nos transports, changer nos habitudes, et changer nos investissements, alors qu’on est partis sur autre chose. Vous m’avez l’air de doux rêveurs quand même.

Non contents d’avoir semé la pagaille à l’Assemblée Nationale, ces empêcheurs de polluer en rond voudraient en plus qu’on aille signer la pétition contre les hydrofluorocarbures, gaz à effets de serre au potentiel de réchauffement global (PRG – 100 ans) correspondant en moyenne à 2 800 fois celui du CO2, en cliquant sur cette adresse :
http://www.greenpeace.org/f.
C’est quand même limite scandaleux (pis tout nu pendant qu’on y est), vous ne trouvez pas ?

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