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La semaine de 4 jours est préjudiciable à la santé des enfants

La semaine des 4 jours est préjudiciable à la santé des enfantsC’est ce que nous dit l’Académie de Médecine Son rapport vient d’être rendu public, et les Académiciens nous demandent de modifier complètement le temps scolaire, afin de les adpater aux rythmes biologiques et aux capacités d’apprentissage des enfants. Lire le rapport sur l’aménagement du temps scolaire et santé de l’enfant

Un autre rapport, émanant du ministère de l’éducation nationale, affirme que “les inconvénients se confirment”. Les conséquences du resserrement du temps scolaire se font sentir sur la fatigue des élèves et des enseignants, sur la réduction du temps de dialogue avec les parents, sur le temps de concertation des enseignants, et surtout, sur le temps consacré aux enseignements !
Pour rappel, la situation actuelle : “A partir de la rentrée scolaire 2008, la durée de la semaine scolaire des écoles maternelles et élémentaires est fixée à 24 heures d’enseignement scolaire pour tous les élèves, ces 24 heures étant organisées à raison de 6 heures par jour les lundi, mardi, jeudi et vendredi.” (Décret relatif à la durée de la semaine scolaire)
Le rapport de l’Académie Nationale de Médecine est sans ambiguïté : la semaine de 4 jours EST préjudiciable à la santé des enfants. Dès lors, elle ne permet pas les conditions nécessaires à une bonne acquisition des connaissances, et l’éducation nationale remplit moins bien son rôle, l’échec scolaire est au bout de ce non-sens. “La qualité des résultats scolaires de l’enfant fatigué s’en ressent et peut aller jusqu’à l’échec scolaire si les adultes en charge de l’enfant (parents, enseignants, médecin) ne sont pas en mesure d’en neutraliser les raisons en améliorant la qualité de vie des enfants concernés.”
Si le constat d’échec est avéré, tout le monde semble freiner des 4 fers pour ne pas revenir à une situation normale, favorable au confort, à la santé, et à l’éducation de nos enfants.
Nous privilégions le confort des adultes au détriment de la qualité de la vie et de l’éducation de nos enfants !
Notre société est-elle devenue à ce point égoïste pour ne pas privilégier le sort des enfants ?
Les constats de l’ANM(*), de l’Inspection générale de l’Education nationale, et des associations de parents d’élèves.
Le rapport de l’ANM conclue : Si on met l’enfant au centre de la réflexion sur le temps scolaire il faut prendre en considération l’apport des rythmes biologiques en attirant l’attention sur les éléments suivants :

  • le sommeil : de sa durée et de sa qualité dépendent le comportement à l’école, le niveau de vigilance et de performances. Il serait à cet égard important de retarder l’entrée des enfants en classe en créant une période intermédiaire d’activités calmes en début de matinée, car l’enfant arrive fatigué à l’école, surtout lorsque son temps de sommeil n’est pas respecté. De plus, un coucher tardif n’est pas totalement compensé par un lever tardif.
  • Les variations quotidiennes de l’activité intellectuelle et de la vigilance : elles progressent du début jusqu’à la fin de la matinée, s’abaissent après le déjeuner puis progressent à nouveau au cours de l’après-midi. Deux débuts sont difficiles pour l’enfant : début de matinée et début d’après-midi. A cet égard la semaine de 4 jours(lundi, mardi, jeudi, vendredi) s’accompagne d’une désynchronisation avec diminution de la vigilance de l’enfant les lundi et mardi.
  • Les variations annuelles de la résistance à l’environnement : les périodes difficiles pour l’enfant sont l’automne, la période de la Toussaint (dont les vacances devraient être étendues à 2 semaines), et l’hiver vers fin février ou début mars [31].
  • Le bruit : les grandes salles des cantines très bruyantes devraient être transformées en plusieurs petites unités pour amortir le bruit.
  • La vie à l’école : il faudrait tenter de diminuer le stress de l’enfant et le surmenage scolaire par des programmes adaptés et non pléthoriques ; éviter le transport de cartables lourds grâce, par exemple, à l’utilisation de casiers à l’école ; instituer une heure d’étude surveillée en fin d’enseignement.

A la question : Le système scolaire français est-il efficace ?, l’ANM répond :
Le programme PISA(**) correspond à une évaluation triennale (depuis 2000) des performances des systèmes éducatifs des 30 pays membres de l’OCDE et de nombreux pays partenaires.
Cette évaluation porte sur les compétences des élèves de 15 ans dans trois domaines : compréhension de l’écrit, culture mathématique et culture scientifique.
Les adolescents français de 15 ans se situent en 7ème position par rapport à d’autres pays européens pour leurs performances cumulées dans les domaines de la compréhension de l’écriture, des mathématiques et des sciences et en 2006 à la 25ème place pour la culture scientifique de l’ensemble des pays évalués.
Ce classement des élèves français peut être lié, entre autres, à des méthodes d’enseignement non ou mal évaluées et à une mauvaise distribution des enseignements dans le temps.

Pour l’Inspection générale de l’Education nationale, les conséquences du resserrement du temps scolaire se font sentir :

  • Sur la fatigue des élèves et des enseignants : les constats effectués dès le premier trimestre scolaire ont été confirmés à l’issue de l’année, conduisant parfois à la suspension de l’aide personnalisée les semaines précédant les vacances scolaires.
  • Sur la réduction du temps de dialogue avec les parents : le samedi matin est supprimé, les enseignants, pris par l’aide personnalisée ou par une autre activité, ne sont plus disponibles à la sortie de l’école le soir.
  • Sur le temps de concertation des enseignants : des doutes sont exprimés par l’encadrement sur la qualité (voire la réalité) des concertations qui ont lieu le vendredi soir à la fin d’une semaine chargée.
  • Enfin, et surtout, sur le temps consacré aux enseignements : au terme de l’année scolaire, il se confirme que, de l’avis général des enseignants, le temps manque pour faire tout le programme d’enseignement, ce qui était d’ailleurs prévisible. L’année scolaire n’est plus que de 144 jours théoriques (quatre jours pendant 36 semaines), et 140 jours en fait, alors que la moyenne européenne est de 185 jours (Regards sur l’éducation – OCDE 2008).
La position de la FCPE sur la semaine de 4 jours est tout aussi claire : NON à la semaine de 4 jours.
En se basant sur le rapport de l’ANM, la FCPE dénonce, avec les scientifiques, les effets dévastateurs de la semaine de 4 jours.
“La FCPE avait obtenu du ministre l’engagement d’organiser une conférence sur les rythmes scolaires et le temps de l’enfant et des adolescents.” […]
La FCPE attend le lancement du véritable débat sur les rythmes. Forte de l’unanimité des chercheurs, elle abordera les discussions avec confiance mais s’attachera à ce que des décisions concrètes soient prises pour mettre fin aux aberrations pédagogiques et de santé actuelles.
La journée de classe des élèves doit être allégée dans le primaire mais aussi dans le secondaire pour lequel la FCPE réclame des journées de 7 heures au maximum et une pause le midi d’au moins 1h30 pour chaque élève.”
Outre ces institutions, premières concernées pour décider de la mission de service publique qu’est l’école publique, et de la santé des enfants, le débat fait rage aussi dans et autour de l’école.
Lors d’un colloque organisé par l’IEN de notre circonscription, qui rassemblait outre l’IEN, des enseignant(e)s, directeurs(trices) d’écoles, et les parent(e)s d’élèves, bien qu’orienté au départ sur le rappel du rôle des parents d’élèves, puis de l’acquisition de la lecture et de l’écriture, le rythme scolaire est rapidement apparu comme le débat essentiel sur l’école au cours des questions/réponses qui ont suivi. Quasiment tout le monde confirme que le rythme scolaire introduit par la semaine de 4 jours est une catastrophe quant à la fatigue des élèves et pour une bonne acquisition des savoirs.
Tout le monde en est conscient, et pourtant on semble ne pouvoir rien faire ! Les parents, dit-on, sont pour la semaine de 4 jours. Un sondage de l’institut CSA du 25 août 2009 a révélé que 67% des parents sont favorables à la semaine scolaire de 4 jours 1/2, afin de réduire la durée des journées scolaires.
Les enseignants sont contre la semaine de 4 jour 1/2, il serait impossible d’abandonner le confort trouvé avec le week-end complet. Cependant, on le voit dans les rapports, la fatigue frappe aussi les enseignants avec le nouveau rythme scolaire. En en parlant avec le directeur de l’école élémentaire, celui-ci admettait qu’il était moins facile pour les jeunes enseignant(e)s, qui habitent plus loin de l’école de se rendre sur leur lieu de travail. En général, les jeunes enseignants habitent plus loin de leur lieu de travail. Et le non-remplacement d’1 ensignant sur 2 lors des départs massifs à la retraite actuels n’arrangeront pas les choses au niveau des affectations de postes. Mais ceci fait l’objet d’un autre débat.
Pour le directeur, l’école est un service public, et sa mission de service public est d’enseigner aux enfants. L’enfant doit donc être au coeur des préoccupations des décideurs, en priorité sur toutes autres considérations.
Quelles solutions peuvent être envisagées ?
  • La journée scolaire qui se déroule en France de 8 h 30 à 16 h 30 devrait être améliorée en brisant ces horaires conventionnels pour organiser une semaine scolaire sur une journée moins longue (5 h par exemple et sur une semaine de 4 jours et demi ou 5 jours comme dans la plupart des pays européens, en proposant 1 h d’études dirigées en fin de classe l’après-midi).
  • La semaine de 4 jours : Les semaines de 4 jours, 4 jours et demi ou 5 jours de classe ont fait l’objet de recherches qui montrent que l’aménagement hebdomadaire en 4 jours n’est pas favorable à l’enfant car celui-ci est plus désynchronisé le lundi et le mardi matin que dans la semaine habituelle de 4 jours et demi.
    Par ailleurs, un certain nombre d’études ont établi que les performances mnésiques sont meilleures après un week-end de un jour et demi comparé à un week-end de deux jours comme dans la semaine de quatre jours actuelle.
    Les avis divergent sur ce point entre l’ANM et IGEN. L’ANM préconise une demi-journée le samedi matin, afin d’éviter la désynchronisation de l’enfant, et de favoriser ses performances mnésiques. Pour l’IGEN, et pour d’autres raisons, l’évolution souhaitable de la situation n’est pas dans le retour au samedi matin, mais dans la scolarisation du mercredi matin, en vue d’alléger la journée de travail scolaire dans une semaine rééquilibrée.
  • Durée annuelle de l’enseignement dans le primaire : Le calendrier national scolaire comporte 36 semaines réparties en 5 périodes de travail, de durée comparable, qui sont séparées par 4 périodes de vacances : 2 semaines de vacances à Noël, en février et au printemps, 10 jours de vacances à la Toussaint, mois de juillet et août entièrement vaqués.
    L’enseignement actuellement dispensé en France aux élèves du primaire dans le cadre de la semaine de 4 jours est donc réparti sur 144 jours de classe par an, avec 864 h de cours annuel (et 936 h de cours pour les enfants bénéficiant de 2 heures hebdomadaires supplémentaires « d’aide personnalisée »).
    Cela place notre pays parmi ceux ayant le nombre d’heures d’enseignement annuel le plus élevé par comparaison avec des pays comme la Finlande (608 h), la Norvège (620 h), l’Allemagne (622 h).
    Pour tenir compte des données biologiques il faudrait une année scolaire de 180 à 200 jours (avec comme corollaire la réduction des grandes vacances), 4 – 6 h de travail par jour selon l’âge de l’élève, 4 jours et demi à 5 jours de classe par semaine en fonction des saisons ou des conditions locales.
Tout ceci semble de bons sens, et ce sont les solutions appliquées depuis longtemps dans les autres pays européens : ces solutions iront dans le sens d’une meilleure santé des enfants, de l’amélioration de leurs performances, facteurs de réussite et d’intégration. Sur la vie de l’école elle-même, cela aboutira à un meilleur dialogue entre les enseignants et les parents d’élèves, une meilleure concertation des équipes pédagogiques, et une plus grande assurance de la réalisation de leurs objectifs.
Qu’est-ce qui empêche donc d’appliquer ces solutions ? On pense tout de suite aux lobbies du tourisme, aux enseignants qui y perdraient un avantage acquis… Mais ce sont d’abord les collectivités locales qui renaclent : les maires, qui ne veulent pas augmenter le budget de fonctionnement des écoles, et les communautés d’agglo et conseils généraux qui ne veulent pas financer plus de jours de transport scolaire.
Il faut lancer un débat sur les rythmes scolaires. Ce débat doit impliquer les enseignants, les parents, les scientifiques, les responsables de mouvements associatifs, et les décideurs.
Qu’en pensez-vous ?
* ANM : Académie Nationale de médecine
** PISA : Program for International Student Assessment
FCPE : Fédération des conseils de parents d’élèves des écoles publiques
nono

déjà 2 commentaires pour cet article

  1. Jan 2010
    30
    22 h 26

    Il n’y a pas grand chose à ajouter, si ce n’est que les grandes vacances de deux mois correspondaient aux besoins de bras dans les champs pour les récoltes. Il me semble que ce temps est bien loin de nous. Et actuellement, qui est encore capable de partir plus de trois semaines pendant les grandes vacances ? D’un autre coté, quel rôle a joué l’état pour supprimer les moyens de l’éducation populaire qui n’a jamais été mise en relation directe avec les compétences d’une collectivité ? En deux questions le débat apparait. Quelle est la priorité : organiser la société pour lui laisser le temps de consommer ou se donner les moyens d’avoir une société du savoir accessible à tous ?

    jérôme

  2. Fév 2010
    1
    8 h 53

    Mais bien sûr il faudra trouver des solutions quant au financement des jours d’école supplémentaires et du transports. Et en ce moment les collectivités locales s’inquiètent, à juste titre, de la disparition d’une partie de leurs ressources, notamment du fait de la disparition de la TP.
    Il est donc important qu’un débat, rassemblant tous les acteurs et tous les décideurs, se mette en place. Sur le constat, tout le monde semble d’accord. Il faut ensuite que tous soient d’accord sur les solutions à apporter, et qu’on y apporte une réponse viable en terme de financement.

    nono

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