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L’UE demande l’interdiction de la pêche du thon rouge. Qui l’eût cru ?

L'UE demande l'interdiction de la pêche du thon rougeLa Commission Européenne a proposé aux pays de l’UE une interdiction mondiale du commerce du thon rouge, appelé aussi thon du Pacifique.
C’est pour protéger cette espèce en danger d’extinction, mais si convoitée au Japon, que Bruxelles a demandé que le thon rouge soit inscrit à l’annexe I de la convention de l’ONU sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction.
Pour le Japon, qui importe 30.000 tonnes par an (80% de la pêche), c’est un nouveau combat qui va se dérouler face à l’UE et au reste du monde. L’interdiction de la pêche au thon rouge va assécher le marché japonais du sushi. Et le sushi est le produit phare de la cuisine japonaise, le produit d’appel de tous les restaurants japonais du monde entier. L’enjeu est de taille.
Pourtant, le thon rouge gras est réservé quasiment à la consommation japonaise. Le combat des japonais contre la pêche à la baleine n’était déjà pas sans être mêlé au commerce du thon. Le Japon ne souhaitait pas que grâce à un moratoire sur la pêche à la baleine, l’ONU n’en vienne à l’étendre à la pêche au thon. Pourtant en voie d’extinction !
L’Union Européenne se lève donc pour protéger l’espèce. Les ressources amniotiques sont en baisse, et le cas du thon est emblématique. Toute l’Union Européenne ? Et bien non : quelques villages résistent, et plus en Méditerrannée qu’en Armorique cette fois.
L’Allemagne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas prônent une interdiction totale. Mais d’autres pays, dont la France, prennent le large… La France voudrait que cette inscription sur la convention de l’ONU se fasse sur l’annexe II. C’est à dire “la possibilité” d’un moratoire pendant 2 ans. Et elle est rejointe en ce sens par les pays qui en font la pêche et le commerce : l’Espagne, l’Italie, la Grèce, Chypre et Malte.
Comment ? La France ne veut pas protéger cette espèce en voie d’extinction ?! Mais pourquoi donc ?
Il faut savoir, le thon rouge rapporte beaucoup. Mais vraiment beaucoup. On ne parle pas du thon “petit-navire” là : en 2007, le record du prix à la criée, pour un thon de 206,6 kilogs avait été de 35.000 $.
Maigre record en fait ! Le nouveau record et de 75.000 € pour un thon rouge de 128 kg.
Les chiffres donnent le vertige. Et donnent bien l’idée de la rareté de cette ressource. Plus le poisson est rare, plus c’est de l’or en barres.
Pour l’Association Euro-Méditerranéenne des Pêcheurs Professionnels de thon, c’est un “non-sens” de faire du thon rouge une espèce menacée d’extinction. Ce serait “la pêcherie la plus contrôlée et la plus réglementée à travers le monde“.
L’Union Européenne va dans le bons sens en sauvegardant cette espèce. Quand on aura dévoré tous les thons, que mettra-t-on dans les sushis ?

La codicia rompe el saco ! (la cupidité rompt le sac)

nono

deguisement a déjà publié un commentaire : voulez-vous lui répondre ?

  1. Mar 2010
    1
    14 h 23

    La position de Paris est tout à fait « intéressante ». A quelques semaines des Régionales, on se prononce pour l’interdiction de la pêche au thon rouge. (eh, les Verts, vous voyez comme nous sommes éco-responsables)….

    Oui mais cette interdiction pas avant dix huit mois (ohé, les pécheurs, vous pouvez constater que nous soutenons vos revendications sans la moindre faiblesse).

    Tant d’hypocrisie quand on a tant besoin de décisions réfléchies !!!! Il est vrai que quand un Président veut taxer le carbone (pas le CO2) pour protéger la couche d’ozone, on peut se poser des questions sur sa capacité à prendre des décisions réfléchies.

    Je trouve ce monde désespérant.

    deguisement

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