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Qu’est-ce que le care ?

Tous, à différents moments de notre vie, nous avons été, nous sommes ou nous serons dépendants des autres.
Vous connaissez le care ? C'est ce qui a valu des moqueries à Martine Aubry au printemps dernier, grossièrement caricaturé comme « nunucherie américaine », « considérations pseudo-philosophiques » ou encore « maternalisme réactionnaire » - par le journaliste Jean-Michel Aphatie, le philosophe Michel Onfray, mais aussi des collègues masculins du PS comme Manuel Valls ou Jack Lang... Plus habilement, à droite, on a préféré envoyer une femme en la personne de Nathalie Kosciusko-Morizet : "Rien de nouveau sous le soleil, sinon le retour à un discours de l'assistanat social et des bons sentiments, dont je doute qu'il rende justice aux femmes".

Care : qu'y a-t-il exactement derrière ces 4 lettres ?

Le mot care, très courant en anglais, est à la fois un verbe qui signifie « s’occuper de », « faire attention », « prendre soin », « se soucier de », et un nom qui, selon le contexte, peut être traduit par « soins », « attention », « sollicitude ». Sous la forme négative – I don’t care –, il indique une indifférence, un refus de responsabilité : je m’en fiche, ça ne me concerne pas ! Mais aucune de ces traductions prises isolément ne traduit parfaitement l'idée de care, qui renouvelle profondément depuis une vingtaine d’années les façons de penser l’éthique, le politique, et pourquoi pas l'économie...
Le concept de care vient effectivement du mouvement féministe américain des années 1960. En 1982, dans son livre In a Différent Voice, l'universitaire Carol Giligan définit le care comme une forme de "moralité des femmes", centrée autour du soin donné aux autres, qu'elle souhaitait enseigner à l'ensemble de la société et aux hommes.
La théorie de C. Gilligan a fait l'objet de débats passionnés. Elle a été qualifiée de "différentialiste" - y compris dans les milieux féministes -, parce qu’elle soutiendrait qu’il y aurait une nature féminine différente de celle des hommes, en valorisant des « vertus » attachées aux stéréotypes féminins – l'amour, la compassion, la sollicitude, le souci d’autrui... Ces débats mèneront ensuite à de nouvelles compréhensions du care.
La notion a notamment été modernisée en 1993 par une autre universitaire américaine, Joan Tronto, dans son livre Un monde vulnérable, pour une politique du care. Joan Tronto a voulu sortir la notion de care de la sphère du "genre" pour la replacer dans la sphère de l'éthique et de la politique.
Elle s’appuie sur une analyse des conditions historiques qui ont favorisé une division du travail cantonnant les activités de soins dans la sphère domestique, traditionnellement réservée aux femmes, et donc exclues de la sphère publique et socialement dévalorisées. Il s'agit de toutes ces activités humaines ignorées, sous-estimées voire méprisées parce que privées, intimes, quotidiennes, banales, sans importance ou encore « sales » : soins aux enfants, aux malades, aux personnes dépendantes, mais aussi ménage, traitement des déchets, bref tout ce qui concourt à rendre notre monde vivable. "Prises en considération, ces activités se révèlent centrales et il apparaît que leur invisibilité ou leur discrétion est aussi le lot de ceux, et surtout de celles, femmes, étrangères, travailleurs des classes pauvres, qui les effectuent." (source : Delphine Moreau, De qui se soucie-t-on ? Le care comme perspective politique)
Prendre la mesure de l’importance du care pour la vie humaine suppose de reconnaître que la dépendance et la vulnérabilité sont des traits de la condition de tout un chacun. Brisant l'image monolithique et fausse d’une société constituée d’adultes compétents, égaux, autonomes et en bonne santé, l'éthique du care nous pousse à reconnaître que tous, à différents moments de notre vie, nous avons été, nous sommes ou nous serons dépendants des autres : lorsque nous avons été enfants, lorsque nous serons vieux, lorsque nous tombons malade, lorsque quelqu'un prend en charge nos enfants, nettoie, traite nos déchets ou nous permet de nous déplacer... Collectivement, nous sommes tous interdépendants. "L'autonomie" n'est qu'un mythe politique, accouplée aux péjoratifs "assistanat" et "dépendance"...
Ces services dont nous bénéficions tous à différents moments doivent être pris en charge collectivement : les cantonner dans la sphère privée du travail gratuit est un déni de responsabilité. L'accueil des jeunes enfants, l'accompagnement du handicap, de la maladie, de la vieillesse, sont des responsabilités collectives, qui font qu'une société se porte bien, dans le respect de la dignité de chacun. Cela correspond d'ailleurs à la définition que l'OMS, l'Organisation Mondiale de la Santé, donne de la santé elle-même, comme "état de complet bien-être physique, mental et social".
On pourrait y ajouter "environnemental" : Joan Tronto définit le care comme « une activité générique qui comprend tout ce que nous faisons pour maintenir, perpétuer et réparer notre « monde » de sorte que nous puissions y vivre aussi bien que possible. Ce monde comprend nos corps, nous-mêmes et notre environnement, tous les éléments que nous cherchons à relier en un réseau complexe en soutien à la vie ». Ne croirait-on pas une très belle définition de l'écologie ?

Vendredi 19 novembre 2010 : soirée débat “L’Afrique en Mouvement” au cinéma Le Grand Forum de Louviers, à partir de 18h

soirée débat “L’Afrique en Mouvement” au cinéma Le Grand Forum de Louviers
Organisée par la CASE en partenariat avec la Région Haute-Normandie, cette soirée s'inscrit dans le cadre de la Semaine de la Solidarité Internationale.
La projection du film “Expérience africaine” de Laurent Chevallier sera suivie d'une table ronde “L’Afrique en Mouvement”.
Cinquante ans après les indépendances, il est temps de dépasser les clichés misérabilistes sur l'Afrique, et de considérer son rôle central dans les nouveaux équilibres mondiaux. Savons-nous que les économies africaines connaissent, depuis le tournant du XXIème siècle, une croissance économique annuelle bien supérieure à celles des Etats-Unis ou de l’Europe ? En ce début de XXIème siècle, tandis que des acteurs émergents des relations internationales s’intéressent aux évolutions de l’Afrique et à leurs relations avec ce continent, l’Europe semble abdiquer. Sans surprise, ce sont les acteurs les plus « jeunes » de notre société mondiale – Chinois, Indiens, Brésiliens – qui saisissent les opportunités de l'aventure africaine. La société de la rive Nord de la Méditerranée, et en premier lieu ses acteurs économiques, lui tournent le dos. N'est-il pas maintenant temps de reconnaître l’Afrique ?

Les jeunes dans la rue : assez, assez d’être une “génération précaire”!

Assez, assez d'être une
Aujourd'hui 17 octobre, journée mondiale du refus de la misère, et lendemain d'importantes mobilisations citoyennes impliquant de nombreux jeunes, nous nous posons la question de la place des jeunes dans nos démocraties modernes.
ATD Quart Monde le souligne en s'alarmant : la hausse de la précarité et de la pauvreté touche particulièrement les jeunes. Les jeunes des quartiers situés en zone urbaine sensible seraient deux fois plus touchés par le chômage que les autres, tandis que 45% des personnes pauvres auraient moins de 25 ans. Par ailleurs, ATD Quart Monde rappelle que 150.000 jeunes sortent sans diplômes du système scolaire. Un tiers d'entre eux n'auront toujours pas d'emploi cinq ans plus tard.
Enfants d'une société vieillissante, les jeunes peinent à être reconnus et à y trouver leur place. De stage en RSA jeune (ouf, on a échappé au CPE, le "smic jeune", grâce aux mobilisations de 2006 !), on peut dire que les jeunes d'aujourd'hui sont victimes d'un véritable "bizutage social", autrement dit de discrimination. Vous me direz, ce n'est pas nouveau et je me souviens qu'en 86 les jeunes qui manifestaient contre la loi Devaquet avaient été renvoyés dans leurs chambres, taxés de "BOF génération" (génération sans convictions, aux petites ambitions matérielles) par leurs ainés de Mai 68...
20 plus tard, au moment des "émeutes de banlieues" de 2005 (pour ne surtout pas parler de "révolte sociale"), les jeunes de Clichy Sous Bois sont montrés comme des "racailles" sans foi ni loi, des délinquants sans cervelle ni avenir.
Cinq ans plus tard, de nombreux jeunes luttent encore pour sortir de cette image où on veut les cantonner pour les empêcher d'exister. On connaît l'importance de la manipulation médiatique dans ces affaires. Début octobre, une brillante émission d'@rrêt sur image démonte ce genre de "bidonnage" (merci Abdel, excellent dans le rôle de Bintou, la femme de polygame !).
Le monde de la politique ne vaut guère mieux que le monde de l'entreprise. A 35 ans, Cécile Duflot doit encore justifier de son âge et se sent obligée de se présenter comme "mère de famille" pour être considérée comme adulte en politique. La faute à ?
Au cumul des mandats et à la succession de ceux-ci, qui font par exemple de notre vénérable François Loncle, le doyen des députés par la longévité de sa carrière (député PS de l'Eure depuis le ... 21 juin 1981 !) Le PS se prononce contre le cumul des mandats, mais avec quel effet dans la réalité ?
Jeune élu Europe Ecologie en région Ile de France, Julien Bayou, co-fondateur des collectifs "Génération précaire", "Jeudi noir" et "Sauvons les riches !" le clame : PLACE AUX JEUNES !!!
Oui à l'autonomie des jeunes ! Considérés comme responsables pénalement à 13 ans, il faut donner aux jeunes la possibilité de s'assumer, de se loger, de travailler, sans les maintenir dans cette dépendance intergénérationnelle contraire au principe d'égalité républicaine qui fonde la légitimité de nos démocraties...

Et vous, comment êtes-vous militant ?

Benjamin distribue des tracts dans les lycées en faveur de la réforme des retraites.

Qu'est-ce que le militantisme ?

Aux origines, le terme militant (du latin miles, militis : « soldat ») concernait les personnes qui se battaient, les armes à la main, pour défendre leurs idées et convictions. La Guerre d'Espagne et ses Brigades Internationales contre le fascisme, en sont l'illustration (no pasaràn!). Les anciennes générations se sentaient partie prenante du parti politique (par exemple) qu'ils défendaient, se considérant comme des éléments permettant à la machine d'avancer.
L'individualisation de la société et le désenchantement idéologique ont fait déserter ces formes de militantisme. On s'engage aujourd'hui pour des causes plus ponctuelles et plus concrètes. L'engagement sur la durée semble contraignant, et l'on sait que les associations, les syndicats ou les partis politiques peinent à attirer les militants.
Pourtant, on sent renaître aujourd'hui une certaine fierté d'être militant. "Militer" n'est plus un gros mot vaguement ridicule et ringard. On sent renaître une prise de conscience, un désir d'engagement et d'action, un refus de la soumission et de la consommation passives des biens et du prêt-à-penser médiatiques. De plus en plus, on s'informe, on veut participer... et on descend dans la rue.

Les différentes formes de militantisme

Selon les domaines, les formes d'actions sont différentes, mais se recoupent aussi souvent. Par exemple, le militantisme écologique peut utiliser des formes de militantisme politique, économique (boycott, adhésion à une AMAP...) ou médiatique (web).
- Militantisme dans l'entreprise
  • Syndicalisme
  • Grève
- Militantisme politique
  • Partis politiques
  • Groupes de pression politiques (lobbying en anglais)
- Militantisme étudiant
- Militantisme économique
  • Associations de consommateurs
  • Boycott
  • Barrages à l'importation
  • Vente directe sauvage
  • Commerce équitable
- Militantisme associatif
- Actions culturelles
  • Théâtre de rue
  • Chansons engagées
  • Littérature engagée

Les "armes" du militantisme

Manifestation
  • Marche, rassemblement, sit-in
  • Barrage routier, barricade
Propagande
  • Pamphlets, libelles
  • Affiches, stickers
  • Tracts
  • Bombages, tags et graffiti
Militantisme médiatique
  • Piratage
  • Utilisation du web
  • Pétition
  • flash mobs
Désobéissance civique
  • Insoumission
  • Objecteur de conscience
  • Action directe (théorie politique)
Recours à la violence
  • Terrorisme

Comment devient-on militant ?

Par histoire familiale. Des grands-parents cheminots communistes. Des parents hippies ou féministes.
Par rencontre avec l'actualité. Des manifs lycéennes. Des injustices vécues dans l'entreprise ou ailleurs.

Comment être militant ?

En utilisant les services publics (éducation, santé...).
Par ses choix de consommation (boycott, refus de la surconsommation, production locale...)
En éduquant ses enfants.
En parlant avec ses voisins.
En tenant la porte à la grand-mère à la boulangerie ou en disant bonjour au jeune dans la rue.
En étant persuadé que l'action collective a plus de force que l'action individuelle.
En donnant un peu de son temps à des causes collectives.
En allant aux manifestations, les jours de grève et le samedi (même sous la pluie !).
En votant, toujours.

Est-on militant sur Facebook ou Twitter ?

Pour les pratiquer, j'en ai senti les limites. C'est vrai que je m'y informe et que j'y partage des liens, des pétitions, des dates d'action. Pourtant, je me rends compte que peu de mes 232 "amis" cliquent réellement pour lire les contenus. Sur Twitter, plus de 70% des twitts restent sans réponse ni retweet. Et puis, en dehors de la "bulle" et de la tyrannie du présent perpétuel de ma timeline ou de mon fil d'actualité, qui lira mes propos ?
En revanche, je crois beaucoup au pouvoir des nouveaux médias sur internet, MEDIAPART, @RRET SUR IMAGES, ainsi que des blogs. Là, les contenus sont publics, et c'est une arme considérable pour le militantisme. "Avec Internet, Mitterrand n’aurait pas tenu six mois“, aurait dit un responsable de l’UMP fin juin, dénonçant Internet et la "tyrannie de la transparence", en réaction aux bruits, échos et autres polémiques provoqués par les dernières « affaires » qui ébranlent la majorité.

Benjamin Lancar est-il militant ? (non, ce n'est pas de l'Humour de Droite ;-)

Oui, le président des Jeunes Pop se bat pour les idées de son parti, l'UMP, avec des armes traditionnelles (médias, meetings, tracts...) et modernes (web : facebook, twitter...). Il espère une place pour lui plus tard. Il déclare : "Je confirme que j'aimerais travailler jusqu'à la mort car cela voudra dire que j'aurai vécu une vie de passion !"(Si c'est pas du militantisme ça !!) Il distribue des tracts dans les lycées en faveur de la réforme des retraites.

Le militantisme ultra-conservateur

Le 28 août dernier, jour anniversaire du célèbre "I have a dream" de Martin Luther King, qui avait clôturé la marche pour les droits civiques, le mouvement populiste du Tea Party organisait une manifestation pour... « rétablir l'honneur de la nation ». Ils défendent la religion et le patriotisme, et dénoncent les dangers de l'étatisme et du collectivisme incarnés selon eux par Barrack Obama - notamment à travers sa réforme du système de santé.
La France rêve de cet activisme de droite. Mais à part les très drôles manifs de droite des intermittents du spectacle en 2007 ("La messe en latin !" et la Marseillaise à la flûte à bec...) et les beaucoup moins drôles manifs du 1er mai du Front Nationale, c'est généralement le flop (ah ! le lipdub "Tous ceux qui veulent changer le monde"...)


L’alphabétisation des filles dans le Zanzan (Côte d’Ivoire) : l’action de l’ONG “filles d’Afrique”

Au cours d'un voyage en Côte d'Ivoire avec son beau-fils originaire du pays, Henri Sobowiec a découvert la vie quotidienne d'une région, le Zanzan, et plus particulièrement de la ville de Tabagne, dans le département de Bondoukou.
La région du Zanzan a un taux d'analphabétisation important, qui touche plus particulièrement les filles. En effet, malgré les efforts consentis par les autorités depuis l'accession du pays à l'indépendance, le taux de scolarisation de la fille a toujours été faible et très inférieur à celui des garçons. Il est passé de 36% en 1970 à à peine 43% en 2001.
Avec la crise militaro-politique que vit la Côte d'ivoire depuis 2002, ce taux a connu une baisse. Singulièrement dans la région du Zanzan où la situation est dramatique. "Selon les derniers chiffres publiés par le ministère de l'Education nationale pour tous, la région du Zanzan est parmi celles qui ont le taux d'analphabétisation assez inquiétant surtout la scolarisation des filles" a révélé le Docteur Kamara Laurence, présidente de l'Ong “filles d'Afrique”, qui reste persuadée que "les filles du Zanzan, ne sont pas faites uniquement pour faire le métier de bonne - servante, le mariage forcé encore moins pour des corvées incompatibles à leur âge".
“Notre conviction vient du fait qu'une fille instruite, c'est une nation construite. La preuve est faite aujourd'hui, qu'une fille bien instruite peut être également un agent de développement de son pays dans le futur". L'Ong “filles d'Afrique” est venue dans cette région pour emboîter le pas à tous les partenaires et Ong dans le domaine de l'éducation et l'instruction, en vue d'apporter à sa manière sa pierre à la lutte contre l'analphabétisation.
Kouassi Kouakou Christophe, secrétaire général de la préfecture de Bondoukou, au nom du préfet de région, a salué l'initiative de l'Ong " filles d'Afrique " et déploré la sous-scolarisation de la jeune fille dans le Zanzan : "nous avons une approche dépassée de la scolarisation de la jeune fille. On dit souvent qu'une fille mise à l'école va aller où ? Demain, c'est pour être enceintée. Mais qui l'enceinte ? Faites en sorte que vos filles aillent à l'école. Car c'est vous, c'est nous qui les enceintons". Kouakou Dapa, maire de la commune de Bondoukou et parrain a pour sa part qualifié l'acte de l'Ong "filles d'Afrique" de "noble".

Foot au féminin dans l’Eure : allez les filles !

Allez les filles !
En ce mercredi 19 mai après-midi, les jeunes footballeuses du département de l'Eure avaient rendez-vous pour un entraînement spécial... entre elles. Les organisateurs du district de l'Eure se sont félicités du succès de cette rencontre, qui a réuni une soixantaine de joueuses de 6 à 13 ans.
Ça jouait bien, et les filles ont pu s'exprimer la balle au pied de façon plus libre et décomplexée peut-être qu'au sein des équipes mixtes.
Car malheureusement, là aussi, un "effet de seuil" existe, et les filles sont si peu nombreuses dans les équipes qu'il leur est difficile de s'imposer au sein des groupes de garçons - voire parfois aux yeux de certains entraîneurs. Comme dans certains métiers ou formations, à 3 ou 4, on fait front et on peut s'imposer, mais seule, c'est souvent difficile et bon nombre de jeunes filles renoncent.
Votre fille aime se dépenser physiquement ? C'est une bonne camarade qui a l'esprit d'équipe ? Avec le football, elle pourra développer ces qualités, faire l'apprentissage des règles du jeu collectif, développer son endurance, sa coordination et son sens de l'orientation dans l'espace.
Dans le prolongement de l'école mixte prônée par Jules Ferry, habituons nos jeunes filles et nos jeunes garçons à partager les mêmes activités, dans le respect mutuel et la solidarité. Respect, solidarité : oui, ces valeurs doivent être celles du football !
C'est aussi leur apprendre à dépasser les stéréotypes dans la répartition des rôles dans la société, au sein de la famille comme dans le monde du travail ou la politique...
Le chemin vers la parité est long : allez les filles, on compte sur vous !

La parité en marche ? Olympe et le classement wikio d’avril 2010

olympe et le plafond de verre
Deux nouvelles : une bonne et une mauvaise !
La bonne : mon blog féministe préféré passe en tête du nouveau classement "Société" des blogs chez Wikio. Celle qui s'est fait une spécialité de dénoncer les discriminations sexistes parviendra-t-elle à faire bouger les choses et à inscrire la parité dans les mentalités ?
La mauvaise : plus que deux femmes dans le top 20 des blogs politique. La politique, une affaire d'hommes encore ?

Mixité, égalité, démocratie : retour aux fondamentaux selon Jules Ferry (discours sur l’égalité de l’éducation du 10 avril 1870)

mixité, égalité, fraternité
XXIe siècle. Il y a 140 ans, Jules Ferry luttait contre les inégalités. Selon lui, elles empêchaient la démocratie de vaincre un ancien régime de castes et de privilèges sourdement persistant dans la société issue de la Révolution française. Il a choisi le socle qui selon lui fondait toutes les inégalités : l’éducation.
L’égalité d’éducation était pour lui le fondement de la mixité, dans ses deux acceptions : mixité sociale et mixité de genres. On peut aujourd'hui y ajouter la mixité « ethnique » (en 1870, en pleine expansion de la France coloniale, elle n'était pas d'actualité...)
L’égalité d’éducation, Jules Ferry l’a réclamée pour toutes les classes sociales. Et aussi pour les deux sexes. 80 ans après la Déclaration des Droits de l’Homme, il allait falloir plus de dix années pour faire admettre cette égalité et cette mixité.
En 1880, un journaliste du Gaulois s'exclamera : « Des lycées de jeunes filles ? Pourquoi pas des casernes de jeunes filles ! [...] (L)a jeune fille française élevée, dans la protection vigilante de la famille, avait été avec soin préservée de l'éducation garçonnière et des brutalités de la science. Elle grandissait parmi les sourires et les joies, comme une fleur dans le soleil; elle grandissait dans une poétique ignorance des mystères des choses [...]. Et cette paix candide de jeune fille, cette délicieuse floraison de pudiques désirs, ces élans d'idéale bonté qui plus tard font l'amour de l'épouse, le dévouement de la femme et le sacrifice de la mère, tout ce charme exquis, toute cette poésie, tout ce respect qui fait que le vice lui-même se tait, se découvre et recule ; devant nos enfants comme devant l'apparition des grands paradis perdus, tout cela va disparaître ! On va supprimer la jeune fille [...]. Assez de ces petites niaises qui croient à l'ange gardien, au bonhomme Noël, aux bébés qui naissent sous les choux. La science de l'État se chargera de souffler sur ces illusions enfantines. [...] On leur apprendra tout, même la rébellion contre la famille, même l'impureté. [...] Elles n'auront même pas été vierges avant de devenir femmes. »
Jules Ferry avait conscience de se battre contre un système de castes (il utilise le mot dans son discours) : caste sociale d’une part, caste masculine d’autre part.
Relire son discours de 1870 sur l’égalité de l’éducation rappelle certains principes de bases de la démocratie, aujourd’hui remis en question.
La mixité sociale se porte mal, les territoires et les établissements scolaires se ghettoïsent, les inégalités se creusent, la violence sociale fait naître la violence scolaire et la violence des quartiers. Dans l’éducation, la suppression de la carte scolaire a amplifié les inégalités sociales entre les établissements.
Or, écrit Jules Ferry : « je vous défie de faire jamais de ces deux classes une nation égalitaire, une nation animée de cet esprit d'ensemble et de cette confraternité d'idées qui font la force des vraies démocraties, si, entre ces deux classes, il n'y a pas eu le premier rapprochement, la première fusion qui résulte du mélange des riches et des pauvres sur les bancs de quelque école. »
L’égalité des sexes reste elle aussi théorique : on le voit au sein des familles (partage des tâches ménagères), dans l’orientation scolaire des filles, dans le monde du travail (accès aux postes à responsabilités, écarts de salaires…) et dans le monde politique où la parité reste illusoire : conseil constitutionnel, gouvernement, assemblée nationale, présidences et vice-présidences de régions, cherchez les femmes ! Lire l’indispensable blog d’Olympe et son dernier article sur L’arbre qui cache la forêt.
Ceux qui s’opposent aux lois sur la parité feignent d’oublier que la loi fonde le droit et la justice. Les élèves comprennent très bien que l’obligation scolaire fondée par la loi de Jules Ferry en 1882 est la garante de leur droit à l’éducation, quels que soient leur origine sociale ou leur sexe.
La même égalité doit être garantie dans le monde du travail et dans la vie politique, une égalité réelle et non théorique, une égalité fondée sur la loi, et non sur d’illusoires bonnes volontés (quelqu’un croit-il réellement à cet alibi ?)

L’orientation des filles en Haute-Normandie : les inégalités persistent

L'orientation des filles en Haute-Normandie : les inégalités persistent
Les chiffres publiés par le Rectorat de Rouen en décembre 2009 montrent que les inégalités persistent dans la situation des filles et des garçons à l'école et, au-delà, dans leur insertion professionnelle.
Merci à Céline Daniel (SAIO), Hugues Demoulin (SAIO) et Elsa Dupont (SPréSER) qui ont rédigé cette précieuse et très précise note d'information, unique en son genre en France (peut-être parce que notre académie accuse justement un retard lié... au genre ?) :
"Les différences et les inégalités de genre constatées dans l'académie de Rouen sont de même nature que celles observées sur l'ensemble du territoire. Cependant, il ressort de plusieurs comparaisons que les écarts filles/garçons sont plus marqués dans notre académie, et ce tout au long de la scolarité."
De la Grande section à l'insertion professionnelle, consultez tous les chiffres liés au genre dans la région Haute-Normandie.
Quelles actions mettre en œuvre pour faire évoluer les stéréotypes et favoriser l'accès de tous et toutes à l'ensemble des formations et des métiers ?

La parité : un objectif constitutionnel ?

La parité : un objectif constitutionnel ?

"Le Conseil Constitutionnel politisé mais pas féminisé..." twittait Sandrine Bélier d'Europe Ecologie ce matin.

En effet, parmi les trois membres qui quittent le Conseil il y a une femme : Madame Dominique Schnapper qui sera remplacée par… un homme ! Ainsi, sur les 11 membres qui composent le Conseil constitutionnel il n'y aura plus qu'une femme : la magistrate Jacqueline de Guillenchmidt (soit moins de 10%...).

Les candidatures évoquées, des juristes Marie-Laure Denis, Anne Levade, et l'ancienne garde des sceaux socialiste, Elisabeth Guigou, n'ont pas été retenues.

En nommant M. Charasse, M. Sarkozy entendrait compliquer la tâche du président du Conseil constitutionnel, le très chiraquien Jean-Louis Debré. "Charasse était le constitutionnaliste de Mitterrand. Avec lui, Debré va avoir la partie beaucoup moins facile qu'avec une Elisabeth Guigou, qui est une technocrate déguisée en politique", analyse un proche de M. Sarkozy.

Ces logiques internes ont conduit à nommer trois vétérans masculins de la politique. "Il est normal que dans une Assemblée de sages, on nomme des sages", défend un conseiller de M. Sarkozy. Une femme ne serait donc pas digne de figurer parmi les sages de la République ?

La nomination au Conseil Constitutionnel de Michel Charasse, exclu du Parti socialiste en 2008, serait une promesse de Nicolas Sarkozy lors de sa campagne présidentielle, Michel Charasse ayant fait le choix de le soutenir.

Avec cette nomination le Conseil constitutionnel se politise. "Ce sont des politiques qui entrent dans un Conseil qui comptait, au fil des nominations, surtout des juristes", analyse M. Barrot. "Nous sommes trois législateurs qui connaissons la musique du Parlement. Le Conseil doit protéger les droits fondamentaux mais aussi réguler la vie politique."

L'enjeu est de contrôler l'évolution du Conseil, alors que celui-ci pourra être saisi à compter du 1er mars par les citoyens qui considéreront, à l'issue du processus judiciaire, qu'une loi a méconnu leurs droits constitutionnels.

Sur sa page Facebook, Bastien François, enseignant-chercheur à la Sorbonne et candidat sur la liste Europe Ecologie aux élections régionales à Paris s'interroge : "Visiblement ni la question de la compétence intrinsèque (qui peut s'apprécier, il est vrai, de différentes façons) ni celle des compétences particulières nécessaires pour juger de la QPC (procédure de question prioritaire de constitutionnalité), n'étaient à l'ordre du jour des autorités de nomination, et je doute qu'elles seront véritablement évoquées lors des auditions parlementaires. Pour ma part, j'estime que dès lors que la parité est un objectif à valeur constitutionnelle s'agissant de la représentation politique, je pense qu'elle doit être appliquée le plus strictement possible au Conseil constitutionnel, et que cela serait d'autant plus facile à réaliser si la question des compétences attendues des conseillers constitutionnels était enfin posée."

Plus d'informations sur le Conseil constitutionnel (son rôle, ses membres)

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