éducation des filles

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Soirée débat organisée par le CCFD Terre Solidaire, à Louviers le vendredi 1er avril 2011 à 19h : Droits à l’éducation des femmes au Bénin, avec Emma Mongbo

L'équipe CCFD Terre Solidaire de Louviers - Val de Reuil - Pont de l'Arche marque les 50 ans du CCFD -Terre Solidaire en vous invitant à venir dialoguer avec Emma MONGBO dès 19h, salle Jeanne d'Arc, 46 rue du 11 novembre à Louviers. Un repas frugal vous sera offert (chacun apporte verre, couvert et assiette). Il sera suivi d'un débat : l'éducation est-elle à la portée de tous ?
Madame Emma MONGBO est animatrice de l'Association SINDO à Séhoué au Bénin. Le mot SINDO signifie "émerge de la base". L'association crée de multiples activités pour améliorer la situation des femmes et des enfants dans 6 départements au sud du Bénin.
« Il faut mettre ensemble les femmes ou les jeunes filles, pour qu'elles comprennent l'importance de l'éducation et des groupes d'entraide afin d'améliorer leurs revenus… l'objectif est qu'elles arrivent à acheter de la terre .... »
Le bilan est positif, des milliers de femmes ont acquis une autonomie financière grâce à l'alphabétisation, au microcrédit, et des milliers de jeunes filles ont été scolarisées. Sindo a également encouragé les femmes à s'impliquer dans la gestion des fontaines, dans les associations de parents d'élèves. Une femme s'est même portée candidate à une élection communale....
Sindo bataille sur bien des fronts : lutter contre la violence faite aux filles en milieu scolaire, enquêter et dénoncer les trafics d'enfants, lutter contre l'esclavage moderne de l'enfant domestique et contre la prostitution.
Cette association SINDO fait partie d'un des 500 projets de Développement que soutient le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement, pour une Terre Solidaire.
Emma nous dira de vive voix comment elle tente d'en arriver à changer les règles sociales : « notre combat ne peut se limiter à la région de Séhoué, il faut obliger l'Etat à prendre ses responsabilités. »
contacts
Louviers : Marie-Andrée D'almeida 02 32 40 48 59
Surville : Annick Portier 02 32 50 51 21
Pont de l 'Arche : Marielle Suire 02 35 02 08 07

L’alphabétisation des filles dans le Zanzan (Côte d’Ivoire) : l’action de l’ONG “filles d’Afrique”

Au cours d'un voyage en Côte d'Ivoire avec son beau-fils originaire du pays, Henri Sobowiec a découvert la vie quotidienne d'une région, le Zanzan, et plus particulièrement de la ville de Tabagne, dans le département de Bondoukou.
La région du Zanzan a un taux d'analphabétisation important, qui touche plus particulièrement les filles. En effet, malgré les efforts consentis par les autorités depuis l'accession du pays à l'indépendance, le taux de scolarisation de la fille a toujours été faible et très inférieur à celui des garçons. Il est passé de 36% en 1970 à à peine 43% en 2001.
Avec la crise militaro-politique que vit la Côte d'ivoire depuis 2002, ce taux a connu une baisse. Singulièrement dans la région du Zanzan où la situation est dramatique. "Selon les derniers chiffres publiés par le ministère de l'Education nationale pour tous, la région du Zanzan est parmi celles qui ont le taux d'analphabétisation assez inquiétant surtout la scolarisation des filles" a révélé le Docteur Kamara Laurence, présidente de l'Ong “filles d'Afrique”, qui reste persuadée que "les filles du Zanzan, ne sont pas faites uniquement pour faire le métier de bonne - servante, le mariage forcé encore moins pour des corvées incompatibles à leur âge".
“Notre conviction vient du fait qu'une fille instruite, c'est une nation construite. La preuve est faite aujourd'hui, qu'une fille bien instruite peut être également un agent de développement de son pays dans le futur". L'Ong “filles d'Afrique” est venue dans cette région pour emboîter le pas à tous les partenaires et Ong dans le domaine de l'éducation et l'instruction, en vue d'apporter à sa manière sa pierre à la lutte contre l'analphabétisation.
Kouassi Kouakou Christophe, secrétaire général de la préfecture de Bondoukou, au nom du préfet de région, a salué l'initiative de l'Ong " filles d'Afrique " et déploré la sous-scolarisation de la jeune fille dans le Zanzan : "nous avons une approche dépassée de la scolarisation de la jeune fille. On dit souvent qu'une fille mise à l'école va aller où ? Demain, c'est pour être enceintée. Mais qui l'enceinte ? Faites en sorte que vos filles aillent à l'école. Car c'est vous, c'est nous qui les enceintons". Kouakou Dapa, maire de la commune de Bondoukou et parrain a pour sa part qualifié l'acte de l'Ong "filles d'Afrique" de "noble".

Mixité, égalité, démocratie : retour aux fondamentaux selon Jules Ferry (discours sur l’égalité de l’éducation du 10 avril 1870)

mixité, égalité, fraternité
XXIe siècle. Il y a 140 ans, Jules Ferry luttait contre les inégalités. Selon lui, elles empêchaient la démocratie de vaincre un ancien régime de castes et de privilèges sourdement persistant dans la société issue de la Révolution française. Il a choisi le socle qui selon lui fondait toutes les inégalités : l’éducation.
L’égalité d’éducation était pour lui le fondement de la mixité, dans ses deux acceptions : mixité sociale et mixité de genres. On peut aujourd'hui y ajouter la mixité « ethnique » (en 1870, en pleine expansion de la France coloniale, elle n'était pas d'actualité...)
L’égalité d’éducation, Jules Ferry l’a réclamée pour toutes les classes sociales. Et aussi pour les deux sexes. 80 ans après la Déclaration des Droits de l’Homme, il allait falloir plus de dix années pour faire admettre cette égalité et cette mixité.
En 1880, un journaliste du Gaulois s'exclamera : « Des lycées de jeunes filles ? Pourquoi pas des casernes de jeunes filles ! [...] (L)a jeune fille française élevée, dans la protection vigilante de la famille, avait été avec soin préservée de l'éducation garçonnière et des brutalités de la science. Elle grandissait parmi les sourires et les joies, comme une fleur dans le soleil; elle grandissait dans une poétique ignorance des mystères des choses [...]. Et cette paix candide de jeune fille, cette délicieuse floraison de pudiques désirs, ces élans d'idéale bonté qui plus tard font l'amour de l'épouse, le dévouement de la femme et le sacrifice de la mère, tout ce charme exquis, toute cette poésie, tout ce respect qui fait que le vice lui-même se tait, se découvre et recule ; devant nos enfants comme devant l'apparition des grands paradis perdus, tout cela va disparaître ! On va supprimer la jeune fille [...]. Assez de ces petites niaises qui croient à l'ange gardien, au bonhomme Noël, aux bébés qui naissent sous les choux. La science de l'État se chargera de souffler sur ces illusions enfantines. [...] On leur apprendra tout, même la rébellion contre la famille, même l'impureté. [...] Elles n'auront même pas été vierges avant de devenir femmes. »
Jules Ferry avait conscience de se battre contre un système de castes (il utilise le mot dans son discours) : caste sociale d’une part, caste masculine d’autre part.
Relire son discours de 1870 sur l’égalité de l’éducation rappelle certains principes de bases de la démocratie, aujourd’hui remis en question.
La mixité sociale se porte mal, les territoires et les établissements scolaires se ghettoïsent, les inégalités se creusent, la violence sociale fait naître la violence scolaire et la violence des quartiers. Dans l’éducation, la suppression de la carte scolaire a amplifié les inégalités sociales entre les établissements.
Or, écrit Jules Ferry : « je vous défie de faire jamais de ces deux classes une nation égalitaire, une nation animée de cet esprit d'ensemble et de cette confraternité d'idées qui font la force des vraies démocraties, si, entre ces deux classes, il n'y a pas eu le premier rapprochement, la première fusion qui résulte du mélange des riches et des pauvres sur les bancs de quelque école. »
L’égalité des sexes reste elle aussi théorique : on le voit au sein des familles (partage des tâches ménagères), dans l’orientation scolaire des filles, dans le monde du travail (accès aux postes à responsabilités, écarts de salaires…) et dans le monde politique où la parité reste illusoire : conseil constitutionnel, gouvernement, assemblée nationale, présidences et vice-présidences de régions, cherchez les femmes ! Lire l’indispensable blog d’Olympe et son dernier article sur L’arbre qui cache la forêt.
Ceux qui s’opposent aux lois sur la parité feignent d’oublier que la loi fonde le droit et la justice. Les élèves comprennent très bien que l’obligation scolaire fondée par la loi de Jules Ferry en 1882 est la garante de leur droit à l’éducation, quels que soient leur origine sociale ou leur sexe.
La même égalité doit être garantie dans le monde du travail et dans la vie politique, une égalité réelle et non théorique, une égalité fondée sur la loi, et non sur d’illusoires bonnes volontés (quelqu’un croit-il réellement à cet alibi ?)

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