Laetitia Sanchez

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En novembre 2011, le mois du film documentaire à Saint Pierre et Saint Etienne du Vauvray, Andé et Louviers (27)

A l’occasion de la 12e édition du mois du film documentaire, les communes de Saint Pierre, de Saint Etienne du Vauvray, d’Andé et de Louviers projettent une série de films qui nous interrogent sur des questions de notre époque : la solidarité, l’éducation, la mondialisation.
A Saint-Pierre, le 15 novembre 2011 à 19h, la question du lien intergénérationnel sera évoquée à travers le film : “A nous deux” de Valérie Denesle. Des vieux de plus en plus nombreux, de plus en plus seuls. Des jeunes dans l’incapacité financière de se loger. C’est à ces deux problèmes de société que répond tout naturellement l’idée de la cohabitation intergénérationnelle. Le principe : une personne âgée héberge un étudiant chez elle en contrepartie de sa compagnie ou de menus services, les rôles et engagements de chacun faisant l’objet d’un pacte de vie commune propre à chaque “couple”. Entre logement solidaire et mariage d’intérêts, comment jeunes et vieux, si évidemment à distance dans notre société, négocient-ils au quotidien une vie commune ?
A Saint Etienne, le 22 novembre 2011 à 19h, ce sera la question de la pédagogie Freinet à travers le film “La voix de l’écolier” de Lydie Turco.
A Louviers, le 18 novembre à 20 h 30, “Champs mêlés” de Pierre Davidodici et Patrick Avrillon filme la rencontre entre des producteurs de fruits de Rhône-Alpes et du Toffo (Bénin). Ces “petits paysans” du Nord et du Sud partagent l’idée que seul un échange commercial équitable et à taille humaine leur permettra d’échapper, au moins partiellement, aux rapaces du commerce international. Refusant les discours consensuels sur le commerce équitable, ce film relate une diversité idéologique de positionnements et témoigne de la complexité de cette forme alternative d’échanges. Il est également le résultat d’une élaboration et d’un tournage collectif avec des lycéens d’une classe de cinéma-audiovisuel.
A Louviers encore, le 23 novembre 2011 à 20 h 15, “La pluie et le beau temps” d’Ariane Doublet aborde la question de la mondialisation, à travers l’aventure du lin normand exporté dans les filatures chinoises. Tout commence avec ce camion chargé d’un container aux inscriptions chinoises qui manoeuvre dans la campagne normande. Voici donc la mondialisation qui débarque… Le climat et le sol du Pays de Caux sont propices à la culture du lin. Voilà pourquoi les filateurs chinois viennent s’approvisionner en matière première dans les coopératives normandes. La culture du lin qui s’éteignait doucement est ainsi relancée par un nouveau marché à l’autre bout du monde. Se nouent alors des histoires de commerce, de main d’oeuvre, de spéculation. Durant une saison, Ariane Doublet a observé le fil du lin et écouté les mouvements du monde. De Chine, le cinéaste Wen Hai lui a envoyé des images de ses rencontres avec les ouvrières des filatures. Un film engagé soulevant des questions politiques. [Film présenté en compétition internationale au Cinéma du réel 2011 – Paris]
A Andé, le 30 novembre 2011 à 19h30, c’est la question de la fermeture d’une usine et de la perte d’emploi (une problématique que nous connaissons bien dans la région…) à travers un autre film d’Ariane Doublet : “Les sucriers de Colleville”.

La commission Energie d’#EELV publie une note d’information suite aux déclarations de M. Henri Proglio dans un article du Parisien le 9 novembre 2011

Les déclarations de M. Proglio dans l’interview publiée le 9 novembre 2011 dans Le Parisien appellent des réponses détaillées. Le patron d’EDF n’hésite pas à déformer la réalité et à manipuler les chiffres pour défendre une énergie à l’agonie. Le débat sur l’avenir énergétique de la France mérite mieux que cela.

1. Concernant les emplois et le nucléaire

M. Proglio agite la crainte de la perte d’emploi par des mensonges objectivement indéfendables. C’est la transition énergétique avec sortie du nucléaire qui est source d’emplois (+ 500 000 emplois nets au moins), pas l’inverse.
Le Parisien titre : « Sortie du nucléaire : ‘un million d’emplois mis en péril’ selon le PDG d’EDF ».
M. Proglio affirme en effet :
« une telle décision [sortir du nucléaire, ndlr] menacerait 400.000 emplois directs et indirects de la filière nucléaire, 500.000 emplois dans les entreprises actuellement localisées en France et très gourmandes en énergie, comme l’aluminium, qui risquerait de partir à l’étranger. Il faut y ajouter 100.000 emplois futurs provenant du développement du nucléaire mondial à partir de la France. Au total, 1 million d’emplois seraient mis en péril et cela coûterait entre 0,5 et 1 point de PIB. Rien de tout cela n’est inimaginable. »
M. Proglio annonce 1 million d’emplois perdus, en mélangeant emplois nucléaires directs, indirects et induits, emplois industriels, hypothétiques emplois futurs pour le développement à l’étranger.
1.1. Emplois nucléaires directs, indirects et induits
D’après une étude du cabinet PriceWaterhouse réalisé pour AREVA, voici la structure de l’emploi relative au nucléaire en France :
Emplois directs (Activité spécialisée dans le nucléaire) 125 000
Emplois indirects (Sous-traitants) 114 000
Emplois induits (Dépenses des employés du nucléaire (directs et indirects) créant une fraction d’emploi) 171 000
Total 410 000
Les emplois induits correspondent aux emplois alimentés par les dépenses des employés du nucléaire et des employés des sous-traitants du nucléaire (par exemple, le boulanger d’une commune abritant une centrale). Leur inclusion dans ce calcul fausse le débat puisque les emplois induits ne dépendent pas d’une technologie donnée (le nucléaire, le charbon, l’éolien …). Ils seraient aussi induits par d’autres types d’activités (production d’énergies renouvelables, rénovation du bâti, etc.).
S’il y a des emplois indirects dans le nucléaire (environ 1 emploi indirect pour 1 emploi direct), il en va de même pour les énergies renouvelables, avec un ratio similaire ou supérieur.
Afin de réaliser une comparaison intellectuellement honnête, comparons l’état des emplois directs en France et en Allemagne dans le nucléaire et dans les énergies renouvelables :
  • en France, 239 000 personnes sont employées directement et indirectement dans la filière nucléaire (qui représente 75% de la production d’électricité) ;
  • en Allemagne, les énergies renouvelables électriques représentent déjà aujourd’hui 370.000 emplois directs et indirects (pour une part de 20% de la production d’électricité).
Production 2010 (GWh) Emplois Ratio Emploi/GWh
Nucléaire France 428 000 239 000 0.6
Renouvelables Allemagne 103 000 370 000 3.6
Il suffit de regarder le tableau pour se rendre compte que par GWh produit, les EnR sont nettement plus génératrices d’emploi. La différence entre les ratios emploi/énergie produite entre le nucléaire français et les renouvelables en Allemagne est d’un facteur 6. Les renouvelables en Allemagne créent six fois plus d’emploi que le nucléaire français, par unité d’énergie produite.
1.2. Les « 500 000 emplois industriels »
M. Proglio trouve une potentielle destruction de « 500 000 emplois » à cause d’une augmentation du prix de l’énergie.
L’argument de la baisse de compétitivité en cas de sortie du nucléaire ne tient pas : en Allemagne, le prix de l’électricité est plus élevé et pourtant le tissu industriel allemand est bien plus solide que l’industrie française… et l’outil industriel allemand est également plus moderne, plus électrifié mais de manière plus performante et plus économe.
Les chiffres ne trompent pas, là encore : d’après la base de donnée STAN de l’OCDE, il existait au total 1,5 fois plus d’emplois industriels en Allemagne qu’en France en 2007 (dernières données). Mais surtout, ce ratio est plus élevé dans tous les secteurs électro-intensifs : 2,1 fois plus d’emplois dans le papier, 3,7 dans la chimie hors pharmacie, 2,5 dans l’acier, 3,9 dans les métaux non ferreux…
D’autre part, M. Proglio n’est pas à une contradiction près puisqu’il affirme lui-même que le prix de l’électricité devra augmenter même si la France reste dans le nucléaire (cf. infra).
Ainsi, pour EELV, ce ne pourrait être une électricité moins chère qui sauverait la compétitivité de l’industrie française dans un environnement hautement concurrentiel. Il faut au contraire miser sur l’innovation dans les process et sur l’efficacité énergétique de la production. Comme pour les ménages, miser sur les économies d’énergie est la seule voie d’avenir : les gisements d’économies sont connus et ils sont rentables. De plus, les énergies renouvelables ainsi que la maîtrise de l’énergie constituent de formidables opportunités pour l’industrie française, aussi bien pour son marché intérieur qu’à l’export.
1.3. Emplois liés à l’exportation du nucléaire
En ce qui concerne les 100.000 emplois qui proviendraient, selon M. Proglio, du futur développement du nucléaire à l’étranger, le chiffre est grossièrement exagéré et mensonger. Dans le meilleur des cas (sur la base d’une hypothèse extrêmement favorable, eu égard au peu de pays qui s’intéressent à l’EPR), seule la conception aura en partie lieu en France, la construction et l’exploitation se faisant évidemment sur place. Ainsi, quelques centaines d’ingénieurs au maximum seront concernés.
Sans compter qu’à l’échelle internationale, la « renaissance du nucléaire » reste très largement une fiction, d’autant plus que les marchés les plus prometteurs (Chine, Inde, Russie) font tout pour maîtriser eux-mêmes la filière industrielle, laissant peu de place aux industriels français. Il suffit pour s’en convaincre d’écouter les dernières déclarations des responsables indiens sur le nucléaire.
1.4. Avenir des emplois nucléaires
De manière plus générale, la transition énergétique (avec sortie progressive du nucléaire et des énergies fossiles) créera bien plus d’emplois qu’elle n’en détruirait (cf. infra). Les difficultés de reconversion des employés du nucléaire sont également réduites pour deux raisons :
  • d’une part, la pyramide des âges de l’emploi de la filière (EdF, Areva, principalement) fait état d’un départ à la retraite massif d’ici 2020 (+ de 40%, plus de 50% pour les seuls employés du nucléaire d’EDF, selon M. Proglio) ;
  • d’autre part, ces emplois sont constitués essentiellement de cadres (environ 60% pour AREVA et EDF, un peu moins pour les entreprises de sous-traitance), qui pourraient facilement se reconvertir dans des secteurs annexes les énergies renouvelables et la MDE.
Il ne s’agit en aucun cas de « tuer » la filière nucléaire. Même en cas de sortie, celle-ci aura encore pour longtemps besoin de nombreux emplois qualifiés, que ce soit pour l’exploitation et la maintenance ou encore pour le développement d’un pôle d’excellence en matière de gestion des déchets et de démantèlement des réacteurs. Cette excellence, d’ailleurs, sera prisée au niveau international tant l’expertise manque crucialement.
Au-delà des chiffres, il faut s’interroger sur la nature des emplois du nucléaire. La France se caractérise en effet par un système de sous-traitance en cascade, avec jusqu’à 7 niveaux de sous-traitance et une protection des travailleurs qui diminue d’autant (« la viande à rem »). Ce système a été de nombreuses fois remis en cause par l’ASN et les syndicats de la filière (comme l’illustrent les grèves récentes).
En cas de sortie comme de maintien du nucléaire, il paraît donc urgent de s’assurer que ce phénomène de sous-traitance soit davantage limité et que la protection des travailleurs du nucléaire soit garantie à tout moment.
1.5. Transition énergétique et emplois
La transition énergétique créerait de manière nette au minimum plus de 500 000 emplois d’ici 2020 :
  • de l’ordre de 300 000 emplois dans la rénovation du bâti (hypothèse de 900 000 logements rénovés par an en 2020) ;
  • au moins 300 000 emplois dans les énergies renouvelables (en 2020 : 40% d’électricité renouvelable et 40% de chaleur renouvelable) .
Cela s’explique simplement parce que le contenu en emplois des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique est bien plus élevé que pour le nucléaire ou que pour les énergies fossiles, pour un coût qui est ou sera prochainement très comparable.

2. Sur le « coût » des scénarios électriques

M. Proglio affirme qu’ « En France, cela [la sortie du nucléaire, ndlr] impliquerait aussi un investissement de 400 milliards d’euros pour remplacer le parc existant par des moyens de production alternatifs, ce qui se traduirait par un doublement de la facture d’électricité. »
En préalable, il convient de souligner qu’il faut distinguer « investissements » et « prix de l’électricité », souvent confondus sous le terme de « coût ».
2.1. Investissements
Le chiffre de 400 milliards d’euros avancé par M. Proglio repose très certainement sur l’étude de l’Union Française de l’Electricité (association des producteurs d’électricité), sortie lundi 7 novembre.
Là encore, M. Proglio tient un raisonnement d’une malhonnêteté intellectuelle incroyable.
En effet, M. Proglio oublie de dire que, selon la même étude, le scénario d’un maintien dans le nucléaire implique un investissement de 300 Mds€ d’ici 2030.
Donc, sur la base d’une étude pourtant réalisée pour le compte du lobby nucléaire, la différence entre rester et sortir ne s’élève qu’à 100 Mds€, soit un surcoût de seulement 33% par rapport au scénario d’un maintien dans le nucléaire ou encore quatre fois moins que ce que soutient M. Proglio, qui confond à dessein investissements et surcoûts.
Surtout, cette étude de l’UFE est très contestable, notamment du fait que les hypothèses retenues quant à l’efficacité énergétique sont d’un extrême pessimisme (ce qui n’est pas étonnant s’agissant d’une étude commandée par les électriciens, dont EDF et GDF-Suez, toutes deux largement impliquées dans le nucléaire ). De plus, en reportant la question du remplacement des réacteurs actuels par de nouvelles centrales (supposées plus sûres mais surtout plus chères) à une date ultérieure, l’analyse fausse quelque peu le chiffrage, puisque les coûts augmenteront de ce fait considérablement après 2030 dans le scénario de maintien massif du nucléaire pour financer ces nouvelles constructions.
Une étude sur le même sujet, réalisée par Benjamin Dessus, arrive à la conclusion que la sortie du nucléaire impliquerait des investissements de 10 à 15% inférieurs au maintien du nucléaire (soit 50 à 100 Mds€), pour un total investi du même ordre de grandeur que dans l’étude de l’UFE (autours de 500 Mds€ en 2030).
En conclusion, toutes les études prospectives – y compris celles pilotées par le lobby nucléaire – montrent qu’il faudra investir à peu près autant pour le maintien que pour la sortie du nucléaire. Selon les études, la différence entre les deux cas de figure varie peu dans un sens ou dans l’autre (+ ou – 25%). En revanche, l’incertitude liée au coût du nucléaire est bien plus importante que l’incertitude liée aux EnR, sans évoquer le risque d’un accident majeur et les dégâts humains, matériels et environnementaux associés.
2.2. Facture pour les ménages
De même, sur le coût de l’électricité pour les ménages, M. Proglio confond à dessein prix de vente et facture.
M. Proglio affirme que sortir du nucléaire « se traduirait par un doublement de la facture d’électricité ». Cette analyse repose probablement toujours sur l’étude de l’UFE citée précédemment.
Il fait une comparaison relative en 2030 : selon lui, par rapport à aujourd’hui, l’augmentation serait de 33% en cas de maintien du nucléaire, 65% en cas de sortie.
Ce faisant, M. Proglio reconnaît en réalité qu’il faut prévoir une augmentation du prix de vente unitaire (€/kWh) de l’électricité quel que soit le scénario. Les écologistes ne peuvent que s’accorder avec lui sur ce point.
En revanche, la conclusion qu’EELV tire de cet état de fait est tout à fait différente de celle des producteurs d’électricité. Au lieu de réfléchir en termes de prix unitaire (le kWh), il convient de réfléchir en termes de facture réelle des ménages, c’est à dire le prix unitaire multiplié par la quantité consommée…
Pour agir sur la facture, il est nécessaire de réaliser des économies d’énergie, ce que les électriciens n’envisagent pas sérieusement. Cela s’explique peut-être par le fait que les économies d’énergie sont structurellement beaucoup plus difficiles dans un système basé sur le nucléaire, pour des motifs liés à la centralisation de la production, à l’existence de conflits d’intérêts ou encore à une production en base ne correspondant pas aux besoins. Or, les économies d’électricité ont la particularité d’être très rentables.
Une preuve en est qu’en Allemagne, un ménage consomme 25% de moins d’électricité qu’un ménage français (hors chauffage afin que la comparaison soit honnête) pour un même confort.
Si on envisage sérieusement une transition énergétique, c’est-à-dire en incluant des économies d’énergie –contrairement à l’étude de l’UFE-, la conclusion est que la facture finale des ménages et des entreprises sera plus faible d’au moins 10% en cas de sortie du nucléaire par rapport au maintien du nucléaire (étude B. Dessus).

3. Les émissions de gaz à effet de serre et la sortie du nucléaire

La sortie du nucléaire de l’Allemagne (ou de la France) va-t-elle conduire à une augmentation des émissions de gaz à effet de serre ? M. Proglio affirme « D’abord, cela augmenterait probablement de 50% les émissions de gaz à effet de serre à cause de l’utilisation du charbon, du gaz et du pétrole pour remplacer le nucléaire. C’est ce que fait l’Allemagne. »
La mauvaise foi de M. Proglio est évidente.
En effet, comme M. Proglio le sait parfaitement, le secteur de l’électricité est sous contrainte des « permis d’émission » européens (quotas carbone), comme une grande partie du secteur industriel.
Quel que soit le choix du mode de production électrique, le nombre de quotas européen reste fixe. Le système de quotas fonctionne donc comme des vases communicants : si certains secteurs peuvent émettre plus, d’autres doivent réduire leurs émissions, à quantité totale de quotas égale. Ainsi, si les électriciens veulent émettre plus pour produire l’électricité, ils devront acheter des quotas à d’autres industriels qui eux réduiront leurs émissions. Cette demande aura un effet à la hausse sur les prix des quotas, favorisant ainsi l’innovation dans les réductions d’émissions.
En revanche, d’un point de vue environnemental, strictement aucun effet ne peut être observé.
L’Allemagne s’est engagée sur un objectif de 40% de réduction de ses émissions de GES en 2020 (la France s’en tient à un objectif de 20%) qu’elle n’a pas remis en question avec la décision de sortie du nucléaire.
En réalité, la question de la réduction des émissions de gaz à effet de serre est bien plus large que la question électrique… D’ailleurs, si tel n’était pas le cas, la France ne devrait pas avoir de problèmes d’émissions de gaz à effet serre, avec 75% de nucléaire. Or, l’empreinte carbone par habitant de la France est du même ordre de grandeur que les pays n’ayant pas de centrale nucléaire. On le voit, l’industrie du nucléaire s’est emparée de la question du climat comme d’une bouée à des seules fins de communication : le changement climatique mérite bien mieux.
De plus, il ne faut pas oublier que tout effort de maîtrise de l’énergie, notamment dans la rénovation des bâtiments, conduit à une baisse des besoins non seulement en électricité, mais aussi en énergies fossiles (gaz, fioul), réduisant d’autant les émissions de gaz à effet de serre.

4. L’EPR de Flamanville

4.1. L’EPR : une catastrophe industrielle
Le coût actuel estimé de l’EPR a été revu à la hausse, pour un total de 6 Mds€ aujourd’hui, dont environ 3 Mds€ resteraient à dépenser. On remarquera que M. Proglio ne s’engage pas à ce qu’il n’y ait pas de nouvelle augmentation et ne donne aucun élément chiffré sur cette question.
Concernant le coût de production de l’électricité à la sortie de l’EPR, celui-ci peut être évalué (en prenant comme hypothèse – très incertaine – l’absence de surcoût supplémentaire : frais financiers, R&D, malfaçons etc.) au minimum de 75 à 80€/MWh.
L’éolien produit actuellement à ce coût. Dès lors, il est clair que le nucléaire de l’EPR n’est pas plus compétitif que les EnR.
De même, le prolongement des centrales existantes nécessiterait des investissements considérables (au moins 1 Md€ par réacteur uniquement pour la remise à niveau suite au retour d’expérience de Fukushima.
Au surplus, ces coûts n’incluent pas, bien sûr, le coût réel du traitement des déchets (y compris pendant plusieurs milliers d’années), le coût réel du démantèlement (l’unique tentative à Brennillis a vu son coût multiplié par 20 depuis 25 ans sans résultat définitif pour l’instant), l’assurance en cas d’accident majeur (y compris suite à des actes de malveillance ou un attentat), coût de la prolifération nucléaire, les efforts considérables de R&D publique payés intégralement par les contribuables, etc.
4.2. Faut-il poursuivre la construction ?
Rappelons que les trois autorités de sûreté nucléaire britannique (HSE), finlandaise (STUK) et française (ASN) ont fait une déclaration commune le 2 novembre 2010 relative un problème de conception de l’EPR. Depuis, aucune de ces trois autorités n’a encore approuvé le nouveau système proposé par EDF et AREVA. D’une manière générale, rappelons que la conception de l’EPR a été réalisée dans les années 1990, et qu’elle laisse grandement à désirer sur de nombreux points : pas de résistance à un accident ou attentat d’avion, pas de protection importante de la piscine de stockage du combustible (facteur de vulnérabilité majeur révélé par l’accident de Fukushima), etc.
Au-delà de la conception, de nombreux « écarts et faiblesses » sur le chantier de Flamanville ont été reprochés à EDF par l’ASN.
En tout état de cause, le système français impose qu’une autorisation soit accordée par l’ASN après la fin du chantier. Ainsi, avant toute mise en service, il faudra que l’ASN donne une autorisation de sûreté, qui sera le résultat d’une analyse croisée entre la conception et la réalisation.
Sauf à préjuger de la décision de l’ASN, il existe donc un risque non négligeable, au regard des écarts de construction et de problèmes de mauvaise conception, que les investissements à venir (plus de 3Mds€) soient réalisés en pure perte.
4.3. EPR, sûreté et service public de l’électricité
On peut lire dans l’audit réalisé par EDF à la suite de l’accident de Fukushima que la fusion du cœur de l’EPR aurait lieu au bout de quelques heures, soit au même rythme que les réacteurs actuels (dits de deuxième génération). De plus, le confinement (absence de rejets massifs) tiendrait trois jours pour l’EPR, alors qu’il tiendrait de un à trois jours pour les anciens réacteurs.
Force est donc de constater que l’EPR dit de « troisième génération » ne présente pas de différence réelle avec ses homologues plus anciens en termes de sûreté.
Bien au contraire, M. Proglio déclare qu’« en cas d’accident, l’entreprise [le service public EDF, ndlr] n’y survivrait pas. »
Puisque rien ne permet de considérer que le nucléaire de demain sera véritablement plus sûr, M. Proglio annonce donc que le maintien dans le nucléaire correspond à continuer comme aujourd’hui, avec les mêmes risques d’accident majeur, doublés du risque d’une faillite du service public de l’électricité en France.
4.4. Exportations des EPR
M. Proglio affirme : « Nous construisons deux EPR en Chine et nous allons en construire deux autres en Grande-Bretagne. »
Ceci est totalement faux.
Si deux EPR sont effectivement en construction en Chine, le programme nucléaire au Royaume-Uni est en revanche suspendu. Il l’a été, ironie, à l’initiative d’EDF qui estime ne pas avoir suffisamment de garantie de la part du gouvernement britannique que le nucléaire bénéficiera de subventions étatiques suffisantes… comme les renouvelables. Le comble pour une technologie supposée mature et très compétitive !

5. Fukushima

M. Proglio déclare : « Mon propos n’est pas de minimiser l’accident nucléaire. Si la centrale a résisté au tremblement de terre, c’est bien le tsunami qui a coupé les sources de refroidissement provoquant le réchauffement puis la fusion des cœurs de la centrale. »
Encore une fois, M. Proglio n’est pas sérieux. Les dernières études sur les rejets causés par l’accident de Fukushima ont en effet montré que les premiers rejets massifs ont eu lieu avant l’arrivée du tsunami. Autrement dit, l’accident nucléaire majeur a commencé avec le tremblement de terre, et s’est aggravé avec le tsunami.

6. Compétitivité du nucléaire et des énergies renouvelables

Les dépenses publiques de recherche et développement relatives à l’énergie dans les pays membres de l’Agence internationale de l’énergie (pays occidentaux), entre 1974 et 2002, se sont orientées :
  • à 58% (170 Mds$) vers le nucléaire ;
  • à 8% (23.5 Mds$) vers l’efficacité énergétique ;
  • à 8% vers l’ensemble des technologies en matière d’énergies renouvelables.
Dans ce contexte, comparer les coûts de déploiement actuels du nucléaire et des renouvelables ou de l’efficacité énergétique n’est pas équitable ; pourtant, l’analyse sur l’EPR faite ci-avant montre que les résultats sont d’ores et déjà défavorables au nucléaire.
En effet, malgré les efforts continus et massifs de R&D, le nucléaire est l’une des seules technologies dont la « courbe d’apprentissage » est croissante : le coût de production augmente à chaque nouvelle technologie (pour des raisons de sûreté évidentes (cf. le cas de l’EPR)), alors que c’est l’inverse pour les énergies renouvelables.
Par exemple, sur les six premiers mois de l’année 2011, le coût d’installation du photovoltaïque a chuté de 20% ; cette technologie atteindra probablement la compétitivité sans plus besoin d’aides publiques en France à partir de 2015.

7. Prolongation des centrales

M. Proglio parle d’un prolongement de la durée de vie des centrales à 70 ans, notamment aux Etats-Unis :
« Les centrales étaient initialement prévues pour durer 40 ans. Un peu partout dans le monde, les pouvoirs publics ont pris la décision d’étendre cette durée de vie. Aux Etats-Unis par exemple, elles ont été prolongées jusqu’à 70 ans et on parle même de les prolonger de 10 voire 20 ans de plus. En France, on parle de 60 ans. Il faut savoir que dans une centrale tous les équipements ont vocation à être remplacés, optimisés ou modernisés. Elles n’ont plus rien à voir aujourd’hui avec ce qu’elles étaient il y a trente ans. »
Il est permis de s’interroger sur les sources de M. Proglio ; en effet, contrairement à ce qu’il affirme, les autorisations maximales d’exploitation de centrales sont de 60 ans aux Etats-Unis. Ces autorisations ont été accordées pour des centrales qui ont aujourd’hui moins de 40 ans. De plus, la procédure américaine n’étant pas similaire à la procédure française, une autorisation de prolongement de 40 à 60 ans obtenue dans le cadre du programme d’extension de vie (PLEX) ne vaut pas forcément prolongation dans la réalité. En effet, il s’agit simplement d’un accord de principe avec des vérifications ultérieures pouvant aboutir à une mise à l’arrêt anticipée.
En tout état de cause, EELV estime qu’il est tout simplement irresponsable, compte-tenu de la gravité incommensurable des risques en jeu, de « jouer avec le feu nucléaire » de telle sorte.
Mais surtout, la plus vielle centrale en fonctionnement dans le monde actuellement est âgée de 45 ans. La plus vieille qui ait jamais fonctionné a été fermée à l’âge de 46,5 ans. Autrement dit, il n’existe pas de retour d’expérience dans le monde sur une centrale d’un âge supérieur à 47 ans de fonctionnement.
Dans ces conditions, laisser entendre qu’il existe des centrales approchant les 70 ans confine au ridicule : elles auraient dû ouvrir en 1941, avant même l’explosion de la première bombe atomique !
De plus, les centrales françaises ont été initialement conçues pour 30 ans de durée de vie, et non 40 ans comme M. Proglio l’affirme. Pour atteindre l’âge de 40 ans, il leur faudra donc obtenir une autorisation de prolongation, ce qui n’est pas garanti contrairement à ce que M. Proglio laisse entendre (de manière paradoxale, il le reconnaît lui-même ailleurs : « La tranche numéro 1 de Fessenheim a passé avec succès l’audit de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) qui a autorisé sa prolongation pour dix ans. J’espère que l’avis de l’ASN sera de même nature pour la tranche numéro 2. »). Dès lors, prétendre atteindre 60 ans et a fortiori 80 ou 90 ans, en France ou aux Etats-Unis, relève de la pure spéculation que seuls les exploitants de centrales ont intérêt à avancer.
Enfin, dernière inexactitude : toutes les pièces d’une centrale ne peuvent être remplacées ou modernisées. Certains éléments, au cœur du système, sont d’origine et le resteront, ce qui pose des problèmes de faisabilité pour certains travaux de réhabilitation.
A titre d’exemple, l’Autorité de Sûreté Nucléaire a formulé une condition pour la prolongation de la durée de vie du 1er réacteur de la centrale de Fessenheim, qui consisterait à renforcer la dalle de béton en dessous du cœur de réacteur (pour éviter que d’éventuelles fuites contaminent le Rhin). Or, dès lors qu’il est impossible d’enlever le cœur de réacteur, un tel renforcement apparaît impossible. Il en va de même pour les cuves de réacteurs, sur lesquelles des travaux de réhabilitation peuvent uniquement s’attaquer à des défauts mineurs (microfissures dans l’acier). En cas de défaut majeur, une telle réparation, ou le remplacement de la cuve, paraît impossible.

8. Risque de black-out et indépendance énergétique

M. Proglio affirme :
« En toute hypothèse, la France ne manquera pas d’électricité cet hiver (….). Nous avons été exportateur d’électricité l’an dernier, nous le serons encore cette année. (…) La France est l’un sinon le seul pays européen à avoir assuré son indépendance énergétique grâce à sa production nucléaire. S’y ajoute des moyens de production complémentaires, comme les énergies renouvelables qui sont et resteront encore un moment marginales pour des raisons de compétitivité. Nous n’avons donc pas de besoins d’importation de pays étranger quel qu’il soit, aussi bien l’Allemagne que l’Italie, l’Espagne ou tout autre. Cela n’exclue en revanche pas, mais pour des raisons strictement liées à l’optimisation, que nous puissions à certains moments bien précis, comme les heures de pointe par exemple, exporter et importer en même temps. »
L’argument selon lequel France serait indépendante au plan énergétique est proprement scandaleux, pour de multiples raisons :
  • la France importe la totalité de son uranium, étant ainsi dépendante de ressources extérieures ;
  • si la France était réellement indépendante, la facture des importations énergétiques françaises ne s’élèverait pas en 2011 à environ 70 milliards d’euros, soit autant que le déficit commercial de la France. Le lobby nucléaire joue sur l’amalgame commun entre « électricité » et « énergie » : rappelons que l’électricité ne représente que 24% de l’énergie finale consommée en France… Le nucléaire ne nous est par conséquent d’aucun secours pour 76% de l’énergie consommée ;
  • le nucléaire n’a pas permis de réduire la dépendance au pétrole de la France (la consommation annuelle moyenne par habitant de produits pétroliers était en 2009 de 1.06 Tonne Equivalent Pétrole en France, contre seulement 1.01 en Allemagne, 0.99 au Royaume-Uni et 0.92 en Italie) ;
  • sur le système électrique (M. Proglio confond toujours à dessein « électrique » et « énergétique »), la France demeure étroitement dépendante des imports/exports, notamment en période de « pic de consommation » du fait du chauffage électrique (lui-même développé à grande échelle pour écouler le surplus de production nucléaire). Au cours de ces périodes de pic (matin et soir), elle doit donc importer massivement de l’électricité (au moment même où le tarif est le plus élevé du fait de l’appel de puissance instantané).
Dans son rapport cité par M. Proglio, remis le 9 novembre11, RTE affirme que :
« des importations pourraient s’avérer nécessaires en novembre et décembre pour couvrir la consommation d’électricité en France et satisfaire les critères techniques de sécurité du réseau de RTE. »
La puissance potentielle d’importation nécessaire pourrait s’élever à 9000 MW dans les conditions les plus défavorables, soit l’équivalent de 10 réacteurs.
En outre, RTE estime depuis plusieurs années que le problème de la rupture d’approvisionnement en raison de l’augmentation régulière du phénomène de pointe électrique est le risque majeur pour le système électrique français, avant même la question de l’intermittence des énergies renouvelables.
A l’inverse, des analystes annonçaient la semaine dernière que l’Allemagne, malgré son choix de fermer ses centrales nucléaires, ne craint pas le black-out, contrairement aux affirmations des exploitants de centrales nucléaires outre-Rhin.
Il est vrai que la France est exportatrice nette d’électricité ; toutefois, elle vend de l’électricité à faible valeur ajoutée et importe de l’électricité à haute valeur ajoutée. De plus, les importations ont explosé ces dernières années et le solde import-export s’est effondré (voir le Bilan 2010 de RTE).

CONCLUSION

EELV demande que le débat relatif à l’avenir énergétique de la France soit enfin mené : d’autres stratégies que celle des écologistes peuvent être envisagées et débattues.
En revanche, il est impossible de construire un échange démocratique serein et éclairé dès lors que l’une des parties s’autorise à manipuler les données.
EELV appelle la presse à jouer son rôle de vérification des faits afin de permettre l’émergence d’une discussion constructive sur l’avenir énergétique, environnemental, économique et social de la France et de l’Europe.

Denis Baupin et Hélène Gassin, élus EELV, répondent au patron d’EDF, Henri Proglio

Le PDG d’EDF, Henri Proglio, affirme au cours d’un entretien paru dans le Parisien, que la sortie du nucléaire coûterait 1 million d’emplois.
“[…] une telle décision menacerait 400.000 emplois directs et indirects de la filière nucléaire, 500.000 emplois dans les entreprises actuellement localisées en France et très gourmandes en énergie, comme l’aluminium, qui risquerait de partir à l’étranger. Il faut y ajouter 100.000 emplois futurs provenant du développement du nucléaire mondial à partir de la France. Au total, 1 million d’emplois seraient mis en péril et cela coûterait entre 0,5 et 1 point de PIB. Rien de tout cela n’est inimaginable. Techniquement, c’est faisable et on peut très bien choisir de le faire, voilà ce que cela impliquerait.”
Denis Baupin et Hélène Gassin, élus Europe Ecologie Les Verts, lui répondent :
La fébrilité du lobby nucléaire franchit un nouveau stade. Dernier exemple en date, l’édition du 9 novembre du Parisien donne une tribune au patron d’EDF. Jamais avare d’approximations, M. Proglio avance des chiffres sans commune mesure avec la réalité et les études existantes. Il prétend ainsi qu’un million d’emplois seraient condamnés par une sortie du nucléaire. Plus c’est gros…
Rétablissons la vérité des chiffres: le nucléaire aujourd’hui en France, c’est 100.000 emplois directs et 300.000 emplois indirects, soit 400.000 emplois, chiffre cité par le patron d’EDF. Mais en plus, M. Proglio invente 500.000 délocalisations d’emplois sorties du chapeau et qui ne sont étayées par aucune démonstration ou étude sérieuse. Pour faire bonne figure, il ajoute 100.000 «futurs» emplois à l’export qui ne seraient pas créés, sans doute pour atteindre le chiffre symbolique du million.
Ce que montrent les exemples étrangers de sortie du nucléaire est strictement inverse. D’une part, les emplois directs seront préservés sur une longue période dans le cadre d’une sortie progressive du nucléaire. Il y a un avenir pour les salariés du nucléaire dans une hypothèse de sortie: il faudra gérer les centrales en fin de vie, démanteler le parc, garantir la sécurité des installations et de l’héritage radioactif que la politique énergétique française passée et actuelle lègue pour des milliers d’années, et notamment traiter et stocker les déchets. Or cela nécessite non seulement de préserver les emplois, mais aussi de former de nouveaux salariés.
D’autre part, et l’exemple allemand le prouve largement, sortir du nucléaire, c’est entrer dans une économie d’efficacité énergétique, et faire émerger enfin des modes de production d’énergie réellement respectueux de l’environnement. Et cela représente la bagatelle de 600.000 emplois à créer, dans la filière des énergies renouvelables et du bâtiment notamment. Donc, en regardant la réalité en face, sortir du nucléaire, c’est créer de l’emploi en France, qui plus est non délocalisable !
Reconnaissons malgré tout à M. Proglio l’honnêteté d’avouer implicitement que le modèle nucléaire dépérissant un peu partout dans le monde, les hypothèses largement surévaluées de création de 100.000 emplois pour l’exportation atomique se révèlent totalement caduques. La responsabilité n’en revient pas aux seuls écologistes, mais aussi aux gouvernements et peuples du monde entier qui ont tiré les leçons de Fukushima. Il y a par contre un domaine où la France pourrait encore devenir leader mondial si elle le décidait, celui de la constitution d’une filière d’excellence dans le démantèlement.
La seule véritable démonstration de cet entretien est qu’EDF n’a pas anticipé les changements mondiaux. De nombreux pays dans le monde, comme nos plus proches voisins, ont décidé de sortir du nucléaire. Ils vont en connaître les bénéfices pour leur développement industriel et la dynamique de l’emploi localement. Le train du développement énergétique soutenable pour la planète a commencé à avancer sans nous, et plutôt que de chercher à le rattraper, les nucléocrates de tout bord veulent nous faire rester à quai. Il n’est pas trop tard pour nous tourner vers l’avenir.
Denis Baupin (EELV), maire adjoint de Paris chargé du développement durable, de l’environnement et du plan climat
Hélène Gassin (EELV), vice-présidente de la région Île-de-France chargée de l’environnement, de l’agriculture et de l’énergie.

Le progrès aujourd’hui, c’est de sortir du nucléaire

“S’accrocher au nucléaire, c’est comme s’accrocher au Minitel alors qu’il y a Internet”

(Eva Joly, de retour de Fukushima, le 24 octobre 2011)

Aujourd’hui, tout autour de nous, des démocraties européennes prennent la décision politique de sortir du nucléaire : d’abord l’Allemagne en mai 2011, puis la Suisse et l’Italie en juin. Et depuis dimanche, le 30 octobre 2011, c’est au tour de la Belgique de prendre cet engagement historique.

En période de crise, avons-nous les moyens de sortir du nucléaire ?

L’Allemagne, la première puissance d’Europe, est en train de le prouver : “La révolution énergétique accélère la sortie de crise”. La révolution énergétique est bien une révolution industrielle. Si en 1999, les Allemands avaient la même consommation par habitant que les Français, ils consomment aujourd’hui 28 % d’électricité de moins que les consommateurs français. Cela passe par une meilleure isolation des bâtiments, une meilleure efficacité des appareils électriques, et une politique tarifaire privilégiant les économies d’énergie.
Les consommateurs allemands sont parvenus au même budget que les français, avec un tarif plus élevé qui leur permet d’investir dans le développement des énergies renouvelables. C’est un formidable débouché d’emplois, durables et non-délocalisables. C’est un pari industriel pour une nation qui a décidé d’investir et d’exporter les nouvelles technologies liées au renouvelable.
En dix ans, depuis que la loi allemande garantit aux producteurs d’énergies renouvelables un tarif d’achat préférentiel, 300.000 emplois ont été créés dans le secteur. Aujourd’hui Siemens, par exemple, investit des milliards dans le renouvelable.
En France, c’est l’inverse qui se produit depuis 2008, depuis que le gouvernement a d’abord décidé de baisser le prix de rachat de l’électricité solaire photovoltaïque, puis de réduire de moitié le crédit d’impôt (ramené à 25%) accordé pour l’installation de panneaux solaires par la loi de finances de 2011, et enfin de décréter un moratoire en décembre 2010.
Franck Le Borgne, gérant de la société One Networks Energies, spécialisée dans l’installation de panneaux photovoltaïques, – qui en juillet 2011 est devenu le porte-parole des victimes des volte-face du gouvernement en matière d’énergie photovoltaïque en menant une grève de la faim -, s’insurge : « On nous a dit que les tarifs étaient trop élevés et qu’il fallait remettre à plat la filière. Le résultat, c’est qu’après nous avoir encouragés dans ces technologies innovantes, le gouvernement a obligé des dizaines d’entreprises à mettre la clé sous la porte ». L’association « Touche pas à mon panneau solaire » considère qu’une société sur deux serait affectée par les effets du moratoire, entraînant le licenciement de 14 000 personnes !

Sortie du nucléaire nous coûtera cher. Et pourtant cela coûtera bien moins cher que de s’accrocher à cette vieille technologie.

Il faut le comparer, comme le fait très justement le physicien Bernard Laponche, avec le coût du maintien du nucléaire. Les coûts seraient équivalents (lire le limpide “En finir avec le nucléaire : pourquoi et comment” paru en octobre 2011)
Il restera de toute façon la question du démantèlement, de la gestion des déchets, et plus que tout, le coût inassurable du risque d’accident majeur. C’est à l’Etat, au contribuable, et à la population qu’il reviendra alors de prendre en charge ce coût, incalculable, d’un accident majeur : “Ce coût cumule en effet des coûts de vie humaine et de santé, des coûts de stérilisation de surfaces agricoles, des coûts d’atteinte à la biodiversité, des cous industriels, etc., qu’il n’est pas simple de déterminer sans conteste.”
“Les scénarios de sortie du nucléaire par contre, ne supportent que les aléas économiques beaucoup plus faibles de l’apprentissage industriel des filières de production d’électricité renouvelable ou d’économie d’électricité.”
“S’affranchir du nucléaire au profit de l’économie d’électricité et des renouvelables ne revient donc pas à lâcher la sécurité économique, comme on le croit souvent, mais bien au contraire à réduire les marges de risque économique et financier pour les décennies qui viennent.
“Finalement, concluent Bernard Laponche et Benjamin Dessus (ingénieur et président de l’association de scientifiques Global Chance), contrairement à ce que l’on pourrait croire, les scénarios de poursuite du nucléaire présentent plus d’aléas économiques et financiers que les scénarios de sortie du nucléaire.”
Le mythe de l’électricité en abondance et bon marché est en train de s’éloigner du quotidien des français. Comme le mythe de la sécurité des installations nucléaires, qui a volé en éclats à Fukushima. Bien entendu, tous les écologistes font de ce thème un enjeu phare.
C’est désormais une vision qui est partagée par des pays de plus en plus nombreux : Le Japon dans les conditions terribles de la catastrophe qui le ruine et laisse le pays dévasté pour des décennies. L’Allemagne sort du nucléaire, l’Italie sort du nucléaire, et maintenant c’est au tour de la Belgique de sortir. C’est une responsabilité historique qui est prise par les gouvernements et les populations, qui voient là l’occasion de sortir par le haut et d’investir dans un, dans LE secteur d’avenir.

M-Real : élus, militants et habitants venus en nombre pour tenter de sauver l’entreprise in-extremis.

Des écharpes tricolores en pagaille, au milieu des drapeaux rouges, et de moins nombreuses, mais bien présentes, écharpes vertes. Les élus sont-ils venus chanter le chant du cygne ? M-real peut-il encore être sauvé ?
“En 2000, il y avait 2500 personnes qui travaillaient ici”. C’est ce que nous explique notre guide. Nous avons été accompagnés pour assister à une opération “Portes Ouvertes” organisée par les salariés de l’entreprise M-Real, ce samedi 29 octobre 2011. Les employés ont tenu à nous montrer leur savoir-faire, et l’excellence de l’entreprise et de ses employés.
Ils sont encore 330 pour la seule entreprise M-Real. Ils sont le double en prenant en compte les emplois directement menacés par la fermeture. Ce sont autant de familles qui sont dans la souffrance et le combat.
Comment croire que ces machines en parfait état de marche vont partir à la ferraille ? Qu’on se débarrasse de cet outil performant et de cette filière quand elle devient écologique. Nous allons désormais importer le papier recyclé !

Tous les politiques, de tous bords, et toutes les femmes et tous les hommes politiques nous promettent la ré-industrialisation. Commençons par ne pas dés-industrialiser des entreprises qui marchent !

C’est une vision uniquement financière, sans aucune prise en compte des conséquences humaines, sociales et environnementales. Les conséquences sociales sont dramatiques pour les salariés et leurs familles, dans une région déjà dévastée par le chômage.
On nous parle de ré-industrialiser la France. Comment croire ces belles paroles quand on abandonne une industrie d’avenir, qui marche, avec un équipement moderne, dont les stocks sont pleins, et qui est capable de redémarrer a production sur le champ, comme ont pu le constater tous les visiteurs de cette opération portes-ouvertes. C’est concret, c’est une industrie en reconversion écologique, qui fabriquait 40 tonnes de papier par heure, soit 6% de la production européenne.
Dès le matin, il y avait de nombreux militant(e)s, syndicalistes, élu(e)s et habitant(e)s pour venir défendre l’entreprise et ses salariés. Il étaient nombreux du NPA, il y avait des militants du PCF, des syndicalistes dont la CGT très représentée, des militants EELV, et des élus locaux, Karima Delli, députée européenne, et un candidat aux présidentielles, Philippe Poutou.
Dans l’après-midi, c’est le ministre Bruno Lemaire qui sera présent à cette opération portes-ouvertes, accompagné du préfet et de la sous-préfète. Et le député de la 4ème circonscription Francois Loncle.
Au-delà des élus et des militants, ce sont aussi les familles et les habitants de la région qui sont venus visiter l’usine, et qui ont manifesté leur incompréhension et leur colère de voir mettre à la casse un tel outil.
C’est ce qu’a exprimé Karima Delli, députée européenne écologiste, membre de la commission de l’emploi et des affaires sociales, présente aux côtés des salariés ce matin.
Après avoir dit sa colère, Karima DELLI a dénoncé l’inaction politique du ministre Bruno LE MAIRE, député de l’Eure, qui a pris en charge ce dossier. Sans résultat.
N’est-ce pas lui, a-t-elle souligné, qui comme délégué général au projet au sein de l’UMP, est en charge du programme présidentiel pour les prochaines élections ? Quelles sont donc les solutions de la majorité sur ce terrain concret de l’emploi ?
L’Etat reste impuissant face au groupe finlandais. Son rôle est de forcer l’entreprise à vendre pour que les emplois et l’activité perdurent.
Un Etat impuissant face à un groupe qui refuse de vendre pour éviter la concurrence ?
On peut s’interroger aujourd’hui sur les perspectives de croissance des productions de papiers et de pâtes en Europe : M-Real Alizay est une des dernières unités de production de pâte/papier intégrées en France. Avec 6% de la production européenne réalisée sur le site, il nous faudrait désormais importer tout ce papier, si l’usine venait à fermer. Nous creuserions alors encore plus notre balance commerciale et le chômage, notamment dans une vallée déjà durement touchée.
C’est aussi toute une filière bois qui est en danger : en juin 2009, trois cents ouvriers forestiers venus de tout le Grand Ouest avaient bloqué l’accès à l’usine, craignant pour la fermeture du site et leurs emplois. M-Real Alizay consommait 150.000 tonnes de bois par mois, 20% de la production de bois normand.
Les prix des pâtes mettent l’usine en condition d’équilibrer les comptes aujourd’hui. Le problème reste que la production est dépendante de ces phénomènes externes, puisqu’à la place de choisir des filières courtes la pâte vient en totalité d’Angleterre.
Les solutions proposées ne tiennent pas compte d’une filière à partir de papier recyclé du fait que la filière sur la région n’est pas structurée. Et parce que Veolia ne veut pas différencier les papiers, en triant le papier blanc encré en noir des autres papiers.
Deux repreneurs, un groupe industriel thaïlandais et un groupe français acceptent toutes les conditions du groupe finlandais, mais celui-ci refuse toutes les offres.
Sur les dizaines de repreneurs qui se sont proposés au départ, il reste deux repreneurs : Un français d’abord, Fin Activ, et un groupe Thaïlandais, Double A.
Les deux groupes ont accepté toutes les conditions du groupe finlandais. Ils ont tous deux toute légitimité pour assurer la poursuite de la production du site. Et tous deux ont les moyens de garantir le maintien de la filière papier en France. Et donc l’assurance de débouchés pour la filière bois.
Le 3 octobre devait être annoncée la fermeture ou la reprise du site. La société M-Real a repoussé au 13 octobre les négociations. Les négociations sont difficiles avec les deux repreneurs. Pour M-Real, ceux-ci ne veulent pas signer une clause de garantie d’activité de 2 ans qui protègerait M-Real sur les coûts de dépollution du site.
En réalité, selon l’usine Nouvelle, et comme tout le monde le pense, M-Real n’aurait a priori jamais eu l’intention de vendre son usine, les papetiers européens ne souhaitant pas voir arriver sur le marché un nouveau concurrent.
Mercredi 19 octobre 2011, lors de la séance de questions au gouvernement, Eric BESSON, ministre de l’industrie, a assuré que la préfète de l’Eure, allait prendre une initiative « dans les heures qui viennent » susceptible de placer les propriétaires de l’usine M-Real devant leurs responsabilités.
Lundi dernier, les salariés se sont rendus en car à Paris pour appuyer la réunion de médiation avec le Thaïlandais « double A » que le PDG de M-Real, M. Mikko Hellander, a finalement acceptée. Mais la situation se retourne, et M. Hellander décide de ne pas se rendre au rendez-vous avec le ministre Bruno Lemaire, et stoppe toute négociation. C’est un camouflet pour le Gouvernement.
Karima DELLI propose au collectif pour la défense du site d’interpeller de nouveau le ministre sur ce sujet.
C’est historique : tous les partis politiques français, NPA, Front de Gauche, EELV, PS, NC, UMP, tous les syndicalistes, les élus locaux, les salariés, les habitants sont d’accord.
Tous les partis politiques, de la gauche à la droite, le gouvernement, les salariés et élus sont d’accord, et l’Etat ne pourrait rien faire ? Ou pourrait ne rien faire ! D’accord sur tout pour sauver l’entreprise, les emplois, la filière papier en France, la filière bois. C’est un site de production stratégique pour la région, pour le pays, qu’on s’apprête à mettre à la casse.
Si face à cette union et cette communauté d’intérêt, quand tout le monde est d’accord, face aux pouvoirs publics et aux élus aux pouvoirs, une entreprise peut tenir tête à tout le monde et faire plonger un peu plus les comptes de la nation dans le rouge, alors le gouvernement en place devra dire son impuissance. Si un groupe comme Metsäliitto peut faire capituler un gouvernement alors que des solutions existent, il faudra se faire à l’idée qu’il ne pourra rien face à des groupes transnationaux, avec des enjeux autrement plus coûteux…
Si l’Etat français est impuissant, il faut monter un cran au-dessus, a proposé Karima DELLI. Elle a invité une délégation au Parlement européen dans les semaines qui viennent (date à suivre sous 2 semaines). La députée propose d’y interpeller la commission de l’emploi et des affaires sociales dont elle est membre, ainsi que la commission des affaires économiques, chargée des questions de politique économique et monétaire de l’Union, et notamment des règles de concurrence et des aides d’État aux entreprises.
Rendez-vous est pris : En Normandie, à Paris, à Bruxelles, pour défendre l’emploi et une industrie locale d’avenir. Sauvons le site d’Alizay. Sauvons les salariés. C’est une mesure d’utilité publique. Ne pas le faire est un aveu d’impuissance. Un bien fâcheux exemple.
Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011Opération portes ouvertes à l'usine M-Real d'Alizay, le 29 octobre 2011

Jeudi 20 octobre 2011 à Rouen : venez débattre de la sortie du nucléaire avec Bernard Laponche, physicien nucléaire et expert en politique énergétique

Dans le cadre des “Jeudis de l’écologie”, Europe Ecologie Les Verts invite le public à venir débattre de la sortie du nucléaire avec le physicien nucléaire Bernard Laponche et des animateurs d’associations écologistes et anti-nucléaires locales. Rendez-vous au café “LE TROIS PIÈCES” – 49bis, place du Général de Gaulle à Rouen, de 18h30 à 20h30.

Sortir du nucléaire, ça commence maintenant !

Bernard LAPONCHE est physicien nucléaire, expert en politique énergétique, ex-conseiller de Dominique Voynet au Ministère de l’Environnement, ancien directeur de l’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (Ademe) et auteur du livre «En finir avec le nucléaire», co-écrit avec Benjamin Dessus (édition Seuil)
L’urgence de la transition énergétique n’est plus à démontrer, son évidence s’impose de jour en jour.
Mais les changements dans les manières d’agir et de penser tardent à se concrétiser.
L’objectif est double :
  • Trouver les alternatives permettant de sortir de la dépendance aux énergies fossiles et
    nucléaire
  • Agir pour que les retombées de ces nouvelles sources bénéfi cient aux territoires et aux habitants, notamment à travers la créations de filières spécialisées, d’emplois nouveaux et de solutions économes pour l’habitat.
Ce «jeudi de l’écologie» apportera des éléments d’informations précis sur la situation énergétique actuelle, et sur les alternatives concrètes existantes.

Conseil municipal le mardi 13 septembre 2011 à 18h30 à Saint Pierre du Vauvray

Nous rappelons que le public peut assister au conseil municipal : il suffit de se rendre à la mairie de Saint Pierre du Vauvray.
Ordre du jour :
  1. Projet de création MARPA sur la commune d’Heudebouville : enquête de population ;
  2. Recensement de la longueur de la voirie communale (modification longueur île du Bac) ;
  3. Amortissement 2011 ;
  4. Régime indemnitaire ;
  5. Poste secrétariat.

Samedi 15 octobre 2011 : manifestations inter-régionales contre le nucléaire et pour l’arrêt immédiat des chantiers EPR et THT

Le samedi 15 octobre auront lieu 5 grandes manifestations régionales ou inter-régionales organisées par des coordinations régionales, avec le soutien du Réseau “Sortir du nucléaire” : à Rennes, au Bugey, à Bordeaux, à Dunkerque et à Toulouse.
Lire le Communiqué de presse de la COORDINATION ANTINUCLEAIRE OUEST du 12 Juillet 2011 :
“Le gouvernement va prendre dans les prochaines semaines une décision lourde de sens. Après l’avis positif de l’Autorité de Sûreté Nucléaire, le redémarrage de la centrale de Fessenheim serait un choix catastrophique pour notre avenir à tous.
Alors que la plupart des grandes puissances économiques tracent leur chemin vers l’indépendance énergétique grâce aux énergies alternatives, alors que le parc mondial, très vieillissant, des centrales électronucléaires diminue, il serait aberrant de poursuivre la fuite en avant que nous impose la nucléocratie française.
Prolonger la filière nucléaire serait la garantie pour la France de se retrouver seule à mettre en œuvre cette technologie du XXème siècle, avec les risques inacceptables qu’elle comporte pour la santé publique. Pour lot de consolation, nous aurions des stocks de déchets toujours plus importants, toujours plus ingérables…
Récemment l’Italie et l’Allemagne ne s’y sont pas trompées en réaffirmant l’abandon du nucléaire. L’Allemagne a prévu d’atteindre en 10 ans 40 % d’électricité verte. De même, la Suisse a acté de ne pas renouveler son parc.
Il faut non seulement fermer Fessenheim, mais dans la même logique, stopper la filière du réacteur EPR et donc le chantier de Flamanville et sa ligne Très Haute Tension.
La Coordination Antinucléaire Ouest* réitère son appel à manifester massivement le 15 octobre prochain à Rennes pour obtenir l’arrêt immédiat des chantiers EPR et THT et invite toutes les organisations concernées à la soutenir.
Fukushima témoigne : sortons du nucléaire !

10 m3 de livres sont partis de Val de Reuil pour créer un centre de documentation au Congo

A la fin d’une nouvelle année de collecte, 10m3 d’ouvrages variés – ouvrages documentaires et techniques, dictionnaires, littérature, albums jeunesse – ont pu être acheminés à destination du Congo-Brazzaville.
L’association Toumaï remercie la Région Haute-Normandie et l’association congolaise “Femme 2000 ” qui ont permis le succès de cette opération.
Nous remercions également tous les donateurs, les bénévoles, et la municipalité de Val de Reuil qui nous prête gracieusement des locaux pour trier et entreposer nos livres.
Merci à tous les jeunes et moins jeunes qui ont donné un coup de main fin juin à la Ferme des Jeunes, et à Hélène qui a rythmé l’opération avec l’énergie qui la caractérise !
Le 18 juillet 2011, les livres ont quitté le Havre pour Pointe Noire. Aujourd’hui, ils sont sortis du port et acheminés en direction de la ville de Mouyondzi, où ils seront officiellement remis aux écoles pendant les festivités du Centenaire de la commune de Mouyondzi qui auront lieu du 28, 29 et 30 septembre 2011. Notre correspondant sur place nous promet des photos !

Rentrée scolaire 2011 à Saint Pierre du Vauvray : Pas de RGPP, mais 2 emplois supprimés par la municipalité

Une ambiance bon enfant à l’école de Saint-Pierre du Vauvray, sous le soleil de septembre. Tous les élèves étaient là pour leur rentrée, et même les “anciens” profitaient de leur journée pour accompagner les petits frères et les petites soeurs. On retrouve ses amis dans la joie, et aussi son instituteur !
Pour les parents, avant de reprendre les petites habitudes, cela a été l’occasion aussi de se retrouver. Et on raconte à toute allure les vacances, la moitié qui était au soleil, l’autre sous la pluie…
En cette rentrée scolaire, ce sont les écoles qui sont visées par des restructurations qui diminuent les services offerts et suppriment des emplois.
On a perdu Djamila comme ATSEM, dans les conditions à la fois rocambolesques et dramatiques que l’on connaît. Une suppression de poste que nous redoutions, nous parents et enfants, après 12 ans au service de la commune, et plus de 10 ans à l’école maternelle. Djamila, merci encore pour ton dévouement au service de nos enfants. J’espère que d’autres enfants profiteront de tes compétences. Ils auront beaucoup de chance.
Cela fait un peu plus de deux ans que le poste est remis en cause, toujours officieusement. Depuis le début, l’agent a toujours eu le soutien des parents d’élèves et des enseignantes qui travaillent avec elle à l’école depuis près de 10 ans.
Il y a deux ans, l’employeur municipal a demandé à l’agent de passer son CAP Petite Enfance, ce qu’elle a fait. Bravo ! Au bout d’un an, sa période de stage a été prolongée d’un an. Raison invoquée ? Peu probant !
En juin 2011, au bout de la deuxième année de stage, et alors qu’elle avait obtenu sa VAE (Validation des Acquis de l’Expérience), sa titularisation a été refusée par son employeur. Ni les enseignants, ni le conseil municipal n’ont eu à se prononcer.” Le Maire a l’entière compétence de la gestion du personnel municipal”. Présenté au Comité Technique Paritaire du Centre de Gestion départemental, le recours de l’agent a obtenu gain de cause, avec l’unanimité des votes (parmi les membres du Comité Technique, il y a aussi des maires…). Quelques jours plus tard, l’employée recevait sa lettre de licenciement de la mairie.
Et nous avons appris que c’est désormais au tour de Linda de ne pas voir renouveler son poste. Après 4 ans au service des enfants et de l’école. Linda la joviale, Linda la posée, Linda le p’tit mot qui le fait bien, Linda, l’oeil qui embrasse tout, pour surveiller, encadrer et aider nos enfants, Linda qui assistait les enfants à la cantine, Linda qui suppléait Djamila aux transports scolaires, va donc devoir à son tour trouver un poste ailleurs.
Avec deux emplois supprimés à l’école maternelle, la municipalité envoie deux femmes grossir les rangs des demandeurs d’emploi.
Avec ces deux emplois supprimés, il va être difficile d’assurer la qualité de service et la sécurité que nous avons connues jusqu’à lors
Le service de transport scolaire a perdu des usagers du fait des changements d’horaires. Avec 20 minutes supplémentaires d’attente pour les enfants à la sortie de la journée de classe, les parents qui le peuvent viendront les chercher eux-mêmes. Résultat : ce sont plus de voitures qui engorgent les abords de l’école matin et soir – malgré le “pédibus” informel mis en place par quelques parents des Longchamps, de la rue de Portejoie et de l’avenue de la Gare.
Contrairement à ce que l’on semblait penser à la CASE et à la mairie de Saint-Pierre, cela ne venait au départ de petits arrangements que nous, parents, aurions fait avec le personnel et les chauffeurs successifs.
Rien de cela ! Nous n’avons jamais connu d’autres horaires que les anciens horaires. Nous n’avons découvert ces “anciens” nouveaux horaires que lors de leur mise en place l’hiver dernier.
Le flexibus qui transportait les 4 enfants utilisant les transports scolaires à Andé a été supprimé. En conséquence, c’est le car scolaire qui fait le transport à Saint-Pierre du Vauvray qui a été dévolu au transport à Andé. Les horaires de fin de classe qui ont été communiqués à la CASE n’étant pas les bons horaires, la CASE a dès lors choisi de repousser les horaires de transport effectifs pour effectuer le transport des enfants d’Andé avant ceux de Saint-Pierre. Cela a conduit à une désaffection du service pour certains élèves, avec, à terme, le risque existe de voir adapter l’offre à la demande. La situation est toujours au statu quo pour cette rentrée scolaire.
Le service de restauration scolaire connaît aussi une restructuration (sans concertation en conseil d’école), qui fera désormais déjeuner tous les enfants en un seul service. Un seul service, c’est moins de calme pour les enfants, et une surcharge de travail pour le personnel, moins nombreux et plus sollicité.
Pour répondre à cette surcharge, le réglement propose que “le service de restauration scolaire [soit] réservé aux enfants dont les parents ne peuvent en assurer la prise en charge le midi.” Des pratiques qui rappellent celles du maire UMP de Thonon-les-Bains.
Une rentrée bon enfant, par respect pour les enfants eux-mêmes, pour les enseignants, et pour le personnel municipal. Et pourtant, c’est une rentrée scolaire pour une année qui s’annonce tendue, si des solutions ne sont pas apportées rapidement. Nous connaissons l’importance de l’école dans la vie du village.

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