Laetitia Sanchez

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Les bibliothèques se mettent en place à Tabagne

Le 8 décembre dernier, Adayé Kouakou, notre contact ivoirien, nous a envoyé des nouvelles de Tabagne, accompagnées de photographies.
“Pour les ouvrages concernant les élèves du primaire, les dépouillements ont été effectués. Ils ont été répartis entre les quatre écoles primaires de la ville qui les gèrent dans les bibliothèques d’ école, comme l’attestent les photos ci-jointes.” Une liste des directeurs des 4 écoles et des chargés de bibliothèques est jointe au message, avec des contacts téléphoniques.
Pour les ouvrages du Collège, ils sont en attente d’une salle à transformer en bibliothèque. Il est proposé d’utiliser une partie du bureau des éducateurs. N’ayant pas pu rencontrer le Principal du collège, Adayé ne peut nous en dire plus pour le moment.
On le voit, le projet de bibliothèques scolaires pour lequel nos collégiennes avaient oeuvré depuis 2008 se concrétise. Bravo et encore merci à tous !

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Qu’est-ce que le care ?

Vous connaissez le care ? C’est ce qui a valu des moqueries à Martine Aubry au printemps dernier, grossièrement caricaturé comme « nunucherie américaine », « considérations pseudo-philosophiques » ou encore « maternalisme réactionnaire » – par le journaliste Jean-Michel Aphatie, le philosophe Michel Onfray, mais aussi des collègues masculins du PS comme Manuel Valls ou Jack Lang… Plus habilement, à droite, on a préféré envoyer une femme en la personne de Nathalie Kosciusko-Morizet : “Rien de nouveau sous le soleil, sinon le retour à un discours de l’assistanat social et des bons sentiments, dont je doute qu’il rende justice aux femmes”.

Care : qu’y a-t-il exactement derrière ces 4 lettres ?

Le mot care, très courant en anglais, est à la fois un verbe qui signifie « s’occuper de », « faire attention », « prendre soin », « se soucier de », et un nom qui, selon le contexte, peut être traduit par « soins », « attention », « sollicitude ». Sous la forme négative – I don’t care –, il indique une indifférence, un refus de responsabilité : je m’en fiche, ça ne me concerne pas ! Mais aucune de ces traductions prises isolément ne traduit parfaitement l’idée de care, qui renouvelle profondément depuis une vingtaine d’années les façons de penser l’éthique, le politique, et pourquoi pas l’économie…
Le concept de care vient effectivement du mouvement féministe américain des années 1960. En 1982, dans son livre In a Différent Voice, l’universitaire Carol Giligan définit le care comme une forme de “moralité des femmes”, centrée autour du soin donné aux autres, qu’elle souhaitait enseigner à l’ensemble de la société et aux hommes.
La théorie de C. Gilligan a fait l’objet de débats passionnés. Elle a été qualifiée de “différentialiste” – y compris dans les milieux féministes -, parce qu’elle soutiendrait qu’il y aurait une nature féminine différente de celle des hommes, en valorisant des « vertus » attachées aux stéréotypes féminins – l’amour, la compassion, la sollicitude, le souci d’autrui… Ces débats mèneront ensuite à de nouvelles compréhensions du care.
La notion a notamment été modernisée en 1993 par une autre universitaire américaine, Joan Tronto, dans son livre Un monde vulnérable, pour une politique du care. Joan Tronto a voulu sortir la notion de care de la sphère du “genre” pour la replacer dans la sphère de l’éthique et de la politique.
Elle s’appuie sur une analyse des conditions historiques qui ont favorisé une division du travail cantonnant les activités de soins dans la sphère domestique, traditionnellement réservée aux femmes, et donc exclues de la sphère publique et socialement dévalorisées. Il s’agit de toutes ces activités humaines ignorées, sous-estimées voire méprisées parce que privées, intimes, quotidiennes, banales, sans importance ou encore « sales » : soins aux enfants, aux malades, aux personnes dépendantes, mais aussi ménage, traitement des déchets, bref tout ce qui concourt à rendre notre monde vivable. “Prises en considération, ces activités se révèlent centrales et il apparaît que leur invisibilité ou leur discrétion est aussi le lot de ceux, et surtout de celles, femmes, étrangères, travailleurs des classes pauvres, qui les effectuent.” (source : Delphine Moreau, De qui se soucie-t-on ? Le care comme perspective politique)
Prendre la mesure de l’importance du care pour la vie humaine suppose de reconnaître que la dépendance et la vulnérabilité sont des traits de la condition de tout un chacun. Brisant l’image monolithique et fausse d’une société constituée d’adultes compétents, égaux, autonomes et en bonne santé, l’éthique du care nous pousse à reconnaître que tous, à différents moments de notre vie, nous avons été, nous sommes ou nous serons dépendants des autres : lorsque nous avons été enfants, lorsque nous serons vieux, lorsque nous tombons malade, lorsque quelqu’un prend en charge nos enfants, nettoie, traite nos déchets ou nous permet de nous déplacer… Collectivement, nous sommes tous interdépendants. “L’autonomie” n’est qu’un mythe politique, accouplée aux péjoratifs “assistanat” et “dépendance”…
Ces services dont nous bénéficions tous à différents moments doivent être pris en charge collectivement : les cantonner dans la sphère privée du travail gratuit est un déni de responsabilité. L’accueil des jeunes enfants, l’accompagnement du handicap, de la maladie, de la vieillesse, sont des responsabilités collectives, qui font qu’une société se porte bien, dans le respect de la dignité de chacun. Cela correspond d’ailleurs à la définition que l’OMS, l’Organisation Mondiale de la Santé, donne de la santé elle-même, comme “état de complet bien-être physique, mental et social”.
On pourrait y ajouter “environnemental” : Joan Tronto définit le care comme « une activité générique qui comprend tout ce que nous faisons pour maintenir, perpétuer et réparer notre « monde » de sorte que nous puissions y vivre aussi bien que possible. Ce monde comprend nos corps, nous-mêmes et notre environnement, tous les éléments que nous cherchons à relier en un réseau complexe en soutien à la vie ». Ne croirait-on pas une très belle définition de l’écologie ?

Eure : Interdiction de transports scolaires le 2 décembre 2010

Fabienne Buccio, Préfète de l’Eure, en accord avec Jean-Louis Destans, Président du Conseil Général de l’Eure, a pris la décision d’interdire les transports scolaires le jeudi 2 décembre 2010 dans le département de l’Eure.
Cette décision est motivée par les difficultés de circulation prévisionnelles annoncée pour la nuit du mercredi 1er décembre au jeudi 2 décembre, et sur l’ensemble de la journée du 2 décembre pour tout le département de l’Eure.
Pour plus d’informations sur l’état des routes départementales et la situation météorologique sur le Département un répondeur, mis à jour à 17h00, est à la disposition de tous au : 02 32 31 97 98.
Les usagers de la route sont appelés à limiter au strict nécessaire leur déplacement et à observer la plus grande prudence. Réduisez votre vitesse, vérifiez la pression des pneus ainsi que le bon fonctionnement de vos feux de signalisations.
Plus largement, pour toutes informations sur les conditions de circulation, contactez le centre régional d’informations et de circulations routières (CRICR) au 0 800 100 200.

A Louviers les 3 et 4 décembre 2010 : pour un Noël équitable avec Artisans du Monde

Salle du Moulin
Le Vendredi 3 décembre de 18h à 22h
Le Samedi 4 décembre toute la journée

Soirée “L’Afrique en mouvement” à Louviers

Ce soir, au cinéma de Louviers, nous avons vécu une “expérience africaine”. La soirée a commencé avec la projection d’un très beau film documentaire de Laurent Chevallier : il nous raconte l’aventure de collégiens de la section Jazz du collège de Marciac, qui ont eu la chance de rencontrer, et surtout de jouer avec les musiciens d’un groupe guinéen traditionnel, Fôlifö, invités du célèbre festival de la ville. L’aventure a mené les jeunes élèves jusqu’à Conakry, sur les traces du grand Momo Wandel Soumah. Le poète Léopold Sédar Senghor avait raison lorsqu’il disait que “Le métissage est l’avenir de l’homme !”

Une table ronde a suivi, animée par Rebecca Armstrong, chargée des Politiques Publiques Durables à la CASE. Elle réunissait quatre acteurs de terrain :
  • Luc Atrokpo, maire de Bohicon au Bénin (4ème ville du pays),
  • Albert Agossou, ambassadeur du Bénin en France,
  • Camille Jouhair, délégué du festival “Regards sur le cinéma du monde”
  • Bruno Angsthelm, chargé de mission Afrique du CCFD (Comité catholique contre la faim et pour le développement)-Terre Solidaire, la 1ère ONG de développement en France.
Rebecca a orienté les débats autour des questions suivantes :
  • Quel est le rôle de la société civile dans l’évolution des politiques africaines ?
  • Quelle est la place des femmes dans ces évolutions ?
  • Quel est le rôle du micro-crédit ?
  • Quelle place a la culture ?
  • La culture c’est la musique, omniprésente dans le film de Laurent Chevallier.
La culture c’est aussi le cinéma : Camille Jouhair a évoqué la situation préoccupante de cette industrie, avec l’absence de lieux de formation pour les acteurs, les monteurs, et tout le personnel technique. Le africains finissent par ne plus connaître leur propre cinéma. Heureusement, Camille a conclu sur une note d’optimisme, avec l’avènement de la caméra numérique, qui offre plus d’autonomie aux nouveaux cinéastes.
Merci pour cette belle soirée d’ouverture et d’optimisme. Dommage que Claude Taleb, que ces sujets intéressent au plus haut point, n’ait pas été invité.

Ne jetez plus, donnez !

Vous n'en voulez plus, ils en ont besoin : donnez ?

Emmaüs sera présent dans votre déchetterie :
  • Samedi 20 novembre : Val de Reuil et Vironvay
  • Mardi 23 novembre : La Haye-Malherbe
  • Mercredi 24 novembre : Pont de l’Arche
  • Jeudi 25 novembre : Val de Reuil
  • Vendredi 26 novembre : Vironvay
  • Samedi 27 novembre : La Haye-Malherbe et Pont de l’Arche

L’affaire du voile à la crèche Babyloup : comment concilier en France la pratique religieuse et la vie en société ?

En décembre 2008, la crèche associative Babyloup de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) licenciait une employée pour avoir refusé de retirer son voile sur son lieu de travail. L’employée juge son licenciement discriminatoire et réclame 80.000€ à son ex-employeur. L’audience au Prud’hommes s’est déroulée le lundi 8 novembre dernier (avec décision de justice en décembre prochain).
Babyloup a été fondée en 1991 par une réfugiée chilienne pour proposer un service de crèche à des personnes travaillant à des horaires décalés : en 2002, Baby Loup devient en effet la seule crèche française ouverte 24H/24 tous les jours de la semaine. Elle offre également une activité professionnelle aux femmes du quartier, en les embauchant et en leur proposant une formation rémunérée aux métiers de la petite enfance. Dans une ville où plus de cinquante nationalités sont représentées, cette crèche est un tremplin pour l’insertion sociale de nombreuses familles. Les 80.000€ réclamés mettraient en péril l’activité de l’association.
Le 8 novembre, la chaîne parlementaire LCP organisait un débat autour de ce sujet. Ce fut l’occasion pour les invités de redéfinir les contours des notions de laïcité et de service public.
François Pupponi, maire PS de Sarcelles, témoigne de la difficulté quotidienne des élus de terrain à traiter ces questions et réclame la création d’un “Observatoire de la laïcité” pour les y aider. Face à lui, Nicole Ameline, député UMP.
L’universitaire et imam Mahmoud Doua apporte des réponses éclairées permettant de concilier la pratique religieuse et la vie en société.
Enfin, l’intellectuelle Caroline Fourest, à son habitude, est extrêmement claire dans son affirmation du principe de laïcité (“tout court!”) et dans sa dénonciation des dangers qui la menacent et favorisent le développement du communautarisme et du racisme :
  • La confusion populiste, y compris au plus haut sommet de l’Etat, favorisant la division plutôt que la cohésion : la notion de “laïcité positive” prônée par Nicolas Sarkozy à Rome en décembre 2007 n’a aucun sens (c’est une invention de l’église catholique, prônée par le cardinal Ratzinger, le futur Benoît XVI, en 2005…). Il s’agirait de faire une place de choix à la parole de l’Eglise dans l’espace public et politique (comme en Italie ou aux Etats-Unis) – ce qui est aussi “une façon habile et politique de faire passer la laïcité pour négative” ;
  • La ghettoïsation sociale de pans entiers du territoire, délaissés par l’Etat ;
  • L’extrémisme religieux, qui manipule en attisant les ressentiments (le 27 octobre dernier, le chef d’Al-Qaïda, Oussama ben Laden, a affirmé qu’il était “du droit” des musulmans de riposter par la violence à l’interdiction du voile intégral en France…)
Bien entendu, il ne faut pas confondre la religion (comme ensemble intime de croyances et de pratiques) avec l’intégrisme, qui, toujours selon Caroline Fourest, est “l’instrumentalisation politique de la religion à des fins intolérantes” (La dernière utopie – menaces sur l’universalisme, 2009).

Rappel : Qu’est-ce que la laïcité ?

  • La séparation des églises et de l’État (loi de 1905) ;
  • La neutralité de l’État, et donc des agents publics (interdiction de tout port de signes religieux visibles) ;
  • La liberté de conscience (article 1 de la Loi de 1905), la liberté de croire ou de ne pas croire et la liberté de pratiquer une religion dans le respect des lois ;
  • La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte (article 2 de la Loi de 1905).

Les femmes de l’Elysée : le décolleté qui fait oublier les Droits de l’homme !

A l’heure où la France renonce à rappeler à la Chine le respect de la Convention internationale des Droits de l’Homme de 1948 en échange de contrats pour Areva, Airbus et Total, avez-vous vu ce défilé de bimbos à l’Elysée, à l’occasion de la réception donnée le 4 novembre dernier en l’honneur de Hu Jintao ?
Je ne sais pas si vous connaissez les maris de Christine Lagarde ou de Valérie Pécresse ? En tout cas, les femmes politiques ont encore du chemin à faire avant d’égaler leurs collègues masculins (la palme revenant à la jeune Mme Besson, une ravissante étudiante en arts de 24 ans, et à la fabuleuse Valérie Hortefeux : merci Sarko Info !-)

Vendredi 19 novembre 2010 : soirée débat “L’Afrique en Mouvement” au cinéma Le Grand Forum de Louviers, à partir de 18h

Organisée par la CASE en partenariat avec la Région Haute-Normandie, cette soirée s’inscrit dans le cadre de la Semaine de la Solidarité Internationale.
La projection du film “Expérience africaine” de Laurent Chevallier sera suivie d’une table ronde “L’Afrique en Mouvement”.
Cinquante ans après les indépendances, il est temps de dépasser les clichés misérabilistes sur l’Afrique, et de considérer son rôle central dans les nouveaux équilibres mondiaux. Savons-nous que les économies africaines connaissent, depuis le tournant du XXIème siècle, une croissance économique annuelle bien supérieure à celles des Etats-Unis ou de l’Europe ? En ce début de XXIème siècle, tandis que des acteurs émergents des relations internationales s’intéressent aux évolutions de l’Afrique et à leurs relations avec ce continent, l’Europe semble abdiquer. Sans surprise, ce sont les acteurs les plus « jeunes » de notre société mondiale – Chinois, Indiens, Brésiliens – qui saisissent les opportunités de l’aventure africaine. La société de la rive Nord de la Méditerranée, et en premier lieu ses acteurs économiques, lui tournent le dos. N’est-il pas maintenant temps de reconnaître l’Afrique ?

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