
Le précédent ministre, Michel Barnier, avait autorisé pendant six mois l’utilisation du Cruiser, puis il avait suspendu son autorisation.
Bruno Le Maire – qui l’a remplacé après son élection au parlement européen et avant sa prise de fonction comme commissaire européen (on notera au passage l’intérêt de monsieur Barnier pour les électeurs car comme tête de liste aux européenne, il n’a siégé que 6 mois !) – vient d’autoriser pour une année supplémentaire l’utilisation du Cruiser.
D’autres pays (l’Allemagne, l’Italie) maintiennent eux l’interdiction de l’insecticide et demandent des contrôles (a posteriori…) de vérification de toxicité. Par manque de moyens, ces contrôles ne peuvent malheureusement s’effectuer partout.
En France, on marche sur la tête et ici comme ailleurs, les lobbies sont à l’œuvre – celui de l’agrochimie notamment.
Cela laisse présager un bon avenir à la Haute-Normandie si Bruno Le Maire est élu président de la région ! Entre les lobbies et la biodiversité, le choix est fait !
Pour info, la lettre du ministère :
15/12/2009
Paris
La préparation CRUISER à base de thiametoxam utilisé pour le traitement des semences de maïs pour lutter contre le Taupin, avait été autorisée en 2008-2009. Cette autorisation était assortie de conditions d’emploi particulières et accompagnée d’un dispositif de suivi sanitaire de ruches par les directions régionales de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt.
Un nouveau dossier de demande d’autorisation de mise sur le marché pour la campagne 2009-2010 vient d’être évalué par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA).
Au vu de l’ensemble de ces données, l’AFSSA a rendu le 1er décembre 2009 un avis favorable. Sur la base de cet avis, le Ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche a décidé de délivrer une autorisation de mise sur le marché à la préparation CRUISER 350 sur le mais ensilage, le mais grain et le mais porte-graine femelle.
En ce qui concerne le mais doux et le mais porte-graine mâle, l’AFSSA conditionne un avis favorable au respect d’une distance de 3 kilomètres entre les ruches et les parcelles traitées. Compte tenu de la difficulté de mise en œuvre concrète de cette mesure et de son contrôle, le Ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche a choisi de ne pas autoriser cet usage.
Compte tenu des inquiétudes exprimées par plusieurs syndicats professionnels apicoles au cours des dernières années, l’autorisation délivrée est limitée à une durée d’un an et devra faire l’objet d’une nouvelle évaluation de l’AFSSA avant d’être renouvelée.
En complément, le Ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche a demandé à ses services que des mesures soient prises pour limiter la dispersion de poussières au moment du semis. Une nouvelle mesure d’interdiction de semis par grand vent viendra renforcer l’obligation de mise en place de déflecteurs sur les semoirs pneumatiques imposée au début 2009.
Le plan de suivi mis en place en 2008 et 2009 sera poursuivi et amélioré en 2010. Il comprendra notamment un nouveau dispositif de surveillance des effets non intentionnels sur la biodiversité, en particulier pour vérifier l’absence de risque sur les papillons et les insectes pollinisateurs.
La direction générale de l’alimentation présentera ce dispositif à l’ensemble des syndicats professionnels agricoles et apicoles et animera le comité de suivi de ce dispositif.
Contacts presse :
Service de presse de Bruno Le Maire – Tel : 01 49 55 59 74 ; Fax: 01 49 55 40 39
cab-presse.agripeche@agriculture.gouv.fr
Service de presse du ministère – Tel : 01 49 55 60 11
PS : On doit supposer que les abeilles savent lire pour éviter les zones de traitements ?! Pour rappel, le Cruiser est un puissant neurotoxique nocif à tous les êtres vivants…
Communiqué de presse du mercredi 5 août 2009
Le député de Moselle, M. Pierre Lang, vient de remettre au ministre de l’écologie M. Borloo son rapport sur la notion d’espèce « nuisible ». A l’heure où la société prend conscience du rôle et de l’importance de la biodiversité pour notre avenir, où les états se mobilisent pour enrayer son déclin, on pouvait espérer trouver dans ce rapport des propositions allant dans le sens d’une meilleure protection de la faune sauvage et d’une réhabilitation des espèces dites « nuisibles ».
Or c’est tout l’inverse : les propositions du rapport Lang visent à aggraver les menaces sur les espèces sauvages ! Il s’agit notamment :
- de déroger au statut d’espèce protégée pour permettre la destruction des rapaces ;
- d’autoriser la destruction des nids et des œufs des oiseaux chassables, actuellement interdite ;
- de permettre le piégeage et la destruction des espèces classées « nuisibles » sur toute la France, au lieu de les limiter aux départements où ces espèces causent des dégâts ;
- et même de légaliser l’usage du poison pour le pigeon ramier, alors que les conséquences du poison en milieu naturel sont catastrophiques pour les espèces sauvages.
Si la faune sauvage peut poser à certaines activités humaines des problèmes ponctuels qu’il faut résoudre, elle joue aussi un rôle essentiel dans le fonctionnement des écosystèmes, rôle que le rapport occulte totalement.
Ainsi, les prédateurs, grands consommateurs de petits rongeurs, sont de précieux alliés de l’agriculture. Répondre aux dégâts par la seule destruction n’est plus acceptable aujourd’hui, alors que des méthodes de prévention, non nocives pour la faune, existent et sont efficaces.
Pourtant, FNE, la LPO et la Ligue Roc avaient rencontré M. Lang et lui avaient fait des propositions précises pour une amélioration du statut des « nuisibles ». Mais le rapport n’en retient aucune ! M. Lang semble n’avoir entendu que les revendications des chasseurs et des piégeurs, qu’il reprend très largement.
Ce rapport traduit une vision rétrograde et partisane de la faune sauvage : il ne répond pas aux enjeux de la protection de la nature du XXIe siècle.
FNE, la LPO et la Ligue Roc appellent à une réhabilitation des espèces dites « nuisibles », qui passe par une réforme de leur réglementation, en phase avec les enjeux cruciaux de sauvegarde de la biodiversité et les attentes de la société.
Soleil + pluie = mauvaises herbes, c’est bien connu…
Il faut prendre le problème à la racine, et le désherbant n’est certainement pas la panacée ! Plus rapide ? Plus efficace ? Plus esthétique ? Pas si sûr.
Vous vous rappelez les vrombissements d’insectes en été, les abeilles, les papillons, les sauterelles de votre enfance ? Que sont-ils devenus ? Bien rares sont les papillons ou les abeilles que l’on peut voir aujourd’hui butiner dans nos jardins… Et avec la disparition des insectes, c’est celle des oiseaux qui suit fatalement. Quelle tristesse que cette nature devenue muette et stérile !
Quelles alternatives aux désherbants et aux insecticides ?
Et toutes ces astuces vous laisseront certainement plus fiers et satisfaits qu’une simple pulvérisation de glyphosate dans le sol…
Lire Le Round Up, un désherbant pas si écolo !
Le Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata) est en voie de disparition en France.
Or, depuis 2001, des spécimens ont été étudiés vers la Vacherie (la commune…), dans la Vallée de l’Iton, au lieu–dit « le hom » (zone classée Natura 2000).
Ah ! Si, comme sa cousine de la fable, ce crapaud avait eu l’idée de devenir gros comme un ours des Pyrénées, par exemple.
Le problème, c’est que contrairement à l’ours, notre crapaud ne bénéficie pas du « syndrome de Winnie l’ourson » ! C’est vrai, tous les enfants ont eu un ours en peluche un jour : du coup, en grandissant, ils sont sensibles au sort de cette grosse peluche…
En revanche, le Sonneur, comme bien d’autres espèces toutes aussi méconnues et menacées, n’ont pas le droit à la médiatisation et à l’attention du grand public. Pourtant, il a un petit côté sympa avec ses yeux en forme de cœur, non ?
Tout ça pour dire que je trouve très bien et tout à fait normal qu’on se mobilise pour sauver l’ours, mais que je trouve dommage de dépenser plus de 30 millions d’euros pour aller arracher des ours slovènes à leur milieu d’origine pour les relâcher chez nous !
Alors quand la Communauté d’Agglomération vote une subvention de 16000 € pour l’étude de cette petite bête, je me dis que les choses changent et qu’enfin la biodiversité est prise en compte !