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Luc Chatel s’oppose à la projection du «Baiser de la lune» en primaire

Enseignante en collège, j’intègre à ma pratique pédagogique la lutte contre les discriminations sous toutes leurs formes, et ce dès la classe de 6ème.

Des projets d’écriture comme Vive la différence ! ou Filles-garçons et vice-versa sont l’aboutissement d’une réflexion menée avec les élèves sur les stéréotypes véhiculés dans la société (représentations des métiers, images véhiculées par la publicité…), ainsi que dans les productions littéraires qui en sont le reflet.

Ces projets ont été réalisés par des enfants de 11 ans pour d’autres enfants – de maternelle ceux-là – car pour moi, c’est là que tout commence ! Du rose pour les filles et du bleu pour les garçons… “Tu seras une princesse et je serai un chevalier

Or, si les élèves se montrent de plus en plus sensibles et indignés face aux discriminations liées, par exemple, à l’origine ethnique ou au sexe, l’homophobie reste encore à l’heure actuelle un sujet tabou et mal compris. Les insultes homophobes restent monnaie courante chez les jeunes. Et si les élèves se revendiquent avec fierté filles, arabes, ou noirs, l’homosexualité reste encore vécue la plupart du temps comme une honte qu’il faut cacher.

Cela engendre souvent un profond malaise chez des adolescents qui s’isolent et se protègent comme ils peuvent en attendant des jours meilleurs (ou pas…).

Je suis pourtant persuadée que cette situation injuste pourrait changer si l’éducation (des parents et de l’école) évoquait tout simplement ce thème de l’homosexualité.

Mère de deux enfants, mes amis sont pour la plupart hétérosexuels, et pour certains, homosexuels. Cela n’a rien de choquant pour mes enfants. L’ainée a posé des questions, dans son langage enfantin : « Maman, est-ce qu’une fille peut se marier avec une autre fille ? ».

J’ai essayé d’être simple : on est libre d’être d’être amoureux de qui on veut. Cela ne l’a pas perturbée. Et cette question ne la tracasse pas plus que les autres questions, essentielles et naturelles, que se posent tous nos jeunes explorateurs de la vie !

Il est incompréhensible que l’on refuse aujourd’hui d’évoquer ce sujet entre les murs de la classe. Et que Luc Châtel, le ministre de l’Education Nationale, donne gain de cause à une association conservatrice (le Collectif pour l’enfant, une association qui milite contre l’homoparentalité) et à Christine Boutin, la présidente du parti chrétien-démocrate. Dans une lettre ouverte au ministre, celle-ci a réclamé «l’interdiction de la diffusion du film» dans les écoles, «au nom du respect de la neutralité de l’Education nationale».

Cela fait partie, n’en déplaise, de l’éducation à la sexualité. L’Education Nationale s’immisce-t-elle dans l’intimité des jeunes enfants ? Quid du rôle pédagogique des enseignants ?

Laetitia Sanchez

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