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Le Havre. Journal de grève n°1

Havre de grève vient de naître. Publié par l’intersyndicale CGT-FSU-Solidaires-CFDT-CGC, c’est le bulletin de la mobilisation sur l'agglomération, il est l’expression de l'assemblée générale interprofessionelle des grévistes.
« Une claque pour Sarkozy et le MEDEF : 55 000 manifestants hier dans les rues du Havre. Toutes et tous ensemble, on va gagner ! » La manchette donne le ton. Nous ne sommes pas dans une série de manifestations pour la forme. Nous manifestons pour gagner parce que la victoire est à portée de main.
« Le gouvernement mise toujours sur le pourrissement de la mobilisation. Partout les grèves et les mobilisations s’amplifient, reprend le bulletin. Mardi 12 au Havre, lorsque le cortège arrivait à la gare, une partie des manifestants étaient encore quai de Southampton. Toutes les grandes entreprises et les services publics étaient massivement présents comme dans les précédentes manifestations. Ils avaient été rejoints par de nombreux salariés de petites voire très petites entreprises. Même les pompes funèbres étaient là pour enterrer la réforme. Le cortège des étudiants et les lycéens était beaucoup plus important que précédemment. »
La grève a été reconduite ce mercredi 13 octobre dans plusieurs entreprises de l’agglomération (TOTAL Raffinerie de Normandie, CIM, PETROCHEMICAL, SNCF, CHEVRON, Centrale EDF, Fouré Lagadec, LA POSTE, FRANCE TELECOM, DEBRIS, Education nationale, SIDEL...). La grève a été reconduite selon des formes et des participations différentes suivant les secteurs. Des lycéens ont bloqué leur lycée ce matin.
Chaque jour (sauf le dimanche), l’intersyndicale proposera une action interprofessionnelle pour rassembler les salarié-e-s en lutte au-delà des actions prévues pour bloquer l'économie, dès 6h30, sur divers secteurs de la zone industrielle.
Une assemblée générale interpro est prévue tous les jours, à 17 heures, à Franklin. Aujourd’hui, rendez-vous est également donné à 17h45 autour de la salle René-Cassin où Antoine Rufenacht (maire UMP du Havre) tient une réunion publique pour soutenir la réforme des retraites préparée par et pour ses copains.
« 75 000 à Rouen 10 000 à Dieppe 3000 à Fécamp… 3,5 millions dans la rue dans toute la France, Sarkozy as-tu compris ? » questionne le bulletin qui sera envoyé tous les jours à 20 heures sur les messageries.

Luc Chatel a ses solutions pour remplacer les professeurs : faire appel au pôle emploi et aux étudiants

Sur les 5 millions de fonctionnaires appelés à faire grève contre les suppressions de postes, le corps enseignant est particulièrement touché, avec 45 000 suppressions de postes d'enseignants, et leur cortège de conséquences : classes de plus en plus surchargées, options supprimées, et bien sûr des remplacements de moins en moins effectués. Sur Europe 1, leur ministre, Luc Chatel, se prononce pour des solutions concernant ces remplacements... Les avis sur leur efficacité risquent de ne pas être partagés par tous !
A la question posée par le Parisien sur les remplacements à l'Education Nationale (pourquoi les profs absents sont-il si peu et si mal remplacés ?), Luc Chatel a "sans doute" une solution :
"Le système de remplacement dans l'éducation nationale fonctionne mal, est mal organisé, il n'est pas assez souple, il n'est pas assez réactif. [...] J'ai décidé de m'atteler à la tâche. [...] Il faut un système de remplacement des professeurs qui soit plus réactif [...], améliorer le système de remplacements des professeurs par 3 moyens : lire la suite
carte des académies - www.education.gouv.fr
Luc Chatel, ministre de l'éducation nationale, nous propose SA solution au problème du (non-)remplacement des professeurs, un problème dû sûrement aux suppressions de dizaines de milliers de postes à l'éducation nationale. Sa politique tient en 3 points :
1 - Réactivité, réactivité, réactivité, c'est le mot d'ordre asséné, affirmé. Dès le 1er jour, les autorités académiques devront être mobilisées. Que ne l'ont-elles été jusqu'à lors ? Et surtout, pour que ce mot d'ordre ne relève pas que de la méthode coué, ou du vœu pieux, quels seront les moyens mis en œuvre pour redresser une situation qui ne cesse de s'aggraver ?
2 - Assouplir le système de remplacement, actuellement géré par académies (clic clic sur la carte ci-contre) en permettant l'affectation de personnels d'académies voisines. Cela nécessitera sûrement de (longues ?) négociations, de chambouler les méthodes de travail, d'adapter les logiciels etc, etc. Mais pourquoi pas si cela permet d'améliorer la situation ? Mais respectera-t-on le rôle, la mission et les conditions de travail des professeurs ? Car cette revalorisation des enseignants que le ministre appelle de ses vœux passe aussi par la reconnaissance de la mission des professeurs, la reconnaissance de leurs compétences, et bien sûr des conditions dans lesquelles s'effectue leur mission. Cela conditionne évidemment l'accomplissement de leurs missions, de la meilleure façon possible.
L'exemple pris d'un professeur de Créteil qui serait affecté à Paris n'est pas représentatif des académies du reste de la France. Là où les distances s'expriment en dizaines de kilomètres, on peut traverser la moitié du pays pour traverser les académies de Montpellier à Clermont-Ferrand, de celle de Clermont à celle de Tours, ou de celle de Tours à celle de Rouen. Les échelles ne sont pas les mêmes. Dossier à suivre...
3 - Enfin, pour son troisième point - faire appel au pôle emploi et aux étudiants, ainsi qu'aux retraités de l'éducation nationale, pour remplacer les professeurs, voilà qui peut passer pour un véritable camouflet pour les enseignants, les élèves et les parents. Ainsi que pour les citoyens pour qui la citoyenneté passe aussi par l'éducation de ces jeunes citoyens. La capacité à faire appel à des retraités de l'éducation nationale, cela a-t-il été modélisé ? Des sondages ont-ils été effectué pour évaluer le potentiel de population concernée ? Ou n'est-ce mis en valeur que pour cautionner la "diversification et la richesse" de ce nouveau système de remplacement.
Notre pays a besoin de jeunes toujours mieux formés, qui devront s'insérer dans une société de plus en plus tournée vers les services et la technologie, et où les compétences et la formation sont des facteurs de plus en plus importants pour l'insertion et la réussite professionnelle et sociale.
Les professeurs, à qui est largement dévolue cette mission d'éduquer notre jeunesse, et qui ont la confiance des parents et d'une large majorité de nos concitoyens, sont-ils voués à être remplacés par des chômeurs et des étudiants ? N'y voyez pas une quelconque opprobre à l'endroit des chômeurs ou des étudiants, mais le métier d'enseignant exige des compétences propres, et de l'expérience. C'est pour acquérir cette expérience qu'au sortir de leurs études, les enseignants effectuent une année de stage accompagné.
Pour que l'éducation nationale puisse rendre ce service à la hauteur des attentes, il faut qu'elle puisse offrir l'éducation à laquelle chaque élève a droit, et non remplir une simple mission de gardiennage, ou pire, de mauvaises expériences éducatives qui pourraient conduire à des échecs scolaires.
Nous comprenons que le but de ne pas remplacer 1 professeur sur 2 lors de ces départs massifs à la retraite permettra des gains budgétaires très importants. Mais à quel prix ?
Etes vous prêts à confier l'éducation et l'avenir de vos enfants à pôle emploi ou à des étudiants ?

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