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Pourquoi TOUMAÏ ?

La question nous est souvent posée.
Toumaï est le nom du plus vieux crâne fossile trouvé à ce jour. Une équipe de chercheurs franco-tchadiens a découvert ce fossile vieux de plus de 7 millions d’années dans le désert du Tchad. Toumaï serait donc notre ancêtre à tous. De plus, dans la langue du désert tchadien cela signifie ”espoir de vie”‘, un véritable appel qui veut nous rappeler les origines communes de notre état d’homme.
En 2002, Henri Sobowiec, Chantal Michaud, Bernard Huré, Françoise Waroquier, Sylvie Cardona-Gil, Alain Le Boucher, Pierre Mitsieno, Véronique Jullien, Tassadit Chevalier et Jean-François Berjonneau avaient choisi ce nom pour une association qui se définissait comme “cercle d’études de tous les savoirs” (ou université populaire). Ce généreux projet laïc n’ayant pu se réaliser, il restait un nom, et un magnifique logo, réalisé par Alain Le Boucher, qui est également l’auteur de l’astrolabe près de de la poste de Val de Reuil.
Voici le commentaire d’Alain Le Boucher sur ce logo :
“Je me suis inspiré de l’homme qui marche de Giacometti. Mainte fois explorée par l’artiste, et sans cesse modifiée, cette figure décharnée se passe de commentaires. Le modelé ” brouillé ” de la silhouette peut faire penser à un mirage.On raconte que cette oeuvre était portée par une ambition métaphysique : représenter la misère de l’homme sans Dieu en proie au vertige et à la solitude existentielle, telle qu’elle est théorisée, à l’époque de sa création, par Jean-Paul Sartre.
Dans les premières années du XXI ème siècle, l’homme qui marche pourrait bien être l’homme sans papiers, sans racines… Homme de nulle part, homme universel.
Il marche sur une Terre grise et porte sur son épaule, tel un balluchon géant, une Terre bleue.
Faut-il voir son fardeau comme l’espoir d’une vie meilleure ? Ou au contraire, le bagage du marcheur est-il fait de souvenirs et de regrets du vieux pays quand il traverse nos villes industrielles ? Son bagage contiendrait-il un remède à la grisaille ambiante ?”
Merci à Henri de nous avoir transmis ce logo et ce commentaire magnifiques.

Laetitia Sanchez

déjà 2 commentaires pour cet article

  1. Août 2010
    30
    22 h 06

    Ce texte me fait songer à cette définition profonde et si pleine d’actualité que le philosophe et naturaliste Yves Paccalet vient de donner du mot Nomade : “Du grec, nomados, « celui qui fait paître »… Le nomade est un berger. Il conduit le bétail, il marche devant, il indique le chemin. Il sait ce qu’il y a de l’autre côté. C’est un guide. Un sage… Il a son pays attaché à ses semelles. Il ne désire d’autre patrie que l’herbe, le sable, la forêt, l’infini des glaces ou de la savane. L’espèce humaine est nomade dans l’âme. Elle mériterait le nom d’Homo nomadicus. Voici 2 millions d’années, notre ancêtre l’Homo erectus (le fils de l’australopithèque) a quitté l’Afrique pour devenir l’homme de Java, de Pékin ou de Tautavel. L’Homo sapiens a recommencé la même migration voici 100 000 ans : et il a conquis la planète. En ce début de XXIe siècle, plus de la moitié des humains sont sédentaires et vivent en ville. Mais (paradoxe !) le nomadisme est à la mode. Nous changeons de travail ou d’adresse, le touriste pullule, nous communiquons grâce à des outils (le téléphone et l’ordinateur portables) que nous qualifions précisément de « nomades ». Nous rêvons du mode de vie sans contrainte de ceux qui n’ont que l’horizon pour frontière. Hélas ! Au même moment, l’existence des derniers vrais nomades devient un calvaire. Le Gitan dans sa roulotte, le Mongol à cheval, le Sibérien et ses rennes, l’Inuit et ses chiens, le Touareg et ses dromadaires, le Boschiman du Kalahari, l’aborigène d’Australie sont méprisés, attaqués, assassinés, spoliés et mis en cage dans des camps de béton où on leur coupe la possibilité d’aller et de venir, c’est-à-dire les ailes de l’esprit. Quelques peuples réussissent à cheminer encore au vent de la steppe, du désert ou de la montagne. Ils sont en sursis. Menacés. Et d’autant plus précieux qu’ils portent tous le même nom : « Liberté ! »”

    laetitia

  2. Sep 2010
    22
    20 h 06

    Et Alain Le Boucher poursuit sa réflexion : “La victoire technique des sédentaires sur les nomades ressort peut être de l’application des mêmes forces qui ont créé cette société occidentale dont le moindre paradoxe est que ses membres se pensent comme des individus ; vivant cependant en métropoles immenses de multitudes de douillets domiciles abonnés au gaz, à canal+, à internet et à tout le reste. Les nomades sont une trace, peut-être le dernier indice, qu’une autre manière de penser a existé. A titre de contre-exemple, ils sont peut-être plus dangereux pour les sociétés sédentaires que leur faible nombre ne pourrait le faire penser…”

    laetitia

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