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Contournement Est de Rouen, ou liaison A28-A13, la clôture à Rouen : les décisions doivent se baser sur des éléments rationnels.

Après 8 réunions, à Rouen, Evreux, Saint-Jacques-sur-Darnétal, Oissel, Pîtres, Val-de-Reuil, Gouy, et Alizay, cette réunion finale, de nouveau à Rouen, avait pour objectif de restituer les chiffres, les arguments basés sur des éléments objectifs, et les volontés des acteurs qui ont participé au débat sur le Contournement Est de Rouen, dans chacune des réunions publiques.
C'est l'heure du bilan de la concertation, qui a été utile pour pouvoir écouter la volonté des habitants, usagers, et des différents acteurs, et utile aussi pour que chacun puisse présenter ses arguments pour ou contre ce projet.
Le maître d'ouvrage de cette liaison A28-A13, la Dréal, n'a eu de cesse de dire qu'il n'y avait qu'une alternative : c'est ce projet, sous forme de concession autoroutière, ou bien pas de contournement. Il sera toutefois possible de modifier, ici ou là, l'emprise de l'infrastructure afin de s'adapter aux spécificités du terrain, ou de préserver telles ou telles habitations.
Mais on sera dans le détail, globalement, c'est ce projet là ou pas un autre. On est donc pour le contournement Est de Rouen, ou on est contre.
Les acteurs, cela a d'abord été les habitants. Ils sont venus massivement pour dire leur opposition à ce projet de contournement qui ne répond pas à leurs besoins, et qui est une menace pour leur santé, leur qualité de vie et leur environnement. Ils ont réfléchi longuement à ce que pourrait leur apporter cette liaisonA28-A13. Ils ont lu, se sont renseignés, et n'oublions pas qu'ils sont aussi experts d'usage.
Ils représentaient la majorité, sinon la quasi-totalité de ces salles pleines à craquer. Les vidéos sont là pour en témoigner. A Oissel, à Alizay, à Pîtres, à Val-de-Reuil, à Gouy où les huées et les sifflets ont manifesté leur refus, leur désarroi face à ce nouveau projet qui n'est pas ce qu'ils veulent, ni pour aujourd'hui, encore moins pour dans 10 ans, que dire de 2050... Ils sont venus exprimer leur colère, et aussi expliquer des situations, poser des questions, et les réponses ne nous ont pas semblé à la hauteur des enjeux posés par ces questions.
Les acteurs représentés ont aussi été économiques - essentiellement logisticiens et CCI, que nous avons appris à connaître et reconnaître. Et aussi le Port autonome.
Egalement des exploitants agricoles, et la SAFER dont le message a été un message clair pour l'avenir : M. Emmanuel Hyest a bien fait comprendre que les politiques devaient avoir le courage de protéger durablement les terres agricoles pour assurer la nourriture des hommes demain. Chaque année, sur le seul territoire de la CREA, ce sont déjà 97 hectares d’espaces naturels, agricoles et forestiers qui disparaissent. Aussi lorsque l'emprise d'une telle infrastructure vient en arracher 600 hectares, dont 290 hectares de terres agricoles - polyculture et élevage pour la plupart, il faut avoir conscience que c'est la nourriture de demain que l'on supprime, et des emplois supprimés ou menacés, dans des circuits courts souvent. Notre propre nourriture. Faudra-t-il se la faire acheminer demain par camions d'Espagne ou d'ailleurs ?
Qu'a dit M. Hyest dans sa conclusion, à propos des terres agricoles qui disparaissent bel et bien :
"Si l'on veut protéger durablement le foncier agricole, il faut que les élus aient le courage, entre l'ouvrage, s'il doit se faire, et la zone urbanisée, que ce soit classé durablement en zone agricole. Durablement. Cela veut dire que, pour éviter les effets d'opportunité, une route qui se fait, et où chacun se dit : entre la route et la ville, ça devient du terrain à construire. Il faut qu'on ait le courage de dire que cela devient du terrain agricole protégé. Il faut qu'on aille jusque là. Et ça, c'est une responsabilité d'élus."
Et puis il y a eu les maires concernés par le contournement Est de Rouen, qui ont, eux, entendu leurs populations, et qui s'opposent à cette autoroute. Ils ne s'opposent pas à l'amélioration de l'existant, souhaitent bien entendu favoriser le développement économique, et l'emploi, en maintenant la qualité de la vie, la santé, l'environnement et les paysages qui nous sont chers.
Il sont résolument contre l'idée même d'un péage qui serait une nouvelle barrière économique pour tous ceux qui travaillent, ou cherchent de l'emploi, ou vont tout simplement faire leurs courses ou ont vocation à traverser leur territoire sans barrière, qu'elle soit physique ou économique. C'est un territoire, les plus belles boucles de la Seine, que l'on n'a pas le droit de saccager.
C'est en ce sens qu'une motion a été votée - à l'unanimité - hier à la CASE (Communauté d'Agglomération Seine-Eure) : La totalité des élus estime que le contournement tel qu'il est proposé n'est pas acceptable dans sa version autoroutière. A la fois sur le plan du péage, en rappelant notre attachement à la gratuité de l'accès routier localement, et pour aller travailler, et pour circuler. Et aussi qu'ils ne veulent pas de 2x2 voies dans l'Eure. Les élus ne veulent pas d'une infrastructure pharaonique : ils veulent une infrastructure à l'échelle des besoins du territoire et des échanges effectivement réalisés ou à réaliser.
Enfin, les derniers acteurs sont les nombreux collectifs et associations opposés à ce projet autoroutier ; ainsi que l'association pour le contournement est - selon les dires de son président, la seule association à défendre le contournement Est de Rouen.
Ce que les grands élus ont appris de cette concertation.
Tout d'abord, que l'on si l'on a vu les opposants dans les réunions (les habitants, quoi !), c'est que ceux qui étaient pour ne se sont pas montrés. C'est habituel...
(Dans la bouche d'un politique, c'est un peu comme dire que les abstentionnistes sont pour la majorité, mais n'ont pas pris la peine de se déplacer vers les urnes pour le dire.)
Le choix final appartient à ceux qui exercent la responsabilité, les grands élus. Ils ont le droit et le devoir de faire des choix.
Les grands élus souhaitent une décision rapide, urgente même. Le moment de la concertation a été utile. Ils ont pu écouter, puisqu'ils n'étaient pas présents, au travers des comptes-rendus qui leur ont été faits, et désormais, il faut entamer le chantier, si le ministre donne son aval.
A mon avis, il faut évaluer les arguments de toutes les parties, y compris les diagnostics des agglomérations, les SCoT et les PADD, étant donné qu'aucune étude d'impacts, ni aucune étude socio-économique n'a été menée jusqu'à lors. Les documents existent, ceux des agglomérations, comme ceux de l'Etat, qui contredisent les arguments des promoteurs du projet.
C'est vrai que j'ai l'impression d'entendre des crédos, des confiteors et des jugements de valeur de la part des grands élus. Nous entendrons, dans la vidéo, M. Rouly, Président du CG 76 dire : "les uns pouvant reprocher un ton qualifié de péremptoire, et d'autres étant libres aussi de reprocher à ceux-là un ton comminatoire, ce n'est pas l'état d'esprit dans lequel il faut aborder cet exercice."
Et bien, comme lui, je pense que ce n'est pas dans un rapport conflictuel que nous devons avancer. Et je pense que tous les arguments doivent être pesés, étayés, et rationnels pour pouvoir faire un choix raisonné et raisonnable.
Nous avons entendu, argument répété, que c'était "utile et nécessaire", mais, nous sommes sur notre faim sur la raison du pourquoi. Et très souvent pleinement convaincus du contraire.
Une voix, cependant, vibre sur un tout autre ton.
Celle de l'agglomération Seine-Eure, et de son Président, Bernard Leroy.
Lui a été présent à plusieurs réunions. Il a entendu, et il a écouté. C'est important.
Il a ressenti le désarroi et, j'imagine, la colère de ceux qui risqueraient, si ce projet allaient à son terme : dévaluation des biens, sans aucune compensation ; paysages abîmés irrémédiablement ; drames humains et financiers.
Il a entendu les milieux économiques et agricoles. Evidemment, il faut développer l'économie. Et il faut aussi désormais écouter l'appel de la Safer, qui réclame la préservation des terres agricoles. Parce qu'on les détruit quoi qu'il en soit.
Il a compris la nécessité d'utiliser le rail et le fluvial, moins polluants que les camions, il a entendu qu'il faut s'ouvrir au tourisme, et, surtout, garder intactes nos boucles de Seine, notre écrin.
Il n'a pas entendu les 5200 chômeurs de classe A, qui ne seraient pas venus. Ils étaient là aussi. J'en ai rencontrés et je leur ai parlé. Et le message qui est porté par eux, c'est que c'est triple peine économique. D'autant que les nouvelles implantations d'entreprises risquent de n'être, comme cela s'est passé sur l'A28 et dans toute la France (et en Europe, mais c'est loin), que des relocalisations. Parfois à quelques kms.
J'ai entendu Bernard Leroy parler du problème des bouchons dans l'agglo de Rouen.
La question est : est-ce que ce contournement peut apporter une solution à ces bouchons ? Etant donné le trafic à l'est, malheureusement, c'est non.
Je l'ai entendu demander en priorité, avant d'aborder ce contournement, de résoudre le problème de sécurité routière qu'est le péage de Criquebeuf. Emprunté par les usagers, qu'ils soient véhicules légers ou poids lourds, parce qu'il est gratuit.
Que demande-t-il :
La gratuité des accès au contournement Est de Rouen pour les habitants.
Ne pas couper le territoire de l'agglomération en deux sur le plan économique. Ne pas fracturer le territoire eurois.
La solidarité avec l'agglomération rouennaise est effective. Mais cette autoroute n'est pas la solution. Il a regardé les trafics, et nous avons travaillé pour rendre les données lisibles, le problème n'est pas ici, la solution n'est pas là.
La CASE a, depuis, voté contre ce projet de liaison autoroutière CASE-CREA.
M. Leroy a écouté. Ecouté les arguments, et écouté les habitants, les usagers. Lui a fait le job. Satisfecit. Il faut comprendre, il faut y être : les gens tapent du pied par terre, huent et sifflent, c'est physique. C'est impressionnant. Chapeau, M. Leroy.
Pour l'Eure, c'est non à cette autoroute A28-A13 !
Il n'y a pas que les grands élus, d'un même parti. L'avis d'autres élus, représentant d'autres visions, peut être plus éclairant, ou pas.
David Cormand, son discours est limpide. C'est un projet du passé. Le temps a passé, l'expérience est passée par là. Tout le monde revient sur ce passé pour tenter d'avancer. Dans le monde, on détruit autoroutes urbaines et rocades.
Pas nous.
Je ne vais pas revenir sur ses propos, écoutez-le plutôt. Transit (pas de transit à l'est), temps de transport, avantages, péage, dette, exemplarité environnementale clamée par la métropole, voeu pieux. L'infrastructure, telle qu'elle est, a été dessinée dans un temps où même le pont Flaubert n'existait pas. Il faut tenir compte des réalités actuelles.
Dans les faits : il faut faire moins cher et mieux, et cesser de se mentir et de mentir aux citoyens.
Aujourd'hui, l'efficacité, c'est la possibilité, l'acceptabilité, l'adéquation aux besoins, et la rentabilité pour tous. Toutes les métropoles du monde sont en train de revenir, non pas en arrière, mais sur les choix faits dans le passé.
Mais nous, nous allons faire les choix du passé pour les décennies à venir.
Il faut défendre les solutions réalistes, utiles et économes. Ce projet est désuet, inutile, nuisible et ruineux.
M. Vincent, le président de la seule association pour ce contournement Est de Rouen, parlera juste après.
Ses arguments sont indiscutables. Ce ne sont pas des arguments, mais des évidences. A tel point qu'elles seront reprises par la sénatrice Morin-Desailly, en disant qu'elle n'allait pas rappeler... Quoi, les évidences ? Allons-y :
  1. Evidence qu'il faut doter la future métropole d'une rocade complète dont l'un des maillons à l'est est le contournement ;
  2. évidence quand il s'agit de soulager les pénétrantes pour les besoins routiers de plus en plus nombreux, et de permettre les transports en commun ;
  3. évidence quand il s'agit de répondre au développement urbain des Plateaux Nord et Est et de donner aux habitants les moyens de rallier plus rapidement leurs zones d'emplois ;
  4. évidence lorsqu'il s'agit de relier la métropole avec les bassins d'emplois de la vallée de l'Andelle et de l'Eure ;
  5. évidence pour les accès du grand Port Maritime, dont l'une des priorités est d'accueillir les céréales en provenance de la route du blé, à l'est de l'agglomération ;
  6. évidence pour les trafics d'échanges initiés par la zone industrielle ou portuaire pour alimenter les zones commerciales de la Haute-Normandie ;
  7. évidence pour répondre aux défis économiques que l'Etat a engagé le long de l'axe Seine, en accueillant de nouvelles plateformes multimodales, celles de Seine-Sud et Pîtres-le Manoir étant privilégiées pour leur emplacement ;
  8. évidence aussi pour lever le verrou routier de l'axe Calais-Bayonne ;
  9. évidence pour accroitre l'attractivité de notre métropole, le moteur de l'emploi.
Ce qui est évidence pour les uns peut poser questions pour les autres, et mérite d'être débattu :
  1. Les métropoles ou grandes agglomérations qui n'ont pas de rocade sont légion, en France comme à l'étranger. On détruit aujourd'hui des autoroutes urbaines inutiles. Et oui, en France, nombre de villes et métropoles n'ont pas de contournement, de rocade complète. Grenoble (dont les études ont montré que la rocade nord, très contestée, ne délesterait pas significativement la rocade sud), Rouen (qui n'a pas de contournement Est, et surtout, pas de contournement Ouest, vers le port), Tours (réalisation de l'A110 suspendue), Orléans (une tangentielle ouest), Clermont-Ferrand, Avignon, Angers (rocade sud - pour 100 000 usagers potentiels - à l'arrêt depuis 2009), Reims, Dijon (c'est un contournement de 18,5 km à l'est - RN274), Perpignan, Nîmes, Toulon, Cannes, Le Havre, Dunkerque, La Rochelle, Brest, Mulhouse, Bayonne, Strasbourg ne sont pas équipées de contournements complets. Et encore moins en autoroutes payantes...
    Cette vision de toutes les villes qui devraient être ceinturées date-t-elle des années 60, ou bien encore du moyen-âge, lorsque l'on fortifiat les villes  Les autoroutes seraient-elles nos nouveaux remparts ?
  2. Les autoroutes ne favorisent pas les transports en commun, nous ne sommes pas crétins. Quant à soulager les pénétrantes, il suffit de regarder le trafic est + le trafic nord : 3598 véhicules VL + PL. C'est 10 % du trafic de transit (y compris l'A150, l'autoroute de Barentin, l'A150, et tout le trafic radiales et est). C'est 0,36% du trafic global;
  3. Le développement urbain des plateaux est va à l'encontre des schémas de cohérence territoriale et du PADD de la CREA, comme de la CASE. Parlons de la CREA et des Plateaux Est : les objectifs du SCoT, du PADD et du PLUI à venir, sont de ne pas favoriser l'étalement urbain du fait d'une infrastructure facilitant, ou obligeant, les déplacements automobiles. Les axes de développement péri-urbains veulent se limiter à Isneauville et Franqueville St-Pierre - Boos. Pas tous les Plateaux Est.
    Comme nous n'avons pas d'études d'impacts, ni d'autres études par le maître d'ouvrage, il est important de se référer aux documents du passé. L'exemple récent, négatif pour la congestion urbaine, c'est l'A28 :
    Selon la direction Régionale de l'Equipement, dans le bilan de l'A28 :
    Ces premiers résultats laissent déjà présager un des effets de l’infrastructure sur l’étalement urbain : celui-ci s’étend bien au-delà de ce qui était pressenti dans les études préalables de l’autoroute, jusqu’à plus de 30 km du pôle urbain de Rouen.
    augmentations de circulation dépassent les 30 voire 50 %, soit 3 à 4 fois plus ! Un ménage supplémentaire en périphérie urbaine, c’est bien plus qu’un déplacement quotidien aller-retour en voiture individuelle de plus, mais plutôt 3 à 4...
    Cela est d’autant plus important que la fonction principale de l’A28 était de renforcer la vocation interrégionale entre la Normandie, la Picardie et le Nord-Pas-de-Calais et de transit international notamment pour les flux venant de Grande-Bretagne et de Belgique de l’axe que représentait la RN28. Une péri-urbanisation massive n’a pour ainsi dire pas été anticipée. Pourtant, force est de constater aujourd’hui que la fonction principale de l’autoroute est de faciliter les échanges quotidiens entre les agglomérations de Rouen et à une moindre mesure Abbeville et les communes résidentielles périphériques. L’A28 a joué un rôle de catalyseur de l’étalement urbain pour ces agglomérations, ce qui n’est pas la vocation principale d’une autoroute.
  4. Relier la métropole avec les bassins d'emplois de la vallée de l'Andelle et de l'Eure ne peut se faire en faisant payer les Eurois, pour qui l'Eure est un bassin de vie, et la métropole un bassin d'emplois. Le péage serait un double peine économique pour les habitants des plateaux Est et de l'Eure ;
  5. La route du blé est à l'est, passant par la RD6014 qui n'est PAS traitée par le tracé, ou en provenance de la Beauce, au sud, qui passe par l'A13 pour aller sur le port, à l'OUEST de l'agglomération ;
  6. Les trafics d'échanges sont la vraie problématique de cette autoroute, et ils n'ont pas été traités. Nous parlons de trafics d'échanges qui se font à 90% en VL. Mais sur ces trafics d'échanges, combien passeraient par la route gratuite ? Quels seraient les impacts sur la sécurité sur les réseaux secondaires, et sur l'accroissement de l'insécurité de l'A13 ? ;
  7. Il est important d'engager une vraie réflexion, à long terme, sur l'intermodalité. La rupture de charge, même à 100 km de Paris, coûte trop cher. Elle fournit peu d'emplois, ce qui est un autre problème. Et l'axe nord-sud n'existe pas pour l'instant, à part sans rupture de charge par l'A28 et, surtout et malheureusement, la RD438, sur l'axe Calais-Bayonne. Il faut donc que la ligne Serqueux-Gisors soit mise en place, ainsi que le fluvial ;
  8. L'axe Calais-Bayonne existe : c'est l'A28. Même si les camions préfèrent emprunter la RD438 pour raison de coût... l'A28, c'est le grand contournement de Pris à 200 km de Paris : 1053 km de route, dont 1039 en voie rapide, dont il ne manque plus que la complétude à Rouen, par l'ouest, comme le dit la Dréal en ce qui concerne A28-A28 ;
  9. Sur l'attractivité, je n'ai rien à dire, c'est un mot-valise. Ne soyons pas seulement attractifs : soyons attirants !
Il n'y a pas d'évidence à citer ce qui peut paraître des évidences, qui ne sont en réalité que des croyances.
Cette autoroute serait néfaste pour les gens et pour le territoire. Nous n'avons aucun document qui nous permet de prouver que nous ayons quoi que ce soit à y gagner.
Sans documents, il faut se baser sur les diagnostics des agglomérations, les SCoT, PADD, PDU et les PLU et PLUI qui vont les remplacer. Il faut aussi prendre en compte les analyse et le bilans des Ponts et Chaussées sur les réalisations antérieures. Que disent les ponts et Chaussées ?
"L’évaluation d’impacts engendrés par la mise en service d’une autoroute sur les territoires qu’elle traverse est une tâche assez délicate, car il est difficile d’isoler du contexte général un élément afin d’en estimer les conséquences.
Elle l’est d’autant plus lorsque le bilan « point zéro » n’a pas été réalisé, et que l’on ne dispose donc pas d’éléments fiables permettant de mesurer précisément ces évolutions.
C’est pourquoi il paraît indispensable de réaliser soigneusement les évaluations « ex-ante » prévues dans la Loi lors de l’étude des projets d’infrastructures nouvelles afin de disposer plus tard d’un « point zéro » fiable." (Direction Régionale de l'Equipement haute-Normandie
Les risques financiers, environnementaux et humains sont gigantesques.
Sans pour autant délester les rouennais de la congestion de circulation, sans améliorer la qualité de vie, et l'on reprend les vieilles recettes qui ont échoué pour recommencer les mêmes erreurs.
Il faut renoncer à construire cette autoroute, le contournement Est de Rouen. Pour l'humain, pour l'environnement, pour l'agriculture, pour le lien social, pour l'emploi, pour ne pas enclaver les gens, pour éviter la frontière économique, alors que l'on sait, par les chiffres fournis par le maître d'ouvrage, que cette infrastructure ne répond en rien, ou de façon infinitésimale, aux problèmes de circulation, et en génèrerait d'autres.
Le trafic de transit va à l'ouest, à 90%, et nous devons lutter contre l'étalement urbain, générateur de congestion urbaine, d'artificialisation des terres naturelles.
Regardons les documents, et regardons les chiffres qui ont servi à bâtir ce modèle (le contournement). Le dernier argument du maître d'ouvrage - éloigner la majorité du trafic de poids lourds en transit - ne tient pas la route face au constats réalisés par les ponts et chaussées : le trafic de transit va à l'Ouest, et on ne peut le dévier à l'Est. C'est la réalité dont on doit tenir compte.
trafic de transit de l'agglomération rouennaise
SVP, ne mettez pas nos sous dans cette catastrophe annoncée.

Liaison A28-A13. C’est NON ! Non à Gouy, Ymare, Les Authieux, Val-de-Reuil, Pîtres, Poses, le manoir, Léry, Oissel, Saint-Etienne du Rouvray… C’est NON partout.

Une réunion houleuse à Gouy. La population ne veut pas de cette autoroute, la soi-disant liaison A28-A13. Elle le dit, elle le crie. C'est NON ! Non à ce tracé, et non à l'autoroute !
1 - présentation du projet par le maître d'ouvrage, la DREAL, représentée ici par M. Patrick Berg
La présentation du projet, désormais bien rôdée. "Nous pensons qu'elle est utile et nécessaire", dit le maître d'ouvrage, la DREAL.
  • Le premier argument est que "l'agglomération rouennaise est une des dernière villes de France à n'avoir pas de contournement".
    Faux : Grenoble (dont les études ont montré que la rocade nord, très contestée, ne délesterait pas significativement la rocade sud), Rouen, Tours (réalisation de l'A110 suspendue), Orléans (une tangentielle ouest), Clermont-Ferrand, Avignon, Angers (rocade sud - pour 100 000 usagers potentiels - à l'arrêt depuis 2009), Reims, Dijon (c'est un contournement de 18,5 km à l'est - RN274), Perpignan, Nîmes, Toulon, Cannes, Le Havre, Dunkerque, La Rochelle, Brest, Mulhouse, Bayonne, Strasbourg ne sont pas équipées de contournements complets. Et encore moins en autoroutes payantes...
  • "L'ensemble du trafic, et du trafic de transit, est obligé d'emprunter les radiales et le centre de Rouen", dit la DREAL.
    C'est faux : contrairement à ce qui est expliqué, 84,5 % du transit se fait avec l'ouest. 55% du trafic de transit c'est Paris-Le Havre, 18178 véhicules.
    Le trafic en transit vers l'ouest c'est 25387 véhicules, 77% du trafic de transit. C'est l'A13. La direction, c'est l'ouest.
    Le trafic en transit A28 nord - A28 sud-ouest vers Alençon, ou vers la RD438 , sud ouest, 2460 véhicules, 7,5% du transit.
    C'est donc 84,5% du trafic de transit qui passe à l'ouest.
    Le trafic venant de l'A13 vers l'A150 (Barentin) et l'A151, 1615 véhicules, mois de 5%. Voilà pour les radiales.
    Le trafic de transit venant de l'A13 et de la RN154 vers l'A28 par l'est - la où serait le contournement -, c'est 1983 véhicules actuellement, 6% du transit.
    On le voit, le contournement est ne peut en aucun cas accueillir le trafic de transit qui va à l'ouest, la quasi totalité du trafic de transit.
    Il ne résoud pas la question de la liaison A28-A28 par l'ouest, sauf en doublant le trajet des poids lourds, en les emmenant vers l'est d'abord, pour récupérer l'A13 pour retourner vers l'ouest, en doublant la pollution émise, en congestionnant encore un peu plus l'A13 entre Incarville et Rouen. Cela rendrait encore plus dangereux les échangeurs de Criquebeuf et Tourville-la-Rivière, et fragiliserait cet axe essentiel nationalement qu'est l'A13.
    Il est utile de citer l'avis du Conseil Général des Ponts et Chaussées du 30 novembre 2006 sur l'A28 ABBEVILLE ROUEN 
    "Les objectifs de trafic de l'ouvrage ont donc été largement dépassés. Cependant, ce dépassement n'est pas dû à la fonction première d'itinéraire de transit qui lui était assignée, mais à une fonction induite de support du développement urbain."
    Les promesses étaient les mêmes, les effets seront les mêmes.
  • Il y a un fort potentiel de développement sur la partie économique pour l'agglomération rouennaise, dit le maître d'ouvrage. Mais aussi pour les pôles économique de Val-de-Reuil, la vallée de l'Andelle qui créeront des richesses et de l'emploi.
    La Direction de l'équipement a démontré que sur l'A28, Abbeville Rouen, mais aussi Rouen Alençon, il n'y avait pas eu de créations nettes d'emplois, mais un effet de relocalisation.
    Parce que l'autoroute représente un mur qui coupe les entreprises de leurs clients. Les prédictions économiques qui disaient qu'il y aurait des créations nettes d'emplois se sont avérées fausses.
    Comment la DREAL peut parler de créations d'emplois, alors que les études socio-économiques n'ont pas été réalisées, et que des infrastructures du passé ont prouvé qu'il n'en n'a rien été ?
    Citons encore l'avis du Conseil Général des Ponts et Chaussées du 30 novembre 2006 sur l'A28 ABBEVILLE ROUEN
    "Les collectivités ont eu la volonté d’accompagner la réalisation progressive de l’infrastructure, ce qui s’est traduit par l’aménagement de nombreuses zones d’activité économiques. Ces zones d’activité, qui conservent aujourd’hui encore d’importantes réserves foncières, ont accueilli un nombre croissant d’établissements, ce qui paraît répondre aux objectifs des collectivités. Ce point est cependant tempéré par les entretiens menés avec les acteurs locaux qui, sauf dans les secteurs au dynamisme économique déjà bien avéré, évoquent plutôt un effet de relocalisation que de création nette d’activité."

2 - Francis BIA pour l'association HNNE (Haute-Normandie Nature Environnement).
Au contraire des interventions de la DREAL qui ont été huées et sifflées, l'intervention de Francis BIA est littéralement ovationnée.
C'est non à ce contournement Est de Rouen.
"Nous avons tous besoin pour vivre d’Air, d’eau, de Nourriture, de Sommeil : ne pas en tenir compte met en péril la santé et même la vie."
Préserver l’environnement, c’est donc préserver l’humain, avec ses activités, son habitat, son droit à conserver, ou à retrouver, une qualité de vie satisfaisante.
Actuellement, alors que l’on finalise des textes de loi sur la transition énergétique, les enjeux environnementaux et humains, sur ce projet de contournement Est ne sont pas suffisamment pris en compte.
Les documents qui nous sont fournis pour la Concertation sont trop fragmentaires pour montrer toute la richesse écologique de nos territoires…
Ou alors les documents complets ne nous ont pas encore été communiqués.
Le maître d’ouvrage évalue à 600 hectares la superficie qui sera soustraite aux milieux physiques.
Ces 600 hectares se traduisent par :
• Une perte pour les activités agricoles et sylvicoles, et par la destruction d’un réservoir de biodiversité.
• Une perte de valeur patrimoniale et de qualité de vie pour les familles riveraines... et pas seulement elles !
Les territoires les plus impactés par le projet à savoir » un espace de 10 km de part et d’autre de l’infrastructure», selon le Schéma de cohérence Territorial.
600 hectares = 6 000 000 m2 soit sur 41km de long = une largeur de 147 mètres de large
600 hectares = 6 millions de m2 = 840 terrains de football…
HNNE défend en cela l’intérêt général et non de simples intérêts particuliers. Ils comprennent parfaitement l’intérêt du concessionnaire à se voir confier un nouveau marché. Mais que nous faire acheter ce produit qu’est le contournement n’est pas forcément un acte de philanthropie. Et cette façon de mettre en avant l’intérêt général ressemble à un argument de vente.
M. Bia rappelle au nom des associations qu'ils souhaitent que la participation de l’Etat à cette Concertation ne soit pas uniquement destinée à promouvoir et imposer ce projet à partir de la variante préférentielle.
Il faudrait des échanges d’arguments basés non sur la croyance, mais sur la réflexion, sur le raisonnement à partir de documents complets et d’études détaillées, qui ne nous ont pas été fournis à ce jour. Ils veulent des échanges qui évitent la répétition d’affirmations non démontrées et présentées comme indiscutables.
C’est ainsi que le mot Concertation peut retrouver son sens.

3 - intervention de Alain Roussel, maire des Authieux : c'est non !
NON à cette autoroute ! Sous les applaudissements...

4 - questions réponses - sécurité des axes secondaires, impacts environnementaux et économiques, absence de concertation avec les communes
5 - réponses sur le cancer : C'est la stupeur et la colère dans la salle !
La question, posée vers 5mn50 de cette vidéo, ne trouvera sa réponse qu'après la 18ème minute.
Froide, glaçante, cynique ou scandaleuse, alors qu'on évoque le cancer et la mort, la réponse de M. Berg sidère et révolte le public.
"On a tous aujourd'hui une habitation, desservie par une infrastructure, une route, qui passe devant chez lui. Voilà !"
C'est un tollé, un soulèvement.
On ne veut pas d'une autoroute qui charrie la mort !

6 - le sénateur communiste Thierry Foucaud sur le Grenelle, et Francis BIA.
Un médecin accuse le maître d'ouvrage de mauvaise foi sur la santé des habitants, tandis que le sénateur revient sur le rejet, le mécontentement et la surdité des politiques face aux habitants. Sourds, ou bien quoi ?
Après la réponse de M. Berg - c'est bon pour l'emploi - Francis Bia, HNNE, liste les grandes villes et métropoles qui ne sont pas dotées de contournement routier. Il redemande à ce que les études d'impacts soient épinglées au dossier avant de le confier au ministre afin qu'il puisse décider en connaissance de cause ! Puisque ce projet, même s'il diffère totalement de celui débattu en 2005, ne fait pas l'objet d'un nouveau débat...

7 - Safer - compenser les terres agricoles mais perdre définitivement des terres arables.
Emanmuel Hyest explique le rôle de la Safer (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural), qui a pour but de compenser dans ce projet les pertes de terre agricole pour les exploitations agricoles. La Safer acquiert, des parcelles souvent d'agriculteurs en fin de carrière, ou bien des parcelles excentrées, afin de recomposer des exploitations pour les agriculteurs dont les terres sont artificialisées et bitumées.
Mais des terres agricoles disparaissent bel et bien. M. Hyest estime que les politiques doivent avoir le courage de protéger durablement les terres agricoles, et ne pas les mettre en terrains à construire.
Pascal BENARD, directeur général de la Safer HN, explique que les acquisitions ont exclusivement vocation à rétablir les exploitations agricoles, et non de permettre aux collectivités d'acquérir des réserves foncières pour créer des zones d'activité. Sur les 70 km donnés en exemple sur l'A28, 1 seule zone d'activité a été créée, et elle est aux 3/4 vide aujourd'hui.
Les créations d'emplois qu'escomptaient les élus n'ont pas été au rendez-vous.
Une démonstration qui avait déjà été faite lors du débat public sur la LNPN.
Une vidéo de la présentation Pascal Bénard, pour la Safer, de bien meilleure qualité, avait déjà été présentée lors du débat public LNPN.

• Les terres arables et les forêts détruites ne seront pas compensées. Elles sont détruites définitivement.
• Les acquisitions ont exclusivement vocation à rétablir les exploitations agricoles, et non de permettre aux collectivités d'acquérir des réserves foncières pour créer des zones d'activité.
• Les zones d'activité le long des autoroutes ne créent pas d'emplois.
9 - expropriations, intérêt général, exploitations agricoles qui devront partir, trafic et emploi.
On voit que le cas d'exploitations agricoles, qui n'ont pas forcément été reçus ou visitées par la Safer, notamment en filière courte, du producteur au consommateur, va obliger certains à abandonner leurs exploitations.
L'infrastructure - l'autoroute dont personne ne veut - va prélever 600 hectares, dont 290 hectares de terrains agricoles. Déclarée d'utilité publique, les terres seront achetées, ou les propriétaires expropriés, au nom de l'intérêt général.
Concernant les questions sur le trafic, M. Berg, s'il ne conteste pas les chiffres, se trouve néanmoins dans l'incapacité de répondre.
Le détournement du trafic de transit a été présenté comme un des objectifs majeurs de l'infrastructure, sur la plaquette commerciale, mais aussi tout au long de ces réunions de (soi-disant) concertation.
Ce qui est prévu à Gouy, c'est 6700 poids lourds. Soit sur une amplitude horaire de 15 heures, 1 poids lourd toutes les 8 secondes. Rouleraient-ils 24h/24 que cela représenterait 1 poids lourd toutes les 13 secondes. A ce rythme, les riverains pourraient craindre autant pour leurs nuits que pour leurs jours.
Mais 77% du trafic de transit passe à l'ouest de l'agglomération. On ne peut pas obliger les camions à se diriger sur un axe nord-sud, alors qu'ils se dirigent d'est en ouest, sur un axe paris-Le Havre, 18178 véhicules, 55% du trafic de transit. Mais aussi du nord à l'ouest, près de 10%, du sud vers l'ouest, 10% encore. Et de l'ouest vers l'ouest. Alors que le transit en radiales ne fait que 12% et 6% passent aujourd'hui à l'est. 1984 véhicules.
Les poids lourds, puisque la destination est l'ouest, devraient emprunter un itinéraire qui leur ferait faire le double de kilomètres. C'est à dire le double de pollution.
Combien de morts en plus ? On ne le sait pas. Parce qu'aucune étude d'impacts n'a été réalisée.
Nous avons compris que cela permettrait de rendre la ville aux riverains, à Rouen, argument répété.
Mais combien de morts en plus par cette double pollution, due au double de trajet, qui va exposer les 110 000 habitants des 33 communes impactées ?
Il n'y a pas d'études, pas de documents, donc on ne sait pas. Il suffit de se convaincre que c'est pour l'intérêt général.
Combien de morts tout au long des 55 ans que durera la concession ? On n'est sait fichtre rien. Sauf qu'évidemment il y en aura.
Pour quel intérêt économique ? On ne sait pas, les études n'ont pas été faites.
Alors, comme Jérôme Bourlet, je me demande pourquoi on a oublié le E de la directive ERC : éviter, réduire, compenser.
On ne compense pas, on ne réduit pas, et l'on n'a pas pensé à réaliser des études d'impact, alors, évitons.
Non à cette autoroute qui ne sert, en fait, qu'à ponctionner contribuables et usagers, sans tenir compte des dégâts !

8 - vision d'Apache : oui au contournement, mais en modifiant le tracé aux Authieux-Port-Saint-Ouen.
L'association APACHE, qui veut préserver un air de campagne aux Authieux-Port-Saint-Ouen, ne veut pas du saccage proposé dans ce projet.
François Lorin se dit à mi-chemin entre ceux qui sont pour ce projet et les opposants. Une sorte de "p't'être bien qu'oui" ?
Se défendant d'être "nimbystes" (Not In My BackYard - oui au projet mais pas chez moi), l'association présente un projet alternatif qui éviterait Ymare, Gouy et les Authieux, et se raccorderait à l'A13 en passant par Alizay, Igoville et Sotteville-sous-le-Val. Un pont serait construit supplémentairement au Manoir en redondance de celui de Pont-de-l'Arche.
Au cas où le tracé ne serait pas modifié, l'association souhaite que soit creusé un tunnel afin que le village ne soit pas coupé, avec un ouvrage différent de celui proposé par le maître d'ouvrage pour traverser la Seine.
Il évoque la facilité à creuser le calcaire, sans pour autant parler de la fragilité du coteau, ni du transports de marchandises dangereuses dans les tunnels.
Enfin, François Lorin évoque l'absence de de concertation et de documentation de la DREAL sur ce projet dont ils ne veulent pas en l'état.
Il est utile de rappeler que M. Berg, pour la DREAL, n'a eu de cesse de dire que c'est ce tracé, en l'état, ou bien pas de contournement. Alors, "p't'être bien qu'non" ?

10 - les élus des localités concernées ont été totalement écartés de la concertation.
Aux questions sur les transports en commun et aux engagements de la France en matière de réduction des gaz à effet de serre (facteur 4), le maître d'ouvrage ne daigne pas répondre. Pas plus qu'il ne répond sur la demande, maintes fois réclamée, des études d'impact qui ne se feront qu'après. Comme ne seront étudiés qu'après les transports en commun.
Aux questions sur les expropriations, M. Berg nous dit qu'il n'y a pas de réalisation d'une infrastructure d'intérêt public sans indemnisation juste et préalable.
Les riverains indemnisés apprécieront la justesse de l'indemnisation, et la formule "au plus juste".
Les autres, ceux qui restent, risque moins de goûter l'affirmation de M. Berg à Val-de-Reuil, comme quoi les habitations situées près d'une autoroute prennent de la valeur. Du fait de l'augmentation de leur qualité de vie ?
Un habitant revient dire, comme l'ont dit tous les maires des communes impactées : les maires n'ont pas été invités à participer aux concertations. "Allez-vous enfin mettre tous les maires autour d'une table, vue l'opposition qui se passe aujourd'hui sur le contournement est, allez-vous enfin les réunir pour leur dire maintenant ce qui va se passer ? Je voudrais que vous me fassiez une réponse claire devant tout le monde. Allez-vous voir les maires, une fois pour toutes !"
Que répond M. Berg, ou plutôt, la DREAL, puisque M. Berg ne parle pas en son nom, mais au nom de l'Etat ?

M. Patrick Berg, pour la Dréal, l'Etat :
"Non, ce n'est pas vrai, il n'y a pas que les grands élus. D'ailleurs, je ne sais pas ce que c'est que les grands élus, pour moi, c'est les élus de la République, pour moi, tous les élus ont une valeur égale. A chaque étape importante du projet, donc quand on dit, les maires, on n'a pas voulu les rencontrer, ce n'est pas vrai. Alors, ça fait effet de manche, ce n'est pas vrai. A chaque réunion, en 2011, en 2012, en 2013, c'est exact, il y a un comité de pilotage qui associe le président du conseil régional, les présidents de conseils généraux, les députés, les sénateurs et les conseillers généraux, c'est complètement vrai, et d'autre part, il y a aussitôt après une réunion avec les 40 maires. Donc quand on dit : "les 40 maires n'ont jamais été réunis", c'est complètement faux. C'est une effet de manche. Ca fait joli de le dire, mais c'est faux. Comme tout à l'heure, je le rappelais, maintenant, c'est un point de départ, et donc nous aurons, sur chacun des passages difficiles, des réunions avec l'agglomération et avec les maires. Non monsieur, je ne suis pas un menteur !"
La personne qui a posé cette question n'a pas parlé de grands élus. Il a demandé QUAND l’État viendrait se mettre autour de la table avec les maires, tous opposés à ce projet ? M. Gaillard, garant du débat, a été obligé de dire que M. Berg avait un problème de vocabulaire, confondant concertation et information.
Ce que j'en pense : un projet ruineux, inutile et désastreux pour l'environnement et la qualité de la vie. Il ne répond pas aux objectifs qui lui sont fixés, il ne correspond pas à la réalité des échanges. Mais il est la volonté de quelques uns, et ce sont ceux qui vont en subir les conséquences les plus graves, pour leur santé et leur qualité de vie, et ceux sont aussi eux qui en assumeront le plus gros coût.
Il est totalement anormal que les études d'impacts ne soient pas réalisées avant de décider de l'opportunité de ce projet.
Il va détruire des terres arables définitivement. Bien sûr, la Safer s'efforcera de compenser au maximum les exploitants agricoles, en compensant des agriculteurs avec les terres agricoles d'exploitants qui partent en retraite, en rachetant les terrains de particuliers. Et puis il y aura des expropriations. Mais une agriculture sur la défensive et qui va souffrir.
Nous avons entendu la colère des citoyens, ils ne veulent pas de cette autoroute. Nous avons entendu les désespoir et la souffrance de ceux qui seront expropriés, et celle pire encore, de ceux qui verraient une autoroute se dresser au bout de leur habitations.
La DREAL ne répond pas à certaines questions, ou répond à côté, avec des assertions parfois sorties d'un chapeau. "Ce n'était pas ma question." "Oui, mais c'est ma réponse. Voilà !"
L'Etat et les politiques peuvent-ils rester sourds à cette opposition ferme, ce refus massif, cette souffrance et cette colère ? N'entendent-ils pas les applaudissements saluant les défenseurs du territoire, et de l'autre côté les huées et les sifflets contre ce projet destructeur ?
C'est non à cette autoroute. Non à cette liaison A28-A13 déboussolée.

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