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Le féminisme s’oppose-t-il à l’écologie ? Elizabeth Badinter fustige l’écologie radicale chez les femmes

Ces derniers jours, Elizabeth Badinter s’est installée dans les médias pour faire la promotion de son nouveau livre, Le Conflit – la mère et la femme. Elle y pointe du doigt les « naturalistes », les accusant d’être à l’origine, en partie, d’une régression des libertés des femmes.
Pour Elizabeth Badinter, les femmes subissent des pressions culpabilisantes. Ces pressions les enferment dans un rôle purement maternel, les poussant à allaiter leur enfant, au détriment de leur épanouissement social et professionnel.
Elle dénonce une régression par rapport au combat féministe des années 70 et 80, et à ses revendications de liberté et d’égalité pour les femmes. L’emblème pour elle en serait le retour des couches lavables !

Enfant des années 70, je connais bien ce débat. J’ai vu les mères des copines laisser maris et enfants pour rejoindre des communautés de femmes, reprendre leurs études, militer pour le planning familial. A l’inverse, mes parents étaient « écolos » et mon père avait à l’époque, c’est vrai, des idées assez rétrogrades sur le rôle de la femme – ma mère, qui nous a allaités, qui s’est occupée du potager, pendant que papa allait travailler !
En nous, les filles de ces femmes, le conflit semblait réglé et nous voulions tout : faire des études, trouver un boulot qui nous plaise, tenter la vie à deux et puis, oui aussi, avoir des enfants.

Aujourd’hui c’est vrai, je vois bon nombre de copines tentées par le maternage, lassées peut-être aussi par une vie professionnelle parfois peu gratifiante…
Oui, il faut continuer à se battre pour l’égalité des droits et des devoirs. Il faut pousser les hommes à s’investir plus à la naissance des enfants, continuer de réorganiser la vie de famille à deux, avec une meilleure répartition des tâches, notamment ménagères (une étude de novembre 2009 montre que les femmes assument toujours près de 80% des tâches domestiques, et que l’arrivée d’un enfant renforce encore les inégalités).

Oui, le congé parental est un droit social acquis (j’entends par « acquis », un droit négocié, parfois de haute lutte, et que l’on a tendance parfois à remettre en cause, à « renégocier », au nom de la liberté – de travailler, d’égalité, du libre choix, …). Alors oui, ce droit doit être préservé, et surtout doit être amélioré, pour une meilleure équité des rôles au sein de la famille.

Le modèle scandinave est là encore novateur et précurseur : en Suède, le congé parental, entièrement rémunéré, a une durée de 480 jours (soit environ un peu plus de 69 semaines). Sur ces 480 jours, 60 sont réservés à la mère, 60 au père, et les 360 autres sont librement partageables. Le congé parental est rémunéré à hauteur de 80 % du salaire pendant 390 jours, tandis que les 90 jours suivants sont compensés par un forfait.

Concernant les modes de garde du jeune enfant, je voudrais parler un peu de l’Allemagne, où nous avons des amis. Un pays très en avance depuis longtemps en matière d’écologie, avec de beaux exemples à suivre. En revanche, l’Allemagne s’est longtemps montrée peu favorable au travail des femmes, du fait de l’extrême rareté des places de crèche : avec 250 000 places, le pays fait partie des lanternes rouges de l’Europe. Les crèches y accueillent 14% des moins de trois ans, contre 26% au Royaume-Uni, 27% en France ou 28% en Belgique et… 83% au Danemark.

Résultat : bon nombre de mes amies allemandes ont choisi de privilégier leur vie professionnelle, abordant la maternité très tard, ou y renonçant carrément.

L’Allemagne semble enfin prendre conscience de ce problème, responsable d’un des plus faibles taux de fécondité en Europe, et la ministre de la Famille, Ursula von der Leyen, souhaite créer 500 000 places en crèches d’ici à 2013. Cependant, cette politique volontariste se heurte à deux obstacles. Le premier est celui des mentalités, à tous les échelons de la société : les mamans qui confient leur enfant à la crèche ou à l’école pour travailler sont encore souvent traitées de mères indignes, des Rabenmütter (mères corbeaux). L’autre est financier : Berlin souhaite que les collectivités locales assument une large part d’un programme qui coûtera 3,5 milliards d’euros, mais ces dernières n’y sont guère disposées.

En France, nous avons une chance formidable pour le travail des femmes : l’école maternelle gratuite. Elizabeth Badinter a raison de s’alarmer de la volonté de substituer à ce modèle de l’école maternelle publique des jardins d’enfants confiés aux collectivités locales : en rendant l’accueil payant, on sait bien que cela dissuadera bon nombre de femmes de reprendre le fil de leur carrière professionnelle, renforçant par là même les inégalités entre les classes sociales. Des solutions d’accueil accessibles à tous sont indispensables.

Alors oui, il faut continuer de se battre pour l’égalité des droits et militer pour les moyens de la préserver (réduction du temps de travail, modes d’accueil des jeunes enfants…). C’est un combat politique, qui est celui des écologistes.

On ne peut pas dissocier l’homme et la femme de leur environnement.

On ne peut pas opposer le combat des femmes pour l’égalité au combat pour intégrer l’écologie dans notre monde. « A choisir entre les arbres et les femmes, mon choix est fait ! » lance avec provocation Elizabeth Badinter. Non, nous ne voulons pas choisir, nous voulons les deux ! Vivre mieux, c’est à la fois une revendication sociale et une revendication environnementale.

Oui, je milite, j’ai une vie professionnelle où je m’investis, et j’ai aussi allaité mes enfants, et j’ai utilisé des couches lavables. Et mes préoccupations écologistes ne contreviennent pas à ma liberté de femme. Ma liberté de femme m‘incline à léguer un monde meilleur aux générations futures. C’est un choix que je fais simplement : je choisis l’un, et je choisis l’autre.

Nous avons fait ce choix écologique et économique avec mon compagnon, qui a changé les couches lavables de ses enfants. Ça ne lui a pas posé de problème. Lire à ce sujet le très bon article d’un papa moderne du Havre !

Utiliser des couches lavables, ce n’est pas faire de l’écologie radicale, ou punitive – comme les socialistes aiment à qualifier l’écologie. C’est un éco-geste. Il ne me coûte pas, et j’en suis fière.

Deux des points abordés par Elizabeth Badinter concernent l’IVG et la pilule.

L’IVG doit résister aux coups de boutoirs sans cesse assénés par les Eglises et des ligues de vertu. Nous, femmes, sommes les mieux averties du risque de perdre ce droit. Nous avons été victimes, et désormais, nous pouvons à la fois prévenir, et réparer les dégâts. Ne revenons pas aux pratiques moyenâgeuses qui ont sévi jusqu’à ce que l’IVG soit enfin légalisé. (Lire les très bons articles de Laure et de la Peste).

Oui Madame Badinter, il faut conserver l’acquis de la pilule. Mais il ne faut pas oublier l’histoire récente : le combat contre le sida, et autres MST, n’est pas terminé. Le préservatif reste le seul moyen de s’en préserver. Nous avons abouti à faire admettre aux hommes qu’ils devaient mettre une capote pour les rapports sexuels – pas un mince combat… N’est-ce pas aussi une victoire féministe ?

Aujourd’hui, nous ne devons pas opposer le combat féministe au combat écologiste : tous deux luttent pour offrir un avenir meilleur aux générations futures !

Ces combats sont complexes et doivent être menés sur de nombreux fronts (politique, social, industriel, environnemental, culturel, comportemental…) Ce n’est donc pas le moment de nous diviser et de nous opposer les unes les autres : cherchons plutôt à nous comprendre, et à nous unir.

Laetitia Sanchez

déjà 26 commentaires pour cet article

  1. Fév 2010
    11
    15 h 50

    Le décryptage de Schneidermann : http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=7135

    laetitia

  2. Fév 2010
    11
    16 h 15

    […] Le féminisme s’oppose-t-il à l’écologie ? Elizabeth Badinter fustige l’écologie radicale c… […]

    Pujadas, E. Badinter… ces servils nervis de la bien pensance libérale.

  3. Fév 2010
    11
    16 h 27
  4. Fév 2010
    11
    16 h 35

    Le combat féministe est très loin d’être gagné.

    Si j’ai bien compris, si les femmes maternent, c’est parce qu’elles sont lassées par leur vie professionnelle ? On ne parle jamais des pressions qu’elles subissent. Et le choix des femmes de ne pas avoir d’enfant ? Et leur choix de ne pas aliter ? J’ai entendu des filles de 25ans dire que “forcement” elles veulent des enfants : “C’est dans la nature des femmes, tu comprends” – “Quoi, elle ne veut pas de môme ? C’est curieux ! Elle est bizarre cette fille.”

    Vous avez ÉNORMÉMENT de chance que le père de vos enfants s’applique à 50% dans ces tâches quotidiennement. Parce que j’imagine qu’il est bien à 50% du temps occupé à changer les couches, les laver, à faire les courses, à préparer les repas et donner à manger.

    Vous avez de la chance car, comme vous le rappeler, 80% des tâches domestiques est encore dévolues aux seules femmes dans le couple. Donc on ne peut pas imposer l’utilisation des couches lavables et repousser celle des petits pots sans forcement alourdir le travail des seules femmes. Pour le moment l’écologie radicale s’oppose clairement à l’égalité dans le couple.

    Par contre parler du sida lorsqu’il est question d’IVG est surprenant. Bien entendu que le préservatif est LA solution (pas très écolo soit dit en passant ;-), mais sa place lors des rapports sexuels n’est aucunement remis en question par EB.

    Laurent

  5. Fév 2010
    11
    16 h 44

    Il n’y pas d’écologie politique hors dimension sociale et féministe. Réduire l’écologie à l’utilisation de couches lavables, c’est un peu vite oublier la réalité de millions d’hommes et de femmes dans ce pays. Dire que c’est un geste ne coûte pas, c’est un peu vite oublier le confort dans lequel il faut vivre pour qu’en effet il puisse donner le sentiment de ne pas coûter.

    Quant à l’allaitement, et la culpabilisation qui accompagne celles qui s’en dispensent, et seseffets collatéraux sur l’épanouissement d’une paternité, je dis ici ce que j’en pense : http://www.avoodware.com/blog/files/sein-ou-biberon.html

    dedalus

  6. Fév 2010
    11
    18 h 01

    @Laurent
    lassées peut-être “aussi” par une vie professionnelle, parfois peu gratifiante…
    J’y comprends que la conquête de l’égalité ne passe pas forcément que par le travail. Et que cette conquête du travail par les femmes, aujourd’hui encore, n’aboutit pas à l’égalité. A travail égal, le salaire ne suit toujours pas.

    On peut choisir de privilégier son travail, et sa carrière cela ne pose pas de problème, et contrairement à ce que tu as l’air de dire (« Quoi, elle ne veut pas de môme ? C’est curieux ! Elle est bizarre cette fille.»), ces femmes pourtant suscitent l’admiration, artistes, avocates, femmes politiques ou encore femmes d’affaires, qui semblent au bord de crever ce plafond de verre…

    Le droit de ne pas avoir d’enfants, de ne pas materner, de ne pas allaiter, ne peut s’opposer au droit d’avoir des enfants, de materner si les mamans le souhaitent, d’allaiter si elles le désirent.

    Les femmes doivent avoir ce choix, et ce sont les plus précaires qui l’ont le moins. Retourner travailler coûte que coûte, il n’y a pas le choix pour nombre d’entre elles. C’est ce choix qu’il faut défendre.

    Lorsqu’il est question d’IVG, EB ne dit pas qu’il ne faut pas se protéger. Mais, et là je pense aux plus jeunes, il faut veiller à prévenir. Attention, prenez la pilule, c’est une grande liberté. Mais, toujours aux plus jeunes, veillez à avoir des rapports protégés. Il faut le dire, le répéter : oui, la pilule, mais sortez protégés. C’est aussi ce qu’on n’a pas entendu aujourd’hui. Les hommes ont eu bien du mal à en accepter l’idée. Maintenant qu’elle l’est, il faut aussi viser à ce qu’elle le reste, tant que les rapports non protégés sont risqués. La place du préservatif lors des rapports sexuels n’est aucunement remis en question par EB, mais pas évoquée non plus.

    Quant à l’écologie radicale qui s’oppose à l’égalité dans le couple, c’est comme si on disait que le socialisme radical s’opposait à la liberté, parce qu’on ne peut pas travailler plus à cause des socialistes radicaux, ou plus longtemps, ou le dimanche, pour avoir le droit de gagner plus, comme si le socialisme radical s’opposait à la modernité… Foutaise ? Comme l’est ce mot d’écologie radicale.

    nono

  7. Fév 2010
    11
    18 h 15

    @dedalus

    Il ne me semble pas réduire dans mon article l’écologie à l’utilisation de couches lavables : je répondais simplement à la caricature plusieurs fois proférée par EB.

    Il s’agissait plutôt fondamentalement de réfuter l’opposition qu’elle établit entre féminisme et écologie.

    Je suis d’accord avec toi : le féminisme est une composante de l’écologie politique, il ne peut en être autrement !

    laetitia

  8. Fév 2010
    11
    18 h 20

    En tant que féministe pratiquant l’écologie, je suis d’accord sur le fait qu’il faut mener de front les deux combats…
    Après, je n’ai pas lu le bouquin de Badinter mais je l’ai entendu en parler et compte le lire. Je suis assez convaincue par ce qu’elle dit quand elle parle de pressions culpabilisantes faite aux femmes autour de la maternité. Même dans mon entourage plutôt ouvert, j’ai entendu des remarques aux copines qui reprenaient le boulot à plein temps, …. à contrario, on prend un air admiratif face aux copains qui prennent le congé parental. Dans au moins deux crèches rouennaises, les assistantes maternelles ont reproché à des amiEs de faire garder leur enfant alors qu’elles étaient en vacances et voulaient passer une journée pour elles…Elles ne feraient jamais de telles remarques aux pères – j’en suis persuadée..
    Pour les couches lavables, si j’ai des enfants je ne suis pas sure de franchir le pas, (je vois d’ailleurs que ca fait hurler les féministes de la génération de ma mère qui ont vu une libération énorme avec l’arrivée des jetables )…
    C’est super de voir avec ton exemple que ca peut marcher… malgré tout ds bcp de cas, c’est sur la mère que reposent ttes ces taches plutôt ingrates… Je vois l’exemple de deux de mes cousines, (dont les mères ont toujours travaillé) qui élèvent écologiquement (certes) leurs enfants mais ne travaillent pas ou plus, refusant des stages qui les intéressent pour cause d’allaitement (le bébé ayant alors plus de dix mois), leur compagnon étant peu disponible et qui en plus culpabilisent les autres mères de leur entourage moins présentes (physiquement j’entends!) auprès de leurs enfants et plus pollueuses…. Ce bouquin a fait écho en moi… Ce n’est pas simple !

    anne

  9. Fév 2010
    11
    22 h 32

    @nono
    “On peut choisir de privilégier son travail, et sa carrière”
    Les femmes choisissent de privilégier le travail et la carrière… Les hommes non, ils ont les deux, ils arrivent à vivre une vie de famille assumée par leur compagne et peuvent avancer dans leur carrière. Ce n’est pas une liberté que l’on offre aux femmes en leur permettant de “choisir”.

    Celles qui choisissent de ne pas avoir d’enfant pour leurs carrières son bien loin de susciter l’admiration comme vous le pensez (d’autant qu’elles sont très très loin d’être majoritaire dans ce pays ou le dicta de la maternité règne. Et qu’en est-il de ces femmes, loin d’être PDG, avocates ou sportives qui ne veulent pas d’enfant, simplement pour l’unique et bonne raison qu’elle n’en veulent pas ?

    “Le droit de ne pas avoir d’enfants, de ne pas materner, de ne pas allaiter, ne peut s’opposer au droit d’avoir des enfants, de materner si les mamans le souhaitent, d’allaiter si elles le désirent.”
    Bien sur et je ne dis pas le contraire : un extrémisme ne doit pas en remplacer un autre.

    “La place du préservatif lors des rapports sexuels n’est aucunement remis en question par EB, mais pas évoquée non plus.”
    Oui, et il y a des millions d’autres sujets dont elle n’a pas parlé non plus. Va-t-on lui jeter la pierre parce qu’elle n’a pas fait allusion à la place du pagne pour les femmes dans les archipels Andaman ?

    L’écologie radicale ne s’oppose pas à l’égalité dans le couple puisque l’égalité dans le coupe n’existe pas. Je dis simplement que l’écologie radicale, parce qu’il n’y a pas égalité dans les répartitions des taches ménagères, accentue de facto les inégalités. La femme puisque c’est elle qui gère la maisonnée dans la plupart des cas, se retrouve esclave de ces règles : préparer tous les repas des enfants (interdiction du tout préparé), laver les couches, etc…

    Laurent

  10. Fév 2010
    12
    0 h 02

    Salut Anne, merci de ton commentaire ! Tout ce que tu dis est très vrai.

    Mais madame Badinter dénonce les pressions culpabilisantes faites aux femmes, et pour ça, elle-même exerce des pressions culpabilisantes sur des femmes qui font des gestes personnels pour exercer leur citoyenneté, en essayant d’agir pour leur environnement.
    J’entends bien le débat sur les méthodes qui ont changé dans l’accompagnement à la maternité. Je suis assez d’accord sur le fait qu’on désigne les méthodes “à la mode” comme celles qu’il faut avoir pour avoir le droit d’être reconnue comme une bonne mère. Cependant, les femmes ont de plus en plus de connaissances sur les choix qui s’offrent à elles : accouchement avec péridurale, ou sans, avec le choix et les conséquences, accouchement dans l’eau ou à la maison…
    Ensuite l’allaitement est conseillé, mais je ne crois pas qu’il soit imposé. On m’a laissé ce choix, en m’informant, avant mon accouchement, et après. Et puis j’ai écouté les unes et les autres pour profiter des expériences de chacune. Et puis il y a la rencontre, et là on se laisse guider comme on voudrait et comme on peut. Et puis il y a l’accompagnement que l’on a autour de soi, et je ne crois pas qu’il s’agissait de culpabilisation mais d’amour.
    Pour les cas des assistantes maternelles dont tu parles, j’espère que tes copines les ont bien remises à leur place !

    Je comprends, j’essaie du moins, qu’auréolée de son passé féministe militant, Elizabeth Badinter veuille continuer son combat. Mais les temps changent, et le monde a changé aussi. N’opposons pas un droit contre un autre. Et une culpabilisation contre une autre. S’en prendre aux couches lavables ! C’est caricatural. C’est un coup au dessous du body. Cela s’est fait tout simplement, pas besoin de courage ou autre. Un simple choix de méthode. Résumer l’écologie, allons l’écologie radicale, à ce simple geste, c’est comme résumer le socialisme au choix du mode de transport.
    J’y vois plutôt une attaque politicienne (je préfère ne pas retenir les autres hypothèses qui font florès dans les blogs).
    Mais j’y vois une trahison contre les femmes en tentant de les stigmatiser ou de les culpabiliser. Après, ce n’est pas si grave, nous sommes grandes.
    Tu crois que le temps de parole d’E. Badinter sera décompté au PS ? ;)

    laetitia

  11. Fév 2010
    12
    7 h 22

    @Laurent
    Oui les hommes ont encore beaucoup à apprendre, pour accepter de rétablir l’égalité au sein même de la famille, et de reprendre une partie des tâches ménagères. Lorsqu’il s’agit de couple, les choses sont moins compliquées, car les femmes peuvent plus facilement jeter leur fainéant de bonhomme, qui pourra aller collectionner les boîtes de pizzas dans son salon à lui.
    Comment se fait-il que les hommes en soient encore là au 3ème millénaire ? Sûrement, une question d’éducation. Nous avons été gâtés et protégés, nous les garçons. Sûrement pour une partie. Mais il n’y a pas que ça. Les femmes doivent évoluer aussi dans une société qui considère ses archaïsmes comme identité culturelle. A chaque génération, les femmes avancent d’un petit pas, parfois d’un grand pas, pendant que nous traînons des pieds quand elles essaient de nous tirer.
    Le “c’est comme ça” n’est pas supportable pour les femmes. Il faut réaffirmer le droit de choisir. Et viser à l’égalité. Le chemin sera encore long.
    Ce n’est pas un extrémisme de choisir de n’avoir pas d’enfant(s). Ce n’en n’est pas un non plus d’en avoir. Enfin cela ne devrait pas.
    On n’oppose pas là un extrémisme à un autre.
    Je suis néanmoins content qu’Elisabeth Badinter continue de défendre l’émancipation de la femme.

    Mais c’est quoi cette digression concernant les couches lavables ? Enfoncer l’écologie en la qualifiant de radicale, vouloir lui donner un caractère archaïque, quand celle-ci vise à protéger notre environnement, et améliorer la qualité de la vie.

    La liberté des femmes vient-elle des libres choix que chacune peut exercer sur sa vie, ou bien vient-elle de l’irruption de l’électro-ménager dans les foyers ?

    Il reste beaucoup à faire pour les femmes, et les enfants (je ne cite pas les hommes parents isolés, qui existent, mais ne représentent qu’une toute petite partie des parents isolés), au niveau des infra-structures, pour l’aide et l’accueil, et aussi l’égalité des salaires, les inégalités en matière de pension de reversion, de prise en compte des congés maternité dans le calcul des retraites, mais aussi dans les études, et les emplois et les postes que l’on réserve aux femmes, etc, etc.

    Il faut continuer à lutter contre les violences à l’égard des femmes, la violence conjugale.

    Et revaloriser l’image de la femme.
    Et là, au travers de Publicis, E. Badinter a peut-être son rôle à jouer ?

    S’il ne s’agit que d’électroménager, alors oui, avec Boris Vian chantons : des lingettes jetables, des couches pampers, un frigidaire, une armoire à cuillers, un aérateur, pour chasser les odeurs, un cire-godasse, un repasse-limaces…. et elles seront heureuses !

    Attention ! je n’ai rien contre l’électroménager, bien au contraire, vive l’aspirateur et les machines à laver, etc. Je dis juste que la libération de la femme ne viendra pas que par l’électroménager :)

    http://blog.plafonddeverre.fr/post/Elisabeth-Badinter-sur-France-inter-ce-matin#comments

    nono

  12. Fév 2010
    12
    10 h 35

    Drôle ! Madame Badinter, la vie de femelle chimpanzé ne serait-elle pas meilleure que la nôtre ? (http://ethologie-communication.typepad.com/grooming_analyse_des_comp/)

    laetitia

  13. Fév 2010
    12
    10 h 37
  14. Fév 2010
    12
    11 h 11

    @laetitia ; tout à fait d’accord avec toi, il ne faut surtout pas opposer “cause féministe” et écologie, sinon on va dans le mur

    marie

  15. Fév 2010
    12
    13 h 39

    je crois aussi que certains spots télé contribuent davantage au sexisme que l’écologie : pour exemple et là, il me semble que la vision du président ps de cette région est plus rétrograde !

    LES CHIENNES DE GARDE NE LÂCHENT PAS LE MORCEAU !

    Lettre ouverte à MM. Christian Bouchardy, André Chassaigne, Michel Fanget, Alain Laffont, Alain Marleix et René Souchon*, têtes de liste aux élections régionales d’Auvergne

    Messieurs,
    Une campagne publicitaire est diffusée depuis septembre 2009 à la télévision et sur Internet ; financée en partie par le conseil régional d’Auvergne, elle met en scène un couple dont l’homme agit avec violence contre la femme (voir action de La Meute).
    Dans ces 4 spots, « Chantal a oublié le cantal ». En réaction, son compagnon
    – l’expulse de la voiture et la laisse au bord de la route,
    – répond « non » au moment du mariage,
    – se désolidarise d’elle pendant une escalade en cordée
    – la laisse tomber dans la pente pendant la même escalade.

    Burlesque ? Humour ? Avant tout, cette campagne est sexiste, car elle utilise les stéréotypes de la « blonde idiote », subissant la domination méprisante et brutale de l’homme. Surtout, elle banalise la violence faite aux femmes, alors qu’en France, tous les deux jours et demi, un homme tue sa compagne.
    Les études sur les violences conjugales masculines montrent que bien souvent ce sont des faits minimes (comme ici l’oubli du fromage) qui déclenchent des réactions brutales.
    Or l’impact de la publicité sur les esprits est considérable : par son caractère répétitif et le miroir qu’elle prétend donner de la société, elle contribue à construire nos représentations mentales.
    Des images de ce type favorisent donc, en les banalisant, des stéréotypes sexistes, et elles légitiment la violence masculine.

    De nouvelles diffusions de cette campagne étant prévues en 2010 et 2011, nous vous demandons de vous engager, si vous êtes élu
    – à ne plus financer cette campagne sexiste, ni aucune autre du même genre
    – à ne pas utiliser l’argent public pour promouvoir la violence misogyne.

    Les Chiennes de garde rendront publiques les réponses des candidats, et les commenteront.

    * avec un ajout pour M. Souchon, actuel président du Conseil régional d’

    jérôme

  16. Fév 2010
    12
    18 h 22

    re à laetitia !
    tout ce que tu dis est vrai en effet… J’ai l’impression que le problème est d’abord celui de la liberté de choisir et que ces situations entraines de toute part des avis arrêtés très culpabilisateurs ! C’est assez terrible en fait…. et je pense difficile pour des personnes plutôt fragiles, doutant déjà de leurs choix…
    Bises
    (je suis tentée par la lecture du livre et apparemment elle critique aussi la géniale mooncup !)

    anne

  17. Fév 2010
    13
    15 h 24
  18. Fév 2010
    13
    23 h 22

    Tout à fait d’accord avec toi Laetitia. Au moment de mes accouchements, j’ai également toujours eu le choix. Concernant la péridurale, il faut plutôt un certain courage pour la refuser. Les protections féminines lavables ? J’ai dû chercher un site allemand pour m’en procurer, car en France, je n’ai rien trouvé ! Ne parlons même pas des couches bb lavables, introuvables. S’il y a diktat c’est plutôt du côté des médias et de la publicité qui tentent de nous imposer des produits tout à fait contraires à nos choix. Mais la-dessus EB est bien placée..pour ne pas répondre !

    Val

  19. Fév 2010
    13
    23 h 40

    Apparemment elle est en pleine promotion de son livre, beaucoup plus qu’en pleine réflexion ! Pour vendre il faut parfois être choquant. Je ne lui en veux pas elle a certainement besoin d’argent en ces temps de crise !!! En tout cas merci pour le lien et vive l’écologie responsable…
    A noter que je me considère féministe, mais loin, très loin des thèses actuelles de Mme Badinter…

    LGV

  20. Fév 2010
    14
    10 h 31

    D’accord avec Val, il faut du courage pour refuser la péridurale. C’est une affaire de femme et de couple, où la décision revient finalement à la femme. Cependant, même si elle a fait le choix de la péridurale, il peut être prudent de se préparer à ne pas la recevoir. Ne serait-ce que dans le cas où il n’y a pas de temps de procéder à l’anesthésie. Là une bonne préparation peut éviter de paniquer, face à une situation que l’on n’a pas envisagée.
    Le choix de la péridurale n’est plus un combat contre l’Eglise, et le fait entendu que “la femme enfantera dans la douleur”. Personnellement, je ne vois presque que des avantages à cette péridurale, et les risques sont de plus en plus faibles et maîtrisés. Mais, s’il vous plaît, laissons le choix à la femme qui accouche.
    Est-ce une régression par rapport aux décennies précédentes ? Aujourd’hui la place de l’accueil et de la préparation est prépondérante : on reçoit le ou les parent(s), qui se trouvent informé(s) sur les choix qu’elles ou ils peuvent faire. Ensuite, il y a un vrai accompagnement, avec la préparation à l’accouchement, l’haptonomie qui permet au compagnon ou à la compagne de mieux comprendre et vivre son bébé, et puis, il y a l’accouchement lui-même, qui peut être vécu en couple (là encore c’est un choix, et je n’ai pas vu de culpabilisation de ceux qui ne voulaient pas y participer).
    Le compagnon (conjoint ou non), ou la compagne, sera présent(e) pour soutenir la maman (oups ou le contraire), et puis aussi ce geste symbolique de couper le cordon ombilical, puis de faire la première toilette du bébé, après que la maman ai déjà fait le premier câlin dans ce nouveau monde. Et puis après on laisse un moment les parents et le bébé tranquilles, en protégeant leur intimité.
    Par rapport à 30 ans en arrière, cela ne me paraît pas une régression : au lieu d’attendre dans le couloir, cigare ou clope au bec l’annonce de “c’est une fille”, ou “c’est un garçon”, le compagnon peut participer à ces premiers moments de la vie (extra-utérine j’entends).
    Que dire pour les couples de femmes : imaginez il y a 30 ans que la deuxième maman ait voulu participer à l’accouchement !

    Tout n’est pas rose non plus :
    On voit augmenter les taux de césariennes (5% il y a 35 ans, à 20% aujourd’hui), non pas à la demande de la maman, mais par principe de précaution, certains pensent que les gains de temps des équipes médicales n’y sont pas pour rien (on effectue davantage de césariennes dans le privé), et s’il ne faut pas stigmatiser les mamans qui ont accouché ainsi, les parents y voient de nombreux inconvénients : le papa n’est pas autorisé à rester au cours de l’accouchement, l’allaitement met plus de temps à s’effectuer, le séjour à la maternité est plus long….
    Il vaut mieux être bien couvert socialement pour bénéficier du meilleur confort, les séances d’haptonomie restent à la charge des parents, …

    Quant aux couches lavables, je suis un papa qui a changé ses filles. D’abord en jetable (avec des poubelles qui se remplissent, se remplissent…), puis en lavable. Et bien, j’ai essentiellement constaté comme différence que les poubelles se remplissaient moins, pour le reste, mes filles ont tout aussi bien joué avec leur papa ou leur maman lors des changes, cela n’est pas plus long, tout juste faut-il être mieux organisés. Les enfants ne m’ont pas semblé moins heureux ou moins confortablement installés dans leur couche. Peut-être aussi celles d’il y a quelques décennies étaient elles moins ergonomiques et moins bien conçues que celles d’aujourd’hui.

    Et si la liberté de la femme se situe sur le choix des couches, alors on peut le dire, l’écrasante majorité de françaises qui utilisent des couches jetables est libre. Alleluia.

    nono

  21. Fév 2010
    14
    11 h 36

    Oulala, pourquoi choisir ? Je suis une femme et je veux tout. J’ai choisi d’allaiter pour mes 3 enfants et je suis fière, c’est pour moi leur donner un bon départ dans la vie et c’est tellement agréable le contact du bébé sur notre peau. Mais chaque femme est libre d’allaiter. Si elle ne le souhaite pas, qu’elle donne le biberon avec amour plutôt que le sein avec dégout.
    Maintenant peu d’entreprises laissent la possibilité à la maman d’allaiter : au bout de 2 mois et demi il faut reprendre le travail. Tout le monde n’a pas la chance d’avoir un congé d’allaitement, j’ai eu la chance pour Owen de bénéficier d’un congé de 3 mois à demi-salaire, pour Matéo, rien, j’étais à la poste, et pour ma pitchoune, 4 mois à demi-salaire. Mme Badinter je vous apprécié bcp, maintenant je veux me procurer votre livre pour mieux comprendre votre discours. Je pense que l’on peut être responsable (écolo pour certain) tout en étant maman.
    Maintenant il est vrai que l’on demande beaucoup à une femme : il faut être épouse et amante pour son conjoint, maman pour les enfants, employée modèle pour le patron et encore malheureusement femme d’intérieur (car rappelons le 80 % des taches domestiques sont réalisées par madame). voir même l’extérieur (et là je parle pour moi, mais je sais que je ne suis pas la seule). Tout ça c’est un peu de notre faute, nous voulons tout, maintenant que faire ? je pense que pour que nos conjoints nous soutiennent un peu plus, il va nous falloir du temps mais nous pouvons éduquer nos enfants. Apprendre à nos garçons qu’il est normal d’aider dans les tâches ménagères et de leur demander de le faire (pour le moment mes deux grands m’aident, heureusement…)
    Beaucoup de choses à dire sur ce sujet, mais ne vaudrait-il mieux pas agir ? en tout cas Mme Badinter vous aurez au moins permis de relancer un sujet et de nous faire réagir.

    morel-chalumeau

  22. Fév 2010
    14
    15 h 53

    Bienvenue Magali au club des femmes “modernes” !

    Un petit principe de base pour survivre : tout de suite renoncer à être une femme parfaite !-)

    Et avec la reprise du boulot, les tâches à la maison vont forcément se réorganiser en couple, non ?

    laetitia

  23. Fév 2010
    17
    12 h 57

    […] sur le blog Reporterre – E. Badinter, une journée de publicitaire sur France Inter – Le féminisme s’oppose-t-il à l’écologie ? Elizabeth Badinter fustige l’écologie radicale c… sur SaintPierre […]

    TOUT ALLANT VERT: Le blog » Vertes de rage, à Badinter: non, l’écologie ne s’oppose pas au féminisme!

  24. Fév 2010
    17
    16 h 15

    Une “petite” analyse chez Daniel Schneidermann sur Arrêt sur images (respect) :

    “Les convictions d’Elisabeth Badinter sur la maternité ne datent pas d’hier, et son livre sur la pression sociale exercée sur la femme-mère est cohérent avec son travail. Mais d’où lui est venue l’idée de ce livre ? La réponse se trouve dans l’interview du Monde : “La décision d’écrire ce livre m’est venue en écoutant un flash d’information à la radio, en 1998. Le ministre de la santé de l’époque, Bernard Kouchner, venait de signer un décret, qui, en conformité avec les directives européennes, interdisait la publicité pour les laits en poudre dans les maternités publiques, ainsi que le don de ces laits. Ce qui signifiait que les mères ne voulant pas allaiter devaient payer leur lait en poudre”.

    Interdire les publicités de lait en poudre dans les maternités ? La philosophe-Badinter ne le supporte pas. Publicis, l’agence de publicité dont elle est à la fois actionnaire de référence, et présidente du conseil de surveillance (ce que se garde bien de préciser l’immense majorité des intervieweurs de la philosophe), n’a pas dû apprécier non plus. Et pour cause…”

    Pour l’intégralité, c’est ici, encore une régalade de chez l’équipe @si :
    http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2764

    nono

  25. Mar 2010
    5
    15 h 54

    Pour comprendre mieux, peut-être, le radicalisme d’E. Badinter.
    http://piratages.wordpress.com/2010/02/12/e-badinter-une-journee-de-publicitaire-sur-france-inter/

    de albuquerque

  26. Avr 2010
    3
    14 h 27

    le point de vue de Martin Winckler, intéressant.
    http://martinwinckler.com/article.php3?id_article=1000

    laetitia

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