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Batho coulée par le chef de l’Etat : torpillée pour outrecuidance ou sabordée par les lobbies ?

Pour Bernard Cazeneuve, fervent défenseur du nucléaire et ministre délégué au Budget, "[Delphine Batho] a pris la décision à un moment donné de ne pas poursuivre sa mission en raison d'un désaccord qu'elle a exprimé". Circulez, y a rien à voir.
Le lynchage médiatique de Delphine Batho peut commencer. Elle a beau mordre, il y a des chances qu'elle prenne la patée, et même qu'elle finisse en patée.
Ministre isolée, qui n'a que le bac pour tout diplôme (rendez-vous compte ! Et elle prétendait vouloir conduire des arbitrages avec des énarques et autres polytechniciens...), fragile politiquement et fragile parce que femme et femme isolée, elle aurait été plus militante que politique, incapable de se créer des réseaux, présentée, une fois virée, comme inefficace et austère dans son ministère... Sans compter qu'elle ne serait là que par la volonté de Ségolène Royal, de qui elle aurait tout appris, y compris la stratégie de la victimisation, et malheureusement pour la pauvre ministre, celle-ci n'a même pas su garder ce seul soutien, s'étant fachée avec sa mentore.
N'en jetez plus, la coupe est pleine.
Reste quand même la seconde fois qu'une ministre du sérail socialiste prend en main les manettes de ce ministère, et en responsabilité, se laisse imprégner par l'évidence écologique
Par deux fois, les lobbies pétroliers sont mis en cause. Dans ce cas, c'est le patron de Vallourec et sa femme, directrice de cabinet de François Hollande, qui sont directement visés par l'ex-ministre et le magazine Challenge.
Par deux fois, l'éjection est publique mais se fait à distance : l'une en plein sommet international RIO+20, et l'autre, en direct des questions au gouvernement, reçoit un SMS face aux caméras. C'est cinglant et lapidaire.

Erreur de casting, la deuxième femme ministre qui saute au ministère de l'écologie en à peine plus d'un an...


Porte chaque jeudi sur arretsurimages.net

Le malheur des uns fait le bonheur des autres.
Daniel Schneidermann nous le dit : "Porte nous fait rire. Il nous fait réfléchir. Il nous venge. En outre, pourquoi ne pas le dire ? Ce site est né, en 2007, du sentiment d'injustice ressenti par d'innombrables téléspectateurs d'Arrêt sur images, sur France 5, après sa suppression. Il était dans sa vocation naturelle d'accueillir Porte, dont l'éviction du service public suscite un sentiment comparable. Pourquoi pas Guillon et Morel, demanderont certains. Oui, pourquoi pas ? La seule raison, c'est qu'il nous semble (à tort ou à raison), que Porte aura davantage de mal que Guillon et Morel, à retrouver une place dans le grand show audiovisuel. Une impression, une intuition, qui tient à je ne sais quoi. Mais on peut se tromper. Si on se trompe, la porte leur est évidemment ouverte ici."
"Encore un mot : cette chronique (audio, d'une durée de quatre à cinq minutes environ) sera mise en ligne chaque jeudi. A 7 heures 53, meilleure heure pour l'humour, comme chacun sait. Et ça commence jeudi prochain." C'est ici
A un doigt de la sortie, en se retirant avec fracas, Porte s'ouvre sur @si
Ecoutez la dernière chronique de Didier Porte sur Inter : du lourd, du drôle, à ne pas rater ! (trouvée chez @si)
A l'époque où Jean-Luc Hees dirigeait France-Inter, la radio semblait un média en déshérence, un peu vieillotte, surannée... L'audimat baissait, inéluctablement...
En 2004, Jean-Paul Cluzel arrive à la direction de Radio-France et relèvera la barre, pour placer Radio-France à la position de 1er groupe radiophonique français, avec des finances saines, et un dialogue social apaisé.(écoutez les réactions de Jean-Paul Cluzel lors de son éviction - en direct, par un coup de téléphone de M. Guéant, au cours de son interview)
Ici, Jean-Paul Cluzel défendait son bilan...
Et ici, il nous faisait part du bonheur qu'il a eu pendant ses 5 années à la direction de Radio-France...
Aujourd'hui, on le constate avec les évictions récentes des humoristes (qui ne font rire ni les politiques, ni la direction de l'antenne), le risque existe de voir cette direction, nommée désormais directement par le Président de la République, détricoter ce que l'équipe précédente avait mis en place pour redresser la situation de la radio, et qui a réussi (!).
"Croyez-vous que je vais commencer une carrière de dictateur à 57 ans ?", nous a dit Jean-Luc Hees, il y a un an.
Quand des millions de personnes viennent écouter Stéphane Guillon le matin, et que ses chroniques vidéos peuvent être lues des centaines de milliers de fois, des millions de visites sur le site de la radio, ça s'appelle une vraie grosse réussite, un carton même ! La maison ronde a touché le loto avec ses humoristes.
Et bien la direction n'en veut pas de son loto. Elle préférera sans doute retrouver une information plus respectueuse à l'égard des grands de notre royaume.
Plus plan-plan aussi ? Hees dit dans une interview au Monde : "Je n'ai pas de tutelle, mais un actionnaire qui est l'Etat." L'Etat, c'est nous. C'est à dire ces millions d'auditeurs et d'internautes qui devront aller chercher des choix éditoriaux ailleurs. Des millions d'auditeurs et d'internautes qui étaient dans l'erreur, et se sont fait taper sur les doigts.
Le démocrate, c'est Hees, le tyran c'est Porte.
"L'humour ne doit pas être confisqué par de petits tyrans. Je prends cette décision non pas sur une quelconque pression politique mais en m'appuyant sur des valeurs minimales d'éducation et de service public. Je considère que cette tranche d'humour est un échec. Elle a montré une grande misère intellectuelle, dont je ne m'accommode pas. Il n'y aura pas de changement d'horaire ni de remplaçants. Ce qui ne fait pas rire à 7 h 55 ne me fera pas plus rire à 3 heures du matin. Je sais qu'en prenant cette décision il y a un risque. Mais j'assume !"(J-L. Hees)
Jean-Luc Hees assumera donc ses choix. Si ceux-ci s'avèrent payants en terme d'audimat et de participation du public, alors que Hees soit Loué. Si par contre l'audience connait de nouveau une baisse, il faudra qu'il en tire les conséquences.
Jusqu'à présent, la radio avait bien résisté, et même convergé vers Internet. La direction de Radio-France, à l'heure où nous sommes tous de plus en plus équipés de terminaux mobiles (iphone, iPad, android, wifi-on-board,...), ne semble pas craindre de voir leur public se tourner vers d'autres médias, et prendre de nouvelles habitudes.
Celui qui tire son épingle de ce jeu, c'est Daniel Schneidermann. La chronique de Didier Porte, tous les jeudi à 7h53 lui ramènera beaucoup de monde. Et ce sera mérité. Tans pis pour ce qui écoutent la radio dans leur auto le matin. Le gros gros gagnant, in fine, sera sûrement Google.
Bonne chance, d'abord à Daniel, c'est mérité, et aussi aux 4.500 personnes qui travaillent encore à Radio-France. Bonne chance Didier, et à jeudi pour 5 minutes de poilade :)
Laissons à François Morel le mot de la fin...
Que dire de plus ?

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