Denis Baupin

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Urgence climatique, urgence économique : les solutions de l’écologie, par Denis Baupin et Pascal Canfin, à Vernon le 12 avril 2012

Sécheresse en Europe et en Afrique, pollution de l'air et de l'eau, abeilles décimées : tous ces signaux d'alerte mettent en évidence une crise écologique qui s'aggrave. Le changement climatique est incontestable, ses conséquences s'aggravent, et s'aggraveront encore si on ne change pas nos pratiques. Les ressources s'épuisent, mais là encore, on voudrait ne rien changer. C'est pourtant maintenant qu'il faudrait nous préparer, anticiper, agir.
Notre économie financiarisée, incontrôlée, continue d'épuiser ces ressources, et les hommes. Un proverbe indien dit : "Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson pêché, alors vous découvrirez que l'argent ne se mange pas". Ne vous inquiétez pas, il n'y aura même plus d'argent à manger pour la plupart d'entre nous... si l'on continue à créer des crises financières qui habillent quelques heureux élus, mais déshabillent Pierre, Paul, Jacques, Corinne, Brahim, et tous les autres.
Crise écologique, crise économique, crise sociale. Beaucoup veulent séparer ces crises. Comme si chacune avait ses solutions propres. Comme si l'on pouvait reporter les solutions aux enjeux environnementaux et climatiques à plus tard. Ou qu'il faille d'abord remettre l'économie d'aplomb, avant que de s'occuper des questions sociales.
Il s'agit en réalité d'une même crise : celle de notre modèle de développement.
Tant en matière d'économie, que d'écologie ou de justice sociale, il faudra faire preuve de volonté et de courage politique. Il faudra remettre des règles qui empêchent que, pour le profit de quelques grandes multinationales, on oblitère l'avenir commun de l'humanité. Pour cela, l'Europe sera le premier échelon pertinent.
C'est ce que démontrent les écologistes Denis Baupin et Pascal Canfin.
Denis Baupin est maire-adjoint de Paris depuis 2001, chargé des Transports et du Plan climat, fondateur de l'association Agir Pour l'Environnement, président entre 2004 et 2008 du Club des Villes Cyclables, vice-président du réseau Énergie-Cités depuis 2009, président de l'Agence Parisienne du Climat depuis 2010.
Pascal Canfin est député européen, membre des commissions "Affaires économiques et monétaires" et "Marché intérieur et protection des consommateurs" ; co-fondateur de l'ONG "Finance Watch" contre les lobbys bancaires ; conseiller économique d'Eva Joly.
Tous deux portent un discours basé sur l'expérience et l'action, et prouvent que l'écologie apporte une réponse globale aux crises qui ruinent notre système.
Venez participer au débat organisé le jeudi 12 avril 2012 à Vernon, à 20h à l'Espace Philippe Auguste, 12 avenue Victor Hugo.

Denis Baupin et Hélène Gassin, élus EELV, répondent au patron d’EDF, Henri Proglio

Le PDG d'EDF, Henri Proglio, affirme au cours d'un entretien paru dans le Parisien, que la sortie du nucléaire coûterait 1 million d'emplois.
"[...] une telle décision menacerait 400.000 emplois directs et indirects de la filière nucléaire, 500.000 emplois dans les entreprises actuellement localisées en France et très gourmandes en énergie, comme l’aluminium, qui risquerait de partir à l’étranger. Il faut y ajouter 100.000 emplois futurs provenant du développement du nucléaire mondial à partir de la France. Au total, 1 million d’emplois seraient mis en péril et cela coûterait entre 0,5 et 1 point de PIB. Rien de tout cela n’est inimaginable. Techniquement, c’est faisable et on peut très bien choisir de le faire, voilà ce que cela impliquerait."
Denis Baupin et Hélène Gassin, élus Europe Ecologie Les Verts, lui répondent :
La fébrilité du lobby nucléaire franchit un nouveau stade. Dernier exemple en date, l'édition du 9 novembre du Parisien donne une tribune au patron d'EDF. Jamais avare d'approximations, M. Proglio avance des chiffres sans commune mesure avec la réalité et les études existantes. Il prétend ainsi qu'un million d'emplois seraient condamnés par une sortie du nucléaire. Plus c'est gros...
Rétablissons la vérité des chiffres: le nucléaire aujourd'hui en France, c'est 100.000 emplois directs et 300.000 emplois indirects, soit 400.000 emplois, chiffre cité par le patron d'EDF. Mais en plus, M. Proglio invente 500.000 délocalisations d'emplois sorties du chapeau et qui ne sont étayées par aucune démonstration ou étude sérieuse. Pour faire bonne figure, il ajoute 100.000 «futurs» emplois à l'export qui ne seraient pas créés, sans doute pour atteindre le chiffre symbolique du million.
Ce que montrent les exemples étrangers de sortie du nucléaire est strictement inverse. D'une part, les emplois directs seront préservés sur une longue période dans le cadre d'une sortie progressive du nucléaire. Il y a un avenir pour les salariés du nucléaire dans une hypothèse de sortie: il faudra gérer les centrales en fin de vie, démanteler le parc, garantir la sécurité des installations et de l'héritage radioactif que la politique énergétique française passée et actuelle lègue pour des milliers d'années, et notamment traiter et stocker les déchets. Or cela nécessite non seulement de préserver les emplois, mais aussi de former de nouveaux salariés.
D'autre part, et l'exemple allemand le prouve largement, sortir du nucléaire, c'est entrer dans une économie d'efficacité énergétique, et faire émerger enfin des modes de production d'énergie réellement respectueux de l'environnement. Et cela représente la bagatelle de 600.000 emplois à créer, dans la filière des énergies renouvelables et du bâtiment notamment. Donc, en regardant la réalité en face, sortir du nucléaire, c'est créer de l'emploi en France, qui plus est non délocalisable !
Reconnaissons malgré tout à M. Proglio l'honnêteté d'avouer implicitement que le modèle nucléaire dépérissant un peu partout dans le monde, les hypothèses largement surévaluées de création de 100.000 emplois pour l'exportation atomique se révèlent totalement caduques. La responsabilité n'en revient pas aux seuls écologistes, mais aussi aux gouvernements et peuples du monde entier qui ont tiré les leçons de Fukushima. Il y a par contre un domaine où la France pourrait encore devenir leader mondial si elle le décidait, celui de la constitution d'une filière d'excellence dans le démantèlement.
La seule véritable démonstration de cet entretien est qu'EDF n'a pas anticipé les changements mondiaux. De nombreux pays dans le monde, comme nos plus proches voisins, ont décidé de sortir du nucléaire. Ils vont en connaître les bénéfices pour leur développement industriel et la dynamique de l'emploi localement. Le train du développement énergétique soutenable pour la planète a commencé à avancer sans nous, et plutôt que de chercher à le rattraper, les nucléocrates de tout bord veulent nous faire rester à quai. Il n'est pas trop tard pour nous tourner vers l'avenir.
Denis Baupin (EELV), maire adjoint de Paris chargé du développement durable, de l'environnement et du plan climat
Hélène Gassin (EELV), vice-présidente de la région Île-de-France chargée de l'environnement, de l'agriculture et de l'énergie.

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