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Saint-Pierre du Vauvray, village à vivre, passe en zone 30. Mais pas partout.

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Le concept des villes 30, les “villes à vivre”, date des années 2000. Cela consiste à aménager l’ensemble de la ville en zone 30, à l’exception des boulevards dédiés au trafic qui restent limités à 50 km/h.
La rue n’est pas une route. Rues, ruelles, impasses, artères et autres voies de nos villes ne sont pas identiques aux nationales, départementales et rocades. Une évidence pour tous ? Pas au regard du code de la route puisque la même logique routière s’y applique“, peut-on lire sur Ville 30.
Pour cela, il y a urgence à mettre en œuvre le code de la rue pour nos villes et nos villages ; la ville n’est pas réductible à une somme de routes dont l’objectif premier est de faciliter la circulation automobile, assignant à résidence les plus vulnérables et empêchant tout autre choix de mobilité.
Et bien ce concept, il semble que notre village de Saint-Pierre du Vauvray s’y soit engouffré. Il semble…
Cela paraît être une révolution copernicienne pour la municipalité : on passe du tout voiture à une prise en compte de la sécurité pour les transports doux, piétons, avec ou sans poussette, cyclistes, trottinette ou rollers, et bien sûr, les handicapés.
4 arrêtés municipaux ont été pris par la municipalité pour passer en zone 30. La zone 30 c’est une excellente initiative, que je loue. Bravo ! Enfin !
Là où le bât blesse, ce sont plutôt certaines zones concernées :
  • La grande rue : C’est la rue de la mairie, c’est celle de la salle des fêtes, et c’est surtout celle des commerces. Si l’on veut passer d’un commerce à l’autre, il faut de toutes façons traverser la rue. Passer cette rue en zone 30 relève du simple bon sens.
    C’est sûrement la zone qui nécessite le plus d’attention dans notre village, et où tous les habitants, qu’ils soient commerçants, clients, résidents, écoliers, ou promeneurs doivent se partager la voie publique. Quel que soit le mode de transport, priorité ici aux piétons, puis aux vélos !
  • L’île du Bac passe entièrement en zone 30. Avec ses rues refaites à neuf, et une vitesse adaptée, ce sera un plaisir pour ses habitants que de s’y promener. L’île du Bac ne desservant que des habitations, ses rues ne concernent que peu de trafic. Personne ne sera dérangé, il n’y aura que des avantages, et un meilleur partage de l’espace public, entre automobilistes, 2 roues, et piétons, et entre adultes et plus jeunes.
  • La rue Principale, celle qui dessert le hameau du Vieux Rouen, là encore une rue refaite à neuf. Peu de trafic encore, mais il est évident là aussi que la vitesse limitée à 30 km/h garantit la sécurité des habitants.
  • C’est enfin l’allée du Roule qui est mise elle aussi en zone 30. On n’y roule pas très vite déjà, il est vrai. C’est une rue à trafic très faible, et qui de toutes façons ne permet pas de faire de la vitesse, il s’agit là d’une mesure plus symbolique. Mais pourquoi pas : cette allée y a le droit aussi.
Qu’ont donc ces rues en commun pour bénéficier d’un marquage particulier “zone 30” ? La Grande Rue, c’est celle de la mairie. Quant aux autres, ce sont des adjoints ou des conseillers “influents” qui y habitent.
Et bien, loin de songer à du clientélisme – il ne peut pas y avoir de clientélisme sur une mesure de sécurité routière, à fortiori lorsque celle-ci est gratuite -, j’y vois plutôt une expérience menée par les élus pour juger par eux-mêmes de la pertinence d’une limitation de vitesse à 30 km/h. En l’évaluant, soit de la marie, soit de leur domicile. Et comme je pense que cette mesure sera très appréciée par les habitants et les commerçants, il y a de fortes chances que cette mesure soit diffusée plus largement à l’échelle de notre commune. Alors cette expérience, je l’applaudis des deux mains. Bravo ! Enfin !
Pour mémoire, en novembre 2009, alors que dans la rue Portejoie, comme sur la D110 (rue de la gare) de nombreux véhicules ne respectent pas la vitesse réglementaire, j’avais fait part de mes inquiétudes à la mairie, en demandant quelles mesures allaient être prises. La situation de ces rues est assez particulière : elles sont des points d’entrée du village, après de longues lignes droites limitée à 90. Il est vrai qu’on s’habitue à la vitesse et qu’on ne se rend pas compte de combien on ralentit, sauf à contrôler son compteur, et à freiner en conséquence.
Pour la D110, la rue de la gare, la situation est d’autant plus catastrophique que les passages piétons – qui sont entre autres empruntés par les écoliers qui se rendent à pied à l’école, au moment du plus fort trafic routier – se trouvent placés dans les sorties de virages. Des passages piétons dans des sorties de virages, sans visibilité, avec des véhicules qui pénètrent dans le village en cet endroit, qui trop vite, qui le téléphone à la main, n’est-ce pas totalement inconséquent ?
En réponse à ma demande, estimant que la compétence en revenait à la CASE, M. alain Loëb m’avait mis directement en relation avec la CASE pour qu’elle règle le problème.
M. Zarb, responsable à la CASE avait alors rappelé au maire de Saint-Pierre du Vauvray qu”[il avait] la possibilité de limiter la vitesse en prenant un arrêté, et à réception [M. Zarb mettrait] en place la signalisation règlementaire, comme une limitation de vitesse à 30 km/h.
[Le maire avait] également la possibilité chaque année de faire réaliser des aménagements sécurité dans le cadre des conventions, à hauteur de 20 000 € HT dont 32.5 % reste à la charge de la commune, (ralentisseurs, chicanes diminution de la largeur de chaussée etc.).
D’une façon plus générale, le Maire est le premier garant des pouvoirs de police.
En ce qui concerne la voirie passant devant la gare, (axe VAL DE REUIL – ANDE), il s’agit d’une voirie départementale, la RD 313. Sur cette voirie, vous pouvez effectuer des travaux avec pour subventions des fonds de concours de la C.A.S.E. et surtout une aide du Conseil Général.
Bien sûr, rien n’a été suivi d’effet par le maire, et à l’époque, point d’arrêté !.. Rien alors, et toujours pas de solution depuis.
Pour aller plus loin, lire aussi le compte-rendu du conseil municipal du mercredi 4 novembre 2009 concernant le PDU (plan de déplacements urbains) de la CASE. Un compte-rendu très explicite.
La ville 30, des villes et des villages à vivre, la ville et les villages, tout simplement.
Apparemment, avec les arrêtés qui ont été pris cet été, les consciences se sont éveillées à la municipalité.
Nous allons bientôt devoir, ou avoir la chance selon, de préparer le PLU. Et si l’expérience des zones 30 se révèle profitable en termes de sécurité routière, d’efficacité énergétique, et de qualité de vie locale et de partage du bien commun porte ses fruits, sans doute, c’est toute la commune de Saint-Pierre du Vauvray qui bénéficiera de ce retour d’expérience.
Saint-Pierre du Vauvray, village à vivre, passe en zone 30. Mais partout cette fois ci.  Source : CERTU
La ville 30 qu’est-ce que c’est, quel intérêt ?
Tout d’abord, tordons le cou à des à-priori en terme de temps de transport, et la peur d’être “en retard” ! A une vitesse limite fixée à 50 km/h, la vitesse moyenne réelle n’est que de 18.9 km/h. En effet, si la pointe peut être de 50 km/h, on ne passe son temps en agglomération (cela vaut pour notre village !) qu’à ralentir, freiner, tourner, laisser passer…
Alors, si à 50 km/h, la vitesse n’est que de 18,9 km/h en moyenne, à combien peut elle passer à seulement 30 km/h ?
A 30km/h, la vitesse moyenne est de 17.3 km/h !
Cela rallonge le temps de trajet au kilomètre que de 18 secondes au kilomètre. Sachant que nous parcourons rarement plus de 1 kilomètre pour relier un point de notre village à un autre, c’est dire que cela ne représente rien ! (1,2 kilomètre pour aller du fond de l’île du bac jusque la grande rue, pour se rendre dans les commerces, à la salle des fêtes ou la mairie, et 3,7 km pour partir de l’île du Bac pour rejoindre le hameau du Vieux-Rouen, mais avec 1,6 km hors agglomération…). En passant à 30 km/h au lieu de 50 km/h, on perdra tout au plus 18 secondes, jusqu’à 30 secondes pour les trajets les plus longs pour traverser le village d’un bout à l’autre. Qui plus est, pour un déplacement typique où l’on parcourt moins d’un kilomètre en zone 30 avant de rejoindre le réseau structurant limité à 50 km/h (la D110 dans notre cas), on perdra donc environ 10 à 15 secondes seulement à cause de la zone 30 !
On le voit, le rallongement de temps de trajet est dérisoire. Mais 18 secondes sur un trajet, c’est toujours 18 secondes de prises. Alors, qu’est-ce que cela peut rapporter ?
Et bien d’abord, pour les automobilistes, c’est une économie de carburant de + de 65%. Enorme !
Bon, c’est bien l’économie de carburant pour les automobilistes, mais qu’en est-il pour les habitants ?
Outre le mieux-vivre, la qualité de vie et le stress en moins, la ville 30 permet de réduire l’accidentologie de façon drastique.
La limite de 30 km/h permet de réduire de moitié la distance de freinage.
La limite de 30 km/h permet de réduire de moitié la distance de freinage. Source : ville30.org
A 30 km/h il faut 13m pour s’arrêter alors qu’à 50 km/h l’automobiliste aura parcouru 14m avant même d’avoir commencé à freiner !
En terme cette fois de taux de décès lors d’impact, la réduction de 50 à 30 km/h, les fameuses 18 secondes ajoutées, permettent de réduire le taux de décès d’un facteur de 1 à 9 lors d’un choc vec un cycliste ou un piéton ! Et les chiffres s’envolent lorsque l’on parle d’accident de jeunes enfants, dont la tête se trouve à hauteur du capot.
Lors d’un choc avec un piéton ou un cycliste à 50 km/h le risque de décès est multiplié par 9 par rapport à un choc à 30 km/h ! Source : ville30.org
Qu’attend-t-on alors pour passer à la ville 30, améliorer la vie locale, et éradiquer les risques d’accidents, et leur gravité ?
Et bien les quatre arrêtés pris par le maire Alain Loëb pourraient passer pour des expériences qui pourraient laisser préjuger qu’on passera en ville 30 lors du prochain PLU. Le PDU avait été un rendez-vous manqué pour la municipalité qui n’a pas brillé lors du débat, sauf à réclamer le rond-point de la RD 6015 pour le hameau du Vieux-Rouen.
Les rues concernées, outre que ce sera l’occasion pour les élus de se rendre compte de l’efficacité de la mesure, ne sont sûrement pas le meilleur choix pour les rues impactées. Ce ne sont pas celles qui sont simplement traversées par les véhicules trop rapides (les entrées du village). Ce ne sont sûrement pas les zones les plus dangereuses. Mais s’il s’agit d’une expérience, pourquoi pas ?
Mais faisons-le, et rapidement ! Je plaide pour un village 30, respectueux de ses habitants et de leur qualité de vie, qu’ils soient automobilistes, piétons, cyclistes ou cyclomotoristes.
Enfin, placer le village en zone 30, c’est une chose. Mais cela ne va pas sans pédagogie. Cela ne va pas sans affichage (avec des indicateurs de vitesse aux entrées du village, comme au Vironvay, si efficaces).
Et cela ne règle pas tous les problèmes comme celui de l’avenue de la gare, ou des travaux devraient être entrepris pour limiter les vitesses, et un passage piéton installé en supplément de ceux installés dans les sorties de virages.
Enfin, l’installation de zones 30 et de zones de rencontre sera parfaitement coordonnée avec des aires de stationnement pour les transports doux.
Au final, je veux bien croire à l’expérimentation et à l’installation future d’une zone 30 généralisée, d’un village 30. je me pose toutefois des questions sur les raisons des choix des rues impactées. Car sur la pédagogie et la publicité des arrêtés pris, ce n’est pas encore ça. Et j’espère que ce n’est effectivement qu’un motif d’expérimentation, car s’il ne s’agit que de se faire plaisir dans sa rue, pour avoir la sécurité chez soi tout en pouvant rouler à 50 partout ailleurs, je reviendrai sur mon avis plutôt positif.
A suivre…
Pour aller plus loin : Ville 30.org

nono

déjà 2 commentaires pour cet article

  1. Sep 2011
    12
    11 h 41

    Faire oeuvre de pédagogie, voilà l’axe principal du changement.
    Un petit rappel : avant d’être éjecté par le maire de mes responsabilités au sein du conseil, l’ensemble du conseil c’était déclaré favorable à la création d’un trottoir rue de Paris. Qu’est devenu ce projet ? L’idée que j’avais exprimée lors de ce débat était le partage de la chaussée, et la remise en question du tout voiture dans les petits bourgs.
    Il y a trois ans le conseil était pour. Maintenant que le maire sélectionne des rues 30, passons à l’étape du partage de la chaussée .

    jérôme bourlet

  2. Août 2016
    21
    15 h 11

    Je partage tous les avantages ( les inconvénients sont minimes ) d un village en zone 30. .Personnes âges, ecoliers, je ne veux pas répéter tout l article, mais je suis sur que tout le monde a y gagné. Depuis longtemps je demande de passer en zone 30 dans mon village, 1900 habitants toujours refusé soit disant a cause d un cout élevé des aménagements.

    Michel-Villaz jean

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