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Novlangue de bois chez PSA : et si la pollution purifiait l’atmosphère ?

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Dans le débat sur le diesel et sa dangerosité qui fait rage, le magazine Cash Investigation, la dangereuse exception française répond à une interview de Guillaume FAURY, ex-directeur de la R&D de PSA, parue dans le parisien le 17 septembre 2012. Que dit-il ?
“L’air qui sort du pot d’échappement est plus propre que l’air qu’il absorbe en ville.”
Un discours que reprend en d’autres termes le responsable de la gamme Citroën, Thomas D’Haussy :
“Alors, tout a changé. Vous avez un filtre à particules. L’air qui sort du pot d’échappement est plus propre que l’air que vous avez dans votre salon.
Que faut-il en penser ? Pense-t-il que mon salon est plus sale que son garage ? Ou bien me faut-il virer les plantes grasses pour faire de la place à un moteur diesel muni d’un filtre à particules pour en purifier l’air ? Auquel cas, pourrais-je profiter du nettoyage au diesel de mon salon pour fabriquer mon électricité ? Double bonus écologique ?
C’est à mourir de rire, proprement dit. Tout vient de la définition de la propreté : “La propreté est l’absence de salissure, incluant poussière, tache, et mauvaise odeur. Elle implique des procédés de nettoyage, notamment dans le domaine de l’hygiène alimentaire (« élimination des souillures, des résidus d’aliments, de la saleté, de la graisse ou de toute autre matière indésirable »1). On peut parler de propreté pour un organisme vivant (homme, animal de compagnie) ou pour un lieu, une pièce.” (source wikipedia)
Ah. C’est donc du caractère indésirable des matières dont il est question. Sont indésirables les particules fines, et c’est bien ce que Pierre Macaudière, responsable de département chez PSA vient tempérer : “Le niveau de particules qui sort d’un filtre à particules est plus faible que le niveau de particules de l’air ambiant.” “Vous êtes en train de dire que l’air est plus pur à la sortie du pot d’échappement ?”, demande Elise Lucet.
“J’ai pas parlé d’air, j’ai parlé du niveau de particules des gaz d’échappement.” A propos des paroles de M. Faury, ex directeur R&D chez PSA : “C’est un abus de langage d’un motoriste qui dit “l’air qui sort” […] Je dis que c’est faux. C’est les gaz d’échappement qui sortent du pot d’échappement qui sont plus propres “en particules, en particules“, je suis bien en train de dire ça, que l’air qui rentre dans le véhicule, et ça je vous le répète solennellement.
N’allons pas jusqu’à croire donc qu’il serait salutaire, face à la pollution automobile ou la pollution atmosphérique, de laisser tourner les moteurs diesel pour purifier l’air : nous pourrions mourir gazés, étouffés ou à petit feu asthmatiques, ou bien de maladie cardio-vasculaire, ou bien victime d’un AVC, sans même avoir eu le temps de développer un cancer. Propre et clinique.
Et puis, ce que l’on apprend lors de cette émission (télévisée, pas de gaz mortels), c’est que le filtre est particules peut être dangereux pour les moteurs diesel eux-mêmes, si l’on ne prend pas garde à nettoyer ou à changer le filtre (ou FAP pour filtre à particules). Le FAP se bouche, les gaz ne peuvent plus s’échapper, c’est le hara-kiri du moteur. Couic ! Et que le grand cric le croque…
Quelle conduite adopter pour empêcher le décès précoce du véhicule ? D’abord, éviter de conduire en ville. Préférer rouler sur de longues distances à vitesse respectable pour brûler les suies.
Oui, mais. 3/4 des véhicules vendus aujourd’hui en France sont des diesel. PSA Peugeot-Citroën admet ne vendre quasiment que des diesel (sauf exception, sur commande, etc). Et les gens, quels sont leurs modes de conduite ? Autoroute tous les jours ou ville ? Sont-ils prévenus à l’achat du véhicule pour l’utilisation difficile en ville ?
Et l’on se rend compte alors que nombre de conducteurs préfèrent payer pour supprimer leur filtre à particules. La suppression du FAP est une industrie en plein boum. Ca coûte moins cher que le changement ou le nettoyage du filtre, le véhicule consomme 0,5L/1OOkm de moins, et les appareils en préfecture ou au contrôle technique ne le détectent pas. Mais les particules sont stockées désormais dans les poumons du gars derrière.
Pour finir son émission, Elise Lucet et quelques testeurs (frappés de prudent mutisme) nous parlent des tests sur les émissions réalisés en laboratoire, ceux-là même qui permettent aux véhicules diesel de respecter les normes européennes, n’ont rien à voir avec les mêmes tests réalisés sur route, en conditions réelles. Des chiffres qui vont de un à plus de quatre. Avec des tests sur route, les véhicules diesel ne pourraient plus être mis sur la voie publique.
Alors, à quand des campagnes antipollution, avec des autorités publiques qui demanderont aux propriétaires de diesel de bien vouloir faire tourner leur moteur en ville pour en purifier l’air ?
Pendant les pics de pollution, offrira-t-on le stationnement aux véhicules diesel si leurs conducteurs acceptent de laisser tourner le moteur ? En ouvrant le capot pour qu’on puisse applaudir la marmotte qui met les particules fines dans du papier d’alu  ?..
nono

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