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Taxe carbone : La fiscalité écologique fait pschitt !

Après une semaine de cafouillages et de cacophonies à droite comme à gauche, le Président de la République vient de rendre aujourd’hui son arbitrage sur la taxe carbone. Malgré ses déclarations, il a validé les annonces de son premier ministre, pourtant dénoncées par les associations écologistes et les Verts : un prix bas à 17 euros la tonne de CO2, l’exemption de l’électricité et de l’agriculture, et la redistribution du produit de la taxe à tous, entreprises et riches compris. Une taxe carbone qui part en fumée ?

« Depuis les élections européennes, le fond de l’air est écolo, alors on passe partout un petit coup de peinture verte sur les murs. Tant pis si la maison est en train de s’écrouler ! » explique Claude Taleb, vice président du Conseil régional de Haute-Normandie.
« Cette taxe, c’est du greenwashing. Trop faible pour être réellement efficace, ni écologique, ni sociale, c’est de l’affichage. »

« Certains nous expliquent que c’est le principe même de cette taxe qui est injuste. » ajoute Véronique Bérégovoy, porte-parole des Verts de Haute- Normandie. « C’est tout le contraire : plus on attend pour la mettre en place, plus le coût social et économique du réchauffement climatique sera lourd à supporter, à commencer pour les populations les plus défavorisées. »

Depuis de nombreuses années, les Verts défendent la mise en place d’une contribution climat énergie, et plus récemment leurs parlementaires avaient déposé un projet de Loi Contribution Climat Energie rejeté par l’ensemble des partis politiques de l’UMP au PC.
Portée depuis par le Pacte écolo de Nicolas Hulot et le Grenelle de l’environnement, les principes de la fiscalité écologique reposent sur trois impératifs : couvrir l’ensemble des secteurs, être à un niveau suffisamment élevé pour être dissuasive, et offrir une double justice sociale et environnementale. Nous sommes vraiment très loin du compte.

Le chef de l’Etat a également décidé de faire la part belle au lobbies. Les émissions d’azote de l’agriculture, très émetteurs de gaz à effet de serre seront exemptées.
Mêmes privilèges en ce qui concerne la consommation d’électricité qui ne sera pas taxée, au risque d’inciter à la relance du chauffage à l’électricité, pour le plus grand bonheur du lobby nucléaire et le malheur des consommateurs au chauffage électrique. Quand il faudrait économiser toutes les énergies.
Ce qui fait la part belle au nucléaire . « On critique beaucoup la taxe carbone, mais qui parle de la taxe EPR ? » s’interroge Véronique Bérégovoy. « Ce n’est pas en mettant de côté la question du nucléaire que nous allons inciter à une baisse générale de notre consommation d’énergie ».

« Les mécanismes de compensations sociales ne sont pas du tout satisfaisants. Les Verts défendaient la redistribution à seulement la moitié de la population c’est à dire les ménages les plus modestes qui gagnent moins de 1.500 € par mois » conclut Claude Taleb.
Le chef de l’Etat au contraire à fait le choix de redistribuer à tout le monde y compris les très riches et aux entreprises en déduction de la taxe professionnelle sur l’investissement. Il exclut de réserver une partie du produit de la taxe pour financer une politique publique d’investissements écologiques « Aucune politique publique de reconversion écologique ne sera financée à travers cette taxe. C’était une occasion unique pour changer la vie des gens, à travers le transport, l’habitat…
La suppression de la taxe professionnelle privera même les communes, les départements et les régions des moyens de prendre leur part de ces défis. Le gouvernement navigue à vue : pour changer de monde, il faut changer de fiscalité ».

Les Verts de Haute-Normandie

Jérôme Bourlet

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