Dominique Delafosse

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Saint-Etienne du Vauvray et Saint-Pierre du Vauvray doivent procéder au regroupement scolaire entre les deux communes pour sauver une classe de la fermeture.

Saint-Etienne du Vauvray et Saint-Pierre du Vauvray doivent procéder au regroupement scolaire entre les deux communes pour sauver une classe de la fermeture.
Les parents d'élèves de Saint-Pierre du Vauvray, comme les élus de Saint-Pierre, ont été prévenus lors du dernier Conseil d'école : Les classes sont actuellement sur deux niveaux, en sous-effectif par rapport aux statistiques de l'Education Nationale. En conséquence, s'il n'est pas procédé à un regroupement scolaire entre les deux communes jumelles de Saint-Pierre et Saint-Etienne, une classe fermerait en primaire à la rentrée 2013 !
Lors du dernier conseil d'école de primaire, nous avons reçu une très mauvaise nouvelle : dans les conditions actuelles, si rien n'est fait, une classe sera définitivement fermée à la rentrée 2013.
Mais nous avons reçu une bonne nouvelle : il y a une solution pour sauver la classe ! Pour ça, il faut opérer un regroupement scolaire entre les deux communes de Saint-Pierre du Vauvray et Saint-Etienne du Vauvray.
Les deux communes sont en parfaite continuité territoriale, c'est dans l'intérêt bien compris des familles des deux communes que ce regroupement doit s'effectuer : d'un côté, à Saint-Etienne du Vauvray, l'école compte des classe très chargées, en multi-niveaux, et la population continue de s'accroître par la création de nouvelles habitations.
De l'autre côté, à Saint-Pierre du Vauvray, les classes, à deux niveaux, sont moins chargées, et on recense peu d'opportunités de développer de nouvelles habitations. La commune doit compter sur la rotation des habitants dans le parc existant.
Pour ça, encore faut-il que les services soient à la hauteur des attentes des familles pour qu'elles viennent s'installer : quand on veut s'installer, particulièrement dans une commune rurale ou rurbaine, les besoins de base d'une famille sont
  • une école de proximité,
  • un médecin,
  • et de l'internet à haut-débit (bientôt du très haut débit).
Les besoins "secondaires" sont ensuite la boulangerie, le service postal et bancaire, le boucher-charcutier, le commerce de proximité, la pharmacie,... Que des avantages que cumule Saint-Pierre du Vauvray.
On le constate, l'école est un de ces services indispensables lors de la décision de s'implanter dans une commune. Faute de ces trois besoins de base - école, médecin, haut-débit -, on cherche ailleurs.
C'est donc ce qui donne de la valeur aux maisons, lorsque les propriétaires, dont les enfants ont quitté le foyer, souhaitent revendre leurs biens pour aller habiter dans un appartement ou une maison plus adaptée aux besoins.
Sauver une classe, c'est donc essentiel pour les enfants, c'est essentiel pour les habitants qui souhaitent changer de mode d'habitation, et très profitable pour l'offre commerciale.
La solution du renouvellement de population dans les habitations - les familles qui n'ont plus d'enfants revendent leurs biens pour aller dans des habitations plus adaptées, et les populations soit en transit, soit installées le temps de la scolarité - pourrait passer pour un cercle vertueux. Parce que les couples revendent, parce qu'on construit. Mais le temps vient faire capoter cet édifice. A l'échelle micro-locale, ça ne marche plus. Le renouvellement et la construction créent des effets de vague, au lieu de lisser les inscriptions année après année. En nous appuyant sur une démographie un tout petit plus importante que l'échelle communale, on peut assurer l'avenir de l'école de proximité, et aplanir les temps de renouvellement du parc, ou de construction de logements.
Que penser du regroupement scolaire ? Dans l'absolu, pour les communes rurales, le regroupement peut passer pour une catastrophe : On éloigne les enfants, leur infligeant des temps de transport supplémentaires, donc plus de fatigue. C'est aussi la fin de rapports privilégiés entre les enseignants des petites communes et les parents. Dans les écoles rurales, les retards scolaires sont moins importants que dans les villes, et beaucoup moins qu'en ZEP. Malgré, ou à cause, des niveaux multiples.
Pourtant, dans notre cas, ce qu'on nous propose, c'est de saisir la chance de pouvoir organiser ce regroupement localement, sans les transports fatigants pour les enfants, sans couper les relations entre les enseignants et les parents, entre des communes dont les habitants partagent les mêmes préoccupations.
Ce regroupement sera(it) supervisé par l'inspecteur de circonscription. C'est un homme - puisqu'il faut bien parler des hommes, l’Éducation Nationale n'est pas qu'une grande machine anonyme -, doté d'un grand sens de la diplomatie, qui est conscient des spécificités des écoles rurales. Son expérience et sa compétence en font un homme très respecté à la fois par les enseignants, les parents et les élus. Et même s'il a pour mission d'appliquer les directives de l'Académie et du ministère, il met son intelligence, son expérience et son discernement au service des populations locales pour que s'applique la mission éducative et pédagogique dans les meilleures conditions possibles. Il sera le partenaire idéal pour expliquer les enjeux, et apporter des solutions justes et équilibrées, si on l'écoute.
Quelle est la position de nos élus ? Ceux dont les décisions vont sceller l'avenir de nos communes. Une classe fermée, est définitivement fermée. Alors ? Veulent-il sauver une classe, ou seulement sauver les apparences ?
Jérôme Bourlet dit qu'il a "eu l'écho d'une fermeture de classe à l'école de Saint-Pierre du Vauvray à la rentrée 2013. [il voudrait] savoir où en est la convention avec Saint-Etienne du Vauvray pour être sûrs d'avoir assez d'élèves".
Juliette Kaaouche, nouvellement adjointe à la jeunesse et l'éducation : "Ils envoient. Ils envoient des enfants."
Jorge Pinto essaie de retoquer la question en disant : "On doit se réunir prochainement sur le sujet." [Se réunir ? Réunir la commission jeunesse-éducation, qui inclue Pierre Denis, très au fait de la situation des écoles de nos communes, et Benoît Geneau ? Pierre Denis est au fait de la situation des écoles, comme habitant de Saint-Pierre et professeur des écoles à Andé. Il avait rappelé sa motivation à participer à ces commission sur le sujet de l'école. Son avis est précieux.]
Mais Juliette Kaaouche continue pour expliquer qu'ils envoient des enfants. Il y a le problème des fratries [les frères et soeurs sont regroupés dans les mêmes écoles], mais les classes de maternelle se retrouvent avec des effectifs et 25 et 26 élèves [surtout des toutes petites sections - moins de trois ans -, ceux-ci n'étant pas pris en charge à Saint-Etienne, NdR]. Il y a deux élèves en primaire. "Tout ce qui est possible, même s'il y a un enfant de plus en maternelle, c'est d'accord", conclut-elle.
On constate donc que la convention est inefficace pour le problème des sous-effectifs en primaire à Saint-Pierre. Et n'empêchera en rien une fermeture de classe si elle advient.
La municipalité et les adjoints n'évoquent pas le regroupement scolaire dont il avait été question lors du conseil d'école. Laetitia pose donc la question du regroupement scolaire. [Il faut vraiment insister pour avoir des informations sur des sujets qui concernent tous les habitants, surtout les familles qui ont des enfants à l'école. A priori encore plus pour ceux qui sont à la fois habitants, élus, enseignants, et parents d'élèves à l'école de Saint-Pierre du Vauvray, et en capacité de monter des dossiers : l'opposition.]
Juliette Kaaouche : "Et le regroupement scolaire, on est en train d'étudier la question du regroupement scolaire."
Laetitia demande s'il y a un calendrier qui est prêt [le calendrier, c'est la date butoir de septembre 2013, tout devra être finalisé avant, NdR]
Alain Loëb répond : "On n'a pas de calendrier, on a sollicité déjà notre collègue [Dominique Delafosse, maire de Saint-Etienne du Vauvray, NdR], qui va en parler avec son conseil, nous on va commencer à interroger l'Inspecteur d'Académie, qu'il donne les éléments comment ça se met en place, et puis après on fera une réunion de travail."
Jérôme demande si le maire garantit le fait qu'il n'y aura pas de fermeture ?
"Oui, le pouvoir, moi je veux bien. [...] Le pouvoir, oui mais il faut être deux, c'est comme un mariage. Hein ?", répond le maire, Alain Loëb. "C'est à l'étude puisqu'on a commencé à porter le problème auprès de notre collègue qui est à l'écoute [...]".
"C'est à l'étude", dit Jorge Pinto.
"C'est à l'étude", renchérit Alain Loëb. "Je vais pas parler en son nom."
"Après, il y a une réunion à avoir avec les instits", dit Juliette Kaaouche.
"Il s'est engagé auprès de vous [les adjoints, NdR] à en parler auprès de son conseil, moi, je vais pas parler en son nom."
Laetitia commence à parler des enseignants des deux côtés [suite à la réunion avec les instituteurs qu'évoquait Juliette Kaaouche] et des niveaux multiples, l'adjointe à l'éducation lui répond aussitôt :
"Et bah, elles [les enseignantes de Saint-Etienne, NdR], elles garderaient leurs multiples niveaux, chargés, alors bon, c'est dingue, moi aussi je suis étonnée, mais c'est comme ça. Les instits là-bas sont très contentes d'avoir des multi-niveaux chargés."
"Mais on n'est pas à Saint-Etienne, le problème c'est qu'on n'est pas à Saint-Etienne. On peut pas parler à la place des parents de Saint-Etienne", dit Alain Loëb.
"Nous en tous cas, on a lancé la perche", lance alors le premier adjoint Jorge Pinto. "Voilà, on a tendu la perche. On l'a [fait ?] dans le cadre de la convention."
"On demande un rendez-vous avec l'inspecteur, M. Beaudoin", conclut Juliette Kaaouche pour la municipalité.
Je reviens un instant ce qui vient d'être posé et répondu :
  • Tout le monde connaît les risques d'une fermeture de classe pour la rentrée 2013. Ce serait inéluctable sauf en cas de regroupement entre les deux communes qui se jouxtent.
  • Aucun mail, aucune communication n'a été faite, aucun compte-rendu n'a été remis, que ce soit à l'attention des parents d'élèves ou des autres élus. C'est le pré carré du maire et de son équipe.
  • La commission jeunesse-éducation n'a pas été réunie, même pour évoquer le sujet, pour prévenir, à défaut de chercher des solutions et de bâtir un dossier ou un projet.
  • La municipalité a sollicité leur collègue, maire de Saint-Etienne, qui s'est engagé à en parler à son conseil.
  • La municipalité va interroger l'inspecteur de circonscription pour savoir comment faire.
  • Le pouvoir de réaliser ou non ce regroupement est entre les mains du maire de Saint-Etienne.
  • Ce dernier ne manifesterait pas de volonté de faire jouer la solidarité. ("c'est comme un mariage, il faut être deux." Lors du conseil d'école, il avait prononcé cette même phrase, sans rien ajouter derrière qu'un silence lourd de sens.)
  • Le sujet est à l'étude, bien qu'aucune étude n'ait été citée ou montrée. Ce serait plutôt à l'étude à Saint-Etienne (" C’est à l’étude puisqu’on a commencé à porter le problème auprès de notre collègue qui est à l’écoute [...]", "Je vais pas parler en son nom").
  • Les institutrices de Saint-Etienne garderaient leurs multiples niveaux. Il y aurait donc blocage à ce niveau.
  • On ne peut pas parler à la place des parents de Saint-Etienne. [Sans parler pour eux, ne serait-il pas possible de communiquer avec eux ? En présentant le constat, les solutions, et l'étude en cours ? NdR]
  • La majorité municipale a fait son travail en tendant une perche à leur collègue de Saint-Etienne. Le travail serait donc fait côté Saint-Pierre...
Nous avons assisté ici à une sortie de parapluies, c'est pas nous, nous, on a tendu la perche. Si ça capote, la faute en incombera donc au maire de Saint-Etienne qui ne voudrait pas "se marier". La faute aux institutrices de Saint-Etienne qui bloqueraient pour garder leurs effectifs chargés. Même les parents de Saint-Etienne sont cités. C'est pas moi, c'est l'autre...
La gestion des écoles est la dernière prérogative des maires. Les autres compétences sont prises en charge par la communauté d'agglomération.
Au lieu de voir la majorité municipale rejeter les responsabilités sur les autres, j'aurais voulu voir le problème pris à bras le corps. J'aurais déjà aimé que la mairie diffuse l'information, au moins auprès des parents d'élèves et de tous les élus. j'aurais compris que la commission jeunesse-éducation soit réunie d'urgence, afin de travailler sur le sujet et de chercher des solutions. Et j'espère que dorénavant l'information sur l'avancement, ou sur les blocages, sera mise en place. Il y a un blog, qu'ils l'utilisent pour montrer l'avancement du travail, plutôt que de remiser le problème sous le tapis. Dans le cas des fermetures de classes, ce n'est pas en étouffant le problème qu'on le règle. Au contraire, parents, enseignants et élus mettent leurs écoles en lumière, et communiquent à fond sur les risques et les actions de chacun. Communiquer pour ne pas fermer dans l'ombre, à l'insu de tous.
J'en appelle à la responsabilité des maires, pour qu'au moins la solidarité entre les communes devienne une réalité.
Il n'y a pas de mur entre les communes. On le voit avec les associations comme l'IMA ou le judo Vauvray-Incarville. Les parents vont de l'une à l'autre des communes. Il peut en être de même pour l'école, et en tous cas, la fermeture d'une classe dans l'une ou l'autre des communes est une perte pour les deux communes.
Parce qu'aucune des communes n'a la taille suffisante pour s'adapter à des politiques nationales, qui traitent des données avant tout comptables, parce qu'on ne brasse pas assez de population pour passer les effets de vagues générés par le renouvellement des habitants dans les lotissements existants, ou la construction de nouveaux lotissements, nous avons au moins les moyens de nous unir pour résister à une RGPP aveugle qui ne prend pas assez en compte les spécificités de l'école rurale.
Oui, les écoles représentent un lieu d'échange et de vie dans les villages et les bourgs, et elles participent à la vie commerciale, au développement économique, à l'urbanisme et aux plans de déplacements mêmes des communes.
Mais c'est avant tout aux enfants que vous devez penser, pour que dans un avenir proche, ils ne se retrouvent pas dans des classes trop chargées, et en passant de deux à trois niveaux.
Pour ce qui et des classes à trois niveaux à Saint-Etienne, j'avais rencontré les enseignantes lors d'un docu-débat qui s'était déroulé à la mairie de Saint-Etienne. Il m'avait semblé que c'était une équipe soudée, qui était justement intéressée par une démarche de pédagogie Freinet, sujet du débat du soir. Peut-être qu'à si peu de distance, nous ne nous connaissons pas encore assez. Peut-être la solution vient-elle de la communauté éducative dans son ensemble, et les débats qui auront lieu cette année permettront de mieux nous connaître, et peut-être est-ce par l'école que la solution avancera. Avec pour objectif de conserver les meilleures conditions d'enseignements dans nos communes de Saint-Pierre, Saint-Etienne, et Andé.
Rappelons-nous les nombreuses semaines de combat des familles, enseignants, élus, pour éviter une fermeture de classe à Andé. La solidarité entre les communes de notre pôle n'avait pas joué, et la classe a fermé, au détriment des enfants.
J'espère que l'on saura faire jouer la solidarité cette fois-ci. J'espère qu'à l'avenir, on saura éviter des regroupements scolaires plus importants et lointains, avec des temps et des coûts de transports plus importants, et une fatigue supplémentaire.
Oui c'est possible, oui c'est du travail, et oui c'est dans l'intérêt des familles. Mesdames et messieurs les élus, et mesdames et messieurs les enseignants, vous pouvez empêcher une fermeture de classe, qui serait nuisible pour la collectivité. La balle est dans votre camp.
Vous pouvez compter sur nous, comme nous comptons sur vous.

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