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Quelle semaine ! Bilan des élections régionales 2010 : Acte I

Les élections, c’était il y a une semaine. Déjà.
Sur fond de crise économique, de crise européenne, avec un redécoupage nord-sud annoncé – où, la France, avec un pied au nord et un pied au sud, essaie de se contraindre de marcher à cloche-pied -, une crise d’identité américaine, une crise israélienne, l’actualité régionale peut nous sembler déjà bien loin. Pourtant le jeu politique a été bouleversé.

Des leçons à tirer pour les politiques

Les conséquences “régionales” de ces élections ont bouleversé la politique nationale, et redistribué largement les cartes pour la droite et l’UMP. Jusqu’à présent, l’hyper-président donnait sa légitimité au parlement. Il avait assuré une victoire écrasante aux députés UMP, et la stratégie du grand parti unique à droite avait réussi à rafler toutes les mises, allant jusqu’à reconquérir les voix de l’extrême-droite.
Cette élection a inversé les tendances : dorénavant, la légitimité du gouvernement, le président la tient des députés UMP. Sarkozy est au plus bas dans les sondages, quand son premier ministre caracole dans l’électorat de droite. Tous les ministres qui se sont présentés à ces élection ont été battus à plate-couture. C’est un déni pour le gouvernement. Ce n’est pas qu’une question de jeu de pouvoir au sein de l’UMP, la politique menée par le président doit déjà en tenir compte. La tentation d’autonomie gagne les composantes de l’UMP, et c’est la stratégie du parti unique qui pourrait-être remise en question.
Pour Hervé Morin, candidat perdant en Haute-Normandie : « Il faut que le nouveau centre soit en mesure d’avoir un candidat en 2012 bien sûr. Ce que je sais c’est le nouveau centre avec ses 13 000 militants, son groupe parlementaire à l’Assemblée et bientôt au sénat je l’espère, doit être en mesure d’avoir la possibilité de désigner un candidat de manière autonome à la présidentielle, il lui appartiendra ensuite de déterminer qui cela doit être. » On peut aussi voir dans cette démarche une stratégie pour mieux négocier les places lors des prochaines élections.
Et Dominique de Villepin en rajoute une louche en annonçant la création d’un nouveau parti, alternative à Sarkozy. L’ambiance est plombée à l’UMP.
Le PS, que beaucoup pensaient moribond et divisé, retrouve une légitimité : il fait quasiment carton plein, en conservant le même nombre de régions métropolitaines qu’en 2004, en y ajoutant la Corse, et en perdant le Languedox-Roussillon. Et en se coupant du courant de G. Frêche.
Derrière les manifestations de joie contenue après la victoire, le PS fait ses comptes. Ce grand parti hégémonique à gauche veut croire à la victoire aux présidentielles. Et il se rend compte que s’il peut espérer gagner, ce ne peut pas être sans les voix écologistes.
Europe Ecologie et les verts sont parvenus à devenir 3ème parti de France. Bel exploit ! Si les électeurs connaissent leur engagement dans des combats pour préserver un monde vivable pour les générations futures, c’est leur crédibilité politique qui est entérinée. Au moment où l’UMP enterre le Grenelle de l’environnement, les citoyens de France et d’ailleurs prennent conscience de l’importance, et de l’urgence, de l’enjeu : on peut faire autrement, on peut éviter les catastrophes, mais il faut s’y prendre maintenant !
Il faut maintenant qu’Europe Ecologie se donne les moyens d’affronter cette croissance. Sa place de 3ème parti de France doit s’accompagner d’une mutation. C’est le défi que lance Daniel Cohn-Bendit aux verts, par son appel du 22 mars. La mutation est en route pour les verts, qui demandent la métamorphose d’Europe Ecologie et des Verts en un mouvement politique unifié et pérenne.
Pour Cécile Duflot, il faut mener 2 chantiers ensemble : la suite d’Europe Ecologie et l’approfondissement du projet, pour garantir le succès.
Le front national est l’autre gagnant de cette élection. 22,5% pour J.M. Le Pen, presque autant pour sa fille, qui se trouve légitimée pour prendre la succession de son père. Une catastrophe pour tous les partis républicains, et une interrogation de tous quant aux choix des électeurs concernant l’extrême-droite : ce n’est pas comme si ce parti n’avait pas gouverné, ils ont gouverné localement, et échoué. Le vote FN redevient-il le vote contestataire ?
Enfin, les grands perdants, hormis l’UMP : le Modem s’est disloqué, et ce, avant même les élections. Les dérives autocratiques de son dirigeant y sont pour beaucoup. Le divorce est consommé entre le Modem et Cap21, et celui-ci, à travers Corinne Lepage, annonce qu’il reprend toute son autonomie. François Bayrou impute cette débâcle aux dissensions internes, sans revenir sur ses propres choix concernant les personnalités qu’il a imposées sur les listes régionales du Modem, ou sa responsabilité par rapport aux dissensions internes. Le parti centriste saura-t-il se recomposer avant les présidentielles (les seules élections qui intéressent son dirigeant) ? Ou bien le glas a-til sonné ?..
Quant au front de gauche, si celui-ci a réussi à se maintenir dans les régions industrielles, il a du mal à assurer sa cohésion. Le PC n’entendra sûrement pas se résoudre à laisser Mélanchon être candidat aux présidentielles. Et le NPA, qui n’a pas convaincu aux régionales, viendra bousculer cette gauche par son vote contestataire.
Une vague Une vague…
une vague une vague
Une rencontre Une rencontre…
une rencontre une rencontre
Une envie Une envie…
une envie une envie
Un coup de tête Un coup de tête…
Un coup de tête Un coup de tête
Un combat Un combat…
Un combat Un combat
Un silence Un silence…
Un silence Un silence
Une claque Une claque…
Une claque Une claque
Une claque Une baffe !
nono

déjà 2 commentaires pour cet article

  1. Mar 2010
    29
    11 h 05

    Au-cours du récent Forum de Rennes sur le thème du bonheur, Jean-François Kahn attaque durement Cécile Duflot: “… vous nous proposez une idéologie marxiste-léniniste de rechange…/… le «tout classe» devient le «tout écologique» …/… quelque chose qui participe du même excès de globalisation : l’écologie serait le nouvel avenir de l’humanité. …/…”.

    Le projet écologique, une société dangereusement idéalisée ? Question-débat trouvée sur Pnyx.com: http://www.pnyx.com/fr_fr/poll/615

    OrangeOrange

  2. Mar 2010
    30
    19 h 53

    Le débat filmé est ici, clic-clic

    Oui la modernité est utile, et personne ne voudrait revenir dans une société où l’on n’aurait plus le tout-à-l’égout, l’électricité et l’éclairage, le chauffage, une nourriture de bonne qualité en quantité suffisante, des livres, du confort, de la mobilité, de la justice et de la sécurité…
    On souhaite même que tout le monde ait accès à toutes ces choses. Tous.

    Le problème de la pollution et des déchets est, à l’opposé, une agression contre la santé et le confort, et la vie même.
    Quand on a les solutions, utilisons les. Quand on ne les a pas; les principes de précaution doivent s’appliquer. Car les plus faibles sont les plus agressés.

    Le bonheur est-il quantifiable ? Laissons la parole aux philosophes, sociologues, politiques, statisticiens… et aussi aux citoyens eux-mêmes. Peut-on-on l’améliorer ? Évidemment. Et tout de suite. A condition que tout le monde le veuille.

    Les débats sur la productivité, ici, cette productivité qui apporte aux hommes “bonheur et prospérité”, enfin, à ceux qui en bénéficient, et qui leur coûte aussi. Après, qui en bénéficie, qui le paye ? C’est l’objet d’un combat de l’homme contre lui-même, et aussi contre les autres.

    Un point intéressant dans cet échange, entre Cécile Duflot, Jeann-François Kahn et les personnes dans le public, est que le bonheur n’est pas l’oubli du malheur.

    nono

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